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31/03/2006

Déprime ou dépression : reconnaître les symptômes.

« La dépression est une maladie de l'humeur qui se manifeste par un manque de désir, un ralentissement et une tristesse pathologique ». résume le Dr Frédéric Raffaitin. Pour la diagnostiquer, il existe une classification. C'est le DSM IV (Diagnostical and Statistical Manual of Mental Disorder) reposant sur 9 critères précis. Quand 5 symptômes perdurent pendant quinze jours, cela signe la dépression (voir ci-dessous). Le dépressif est submergé par la tristesse. Il marche au ralenti, connaît des problèmes de concentration et de mémoire et surtout, il culpabilise. Il perd toute estime de lui. Sur le plan physique, il est épuisé, il est réveillé à 4 ou 5 heures du matin et est incapable de se rendormir. Très souvent, il perd l'appétit, sa libido est en berne et il se détourne de ses activités favorites. 11 n'a plus goût à rien. Dans certains cas. le patient alterne des phases d'excitation excessive et d'abattement intense (on parle alors de « maladie maniaco-dépressive »).

Critères d'un épisode dépressif (DSM IV)

1. Humeur dépressive présente toute la journée, tous les jours.
2. Diminution de l'intérêt ou du plaisir pour diverses activités.
3. Augmentation ou diminution de l'appétit, tous les jours.
4. Insomnie ou hypersomnie presque tous tes jours.
5 . Agitation ou ralentissement psychomoteur.
6. Fatigue ou perte d'énergie tous les jours.
7. Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive.
8. Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision.
9 . Pensées de mort, idées suicidaires récurrentes, tentatives de suicides
.

Quand la maladie avance masquée

Malgré cet inventaire des différents symptômes, 50 % des dépressions ne sont pas soignées. Soit parce que le diagnostic n'a pas été établi, soit parce que la personne n'est pas venue consulter. La dépression est en effet du genre sournois. Elle peut se dissimuler derrière un trouble bénin. C'est la dépression masquée, une affection qui échappe à toute classification. Cibles privilégiées ? Les personnes âgées, mais aussi les hyperactifs, ces cadres dynamiques qui se dopent volontiers pour tenir la cadence. « Trois symptômes permettent de la débusquer répond le Dr Henri Rubinstein, neurologue : la fatigue chronique, les douleurs (articulaires. dorsales), les troubles digestifs persistants. Généralement. la personne consulte un généraliste. En l'absence de tristesse ou de perte de motivation, ce dernier lui prescrit des antalgiques ou des anti-inflammatoires. Ce qui est spécifique de cette dépression, c'est que ces traitements symptomatiques s'avèrent totalement inefficaces. » Le malade est alors soumis à une batterie d'examens radiologiques : un scanner pour une migraine, une fibroscopie pour ses maux d'estomac... En vain ! Aucune anomalie n'est détectée. C'est à ce moment-là qu'il faut penser à la dépression masquée. Le diagnostic établi, le malade doit prendre conscience que « son corps parle », parce qu'il est mal dans sa tête. S'il l'accepte, il a franchi un grand pas. Déceler une dépression masquée, c'est éviter de sombrer dans la véritable maladie. A un stade avancé, elle peut donner naissance à des idées suicidaires, danger n° 1 de la dépression. Sur les 22 000 suicides enregistrés chaque année, de 50 à 70 % sont imputables à cette maladie.

Des déprimes très féminines

La déprime n'est pas toujours d'ordre psychologique. L'équilibre hormonal est parfois en cause :

- Le syndrome prémenstruel : qui se manifeste par des mini-épisodes dépressifs au 15ème jour du cycle en fait partie. La raison ? La modification du taux d'hormones qui joue le rôle de détonateur chez les femmes sensibles aux troubles de l'humeur.

- Le baby-blues : signe aussi la survenue d'une mini-dépression, sans gravité. Trois jours après l'accouchement, le moral est au plus bas, les pleurs se succèdent et la fatigue est à son apogée. Le traitement : la maman doit être dorlotée et rassurée sur ses capacités à être mère.

- La ménopause : détraque l'humeur, rend irritable et insomniaque en raison du bouleversement hormonal et de la baisse des oestrogènes. Le traitement substitutif est un bon rempart à la dépression, les oestrogènes ayant un effet bénéfique sur l'humeur", précise le Dr Lemoine.

La dépression saisonnière

Débutant fin septembre, elle touche 18% de la population dont 80 % de femmes. Responsable ? Le manque de lumière. Les symptômes : envie de dormir, besoin de manger du sucré et prise de poids. Le traitement : des séances de photothérapie (expositions à la lumière à l'hôpital ou chez soi).

Les avancées scientifiques

Pourquoi un événement dramatique ne déclenche-t-il pas toujours une dépression et qu'à l'inverse, des situations d'apparence banale entraînent-elles des dépressions graves ? On l'ignore, mais plusieurs pistes sont avancées.

- La piste neuronate : la dépression serait due à une mauvaise communication entre les neurones. C'est la découverte des antidépresseurs qui l'a mise en évidence, puisqu'ils agissent sur deux neurotransmetteurs : la noradrénaline et la sérotonine.

- La piste génétique : la dépression" maniaco- dépressive » est héréditaire. Les enfants d'un maniaco-dépressif ont dix fois plus de risques d'être malade que la population générale. Mais environnement, mode de vie et événements jouent un rôle important dans le déclenchement de la maladie.

- Dernière découverte, la piste chronobiologique : il y aurait une relation entre la dépression et notre température. « La température corporelle diminue la nuit de 1 ou 2°C et augmente le jour. Seuls les déprimés perdent ces rythmes, note le Dr Lemoine. Résultat, les rythmes du sommeil ne sont plus respectés et le dépressif est à moitié éveillé la nuit et à moitié endormi le jour. » En plus d'un traitement antidépresseur, on conseille une douche chaude ou un exercice physique au réveil pour faire remonter la température.

La transmission nerveuse

Les neurones reçoivent des informations et les transmettent à d'autres neurones par l'intermédiaire des synapses, point de jonction entre deux neurones. La synapse a trois parties : l'une émet les neuromédiateurs, l'autre les libère et la troisième les reçoit. Au moment de la libération des neuromédiateurs, certains sont recapturés.

L'action des médicaments

Les antidépresseurs facilitent la transmission des neuromédiateurs.
1) En empêchant la dégradation des vésicules contenant les neuromédiateurs.
2) En stimulant la libération des neuromédiateurs.

3) En empêchant leur recapture, permettant ainsi un influx nerveux normal.

Top Santé.

11:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

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