01/07/2016
L'Esprit-saint est notre libérateur.

L'Esprit Saint fut envoyé, comme le Fils, pour compléter et prolonger l'œuvre de rédemption et de libération intégrale. Le domaine privilégié de son action, c'est l'histoire. Comme un coup de vent ( un " esprit " au sens biblique ), il est présent en tout ce qui suppose mouvement, transformation et croissance. Il n'est point de cloisons étanches pour lui, il souffle où il veut, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'espace chrétien. Il saisit les personnes, les remplit d'enthousiasme, leur confère des aptitudes et des charismes particuliers pour transformer la société et la religion, briser les institutions sclérosées et créer des choses nouvelles.
Il se rend agissant d'une façon toute spéciale dans les luttes et les résistances des pauvres. Et ce n'est pas sans raison que la liturgie nomme " Père des pauvres " celui qui leur donne le courage de faire face jour après jour au difficile combat pour leur propre survie et celle de leurs familles, de trouver des forces pour supporter les oppressions du système socio-économique qui les exploite et qu'ils ne peuvent changer d'un jour à l'autre, de conserver vivante l'espérance que quelque chose peut toujours s'améliorer et que, unis, ils pourront historiquement se libérer.
La piété, le sens de Dieu, la solidarité, l'hospitalité, la force d'âme, la sagesse de vie, tissée de souffrance et d'expérience, l'amour pour les enfants et ceux des autres, la capacité de célébrer et de se réjouir jusque dans les pires conflits, la sérénité face à la dureté des luttes de l'existence, la perception de ce qui est possible et viable, la modération dans l'usage de la force, la résistance presque illimitée à l'agression persistante et continuelle du système économique et à la marginalisation sociale qu'elle provoque, toutes ces choses sont des dons de l'Esprit, c'est-à-dire des formes de Son ineffable présence et de son action au milieu des opprimés.
L'Histoire des luttes menées par les opprimés pour leur liberté est l'histoire que la flamme de l'Esprit Saint allume dans le cœur divisé de ce monde. C'est grâce à l'Esprit que jamais ne s'éteignirent et que jamais ne s'endormiront sous la cendre de la résignation l'idéal d'égalité et de fraternité, l'utopie d'un monde qui rendrait plus facile d' Aimer et de reconnaître dans le visage de l'autre les traits maternels et paternels de Dieu.
Bruno LEROY.
11:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (2) |
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Mon combat spirituel.

Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver chantait Henri Salvador.
Si nous étudions bien cette phrase presque ironique. Nous constatons en fait qu’elle reprend l’Ecclésiaste : Il est un temps pour tout, un pour rire, un pour pleurer, un pour travailler, un pour se reposer…( version édulcorée )
Je vis depuis plus de 35 ans au cœur de la pauvreté, voire de la misère qu’elle soit matérielle, spirituelle ou intellectuelle. Depuis toutes ces années, j’ai cheminé avec des Jeunes de tous horizons et des adultes de toutes opinions.
Le travail est certes la santé, dans le sens où cela permet de mettre ses talents au service du bien commun. Mais, le repos est également nécessaire à l’équilibre psychique. Je connais tant d’éducateurs faisant régulièrement des séjours en psychiatrie pour avoir trop donnés de leur personne. Nous ne pouvons offrir aux autres, ce que nous ne possédons plus !
Accompagner les plus pauvres a toujours été un idéal que j’ai réussi à la force du poignet à réaliser. Mais, au début de cette aventure, je pouvais consacrer tout mon temps pour les écouter avec les oreilles de l’âme.
Or, aujourd’hui les paradigmes ont bien changés…En France, nous pouvons évaluer la précarité à plus de cinquante pour cent par rapport aux années précédentes.
Donc, il me faut effectuer les mêmes fonctions avec le nombre d’éducateurs identiques et ayant le double, voire le triple de jeunes mais aussi d’adultes à s’occuper.
Et je puis vous assurer que rien ne nous aide et surtout pas les Administrations, remparts contre la solidarité active.
Tout cela, pour vous dire que je me remets sérieusement en question. Pour ceux et celles qui me connaissent, j’ai un caractère bien trempé et mes colères sont aussi puissantes que mes tendresses. Pourtant, j’ai toujours refusé une société laxiste où le jeune insulte son professeur et les institutions. Dans ces cas précis, ayant pratiqué le karaté pendant plus de cinq ans, inutile de vous dire ma réaction.
Si je remets en questions, la pertinence de mes actions et réflexions ce jour. C’est tout simplement pour ne pas crouler, m’étouffer sous trop de boulot. Me voici désormais obligé de travailler les Samedis et Dimanches. Évidemment, pas tous les week-ends. Heureusement… !
Pourtant, bien souvent cela se passe ainsi. Heureusement, j’ai une équipe d’éducateurs militants qui ne refusent pas un service demandé exceptionnellement.
Cependant, la conjoncture actuelle ne me permet plus d'embaucher...
Donc, en résumé, nous avons dix fois plus de boulot et dix fois moins de pognon pour payer les travailleurs sociaux. Ce que certains ne font pas, je sui obligé de le faire seul. La crise, Monsieur Leroy, vous comprenez la crise mais nous pensons aux Ados déstabilisés et aux Adultes paumés. La crise a bon dos Monsieur le Conseiller Général, elle permet de ne pas prendre certaines responsabilités face aux addictions, aux suicides, aux désespoirs de toutes sortes.
Et nous, nous continuons notre chemin malgré des carences flagrantes. Jusqu’à quand ? Je vais sur mes 58 ans et je dirais heureusement que je suis chrétien sinon, j’aurais baissé les bras depuis longtemps. Coups de téléphone le soir pour une urgence. Et me voilà parti avec le Christ en bandoulière. Car, le soir les Banlieues sont loin d’être calmes. Mais, je n’ai jamais eu peur, sachant que ma mission était dans ce travail social à la limite du possible.
Oui, je suis militant social et non politique.
Et mon épouse qui me demande souvent vers quelle heure je pense rentrer. Un contrat bilatéral lors de nos fiançailles est inscrite entre nous. Elle connaît la dimension de ma Vocation. Et pourtant, certains jours, je pense sérieusement à une succession possible.
Et le temps passe…Je retrouve William avec son sourire édenté et Johnny avec sa violence à fleur de peau. Je me surprends alors à penser que je fais un bien beau métier.
Et, j’assume mes coups de gueule, mes coups de poing, mes coups d’amour détaché.
En fait, dans cette société où l’on fait tout pour détruire une once de spiritualité chez l’Homme.
Je fais tout pour ne pas succomber à la tentation en ne me conformant pas à ce Monde mais, en renouvelant mes perceptions et projets selon les injonctions de l’Esprit saint.
Ma Foi non prosélyte me donne la Force de vivre toujours contre vents et marées.
Les tempêtes ne m’ont jamais fait sombrer. Je ne suis pas meilleur qu’un autre, au contraire.
Mais le fait de vivre réellement de la vie même du Christ. Me revivifie au quotidien.
Comprenez, Il est ma source limpide dans laquelle je vois les signes qu’il me montre pour aller de l’avant.
Beaucoup d’athées ne comprennent pas cette dimension de mon être à la fois libertaire et chrétien. La Vérité vous rendra Libres. Je n’ai jamais évangélisé un seul gamin que j’ai rencontré. Je considère qu’il s’agit d’une violation de conscience. Je Témoigne uniquement par ma Vie. Par les valeurs que je défends, les jeunes et moins jeunes, savent bien qu’elles me viennent d’ailleurs. Cet ailleurs dans lequel, je me réfugie pour me ressourcer et prier afin de continuer mon Combat spirituel envers une société atteinte de cécité.
Bruno LEROY.
Éducateur de rue.
11:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (1) |
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30/06/2016
Pour une Théologie du corps.

10:28 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (2) |
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28/06/2016
Quand l'Espérance prend corps dans ton existence.

Pour le chrétien, le surgissement de Jésus, homme et Dieu, est dans l’histoire ; il est l’annonce de la fin, la voie de la fin réalisée et à réaliser encore.
Le chrétien ne place pas son Espérance dans les modèles de société, dans les objets, dans les idéaux, mais bien en quelqu’un : Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Pour le chrétien, le surgissement de Jésus, homme et Dieu, est dans l’histoire ; il est l’annonce de la fin, la voie de la fin réalisée et à réaliser encore.
Dans tout l’Évangile, Jésus annonce que le Royaume de Dieu s’est approché par sa personne, qu’il est déjà présent et que cependant il doit encore venir.
A ceux qui veulent un roi qui éliminera les Romains pour enfin clore l’attente, à ceux qui veulent un Maître qui réalisera le Royaume et fermera l’histoire, Jésus répond en refusant toute annexation ; il se met à l’écart et recrée une distance dans l’attente pour que le désir de ce qui n’est pas encore et de ce qui doit encore venir, s’avive de commencement en commencement sans jamais se clôturer dans l’instant présent, dans l’histoire présente.
A ceux qui sont tentés de désespérer, de se résigner ou de se consoler dans l’espoir d’une fin hors du temps, au-delà du temps, Jésus répond en disant que le Royaume est déjà là ; il multiplie les gestes de libération : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » ( Lc, 6, 22 ).
Pour les chrétiens aussi, le Christ est présent et pourtant il est encore Celui qui doit venir. Il nous quitte et reste parmi nous. Boutade ? Non. Par sa vie et par sa mort, par la manifestation de sa résurrection et par son ascension où il se dérobe à notre volonté de le retenir et de le posséder, Jésus nous révèle que la présence passe par l’absence. Contre toute attente qui réduirait jésus et son message à une fin mondaine, le christianisme réinstaure l’homme en relation à Dieu et refuse le rêve des espérances purement horizontales. Jésus est celui qui ouvre l’histoire humaine à Dieu en lui interdisant de se clôturer sur-elle même ou de croire qu’elle peut réaliser le Royaume de Dieu.
Mais contre toute attente qui réduirait Jésus et son message à une fin hors de l’histoire humaine, le christianisme réinstaure l’homme en relation avec Dieu et aux autres hommes dès maintenant et refuse le rêve des espérances purement verticales. Jésus est l’irruption du Royaume de Dieu dans notre histoire ; il ouvre dès maintenant le temps de Dieu et la libération des hommes.
Ni hors de l’histoire, ni dans l’histoire exclusivement, l’Espérance chrétienne vit le paradoxe de devoir réaliser l’attente et en même temps de la déplacer constamment sans la fixer. L’Espérance chrétienne au nom de jésus-Christ prend corps dans le temps sans cependant jamais s’y enfermer.
Le Royaume de Dieu est donc présent dans la pratique du croyant comme une instance critique permanente, une force de contestation qui l’empêche de se satisfaire de ce qui est, qui réveille son Espérance et l’ouvre sans cesse à un avenir qui transcende l’horizon de l’histoire. Seule est véritable la Foi qui se fait Amour, vérité et Justice, indivisiblement.
Bruno LEROY.
20:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Passer de la méfiance pour vivre la confiance en la Providence.

« En toute condition, soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Th 4, 18).
Cette exhortation de saint Paul aux Thessaloniciens reprend l’invitation si fréquente à la louange que nous trouvons dans les Psaumes : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse en ma bouche » (Ps 34, 2). L’action de grâces n’est pas une forme de prière à pratiquer seulement de temps en temps ; elle doit devenir une attitude de cœur, une disposition de vie, une manière de nous positionner dans l’existence.
Je suis très frappé par le fait que, dans l’évolution de notre culture, l’homme occidental a de plus en plus tendance à se positionner dans une attitude de victime. On passe son temps à se plaindre, à exiger, à revendiquer. Comme il n’y a plus de foi et de confiance en Dieu, toute difficulté et toute souffrance est vécue comme une anomalie, voire comme une injustice. On rêve d’une vie de gratifications permanentes, sans souffrances et sans combats. On n’accepte aucune douleur, et chaque fois que l’on est touché par une épreuve, on cherche quelqu’un à accuser, à qui faire porter la responsabilité et à qui faire payer sa souffrance. On l’a bien vu en France. À la moindre inondation ou canicule, c’est une levée d’accusations et de réclamations contre le gouvernement qui n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire pour prévenir le fléau. Comme si l’État avait le devoir et la possibilité de garantir à tous les citoyens une existence sans problèmes et devait assurer le bonheur de tous ! Quel infantilisme !
Ce type d’attitude est évidemment très destructeur pour la vie sociale. Au lieu de mettre à la base des relations humaines une disposition d’acceptation et de confiance, on instille partout le poison de la méfiance et de la revendication. Pour rester dans le domaine médical, il est bien sûr légitime de protéger les patients et de demander justice à des médecins qui, de manière consciente et grave, ont été négligents, mais exiger d’eux l’infaillibilité relève de l’infantilisme. Ils finiront par ne plus vouloir exercer la médecine, et personne n’y gagnera, surtout pas les malades !
La louange et la gratitude sont un grand remède à ce positionnement victimaire et destructeur que je viens de décrire. Elles nous amènent à nous situer face à la vie dans une attitude tout autre : au lieu de réclamer, de nous plaindre, de revendiquer, elles nous conduisent à accueillir avec confiance la vie telle qu’elle se présente, même avec son poids de douleur et de difficultés. Elles nous évitent de nous enfermer dans une attitude accusatrice envers ceux qui nous déçoivent ou nous font souffrir, à chercher en permanence des boucs émissaires sur qui décharger nos ressentiments et nos amertumes. Elle nous fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’abord de « changer la vie », selon le slogan illusoire d’un certain parti politique il y a quelques années, mais de changer notre attitude face à la vie. Passer de la peur, de la méfiance, de l’accusation… à l’acceptation et à la confiance. Accueillir avec foi la vie comme un don, même si elle se présente différente de nos attentes. Si nous pratiquons cette confiance, nous ferons bien vite l’expérience qu’en fin de compte, la vie réelle est bien plus belle et riche que la vie dont nous rêvons dans nos attentes irréalistes !
Il y a là un principe spirituel fondamental, dont nous trouvons l’expression dans l’évangile. Jésus prononce cette parole mystérieuse : « À celui qui a on donnera, à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a ! » (Lc 19, 26). Le Christ énonce ainsi une des lois les plus importantes qui gouverne l’existence humaine : à celui qui se met dans une attitude de revendication, de mécontentement, se plaint que la vie ne soit pas ce qu’elle devrait être, la vie se révélera comme décevante. Par contre, celui qui est heureux de ce qu’il a reçu, qui remercie Dieu pour ce qu’est son chemin recevra encore davantage et sera comblé ; celui qui se plaint de ne pas avoir reçu suffisamment et qui s’enferme dans la revendication sera de plus en plus déçu.
Si la gratitude devient la disposition la plus fondamentale de notre cœur, nous guérirons de bien des amertumes et des déceptions, et nous serons en fin de compte comblés.
Bruno LEROY.
20:02 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |
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