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26/07/2008

Les enfants devraient avoir plus de poids en politique.

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Selon le Mouvement international d'apostolat des enfants

ROME, Vendredi 25 juillet 2008 (ZENIT.org) - Les enfants devraient avoir davantage droit à la parole dans les questions politiques et dans l'Eglise.

C'est une des conclusions du Mouvement international d'apostolat des enfants (MIDADE) qui vient de clôturer au Chili sa XII Rencontre internationale, en présence de plus de 50 délégués provenant du monde entier.

La réunion, placée sous le thème « Vivre la diversité est une exigence pour la paix ; les enfants nous montrent le chemin », s'est tenue au centre clarétain de Talagante.

Ce mouvement apostolique est né en France en 1929 sur initiative du père Gaston Courtois qui avait également fondé un journal pour enfants pour promouvoir la participation des enfants.

Le MIDADE touche quelque deux millions d'enfants et est présent dans 53 pays ainsi répartis : Afrique (18), Amérique du Nord (4), Amérique du Sud (8), Asie (6), Europe (8), Moyen-Orient (4), Océanie (5).

Ce mouvement est « un mouvement d'enfants, créé par les enfants » qui cherche, par le biais d'activités organisées par les plus petits, de vivre la foi dans une dimension adaptée à leur âge.

Dans ce processus, les enfants sont accompagnés par un adulte qui a en général participé au mouvement lorsqu'il était petit, afin qu'ils apprennent à regarder la réalité et à la juger selon l'Evangile, pour ensuite agir et la transformer avec la foi.

Carlos Carvacho, attaché de presse durant la rencontre, a raconté à Zenit qu'une délégation conduite par des enfants a remis le 22 juillet une lettre au Ministre secrétaire général de la présidence du Chili, José Antonio Viera-Gallo, pour « proposer que les enfants aient plus de poids dans les politiques publiques les concernant et faire connaître le travail exercé par le mouvement dans le pays et dans le monde pendant plus d'un demi siècle ».

Les origines du MIDADE remontent à 1936, année où le père Gaston Courtois crée en France le mouvement « Cœurs vaillants et Ames vaillantes », destiné aux garçons et filles de 8 à 15 ans. En 1956, ce mouvement prend le nom d'Action Catholique de l'Enfance (ACE). La diffusion de cette expérience au-delà des frontières françaises conduit, en 1958, à la création d'une Commission internationale et, en 1962, à la première rencontre internationale de l'ACE. Le MIDADE naît en 1966, à l'occasion de la deuxième rencontre internationale du Mouvement à Rome. Reconnu par le Saint-Siège en 1973 comme organisation internationale catholique, le MIDADE est membre de la Conférence des OIC. En tant qu'ONG, il possède un statut consultatif auprès de l'ECOSOC, de l'UNICEF et du BIT.

Le MIDADE est un mouvement d'évangélisation et d'éducation populaire qui œuvre pour la croissance humaine et chrétienne des enfants afin de les préparer à l'engagement apostolique des jeunes et des adultes. La pédagogie du MIDADE, basée sur la conviction que l'enfant est déjà une personne à tous les effets, capable de transformer la réalité qui l'entoure, se réalise au long d'un itinéraire éducatif caractérisé par la méthode "voir, juger, agir, célébrer" qui aide les petits à surmonter les difficultés, à reconnaître et à respecter les diversités et à agir pour construire le royaume de Dieu. Le Mouvement accueille les enfants de toutes races, cultures et religions, en leur offrant une éducation personnelle et communautaire qui privilégie le jeu comme premier lieu d'apprentissage.

09:57 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

10/11/2006

POUR UNE ÉDUCATION LIBÉRATRICE !

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Les pauvres sont les plaies du système. Par moments, les administrations publiques ont tendance à en finir avec ce problème de pauvreté en éliminant sa formulation. C'est pourquoi on fait souvent appel à la politique qui consiste à " nettoyer la ville " : on expulse les prostituées d'une zone, on renvoie les gitans d'un terrain, on démolit des maisons, on élargit une rue. Mais, dans tous ces cas, on ne s'occupe pas vraiment des personnes qui vivent dans un état de prostration sociale. Le problème se trouve posé quelques rues plus loin ou dans le quartier voisin. Et finalement, il subsiste.

La seule solution se doit donc d'être plus radicale : il faut que, dans toutes couches sociales, on lance le défi d'humaniser le système, de changer le style de notre monde occidental. Il se peut que dans certains cas nous réussissions à aider ces personnes qui sont dans la misère. Mais il se peut aussi que dans de nombreux autres cas nous nous heurtions à l'échec. Toutefois, ce qui est évident est que nous rendrons notre vie plus humaine en essayant d'humaniser la leur, et ce, que nous parvenions ou non à les faire sortir de la pauvreté. Si, de l'intérieur de notre système, nous essayons de faire en sorte qu'ils ne soient plus en marge, nous échouerons peut-être ; mais nous ferons naître, probablement, un système ou un mode de vie qui ne sera pas générateur d'exclusion. Et c'est ce qui, à la longue, constitue la plus grande victoire. La personne installée dans le confort ne parviendra à devenir plus humaine que si elle accepte de sortir d'elle-même pour se rapprocher de l'autre, qui vit dans la misère. Et cet autre ne sera humanisé que dans la mesure où il pourra entrer en contact avec celui qui vit dans le confort. Ainsi, en faisant naître une relation à la place de ce qui était un mur, les deux parties du système deviennent plus humaines et avancent dans le même direction. Toutes deux deviennent davantage des personnes.

Alors que la révolution ne pouvait être faite que par les grands collectifs, l'humanisation apparaîtra à la portée de tout un chacun, et son efficacité sera d'autant plus grande que des gens se sentiront impliqués. Ceci ne veut pas dire que c'est une tâche facile à réaliser, mais c'est une tâche à la mesure de nos possibilités. Révolution et humanisation poursuivent exactement le même but : permettre à tous les hommes de vivre leur dignité humaine. Il y a pratiquement toujours eu des pauvres, d'une façon ou d'une autre. Cependant les caractéristiques des marginaux actuels, dans les grandes villes nanties, présentent des différences significatives par rapport à d'autres formes de pauvreté. A première vue, on a l'impression qu'il est très difficile de résoudre le problème que pose cette nouvelle marginalisation, non pas tant à cause de sa dimension quantitative que par la complexité de sa réalité plurielle, et par les difficultés auxquelles nous nous heurtons quand nous voulons mettre un frein aux tendances à la reproduction de ce fait social. Les solutions trouvées par le passé pour lutter contre d'autres formes de pauvreté ne peuvent être réutilisées sans être adaptées. Mais, par ailleurs, il est vain de refuser de profiter de l'expérience d'altruisme de tant d'hommes qui nous ont précédés. Tirons donc des leçons du passé sans l'imiter. Les pauvres et marginaux sont les personnes qui n'ont pas suivi le progrès rapide du modernisme et se sont trouvées parquées sur le bas-côtés d'une autoroute où les voitures roulent tous les ans plus vite. Et plus la rapidité du progrès, des changements techniques et culturels, est grande, plus grande est la difficulté du marginal à réintégrer le système social. La seule existence des pauvres remet en cause ce système social.

En disant ceci, nous touchons l'un des points que les éducateurs qui travaillent auprès des marginaux soulignent le plus : la réalité de la marginalisation est symptomatique d'une maladie dont souffre tout notre système social. Et pour que ce constat entre réellement dans les mentalités, nous avons une dure bataille à livrer, car nous avons toujours tendance à penser que le problème des pauvres est celui des pauvres. Nous disons volontiers : " ils n'ont pas eu de chance dans la vie ", alors qu'à la vérité c'est un problème de la société tout entière. Tout le corps est malade, mais les plaies n'apparaissent qu'à certains endroits. C'est pour cette raison, que le travail de terrain des éducateurs devient une tâche de plus en plus difficile et ardue. Et c'est aussi, pour cette raison que je me sens plus proche d'un éducateur tel que Guy Gilbert, qui vomit les technocrates du social qui se contentent de réfléchir sans jamais appliquer les valeurs humaines pour les porter au service des plus pauvres. Puis, les idéologues d'éventuelles révolutions sociales qui meurent avant de voir le jour car, elles ne sont que de purs concepts de l'esprit. C'est pour cette raison également que, jamais je ne fermerai ma gueule en tant qu'éducateur pour dénoncer les perversités de nos systèmes et y porter remèdes au quotidien, jusqu'au bout, sans jamais me lasser de vouloir humaniser notre société. Toujours, je témoignerai des carences que nos contextes socio-économiques génèrent et parlerai pour tous ceux et celles qui n'ont que le droit de se taire. Cela devrait être la vocation de tout acteur social et de tout être Humain. Et des perpectives enrichissantes pour une nouvelle éducation Populaire vécue dans l'humus des dures réalités des pauvres, en travaillant avec eux et non sans eux, car la libération des opprimés sera l'oeuvre des pauvres conscientisés, dont les éducateurs seront les humbles accompagnateurs des mutations radicales qui se préparent en vue de leur dignité humaine.

Bruno LEROY.

10:07 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, social |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

05/09/2006

NOS SERVICES AUPRES DES JEUNES DE LA RUE.

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La rue, l'errance... un gouffre sans fond. Une situation qui broie l'individu et qui tranquillement, insidieusement, le déstructure dans ce qu'il a de plus profond. Lorsque plus rien ne fonctionne, le jeune s'immobilise et se préserve dans un dernier réflexe de survie.

 Il  quitte ce mouvement qui le fait souffrir et s'inscrit dans un rapport au temps qui, en ne répondant plus qu'à des objectifs de survie immédiats (se nourrir, trouver un endroit pour dormir, etc.) le précipite dans une impossibilité de se situer dans le temps. La rue c'est un peu la fin de l'histoire, l'abandon. Mais la rue, c'est aussi un espace à investir, un lieu pour exprimer sa dissidence et faire l'expérience de sa vie en dehors du monde adulte. La rue est un espace transitionnel qui va permettre de trouver son identité, de « faire du sens ».C'est peut être entre ces deux espaces, d'une part la rue comme syndrome de déstructuration totale et, d'autre part, la rue comme espace à entreprendre que se situent la beauté et la difficulté de notre travail quotidien ici au service Éducatif. Ainsi, en offrant des lieux où il subsiste du « relationnel » et en permettant qu'une histoire se raconte, nous luttons chaque jour pour que du « sens » soit rendu aux jeunes. Dans une course contre la montre nous tentons de faire en sorte qu’ils puissent trouver du sens dans ce qu'ils vivent afin de pouvoir se construire un futur avant que la précarité de la rue ne mette fin aux conditions d'un « possible ». Notre travail est, entre autres une démarche de négociation qui permet l'orientation sans nier à l'autre la réalité de ce qu'il est et de ce qu'il vit.

Encourager l'autonomie

Les nombreuses années sur le terrain nous ont notamment appris que nous devons nous tenir prêts à intervenir et à soutenir les jeunes au moment opportun. L'année 2005 nous aura permis de réactualiser notre mandat et d'effectuer quelques transformations à notre dynamique d'intervention. De ce fait, un intervenant à temps partiel a été ajouté à notre équipe afin de permettre une flexibilité au niveau des accompagnements. Ainsi, lorsque nos jeunes expriment le besoind'être accompagnés dans des démarches à l'extérieur de nos murs (toxicomanie, justice, hébergement, soins de santé…), ils savent qu'un intervenant sera disponible pour les accompagner et les soutenir. Subséquemment, nous avons aussi mis sur pied un service de tutorat nous permettant d'accompagner les jeunes de la rue qui quittent notre ressource afin de faciliter la transition et de faire un meilleur arrimage entre la vie au Centre de jour et la vie dans la communauté (emploi, santé, école…), dans une perspective d'autonomie et dans un souci de les aider à surmonter leurs peurs.

 

Bruno LEROY et son équipe Éducative vous souhaitent une excellente rentrée de combats pour un Monde plus équitable et plus Fraternel.

11:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, GAUCHE, social |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

15/03/2006

Une politique de la ville en faveur des quartiers en difficulté.

La crise des banlieues de l'automne dernier a fait l'effet d'un électrochoc sur le gouvernement et l'opinion publique. Au plus fort des violences, M. de Villepin avait débloqué 100 millions d'euros supplémentaires en faveur des associations dans les quartiers, revenant sur une baisse des subventions de l'Etat en 2004 et 2005. Après cette mesure d'urgence, l'Etat affiche une nouvelle ambition pour la politique de la ville et l'égalité des chances. Les décisions du Comité interministériel des villes et du développement social urbain annoncées le 9 mars vont dans le sens d'une volonté de résoudre les problèmes des banlieues. Un certain nombre de mesures ont été prises. la mise en place d'un cadre contractuel unique pour les interventions de l'Etat en faveur des quartiers en difficulté. Un « contrat urbain de cohésion sociale », de 3 ans, signé entre l'Etat et le maire, qui se substitue au contrat de ville à compter du 1er janvier 2007 sur une géographie prioritaire redéfinie. Autre priorité, le renforcement des moyens en faveur des associations et l'amélioration de la formation des professionnels de terrain. Il s'agit de renouveler le partenariat entre l'Etat et les associations comme promis par M. de Villepin lors d'une première Conférence nationale de la vie associative le 23 janvier dernier. Dans le cadre de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, les financements seront simplifiés et sécurisés. Une mobilisation prioritaire des services territoriaux de l'Etat en faveur des quartiers les plus en difficulté sera de mise avec la création des préfets délégués à l'égalité des chances et un élargissement de la mission des sous-préfets. Enfin, il sera mis en œuvre une évaluation systématique des projets, appuyée sur l'Observatoire national des zones urbaines sensibles. Dans ce cadre, le comité interministériel a retenu 5 champs prioritaires pour l'intervention de l'Etat en faveur des quartiers en difficulté : l'accès à l'emploi et le développement économique, l'amélioration de l'habitat et du cadre de vie, la réussite éducative et l'égalité des chances, la citoyenneté et la prévention enfin l'accès à la santé. Plus d'une cinquantaine de nouvelles mesures ont été arrêtées dans ces champs prioritaires, qui témoignent de la mobilisation des différents ministères sur le champ de la politique de la ville.
Source : Sezame.

11:03 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

04/01/2006

FORMATIONS SOCIALES ET SPIRITUELLES.

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10:13 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

06/12/2005

HUMANISER NOTRE SOCIÉTÉ...


La seule solution se doit d'être radicale : il faut que, dans toutes couches sociales, on lance le défi d'humaniser le système, de changer le style de notre monde occidental. Il se peut que dans certains cas nous réussissions à aider ces personnes qui sont dans la misère. Mais il se peut aussi que dans de nombreux autres cas nous nous heurtions à l'échec. Toutefois, ce qui est évident est que nous rendrons notre vie plus humaine en essayant d'humaniser la leur, et ce, que nous parvenions ou non à les faire sortir de la pauvreté. Si, de l'intérieur de notre système, nous essayons de faire en sorte qu'ils ne soient plus en marge, nous échouerons peut-être ; mais nous ferons naître, probablement, un système ou un mode de vie qui ne sera pas générateur d'exclusion. Et c'est ce qui, à la longue, constitue la plus grande victoire. La personne installée dans le confort ne parviendra à devenir plus humaine que si elle accepte de sortir d'elle-même pour se rapprocher de l'autre, qui vit dans la misère. Et cet autre ne sera humanisé que dans la mesure où il pourra entrer en contact avec celui qui vit dans le confort. Ainsi, en faisant naître une relation à la place de ce qui était un mur, les deux parties du système deviennent plus humaines et avancent dans le même direction. Toutes deux deviennent davantage des personnes.

Alors que la révolution ne pouvait être faite que par les grands collectifs, l'humanisation apparaîtra à la portée de tout un chacun, et son efficacité sera d'autant plus grande que des gens se sentiront impliqués. Ceci ne veut pas dire que c'est une tâche facile à réaliser, mais c'est une tâche à la mesure de nos possibilités. Révolution et humanisation poursuivent exactement le même but : permettre à tous les hommes de vivre leur dignité humaine. Il y a pratiquement toujours eu des pauvres, d'une façon ou d'une autre. Cependant les caractéristiques des marginaux actuels, dans les grandes villes nanties, présentent des différences significatives par rapport à d'autres formes de pauvreté. A première vue, on a l'impression qu'il est très difficile de résoudre le problème que pose cette nouvelle marginalisation, non pas tant à cause de sa dimension quantitative que par la complexité de sa réalité plurielle, et par les difficultés auxquelles nous nous heurtons quand nous voulons mettre un frein aux tendances à la reproduction de ce fait social. Les solutions trouvées par le passé pour lutter contre d'autres formes de pauvreté ne peuvent être réutilisées sans être adaptées. Mais, par ailleurs, il est vain de refuser de profiter de l'expérience d'altruisme de tant d'hommes qui nous ont précédés. Tirons donc des leçons du passé sans l'imiter. Les pauvres et marginaux sont les personnes qui n'ont pas suivi le progrès rapide du modernisme et se sont trouvées parquées sur le bas-côtés d'une autoroute où les voitures roulent tous les ans plus vite. Et plus la rapidité du progrès, des changements techniques et culturels, est grande, plus grande est la difficulté du marginal à réintégrer le système social. La seule existence des pauvres remet en cause ce système social.

En disant ceci, nous touchons l'un des points que les éducateurs qui travaillent auprès des marginaux soulignent le plus : la réalité de la marginalisation est symptomatique d'une maladie dont souffre tout notre système social. Et pour que ce constat entre réellement dans les mentalités, nous avons une dure bataille à livrer, car nous avons toujours tendance à penser que le problème des pauvres est celui des pauvres. Nous disons volontiers : " ils n'ont pas eu de chance dans la vie ", alors qu'à la vérité c'est un problème de la société tout entière. Tout le corps est malade, mais les plaies n'apparaissent qu'à certains endroits. C'est pour cette raison, que le travail de terrain des éducateurs devient une tâche de plus en plus difficile et ardue. C'est pour cette raison également que, jamais je ne me tairais en tant que militant Social pour dénoncer les perversités de nos systèmes et y porter remèdes au quotidien, jusqu'au bout, sans jamais me lasser de vouloir humaniser notre société. Comme tant d'éducateurs et d'éducatrices le font mais aussi, des citoyens qui ont pris la mesure de l'urgence.
Bruno LEROY.

08:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

12/11/2005

CONSTRUIRE NOS ADOLESCENTS.

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Les réactions de l'adolescent à la contrainte seront plus faciles à comprendre, si l'on prend la peine d'étudier toute sa situation affective. Quelles que soient les origines reculées de la révolte, nous devons considérer ce qui l'alimente dans le présent. Bien entendu, tout ce qui rappelle la situation traumatique initiale est de nature à raviver la colère et la rancune. Bien des jeunes insurgés cherchent surtout à éprouver l'amour qu'on leur porte, parce qu'ils ont souffert, un jour, de se croire privés de cet amour dont tout être a besoin pour vivre. Il y a des révoltes normales et nécessaires qui visent à de justes conquêtes. Mais il y a aussi des révoltes à l'état pur, qui ne visent à rien du tout et traduisent seulement un état de malaise qui apparaît, chaque fois que l'individu peut se croire injustement lésé ou souffre de la vanité de ses efforts et se sent impuissant à obtenir la satisfaction de désirs dont il n'a parfois lui-même qu'une notion imprécise. L'inacceptation des contraintes imposées du dehors ne vient pas forcément de la nature de ces contraintes ; elle peut venir d'un sentiment de gêne intérieure, dont l'individu cherche à se débarrasser par une manœuvre de diversion dirigée contre l'autorité extérieure, prise comme bouc émissaire. Il est plus facile en effet, et moins inquiétant, de s'attaquer à un ennemi concret et connu, qu'à un ennemi invisible qui est au fond de nous et dont nous n'arrivons même pas à nous dissocier complètement. Ce sont les êtres qui vivent dans la plus grande dépendance affective qui ont sans doute le plus violent besoin de se livrer à des démonstrations insurrectionnelles, sans cesse renouvelées parce que toujours inefficaces. Celui qui se montre le plus insubordonné en paroles est parfois celui qui est le moins capable de se refuser à faire ce qu'on lui demande. Car il y a, parmi les révoltés, toute la catégorie des révoltés verbaux qui tirent en général de leur rébellion le maximum de désagrément, à l'inverse des révoltés passifs qui disent toujours " oui " et n'en font qu'à leur tête. Cela correspond à cette tendance à retourner cette agressivité contre soi, que l'on rencontre chez beaucoup de personnes chez qui existe une certaine tension agressive qu'elles sont incapables d'utiliser vraiment contre d'autres, par crainte et par culpabilité. Les réactions d'excessive docilité à la contrainte peuvent être factices et dissimuler quelque calcul hypocrite ; mais elles procèdent souvent d'un certain infantilisme moral qui se traduit par une véritable impossibilité de concevoir la désobéissance à l'adulte. Ce dernier a, somme toute, trop bien réussi dans sa propagande ; il n'a pas permis à l'adolescent d'imaginer un idéal plus élevé que la soumission et, du même coup, il l'a retenu au stade du nourrisson qui n'est capable de rien par lui-même, sans l'aide, ou tout au moins l'approbation, de la grande personne. L'initiative, l'énergie, l'imagination, l'invention, l'originalité, le dynamisme se trouvent dévalorisés. L'esprit critique ne saurait se développer ; et il ne saurait être question de savoir se conduire seul, un jour, dans l'existence. Rien n'est plus faux en l'occurrence que l'affirmation commune " Pour apprendre à commander, il faut savoir obéir ". En effet, il serait dangereux de se réjouir d'une docilité si grande qui va tout à fait à l'encontre du but essentiel de l'éducation : apprendre aux jeunes à se passer de ses éducateurs. Il est sans doute difficile à l'adulte de fomenter une révolte contre sa propre autorité ; aussi bien n'est-ce pas ce qu'on lui demande ! Le jeune passif a besoin d'être encouragé et incité à donner en chaque circonstance son avis personnel, que l'on se gardera bien de contrer brusquement, même si l'on est pas tout à fait d'accord avec lui. Mais il y a là toute une éducation à entreprendre qui souvent a été gâchée, dans les débuts, par la fâcheuse et trop fréquente tendance à se substituer au jeune en toutes circonstances, sans lui laisser acquérir le sens et l'autonomie de sa personnalité.
Bruno LEROY.
Éducateur de Rue.

16:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

29/06/2005

CONSTATS ET ENGAGEMENTS DU SERVICE ÉDUCATIF ET ACTION SOCIALE.

CONSTAT :
Nous vivons une mutation profonde, d'ampleur et de rapidité sans précédent. De dimension planétaire, elle est principalement induite par l'accélération de la mondialisation des échanges et de la production, du fait des nouvelles technologies de communication, et par la mécanisation et la robotisation de l'appareil de production. Ce phénomène est exacerbé par la compétitivité sauvage et la course au profit.

Notre perception du monde et nos relations aux autres en sont modifiées. Les transformations sont d'ordre structurel. Nos organisations politiques, économiques, socio-économiques, sociales sont remises en cause. Le développement du chômage soulève un débat sur l'avenir de l'emploi et sur les modalités adaptées de redistribution équitable des richesses.

Une telle mutation doit être une œuvre collective, elle nécessite la participation de tous pour qu'elle profite à tous. Il est inacceptable qu'elle se réalise au détriment d'une partie de la population mondiale, européenne, nationale.

Les politiques de lutte contre l'exclusion soulèvent des questions éthiques dans leur conception et leur mise en œuvre. Les mesures conjoncturelles d'aide à la personne mises en œuvre jusqu'à présent ne suffisent pas.

PROPOSITIONS :
La violence de la précarité, du chômage, de la pauvreté, de l'exclusion outre l'atteinte à la dignité, à l'intégrité psychique et / ou physique des citoyens, limite l'exercice de leurs droits et devoirs.

Les valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité et de solidarité sont aujourd'hui menacées. Le risque est grand de rejeter une partie de la population dans la misère et le non droit.

Il est impératif et urgent d'élaborer des principes d'actions adaptés au respect des droits fondamentaux de l'homme et des citoyens.

Des populations paupérisées sont contraintes à développer des stratégies économiques d'auto subsistance voire de survie. Des solidarités nouvelles s'organisent dans ce but. De nombreuses associations sont à l'origine de réseaux d'entraide, de troc, d'échange de services, qui couvrent l'ensemble des activités de la vie quotidienne (nourriture, habillement, look, déplacements, informations, recherche d'emploi ... ).

Il faut renforcer et soutenir certaines de ces pratiques comme des manières de vivre la crise et leur donner un statut, particulièrement celles qui inventent de nouveaux rapports humains et / ou économiques, porteurs d'une réelle avancée sociale.

Des adaptations réglementaires sont nécessaires tout en refusant

· De marginaliser définitivement ces populations, de les cantonner dans une seconde économie.

· De généraliser la déréglementation.

· D'enfermer les solidarités dans un carcan administratif.

La loi doit être la même pour tous
Nous demandons aux Pouvoirs Publics (État, Collectivités Territoriales et Locales) d'étudier ces adaptations au sein de véritables partenariats où les propositions des acteurs locaux puissent s'exprimer et peser sur les décisions.

ENGAGEMENTS :
Contre toutes régressions sectaires et intégristes de toute origine, et / ou le retour à la barbarie, de diverses appartenances culturelles, philosophiques, politiques, professionnelles, religieuses, sociales, acteurs de solidarités locales.

Nous nous engageons à rechercher et appliquer de tels principes, à diffuser largement et régulièrement nos travaux pour enrichir le débat public et nourrir la réflexion des décideurs et des acteurs.

Le nombre de réseaux d’entraide, de troc, d’échange de services, a significativement augmenté. L'objectif premier de ces « entreprises » est l'amélioration des conditions de vie des adhérents (producteurs - usagers), par l’accès aux biens et aux services indispensables à la vie quotidienne pour : se nourrir, se loger, se déplacer, échanger, s’habiller, prendre soin de soi… Elles révèlent la capacité des citoyens à s'organiser pour résoudre leurs difficultés et accéder à une vie normale. Celles qui visent la promotion culturelle, économique, politique, sociale de leurs adhérents, sont légitimes au regard des droits de l'homme et du citoyen et des valeurs républicaines.

NOUVEAUX CONSTATS :
La croissance n’a pas eu d’effets significatifs sur la pauvreté mais a fait évoluer les mentalités sur la responsabilité des individus quant à leur situation.

En France, 4 200 000 personnes ont des revenus en dessous du seuil de pauvreté (soit 559,6 euros) d’après le rapport 2001 de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale. Il faut souligner que 15% de l’ensemble des personnes qui travaillent sont dans cette situation. L’emploi précaire (CDD, intérim, emplois aidés, stages) a connu une augmentation significative. Il n’est plus une forme déviante, temporaire, atypique de travail mais une forme majeure d’accès à l’emploi.

Le nombre et la durée des situations de pauvreté transforment la nature du problème : la pauvreté redevient un état durable. 40% des personnes «bénéficiaires » du RMI le sont depuis plus de cinq ans.

Beaucoup de ceux qui se trouvent dans une réelle misère, font le deuil de trouver leur place dans une société qu’ils ressentent comme n’ayant pas besoin d’eux. Ils développent des comportements d'adaptation à leur situation parce que :

Leurs revenus ne leurs permettent pas de vivre décemment.

Ils sont dans la vulnérabilité la plus totale puisque la protection des personnes, des biens et des activités est principalement liée au statut de salarié et de l’entreprise et/ou à des assurances volontaires donc inaccessibles.

Les tentatives d’insertion ou de retour dans l'emploi à travers des contrats précaires, sont perçues comme mettant en péril les équilibres sociaux et économiques fragiles construits et atteints avec beaucoup de difficultés.

Dès lors, l'écart entre les droits formels et les droits vécus ne cessent de s'accroître. Les observateurs et les acteurs de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté s’accordent sur le constat, de l’aggravation de la situation.

Nos craintes sont devenues réalité, la fragmentation
économique, politique, sociale est réelle.

Dans ce contexte apparaît de plus en plus clairement un double risque :

·Pour les personnes les plus en difficulté de ne plus percevoir l’intérêt de faire " société ensemble " et de se retirer du "jeu" social, comme on le constate notamment chez certains jeunes.

· De renforcer, l’institutionnalisation rampante de la fragmentation sociale par un glissement du traitement social de la pauvreté, vers un traitement médical et/ou pénal des pauvres en les stigmatisant comme malades ou délinquants.

Dans le respect de notre tradition, et dans le refus de toutes dérives communautaristes et ultra libérales, de nouvelles relations sont à définir entre les pouvoirs publics et les initiatives de " fraternité ", au sens républicain du terme, telles qu’elles apparaissent aujourd’hui.

Enfin, il est urgent de rechercher comment assurer une protection minimale pour tous, sans développer un état providence qui ne permettrait pas la participation de chacun à la vie collective et sans créer une assurance à double vitesse.

NOS ENGAGEMENTS :
« Contre toutes régressions sectaires et intégristes de toute origine et/ou le retour à la barbarie » de la loi du plus fort, du primat du profit et de la marchandisation de l’homme, les membres du Service Éducatif et Action Sociale réaffirment :

La construction de notre société est une œuvre collective, qui nécessite la participation de tous pour le bien être de tous.

De diverses appartenances culturelles, philosophiques, politiques, professionnelles, religieuses, sociales, acteurs de solidarités locales fidèles à nos principes, nous, membres du Service Éducatif et Action Sociale, nous nous engageons dans cette œuvre collective. Nous voulons :

· Accompagner la construction de réseaux d’initiatives de « fraternité » comme lieux collectifs d’amélioration de la vie quotidienne.

· Nous mobiliser, pour que les personnes paupérisées soient réellement acteurs et responsables des initiatives de « fraternité » locales et citoyens à part entière.

· Poursuivre et approfondir avec les responsables locaux, la recherche engagée en partenariat avec les pouvoirs publics sur les modes de reconnaissance et d’accompagnement des initiatives de solidarités locales pour que les acteurs locaux :

- Développent leur projet dans un horizon qui permette de faire société ensemble
- Échappent aux déterminismes des logiques de misère et/ou de ghettos,

-Valorisent les potentialités de véritable insertion culturelle, économique, politique et sociale des actions locales et de leurs acteurs.

· Créer les conditions de rencontre et de travail en commun entre les responsables politiques, administratifs et les acteurs de solidarités locales. A nous mobiliser immédiatement auprès de ces décideurs, pour étudier le cadre réglementaire et législatif afin que soit assurée la protection des personnes, des activités et des biens des initiatives de « fraternité » dans leur évolution vers un statut de droit commun.

· Poursuivre et amplifier la réflexion de l’ensemble des membres de notre Association sur les questions que soulèvent leurs pratiques sociales et citoyennes.


Parce que la pauvreté est un problème de société, nous voulons témoigner des situations vécues et diffuser largement et régulièrement nos travaux pour enrichir et animer avec d’autres mouvements le débat public, pour nourrir la réflexion des décideurs et des acteurs, tant au plan local, national et transnational.

Bruno LEROY.

DIRECTEUR DU SERVICE ÉDUCATIF et ACTION SOCIALE.



10:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |