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Refus net au souhait de Sarkozy de transférer Florence Cassez. (15/02/2011)

Les autorités mexicaines opposent un refus net au souhait de Nicolas Sarkozy de transférer Florence Cassez en France et annoncent leur retrait de l'Année du Mexique organisée en France et dédiée à la détenue.

 

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Depuis de longs mois, le dossier empoisonne les relations franco-mexicaines, et celles-ci ne sont pas prêtes de se détendre. Le gouvernement mexicain a en effet annoncé lundi soir qu'il n'avait nullement l'intention de transférer Florence Cassez en France, contrairement à la requête formulée par Paris. «Le procès de Florence Cassez a démontré sa culpabilité», a ainsi assuré le ministère mexicain des Affaires étrangères.

Mexico est allé plus loin encore en pointant directement du doigt l'implication de Nicolas Sarkozy dans toute cette affaire. «Il est vraiment surprenant qu'un chef d'État prenne une décision de politique extérieure affectant les liens entre deux peuples et deux gouvernements en consultant une personne condamnée par la justice mexicaine pour des délits de nature particulièrement grave»,a ainsi poursuivi le ministère mexicain.

 

«Une affaire d'État» selon Mitterrand

 

En guise de désapprobation, le Mexique a donc annoncé dans la foulée son retrait de l'organisation de l'année du Mexique en France, qui faisait pourtant figure de symbole aux yeux de la Française incarcérée depuis maintenant plus de cinq ans pour «complicité d'enlèvements». «Le gouvernement du Mexique ne permettra pas que les artistes et créateurs, ainsi que les entrepreneurs et autres participants à ce programme, soient exposés à des manifestations étrangères aux objectifs qui les avaient mobilisés à l'origine et qui empêcheraient une appréciation adéquate de leurs œuvres et de leurs contribution», a ainsi fait valoir Mexico.

Pourtant, Nicolas Sarkozy avait annoncé un peu plus tôt dans la journée son intention de maintenir cette évènement en France, mais en le dédiant à Florence Cassez. «Le peuple de France est ami avec le peuple du Mexique» et «nous faisons la différence entre le peuple mexicain et certains de ses dirigeants», a affirmé le président français, qui a reçu pour la dixième fois consécutive les parents de Florence Cassez et s'est entretenue «longuement» par téléphone avec la jeune femme lundi. «Supprimer l'année du Mexique en France serait faire offense au peuple mexicain» et serait «inapproprié», a-t-il argué. Une décision partagée par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qui a réagi, mardi, à la décision mexicaine : «Cela n'est pas bien quand un État prend la culture comme instrument d'action» (...), «On est plus dans une affaire de culture mais une affaire d'État».

 

« Le pire serait l'oubli» 

 

Arrivés vers 18 heures lundi accompagnés par leur avocat Franck Berton et Thierry Lazaro, député maire (UMP) de Phalempin, Charlotte et Bernard Cassez avaient exprimé leur vive inquiétude après le rejet en bloc de l'«amparo» déposé en août dernier, ultime pourvoi en cassation de leur fille. Cette décision définitive, promulguée jeudi dernier, n'a fait que cristalliser le refroidissement diplomatique entre les deux pays. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, avait fustigé un «déni de justice » avant que les ambassadeurs deux pays ne soient convoqués dans les capitales respectives.

Ne cessant de clamer son innocence depuis son arrestation en 2005, Florence Cassez n'était pas favorable au boycott des festivités de l'année du Mexique en France. La plus célèbre prisonnière française redoute par-dessus tout deux choses. «Le pire qui pourrait m'arriver, c'est l'oubli», martèle-t-elle. Par ailleurs, Florence Cassez actuellement détenue dans une prison pour femmes à Tapepa, au sud de Mexico, refuse d'être transférée dans des geôles d'où elle risque de ne jamais ressortir. «Elle est terrorisée à l'idée d'être transférée dans une prison de haute sécurité, a confié son avocat Franck Berton. Elle a déjà connu pendant plusieurs mois l'enfer du pénitencier de Santa Marta, et on parle même d'une île prison, très célèbre en Amérique, où elle pourrait être transférée. Dans ce cas, elle craint pour sa vie, tout simplement…» Nicolas Sarkozy, entouré des parents de la jeune fille et de Michèle ­Alliot-Marie, a solennellement demandé aux autorités mexicaines de «veiller à la sécurité» de la jeune femme. Il devrait prochainement s'entretenir avec le président mexicain Felipe Calderon et publier une tribune dans la presse mexicaine.

Source : Le parisien.

10:41 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |