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29/06/2005

CONSTATS ET ENGAGEMENTS DU SERVICE ÉDUCATIF ET ACTION SOCIALE.

CONSTAT :
Nous vivons une mutation profonde, d'ampleur et de rapidité sans précédent. De dimension planétaire, elle est principalement induite par l'accélération de la mondialisation des échanges et de la production, du fait des nouvelles technologies de communication, et par la mécanisation et la robotisation de l'appareil de production. Ce phénomène est exacerbé par la compétitivité sauvage et la course au profit.

Notre perception du monde et nos relations aux autres en sont modifiées. Les transformations sont d'ordre structurel. Nos organisations politiques, économiques, socio-économiques, sociales sont remises en cause. Le développement du chômage soulève un débat sur l'avenir de l'emploi et sur les modalités adaptées de redistribution équitable des richesses.

Une telle mutation doit être une œuvre collective, elle nécessite la participation de tous pour qu'elle profite à tous. Il est inacceptable qu'elle se réalise au détriment d'une partie de la population mondiale, européenne, nationale.

Les politiques de lutte contre l'exclusion soulèvent des questions éthiques dans leur conception et leur mise en œuvre. Les mesures conjoncturelles d'aide à la personne mises en œuvre jusqu'à présent ne suffisent pas.

PROPOSITIONS :
La violence de la précarité, du chômage, de la pauvreté, de l'exclusion outre l'atteinte à la dignité, à l'intégrité psychique et / ou physique des citoyens, limite l'exercice de leurs droits et devoirs.

Les valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité et de solidarité sont aujourd'hui menacées. Le risque est grand de rejeter une partie de la population dans la misère et le non droit.

Il est impératif et urgent d'élaborer des principes d'actions adaptés au respect des droits fondamentaux de l'homme et des citoyens.

Des populations paupérisées sont contraintes à développer des stratégies économiques d'auto subsistance voire de survie. Des solidarités nouvelles s'organisent dans ce but. De nombreuses associations sont à l'origine de réseaux d'entraide, de troc, d'échange de services, qui couvrent l'ensemble des activités de la vie quotidienne (nourriture, habillement, look, déplacements, informations, recherche d'emploi ... ).

Il faut renforcer et soutenir certaines de ces pratiques comme des manières de vivre la crise et leur donner un statut, particulièrement celles qui inventent de nouveaux rapports humains et / ou économiques, porteurs d'une réelle avancée sociale.

Des adaptations réglementaires sont nécessaires tout en refusant

· De marginaliser définitivement ces populations, de les cantonner dans une seconde économie.

· De généraliser la déréglementation.

· D'enfermer les solidarités dans un carcan administratif.

La loi doit être la même pour tous
Nous demandons aux Pouvoirs Publics (État, Collectivités Territoriales et Locales) d'étudier ces adaptations au sein de véritables partenariats où les propositions des acteurs locaux puissent s'exprimer et peser sur les décisions.

ENGAGEMENTS :
Contre toutes régressions sectaires et intégristes de toute origine, et / ou le retour à la barbarie, de diverses appartenances culturelles, philosophiques, politiques, professionnelles, religieuses, sociales, acteurs de solidarités locales.

Nous nous engageons à rechercher et appliquer de tels principes, à diffuser largement et régulièrement nos travaux pour enrichir le débat public et nourrir la réflexion des décideurs et des acteurs.

Le nombre de réseaux d’entraide, de troc, d’échange de services, a significativement augmenté. L'objectif premier de ces « entreprises » est l'amélioration des conditions de vie des adhérents (producteurs - usagers), par l’accès aux biens et aux services indispensables à la vie quotidienne pour : se nourrir, se loger, se déplacer, échanger, s’habiller, prendre soin de soi… Elles révèlent la capacité des citoyens à s'organiser pour résoudre leurs difficultés et accéder à une vie normale. Celles qui visent la promotion culturelle, économique, politique, sociale de leurs adhérents, sont légitimes au regard des droits de l'homme et du citoyen et des valeurs républicaines.

NOUVEAUX CONSTATS :
La croissance n’a pas eu d’effets significatifs sur la pauvreté mais a fait évoluer les mentalités sur la responsabilité des individus quant à leur situation.

En France, 4 200 000 personnes ont des revenus en dessous du seuil de pauvreté (soit 559,6 euros) d’après le rapport 2001 de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale. Il faut souligner que 15% de l’ensemble des personnes qui travaillent sont dans cette situation. L’emploi précaire (CDD, intérim, emplois aidés, stages) a connu une augmentation significative. Il n’est plus une forme déviante, temporaire, atypique de travail mais une forme majeure d’accès à l’emploi.

Le nombre et la durée des situations de pauvreté transforment la nature du problème : la pauvreté redevient un état durable. 40% des personnes «bénéficiaires » du RMI le sont depuis plus de cinq ans.

Beaucoup de ceux qui se trouvent dans une réelle misère, font le deuil de trouver leur place dans une société qu’ils ressentent comme n’ayant pas besoin d’eux. Ils développent des comportements d'adaptation à leur situation parce que :

Leurs revenus ne leurs permettent pas de vivre décemment.

Ils sont dans la vulnérabilité la plus totale puisque la protection des personnes, des biens et des activités est principalement liée au statut de salarié et de l’entreprise et/ou à des assurances volontaires donc inaccessibles.

Les tentatives d’insertion ou de retour dans l'emploi à travers des contrats précaires, sont perçues comme mettant en péril les équilibres sociaux et économiques fragiles construits et atteints avec beaucoup de difficultés.

Dès lors, l'écart entre les droits formels et les droits vécus ne cessent de s'accroître. Les observateurs et les acteurs de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté s’accordent sur le constat, de l’aggravation de la situation.

Nos craintes sont devenues réalité, la fragmentation
économique, politique, sociale est réelle.

Dans ce contexte apparaît de plus en plus clairement un double risque :

·Pour les personnes les plus en difficulté de ne plus percevoir l’intérêt de faire " société ensemble " et de se retirer du "jeu" social, comme on le constate notamment chez certains jeunes.

· De renforcer, l’institutionnalisation rampante de la fragmentation sociale par un glissement du traitement social de la pauvreté, vers un traitement médical et/ou pénal des pauvres en les stigmatisant comme malades ou délinquants.

Dans le respect de notre tradition, et dans le refus de toutes dérives communautaristes et ultra libérales, de nouvelles relations sont à définir entre les pouvoirs publics et les initiatives de " fraternité ", au sens républicain du terme, telles qu’elles apparaissent aujourd’hui.

Enfin, il est urgent de rechercher comment assurer une protection minimale pour tous, sans développer un état providence qui ne permettrait pas la participation de chacun à la vie collective et sans créer une assurance à double vitesse.

NOS ENGAGEMENTS :
« Contre toutes régressions sectaires et intégristes de toute origine et/ou le retour à la barbarie » de la loi du plus fort, du primat du profit et de la marchandisation de l’homme, les membres du Service Éducatif et Action Sociale réaffirment :

La construction de notre société est une œuvre collective, qui nécessite la participation de tous pour le bien être de tous.

De diverses appartenances culturelles, philosophiques, politiques, professionnelles, religieuses, sociales, acteurs de solidarités locales fidèles à nos principes, nous, membres du Service Éducatif et Action Sociale, nous nous engageons dans cette œuvre collective. Nous voulons :

· Accompagner la construction de réseaux d’initiatives de « fraternité » comme lieux collectifs d’amélioration de la vie quotidienne.

· Nous mobiliser, pour que les personnes paupérisées soient réellement acteurs et responsables des initiatives de « fraternité » locales et citoyens à part entière.

· Poursuivre et approfondir avec les responsables locaux, la recherche engagée en partenariat avec les pouvoirs publics sur les modes de reconnaissance et d’accompagnement des initiatives de solidarités locales pour que les acteurs locaux :

- Développent leur projet dans un horizon qui permette de faire société ensemble
- Échappent aux déterminismes des logiques de misère et/ou de ghettos,

-Valorisent les potentialités de véritable insertion culturelle, économique, politique et sociale des actions locales et de leurs acteurs.

· Créer les conditions de rencontre et de travail en commun entre les responsables politiques, administratifs et les acteurs de solidarités locales. A nous mobiliser immédiatement auprès de ces décideurs, pour étudier le cadre réglementaire et législatif afin que soit assurée la protection des personnes, des activités et des biens des initiatives de « fraternité » dans leur évolution vers un statut de droit commun.

· Poursuivre et amplifier la réflexion de l’ensemble des membres de notre Association sur les questions que soulèvent leurs pratiques sociales et citoyennes.


Parce que la pauvreté est un problème de société, nous voulons témoigner des situations vécues et diffuser largement et régulièrement nos travaux pour enrichir et animer avec d’autres mouvements le débat public, pour nourrir la réflexion des décideurs et des acteurs, tant au plan local, national et transnational.

Bruno LEROY.

DIRECTEUR DU SERVICE ÉDUCATIF et ACTION SOCIALE.



10:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Projets éducatifs et sociaux. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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