31/01/2011
Di-Antalvic et Propofan ne seront bientôt plus autorisés.

L'Afssaps rappelle que «tous les médicaments» disponibles sur le marché en France font l'objet d'une surveillance. Ceux figurant sur la liste publiée lundi feront l'objet d'un «suivi renforcé» ou d'une enquête de pharmacovigilance, qui permettra de prendre les mesures adaptées «si nécessaire».
«Cela ne doit en aucun cas conduire les patients à qui il a été prescrit un de ces médicaments à l'interrompre sans avoir préalablement pris conseil auprès de leur pharmacien et/ou consulté leur médecin», souligne-t-elle.
Parmi ses premières recommandations, l'Afssaps prévoit notamment le retrait d'autorisation des médicaments anti-douleur contenant du DXP (dextropropoxyphène) comme le Di-Antalvic, Propofan et génériques «le 1er mars».
L'Afssaps avait déjà annoncé en juin 2009 le retrait progressif de ces médicaments opiacés, avant le retrait définitif préconisé par l'agence européenne du médicament (EMEA), basée à Londres.
Les Français, qui représentent «95% de la consommation européenne», sont de très loin les plus gros consommateurs européens de l'association DXP-paracétamol (type Di-Antalvic), indiquait alors l'Afssaps qui recommandait aux médecins ne plus prescrire ces produits.
Le Noctran utilisé pour les troubles du sommeil et qui recouvre l'association de trois principes actifs «sans intérêt», fait également l'objet d'une proposition de retrait.
«Ce n'est pas une liste noire»
La liste de 77 médicaments n'est pas une liste noire de médicaments dangereux mais bien sous surveillance, c'est-à-dire qui font l'objet d'un suivi, dans le cadre d'une procédure spéciale, d'éventuels effets indésirables appelée «plan de gestion des risques». Le ministre de la Santé a précisé que la publication de cette liste sera l'occasion d'expliquer où en sont pour ces médicaments les procédures de surveillance et de réévaluation.
Un certain nombre de ces 77 médicaments font partie de la liste déjà connue de 59 médicaments, publiée par notre journal, et suivis dans le cadre du «plan de gestion des risques».
Cette liste, établie depuis plusieurs années et dont l'Afssaps fait régulièrement état, couvre un spectre très vaste, avec par exemple une pilule du lendemain et des vaccins contre la méningite ou pour prévenir le cancer du col de l'utérus. Parmi ces 59 produits, certains sont utiles et d'autres contestables.
Devant le scandale suscité par le Mediator des laboratoires Servier, qui serait responsable de 500 à 2000 morts, deux autres médicaments devraient notamment être sous peu interdits. Il s'agit du Fonzylane ou «Buflomédil», un vasodilatateur déjà sur la sellette, et du Nizoral, un anti-mycosique en comprimés pris par voie orale.
LeParisien.fr
17:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Catholiques : de la paranoïa à la modestie.
Par Philippe Clanché
Les catholiques, quelle que soit leur tendance, sont plutôt mal perçus en France. Petite réflexion sur les causes de ce désamour et la manière d'y survivre.
Il est de bon ton de geindre, dans certains milieux, face à un anti-christianisme grandissant. Nous n'évoquerons pas ici le sort, terrible, des chrétiens d'Orient, placés face au dilemme de la terreur ou de l'exil.
Non, nous parlerons de ces faits divers français qui font dire à certains que le christianisme et ses valeurs, constitutifs de notre société, sont bafoués de plus en plus fréquemment. Et ce discours dépasse largement la sphère traditionaliste.
Alors, oui, il faut le déplorer, quelques laïcards obtus et certains responsables politiques frileux et incultes en matière de laïcité remportent ça et là quelques succès. Oui, il faut déplorer les décisions comme celle de l'édition lyonnaise du quotidien gratuit "20 minutes" qui supprime un supplément publicitaire acheté par le diocèse, cédant à des journalistes effrayés par un "Je vous salue Marie" ou ces maires qui interdisent des crèches traditionnelles sur les places de villages. Nous l'avons fait sur ce site (Lire ici) et nous recommencerons.
Mais il faut savoir dépasser le stade de la seule dénonciation. D'abord parce qu'en matière de gestes anti-religieux, ce que peut subir - parfois - le catholique français n'a rien à voir avec le quotidien de ses frères juifs ou musulmans. Entendre crier à la discrimination dans ce cadre nous apparaît aussi désarmant que d'entendre les passagers des transports s'estimant « pris en otage » à chaque mouvement social.
Sachons raison garder : le chrétien en général, et le catholique en particulier, est, dans notre pays, libre de pratiquer sa foi, de débattre, de disposer d'un journal quotidien parmi les plus respectés et d'exprimer ses opinions dans l'espace public. Il fait partie, de plein droit, de la société. Sinon, aucun évêque n'aurait osé ouvrir la bouche face au sort fait aux étrangers ces derniers mois.
Étudions les sources de ce mouvement d'opposition si douloureusement ressenti par certains croyants. Il est l'œuvre d'une génération - les quadras-quinquas (1) - née et élevée dans l'indifférence, au mieux, ou, au pire, dans l'opposition absolue à l'Église romaine.
Cette opposition, mêlée de méconnaissance, n'est pas uniquement le fruit de l'air du temps de l'après 68. Car il s'agissait alors de s'en prendre non à n'importe quelle tradition mais à celle qui, des siècles durant, a régenté la vie publique et la vie privée, dirigé les consciences et dicté les comportements jusque dans les chambres à coucher...
Beaucoup de catholiques des années 2000 subissent le ressentiment de l'impérialisme intellectuel de leurs aînés. Les balanciers vont parfois plus haut qu'il ne faudrait et les excès laïcistes n'ont pas plus de sens que n'en avait la mainmise ecclésiale d'hier sur la société.
MODESTIE
Face à ce constat, comment se comporter ? On peut déplorer le passé et entretenir la nostalgie du temps où le message catholique était incontestable et devait s'imposer à tous. Cette attitude de repli n'est pas, heureusement, la voie majoritaire. La tendance est alors de se plaindre, de crier à l'injustice devant ce désamour.
Et si une autre posture était envisageable ? Celle de la modestie, du profil bas. Difficilement audible aujourd'hui, l'institution catholique peut-elle attendre des jours plus sereins pour retrouver une place à laquelle la sociologie et l' Histoire lui donnent le plein droit ? Après-demain, les persiffleurs n'auront plus aucune raison d'en vouloir à une famille philosophique avec laquelle ils n'auront aucun compte à régler, ni les leurs, ni ceux de leurs parents. A condition de ne ne pas reproduire les erreurs du passé et d'abandonner définitivement le rôle de donneur de leçon.
Des signes positifs existent en ce sens. Quand les rectorats et les centres de formation pédagogique de l'Enseignement catholique proposent une formation sur la culture chrétienne, ils sont assaillis de candidats. Toutes ces générations religieusement incultes - et qui savent qu'on ne peut comprendre Molière ou Hugo ni admirer Rembrandt sans ces bases - tentent de rattraper le temps perdu.
Ces enseignants et leurs élèves auront demain une vision apaisée de ce qu'est le catholicisme. D'ici là, les catholiques doivent-ils retourner dans les catacombes ? Non bien sûr. Mais simplement accepter les piques de l'époque en se disant qu'il fut des temps plus rudes.
Et pourquoi ne pas vivre cela avec le sourire, comme ces croyants qui persistent à lire Charlie Hebdo et le Canard enchaîné, pourtant experts en mauvaise foi. Après tout, la bêtise et l'inculture de certains de leurs concitoyens n'empêchent en rien les chrétiens de vivre, prier, célébrer, se former...
Laissons le dernier mot à un grand prélat visionnaire qui va quitter sa charge à la fin du mois, Albert Rouet, évêque de Poitiers (2) :
« Aujourd’hui, le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, tout simplement parce qu’ils ont l’impression d’être face à un monde d’incompréhension. Mais ce n’est pas en accusant la société de tous les maux qu’on éclaire les gens. Au contraire, il faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions de gens meurent de faim. C’est à nous d’apprivoiser le monde et c’est à nous de nous rendre aimables. »
(1) La mienne, je suis né en 1968.
(2) Interview de Stéphanie Le Bars dans Le Monde, 4 avril 2010 (Lire ici). D'Albert Rouet, on peut lire le remarquable « J'aimerais vous dire... », Bayard éd., 2009 (Lire ici la critique de Témoignage chrétien). A paraître en février 2011 : « Vous avez fait de moi un évêque heureux », éd. de l'Atelier.
13:44 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |
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