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31/07/2011

LE SENS DE LA FÊTE.

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On ne désire pas quelque chose sans en avoir un avant-goût, on accueille difficilement l'avenir si on n'a pas trouvé un peu de grâce du présent, la gratuité d'une présence. Il suffit parfois du sourire d'un enfant, de la saveur d'un fruit, de la couleur du ciel, de la tendresse d'une étreinte pour que la domination n'apparaisse plus un destin inéluctable, le bonheur devienne possible et que les dominés prennent l'initiative. La dynamique du refus jaillit souvent d'un lieu où un monde désirable a été expérimenté, un autre monde, où l'homme n'est plus un loup pour l'homme, où les rapports gratuits apparaissent malgré et à travers les rapports d'utilité et d'intérêts. Ces éclairs qui lézardent le ciel de plomb nous font voir, dans la fugacité d'une présence comblante, la discrétion d'une tendresse inattendue, que la vie peut être changée en la prenant autrement : comme un don gratuit qui a la saveur d'une nouveauté.

Si mai 68, par exemple, nous a marqués plus que beaucoup d'événements politiques, c'est qu'il fut d'abord cette fête symbolique qui ouvrait à des relations plus gratuites, moins déterminées par le simple échange économique, le calcul ou l'intérêt. Face à tout système fondé sur l'avoir, jaillissait un désir d'être autre avec les autres. L'événement arrivait comme une surprise, déchirant la grisaille d'une quotidienneté trop prévisible et dévoilait, tout à coup, la grâce de visages hier inconnus ou absents. Comment se fait-il que ces visages soient ceux des mêmes hommes et femmes que nous rencontrions dans le métro ou au boulot ?

Moment fugitif où les choses de la vie et les êtres se transfigurent, où les lois se transgressent, où le paraître laisse l'éclat d'une beauté imprévue, car la beauté est toujours donnée de surcroît. Sans doute, l'éclair ne fait que passer, mais la fête terminée reste une trace brûlante, une blessure au cœur, le goût d'une présence sans prix au cœur même de l'absence.

Alors la fête est symbolique, elle dit que la Vie ne se réduit pas à ce qu'on en voit, que ce qui compte le plus ne se comptabilise pas, ce qui vaut le plus est sans prix, cela ne s'achète ni se vend. Elle est subversive dans une économie de profit, elle consume au lieu de consommer, elle pousse à perdre, à sacrifier ses réserves plutôt que les capitaliser. Elle est prodigalité joyeuse et enfantine, son excès et sa démesure subvertissent les normes habituelles de la société et de la raison raisonnante. Quand les pauvres font la fête, ils ne calculent pas la dépense et sortent des prévisions de l'assurance-vie ; aussi ils apparaissent excessifs pour le bourgeois épargnant ; ils gaspillent à fond perdu pour célébrer une vie qui n'a pas de prix. N'est-ce point là, une attitude de Vie libératrice ou qui mène vers une libération de la conscience, lorsque l'existence est vue sous l'angle de la gratuité, de l'émerveillement et de la découverte quotidienne, tel le regard de l'enfant qui découvre les mystères fascinants de la beauté des choses et des événements ? La souffrance se trouve ainsi assimilée et relativisée car, il nous faut admettre que nous ajoutons du poids à nos propres blessures pour nous donner l'illusion d'exister.

Mais, vivre réellement dans une dimension libératrice, n'est-ce point se ressourcer aux racines festives de la société, même si la lourdeur des contraintes sociétales assombrit le paysage ?

Il est dans l'âme de tout artiste de retrouver cet esprit d'enfance tant prôné par Baudelaire, sans toutefois sombrer dans l'infantilisme ( ce qui serait pire ! ), mais trouver des raisons de s'émerveiller d'exister pour enrichir son intériorité. Cependant, cette façon de se positionner face à la Vie ne devrait pas être le seul fait des artistes mais de tout individu qui est en droit de trouver une respiration, une libération, un épanouissement personnels. Notre culture favorise-t-elle cette recherche de l'intériorité humaine ? C'est une question que je pose et dont je sais pertinemment que vous détenez déjà la réponse. Ne devons-nous point devenir les véritables acteurs de notre destin et non des personnages passifs qui se victimisent en laissant toujours le choix aux autres de notre bonheur ou de notre malheur sur terre ? La libération ne viendra que de nous et non de forces extérieures.

Nous devons regarder la Vie autrement pour la Vivre autrement !

Puisse-t-il en être ainsi pour vous afin que vous puissiez atteindre les aspects lumineux que nous offre la terre-mère.

Bruno LEROY.

11:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

LA RECONNAISSANCE DU BÉNÉVOLAT.

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Lorsque nous exerçons une fonction au cœur d'une association en tant que bénévole, il me paraît évident que la reconnaissance ne peut guère s'effectuer de façon similaire à celle d'un salarié.
En effet, souvent le salaire est le symbole d'une valeur accordée aux prestations de l'employé.
Alors, le bénévole ne serait-il jamais inclus dans une dynamique de reconnaissance ?
Répondre négativement serait méconnaître la nature Humaine et  la signification de ses expressions affectives.
Un sourire, un regard, un geste posés peuvent provoquer l'atmosphère sereine ou conflictuelle de relations internes entre individus.
La relation de confiance est primordiale, base constitutive de toute relation qui permet aux autres de progresser.
La reconnaissance de l’autre est une façon de vivre en acceptant et surtout, en intégrant ses différences.
Apprendre à négocier ces différences est la source essentielle de toutes relations saines.
Par contre, le refus catégorique de découvrir l'autre dans son individualité propre, relève de la pathologie.
Les associations, qu'elles soient humanitaires ou autres, sont les reflets intrinsèques de nos comportements sociétaux.
Donnons davantage de lumière dans notre reconnaissance envers autrui. C'est-à-dire, une flamme de vérité respectueuse qui fait grandir intérieurement.
L'éclat de nos ententes relationnelles et donc, de la reconnaissance inconditionnelle de l'autre, rejaillira sur la société tout entière.
Une association caritative doit montrer l'exemple qu'une humanité rayonnante et bien vivante est encore possible.
La reconnaissance de l'autre peut se caractériser aussi par la sanction car, elle est négation de l'indifférence.
L'équipe de bénévoles devient alors un microcosme pouvant s'ouvrir vers d'autres paradigmes de façon plus limpide en fragmentant mieux ses limites.
La reconnaissance que les autres éprouvent à notre endroit est la preuve même que nous existons au sein d'une association.
Nous sommes responsables des relations que nous entretenons avec autrui. Lorsque nous aurons compris cela, nous aurons tout compris !
Demain, sera la société du rejet ou de l’acceptation inconditionnelle de l’autre à la seule condition que cette relation soit basée sur le Respect.
Accepter ne signifie pas tout accepter mais, se mobiliser pour que la tolérance ne demeure point un vain mot dans un vieux dictionnaire.
C’est l’affaire de tous et toutes, là où nous vivons, de porter un autre regard sur les réalités afin de mieux nous intégrer.
Si le bénévolat permet une intégration du bénévole dans un groupe, cette intégration doit être également sociale.
Et plus le bénévole aura à cœur de se former pour mieux s'épanouir au profond de son individualité,
plus il sera en communion avec les autres pour vivre une démarche authentique en faveur des plus exclus de notre société.
Tout cela en fait, est une question de regard que les autres nous portent ou que nous portons sur nos actions.
Cette reconnaissance est porteuse de gratuité, d'approfondissement des valeurs personnelles et du sens que nous posons sur le Bénévolat.
Les bénévoles sont les transmetteurs des convictions qui les animent. Et celles-ci sont toujours porteuses de gratuité. Il ne pourrait en être autrement...
Oui, re-connaissance, naître de nouveau à soi-même pour se reconnaître et être reconnu.
L'importance fondamentale de vivre une certaine empathie avec autrui, nous fait découvrir d'autres horizons que nous-mêmes.
Nous entrons alors, dans la co-naissance de l'autre, une position qui donne vie à sa représentativité existentielle.
Car être reconnu inconditionnellement, c’est commencer à exister !
Et faire exister les autres pour qu'ils puissent prendre leur destin en main avec une conscience responsable et adulte.
Bruno LEROY.
 
 

10:36 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |