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19/03/2006

THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION ET ÉTHIQUE CHRÉTIENNE.

La Théologie de la Libération, parce qu’elle est essentiellement pratique, a des retombées immédiates sur l’éthique et le comportement des personnes. Elle a mis au jour un nouveau profil de chrétien dans le monde d’aujourd’hui. Nous nous bornerons ici à souligner les aspects les plus éthiques.

Les chrétiens se voient confrontés au péché social et structurel de l’oppression et de l’injustice infligées aux masses. Il s’agit du péché qui de situe dans les institutions et les structures de la société, et qui conduit les personnes et les groupes à avoir des comportements en contradiction avec le projet de Dieu. Précisons ici que les structures ne sont pas des choses mais des modes de relation entre les choses et les personnes qui ont affaire à elles.

Vouloir surmonter le péché social suppose que l’on s’attache à changer les structures afin qu’elles produisent en fonctionnant plus de justice et de participation. La conversion évangélique réclame plus qu’un changement de cœur ; elle exige aussi un changement de l’organisation sociale qui provoque indéfiniment des comportements de péché.

Cette conversion sociale se traduit par une lutte sociale transformatrice, et elle s’appuie sur des stratégies et des tactiques susceptibles d’ouvrir la voie aux modifications nécessaires. Au péché social il faut opposer la grâce sociale, fruit du don de Dieu et de l’activité de l’homme inspiré par Dieu.

La charité comme mode d’être-aux-autres gardera toujours toute sa valeur. Mais, dans une perspective sociale, aimer signifie participer à la création de nouvelles structures, soutenir celles qui représentent une avancée pour obtenir une meilleure qualité de vie, et bien se situer dans le domaine politique à la lumière de l’option solidaire pour les pauvres. Jésus a donné l’exemple : il peut y avoir compatibilité entre l’Amour pour les personnes et l’opposition à leurs attitudes.

Il s’agit d’aimer toujours les personnes et dans n’importe quelle condition, mais de combattre les attitudes et les systèmes qui ne s’accordent pas avec les critères éthiques du message de Jésus. La paix et la réconciliation sociales ne seront possibles que dans la mesure où auront été surmontés les motifs réels qui distillent en permanence les conflits : les relations inégales et injustes entre le capital et le travail, les discriminations entre les races, les cultures et les sexes.

Ainsi, aimer sans haïr, lutter pour le triomphe de la juste cause sans céder au leurre des émotions, tout en respectant la diversité des opinions, en relativisant ses propres positions et en sauvegardant l’unité de la communauté, tels sont les défis concrets qui sont proposés à la sainteté des chrétiens libérateurs.

Bruno LEROY.

20:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : SPIRITUALITÉ DE LA LIBÉRATION. |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

01/03/2006

Théologie de la libération...

Une théologie pour aujourd’hui

par le frère Maurice Barth (Paris)

Jean-Paul II a dit un jour : « La théologie de la libération est morte avec le marxisme. » Aujourd’hui la théologie de la libération est toujours vivante (c’est donc qu’ils n’étaient pas communistes ?)

Elle a tout simplement pris d’autres formes, ce qui est conforme à son esprit. (Certains préfèrent d’ailleurs parler de « christianisme de la libération » ou de « spiritualité de la libération »). Plus encore, elle ne peut pas disparaître, et cela pour plusieurs raisons :

  Elle est née du « choix prioritaire des pauvres » fait par la Conférence des évêques d’Amérique latine (1968) dans l’impulsion donnée par Vatican II. Or les « pauvres », les opprimés, sont toujours là, et de plus en plus nombreux, qui crient vers le Dieu de la Vie.

  Elle est née de l’expérience historique et toujours actuelle des chrétiens qui éclairent leur aventure humaine à la lumière de la foi, à partir de la Parole libératrice de la Bible et animent, enrichissent leur foi à la lumière de leur histoire quotidienne où ils lisent les « signes des temps ».

  Elle est une réaction contre une théologie purement occidentale élaborée dans une culture hégémonique, étrangère aux peuples d’Amérique latine. En ce sens, elle participe au mouvement mondial de mise en question de formes culturelles qui se prétendent universelles.

  Elle n’est pas statique mais mouvante comme toute réflexion vivante, comme l’histoire des hommes où elle puise son inspiration et les formes de son langage.

La question posée alors aux théologiens était : « Comment dire Dieu à cette part de l’humanité qui vit dans la misère et l’oppression ? » Or cette question demeure, liée à cette autre : « Qui sont les “pauvres” aujourd’hui ? »

Ils constituent deux-tiers de l’humanité, les marginalisés, les laissés pour compte de la société, femmes, Indiens, Noirs, enfants des rues, etc… menacés dans leur vie-même. Leur combat met en cause le « Nouvel Ordre international ». C’est un combat pour le droit à la Vie et la défense de l’intégrité de la Création. Or, « la théologie de la libération est une manière de rencontrer Dieu dans l’histoire, de voir et de sentir l’histoire à partir de Dieu, dans l’histoire. » (Ignacio Madera Vargas)

La théologie de la libération veut répondre aux nouveaux défis de la société des hommes : le pluralisme des cultures et des religions, la mondialisation néolibérale, un monde qui se construit en-dehors de l’Église et du christianisme, une planète menacée, l’idolâtrie de l’Argent et du Pouvoir qui entraînent le sacrifice de milliards d’êtres humains.

« Le défi majeur auquel s’affronte la théologie de la libération dans le Nouvel Ordre international est la mort massive des pauvres. Une réflexion critique sur Dieu, comme Dieu de la vie, doit prendre pour point de départ cette situation de mort et le choix nécessaire et urgent en faveur de la vie dans la nouvelle conjoncture. » (Pablo Richard)

Contextuelle, la théologie de la libération puise donc dans son environnement humain et dans l’histoire vécue de nouveaux thèmes : Une théologie de libération de la femme, c’est-à-dire une théologie du point de vue de la femme ; une théologie indienne qui veut revaloriser l’image d’un Dieu Père et Mère à la fois ; une « éco-théologie », interaction de tous les êtres vivants entre eux, l’homme n’étant pas au-dessus de la nature mais à l’intérieur, tout être étant un messager de Dieu ; une vision cosmique du Christ ; une théologie soulignant l’incompatibilité fondamentale entre l’option pour les pauvres et la « théologie de l’empire »—ou sacralisation du marché—qui sacrifie des millions d’êtres humains ; une théologie « désoccidentalisée » qui parle de Dieu et à Dieu dans le langage du peuple.

Les chrétiens qui veulent un « monde autre » invitent les théologiens à réfléchir autrement.

 Vous pouvez aussi lire aussi le document édité par DIAL (Diffusion d’information sur l’Amérique latine), par le frère Alain Durand (Lyon) : La transformation opérée par les femmes dans la théologie. Les théories du « genre » et la réflexion théologique latino-américaine. DIAL, n°2828. (Lire l’abstract...)

le frère Maurice Barth (Paris)
Dominicain.

11:50 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SPIRITUALITÉ DE LA LIBÉRATION. |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |