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09/02/2014

L'Espérance d'un monde nouveau.

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L'Eglise est aussi appelée à parcourir ce chemin de conversion où la personne exclue n'est pas seulement le bénéficiaire de notre charité mais devient un frère dans la communauté. Comment considérons-nous celui qui fait la manche - la priante, c'est le terme exact - à la sortie de nos messes ? Reçoit-il plus que les miettes qui tombent de notre table ? (Luc 16 19) La mise en forme du concept de l'option préférentielle pour les pauvres est due en grande partie à la théologie de libération, mais son inspiration s'enracine dans la Parole de Dieu. Dans le Nouveau Testament, Marie chante le Tout-Puissant qui renverse les puissants de leur trône et élève les humbles, comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides (Luc 1 52). Et Jésus donnera tout son sens à cet amour préférentiel pour les pauvres en affirmant que ce que l'on a fait - ou pas fait - à l'un de ces plus petits d'entre ses frères, c'est à lui qu'on l'a fait - ou pas fait (Matthieu 25).

Cela ne va pas de soi. Il s'agit bien d'un appel à la conversion qui engage notre agir mais rejoint aussi le cœur même de notre communion à Dieu puisque le jugement dernier dépendra de cet agir. Le pauvre qui mendie à la sortie de nos messes est porteur de cette présence sacramentelle au même titre que notre assemblée eucharistique.

 

La situation économique et sociale de l'Europe est très différente de celle de l'Amérique Latine où est née la théologie de la libération. Alors qu'en Amérique Latine, une majorité de pauvres est confrontée à une minorité de possédants, en Europe, la pauvreté est toujours marginale. Il est donc normal que les outils d'analyse et d'action élaborés par la théologie de la libération aient peu fonctionné en Europe. Mais il ne faut surtout pas oublier que la théologie de la libération est née d'une pratique - d'une praxis - des habitants des favelas qui se sont emparés de la Parole de Dieu pour y puiser la force d'agir face aux puissants. La théologie de la libération n'est donc pas d'abord une élaboration conceptuelle, elle est le reflet d'un engagement concret de l'Eglise auprès des plus pauvres.

En Europe, il y a peu de réflexion théologique sur l'exclusion et la pauvreté sociale. Quelques essais d'une théologie de la marginalité sont restés eux aussi marginaux. Mais cela dénote essentiellement un manque d'engagement concret. Souvent nos paroisses sont plus préoccupées par la sortie ou le repas paroissial qu'à faire alliance avec les plus pauvres du quartier. Cette tâche est généralement déléguée à des associations spécialisées ou à l'initiative privée. Il reste à notre Eglise en tant que corps social, en tant que hiérarchie, à se convertir à la pauvreté et à passer de la foi à l'amour.

 

L'espérance d'un monde nouveau.

 

La conversion de l'Eglise, la transformation de la société, la libération des personnes en situation d'exclusion sont impossibles sans la conversion du cœur à laquelle chacun est appelé. Le message de l'évangile présente une originalité unique par rapport à d'autres systèmes de pensée attachés à la libération des pauvres : Dieu se révèle sur la croix. Accueillir Dieu dans sa vie, se convertir, signifie accepter aussi la croix par laquelle il a voulu être exalté. Marie nous aide à nous tenir au pied de la croix de son Fils. Elle qui croyait de tout son coeur à l'amour de Dieu pour les pauvres, elle s'est tenue silencieuse devant la croix. Si elle n'y était pas présente, si elle ne nous emportait pas dans son indéfectible espérance, nous ne pourrions pas accueillir aujourd'hui l'espérance de la résurrection et d'un monde nouveau. Devant tant de situations qui paraissent à nos yeux sans solutions, aux personnes que nous rencontrons qui semblent marquées définitivement par la souffrance de vivre à la rue, le plus beau cadeau que nous puissions faire est l'espérance qui nous donne la force de marcher jour après jour.

 

Bruno LEROY.

 

12:36 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA PENSÉE DU JOUR., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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