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12/10/2007

ÉCOLOGIE MENTALE.

Mais que peut évoquer le terme "spirituel " pour nos contemporains, lorsque l'on parle de problèmes ou de besoins spirituels ? Nous ne sommes pas si loin de nos racines !

Nous pensons qu'il évoque d'abord l'intériorité, ce qui est au-delà des apparences, ce qui se donne progressivement à découvrir à un regard attentif et plein de pudeur. Pensons aux paysages intérieurs, ceux des mystiques du XVIe siècle qui les évoquaient en parlant de montagnes et de vallées, ceux d'un musicien ou d'un poète. Pensons à ce qui transparaît dans certains sourires, dans certaines paroles et dans certains silences. Pensons à cette impression que nous donnent certains d'être " habités ", d'exister vraiment, de se tenir par eux-mêmes, alors pourtant qu'ils sont en proie à un grand désarroi psychologique et au déferlement des émotions.

La psychanalyse nous dit, qu'il existe un lien incontournable entre la qualité de relation que l'on entretient avec soi-même et celle que nous souhaitons établir avec l'Autre. Il n'est pas de relation à l'autre si un minimum vital d'amour pour soi n'est pas assuré.

La spiritualité serait donc en chacun ce minimum de cohérence et d'amour avec et pour soi-même qui fait qu'un être humain se tient dans son identité. Une sorte de sérénité ou de sécurité fondamentale, d'acquiescement à sa propre singularité, ce par quoi chacun est incommunicable et qui permet pourtant qu'il entre en relation. Du coup, le spirituel serait aussi ce qui en l'homme passe l'homme, l'ouvre à l' Universel, lui permet de prendre du recul, de ne pas s'engluer toujours dans le particulier, de percevoir les enjeux au-delà de l'immédiat, d'inventer avec d'autres, une histoire.

Cette dimension spirituelle appartient à tout homme et ne relève pas d'abord du " religieux ". Le spirituel, entendu en ce sens, n'est pas désincarné. " Car le spirituel est lui-même charnel ", nous rappelait Péguy. Comment en serait-il autrement s'il signifie l'adhésion d'un être avec lui-même, en même temps que son ouverture aux autres, tel qu'il est, tels qu'ils sont.

Nous entrons dans une écologie mentale, l'écologie de l'esprit qui permet de revaloriser le noyau émotionnel et porteur des valeurs de l'être humain, face à la nature. Elle permet de développer l'aptitude à l'intimité, d'être à l'écoute du message que tous les êtres diffusent par le simple fait qu'ils sont là, par leur relation à ce qui les environne, par leur capacité de symbiose avec l'univers pris dans sa complexité, dans sa majesté et dans sa grandeur. Elle conduit au renforcement des énergies psychiques positives de l'être humain pour pouvoir affronter avec succès le poids de l'existence et les contradictions de notre culture dualiste, machiste et consommatrice. Elle favorise le développement de la dimension chamanique de notre psyché. Le chaman qui habite en chacun de nous entre en syntonie non seulement avec les forces de la raison, mais avec les forces de l'univers qui se manifestent en nous par nos impulsions, nos visions, nos intuitions et nos rêves, et par la créativité. Chaque être humain est, dans sa nature intrinsèque, créatif. Même lorsqu'on imite ou copie les autres, il le fait à partir de ses critères individuels, ce qui lui confère toujours une note de subjectivité unique. Ainsi, l'être humain s'ouvre au dynamisme cosmique originel, qui mène le monde, diversifie, complexifie et fait progresser vers des paliers plus élevés de la réalité et de la Vie.

Sans révolution de l'esprit, une révolution de la relation entre l'individu et la nature sera impossible. L'écologie mentale trouve ses racines dans la profondeur humaine. C'est là que s'élaborent les grandes motivations, la magie secrète qui transforme le regard sur la réalité, la transfigurant en ce qu'elle est, un maillon de l'immense communauté cosmique.

Si, l'éthique dégénère en en code de préceptes et d'habitudes de comportement, l'écologie mentale court le risque de se perdre dans la fascinante symbolique intérieure, si toutes deux ne sont pas l'expression d'une spiritualité ou d'une mystique. Quand nous parlons de mystique, nous pensons à une expérience fondamentale englobant toute chose, par laquelle la totalité des choses est captée en tant qu'ensemble organique chargé de signification et de valeur. Quel est le type de poésie qui nous fera redécouvrir le mystère du monde et notre sensibilité, afin que tous les êtres puissent être reliés ?.

BRUNO LEROY.

30/01/2007

Vers une vie réussie.

Un très beau texte du Cardinal Ratzinger devenu aujourd'hui le Pape Benoît XVI. Cette réflexion mérite d'être méditée tant elle est profonde.
Je tenais à vous partager ces pensées qui aident à nous situer dans notre propre Foi. Si vous désirez approfondir certaines questions que vous vous posez et cela dans l'unique désir d'entrer dans une maturité spirituelle. Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à découvrir ce précieux site aux réponses nombreuses qui alimenteront votre cheminement vers le Christ. Puissiez-vous, trouver des sources qui vous feront grandir dans votre sainteté pour accéder à la sérénité confiante et mature vers un Dieu d'Amour.
Votre Frère Universel,
Bruno LEROY.
     
  
ImageComment réussir sa vie ? Aucune vie n’est simplement une imitation parmi une multitude d’exemplaires qui se ressemblent. Chacun a besoin d’avoir le courage de la créativité pour vivre sa vie et ne pas devenir la copie de quelqu’un d’autre. Finalement, l’homme n’est pas seulement là pour se construire lui-même, mais pour se laisser défier par la vie. Tout le reste devient ennuyeux avec le temps…

Le courage de la créativité

Lorsque nous nous représentons la grande galerie des saints, ou même la galerie des grands hommes avec une vie réussie, nous nous apercevons que les vocations sont variées. Tout le monde n’est pas une mère Teresa. Un grand savant, un grand érudit, un musicien ou un artisan tout discret, un ouvrier… peuvent aussi être des exemples d’une vie réussie, dans la mesure où ils vivent leur vie honnêtement et fidèlement et humblement…

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© esprit-photo.com

(…) On peut trouver là une vie pleine, hier comme aujourd’hui ou demain. Toute vie a sa vocation propre. Elle a son propre code et son propre chemin. Aucune n’est simplement une imitation, choisie et exécutée parmi une multitude d’exemplaires qui se ressemblent. Chacun a besoin d’avoir le courage de la créativité pour vivre sa vie et ne pas devenir la copie de quelqu’un d’autre. Lorsque vous examinez la parabole du serviteur paresseux qui a enterré son talent pour que rien ne puisse lui arriver, vous comprenez ce que je veux dire. C’est un homme qui ne veut pas prendre le risque de vivre sa vie et de la développer selon son originalité. Il ne veut pas l’exposer aux dangers inévitables. C’est dans ce sens qu’il y a multiplicité de vocations. (…)
Il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu’il y a d’hommes. (…) Il y a autant de chemins vers une vie comblée qu’il y a d’hommes.

Se laisser toucher par quelqu’un de plus grand…

Les premiers disciples dont Jésus veut faire des "pêcheurs d’hommes" n’étaient pas des gens capables d’accomplir une mission mondiale. Comme dit saint Jean Chrysostome, "S’ils ont joué gros", c’est par une autre force. Voilà pourquoi le choix de ces gens simples, qui n’étaient ni des politiciens, ni des savants, me semble riche en enseignements. Il est évident qu’ils n’auraient pas fait tout ce qu’ils ont fait par eux-mêmes. Quelqu’un de plus grand les a touchés, les a portés et guidés.
(…) Ils ont mis toutes leurs forces au service d’une vocation. Il sont un exemple montrant que Dieu accomplit par les gens simples ce que lui seul peut accomplir, prouvant en même temps qu’ils peuvent avoir de grandes possibilités.

Accomplir un service pour l’homme en se donnant totalement…

La flexibilité est devenue aujourd’hui une notion importante. Nous voulons pouvoir réagir à de nouvelles exigences, et espérons grimper, par un changement professionnel fréquent, le plus rapidement possible dans la société. Mais je pense que des professions exigeant un total investissement de l’homme continuent à exister. Par exemple, médecin ou éducateur : ce ne sont pas des professions que j’exerce pendant quelques années, mais qui exigent que j’y consacre toute la vie. Aujourd’hui encore, il y a des tâches qui ne sont pas simplement des jobs, pour ainsi dire en marge de ma vie, pour m’assurer la subsistance. Pour les vraies professions, le critère n’est pas l’argent qu’elles rapportent, mais l’accomplissement d’un service pour l’homme. (…)

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© Dominicaines SNJ - Juin 2005
[Jésus] n’empêcherait personne de réagir à des exigences de flexibilité. Ses disciples devaient eux-mêmes être assez flexibles pour changer leur vie quotidienne de pêcheurs en une aventure à la suite de Jésus, sans savoir encore où cela les mènerait ; assez flexibles pour oser passer du judaïsme où ils étaient tous profondément enracinés à la mission auprès des païens.
Il leur fallait en même temps beaucoup d’endurance et de fidélité dans cette option fondamentale. Nous ne devrions pas opposer flexibilité et fidélité. Le changement de situation exige précisément de la fidélité.
Quelqu’un qui, de nos jours, persiste dans le sacerdoce ou le mariage traverse une histoire très changeante. Il lui faut mûrir par ces changements et porter à sa plénitude sa propre identité. Mais la situation moderne fait que malheureusement le changement et la flexibilité seuls gardent une valeur. Ce à quoi je m’oppose. Plus que jamais nous avons besoin aujourd’hui de la permanence dans une profession ou une mission. Plus que jamais nous avons besoin d’hommes capables de se donner totalement. Pensons à l’aide au développement. Il est utile qu’il y ait des gens qui donnent deux ou trois ans de leur vie ; mais il est nécessaire que bien plus se donnent entièrement à cette tâche. Il y a des vocations qui exigent l’homme tout entier.
De tels projets de vie ne sont pas des signes d’une absence de fantaisie ou d’un engourdissement. C’est précisément dans cette permanence que des hommes sont d’une telle intériorité, d’une telle maturité, d’une telle grandeur d’âme, que changement et continuité s’imbriquent : ce n’est qu’ensemble qu’ils sont vraiment importants.

 

… Et y trouver soi-même un accomplissement.

Finalement, l’homme n’est pas seulement là pour se construire lui-même, mais pour se laisser défier par la vie. Nous vivons tous une histoire commune, en relation les uns avec les autres. L’homme ne devrait pas simplement penser à ce qu’il voudrait, mais aussi se demander à quoi il pourrait participer. Il se rendrait alors compte qu’il s’accomplirait non dans ce qui est agréable et facile et dans la passivité, mais dans le fait de se laisser solliciter, ce qui est plus difficile. Tout le reste devient ennuyeux avec le temps… L’homme seul qui "s’expose au feu", qui reconnaît un appel au fond de soi, une vocation, une idée face à laquelle il doit être à la hauteur, qui accepte une charge pour l’ensemble, seul cet homme trouve un accomplissement. Ce n’est pas de prendre le chemin de la facilité qui nous enrichit, mais bien de se donner.

05/04/2006

Travailler sous le signe de la liberté.

Le "droit au travail" semble bien constituer une revendication majeure des citoyens de nos pays démocratiques dits occidentaux. Le projet de Constitution pour l'Europe mentionne un "droit de travailler". Le mouvement ouvrier du 19è siècle – la Fête du Travail du 1er mai s’en souvient – revendiquait quant à lui la nécessaire limitation du temps journalier de travail, compte tenu des conditions difficiles de l’activité industrielle. Le "sens" que l’on accorde au travail a donc évolué à travers les temps. La société moderne contemporaine, dans son organisation politico-économique, se doit-elle de fournir du travail à tout le monde ? N'est-ce pas là une préoccupation majeure de tout gouvernement qui dit lutter contre le chômage ? N’était-ce pas aussi l'objectif vers lequel tendait la gauche lorsqu'elle s'efforçait de mettre en place les 35 heures, car y a-t-il une autre solution de donner du travail à tout le monde qu'en le répartissant ? Aujourd'hui, l'érection du travail en symbole de l'insertion sociale du citoyen risque d'induire une sorte d'idolâtrie du travail en en faisant une valeur absolue. Celle qui ouvre toutes les voies, celle du statut social, des loisirs, du bonheur matériel. Pourtant, le travail en lui-même ne prend-t-il pas, de plus en plus, tournure de nouvelle forme d'esclavagisme ? Le rendement maximum, non seulement pour les travaux de production, mais aussi les services, caractérise l'organisation du travail d'aujourd'hui. Pour compenser la tension résultant des conditions de travail, les loisirs offrent à la consommation des services faciles à mettre en œuvre plutôt que d’appeler à la créativité ou à la concentration intellectuelle. La question de la qualité du travail et de la qualité des loisirs se pose donc, mais se trouve immédiatement coiffée par celle du droit au travail. Pourtant la question de l’organisation du travail est intimement liée à celle de la conception du travail. L’exemple, absurde en lui-même, mais d’une incroyable désinvolture, de la proposition faite à des employés français de se délocaliser et d’accepter un salaire de misère montre bien que le sens donné au travail n’est pas le même suivant le point de vue où l’on se place. Les délocalisations si elles permettent peut-être provisoirement de sauver des entreprises, garantissent des retombées au plus petit nombre, au grand dam du plus grand nombre – ceux que le travail faisait vivre au quotidien ; ceux pour qui le travail bien fait était source de satisfaction, ceux qui contribuaient ainsi au tissus social dans un cadre local ou régional auquel l’on était fier d’appartenir. Enfin, comment passer sous silence le fait que les délocalisations font travailler des humains pour un rendement maximum, mais un salaire moindre. Dans l'abstraction, il s'agit d'une progression de l'esclavage humain, pendant que d'autres ici, se demandent à quoi ils peuvent bien "servir", au sens propre du terme et, finalement, quel est le sens de leur vie qui sera, à sa manière, faite de dépendance financière, si ce n'est de précarité ou de misère. Chercherait-on une orientation éthique à notre problématique dans les écrits bibliques, nous constaterions que ceux-ci ne présentent jamais le travail comme une fin en soi : le travail est plutôt une astreinte - le « paradis » est l'endroit où l'on ne travaille pas! Mais lorsque Jésus rappelle que le jour de repos est fait pour l'homme, il souligne qu’il en va de la liberté et de la dignité humaines. Puisse notre conception du travail s’orienter à ces notions et aider à considérer le travail sous ses aspects positifs, constitutifs de la société, en le concevant comme un lieu de satisfaction et non d'esclavage. Certes, concevoir le travail autrement signifie aussi le réorganiser, y compris en matière d'écart des revenus, et s'en donner les moyens. Si tel est l'objectif du plus grand nombre, c'est aussi le plus grand nombre qui doit s'en sentir responsable et y travailler - principe de base du fonctionnement d'une démocratie. Il va de soi que cette volonté s'exprime et se concrétise à tous les niveaux – national, européen et international.

Ernest Winstein.

16/10/2005

POÉSIE...

Les mots véhiculent les pensées et la poésie permet de dévoiler la Beauté suggestive de l'âme ainsi, nous pouvons élever notre esprit et nous défaire progressivement de la grisaille qui aveugle parfois notre regard. Les poètes sont les prophètes qui annoncent par la subtilité du langage et de l'expression, que le monde a encore des raisons d'espérer et que la splendeur des tréfonds du cœur demeure à jamais. En effet, la poésie est éternelle pour ceux et celles qui savent aimer la Vie afin de lui redonner son Harmonie originelle. La poésie sera toujours une source d'Espérance intarissable dans laquelle les Hommes puiseront la fraîcheur d'exister et le sens de l'émerveillement, sans toutefois se dessaisir de la Réalité.

© BRUNO LEROY.

 

 

 

02/10/2005

HOMOSEXUALITÉ OU LA LIBERTÉ D'AIMER...

 

S'il est un domaine où les limites spirituelles de l’homme se dévoilent dans toute leur incohérence, c’est bien celui des conditionnements et plus précisément celui des préjugés. Et que nous le voulions ou non, nous sommes tous plus ou moins conditionnés par notre éducation et, plus largement, par une société qui ne peut s’empêcher d’étiqueter les êtres en fonction de leurs croyances ou de leurs comportements sexuels.

Ainsi, au lieu de reconnaître un bon arbre à ses fruits, nous préférons le juger à la couleur de son écorce et la comparer à la nôtre pour savoir s’il nous faut l’abattre ou le respecter. Les conséquences ? D’innombrables manques d’Amour à l’égard de millions de personnes et autant de clous que nous enfonçons dans le Corps de l'humanité dont nous faisons partie...

De toute évidence, nos rapports avec autrui sont trop conditionnés par la vision limitée que nous en avons et qui nous conduit à une sorte d’acceptation aveugle ou à un rejet du même ordre. Deux positions radicales générées par notre manque d’ouverture, de tolérance et d’adaptation à tout ce qui est autre ; deux positions qui signent notre difficulté à reconnaître la valeur d’un être à travers sa capacité à aimer et à créer.

Aussi, là où la psychologie commence à s’enliser dans des analyses comportementales, sentimentales et sexuelles, sans tenir compte de la véritable dimension de l’individu, la spiritualité nous offre une vision plus illimitée de l’âme humaine, des modalités et des choix de son incarnation. En somme, que nous soyons attirés par des femmes ou par des hommes, nous sommes tous sur le chemin de l’évolution avec ses expériences, ses épreuves, ses joies et ses souffrances. Qu’importe les raisons psychologiques ou physiologiques de l’attirance sexuelle d’un être pour tel ou tel sexe dès lors que nous le considérons comme une partie de nous-mêmes, une âme à respecter et à aimer. Il y a du bon en chacun et de l’Amour vrai au sein de nombreux couples hétéro ou homosexuels. La densité, la recherche du plaisir personnel, les relations psychiques négatives du type dominant/dominé concernent malheureusement l’humanité en général et pas spécialement les homosexuels !

Il faut donc cesser d’enfermer les âmes dans des ghettos. Il faut cesser de faire des généralités sur un groupe d’individus alors que le monde est fait de personnes uniques, désireuses de construire leur propre histoire d’Amour avec la divine Présence qui est en l’Autre, qu’il soit homme ou femme.
En fait, si les homosexuels suscitent autant de négativité, c’est parce que nous les considérons trop souvent comme des obsédés sexuels, et qu’implicitement, ils mettent en relief notre propre vision culpabilisante d'une sexualité dont nous avons ôté le caractère sacré. Il faut donc absolument réaliser qu’en jugeant un être sur sa vie intime, nous lui faisons porter notre propre “densité” en même temps que nous renforçons notre armure psychique imperméable à la divine lumière élévatrice.

Et puisqu’il faut encore parler en ces termes, c’est aux hétérosexuels, majoritaires sur cette planète, qu’il appartient de tout mettre en œuvre pour que la minorité des homosexuels soit reconnue socialement mais surtout spirituellement. Il est temps d’enlever la poutre qui nous aveugle, il est temps de regarder l’Autre comme un frère ou une sœur susceptible de nous donner quelques conseils en matière d’amour, d'union… et d’évolution.

Bruno LEROY.

24/09/2005

L'AMOUR EST UN ART !

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L'amour, acte révolutionnaire pour l'individu et la société, voilà qui peut surprendre !  L'amour comme acte révolutionnaire, pour l'individu mais aussi contre le système capitaliste et patriarcal.
 L'amour est un art et à ce titre nécessite connaissance et effort, alors que la plupart des gens le considèrent comme un effet du hasard, une chance.
On pense habituellement que le problème essentiel est d'être aimé et non d'aimer. . On pense aussi qu'en amour l'important, c'est de trouver le bon
objet et non d'avoir la faculté
: deux personnes tombent amoureuses "lorsqu'elles ont le sentiment d'avoir découvert le meilleur objet disponible sur le marché, compte tenu des limitations de leur propre valeur d'échange".
Il existe également une confusion entre
tomber amoureux et être amoureux. Tomber
amoureux c'est laisser s'abattre le mur qui sépare les individus, c'est un miracle de soudaine intimité facilité par la consommation sexuelle. Mais ce type d'amour est éphémère, l'intimité perd son caractère miraculeux, antagonismes et déceptions reprennent le dessus.
Alors que les témoignages accablants montrent la difficulté d'aimer, on a coutume de considérer qu'il n'y a rien de plus facile et que nul n'a apprendre sur le sujet.
Or l'amour est un art qui nécessite de maîtriser la théorie et la pratique, il doit devenir la préoccupation ultime de l'individu.

L'homme est vie consciente d'elle-même", de sa solitude, de sa séparation, de son impuissance devant les forces de la nature et de la société". L'expérience de la séparation d'avec la nature est source d'angoisse et suscite un sentiment de honte et de culpabilité.
Dès lors comment surmonter cette séparation et trouver l'unicité ?
La première solution partielle se trouve dans les états orgiaques (abolition du moi séparé ). Les rituels dans les tribus primitives font apparaître une exaltation collective, une fusion au groupe au cours de laquelle le monde extérieur disparaît. Ces orgies sexuelles permettent d'atteindre un orgasme amenant à l'état d'extase.
Ces rituels sont admis par le groupe et ne suscitent ni angoisse, ni culpabilité.
Alors que dans une société qui a renoncé à ces pratiques, ceux qui s'y adonnent (en se réfugiant dans l'alcool ou les drogues ) se sentent encore plus angoissés quand l'expérience prend fin.
Quant à ceux qui recherchent l'orgasme sexuel pour échapper à l'angoisse de séparation, l'acte sexuel ne comble la distance entre les individus que pour un instant, ils se retrouvent ensuite avec un sentiment croissant de séparation."Toutes les formes d'union orgiaques ont trois caractéristiques : elles sont intenses, même violentes ; elles mettent en jeu la personnalité totale, esprit et corps ; elles sont transitoires et périodiques".
La seconde solution partielle se trouve dans le conformisme. L'union au groupe constitue un moyen de surmonter la séparation : "c'est une union où, dans une large mesure, le soi individuel disparaît, et dont le but est d'appartenir à la foule." Par peur d'être différent les gens veulent se conformer à un degré bien plus élevé qu'ils n'y sont contraints. Ils se contentent de manifester leur différence sur des points mineurs".

Dans la société capitaliste, l'égalité des individus devient une égalité d'automates, d'hommes faisant les mêmes choses, ayant les mêmes idées et les mêmes sentiments. L'égalité des femmes a ainsi été pervertie, celle-ci se paie par l'élimination des différences : la polarité des sexes est entrain de disparaître. "Le processus social requiert la standardisation de l'homme, et cette standardisation, on l'appelle "égalité".
L'union par conformisme est dictée par la routine mais suffit rarement à calmer l'angoisse de séparation. Elle concerne surtout l'esprit et peu le corps. Son seul avantage est d'être permanente.
La troisième solution partielle se trouve dans le travail créateur où la personne s'unit avec son matériau. Mais dans le système économique, le travailleur devient un appendice de la machine ou de l'organisation bureaucratique, il n'y a plus de vrai travail créateur.
L'amour est la seule solution humaine. "Le désir de fusion interpersonnelle est le plus puissant dynamisme en l'homme". L'amour est la réponse plénière au problème de l'existence mais de quel amour s'agit-il ?
Il existe des formes imparfaites de l'amour, par exemple l'union symbiotique. Il s'agit d'unions dont le modèle est la relation mère-foetus. La forme passive se trouve dans le masochisme et la forme active dans le sadisme.
L'amour n'est une activité libre que s'il consiste essentiellement à donner, non à recevoir, sinon il s'agit d'une "passion" résultant d'une motivation inconsciente.
Le don constitue la plus haute expression de la puissance : "donner est source de plus de joie que recevoir" parce qu'il exprime de vitalité.
La sphère la plus importante du don ne se situe pas dans les choses matérielles mais dans les relations humaines : donner de sa vie. Celui qui donne ainsi de sa vie"enrichit l'autre, il en rehausse le sens de la vitalité en même temps qu'il rehausse le sien propre". Dans le don, chacun est reconnaissant à l'autre de la vie qui naît pour les deux.
La capacité d'amour en tant que don, nécessite d'avoir surmonté la dépendance, le narcissisme, le désir d'exploiter et d'avoir acquis la foi en ses propres possibilités. Si ces qualités ne sont pas acquises la personne a peur de se donner, donc d'aimer.

D'autre part, le refus du don dans la relation, car pour pouvoir donner, il faut que ce don soit accepté par l'autre, comment donner à celui qui refuse ? Accepter le don, l'amour de l'autre, c'est déjà aimer, donc donner.
L'amour est sollicitude, responsabilité, respect et connaissance. "L'amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ceux que nous aimons."

Le désir d'union repose également sur un besoin biologique : l'union des pôles masculin et féminin. Le mythe des êtres androgynes primitifs est l'expression de cette recherche de l'unité perdue. Cette polarité est à la fois extérieure : recherche de l'autre pour trouver l'union, mais aussi intérieure. Au niveau physiologique, hommes et femmes possèdent des hormones du sexe opposé, psychologiquement ils sont aussi bisexués. Hommes et femmes ne réalisent leur union intérieure que par la conjonction de leur pôle masculin et féminin (pénétrer et recevoir ). Le rapprochement avec les idées de JUNG sur "l'anima" et "l'animus" est en ce domaine assez saisissant, tout comme la parenté avec des philosophies beaucoup plus lointaines : tantrisme, taoïsme, des convergences riches de perspectives apparaissent dans ce domaine des pôles intérieurs masculins et féminins.
L'amour érotique bien qu'exclusif ne saurait être un égoïsme à deux, il doit aussi comporter une dimension d'amour fraternel, pour s'ouvrir aux autres. L'amour érotique est à la fois attirance individuelle unique et aussi acte de pure volonté.


L'amour de soi ne doit pas être confondu avec le narcissisme qui représente le premier stade du développement humain, celui qui régresse à ce niveau est incapable d'aimer. L'amour de soi est souvent assimilé à l'égoïsme, celui-ci traduit-il réellement un souci de soi-même ?
En fait l'amour est indivisible, il concerne à la fois les autres et soi :  "si quelqu'un est capable d'amour productif, il s'aime également, s'il ne peut aimer que les autres, il n'aime en aucune façon". La personne égoïste se hait elle-même, elle est vide et malheureuse, "avide d'arracher à la vie les satisfactions qu'elle pourrait obtenir si elle n'y faisait elle-même obstacle."

L'amour est une expérience personnelle qu'il nous appartient de réaliser par nous-mêmes.
Pour ce qui est de l'art d'aimer, ceci signifie que quiconque aspire à devenir un maître dans cet art doit commencer par pratiquer la discipline, la concentration et la patience dans chaque phase de sa vie.
La discipline ne doit pas être une règle pénible, imposée mais ressentie comme un style de vie.
Pour pratiquer la concentration, il faut apprendre à rester seul avec soi-même, c'est une conception essentielle de l'aptitude à aimer : faire le vide en soi-même. Se concentrer signifie aussi savoir écouter, "vivre pleinement dans le présent, dans le ici et maintenant, sans penser à ce que l'on fera par la suite.
Nous devons aussi avoir foi en nous-mêmes, en ce noyau immuable de notre personnalité.
Seul celui qui a foi en lui-même peut avoir foi dans les autres et dans leurs virtualités.
Enfin "pour aimer, comme pour se laisser aimer, il faut avoir le courage de juger certaines valeurs, comme étant d'importance ultime et alors de faire le saut et de tout miser sur elles."

 Le système accepte toutefois une certaine dose de non-conformisme et cantonne l'amour dans un rôle marginal.
Dès lors si l'on prend l'amour au sérieux en le considérant comme la seule réponse rationnelle au problème de l'existence, on est forcé de conclure que des changements importants et radicaux dans la structure de la société sont indispensables pour que l'amour devienne un phénomène social, et non plus marginal, hautement individuel.
Bruno LEROY.

18/04/2005

L'ESPRIT CRITIQUE...


L'esprit critique, on l'a ou on ne l'a pas, nous diront certains ! Je crois surtout qu'on le cultive ou on ne le cultive pas ! Il me paraît important de dire tout de suite que le mot " critique " n'est pas forcément négatif. Il signifie " S'appliquer à discerner les qualités et les défauts d'une œuvre ". Il ne s'agit pas là de ce que nous connaissons bien par ailleurs, " critiquer son prochain dans le but de lui nuire " ! Nous ne devons pas confondre l'esprit critique avec l'esprit de critique.

Cela dit, avançons un peu ! L'esprit critique c'est d'abord à cela que les sectes ou les systèmes politiques dictatoriaux s'attaquent. Il est devenu inutile au peuple ou aux adeptes de penser par eux-mêmes, puisque les dirigeants ou le gourou pensent pour eux, réfléchissent pour eux et décident pour eux ! Alors à quoi bon !

Je crains par-dessus tout ce système de " pensée unique ", ce devoir qui consiste à ne pas penser autrement que les autres ; c'est souvent le début de la dérive sectaire ! L'Évangile nous laisse des exemples simples de gens qui ne pensaient pas comme les autres ; avant tout Jésus lui-même, qui n'est jamais entré dans le moule de la pensée unique religieuse ; mais aussi les apôtres qui refuseront de penser comme les autorités de l'époque : " Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes ! "

Qu'avons-nous à perdre ou à craindre en favorisant l'esprit critique ? Justement rien ! Par contre, une fois disparu, il n'y a plus aucune balustrade, tous les dérapages sont permis et c'est ainsi qu'on assiste à des dérives gravissimes qui salissent l'Évangile de Jésus-Christ, qui font qu'on associe l'Évangile prêché dans certains milieux à une secte (1 Pierre 5.3).Je doute que le dénommé Diotrèphe (3 Jean 1.9) ait été quelqu'un favorisant l'esprit critique chez ses auditeurs, loin de là même ; s'il avait favorisé cela, il risquait de perdre sa prédominance et de ne plus être le premier, ce qu'il aimait tant !

Dans le descriptif fait par Paul, du fruit de l'Esprit (Galates 5.22) il y a " la maîtrise de soi " et je me demande si l'esprit critique n'en fait pas partie justement. Jamais Dieu n'a voulu annihiler la pensée des êtres humains, bien au contraire.

L'esprit critique permet de juger de tout (1 Corinthiens 2.15), sereinement et objectivement ; il évite de tomber dans des pièges grossiers concernant certains enseignements inquiétants, (fausses doctrines dit-on chez moi) ; il permet de retenir ce qui est bon (et de faire la part avec ce qui l'est moins ou pas du tout) (1 Thessaloniciens 5.21).

Travailler à la destruction de l'esprit critique, sous quelque prétexte que ce soit, revient à fragiliser ceux et celles qui en sont les victimes.

On a le sentiment étrange avec certains, qu'il est impossible de penser autrement qu'eux sans quoi les flammes de l'enfer seront votre lot ! J'ai encore vu cela récemment avec le débat concernant le film de Mel Gibson, " La passion " ! Quelques points de vue définitifs ne laissent pas aux autres la moindre chance de penser autrement ! C'est grave !

Pour moi la réponse à ma question du départ est donc la suivante : l 'esprit critique est spirituel. Ce qui ne l'est pas par contre c'est de travailler à le supprimer par la peur, les menaces, les injonctions ou encore le rejet !

Bénissons Dieu pour cette capacité qu'il nous a donnée à juger de tout ! Entretenons notre esprit critique, il nous rendra service.
Bruno LEROY.
ÉDUCATEUR de RUE.

14/04/2005

Pourquoi les mots ?





Les mots véhiculent les pensées et la poésie permet de dévoiler la Beauté suggestive de l'âme ainsi, nous pouvons élever notre esprit et nous défaire progressivement de la grisaille qui aveugle parfois notre regard. Les poètes sont les prophètes qui annoncent par la subtilité du langage et de l'expression, que le monde a encore des raisons d'espérer et que la splendeur des tréfonds du cœur demeure à jamais. En effet, la poésie est éternelle pour ceux et celles qui savent aimer la Vie afin de lui redonner son Harmonie originelle. La poésie sera toujours une source d'Espérance intarissable dans laquelle les Hommes puiseront la fraîcheur d'exister et le sens de l'émerveillement, sans toutefois se dessaisir de la Réalité.

Bruno LEROY.

11/04/2005

LA MORALE EST RÉVOLUTIONNAIRE.


La morale est en quête de révolution. Cette affirmation peut étonner. Cependant, l'engagement moral s'arc-boute sur le refus d'un destin dicté d'avance par des fonctionnements et des structures établis. Il parie sur la liberté des hommes capables d'écrire leur propre histoire.Il leur demande de répondre d'eux-mêmes plutôt que de se laisser dicter par d'autres leur manières de vivre.
L'effort moral s'inscrit donc, au coeur de l'expérience humaine, comme un acte de résistance aux données qui détruisent la liberté des choix et des comportements humains.

Lorsque des hommes s'éprouvent meurtris par les injustices qui les écrasent eux-mêmes ou leurs semblables, ils aspirent à une véritable révolution des rapports entre eux. Les changements qu'ils veulent faire advenir ne se réduisent pas à un meilleur accord entre tous. Les conflits dans les usines ne se résolvent pas simplement par des augmentations de salaires. Il s'agit de rompre avec des manières d'être et de vivre qui maintiennent et renforcent l'injustice des relations humaines.

Il est important de souligner ce dynamisme révolutionnaire de la vie morale. Le risque serait de voir seulement en elle l'intime consolation donnée par de bonnes intentions.La visée de la morale s'exprime tout au contraire dans le refus d'en rester là. Sa force est de convertir ces louables intentions en des décisions et des actes qui les mettent en oeuvre. La morale se heurte au monde tel qu'il est pour dévoiler et briser son injustice ; elle veut faire grandir concrètement les hommes en leur dignité. En ce sens, la morale est porteuse d'une certaine rigueur et d'un sens de l'Absolu ; elle ne transige pas avec le respect de tout homme dans la vie sociale.

Révolutionnaire, la morale l'est donc aussi dans sa portée universelle. Elle ne se confond pas avec les intérêts individuels, ni avec la recherche du profit pour une catégorie sociale. Elle prépare chacun, de l'intérieur de lui-même, au renoncement à son propre intérêt ou à ses avantages immédiats, pour que grandisse le règne de la justice pour tous. La morale fait participer les hommes au travail d'enfantement d'une humanité nouvelle. Elle ne se contente pas de proposer une série d'obligations, mais elle invite à une conversion du désir et du regard à travers le service de l'épanouissement de tout homme quel qu'il soit. elle se veut créatrice de conditions d'existence qui permettent à chacun de trouver quotidiennement les chemins de sa véritable humanité.

Il est un test sûr de cet élan révolutionnaire dans lequel nous implique la morale : l'attention privilégiée qu'elle suscite à l'égard du plus démuni et du plus faible d'entre les hommes. L'exigence morale en effet ne s'impose pas au nom de la puissance qui contraint de l'extérieur. Elle s'enracine davantage dans la souffrance des hommes qui appelle à lutter contre le mal. Elle traduit le cri de la souffrance en révolte contre les pouvoirs et structures sociales qui exercent leur domination maléfique sur la société des hommes. En ce sens, elle est recherche constante d'une écologie mentale et sociétale et approfondissement d'un équilibre psychologique par refus d'enfermement sur soi qui génère les névroses, mais surtout par un discernement h