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21/04/2014

Par la Résurrection, Dieu nous délivre de la mort

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Jésus a proclamé tout au long de sa vie l’avènement du Royaume de Dieu, l’irruption de la fin des temps. Sa parole prophétique s’accompagnait de gestes libérateurs signifiant l’accomplissement du Jour de Dieu.

Guérisons diverses, expulsions des démons, lutte contre les discriminations et les barrières élevées notamment par l’interprétation pharisienne de la Loi, gestes de réintégration sociale et religieuse, tels sont quelques gestes qui caractérisent l’œuvre par laquelle Jésus travaille à rendre dignité aux hommes qui l’ont perdue, et plus particulièrement aux plus pauvres de son temps.

 

Il mourra en attendant ce Royaume promis par Dieu. Dieu ne peut, en effet, qu’être fidèle à ses promesses. Il a promis d’intervenir en faveur des justes et Jésus meurt dans l’espérance que le Règne de Dieu arrive définitivement.

 

Par la résurrection, Dieu délivre Jésus de la mort. Les disciples de Jésus reconnaîtront dans la résurrection du Christ l’arrivée de la fin des temps. Le Règne de Dieu est arrivé par Jésus ressuscité d’entre les morts.

Jésus est descendu aux enfers ( de la mort ) mais Dieu l’en a délivré. Dieu, en relevant Jésus des morts, a fait advenir son Royaume que Jésus a inauguré par sa pratique prophétique.

 

Ainsi la promesse de la résurrection faite par Dieu aux justes de l’Ancien Testament s’en trouve accomplie, au-delà même de ce que Dieu avait dit. En effet, la résurrection de Jésus se démarque de la résurrection des justes par deux caractéristiques. Si les justes doivent ressusciter, il s’agit toujours d’un événement futur dont l’accomplissement aura lieu à la fin des temps et qui concerne la collectivité de ceux qui ont été fidèles à Dieu. Dans la résurrection de Jésus par contre, la promesse de résurrection pour les justes à la fin des temps se fait Don de Vie effectif maintenant à une personne, Jésus de Nazareth.

 

La résurrection est réalisation de la promesse sur un " juste ", l’homme jésus. La promesse de Dieu est donc anticipée et personnalisée. Elle a trouvé son accomplissement en Jésus qui est ainsi fait par Dieu le " premier-né d’entre les morts ". Les hommes deviennent co-héritiers, dit Paul, de la vie donnée par Dieu à Jésus. Le destin personnel de Jésus préfigure celui de tout homme et de toute l’humanité. La résurrection de Jésus est gage de notre résurrection.

 

Cela implique une transformation du sens de l’histoire et de l’homme et de notre rapport à l’histoire et à l’homme. Par la résurrection, Jésus inaugure en effet une nouvelle existence où la Vie triomphe de la mort.

L’histoire, du coup, éclate : la mort n’a pas raison des hommes puisque la puissance de Dieu est plus forte que la mort. La mort n’est plus néantisation de l’histoire et de l’homme : c’est elle au contraire qui est anéantie. Dire que l’avenir ( l’histoire ) est bouché, c’est ne pas faire confiance à Dieu qui a ressuscité Jésus, c’est ne pas croire en Jésus ressuscité d’entre les morts. La résurrection de Jésus transforme complètement la conception que l’on se fait de l’histoire et de l’homme : par Jésus ressuscité, l’homme nouveau est apparu, le salut est réalisé et l’histoire s’en trouve, en un certain sens, achevée.

 

Achevée, l’histoire l’est, car Dieu a anticipé en Jésus ressuscité l’événement réservé aux justes à la fin des temps. Le sens ultime de l’homme et de l’histoire est déjà dit de manière unique et décisive. Le Royaume est là.

 

Cette manière de présenter le Salut comme définitif laisse toutefois de côté une autre conception de l’histoire et de l’homme liée au schème de pensée avant/après. Cet axe temporel en effet indique que l’existence de l’homme et son insertion dans l’histoire reçoivent, par la résurrection, la promesse d’un accomplissement définitif. L’homme demeure dans une histoire faite de clarté et d’ombre, où il ne perçoit pas l’accomplissement définitif de la résurrection. Il sait qu’il vit l’histoire comme n’étant pas encore achevée. Si la résurrection dit la promesse de Dieu comme étant accomplie en Jésus, il n’en reste pas moins qu’elle n’épuise pas cette promesse. La résurrection renvoie ainsi à une conception de l’histoire ouverte, en voie d’accomplissement. L’homme qui vit dans cette histoire reçoit de la résurrection la promesse d’un achèvement.

 

Les apôtres forts de leur Foi en Jésus ressuscité, c’est-à-dire de leur certitude que le salut est réalisé pour l’homme en Jésus-Christ, s’en vont proclamer la Bonne Nouvelle du salut pour tous les hommes, salut qui, s’il est accompli en Jésus, est promis à tout homme. Cette effectuation du salut pour tout homme est ce qui manque à l’accomplissement total de la résurrection.

Le " déjà là " et le " pas encore " du Salut est bien exprimé par Paul en Rm8,24 : " car nous avons été sauvés, écrit-il, mais c’est en espérance ". Le salut, le Royaume sont des réalités déjà présentes par la résurrection et l’œuvre de l’Esprit en ce monde. Et pourtant, nous les attendons encore, nous les espérons.

 

Mais quand nous parlons d’espérance, de quoi parlons-nous ? " Voir ce qu’on espère dit Paul dans ce même verset, ce n’est plus espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ?".

L’espérance fait du croyant un nomade toujours en chemin. Pour qui espère, rien n’est figé, l’avenir est toujours ouvert. L’Espérance est résistance aux leurres du désir qui s’accroche de manière nostalgique au passé, s’accommode du présent ou se projette imaginairement sur un objet qui apportera le bonheur définitif et total. L’Espérance est ainsi le désir devenu assez fort pour subvertir ses propres objets.

 

Espérer, ce n’est pas ignorer la mort, ou en avoir peur, mais l’affronter pour vivre. C’est oser affronter la mort en tant qu’elle n’est pas ce qui clôt toute vie donnée. L’Espérance et la Foi partagent ici un terrain commun : celui de s’en remettre sans réserve à l’Autre qui tient parole. " Gardons indéfectible l’espérance, dit l’épître aux Hébreux, car celui qui a promis est fidèle." ( Hé 10,23 )

 

Lorsque l’horizon paraît bouché, l’amour flétri, la vie arrêtée, la communication bloquée, bref, lorsque la mort semble à l’œuvre dans l’alliance, la résurrection, en tant qu’elle est victoire sur la mort et avènement du Royaume, ouvre à l’Espérance. Dieu a toujours des possibilités que nous ne soupçonnons pas. Il peut encore produire l’inattendu ou l’impossible. Il nous invite à ne pas nous résigner devant la situation présente, car il a, par la résurrection, ouvert un avenir meilleur pour tout homme.

 

L’espérance s’inscrit dans l’histoire comme une brèche ; elle ose croire que rien n’est jamais définitivement joué et qu’aucun être n’est exclu du Don et de l’échange. Ainsi le grand péché contre l’Espérance réside-t-il dans le découragement, l’inertie, la lassitude, voire la démission, attitudes où l’homme se recroqueville sur lui-même, désespère de l’Autre et manque de confiance en la parole du Christ qui est la Résurrection et la Vie.

 

La résurrection nous entraîne à une vie livrée. Elle nous signifie que Dieu est Amour. Elle manifeste aussi la logique du don, de l’excès, du surcroît inouï : la Vie est rendue luxueusement à Jésus par son Père. C’est parce que Jésus ne dispose pas de sa vie, il ne s’est ni tué, ni ressuscité lui-même, mais La donne, que celle-ci lui est rendue somptueusement. Ainsi, Jésus ressuscité nous sollicite-t-Il à donner notre Vie gratuitement.

 

 

Bruno LEROY

13:59 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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