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MÉDITATIONS DE MAURICE ZUNDEL. (04/06/2006)

Comme on ne peut pas suspendre l'amour à un portemanteau, ni cacher la vérité sous des piles de draps, on ne peut pas atteindre Dieu sans le laisser s'enraciner en soi.
Il semble que les athées d'aujourd'hui nous disent, mais dans un autre sens, la même chose; montre-moi d'abord l'homme que tu es ; alors peut-être pourrai-je croire à ton Dieu.
Rien n'est plus opposé au vrai Dieu que le grand propriétaire, le grand riche qui peut tout, que rien ne peut atteindre, qui nous domine de toute sa puissance, qui nous laisse tomber parcimonieusement les miettes de sa table et nous demande un compte féroce de l'usage que nous en faisons...
Un Dieu cause physique, un Dieu extérieur au sens spatial du mot, un Dieu présenté comme un despote infini et dont l'arbitraire est la mesure de tout bien et de tout mal, un tel théocentrisme despotique fait remonter jusqu'à Dieu le traitement infligé à l'homme lorsque l'homme est traité comme un objet. « Mes frères, disait un prédicateur si Dieu le voulait, il pourrait nous anéantir! »... C'est là un Dieu objet, un Dieu que nous ne pouvons reconnaître, un Dieu devant lequel nous ne pouvons que nous défendre et qu'il faut nécessairement nier.

Chapitre VII, Dieu inconnu, page 65
Braises, Editions du Levain, 1986

11:24 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |