30/11/2008

« Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment »

 Il faut toujours tenir compte d'un double avènement du Christ : l'un quand il viendra et que nous devrons rendre compte de tout ce que nous aurons fait ; l'autre, quotidien, quand il visite sans cesse notre conscience et qu'il vient à nous afin de nous trouver prêts lors de son avènement. À quoi me sert, en effet, de connaître le jour du jugement, lorsque je suis conscient de tant de péchés ? De savoir que le Seigneur vient, s'il ne vient pas d'abord dans mon coeur et ne revient pas dans mon esprit, si le Christ ne vit pas et ne parle pas en moi ? Alors, oui, il m'est bon que le Christ vienne à moi, si avant tout il vit en moi et moi en lui. Alors pour moi, c'est comme si le second avènement s'était déjà produit, puisque la disparition du monde s'est réalisée en moi, parce que je peux dire d'une certaine manière : « Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde » (Ga 6,14).

      Réfléchissez encore à cette parole de Jésus : « Beaucoup viendront en mon nom » (Mt 24,5). Seul l'Antéchrist s'empare de ce nom, bien que ce soit mensonger... Dans aucun passage de l'Écriture, vous ne trouverez que le Seigneur ait déclaré : « Moi, je suis le Christ ». Car il lui suffisait de montrer qu'il l'était par ses enseignements et ses miracles, parce que le Père était à l'oeuvre en lui. L'enseignement de sa parole et sa puissance criaient : « Moi, je suis le Christ », plus fort que si des milliers de voix l'avaient crié. Je ne sais donc pas si vous pourrez trouver qu'il l'a dit en paroles, mais il l'a montré en « accomplissant les oeuvres du Père » (Jn 5,36) et en donnant un enseignement imprégné de piété filiale. Les faux messies en étant dépourvus, ils ne peuvent employer que leurs discours pour soutenir leurs prétentions mensongères.

Saint Paschase Radbert (?-vers 849), moine bénédictin
Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 11, 24 ; PL 120, 799 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 14)

 

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28/11/2007

Pourquoi ?

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Pour répondre à une internaute qui me demande pour quelle raison en tant qu'éducateur, mon Blog évoque tant ma Foi :
Je ne conçois pas ma Vie sans Christ pour parfumer mes jours de Son Amour.
Je l'ai rencontré à l'âge de neuf ans ( j'en ai 49 ) alors, que mes parents étaient athées.
Cette rencontre demeura très peu de temps secrète car, paraît-il, ma Foi transpirait des moindres interstices de mon être.
Depuis, c'est une longue histoire d'Amitié avec Christ qui ne se terminera que dans l'éternité. Cette nouvelle naissance d'Amour...
Je souhaite à tous mes Frères et Sœurs de connaître le Bonheur d'être aimé de Dieu même, si parfois la Vie ne nous épargne pas ses blessures.
 Christ est présent pour nous accompagner et nous porter. Puisse sa Lumière vous éclairer également.
 Il n'est rien de plus sublime sur terre que d'être aimé inconditionnellement dans cette confiance absolue que Christ nous accorde pour toujours.
Cela me permet de transmettre sans prosélytisme ma Joie de Vivre auprès des plus pauvres.
C'est en faisant cette révolution intérieure que nous pouvons regarder les diamants qui brillent dans les yeux de ceux que la Société estime irrécupérables.
Personne n'est irrécupérable dans le sens où chaque individu possède des potentialités travaillées, même de façon insoupçonnée, par l'Esprit-Saint.
QDVB
Très Fraternellement,Bruno

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12/06/2007

On ferait mieux d'envoyer les parents à l'école.

On envoie les enfants à l'école dit Dieu.
Je pense que c'est pour oublier le peu de choses qu'ils savent.
On ferait mieux d'envoyer les parents à l'école.
C'est eux qui en ont besoin.
Mais naturellement il faudrait une école de Moi.
Et non pas une école d'hommes.

 

Des Saints innocents, Charles Péguy.

19:40 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/06/2007

« Elections providentielles ?»



Réforme, Radio Notre Dame et Orthodoxie.com vous proposent :

« Elections providentielles ?»

Vendredi 8er juin à 17 h 05 sur 100.7 FM en région parisienne, samedi 9 juin à 15 h sur la webradio Eclair6 (www.eclair6.fr) et dès lundi sur le site de Réforme

Les élections : Miroir des évolutions de la société

Avec Michel Maffesoli, sociologue .

Une émission hebdomadaire oecuménique animée par Aymeric Pourbaix, Jean-Luc Mouton et Jean-François Colosimo. Pour réfléchir sur les enjeux qui intéressent vraiment les chrétiens. Réforme, Radio Notre Dame et Orthodoxie.com confrontent chaque semaine leurs invités aux questions de fond, valeurs et convictions éthiques qui animent les chrétiens.

Chaque vendredi, à 17 h 05 sur Radio Notre Dame (100.7 FM en région parisienne ou www.radionotredame.com)

10/04/2007

Vivre la résurrection au quotidien.

 Vivre la résurrection au quotidien.

 Vivre la résurrection au quotidien signifie pour moi se lever du tombeau de ma peur et de mon obscurité, sortir du tombeau de ma résignation, de mon désespoir. La pierre de mon tombeau, cette pierre qui bloque mes énergies, qui me coince dans le corset du doute, qui me tient dans l'insécurité, la voilà roulée sur le côté par la puissance de Dieu triomphante de la mort, victorieuse de toutes les douleurs. C'est le signe que je peux me lever pour une vie nouvelle, plus libre, plus ample. Alors, les liens qui me retenaient prisonnier se mettent à craquer. C'est pourquoi la résurrection a aussi une dimension politique. Elle donne le courage d'oser la résistance contre tout ce qui handicape notre vie, de nous battre pour les gens qui n'ont aucun statut dans notre société, et pour redresser tous ceux qui sont à terre. 

11:56 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/02/2007

L’humour est un des attributs de Dieu.

Dans son livre Le nom de la rose, Umberto Eco fonde toute l’histoire de son roman, sur une interrogation très troublante qui a perturbé beaucoup de théologiens : “Le Christ a-t-il jamais ri ?” Au-delà de cette question se pose le problème, de l’humour en général et du rire dans la tradition chrétienne. Pourquoi le christianisme, la religion de “la joie qui demeure” et des félicités éternelles, a-t-il été longtemps si sévère à l’égard du rire, considéré comme un abandon, vulgaire et obscène ? Serait-ce l’influence d’Aristote qui voyait dans le rire “une grimace de la laideur, un ennemi de la bienséance” ? Le verdict divin de la Genèse, la sanction de Yahvé, terrible à beaucoup d’égards, n’a jamais empêché l’homme de rire !

Et pourtant, le clergé recommandait à certaines époques de ne pas rire pendant les périodes de pénitence, le carême par exemple. Saint Louis ne riait pas le vendredi. Certes, Jésus ne rit pas dans les Évangiles, mais cela ne signifie pas qu’il n’ait jamais ri. Je n’imagine pas un seul instant un Jésus compassé et sérieux... comme un pape. Il était, à n’en point douter, tout amour et tout humour. À moins que pour ceux dont la foi est fondée sur la peur, l’humour, en tuant la peur, les entraîne à tuer leur foi... Ceux dont la foi est fondée sur l’amour du prochain, comme beaucoup de prêtres et de moines que j’ai rencontrés, ont bien compris que plus ils riaient, plus ils se rapprochaient de Dieu. Un saint triste sera toujours un triste saint.

“L’humour est un des attributs de Dieu” écrivait Chesterton, ce dont Cocteau , le poète qui sauve le feu dans les incendies, n’a jamais douté. Quelqu’un lui demandait un jour : “Que direz vous à Dieu quand vous le rencontrerez ?” Réponse du maître : “Je lui dirai : Permettez-moi de vous saluer, Seigneur, il y a bien longtemps que je ne vous ai jamais vu”. Les éveilleurs de toutes les traditions, d’Orient et d’Occident, enseignent par des anecdotes, des paradoxes, des paraboles, des histoires souvent très drôles, qui enrichissent plus efficacement que beaucoup de discours prétendument philosophiques.

Le reproche que l’on pourrait faire à la philosophie occidentale, c’est d’être parfois trop guindée, raidie par la logique aristotélicienne de non-contradiction et la crainte des paradoxes qui sont pourtant “une forme supérieure de pensée”, selon le physicien Jean Charon. Un bon professeur de philosophie devrait toujours être drôle. Hélas, beaucoup de nos philosophes fonctionnaires, qui répètent des citations et chérissent des opinions, sont souvent tourmentés, rarement joyeux et, par voie de conséquence, loin d’être sages.

Quelques connaissances conceptuelles ne justifient pas que l’on se prenne au sérieux. La réussite de quoi que ce soit d’intellectuel le justifie encore moins. Il est bien rare que nous n’ayons pas quelqu’un à remercier. Alors, évitons de nous gonfler d’orgueil comme l’âne porteur de reliques de Jean de La Fontaine, parce que nous sommes dépositaires de ce que l’on a bien voulu nous donner.

13:40 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/01/2007

Avoir l'âme fraternelle.

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Pour être un authentique poète, il faut avoir l'âme généreuse. Cette générosité provient d'un renoncement au fatalisme et à la laideur des choses. C'est en quelque sorte, une force de contestation positive ; un refus de l'évidence exécrable qui s'impose, parfois. Le poète a un regard plus large, plus ouvert au vent de la liberté et ne supporte pas que celle-ci soit bafouée. Tout en gardant son stylo entre les doigts, telle une arme, il retrousse les manches pour aider ses frères dans le besoin. Car, le poète le plus contestataire qui soit est, toujours à la recherche d'un monde fraternel. Ou alors, méfiez-vous, c'est un faux poète dont il s'agit, et malheureusement, ils sont encore trop nombreux.
Bruno LEROY. 
 

08:47 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, social, poesie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/10/2006

MÉDITATIONS DE L'ARTISTE.

En ce temps-là, qui est toujours d’actualité, un artiste était harcelé par le fisc. Il avait eu faim pendant sa jeunesse mais avait cru en son art et en ses capacités créatrices ; il était resté fidèle à l’appel intérieur qui lui disait que s’il faisait autre chose, il quitterait la vérité de son être. Et c’est après des années de labeur et de souffrance, quand enfin son art était reconnu et qu’il pensait pouvoir travailler dans la sérénité, qu’il avait reçu la terrible nouvelle : on lui réclamait des arriérés d’impôts avec de telles pénalités qu’il lui fallait vendre tout ce qu’il venait d’acquérir et que dix années supplémentaires de création suffiraient à peine pour payer sa dette.
Il franchit les portes du désespoir et se dit que son incapacité à gérer ses affaires matérielles le conduirait dans l’avenir à s’exposer encore et encore à de tels échecs. Il pensa donc au suicide comme bien des artistes avant lui. Il n’était pas fait pour ce monde ! Il en était là de ses méditations moroses quand un événement inattendu survint.
Plusieurs de ses amis avaient été alertés par son désespoir et étaient venus lui rendre visite. L’un d’eux déclara : La solution se trouve souvent au cœur du problème ! Un autre ajouta : Les problèmes nous sont donnés pour provoquer la véritable solution. Un dernier enfin conclut en disant : Le problème n’est pas ton problème, mais il a été posé pour que nous réalisions que nous sommes la solution.
Le premier s’occupa des affaires matérielles de l’artiste, le second prit en charge la diffusion de ses œuvres et le troisième lui tint compagnie chaque jour jusqu’à ce que les noirs nuages qui s’étaient accumulés sur sa vie laissent place à un soleil resplendissant. Cette belle collaboration permit que les dettes soient vite remboursées et que l’artiste acquière une célébrité méritée.
Un problème est une question mal posée.

06:06 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/09/2006

Comment réagir à un ordre immoral ?

Vie professionnelle. Pression économique oblige, certaines entreprises sont prêtes à tout pour rester compétitives. Au détriment parfois du respect des personnes. Certains salariés sont pris en tenaille entre leur mission et leurs convictions.

La réunion de notre équipe MCC portait ce soir-là sur les rapports entre stratégie personnelle et stratégie d’entreprise. Le fait que rapporta l’un des membres de l’équipe occupa vite tout le champ de l’échange: «Mon Directeur Général a décidé de virer la jeune cadre commerciale de l’entreprise et me charge de constituer un dossier contre elle, de trouver des raisons pour la coincer. Or il n’y a aucun élément objectif à l’appui, c’est un dossier vide…». Ce type de cas n’est évidemment pas isolé.
La trentaine, marié et père de deux enfants, Cyril est cadre juridique dans la filiale informatique d’un groupe américain. Cette société s’est vite développée, jusqu’à compter aujourd’hui soixante-dix salariés. Ceux-ci sont bien rémunérés, mais l’entreprise est exigeante en termes de résultats, et nul n’est assuré d’y garder longtemps sa place. Comme c’est souvent le cas aujourd’hui, dès qu’une action, un comportement, fait courir un risque aux finances, à l’efficacité ou à la réputation de l’entreprise, celle-ci préfère se séparer de la personne mise en cause.

Une décision injustifiable

Ce n’est pas le premier dossier que Cyril doit constituer pour faire partir quelqu’un; mais auparavant, il y avait toujours une matière défendable, plaidable. La grande différence dans le cas présent tient à ce qu’il n’y a ni fait ni raison professionnelle imputables à cette jeune commerciale. La raison invoquée, aussi simple qu’imprécise, exprime clairement l’intention qui la sous-tend: les résultats de l’année ont été moins élevés qu’espéré. La maternité de la jeune femme ne lui a pas permis d’être aussi active que les autres. En se séparant d’elle, les autres commerciaux comprendront qu’ils doivent travailler davantage.
Mais les clients contactés vantent la qualité de service et de relation de la jeune femme, tandis que les avocats de l’entreprise soulignent l’aspect juridiquement indémontrable de la raison invoquée, à savoir le manque à gagner entraîné par la situation familiale de la commerciale. Le seul argument qui pourrait peser pour une séparation à venir consisterait à faire valoir une moindre disponibilité (due à la maternité) qui ne correspondrait plus exactement au profil sur lequel elle avait été embauchée. Mais Cyril refuse cet argument, étant lui-même père de famille.
Lors de notre réunion MCC, deux questions surtout inquiètent Cyril. Tout d’abord: quelle attitude adopter envers la commerciale? Doit-il ou non la rencontrer? Il a besoin d’elle pour monter le dossier. Mais, comme ce dossier est vide, sur quoi peut bien porter l’entretien? Ce n’est pas à lui de lui révéler les intentions de son patron. L’autre question concerne sa relation avec le directeur général: comment répondre à sa demande alors qu’il y a clairement à ses yeux une injustice? En même temps, il ne peut actuellement courir le risque de perdre sa place dans l’entreprise.

Reconnaître que je suis responsable

Notre réunion a été l’occasion pour Cyril d’une forte prise de conscience, qui l’a aidé à progresser non seulement dans l’appréhension de cette situation, mais plus généralement dans l’approche de sa fonction et de son rôle dans l’entreprise: «Ma première réaction avait été de me dire que je devais me sentir extérieur à tout cela, pour me protéger. Donc, je m’implique dans la limite de mes compétences professionnelles. Mais je ne suis pas l’auteur ni le responsable de la décision». Cyril a compris que cette attitude était fausse, qu’il n’était pas extérieur, mais un maillon de la chaîne.
L’image biblique du «piège», telle qu’on la trouve dans les Psaumes, ou tout simplement dans la Passion, a été longuement regardée ce soir-là. L’image est très parlante par les différents éléments qui constituent le piège où le «juste» va tomber: on «intrigue, épie, calcule, dissimule… ils se forgent une parole maligne…». Mais le piège est aussi celui dont les auteurs, comme les victimes, sont parties prenantes, et il peut se retourner contre ceux qui l’ont monté; c’est d’ailleurs l’espoir secret du psalmiste.
Cette image du piège, qu’il contribue à construire en étant lui-même piégé, sans liberté, a permis à Cyril de prendre de la distance et de considérer de manière différente les relations professionnelles dans lesquelles il est impliqué. Peut-être convient-il de parler ici de relations plus vraies, plus incarnées. Certes, dans le cas précis de cette collègue, il convenait de garder une grande discrétion avec elle, dans la mesure où le dossier était vide. Mais avec d’autres personnes et dans d’autres situations, Cyril s’est aperçu qu’une trop grande extériorité, une absence de réactions ou de paroles de sa part pouvaient, étant donné sa fonction, être mal interprétées. En clair, il aurait pu avertir telle ou telle personne dont le comportement ne convenait pas dans l’entreprise, et prévenir ainsi le danger.

Guetter le moment favorable

Cela a modifié aussi son rapport au directeur général, le faisant sortir d’une vision trop étroitement hiérarchique pour entrer davantage dans une relation de compétence et de conseil: il appartient à Cyril par sa fonction d’indiquer à son directeur, non seulement les impasses juridiques, mais aussi les inconvénients de décisions qui pourraient à terme porter préjudice à l’entreprise, à son efficacité, et à sa notoriété. C’est d’ailleurs ce qui vient de se produire: sur un autre dossier, l’entreprise a été condamnée aux prud’hommes, ce qui a eu pour effet d’arrêter tous les autres dossiers en cours. Entre-temps, Cyril avait averti son directeur que le dossier constitué n’était pas bon et peu soutenable, de manière à laisser passer du temps et à reprendre avec lui la question.
Dans ces situations où l’on est contraint d’obéir à un ordre immoral, deux éléments sont indispensables:

  • Ne pas rester seul, mais prendre conseil de personnes en qui on a toute confiance. Le but n’est pas ici uniquement d’être éclairé par d’autres avis. C’est aussi un lieu de partage et d’appui. Cela a été décisif dans le changement et la détermination de Cyril.Prendre du temps et du recul, alors même que la violence ou l’incompréhension de la décision, voire la surprise, peut nous jeter immédiatement du côté de la victime ou parfois du décideur. Précisément, dans ces situations où sont engagées une vision de l’homme et des valeurs morales, il est fondamental de construire une position réfléchie, qui permette au décideur de revoir sa stratégie, d’élargir son argumentaire et sa vision, et, peut-être, de revenir sur sa décision.

Pour un chrétien, le temps de l’action est toujours celui du «moment favorable» de l’Évangile, celui où l’Esprit peut, à la faveur d’une parole, d’un conseil ou d’une attitude, habiter un cœur ou une pensée. Le temps de l’action n’est pas seulement celui du raisonnement et du faire, mais aussi celui de la parole qui donne sens et qui fait vivre.

Remi de Maindreville.

11:14 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/09/2006

Sommes-nous des intégristes ?

Quand une personne défend une valeur « traditionnelle », on lui colle l’étiquette de « conservatrice ». Il s’agit de dire qu’on est pas d’accord avec telle idée à la mode pour se voir classer « à droite ». On entend assez souvent l’expression de « droite religieuse » et il semble qu’on veuille classer dans ce tiroir toute personne qui au nom de sa foi refuse certains courants « in ». Et de là à la traiter d’intégriste, il y a un pas facile à franchir.

Mais qu’est-ce que l’intégrisme? C’est, selon mon dictionnaire, l’attitude de la personne qui se campe dans un système de valeurs et refuse toute évolution. On parle facilement de l’intégrisme religieux; c’est en ce domaine qu’il est le plus apparent. Mais à mon avis il y a plusieurs autres intégrismes.

Les intégristes du « pas dans ma cour » : réalises ton projet si tu veux, mais à condition que ce soit assez loin de moi pour ne pas déranger l’univers que je veux me bâtir.

Les intégristes de l’écologie : ne change surtout rien à la nature. Tu ferais un sacrilège de déplacer une pierre dans la rivière car tu nuirais au poisson qui s’en servait pour se camoufler.
Les intégristes « anti-tabac » : je veux rien savoir de ta fumée. Si tu as le malheur de fumer à moins de trente pieds de ma maison, je mets la police à tes trousses…

Les intégristes de l’ancienneté : défense de toucher à ce principe dans la répartition du travail, car je risquerais de perdre un petit peu de mes privilèges que j’ai fini par considérer comme des droits inaliénables.
Les intégristes de la parité salariale : je te fusille si tu oses affirmer que toute disparité en ce domaine n’est pas nécessairement injustice.
Ces intégristes sont aussi dangereux que les autres, parfois plus parce qu’ils passent pour modernes, « in », à la fine pointe du vocabulaire scientifique…

Quand je regarde Jésus, je vois un Juif pratiquant mais non « pharisien » ou intégriste. Je vois un homme prêt à donner sa vie pour aimer mais non à prendre la vie de l’autre pour défendre ses idées. En lui, il n’y a pas d’idéologie, mais un amour inconditionnel de l’autre. Il a parfois des paroles dures, intransigeantes, mais pour dénoncer les idéologies intégristes qui détruisent l’homme au lieu de l’élever.
 Y a-t-il une place pour ceux qui cherchent non l’intérêt de leur groupe et la domination de leur idéologie mais le véritable bien commun?

Il faut parfois une véritable conversion pour ne plus prendre ses lubies pour parole d’évangile et prendre les paroles de l’évangile comme guide de l’amour véritable. C’est ce que je nous souhaite en me rappelant un évêque qui me disait : « La seule radicalité acceptable est celle de l’amour! »

Bon Dimanche à Tous et Toutes et que votre vie spirituelle soit souffle de liberté dans l'intégrité de vos convictions et de votre personnalité.

Fraternellement !

Bruno LEROY.

21:07 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans RÉFLEXIONS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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