14/06/2007

DÉSINFORMATION - La toile s'enivre.

Le nouveau président français arrive en retard et essouflé a une conférence de presse liée au G8. Rien de tel pour enflammer la toile.

Un vrai baptème du feu ! Jeudi 7 juin 2007, pour sa première conférence de presse internationale, avec oreillette de traduction simultanée, le président Sarkozy se serait donné du courage en partageant une vodka avec le président Poutine... C'est du moins ainsi que le journaliste Belge Eric Boever a présenté une vidéo montrant le petit Nicolas plein de tics, sourire gêné qui se dandine d'un pied sur l'autre durant les premières secondes de son interview.

Il n'en faut pas plus pour que la toile s'enbrase. En 4 jours, rien que sur
Youtube, la soixantaine de vidéos montrant ces 30 secondes a été visionnée plus d'un million de fois. Tous les médias ont relayé "l'affaire", aussi bien sur la toile que dans la vraie vie.

S'il est de notoriété publique qu'il ne boit pas, le président français n'était apparemment pas dans son état normal. De là sont parties toutes sortes de conjectures, depuis un moment intime avec Madame, un souci lié à son syndrome
Iznogoud, jusqu'à des problèmes de digestion. Chacun a son interprétation.

Toujours prompt à crier au scandale, l'internaute en pantoufle a bien évidemment dénoncé la non diffusion de ces images par la télévision française. LCI, qui a diffusé l'interview en direct s'explique sur le site de 
l'Express : "Prévue à 19h, la conférence de presse de Nicolas Sarkozy a commencé avec une trentaine de minutes de retard. Lorsque le Président prenait la parole, LCI finissait la diffusion d'une émission de secours et enchaînait avec une page de publicité incompressible. Lors de la prise d'antenne, il était déjà trop tard."

Devant la surmédiatisation de sa boutade, Eric Boever a pour sa part présenté ses excuses :
"(...)Le 'Douze minutes' est un journal [de la nuit] destiné au public belge et vous nous connaissez un peu, nous avons la faiblesse de cultiver le sens de la dérision, et de l'autodérision bien sûr. Je ne voulais évidemment pas heurter la sensibilité nationale française, d'autant que je suis moi-même français par ma mère.
Bref, je suis désolé de voir cette affaire tourner à l'incident diplomatique alors qu'elle ne mérite qu'une tempête dans un verre... d'eau !"

Une semaine après, tout le monde sait que Poutine et Sarkozy se sont vus en privé, et que Sarko était en retard à sa conférence de presse. Mais peu sont capables de dire que celle-ci a duré plus d'une demi-heure et qu'elle a essentiellement portée sur le réchauffement de la planête et autres problèmes politiques et diplomatiques.

Allez, sans rancune et bienvenu dans le monde virtuel, mister president...

Article par Cécile - Hoaxteam
http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=58...

12/06/2007

TOUTES LES VALEURS SONT RESPECTABLES.

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François Bayrou raconte la naissance de l’UMP. Pour l 'ex candidat à la présidentielle, vouloir réunir dans un même parti, la droite et le centre comme si c’était le même électorat, c’est ne rien connaître de l’Histoire de France. François Bayrou reproche aux architectes de l’UMP d’avoir voulu créer un système politique à l’Américaine. Un sytème où il n’y aurait plus que deux grands partis qui font semblant de s’opposer. En réalité, ils défendent les mêmes intérêts. Aux Etats-Unis, l’argent nécessaire pour mener une campagne électorale tient les deux principaux partis. François Bayrou a estimé qu’il était de son devoir de résister et il est allé le dire devant 7000 personnes lors du fameux meeting de Toulouse de février 2002.

"Que quelqu’un puisse croire qu’on peut prendre les grandes familles politiques françaises, du centre français et de la droite française, il faut vraiment ne rien connaître à l’Histoire pour penser que ces familles, c’est la même chose, c’est le même électorat. Ducon. C’est le même électorat parce que personne ne défend des idées. Qu’on puisse les mettre ensemble autour de Jacques Chirac, et de [Jérôme] Monod, [Alain] Juppé et [Philippe] Douste-Blazy, et les faire disparaître par une manœuvre absolument concertée et dont même à Toulouse, je ne voyais pas quelle était la mécanique, je n’avais pas tout vu mais j’avais vu l’inspiration. Et que d’un coup de baguette magique, tout ça va être réglé, c’était pour moi de l’ordre du combat… C’était Galilée. Comme l’univers entier perd la boussole, au fond, il vous revient de dire : "Mais pas du tout, le Nord n’est pas là, il est là !". C’est la défense de la plus élémentaire vérité sur laquelle repose la démocratie. Derrière tout cela, il y a au fond l’idée que c’est l’Amérique qui a raison. On va faire deux partis, mon pote. On fera comme s’ils s’étaient opposés. Mais en réalité ils représenteront les mêmes intérêts. La même sécurité pour un certain nombre de puissances qui tiendront tout. Parce que c’est pas mal aussi quand l’argent tient les deux. Ce qui est la vie politique américaine : elle repose sur le nombre de dizaines de millions de dollars que vous êtes capable de récupérer, donc il faut bien être copain avec les détenteurs des millions de dollars. Alors on va faire le système américain en France : un parti qu’on appellera socialiste et un parti qu’on appellera UMP mais en réalité les mêmes relations. Avec les mêmes candidats identiquement construits médiatiquement. Ce qu’ils disent n’a plus d’importance parce qu’au fond ils disent la même chose. Alors vous faites ça et vous allez imposer ça à la France, avec l’Histoire de la France, avec les vicissitudes de la France, avec les cicatrices de la France. Eh bien, il était de mon devoir, aussi faible que j’ai été à cette époque-là - et Dieu sait que ça a été dur parce qu’au moment où cela se produit je suis entre 2 et 3 dans les sondages en février 2002 - mais simplement il faut pouvoir se regarder dans une glace. Donc je décide tout seul - parce que mes proches et mes amis ne sont pas enthousiasmés par cette idée - mais je décide parce que je ne peux pas faire autrement que j’irai à Toulouse puisqu’ils avaient invité tout le monde et que je leur dirai ce que j’avais à leur dire. Donc j’y suis allé dans une grande ambiance de Corrida avec 7000 personnes en face de moi d’un avis et défendant tout seul l’autre avis, pour leur dire ce que je n’ai jamais cessé de penser : "Vous dites qu’on pense tous la même chose mais si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien". Précisément la démocratie c’est qu’on ne pense pas tous la même chose, il est sain qu’on essaie d’accorder les avis différents, les convictions différentes. Je suis allé plus loin depuis cette époque... Un pays a besoin de tout le monde ! La France a besoin des valeurs de gauche parce qu’elles sont des valeurs républicaines, respectables et importantes. Par exemple, il y a beaucoup d’enseignants qui ont ces valeurs-là, ils méritent qu’on les écoute et qu’on les entende. La France a besoin des valeurs de droite. Les gens qui disent que le mérite, l’ordre et la sécurité, c’est important… Ils ont raison. La France a besoin des valeurs du centre : de la tolérance et d’équité. La France ne pourra s’en sortir que si tous ceux-là son reconnus et se sentent bien dans l’effort national".


François Bayrou.

25/05/2007

"Seuls des adultes qui s’assument sont en situation de transmettre".

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François Bayrou et son dernier fils, André.

Elisabeth et François Bayrou ont eu six enfants (« nous en souhaitions douze ! six, ce n’est pas si mal ») : Hélène, Marie, Dominique, Calixte, Agnès et André.

 

« La naissance de mon premier enfant – nous avions vingt ans, ma femme et moi – je n’avais pas imaginé que cela aurait cette force. C’est un moment extraordinaire.

Mes enfants m’ont apporté des joies tous les jours, et quelques soucis. Mais j’ai aimé même les soucis. Péguy dit cela mieux que moi : ‘le père de famille, aventurier du monde moderne’.

Ma famille est ma vie privée, pas ma vie publique. Cela nous a permis d’élever nos enfants à l’abri de ce maelström de vanité, de ce déballage …

Dans la vie, il n’y a qu’une seule question : comment voulez-vous élever vos enfants ? La seule question politique, c’est celle-là. Je veux pour mes enfants une société qui donne davantage de place à l’idée qu’il faut faire du juste. Je souhaite que tout autour d’eux les invite à sonner juste.

Seuls des adultes qui s’assument, comme parents, comme éducateurs, comme politiques, sont en situation de transmettre. »

 

François Bayrou.

 

19:30 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/05/2007

LA MÉMOIRE D'UN PEUPLE.

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François Bayrou nous énonce ce que représente la mémoire d'un peuple à ses yeux : "Il y a une mémoire dormante des peuples. les hommes politiques doivent vivre avec la conscience que le peuple dont ils ont la charge n'existe pas depuis le jour où ils se sont installés."

"Il y a des gens qui croient que l'histoire appartient au passé. Moi je crois que l'Histoire c'est le passé, le présent et l'avenir. Il n'y a pas de rupture, il n'y a pas de solution de continuité comme on dit. Il n'y a pas de rupture. Et les gens qui croient aux ruptures sont naïfs. Je ne dis pas cela pour la politique actuelle uniquement... Mais en même temps il y a quelque chose de cela vous voyez ?
Moi je crois que les peuples ont une identité comme les personnes. Je crois même que les peuples ont un inconscient comme les personnes. Je crois qu'il y a une mémoire inconnue dormante des peuples qui a emmagasiné tout ce qu'ils ont vécu de tragédie, d'enthousiasme et de déception... Il y a une mémoire dormante des peuples qui ramène tout ce qui est souterrain, qui s'achemine sous terre...Pendant des siècles s'il le faut et puis ça ressort. Et c'est très puissant. Et donc, comme pour une personne avec son inconscient, quand  l'inconscient vous empoisonne, quand il pèse trop lourd, quand il y a quelque chose que vous ne savez pas ... Et qui vous étouffe, qui vous oppresse et vous ne pouvez pas respirer : il y a une chose à faire, c'est essayer de comprendre. C'est-à-dire entrer dans votre propre histoire et vous interroger vous-même pour savoir où est l'écharde dans l'inflammation. Ce qui me terrifie vraiment, au sens propre, c'est que nous sommes dans un temps où les gouvernants ont l'air de totalement ignorer l'Histoire. On ne leur demande pas d'être historiens, ce n'est pas du tout cela. On leur demande de vivre avec la conscience que le peuple dont ils ont la charge n'existe pas depuis le jour où ils s'installent et où ils croient qu'on passe de l'ombre à la lumière, "bêtes-à-sous" qu'ils sont ! Cela me terrifie ! Parce que du coup cela conduit à toutes les bêtises, à toutes les erreurs, à tout... Donc, moi, j'ai toujours regardé le peuple français comme cela... Comme une unité au travers du temps. Par exemple Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, chacun à sa manière, a dit pendant la crise en Irak "la France a été arrogante". Et donc elle n'aurait jamais dû se comporter comme cela... "Mon pote", si la France n'est pas arrogante, elle n'est pas la France !"

François Bayrou.

20:55 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/04/2007

QUESTIONS D'UNE SUBTILE DÉBILITÉ !

Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois posé la question de l'inné et de l'acquis en matière de pédophilie, mardi, faisant le parallèle avec le suicide et les cancers liés au tabagisme.

Propos extrêmement graves, selon Buffet
"Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est un comportement...", s'est interrogé le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle sur France 2. "Je voudrais apporter un témoignage personnel, ça ne m'a jamais traversé l'esprit", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a été vivement critiqué ces derniers jours par Ségolène Royal, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen et des spécialistes, pour avoir déclaré dans un entretien à Philosophie Magazine qu'il inclinait "à penser qu'on naît pédophile".

"Quelle est la part de l'inné et quelle est la part de l'acquis ?", s'est-il à nouveau interrogé sur France 2. L'ancien ministre de l'Intérieur a d'abord fait le parallèle avec le suicide, déclarant : "Je ne veux pas qu'on complexe les parents : tout jeune qui se suicide ce n'est pas exclusivement la faute des parents, il y a un terrain".

Il a ensuite parlé du cancer, soulignant qu'"il y a des tas de gens qui fument deux paquets de cigarettes et qui n'auront jamais de cancer et puis il y a des malheureux qui ne fument jamais, les fumeurs passifs, et qui auront le cancer, pourquoi ? (...) Il y a un terrain qui est plus propice et plus fragile".

"Ce sont des propos extrêmement graves, ça veut dire qu'on revient sur tout ce qui a été l'évolution des sciences dans notre société", a réagi mardi matin Marie-George Buffet sur RMC et BFM TV.

"C'est-à-dire reconnaître que chaque homme, chaque femme est libre et non pas qu'il est prédestiné ou que dans ses gènes il y aurait déjà toute sa vie qui serait inscrite et qu'il serait incurable", a ajouté la candidate communiste.

Source: L'Express.

21:00 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

LE SENS DU DÉBAT SUR INTERNET.

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ILS ONT VOTÉS ET PUIS APRÈS...?
LÉO FERRÉ.

08:55 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/03/2007

François Bayrou et la Foi.

« Je n’ai pas choisi de croire, je l’ai seulement accepté »

« Depuis l’âge de quinze ans, la petite fille Espérance chère à Péguy ne m’a jamais lâché. » Pour François Bayrou, « le plus précieux chez un être humain, le plus important, c’est la capacité d’aimer. »

« J’ai cru très tôt et j’ai aimé croire. Il y avait une messe du petit matin, en semaine, que je devais servir, à laquelle j’assistais seul, le plus souvent. Pour aller de la maison à l’église, je coupais court à travers champ et j’aimais ce rendez-vous solitaire du petit matin. J’aimais cette présence et ce silence. Et tout cela s’est construit peu à peu, sans épreuve, sans nuit de doute, comme une évidence. »
« La foi est une grâce. C’est un cadeau gratuit, pour lequel il convient de dire merci. Sans doute suis-je naturellement un esprit religieux. Je vais à la messe et, dans la vie de tous les jours, je prie. J’aime le Notre Père et le Je vous salue Marie. J’aime que ces prières aient été dites des milliards de fois depuis des siècles par des femmes et des hommes pour qui elles étaient le suprême recours. Enfin, je médite avec ceux qui ne sont plus là et qui sont encore là, les morts présents dans notre vie aussi forts, plus forts peut-être que les vivants. »
« Dans le domaine de la foi, je ne suis ni un savant, ni un clerc, ni un exégète. Je suis un petit et je veux le rester. En politique, je suis un responsable : je dois justifier ce que je dis, ce que je crois, ce que je propose, ce que je fais. En religion, je ne prêche pas, je ne me donne pas en exemple, je ne suis pas un modèle : je fais seulement partie du peuple des croyants, je suis de la base la plus basique, je me tiens au fond de l’église, sans parler. »
« La foi n’arrête pas la pensée, elle la convoque, elle la suscite et elle l’entraîne ! Et à mes yeux la pensée ne chasse pas la foi, elle l’invite ! Vous ne pouvez pas croire avec la moitié de vous-même. La foi est faite pour être comprise et habitée. Et spécialement parce que toute religion suscite une anthropologie, une conception de l’homme. Par exemple, ce n’est pas rien de penser la communion des saints. Cette idée chrétienne qu’une personne peut assurer le salut d’une autre personne ! Si l’on accepte cette idée, cela veut dire que
personne n’est étranger à l’autre, à son frère, à son prochain. »
« La vraie problématique de notre temps n’est pas celle de l’avoir, mais celle de l’être. Ce qui fait le malheur des temps, c’est l’absence de raisons de vivre ou de donner sa vie. Ce sont des choses qui concernent plutôt l’âme que la raison. Et le mal de l’âme provoque les maux de la raison. D’où vient le succès des sectes ? D’où vient la vague des drogues ? D’un manque immense qui trouble l’entendement, le discernement, et embourbe l’homme dans des dépendances où la raison se perd. Le spirituel assumé ouvre et libère la raison, la pousse à comprendre toujours plus profondément. L’intelligence, la logique, le sens critique, tout l’être humain est ainsi invité à s’assumer dans toutes ses dimensions de liberté. »
« Qu’est-ce d’autre que l’idée du bien sinon une boussole donnée pour nous guider, pour discerner la vérité ? Cette boussole, qui nous l’a donnée ? Au contraire, le Mal, le vrai Mal, ce n’est pas seulement quand la barbarie triomphe. Le mal absolu, c’est lorsque le Mal n’est plus perçu comme un mal. C’est lorsqu’il échappe à la conscience, comme le virus qui ne suscite plus d’anticorps. »

17:15 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

La poésie, pour vivre « le coeur réglé comme une vigne ».

François Bayrou entretient un rapport singulier, intime avec la poésie. Elle lui est musique et méditation, signe de piste et de vie.
« Un… deux. Un, deux, trois » : c’est ainsi que la plupart des orateurs testent un micro. François Bayrou préfère l’exercice poétique. Par exemple, le « Booz endormi » de Victor Hugo, qu’il affectionne particulièrement : « Booz s’était couché de fatigue accablé », « Vêtu de probité candide et de lin blanc » jusqu’à « l’heure tranquille où les lions vont boire. »
Vers « contraints » ou vers libres, François Bayrou aime et a étudié les poètes classiques, a étudié et aime les Grecs et les Latins. Il vit des histoires d’amour avec les poètes modernes, s’attache à découvrir les contemporains. Ses amis affirment qu’il sait par cœur toutes les fables de la Fontaine. « Mon père, dit François Bayrou, me les apprenait pendant qu’on chargeait le foin, dans la cour de notre ferme. » Il peut réciter, dire, des vers de Victor Hugo, Virgile, Louis Aragon, Racine, René Char, Charles Péguy, Paul Eluard, Pindare, Charles Baudelaire…
La « fonction poétique », parole où, selon le linguiste Roman Jakobson, s’approfondirait « la dichotomie fondamentale des signes et des objets », est étrangère au goût que porte François Bayrou à l’art poétique. Sa vision du poète, fidèle à l’étymologie grecque, le porte à considérer son œuvre comme création de vie, accouchement et invention de mondes nouveaux, en lutte à mots ouverts contre l’instinct de mort. Louis Aragon a donné ce titre à l’un de ses poèmes : « Les mots m’ont pris par la main. »
Croise-t-on souvent des martins-pêcheurs en Béarn ? « Les martins-pêcheurs au ciel jaune et rose Cousent le printemps au-dessus des toits Où leur vol léger en passant se pose Aux créneaux neigés Que les vents nettoient » François Bayrou décrit ainsi son village des Pyrénées : « Au-dessus de l’horizon, la montagne est bleue. Elle est une présence que l’on guette, un décor où certains jours, avec certaines qualités de lumière, on peut compter chaque arbre, distinguer chaque rocher. On a l’impression que la plaine vient s’allonger au pied même de la montagne, comme un hommage, comme une amitié. »
Evoquant Pasteur, qui découvrit le vrai de la vie, François Bayrou le met en correspondance avec Baudelaire : « La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. »
Discourant sur l’ordre et la liberté, il cite Eluard pour qui l’on peut vivre « le cœur réglé comme un cercueil » ou « le cœur réglé comme une vigne ». Le goût de la poésie, chevillé comme une vrille et battant comme un cœur, dit le choix sans appel de François Bayrou.
Ses amis racontent encore l’étrange rite auquel se prête chaque année François Bayrou : un « dîner de poésie » dont la règle impose aux convives de ne s’exprimer qu’en récitant des vers. Y-déclame-t-on l’Aragon de « La rose et le réséda » : « Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Qu'importe comment s'appelle Cette clarté sur leur pas Que l'un fut de la chapelle Et l'autre s'y dérobât. »
François Bayrou y dit-il sa fable préférée de Jean de La Fontaine où la passion des mots justes et de leur musique rejoint la passion de la justice et le combat politique : « Les animaux malades de la peste ». Où l’on crie « haro sur le baudet ». Et dont la morale pourrait avoir été écrite hier, "bloguée" ce matin :
« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

17:10 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans HOMMES POLITIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, poesie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook