03/05/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Je suis amoureuse, mais j'ai peur de la relation sexuelle car, pour moi, elle est synonyme de saleté. Je ne comprends pas d'où vient ce sentiment et que puis-je faire?
La relation sexuelle est un lien entre deux personne: vous et votre ami.
Vous, comment vivez-vous dans et avec votre corps? Quelle image en avez-vous? Que vous en a-t-on dit? Votre ami respecte-t-il votre corps et le sien?
Une sexualité sans âme, sans lien peut créer un sentiment de saleté. Avez-vous vécu des choses qui vous donnent cette sensation? En avez-vous vues? Peut-être pouvez-vous en parler à quelqu'un de confiance?
Distinguez les "pratiques" sexuelles du lien affectif et physique entre deux personnes qui s'aiment; lien qui se construit lentement et dans la confiance. Avez-vous pensé à consulter dans un planning familial? On peut y parler de contraception, mais aussi d'autre chose.
Prenez votre temps, vous n'avez rien à prouver - le fait d'être amoureux peut s'exprimer par beaucoup d'autres gestes et paroles avant de passer à la relation sexuelle complète.
Brigitte de Werra, conseillère conjugale.
11:05 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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30/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
La religion peut-elle commettre des actes immoraux (à travers les humains)?
Le terme " religion " est abstrait; il indique qu'il y a un système de repères qu'on appelle religion x ou y, car les religions sont nombreuses. La plupart des religions proposent des attitudes et des comportements idéals, et si l'on vivait parfaitement ces idéaux, évidemment beaucoup de problèmes de ce monde seraient en principe réglés. Ce sont les sujets humains qui sont à l'origine de leurs actes, et leur religion doit en principe les aider à poser des actes moralement bons. Mais l'humain comme sujet moral est pris dans un réseau de choix et de décisions en rapport avec autrui qui n'est jamais simple, et parfois son jugement moral est obscurci par des passions ou par manque de réflexion. Ce qui peut le conduire, malgré sa bonne volonté, à commettre des actes immoraux parfois punissables par les lois civiles sensées régler la vie en société.
Nicolas Margot, théologien et formateur.
12:09 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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23/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Je suis un garçon de 17 ans. Je n'ai toujours pas réussi à définir mon appartenance sexuelle. Je suis attiré par des hommes plus âgés (30-40 ans). Les filles de mon âge m'attirent également. Lorsque je me masturbe, je ne peux pas m'empêcher de penser aux hommes. Que faire pour être au clair avec moi-même?
L'inconfort que vous décrivez relève du fait que vous êtes tiraillé par des positions très divergentes.
D'un point de vue jungien, deux tendances opposées cohabitent en nous: l'anima (archétype féminin) et l'animus (archétype masculin). Ces deux tendances vont se développer de manière inégale et cela en fonction du style d'éducation que nous aurons reçu.
Voici quelques hypothèses pour essayer de comprendre votre situation: il y a des chances que, dans la situation que vous me décrivez, le père fasse cruellement défaut et que les conséquences décrites en soient le résultat (l'attirance envers des hommes plus âgés). Tout se passe comme si votre animus cherchait désespérément à se développer (est-ce votre cas? je vous demande de vous interroger honnêtement à ce sujet).
La place de la mère, dans votre histoire, a probablement été trop importante, vous mettant dans une impasse. D'un côté votre anima est satisfait, d'où l'intérêt pour les filles de votre âge, et en même temps, une frayeur rappelant de manière trop forte l'empreinte de la mère. Tout se passe comme si votre anima était à la recherche d'un équilibre (est-ce votre cas?).
Les choses peuvent se compliquer encore de manière plus subtile. Quand une mère, par exemple, "porte la culotte", sous entendu est "porteuse de l'animus", alors qu'elle devrait être symbole de l'anima. Voilà une situation susceptible de troubler la sexualité d'un petit garçon, comme d'une petite fille.
Nous pourrions imaginer l'inverse, à savoir un père ayant une anima très développée, c-à-d avec des caractéristiques reconnues comme féminines (douceur attribuée habituellement à la gent féminine, intérêt pour la couture, etc.). Voilà aussi une situation susceptible de troubler la sexualité d'un petit enfant.
Les exemples ci-dessus sont caricaturaux à dessein. A vous d'entrevoir toutes les nuances possibles.
Mais alors, me direz-vous, que faire? Une thérapie me semble incontournable. Ce traitement vous conduira à un équilibre, si vous en avez la motivation, le courage et, surtout, si votre inconfort est tel qu'il perturbe votre quotidien.
Daniel Pône, analyste transactionnel en formation clinique.
09:40 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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21/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Dieu a-t-il créé le mal?
Non! Dans le récit-clef de la création (qui utilise la forme d'un mythe, mais qui exprime la vérité la plus profonde sur l'être humain, la vie, le monde), au soir du "sixième jour", Dieu regarde le monde qu'il a fait et constate: "C'est très bien, et très bon".
A l'autre extrémité de l'histoire, l'Apocalypse parle d'un monde et annonce un temps où la mort, la souffrance, le deuil, la maladie, les larmes auront disparu.
Enfin, au coeur du temps, Jésus de Nazareth gué-rit malades et blessés, chasse les démons, ressuscite les morts.
Tout donc s'accorde pour dire: Dieu est l'ennemi du mal. Tout en Dieu est du côté de la vie et de l'amour.
Mais alors, direz-vous, d'où vient le mal? Autant j'étais à l'aise pour répondre à la première question, autant je suis embarrassé pour aborder la seconde. Car il semble que même pour la Bible, même pour Dieu (!) le mal soit une énigme douloureuse et, à la limite, insoluble.
Certains attribuent l'ori-gine du mal au Diable, ennemi de Dieu dès l'origine. Cette solution ne me convainct pas et ne fait que repousser la question: d'où viendrait ce diable de Diable? Aurait-il été créé par Dieu?
D'autres disent que le mal est un corps étran-ger, une sorte de cancer qui s'est mis à proliférer - sécrétant toutes les souffrances et les violences que nous connaissons - s'étant introduit par une faille du système, un "trou" dans la création. J'aime cette façon de voir le mal comme un intrus, mais ce n'est pas vraiment une explication!
Alors? Alors, je crois que le problème du mal est philosophiquement insoluble! Il doit être résolu dans l'action, dans la pratique, au coeur de l'existence: refus de la résignation, lutte pour la justice, pour une vie digne et belle même au creux de la souffrance, espé-rance et confiance contre toute forme de désespoir.
Nous avons un allié de taille: Dieu lui-même, qui lui aussi souffre du mal et se bat pour l'extirper et l'étriper! Mais avec des moyens qui nous semblent souvent insuffisants: l'amour (vrai), la tendresse (forte), la beauté (fragile)...
Pierre Genton, pasteur.
09:03 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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18/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Comment se faire des amis quand on a 18 ans ?
Votre question est d'actualité. Nous vivons à l'ère de la communication, des " chats " et des amitiés virtuelles, mais, paradoxalement, la solitude grandit dans nos cités occidentales. Il est en effet plus facile de "cliquer" sur une souris et de "surfer" d'une messagerie à l'autre, comme d'un bout à l'autre de la planète, que de se "faire" des amis. La preuve, il semblerait que l'on en ait perdu le mode d'emploi.
Nous disons couramment de quelqu'un : c'est un ami. Si l'on regarde en arrière et de plus près, on est souvent surpris des "amitiés" qui n'ont pas duré. Dès lors, la question se pose : "Qu'est-ce qu'une amitié entre deux ou plusieurs personnes ? Souvent, certaines personnes passent leur temps à parler de choses superficielles. Dans ce cas, mieux vaudrait appeler ce type de relation : camaraderie. Et là, les copains et les lieux pour s'en faire, surtout à 18 ans, ne manquent pas : quartiers, écoles, sports, clubs de loisirs, paroisses, bistro-resto-discos, etc.
Par contre, on ne peut parler d'amitié que s'il y a un partage de ce que chacun a au plus profond de lui, un échange sur ses propres valeurs. Point capital aussi, ce partage doit se faire à deux ; à savoir qu'il doit y avoir réciprocité dans la confiance et la confidence. Chacun partage ce qu'il vit, sinon on risque de tomber dans une relation, qui n'est certes pas l'amitié, où l'un se livre et l'autre écoute, sans jamais parler de lui. Cela nécessite qu'il y ait une certaine affinité au niveau des idées et sur le plan de la sensibilité.
Quand on parle vraiment d'amitié, il n'y a pas de recette pour se "faire" des amis. Chercher des amis, c'est en fait chercher quelque chose ou quelqu'un pour soi. Il y a un mouvement égocentrique qui peut justement ternir une amitié, car il est orienté, non pas vers l'autre, mais vers le plaisir et les avantages recherchés pour soi.
L'amitié, en fait, ne se cherche pas. Comme l'amour, elle est donnée et naît des rencontres quotidiennes, souvent quand on s'y attend le moins. C'est sans doute pour cela que l'on dit que les amis sont rares et précieux. Et puisqu'elle est donnée, tout ce qu'il y a à "faire", c'est de recevoir ; et pour cela, savoir attendre être patient, rester ouvert, garder confiance, mettre tous les atouts de son côté pour qu'elle se manifeste, non pas en se cloîtrant chez soi, mais en fréquentant peut-être d'autres milieux, d'autres lieux, en développant d'autres activités, d'autres sports, en laissant découvrir ses qualités, ses talents.
Finalement, il est parfois plus rapide de prendre les devants, en commençant soi-même par donner son amitié, lorsque l'on se sent en affinités avec quelqu'un. Dans ce cas, c'est la qualité et la réciprocité des échanges, comme nous l'avons vu, qui déterminera si l'on est bien, tous deux, dans une relation d'amitié.
Christian Rossier, membre de l'Association suisse d'Analyse Transactionnelle, en formation.
09:00 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Est-il vrai que, pour les Catholiques, au moment de l'Eucharistie, le pain se transforme réellement en corps du Christ et le vin en sang du Christ ? Si c'est le cas, il ne s'agit pas d'un mémorial, mais d'un renouvellement du sacrifice ? Qu'appelle-t-on la transsubstantiation ?
Votre question est très pertinente. Je vous renvoie aux ouvrages de Pierre Descouvemont, François Varone et Jean-Yves Leloup, dont je me suis servi pour ces quelques pistes, si vous souhaitez approfondir votre réflexion.
Dans la doctrine traditionnelle de l'Eglise catholique, en effet, le pain et le vin ne sont pas de simples éléments par lesquels le Christ vivant nous communique sa vie au moment de la communion. La Présence réelle du Christ dans le pain et le vin est une vérité que l'Eglise a toujours perçue dans l'Ecriture, comme le rappellent des personnalités telles qu'Ignace d'Antioche (+107), Irénée (+202) ou Cyprien (+258), ces témoins de la foi ancestrale de l'Eglise.
Pour s'opposer à l'interprétation purement " symbolique" de certains croyants, l'Eglise utilise à partir du XIe siècle la notion de substance. Elle signifie par là le mystère de la transformation radicale du pain et du vin au corps et au sang du Christ. On parle désormais de transformation substantielle. Cette notion philosophique de substance (qui signifie : ce qui est permanent dans un sujet susceptible de changer) sera de plus en plus utilisée, si bien qu'au IVe Concile du Latran (1215), le mot transsubstantiation entrera dans le langage officiel de l'Eglise.
Ce terme, à connotation philosophique, a l'avantage de mettre en valeur la profondeur du changement qui s'opère dans le pain et le vin au moment de la consécration, malgré la permanence de leurs apparences sensibles, ou, pour reprendre un terme philosophique, de leurs accidents. Pour les théologiens du Moyen Age, sous les apparences du pain et du vin, c'est la substance du corps et du sang du Christ ressuscité - et non plus la substance du pain et du vin - qui se trouve présente.
La messe est un mémorial de la Passion de Jésus-Christ. Non pas un mémorial inerte, comme se plaît à le rappeler P. Descouvemont, mais un mémorial vivant. En effet, la Présence réelle du Christ, pour le Catholique, rappelle que c'est avec ce corps que le Christ nous a libéré du péché et que c'est avec ce corps qu'il continue à nous sauver.
Lorsque nous communion, le Christ réalise sa promesse : "Celui qui mange ma chair et bois mon sang demeure en Moi et Moi en lui" (Jn 6,56). L'Eucharistie, c'est vraiment le Christ qui a mis sa toute-puissance au service de son amour. C'est un contact personnel et intime avec tous les membres de son Eglise (1).
Dans ce sens, vous avez raison. Il y a bien renouvellement, mais je n'aime pas beaucoup le terme de sacrifice et tout ce que cela implique théologiquement, à savoir, pour reprendre les termes de F. Varone : "la mort de Jésus interprétée comme sacrifice expiatoire, censée être renouvelée sous forme d'immolation mystique sur l'autel de la messe, pour le rachat des péchés des hommes." Comme lui, je pense que c'est de l'ordre de la malcroyance. Jésus n'est pas mort pour satisfaire un Dieu de sacrifice, mais pour "rendre témoignage à la vérité" (Jn 18,37) jusqu'au bout et à n'importe quel prix. La croix rappelle au croyant le combat vital de l'homme pour la vérité de l'homme et de Dieu ; pratique que l'on apprend, avec Jésus, à pousser jusqu'au bout s'il le faut.
C'est dans le Repas de communion, comme l'écrit F. Varone, que le croyant, "refaisant les gestes de Jésus, en mémoire de Lui, communiant par le pain et la coupe à l'existence donnée de Jésus, retrouvera sans cesse son sens de la différence, ne se laissera pas normaliser par la loi universelle du pouvoir humain, religieux ou non". Il faut comprendre, par là, que l'Eucharistie doit constituer sans cesse le croyant en anti-modèle du monde et relancer une pratique différente de celle du monde, selon le modèle de Jésus, afin d'éviter de communier qu'en apparence (2).
Parler de sacrifice, c'est donc risquer d'ignorer toute la vie et l'action de Jésus, mais également réduire le Salut à la mort de Jésus. Or, c'est oublier la Résurrection qui en est l'aboutissement. Et là, je rejoins J.-Y. Leloup qui souligne bien que Jésus a pris sur lui la souffrance du monde, mais pour sa délivrance. Or, ce n'est pas la souffrance qui nous sauve, mais l'amour à travers lequel Il va transformer cette souffrance.
Il n'y a donc ni sadisme de la part de Dieu, ni dolorisme ou masochisme de la part de Jésus, mais, comme le rappelle le symbolisme du Christ en croix souvent mal interprété : quelqu'un dont les bras et le coeur sont ouverts. C'est l'ouverture totale qui ne se préserve pas, parce qu'il y a en Lui ce feu de l'amour qui peut transformer toute chose (3).
Christian Rossier, aumônier de gymnases.
(1) Pierre Descouvemont: "Guide des difficultés de la foi catholique", Ed. Cerf, 1993.
(2) François Varone: "Ce Dieu censé aimer la souffrance", Ed. Cerf, 1990.
(3) Jean-Yves Leloup: "La montagne dans l'océan", Ed. Albin Michel, 2000
10:15 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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12/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
A quoi sert la religion de nos jours?
Voilà une question bien intéressante. Autant par l'interrogation qu'elle soulève, que par la manière dont elle est posée.
Elle se place sur un plan résolument moderne: celui de l'utilité, du faire... C'est d'ailleurs sans doute une des causes des difficultés qu'elle traverse actuellement, et paradoxalement une de ses chances.
En effet, "à quoi sert la religion de nos jours ?", il faut répondre: "à rien".
Dans notre univers entièrement orienté vers l'action et la performance, la religion ne sert à rien. Et c'est là sa force.
Enfin quelque chose sur un autre plan que celui de l'efficacité et de la compétition.
Comme l'art et la beauté, la religion ne sert à rien au sens concret. Mais que serait le monde sans musique, sans peinture, sans poésie?
On le sait tous: l'art sert à quelque chose, mais sur un autre plan. Celui de l'Etre, de la profondeur, de l'éveil intérieur. Celui de la créativité aussi. Et quelquefois de la thérapie.
Sans vouloir trop pousser, je dirais qu'il en va de même de la religion.
Son utilité consiste à développer l'intériorité de l'humain, sa profondeur et sa verticalité. Elle sert à ouvrir son sens critique (lui donner du recul). De manière beaucoup plus basique, elle l'aide à vivre avec lui-même (il a conscience de ne pas être seul, d'avoir été voulu...), et l'aide (ou devrait l'aider) à vivre avec les autres, ce qui n'est pas une petite chose.
Mais plus loin et plus fort que l'art la religion sert aussi... à servir. Si elle aide l'homme à vivre, elle devrait l'aider à... aider. L'aider précisément à dépasser l'égoïsme, pour le déployer en direction de l'autre, de tous les autres... des pauvres, de toutes les pauvretés.
Il y a dans la religion, ou plus exactement dans la foi, une énergie d'amour, de pardon qui est à disposition des humains. Cette énergie est curieusement ce dont on manque le plus et ce dont on passe souvent à côté.
Virgile Rochat, pasteur.
08:57 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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11/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Comment le Pape, qui se veut défenseur de la vie, peut-il condamner le préservatif, dans un monde ravagé par le SIDA?
Disons d'abord que le Pape n'a jamais employé le mot "préservatif" quoi qu'en aient dit les journalistes. Ce qui importe pour lui, ce n'est pas le latex ou autres moyens de protection, c'est le sens de ce geste qu'on appelle "faire l'amour", et ce que deviennent les personnes qui posent ce geste, avec ou sans...
Mais ne jouons pas sur les mots. Si le Pape et pas seulement lui s'oppose au préservatif, c'est pour promouvoir un autre chemin de vie et de sécurité que le "safe sex" proposé par la pub anti-sida. Le chemin d'un amour vrai, fidèle, ouvert à la vie, qui respecte la dignité de l'être humain dans toutes ses dimensions.
Un amour vrai entre deux personnes, c'est un amour capable d'aller jusqu'au don de soi, avec un partenaire unique, et de durer dans la fidélité. Un tel amour n'a pas besoin de se "protéger" autrement que par la qualité de la relation avec un partenaire auquel on peut faire confiance et qui nous fait confiance.
Imposer le préservatif, n'est-ce pas une manière de dire à l'autre: je ne suis pas sûr de toi, ou encore: je comprends que tu ne sois pas sûre de moi? Si l'on pouvait dire au contraire: avec moi, tu ne risques rien parce que pour moi tu es la seule, et moi non plus je ne risque rien avec toi, car je suis sûr qu'il ne peut y en avoir d'autre que moi. Et cela pour toujours.
Ceci dit, on sait très bien que tous les jeunes, que tous les couples qui s'aiment n'en sont pas là. Beaucoup n'ont pas la motivation nécessaire ou simplement pas le courage de vivre un amour "safe" sans préservatif. Plutôt que de risquer la mort ou seulement la venue d'une vie que l'on refusera ensuite , qu'ils acceptent de prendre les moyens nécessaires pour éviter le pire. Dans ce cas, c'est même un devoir. Plusieurs évêques l'ont dit et ils parlent aussi au nom de l'Eglise.
Il reste que c'est un pis-aller. L'amour de la vie, et l'amour de l'Amour, nous appelle à quelque chose de plus beau et de plus vrai.
Jean-Marie Pasquier, prêtre.
09:06 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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10/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Un ami africain s'est marié avec une asiatique et, dans quelques mois, ils vont avoir un enfant. J'ai entendu dire qu'un enfant né de ce mélange risquait d'avoir, plus tard, des problèmes psychologiques. Pouvez-vous me dire si c'est vrai ou si ce n'est que des ragots de mauvaises langues ?
La question appelle d'abord quelques remarques clarifiant la notion de métissage. On appelle métissage le mélange de races, de variétés différentes au sein d'une même espèce, et métis le produit d'un tel croisement ; c'est donc un terme d'usage général. Mais, dans l'acception courante, on tient communément pour métis l'être humain dont le père et la mère ne sont pas de même race, c'est-à-dire sont de constitutions génétiques différentes.
Sont donc tenues spécifiquement pour métissages les unions entre Blancs et Noirs, entre Blancs et Jaunes et entre Jaunes et Noirs, c'est-à-dire les mélanges des grands groupes de couleur entre lesquels se répartit l'espèce humaine. Le métissage est un mélange de "races" au sens où, selon la conception populaire, les groupes de couleur sont tenus pour tels. Ce caractère n'est pas, du point de vue biologique, un trait plus révélateur de la race qu'un autre : la forme du squelette, celle du crâne, le métabolisme, les propriétés hémotypologiques, par exemple, sont, à cet égard, tout aussi caractéristiques.
Les Blancs, les Noirs, les Jaunes ne sont donc pas des "races" (au sens biologique), mais des groupes humains (au sens sociologique) que la conscience populaire identifie par rapport à un trait physique particulier. Le métissage concerne, si l'on peut dire, des races "sociales" et non des races au sens où le mot est entendu en biologie. C'est donc un phénomène social autant et même plus qu'un phénomène physique.
De tout temps, la différence, quelle qu'elle soit, a réveillé des peurs et échauffé les esprits, voire l'imagination. Comme vous le constatez, du point de vue biologique, il n'existe pas de problèmes liés au métissage. Sur le plan psychologique, s'il peut y avoir certaines difficultés, ce serait plutôt de l'ordre d'un éventuel conflit entre cultures, valeurs et religions des parents. Un malaise, donc, entre les deux conjoints, dû à leur vision différente de la vie, de la société, de l'éthique et de Dieu. Malaise qui pourrait rejaillir sur l'enfant qui a son identité à construire.
Tout dépend, cependant, de l'impact de la culture et de la religion sur les parents. Si tous deux sont nés en Suisse ou en Europe et ont intégré depuis longtemps la culture et les valeurs occidentales, les différences seront minimes et les conflits ne seront pas plus importants qu'entre un Vaudois et un Fribourgeois, par exemple, c'est-à-dire, quasiment nuls. L'enfant ne sera donc pas déchiré entre deux cultures et son identité se construira sur les valeurs et la culture de l'endroit où il vit.
En résumé, je dirais que tout dépend de l'impact des "racines" sur les parents et de leur ouverture d'esprit. Personnellement, j'y vois plutôt un avantage pour l'enfant. En effet, il aura l'occasion de se familiariser très tôt avec la différence, ainsi que l'opportunité de puiser aux richesses des deux cultures, en vue d'enrichir sa personnalité et de favoriser, par là même, son épanouissement.
Marc Rüchti, biologiste.
Christian Rossier, membre de l'Association suisse d'Analyse Transactionnelle, en formation.
11:35 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans QUESTIONS D'ADOS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : SPIRITUALITÉ DE LA LIBÉRATION. |
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08/04/2006
QUESTIONS D'ADOS.
Quels sont les causes et les symptômes de l'anorexie ?
Rien d'étonnant à ce que vous posiez cette question, car c'est précisément à l'adolescence que l'anorexie peut se manifester.
Les causes sont inconnues, pourtant l'état des recherches actuelles met en évidence un certain nombre de pistes possibles, à savoir différentes origines: comportementale, tout d'abord. Par le refus de s'alimenter, le sujet attire l'attention de l'entourage. Il apprend ainsi à manipuler plus ou moins consciemment son environnement et à obtenir les signes de reconnaissance dont il a besoin.
Une origine médicale est également envisagée: on parle du dysfonctionnement de certaines glandes du cerveau réglant le besoin de se nourrir, tout cela lié à quelques dispositions génétiques.
Une origine psychologique, finalement: le dysfonctionnement familial caractérisé par une surprotection de l'enfant, ainsi que par l'absence de limites personnelles et d'indépendance des parents - en particulier de la mère -, sont les ingrédients pour fabriquer une anorexique». La mère, dans ses erreurs d'interprétation des besoins de son enfant, va confondre besoin d'amour et de protection avec besoin de nourriture.
Pour sortir de ce dilemme, le sujet manifestera sa colère de manière détournée en refusant de s'alimenter. L'anorexie se retrouve aussi bien chez les bébés que chez les adolescents.
Quant aux symptômes qui la caractérisent, ils sont les suivants: perte de poids d'au moins 25% du poids initial, en l'absence de maladie physique pouvant expliquer la perte de poids; peur intense de devenir obèse qui ne diminue pas à mesure de l'amaigrissement; perturbation de l'image corporelle et absence de règles.
Ces symptômes se retrouvent chez 90 à 95% des femmes répertoriées dans la classe sociale moyenne à supérieure et touchent la classe d'âge des 15 à 25 ans. Notons encore que 5 à 21% des anorexiques meurent de malnutrition, d'une infection ou de troubles cardiaques.
Daniel Pone, analyste transactionnel en formation clinique.
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