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27/04/2008

SOS alternative.

 par Noël Bouttier

Voici quelques années, un ancien président de la République avait disserté sur les conditions de réussite d’une politique de réforme. Il fallait, disait-il, réunir deux Français sur trois. Nicolas Sarkozy a bien compris le message, mais à l’envers. En moins d’une année à l’Élysée, il a réussi à mobiliser presque deux Français sur trois contre lui. On connaît la litanie des reproches qui lui sont adressés dans toutes les directions : pouvoir d’achat, injustice fiscale, atlantisme débridé, train de vie – le sien – dispendieux, étalage d’une vie privée tumultueuse… Du « Il ne fait pas président » à « Il nous a roulés dans la farine »... les cafés du commerce de France et de Navarre sont remplis de ce genre de remarques acides, accompagnées souvent de noms d’oiseau. Les quelques médias comme Témoignage chrétien qui avaient alerté sur les dangers d’une présidence Sarkozy ne peuvent être surpris du réveil d’une opinion publique que le Grand Timonier de l’UMP avait flattée. Avec le risque d’aggravation des dérèglements financiers, le renchérissement des matières premières et les conséquences de la crise écologique, les mois qui s’annoncent sont lourds de noirs nuages. Cela nécessiterait d’avoir à la tête du pays et de l’Europe – mais c’est une autre histoire – un pouvoir audacieux, cohérent et courageux. À la place, nous n’avons que petits calculs de communicants, logiques de grippe-sous et nombrilisme forcené, comme lors de cette ridicule affaire de la carte famille nombreuse.
En douze petits mois, la confiance en la rupture à la mode Sarkozy a été anéantie. Personne ne peut exclure qu’une grave crise de régime survienne. La gauche est-elle en mesure de proposer une alternative ? Si on se tourne vers le PS, grand vainqueur des derniers scrutins locaux, les motifs d’inquiétude ne manquent pas. Un Premier secrétaire inexistant sauf pour savonner soigneusement la planche de son successeur, des écuries présidentielles qui se recomposent et se déchirent allègrement, un vide sidéral en matière de propositions. Que propose le PS sur la régularisation des travailleurs sans-papiers, l’indispensable refonte du système éducatif ou la régulation du capitalisme fou ? Ce parti, comme l’ensemble de la gauche, a besoin d’États généraux comme ceux que lança Michel Rocard après la débâcle de 1993. Tout le reste, déclaration de principes ou stratégies de congrès, ne fait qu’amuser la galerie. Et par les temps qui courent, cela ne nous amuse plus guère.

02/02/2008

TROISIÈME MARIAGE POUR M. SARKOZY.

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Le maire du 8e arrondissement de Paris, François Lebel, a déclaré, sur Europe 1, avoir marié le président de la République Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni à l'Elysée, samedi 2 février. "La mariage a eu lieu à 11 heures en présence des parents, des proches et des invités, a-t-il raconté. La mariée était en blanc et le président en costume cravate comme il se doit dans n'importe quel mariage civil". "Il y a eu un échange d'alliances et la traditionnelle bise. Il n'y a rien d'exceptionnel, si ce n'est que ça s'est passé au premier étage de l'Elysée", a-t-il insisté.

 

Informé "depuis une dizaine de jours" de la date du mariage présidentiel, le maire du 8e s'était présenté seul samedi à l'Elysée pour cette cérémonie. "J'ai procédé comme d'habitude sauf que, exceptionnellement, je n'avais pas de lecteur ou de lectrice. C'est moi qui ai lu la totalité des articles qui rappellent les obligations respectives des époux, les documents d'état-civil des mariés et les témoins", a-t-il expliqué, refusant de révéler le nom des témoins.


 

Le maire était "au courant depuis un certain temps" du mariage, "parce qu'il a fallu remplir les documents que la loi exige". "C'est le dossier habituel, y compris le certificat prénuptial. Tous les documents sont conformes à la réglementation et je m'en suis personnellement assuré", a-t-il ajouté. "Je n'ai pas été choisi, le président de la République étant domicilié 55 rue du Faubourg Saint Honoré et étant électeur dans le 8e, il était normal que ce soit le maire de son domicile qui procède au mariage", a-t-il souligné précisant que "historiquement, c'est la première fois dans l'histoire de la République qu'un président se marie en cours d'exercice. C'est une première (...) un président qui se marie au Palais de l'Elysée", a-t-il souligné.

Il s'agit du troisième mariage du président, qui a été le premier divorcé élu à l'Elysée. Il a eu deux enfants de son premier mariage et un fils avec son ex-épouse Cécilia Ciganer-Albeniz, dont il a divorcé en octobre, après onze ans de mariage, devenant là encore le premier chef d'Etat à divorcer en fonctions. De son côté, Carla Bruni, 40 ans, a eu un fils, Aurélien, aujourd'hui âgé de 6 ans, avec le professeur de philosophie Raphaël Enthoven. Fille d'un riche industriel italien, elle s'est reconvertie avec succès dans la chanson après avoir mené une carrière internationale de mannequin pendant les années 1990.

M. Sarkozy, 53 ans, s'était affiché depuis décembre en compagnie de Carla Bruni, l'emmenant par deux fois pour des vacances très médiatisées, en Egypte puis en Jordanie. Et lors de sa conférence de presse de rentrée le 8 janvier, le chef de l'Etat avait affirmé qu'"avec Carla, c'est du sérieux", assurant même aux journalistes qu'il y avait toutes les chances pour qu'ils "n'apprennent [un mariage] que le lendemain". Depuis lors, des rumeurs de mariage circulaient. L'Est Républicain avait annoncé que l'union avait eu lieu le 10 janvier. Le Journal du Dimanche l'avait annoncée pour le 9 février. Finalement, c'est la radio RTL qui a la première révélé l'information samedi à la mi-journée, citant "des témoins".


13/06/2007

Explications de François Bayrou.

Cher ami,

La campagne pour le premier tour des législatives a été, comme vous le savez, très prenante et très lourde à assumer. Les candidats de l'UDF et du Mouvement démocrate ont porté cette campagne, courageusement et avec flamme, dans plus de 530 circonscriptions de notre pays.

La loi électorale, profondément injuste, a fait que peu d'entre nous ont pu atteindre le deuxième tour. Mais les scores obtenus, que j'ai regardés un à un, ont été marquants dans la plupart des circonscriptions. Pour atteindre presque 8 % de moyenne à l'échelon national, il a fallu que beaucoup de résultats dépassent les 10 % des voix et cela est très loin d'être négligeable.

En effet, beaucoup de nos candidats étaient sans expérience préalable. C'était leur baptême du feu : ils manquaient sans doute de notoriété pour une campagne si courte. Mais ils ont beaucoup travaillé, révélé des qualités marquantes et ainsi préparé l'avenir.

C'est cet avenir qui m'intéresse. Les journaux titrent sur la « traversée du désert ». Pour moi, c'est au contraire une période de construction qui s'ouvre, celle d'une génération politique nouvelle et d'un projet nouveau, celle aussi d'un parti que je veux profondément original, précurseur en matière de réflexion, de détection, de formation, de création d'idées. Et pour atteindre un objectif aussi enthousiasmant, les difficultés ne sont rien.

Nous avons eu jusqu'à ce jour (en un mois) quelque 80 000 demandes d'adhésion au MoDem. 35 000 de ces demandes ont été concrétisées par une adhésion payante. Nous préparons les cartes d'adhésion et le matériel documentaire que vous allez recevoir d'ici quinze jours.
Je m'adresserai à vous dans les jours qui viennent, de manière régulière, sous forme écrite ou video, pour que nous suivions ensemble l'actualité et que nous préparions le travail de l'été et de l'automne.

Je suis heureux, profondément heureux, de vivre cette période avec vous. Vous avez ma gratitude et mon amitié.

Cordialement,
François Bayrou

12/06/2007

LE JUSTE ÉQUILIBRE.

par Alexandre Vatimbella

Penser le Centrisme et le Centre, c’est aller au-delà du positionnement central et d’un milieu entouré d’extrêmes qui renvoie à des « modérés » assez flous dans leurs idées politiques et au portrait assez fuyant. Car, le Centre n’est pas milieu mais équilibre. Un Juste équilibre, c’est ce qui définit sa politique, c’est-à-dire cette recherche constante de cette ligne où tel un fil-de-fériste, le Centrisme tangue avant d’avancer en ayant trouvé la bonne balance.

Cette vision dynamique et au-delà d’un simple partage des extrêmes - puisque définissant positivement un courant de pensée - ne fait pourtant pas fi de l’histoire politique, ni des hommes qui se sont positionnés au Centre. Ainsi, cette volonté constante de ne pas tomber dans la démagogie d’une idéologie promettant tout et n’importe quoi, cette vision d’une société apaisée où tout le monde trouverait sa place, cette revendication de la liberté comme fondement essentiel de la personne humaine mais aussi le rappel de la solidarité nécessaire dans une société qui unit les êtres humains sont des héritages que le Centre du Juste équilibre revendique, les succès comme les échecs qui ont jalonné depuis plus de deux cent vingt ans le parcours du centre politique.

 

11/06/2007

UNE VAGUE BLEUE ÉCUME L'ASSEMBLÉE NATIONALE.

L'Assemblée nationale sera bleue Sarkozy. Après le premier tour des législatives, ce dimanche, le scénario attendu s'est concrétisé, qui accentue l'affaiblissement de la gauche et relègue le Mouvement démocrate de François Bayrou et le Front national à un score symbolique.

Au vu des projections pour la droite - 383 à 500 sièges - Nicolas Sarkozy devrait disposer le 17 juin de la large majorité qu'il appelait de ses voeux pour mettre en oeuvre son programme de "rupture". Ce serait la première fois depuis 1978 qu'une majorité serait reconduite à l'Assemblée (46,7% pour la droite à l'époque).

Selon les estimations des instituts de sondage, la gauche, avec 36,4% à 38,9%, réalise un meilleur score en voix qu'aux législatives de 2002 (35%), mais la logique du scrutin uninominal à deux tours est sans appel pour le Parti socialiste et ses alliés, crédités de 69 à 185 sièges.

Organisé cinq semaines après le second tour de l'élection présidentielle, le scrutin a été marqué par une désaffection sans précédent de l'électorat depuis 1958 avec une abstention de 37% à 39,5%. Cette faible participation devrait limiter les triangulaires. La participation avait avoisiné les 85% lors de la présidentielle.

La gauche a lancé un appel à la mobilisation pour le 17 juin afin de limiter les dégâts, l'oeil rivé sur la centaine de circonscriptions où l'écart droite-gauche est inférieur sur le papier à cinq points.

Comme la présidentielle l'avait préfiguré, les législatives confirment un retour de la bipolarisation droite-gauche au détriment des formations minoritaires.

CONTRE-PERFORMANCE DU MODEM

Le centre ne peut prétendre au statut de troisième force, écartelé entre le Nouveau Centre des ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, qui tirent leur épingle du jeu, et le MoDem de François Bayrou, qui n'a pu capitaliser sur son score du premier tour de la présidentielle (18,6%).

Le Mouvement Démocrate dépasserait de peu les 7% avec des projections de zéro à quatre sièges.

Le scrutin confirme le recul du vote d'extrême droite, désormais majoritairement acquis à l'UMP. Le Front national oscille entre 4,5% et 5%, son plus mauvais score depuis son apparition sur l'échiquier politique dans les années 80.

Onze ministres avaient mis leur destin gouvernemental entre les mains des électeurs.

Le Premier ministre, François Fillon, a été élu dès le premier tour dans la 4e circonscription de la Sarthe avec 53,4% des inscrits (55% en 2002), selon le ministère de l'Intérieur.

Hervé Morin (Eure, 3e), Jean-Louis Borloo (Nord, 21e), Xavier Bertrand (Aisne, 2e), Dominique Bussereau (Charente-Maritime, 4e), Eric Woerth (Oise, 4e), Valérie Pécresse (Yvelines, 2e) sont aussi élus au premier tour.

Le ministre de l'Ecologie Alain Juppé, qui affrontait la partie la plus serrée dans la 2e circonscription de Gironde, est en ballottage favorable avec 43,73%. Christine Boutin, Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie sont également en ballottage favorable.

François Fillon, qui avait réuni à Matignon les représentants de la majorité et plusieurs membres du gouvernement, a appelé de ses voeux "une majorité pour agir", se projetant déjà dans l'après-second tour.

LE PEN PLACE SES ESPOIRS EN MARINE

"L'élan est là. Mais il ne peut être concrétisé qu'avec une majorité présidentielle large, cohérente et bien décidée d'aller de l'avant", a souligné le Premier ministre.

Le nouvel exécutif entend faire voter dès le mois de juillet, à la faveur d'une session parlementaire extraordinaire, son premier train de réformes : "paquet" fiscal, autonomie des universités, lois contre la multirécidive et la délinquance des mineurs, service minimum.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a lancé un appel à "tous les républicains" pour faire barrage à une droite "absolue".

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a exhorté ses électeurs, jeunes et classes populaires, à revenir vers les urnes "pour la République, la France, la justice sociale".

"Allons-y, mobilisons-nous, il nous reste encore quelques jours pour faire un beau vote", a lancé la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet.

"Il y a une démoralisation électorale qui a joué", a jugé pour sa part le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, qui a invité à faire "barrage" à la droite.

Les Verts appellent à voter au second tour pour le candidat de gauche le mieux placé mais ne promettent pas de "désistement systématique".

"On n'arrivera pas réellement à empêcher une vague bleue, on peut en revanche empêcher un tsunami bleu", a dit Dominique Voynet.

François Bayrou a mis en garde contre "un déséquilibre terriblement marqué" à l'Assemblée que "la France regrettera".

Le président du MoDem est en ballottage favorable avec 24,56% des inscrits (37,25% des suffrages exprimés) dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où les candidats UMP et PS sont en mesure de se maintenir au second tour.

Le député-maire socialiste d'Evry (Essonne) Manuel Valls a appelé les électeurs de François Bayrou à faire le choix de la diversité en votant à gauche au second tour.

Quant à Jean-Marie Le Pen, il a prédit que Nicolas Sarkozy "l'illusionniste" descendrait "de scène à un moment donné". Le dirigeant du FN place ses espoirs dans sa fille Marine, deuxième dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais derrière le candidat socialiste Albert Facon.

Bruno LEROY.

Source : L'Express.

Déclaration de François Bayrou.

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« Nationalement, nous avons assisté à une vague dont tout le monde connaît l’ampleur. Cette vague, elle est le prolongement et l’amplification du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cela crée un déséquilibre dans la représentation à l’Assemblée nationale. Un déséquilibre terriblement marqué. Et ce déséquilibre, un jour ou l’autre, la France le regrettera. Il n’est pas sain d’avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges jamais atteint probablement jusqu’à maintenant, et n’offre aux autres qu’une représentation minorée, trop faible naturellement pour que l’équilibre soit réalisé à l’Assemblée nationale.

Je veux saluer tous les candidats et candidates du Mouvement Démocrate qui se sont vaillamment battus en France bien que pour la plupart d’entre eux, cette élection ait été leur baptême du feu. Ils se sont battus avec courage dans une période trop courte naturellement pour s’imposer et se faire entendre. Mais, je veux les saluer parce qu’ils représentent pour moi un très grand espoir.

A partir de maintenant, nous avons deux objectifs : le premier objectif, c’est que dimanche prochain, on trouve en France, le meilleur équilibre possible. Le déséquilibre le moins marqué possible bien que les résultats d’aujourd’hui laissent présager naturellement que ce déséquilibre sera fort. Je veux dire que l’UMP a des devoirs particuliers avec le résultat qui est le sien, c’est de réaliser les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Pour nous, à l’Assemblée nationale, ceux d’entre nous qui seront élus, nous serons vigilants - constructifs et vigilants. Nous serons là pour soutenir ce qui va dans le bon sens et pour dire les yeux dans les yeux, ce qui ne va pas, le jour où nous aurons le sentiment que les décisions prises vont dans un sens inquiétant.

Et puis, notre deuxième objectif, au-delà de ces élections législatives, ce sera de préparer l’avenir. Préparer l’avenir de deux manières possibles : préparer l’avenir en faisant naître des générations nouvelles de responsables politiques. Et parmi les dizaines de milliers de Français qui ont rejoint le MoDem, le Mouvement Démocrate, il y a une infinie ressource pour offrir à la France, une génération politique nouvelle. Et nous avons aussi à préparer des idées neuves, ne serait-ce que pour le fonctionnement de la démocratie française comme on le voit ce soir. Et puis aussi pour que nous portions un projet de société qui corresponde à l’attente des Français et aux exigences du temps.

Alors c’est au nom de cet avenir-là que je voulais, mesdames et messieurs, vous saluer, vous dire merci, habitants des Pyrénées-Atlantiques et citoyens français qui pensez qu’un jour il va falloir en effet que la politique française trouve un cours nouveau.

Je vous remercie »
 François Bayrou.

03/06/2007

JE SUIS RESTÉ LE MÊME.

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Très vite, très tôt, dès sa prime jeunesse, François Bayrou perçoit à travers sa conscience de jeune homme révolté que les illusions communistes revêtent une réalité bien différente. Soljenistine, entre autres, l'aidera à forger cet instinct que de l'autre côté, on ne vit pas dans le bonheur. Il exprime dans un soulagement de s'être vu grandir sans dévier de ses idées fondamentales.

"J'ai beaucoup de chance, parce que c'est assez rare de pouvoir relire, trente ans après, peut-être même plus de trente ans après, ce que l'on a écrit et d'y reconnaître toujours ce que l'on pense. Peut-être y a-t-il aussi un aspect un peu obstiné... Disons que je ne change pas facilement d'avis. Mais sur le fond, c'est une grande chance de reconnaître à 55 ans le jeune homme qu'on était et de se dire qu'après tout, ce n'était pas moche. Ce n'était pas idiot. (Silence.)


C'est comme une petit frère qu'on a. Il y a une phrase que j'aime beaucoup, beaucoup de Bernanos qui parle de sa mort. Elle dit : "Quand je mourrai, tous les êtres différents que j'ai été se réuniront pour marcher vers le Père. A leur tête, il y aura l'enfant que je fus." Moi, je ne dirai pas cela comme ça. En tout cas, le jeune garçon que j'ai été reconnaît l'adulte que je suis. L'adulte que je suis reconnaît le garçon que j'ai été.


C'est pour moi un très grand mystère. Je discute très souvent de cela avec ma femme. Parce que c'est pour moi un très grand mystère, le peu de choses que je savais. A Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques, à Bordères, on savait vraiment très, très peu de choses. Depuis ce temps, je n'ai cessé d'être du côté de ceux à qui on ne disait pas les choses. D'être en colère face à ceux qui dominent, au fond. Contre les puissances, avec leur arrogance. Qui, elles, savent.


Comment se fait-il que ce jeune homme, avec le peu de choses que nous savions, ait eu une boussole aussi juste ? Par exemple, j'ai su depuis ma toute première enfance, ma toute première jeunesse, pas enfance, j'ai su que le totalitarisme soviétique, c'était une horreur. Qu'il y avait des millions de personnes qui mourraient. J'ai lu Soljenitsine très jeune. Soljenistsine n'avait pas encore publié Le Goulag.


J'ai l'air de parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (Rires.) C'est sûr. "L'Archipel du Goulag", c'était dans les années soixante-dix. J'ai lu le premier de ses livres, "Le Pavillon des Cancéreux", étant jeune homme. Quel instinct faisait que je ne me trompais pas ? Parce que j'avais tout, autrement, pour être gauchiste, tout, le sentiment d'injustice sociale, le goût de la révolte contre les puissants. Mais je savais que c'était le totalitarisme de l'autre côté. Il y avait un instinct. Et j'aime bien l'avoir exprimé assez tôt."

François Bayrou.

30/05/2007

Les nouveaux adhérents s'expriment !

Retrouvez sur ce clip de campagne lancé à l'occasion des élections législatives un panel de la nouvelle population adhérente aux idées de François Bayrou et du Mouvement démocrate ! Ces élections législatives détermineront l'avenir de la démocratie. Nous avons le choix : laisser les clefs de tous les pouvoirs à un parti dominant ou nous emparer d'une partie pour faire valoir les idées du MoDem. Faire entendre notre voix spécifique. Avec eux, avec vous, avec François Bayrou, relevons le défi !
Les nouveaux adhérents s'expriment !
François Bayrou 2007

 

 

À l'attention de : M. BRUNO LEROY

Cher ami,

Vous faites partie des 77 000 personnes qui ont manifesté, depuis un mois, leur volonté de participer à la démarche de rénovation de la vie politique française que nous avons engagée avec le Mouvement Démocrate.

Beaucoup d’entre vous adhèrent pour la première fois à un parti politique. Beaucoup s’engagent pour faire vraiment bouger les choses, pour participer activement à la vie publique, pour bâtir, pour convaincre. La diversité de vos motivations, de vos profils, de vos talents, constitue une richesse précieuse pour le MoDem.

Ensemble, nous allons écrire une nouvelle page de notre histoire politique. Nous allons construire un mouvement capable de prendre en compte vos avis, de vous faire travailler sur les sujets qui vous intéressent et de faire émerger une nouvelle génération d’acteurs politiques.

Dans les semaines qui viennent, après les élections législatives, notre équipe Internet prendra contact avec vous pour étudier de quelle manière vous pourrez participer à la vie de notre mouvement.

Je compte sur votre participation, et vous souhaite d’ores et déjà bienvenue au MoDem !

François Bayrou

25/05/2007

Les dix questions que soulève le second tour.

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Qui a voté pour Nicolas Sarkozy ?

Les hommes (54 %) ont un peu plus voté que les femmes (52 %) en faveur du futur président de la République (1). À noter toutefois que, comme à chaque élection présidentielle depuis 1988, les hommes comme les femmes ont placé le même candidat en tête du second tour.

L’âge, en revanche, reste globalement une variable explicative du vote : 61 % des 60-69 ans et 68 % des 70 ans et plus ont voté pour Nicolas Sarkozy. Cet ancrage à droite des personnes âgées est une constante sociologique.

À l’opposé, les 18-24 ans ont porté Ségolène Royal en tête (58 %), comme les 45-59 ans (55 %). La candidate PS retrouve donc l’électorat jeune de François Mitterrand en 1981 et 1988, que Jacques Chirac était parvenu à séduire en 1995 avec son discours sur la « fracture sociale ». En croisant ces deux variables, l’électeur type de Nicolas Sarkozy est soit un homme de moins de 35 ans, soit une personne de plus de 60 ans. Celui, ou plutôt celle, de Ségolène Royal est une femme de 35 à 59 ans.

En ce qui concerne les catégories professionnelles, ce second tour a confirmé les tendances sociologiques lourdes. Les artisans et commerçants (82 %), ainsi que les agriculteurs (67 %), ont plébiscité Nicolas Sarkozy. Tandis que les ouvriers, qui avaient placé Jean-Marie Le Pen en tête du premier tour, ont majoritairement voté pour Ségolène Royal (54 %), de même que les salariés du public (57 %) et les chômeurs (75 %).

Enfin, les deux candidats en lice au second tour font jeu égal dans les villes de plus de 100 000 habitants et dans l’agglomération parisienne, tandis que Nicolas Sarkozy obtient 57 % dans les communes rurales.

Comment le PS interprète-t-il sa défaite ?

La série est douloureuse. Pour la troisième fois consécutive, après 1995 et 2002, le PS perd l’élection présidentielle. L’échec est cette fois d’autant plus cuisant que les socialistes ont longtemps été persuadés que cette échéance serait la leur, après les victoires retentissantes aux régionales et aux européennes de 2004.

Ces certitudes n’ont pas résisté à la campagne. Vu du PS, le paysage politique semble aujourd’hui bien désolé. « Si on regarde lucidement, à 46 %, on est dans l’étiage de la gauche lorsqu’elle va mal », assure ainsi un proche de Laurent Fabius. Autrement dit, pour les fabiusiens, « la danse du ventre autour de Bayrou n’a rien changé ».

D’autres estiment que le mal vient d’ailleurs. François Hollande met en cause l’incapacité du PS à renvoyer Nicolas Sarkozy à son statut de « candidat sortant ». Pour les amis de Dominique Strauss-Kahn, c’est tout le logiciel du PS qui est périmé. Lui estime même que tout s’est joué dès le premier tour. La candidate aurait fait le plein à gauche en prenant le risque de désorienter l’électorat plus modéré. Elle aurait alors ouvert un espace au centre sur lequel François Bayrou a fait son miel.

Surtout, pour les strauss-kahniens, l’échec du dimanche 6 mai est à mettre au passif d’un PS incapable de se moderniser. Une attaque en règle contre François Hollande, premier secrétaire depuis dix ans, qui trouve des échos jusque chez les royalistes. « On n’a pas fait ce que l’UMP a fait, une vraie révolution idéologique », se désolait lundi Jean-Louis Bianco sur i-Télé.

Pour qui ont voté les électeurs de François Bayrou ?

Jeudi 3 mai, François Bayrou avait indiqué qu’il « ne voter(ait) pas Sarkozy ». Parmi ses électeurs du premier tour, 40 % ont toutefois voté Nicolas Sarkozy au second. Tandis qu’entre 38 et 40 % ont préféré Ségolène Royal et entre 20 et 22 % se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Il s’agit du plus mauvais report de voix du centre vers la droite entre les deux tours d’une élection présidentielle.

En 1965, selon un sondage préélectoral de l’Ifop, 61 % des électeurs de Jean Lecanuet au premier tour ont voté pour Charles de Gaulle au second, et 39 % pour François Mitterrand. Jean Lecanuet avait pourtant marqué sa préférence en faveur du candidat de la gauche en déclarant : « Mes suffrages ne vont à personne, mais les conceptions de M. Mitterrand sont très proches des miennes. »

En 1988, selon un sondage postélectoral de la Sofres, 81 % des électeurs de Raymond Barre au premier tour ont voté pour Jacques Chirac au second, 14 % ont voté pour François Mitterrand et 5 % se sont abstenus. L’électorat de Raymond Barre en 1988 se positionnait de façon très différente de celui de François Bayrou : seuls 5 % des barristes de 1988 se disaient de gauche, contre 33 % des bayrouistes de 2007 (sondage Sofres du jour du vote).

Avec un vote se ventilant au second tour à parts égales entre le candidat de droite et celle de gauche, François Bayrou possède un véritable électorat centriste.

Pour qui ont voté les électeurs de Jean-Marie Le Pen ?

Le 1er mai, Jean-Marie Le Pen avait appelé à « une abstention massive » pour le second tour. Seulement 19 à 25 % de ses électeurs du 22 avril ont suivi cette consigne de vote ou ont voté blanc ou nul. Au premier tour, Nicolas Sarkozy avait déjà, comme le dit Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof), « siphonné » l’électorat d’extrême droite, le vote Le Pen diminuant pour la première fois à une élection présidentielle.

Au second tour, entre 63 et 66 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen ont voté pour Nicolas Sarkozy dimanche 6 mai, contre 12 à 15 % pour Ségolène Royal. Il s’agit, depuis 1988, du plus mauvais report de voix de l’extrême droite vers la gauche entre les deux tours d’une élection présidentielle.

En 1988, selon un sondage postélectoral de la Sofres, 65 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen au premier tour ont voté pour Jacques Chirac au second et 19 % pour François Mitterrand. En 1995, toujours selon une enquête postélectorale de la Sofres, 51 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen au premier tour ont voté pour Jacques Chirac au second et 28 % pour Lionel Jospin.

Nicolas Sarkozy retrouve donc un report de voix comparable à celui de Jacques Chirac en 1988, alors qu’au premier tour la composition de l’électorat de Jean-Marie Le Pen était a priori plus que jamais défavorable à la droite, puisqu’il était composé à 49 % d’ouvriers (27 % en 1995, 16 % en 1988). C’est la seule catégorie professionnelle où, au second tour, Ségolène Royal devance nettement Nicolas Sarkozy (54 % contre 46 %).

L’UMP est-elle sûre de gagner les élections législatives ?

Elle part en tout cas en position de grande favorite. À chaque fois que des élections législatives se sont déroulées dans la foulée d’une élection présidentielle, elles ont donné une majorité au président nouvellement élu, même s’il ne s’agissait que d’une majorité relative en 1988.

Un sondage de l’institut CSA dimanche, après l’annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy, donne l’UMP en tête des partis avec 35 % d’intentions de vote contre 30 % au PS, 15 % au futur Mouvement démocrate de François Bayrou et 8 % au FN. En 2002 l’UMP avait obtenu au premier tour 34,40 % des voix.

Nicolas Sarkozy ne laissera à personne d’autre le soin de mener cette bataille. Il a prévenu avant son élection qu’il allait « s’engager fortement » dans la campagne afin de se doter d’une majorité suffisamment large pour mettre en œuvre son programme. Avec 365 députés, l’UMP dispose déjà d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. L

L’objectif est de la conforter voire de l’amplifier. Pour y parvenir, le nouveau président élu travaille à un « pacte présidentiel » pour les législatives sur lequel se retrouveraient ceux qui l’ont soutenu « à l’UMP et parmi d’autres sensibilités », a précisé lundi Luc Chatel, l’un des porte-parole de l’UMP. Il s’adressera en priorité aux 22 députés UDF sur 29 qui ont appelé à voter pour Nicolas Sarkozy entre les deux tours.

Car le score de l’UMP pourrait dépendre de la stratégie électorale de François Bayrou et du nombre de triangulaires que ses candidats pourraient avoir à affronter si l’UDF, futur Mouvement démocrate, et le FN parviennent à se maintenir dans de nombreuses circonscriptions.

Quel avenir pour Ségolène Royal ?

«Le drapeau de la gauche est à terre », a lancé dès dimanche soir Laurent Fabius, sans préciser qui pourrait le ramasser. Ségolène Royal ? Voilà bien la question qui agite le PS et tend les rapports entre les « éléphants ».

Ségolène Royal n’avait pas encore, lundi en milieu de journée, précisé ses intentions. Mais elle a fortement suggéré qu’elle entendait bien poursuivre sur sa lancée : « D’autres rendez-vous démocratiques nous attendent et je continue le combat commencé avec vous. » Pour prétendre mener la bataille, la candidate dispose d’un argument choc : les 16,8 millions de voix rassemblées sur son nom. Plus qu’aucun autre candidat de gauche n’en a jamais réuni, victoires mitterrandiennes comprises.

« Ségolène a déclenché un mouvement. Elle demeure notre meilleur atout pour poursuivre la rénovation engagée au PS », assure ainsi le sénateur David Assouline. Au PS, tous ne sont évidemment pas de cet avis. « Elle a une place à part, concède un proche de Martine Aubry. Mais si elle veut nous faire croire qu’on a gagné et qu’on doit continuer sans rien changer, il va falloir la ramener sur terre. »

Déjà, chacun pousse ses pions. François Hollande assure qu’il revient « au premier secrétaire, avec tous les talents » de relever le défi des législatives. Laurent Fabius plaide pour une direction de campagne collective. Une façon de rappeler qu’il entend y prendre toute sa part. Dominique Strauss-Kahn affiche son ambition de continuer à son compte l’ouverture au centre. « Un ton de règlement de comptes », s’insurge déjà le royaliste Jean-Marc Ayrault.

Quelle stratégie pour Bayrou ?

François Bayrou lancera jeudi 10 mai le Mouvement démocrate, auquel il est d’ores et déjà possible de « pré-adhérer ». Selon les premiers sondages consacrés aux élections législatives, le parti obtiendrait entre 12 % (Ifop) et 15 % (CSA) des voix les 10 et 17 juin prochains.

L’UDF est actuellement coupée en deux. D’une part, la majorité des militants et le noyau dur des bayrouistes, favorables à la poursuite d’une ligne centriste à équidistance de la droite et de la gauche.

D’autre part, la majorité des élus qui ne veulent pas se couper de l’UMP et de leur électorat de centre droit. L’heure du choix semble avoir sonné. Dès lundi 7 mai, les partisans de Nicolas Sark