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01/12/2012

Le Messie naquit dans le ciel étoilé de Handel.

 
Handel: Messiah
 
Handel: Messiah
Prix : EUR 7,99
   

 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Handel: Messiah (Téléchargement MP3)
Selon une légende chrétienne voici comment naquit le Messie dans l'esprit de Handel. Le musicien Haendel vivait à Londres lorsqu''il traversa une période de sécheresse terrible, au cours de laquelle il se trouva incapable de composer. Pour un musicien, comme pour un poète ou un peintre, la sécheresse, le manque d'inspiration est une tragédie : plus rien ne vous réussit.

Haendel se trouvait donc bloqué dans une sécheresse immense, plongé dans une profonde dépression ' pour le moins spirituelle ' c''est ce qu'il raconte lui-même. Il ne savait que faire, le monde entier s''écroulait sur lui. Un jour, il sortit se promener dans les rues de Londres et alors qu''il faisait déjà nuit, au moment de tourner au coin de la rue, il s'arrêta net. En effet, il lui semblait entendre la voix d''une soprano qui chantait dans une maison voisine. Il fit silence et écouta. Le texte parlait de l''histoire du peuple d'Israël, de sa traversée du désert, de l''attente du Messie. Quelqu''un était en train de chanter les textes de l''Écriture, quelqu''un qui priait en chantant.

Haendel raconte qu'à ce moment-là, ce n''est pas de la musique qu''il entendit, mais la voix de Dieu à travers la musique. Et quand on écoute Dieu, la vie est transformée. Ça n''arrive pas lorsque l''on écoute la parole que l''on dit être de Dieu. Ça n''arrive que quand on écoute Dieu lui-même. Quand quelqu''un qui lit les Écritures écoute Dieu, il sent alors comme si, à ce moment précis, un feu ardent entrait en lui.

C''est ce qui est arrivé à Haendel. Il est revenu chez lui en courant et en vingt-deux jours, il a composé Le Messie. C''est de cette manière que Le Messie a été créé, cela s''est fait au cours des vingt-deux jours qui ont suivi cette expérience. ( Feu et Lumière )

Ce disque relate à merveille cette expérience spirituelle et artistique. Je le recommande à tous ceux et celles qui désirent à la fois écouter dans le silence du soir, cette oeuvre sacrée et s'ouvrir aussi à la légèreté raffinée de Handel. Lui seul sait faire danser les battements de notre coeur aux douceurs des violons.

Puis les Choeurs de cet enregistrement de qualité, dont la volupté mystique, honorent ce chef d'oeuvre religieux.
Un oratorio qui se savoure durant deux heures dont l'interprétation exceptionnelle fige le temps comme une attente eschatologique espérée.




Bruno LEROY.
Éducateur Social.

19:41 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., Livres et saveurs musicales de Bruno LEROY. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

27/11/2012

Quelle est la lumière qui nous guide dans notre vie quotidienne ?

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L’automne, et bientôt l’hiver, étendent leur manteau de brouillard et de bruines sur la terre. Les arbres se sont dépouillés de leurs feuilles ; la sève se retire des branches : la nature s’intériorise, se recueille. Le chant des oiseaux se fait plus discret comme pour ne pas interrompre le silence de la nuit qui se prolonge. Tout nous porte à entrer nous aussi en « retraite », comme nous y invite le temps liturgique de l’Avent. Le mot « retraite » est à prendre au sens étymologique : il s’agit de nous retirer autant que faire se peut de l’éparpillement dans nos activités débordantes, pour nous tourner vers l’intérieur, et nous mettre à l’écoute du silence.

 

Quelle est la lumière qui nous guide dans notre vie quotidienne ? Celle des spots publicitaires ? des flash-infos ? des bandes annonces du dernier film ? des devantures ruisselantes des magasins ? Réussissons-nous à prendre de la distance par rapport à ces multiples sollicitations extérieures ? Gardons-nous notre liberté intérieure ou sommes-nous prisonniers de notre société de consommation qui érige le bien-être et la jouissance en valeurs suprêmes ?

 

Nous ne sommes pas invités à nous soustraire au monde, mais à redécouvrir notre intériorité spirituelle, afin de nous conduire comme « des fils de la lumière, des fils du jour » ; car « nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Dès lors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres » (1 Th 5, 5-6). Le message est clair : la sobriété a pour but de nous soustraire à la fascination des sollicitations extérieures ; la vigilance doit nous garder attentifs aux motions intérieures de l’Esprit. Pour qu’une telle attitude devienne habituelle, il faut bien sûr s’y exercer en des temps privilégiés durant lesquels nous nous efforçons de nous recueillir, de nous intérioriser, de revenir à nous-mêmes. La difficulté est que nous avons perdu la clé de notre chambre intérieure ; lorsque nous essayons de faire silence, nous sommes bientôt submergés par le bruit de nos pensées en cavale et par le tintamarre de nos émotions débridées. Aussi risquons-nous de nous décourager : comment pourrions-nous revenir à nous-mêmes alors que nous ne savons plus qui nous sommes ?

 

C’est bien pourquoi Paul nous invite à « revêtir le Seigneur Jésus Christ pour le combat de la lumière ». N’est-il pas le vrai visage de l’homme réconcilié avec Dieu et rétabli dans la lumière de la grâce ? N’est-il pas le chemin qui nous conduit à notre vérité profonde et à la source de la vie ? Revêtir le Seigneur Jésus Christ signifie épouser sa manière de voir les personnes, les événements ; évaluer les situations à la lumière de ses critères ; pour agir conformément à ce qu’il attend de nous. Autrement dit : pas d’oraison chrétienne qui ne soit enracinée dans la lectio divina, c’est-à-dire dans une « lecture savoureuse de la Parole », qui nous fasse entrer dans l’intimité du Seigneur Jésus, et nous donne de le connaître « en Esprit et vérité » (Jn 4, 23).

 

Tel est bien le cœur de la conversion à laquelle nous sommes invités en ce temps béni de l’Avent : nous laisser conduire jour après jour par les textes de la liturgie, afin de retrouver l’attitude de vigilance intérieure qui convient à un disciple en attente du retour de son Maître. Comme Noé, il nous faut « entrer dans l’arche » de l’Église - de notre « église intérieure », c’est-à-dire de notre cœur - pour nous y tenir prêts à « l’avènement du Fils de l’Homme ».

 

Mieux vaut ne pas faire étalage de notre démarche : ce serait contradictoire avec sa finalité. Saint Jean de la Croix conseillait d’éviter d’exposer trop tôt au vent du monde, la flamme encore vacillante de notre vie intérieure commençante, afin d’éviter qu’elle ne s’éteigne. L’important est de nous « tenir prêts » dans la discrétion d’un cœur vigilant et dans l’ardente espérance de la venue du « Maître de maison ».

 

« Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée ». Nous suggérons que les hommes représentent la dimension extérieure de notre humanité - l’être « charnel » dont parle Paul ; et que les femmes symbolisent notre intériorité psychique, c’est-à-dire notre dimension affective et nos facultés.

 

Chacune de ces polarités - masculine et féminine - est présentée en binôme, pour signifier que nous sommes « doubles » : notre être psychique et notre être charnel sont en partie autonomes, et en partie soumis à l’être spirituel, c’est-à-dire à l’homme nouveau, au Christ intérieur. « L’un(e) est pris(e), l’autre laissé(e) » : l’être naturel en nous ne subsistera que dans la mesure où il se sera soumis à l’Esprit, c’est-à-dire dans la mesure où il aura accueilli la grâce du salut. Peut-être pouvons-nous deviner, en filigrane des personnages masculins et féminins qui « sont pris », Joseph et Marie chez qui l’être charnel et psychique sont pleinement intégrés dans l’être spirituel, et mis au service du dessein de Dieu.

 

Tous deux vivent dans le monde, mais ne sont pas du monde : leurs pensées, leurs paroles, leurs actions sont entièrement finalisées sur l’accueil du Sauveur. Qui mieux que Christ pourrait nous introduire dans ce temps de conversion à l’unique nécessaire ?

 

 

Bruno LEROY.

 

20:03 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |