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« Venez derrière moi » (13/01/2008)

Le baptême du Seigneur que nous fêtions hier concluait le temps liturgique de Noël où nous étions invités à accueillir le Sauveur et sa présence sanctifiante au cœur de nos vies. Le mystère de le Nativité est celui de l’entrée de Dieu dans notre histoire. Depuis maintenant un peu plus de deux mille ans, le temps a acquis un sens nouveau. Il est devenu un éternel aujourd’hui de salut. Voilà le mystère que l’Eglise nous invite à approfondir dans la période liturgique du temps ordinaire : comprendre que chaque jour nous pouvons accueillir le salut de Dieu en nous mettant en route à sa suite en réponse à son appel.

Dans l’évangile de ce jour, la Bonne nouvelle de Dieu que nous avons contemplée dans l’enfant nouveau-né de la crèche nous est annoncée explicitement. Jésus lui-même proclame : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». En Lui, l’Envoyé du Père, le Verbe fait chair, le Royaume de Dieu s’est fait « proche » de chacun. La promesse faite par Dieu à Israël s’est enfin accomplie. Dieu a bien envoyé son Messie pour nous sauver et instaurer son règne de justice, de paix et de joie en nous rachetant de notre péché et en nous restaurant dans la filiation divine.
Cette annonce de Jésus résonne comme un appel ! Un appel à la foi ; un appel à la conversion : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». C’est peut-être d’ailleurs en ce sens que nous pouvons comprendre l’appel des premiers disciples.

Ce jour-là, lorsqu’il passe, sur les bords du lac de Galilée, c’est bien une invitation à se convertir, à se tourner vers lui que Jésus adresse à Simon et à André : « Venez derrière moi, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ».
« Venez derrière moi » : l’invitation à tout quitter pour mettre ses pas dans les pas de Jésus est claire. « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » : les disciples ont-ils bien compris ce que Jésus leur signifiait par ces mots ? Nous n’en savons rien. Mais ce qui est sûr c’est qu’en nous livrant ces paroles de Jésus, Marc veut mettre en relief l’acte de foi auquel elles ont invité Simon et André.
Remarquons que les futurs disciples ne discutent pas. Ils ne s’interrogent même pas sur leurs compétences ou la raison de leur choix par le Seigneur ; ni même sur les conséquences du geste qu’ils vont poser. « Aussitôt, laissant là leur filets », nous dit l’évangéliste, « ils le suivirent ».

Quant à Jacques et Jean, saint Marc, souligne le regard posé sur eux par Jésus. Jésus les voit dans leur barque, tout comme il avait vu Simon et André en train de jeter leurs filets. Jésus les voit dans leur quotidien et c’est de là qu’il choisit de les appeler. Un simple regard, une simple invitation à se mettre en route derrière lui. L’appel de Jésus nous rejoint simplement dans l’ordinaire de notre vie : un regard, une parole qui sollicitent notre liberté pour quitter la pesanteur de notre quotidien et tourner notre cœur vers Dieu dans la légereté de la grâce qui nous a saisis.

« Seigneur Jésus-Christ, que le mystère de ton Incarnation déploie en nous tous ses fruits de salut et de conversion durant ce temps ordinaire qui s’ouvre devant nous. Tu viens à notre rencontre et tu nous appelles à ta suite. Que notre réponse de foi unifie toute notre existence. Alors l’« ordinaire » de nos vies prendra les couleurs de ton extraordinaire divin ! »

Frère Elie.

19:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |