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14/02/2009

Toute une vie ensemble.

Albert Donval
Institut des sciences de la famille de Lyon.

Réflexion : pour résister au temps, l’amour doit se construire chaque jour

Qu’est-ce qui fait qu’un couple dure toute une vie ? Qu’est-ce qui fait qu’un homme et une femme vieilliront ensemble, alors que d’autres se seront séparés, certains très tôt, quelques-un sur le tard, beaucoup en plein chemin ? Hasard de loterie, alchimie amoureuse, harmonie sexuelle, foi dans le couple, tempérament fidèle, croyance religieuse… chacun de ces facteurs joue son rôle, sans qu’il ne soit possible de dresser le portrait-robot du couple durable. Les raisons de rester ensemble sont une chose, le mystère d’un lien intime une autre, incomparable.

On sait seulement que, pour personne, n’existe aujourd’hui de garantie absolue que ça dure toute une vie. Ni le mariage – pourtant précieux comme soutien – ni le serment d’amour – pourtant de bon augure – ne sont pas une assurance tous risques. La preuve ? On se marie et on se démarie, on s’aime et on ne s’aime plus. Le divorce et le désamour sont les signes majeurs du mal-être conjugal. Ils ne sont pas les seuls. Il y a aussi les ménages dans l’ennui, les amours en monotonie, les maisons en tristesse ou en violence sourde. Au pays des amants, se côtoient le meilleur et le pire, la merveille et l’horreur, la grâce et la pesanteur.

Les jeunes continuent pourtant de croire en l’amour et de se marier. Leur engagement est seulement plus tardif et assorti d’un discours généralisé d’incertitude concernant l’avenir. Plus que les anciens, pétris du sentiment et de l’obligation d’un amour éternel, ils voient la vie de couple comme une aventure à l’issue incertaine. « On ne peut pas savoir », disent-ils, honnêtes et lucides. De l’histoire de leurs parents et grands parents ils ont appris que le lien conjugal est fragile. Est-ce à dire que durer ensemble n’est que loterie ou arrangement incertain ? Que, selon les circonstances, ça passe ou ça casse ? Une autre option est heureusement possible. Dans l’absence de garantie absolue que ça dure, il est possible d’utiliser le temps comme un allié pour construire le lien et pour le reconstruire quand il s’effiloche. L’absence de garantie est le plus vif stimulant pour s’impliquer et s’engager dans la durée. Il n’y a pas d’autre façon de durer ensemble que de tirer profit du temps pour faire travailler l’amour, pour vivre une histoire, pour oser le bonheur d’un vivre ensemble.

Un couple qui n’est pas chahuté par le travail amoureux est un couple qui se meurt. Au commencement, le chahut est immense : ivresse, passion, agrippement, comblement. Ces le temps des minuscules attentions, des pensées devinées, des désirs accordés. Encore faut-il ne pas craindre cet embrasement des corps et des cœurs. Il en est déjà là qui fuient et d’autres qui se brûlent. Pour beaucoup, le plus délicat sera d’entretenir le feu sacré, alors que les passions se seront apaisées et que de minuscules déceptions se seront infiltrées dans les corps et dans les cœurs.

Ce sera le moment de faire travailler l’amour. Il y a le travaille de la pensée amoureuse qui met l’être aimé en soi, aussi intime à soi-même que soi-même, si différent et si étrange pourtant. Il y a le travail du désir si changeant dans ses formes et ses méformes, mais toujours actif, à un moment, dans le manque éprouvé de celui ou celle que l’on aime. Il y a le travail amoureux des gestes, une main qui se tend, des bras qui s’ouvrent, une caresse qui s’esquisse, une oreille qui se prête à l’écoute. Pour autant qu’il est vivant, un amour est créatif à l’infini.

Vivant il fait reculer les forces de mort toujours à l’affût. Et d’abord la plus résistante de toutes, la haine, increvable associée de l’amour. Durer ensemble c’est utiliser le temps donné pour lui tordre le cou et la débusquer sous toutes ses formes, du mépris à l’ennui, de l’intolérance à l’indifférence. Parce que le travail de mort ne désarme jamais totalement, le travail amoureux est tous les jours d’actualité.

Durer c’est aussi faire histoire commune. Les saisons d’un couple se suivent et ne se ressemblent pas, pas plus que les jours, les années et les âges de la vie. Les espoirs paisibles d’un matin de printemps butent un jour sur les pertes irréparables de l’automne. Les ardeurs des jours d’été débouchent sur d’obscures nuits d’hiver. D’une saison à l’autre, l’amour est à la joie et à la peine, à la maison pleine d’enfants et à la maison vide, à l’insouciance et à la douleur, à la vie et à la mort.

A travers les saisons qui passent, s’opèrent les métamorphoses du couple. Autre saison, autre couple ! L’important – si l’on veut durer ensemble – est que des liens se tissent, que des événements soient partagés, qu’une œuvre humaine s’accomplisse, que des complicités se creusent. Des liens tel que la rupture deviennent impensables. Des événements qui font trace d’histoire. Une œuvre qui soit fécondité de l’amour. Des complicités qui permettent de dépasser conflits et crises. Durer ensemble : traverser des saisons en s’ouvrant des chemins jusque-là encore inconnus.

Durer, c'est oser le bonheur d’un vivre ensemble jusqu’à la fin. Le pari n’est pas aisé à tenir. La préférence moderne va au jetable et au remplaçable, à la nouveauté et au dernier cri. Si l’économie y trouve son compte, le couple pas vraiment. Car il faut de la permanence et de la lenteur pour construire un bonheur humain. Un bonheur à deux n’est pas la béatitude. Il est recherche patiente de plaisir partagés, de déplaisirs assumés, de rendez-vous manqués et de rendez-vous réussis. A ses heures, il est tendresse et de repos, comme à d’autres heures il est conflits et colère, désolation et silence. L’intermittence est le creuset du bonheur conjugal durable.

Homme et femme, toute une vie ensemble ? Pourquoi pas ? Le bonheur peut-être dans le pré, à condition de faire travailler l’amour amoureux pour qu’il devienne lien et histoire.

13 / 04 / 1999, La Croix

23:07 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

FAUT-IL UN DÉCRET POUR S'AIMER ?

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Faut-il qu'une période bien déterminée nous donne l'occasion d'aimer ? Comme une exception, une éphémère intuition, un jour dans l'année. La société ayant décidée par des raisons purement mercantiles, que les amoureux, aujourd'hui devaient s'aimer. Quelle connerie pour tuer la spontanéité des sentiments. Et ceux qui ne peuvent qu'offrir leur cœur par manque de fric ?
Les conventions ont la dent dure d'illusions. Je t'aime depuis le commencement de notre humanité. Depuis que les roses regardent le soleil droit dans les yeux. Je t'aime depuis que la mort n'est qu'un soupir dans des draps de hasard. Je t'aime comme la danse de mes poumons dans ma poitrine. Tu es ma respiration. Je suis parfois ton angine. Nous nous aimons depuis que nos corps épousés chantent des harmonies inventées. L'Amour est inventif à l'infini. Il est vrai, que les couples assis dans le confort manquent souvent d'imagination. Je t'aime pour l'océan qui rejoint le ciel dans un miroitement presque irréel.
Je t'aime comme ce sang qui ruisselle dans mes veines lorsqu'il voit ton visage. Ton regard comme une lumière dans ma vie. Ta tendresse comme une larme qui coule sur le velours de tes joues. J'aime ton amour.
J'aime ce que tes gestes disent du monde. J'aime non pas l'image idéalisée de mon propre moi, mais ta vérité dénudée sans pudeur. J'aime ce que tu es. Depuis, la nuit des temps je t'attendais calmement mais pas sereinement. Car, je savais que tu allais venir habiter mon existence. Mais, quand ?
Voilà pourquoi l'attente fut souvent longue. Maintenant, tu étincelles mes matins de tes réveils solaires. Ma souveraine attente a produit les fruits les plus onctueux. Ma vie est dans le battement de ta vie. Nous partageons les joies, les rires, les plaies, les délires, les blessures, les souffrances et les espérances de ce monde auquel désormais nous appartenons sans nous y accrocher. Que veux-tu, les hommes sont des hommes et ne sauraient être parfaits. Sinon, le monde serait parfait.
 
Non, je n'ai pas attendu la saint Valentin pour naviguer sur tes lèvres. Je n'ai rien attendu d'ailleurs de personne pour qu'on m'autorise à t'aimer. Tu fus un appel dans ma conscience. Une sorte de cri à peine perceptible qui murmurait de t'embrasser et qui me disait clairement, comme l'ondée, que tu étais ma destinée. Certes, les années se sont élimées sur le rasoir du temps. Tu es devenu désormais mon destin à jamais. Non, je ne dis pas que cette fête est inutile. Elle l'est pour nous. Pas pour les célibataires qui cherchent l'âme complice dans un désert. Il est des célibataires heureux et qui s'assument. Mais, il en est d'autres qui se morfondent comme neige au soleil de ne pas trouver la chaleur d'une tendresse à étreindre. Alors, quand un couple est aussi lumineux que le nôtre. Ne doit-il pas partager cette harmonie autour de lui. Le couple a une fonction sociale. Celle de prouver que la fidélité est un combat de chaque instant. Rien n'est jamais acquis d'avance et tu le sais, ma dulcinée. Le plus violent des poisons est la routine. L'inventivité, la créativité dans l'amour sont les sources indispensables qui nourrissent les fleuves de longévité. Le couple doit témoigner que l'amour, la tendresse, l'affection, la sexualité donnent sens à l'existence tant qu'ils sont vécus dans la confiance.
 
Ne pas attendre qu'un jour soit décrété par notre société pour s'aimer. Sinon, nous entrons dans le conformisme qui détruit toute idée d'amour. L'amour est une sève qui alimente l'arbre que nous sommes. Pourquoi attendre que la pluie vienne pour renforcer nos racines ? Tous les jours sont de nouvelles journées d'amour. Et peut-être qu'il est bien que la saint Valentin nous rappelle cette notion. Mais, j'en doute !
Elle nous réitère seulement que l'amour est soumis aux règles sociales. D'accord, mais je ne sens pas au fond de moi d'autres raisons de t'aimer que dans la folie. Quand la raison est déjà partie.
Oui, il faut de la fantaisie dans un couple sinon, ce sont deux morts qui vivent ensemble. L'amour engendre l'amour. La haine engendre la violence. Ces paradigmes sont purement sociaux. Alors, aidons nos jeunes par une éducation à cette fulgurance. Notre façon de vivre ensemble peut beaucoup. Le corps n'est pas un banc d'essai où l'on donne des émotions violentes qu'il garde en mémoire. Le corps est rencontre de deux êtres qui se chérissent et désirent se le dire. C'est l'expression amoureuse de la tendresse comme un magnifique poème écrit en vers libres. Il faut cesser de tout formater, calibrer, mesurer pour entrer selon les étalons communs. L'amour demeurera toujours cet espace de liberté libre. Nous voulons cette liberté non imposée pour dire simplement " je t'aime " sans arrière-pensées salaces.
 
Je te l'ai dis mon Amour, nous étions faits pour nous construire ensemble. Aujourd'hui, nous fêtons cette inexorable rencontre qui enjolive nos éternels instants. Mais, avons-nous attendus qu'une journée soit promulguée pour nous aimer à jamais. Non, et tu le sais. Ma bouche, mon être tout entier sait te dire " je t'aime " sans attendre que d'autres lui demandent.
 
Alors, ce jour pensons à toutes les formes d'amour qui ne pensent qu'à germer. Pensons à nous pour faire éclater nos cœurs. Pensons toujours que l'amour est possible même si certaines ombres viennent obscurcir nos ciels radieux. L'amour est l'unique plante humaine qui résiste aux gelées imprévues. J'ai décidé de construire demain, main dans la main, avec Toi. Ce lendemain est le présent que nous forgeons dès l'aurore. Aimons-nous plus que de mesure. Moi, je t'aime par-delà le temps et l'espace car, dans tes bras les secondes ne s'écoulent plus. Je t'aime au plus profond de moi et je ne te dis pas cela uniquement par obligation. Mon âme recueillie dans ton âme immaculée parle pour moi. Je t'aime parce que sans toi, il me faudrait réinventer la vie. Et je n'ai guère l'intention de reproduire à l'infini ce que Dieu a préservé. Je suis certain que notre union n'est pas le fruit du hasard. Elle était écrite dans la paume de la main d'un Dieu qui sait mieux que quiconque conjuguer le verbe aimer.
 
Je tiens simplement à te redire, tout l'amour, que j'éprouve rien qu'en me noyant dans tes yeux pour mieux me retrouver. Oui, je t'Aime à l'infini de moi-même.
 
 
Bruno LEROY.

14:11 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |