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16/02/2008

La langue articule les sentiments du cœur.

Il m’arrive parfois de penser à ce que seraient nos conversations si on cessait de critiquer. 

 Il me semble qu’on vivrait dans un désert silencieux où la vie serait absente.

L’être humain est capable de dompter toute espèce de bêtes sauvages, d’oiseaux, de reptiles et de poissons et il les a domptés.

 Mais aucun homme n’a jamais pu dompter la langue. 

C’est un mal qu’on ne peut maîtriser; elle est pleine d’un poison mortel.

C’est à tous les jours qu’on critique à pleines dents le prochain « dans le dos ». 

 Il n’est pas là pour se défendre ou s’expliquer. 

Vous est-il arrivé de critiquer quelqu’un que vous croyiez absent? 

N’avez-vous pas eu honte et ne vous êtes-vous pas senti gêné d’apprendre qu’il était tout près de vous et vous écoutait? 

 En plus d’avoir perdu la face, vous avez perdu son amitié.

Tout le monde est d’accord pour détester l’esprit de critique, surtout celui qui se manifeste en l’absence de la personne visée. 

 Pourtant beaucoup de personnes critiquent et empoisonnent l’atmosphère où l’on vit. 

 La langue méchante a tué plus de personnes que l’épée.

C’est une bonne résolution à prendre que de ne vouloir dire que du bien du prochain. 

 La langue articule les sentiments du cœur. 

Purifions notre cœur et nous parlerons mieux du prochain.

Bruno LEROY.

18:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans POÉSIE SPIRITUELLE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

En bonne compagnie !


podcast

Parfois, si vous accomplissez la volonté de Dieu, vous bénéficiez de l'approbation des autres, parfois c'est le contraire ! Vous ne ferez pas plaisir à ceux qui ne veulent pas de changement.

Votre Frère, Bruno.

16:50 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SPIRITUALITÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Nos limites, nos tiédeurs et nos peurs.

Faisons un rapide tour d’horizon. L’évangile d’aujourd’hui est excessif. Voici Jésus, notre Jésus de tous les jours, ruisselant de lumière. Voici Pierre, impulsif et spontané, prétendant monter une tente pour des prophètes morts plusieurs siècles auparavant. Voici ces prophètes des temps jadis devisant paisiblement avec Jésus qui se conduit comme si ces personnages faisaient partie de son quotidien. Voici enfin une nuée et une voix venant du ciel qui parle comme au jour du baptême de Jésus. Nous sommes donc à un commencement.

La liturgie, particulièrement construite en ce temps de carême, propose aussi à notre méditation un autre commencement : l’appel d’Abraham. Mais, mise à part la voix céleste, ce texte ne semble pas présenter beaucoup de traits communs avec l’évangile.

Mais comme souvent, c’est saint Paul qui est le meilleur lecteur de l’Ecriture. Il nous dit ce matin : « Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible à nos yeux ». C’est-à-dire que la transfiguration annonce Jésus ressuscité, mais aussi la réalisation de la promesse faite à Abraham, et en lui, à tout homme.

Engageons-nous donc dans le chemin qu’ouvre saint Paul devant nous. Relisons la promesse faite à l’aurore des temps et consignée dans les pages séculaires de l’Ancien Testament. A cette époque la compréhension de Dieu et du monde invisible se disait par des figures, qui annonçaient les grandeurs à venir.

Mais, nous venons de l’entendre, le Nouveau Testament n’est pas exempt de figures. Il faut les accueillir comme elles se donnent, sans tenter de les réduire à de simples allégories visibles de choses invisibles. Moïse et Elie, la Loi et les Prophètes, tiennent vraiment compagnie à Jésus sur la montagne. Leur familiarité montre que ce n’est pas le monde spirituel qui est le référant, mais le corps du Christ. Le récit est construit autour de sa transformation, de sa transfiguration.

Cette matérialité est importante car elle dit l’accomplissement. Dans l’Ancien Testament en effet, une figure renvoie toujours à l’invisible et appelle nécessairement une deuxième figure, pour la confirmer. Ainsi Moïse et Elie sont des promesses de la résurrection à venir. Cette résurrection est annoncée par leur corps invisible. Moïse en effet a été enterré dans un lieu inconnu et inaccessible ; quant à Elie, il est monté au Ciel sur un char de feu, il n’a pas non plus de sépulture.

Dans l’évangile, nous sommes à la fin de ce processus. Jésus nous apporte la deuxième annonce qui est la confirmation de la première. La transfiguration dévoile en effet le corps invisible du ressuscité. Jésus est le nouveau Josué, le successeur de Moïse qu’annonce le Deutéronome. En rendant visible sa gloire pour quelques moments au sommet de la montagne, Jésus nous ouvre au monde invisible, mais réel, où nous vivons tous. Montrer que Moïse et Elie y habitent, confirme la promesse qui reposait sur eux et se réalise en Jésus. En confirmant l’annonce faite dans le Premier Testament, Jésus annonce la réalisation de la Nouvelle Alliance.

Le corps du Christ apparaît ainsi à nos yeux comme la converge et l’accomplissement des Ecritures. Il naît de la présence en excès des deux Testaments. D’une part la déficience de l’Ancien Testament, balbutiant la vérité de Dieu qui lui est inaccessible car trop lointaine, d’autre part la saturation du Nouveau Testament, manifestant en Jésus de la vérité de Dieu. Ce paradoxe se noue dans le corps du Christ. Il nous fait entrer dans le monde invisible : nous le voyons ruisselant de la gloire promise à nos pères.

Mais ce monde est aussi le nôtre. Jésus touche ses disciples. Il leur adresse la parole. La rupture entre les deux univers repose sur une continuité, qui invite à un nouveau type de relation. Jésus ouvre à ses disciples un monde où il est possible d’être particulièrement proches de l’histoire sainte dans son ensemble, d’être en dialogue constant et confiant avec le Père.

C’est là le trésor qu’il nous est donné de découvrir. Nous n’avons pu le lire qu’à la lumière de la résurrection, mais Jésus lui-même savait qu’il en serait ainsi : il a prescrit le silence à ses disciples, jusqu’à la résurrection, c'est-à-dire jusqu’à ce qu’ils puissent comprendre. Jusqu’à ce qu’ils puissent lire la Croix comme excès d’inaccompli qui ouvre à la nouvelle, et ultime, création.

Ainsi Dieu nous enjoint-il d’écouter Jésus, car il annonce son passage par la Croix. Le visage de gloire ne pourra en effet être appréhendé par les disciples qu’une fois passés eux aussi par la mort et la résurrection en Jésus. Voilà pourquoi, aussi longtemps que nous sommes en route, ce visage de gloire nous reste caché. Comme nous est encore dissimulée notre propre gloire.

En ce jour où la liturgie convoque Abraham, saint Pierre et saint Paul, Moïse et Elie, en ce jour où Jésus nous donne de saisir dans son unité l’ensemble de l’histoire sainte, ne sommes-nous pas invités à nous remémorer les figures de notre passé, les moments de notre histoire sainte qui se conjuguent désormais et pour toujours au présent, comme Jésus devisant avec Moïse et Elie. Lus à la lumière de cet évangile, avec leur grandeur, mais sans éluder leurs limites ni leurs déficiences, ils nous conduisent à l’accomplissement de la promesse que Dieu nous fait personnellement en Jésus.

Certes nous leur trouverons bien des limites et des tiédeurs, elles n’ont pas l’éclat de l’expérience faite par Pierre Jacques et Jean. Mais sans ces limites, le bonheur auquel Dieu nous appelle ne serait qu’une fuite, comme celle de Pierre qui veut rester sur la montagne et toujours jouir de la présence sensible de Dieu. Si nous acceptons cette promesse, avec la confiance d’Abraham qui accepta de se mettre en route, pour son bien, ces déficiences deviendront le lieu de la révélation de Dieu. En nous le Christ prendra corps, et son visage sera celui de la compassion.

Certes, nous avons à vaincre les peurs qui nous rendent sourds à la voix du Père, dont Jésus vient de nous montrer qu’elle ne cesse de résonner. Pour monter courageusement vers notre Croix alors que la nuée se dissipe déjà et que les saints qui nous accompagnent redeviennent invisibles, il ne nous reste que Jésus, seul. Jésus qui nous parle et qui nous touche. Jésus qui nous encourage : « "Relevez-vous", ressuscitez, accueillez la gloire que le Père vous réserve, accueillez la Vie qu’il vous donne en partage ». Nous avons ainsi nos Thabor, nos rencontres intenses et toujours vivantes avec Dieu, moments de grâce sur lesquels nous appuyer pour poursuivre notre marche vers Pâque. Le carême est une route austère, mais elle une route joyeuse car Jésus marche à nos côtés. Sachons en rendre grâce, pour nous relever, et marcher, libres et confiants, dans les pas de Notre Seigneur.

Frère Dominique.



16:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Sœur Emmanuelle.

Au moment d’entrer dans sa centième année, sœur Emmanuelle a confié à Sofia Stril-Rever ses méditations sur le bonheur. Elles nous plongent au cœur d’un combat spirituel. Celle qui, à six ans, vit son père mourir devant ses yeux, a très tôt appris que les bonheurs terrestres sont un « miel amer » : il faut savoir les goûter, mais sans s’arrêter à la courte satisfaction qu’ils procurent. Relisant les béatitudes, sœur Emmanuelle évoque la relation apaisée qu’elle a nouée avec sa propre mort, devenue au fil des ans une compagne familière. Usant de mots très simples, elle parle ainsi de cette joie du Royaume, dont l’attente, au cœur de l’action, a illuminé sa vie.

 

Avant-propos : Au bord de l’ultime.

 

Elle fut autrefois une femme grande et élancée, dépassant d’une tête les religieuses de sa communauté. La silhouette haute et fière, elle marchait d’un pas décidé sur les chemins de la vie qu’elle avait inventés seule, hors de tous les sentiers battus, là où personne ne l’attendait.

 

Elle est aujourd’hui recroquevillée, squelettique. Son corps est usé. Ses jambes ne la portent plus. Reliée aux bouteilles d’oxygène qui lui sont devenues indispensables pour ne pas suffoquer, elle se trouve confinée à la chambre médicalisée dont elle ne sort plus désormais, sauf en ambulance. Les muscles ont fondu et les os sont saillants sous la peau parcheminée, très mince, qui les enveloppe à peine. Le sillon des veines affleure sous les bras et les mains décharnées.

 

A près d’un siècle d’âge, sœur Emmanuelle pèse moins de cinquante kilos. Pourtant, je suis frappée par la puissance lumineuse du regard qui anime son corps affaibli. Ses yeux très bleus sont plus étincelants que jamais. Son visage aux traits creusés rayonne d’une joie quasi surnaturelle.

 

Je la sens au bord de l’ultime.

 

Je la regarde avec tout l’amour que je lui porte et un immense respect, comme la figure de proue d’un fin vaisseau appareillant vers les rives de l’autre monde. Attentivement, je recueille son message, pris à la source d’une vie centenaire exceptionnelle. Ces propos unissent pour moi la douleur d’un adieu à la force d’une extrême lucidité, sans concession, remettant en cause bien des idées reçues sur le bonheur.

 


Sœur Emmanuelle m’a souvent confié ce souhait :

 

« je voudrais tellement voir plus de bonheur autour de moi ». Si seulement nous pouvions comprendre combien nous sommes aimés d’un amour incroyable, nous serions plus nombreux à trouver le chemin du bonheur. »

 

Pour fêter ses quatre-vingt-dix-neuf ans, je lui ai proposé de nous faire le cadeau de ces propos sur le bonheur. Les textes qui suivent ont été réunis à partir de récents entretiens. Je les ai édités sous forme de méditations courtes mais denses. La formulation brève et percutante fait éclater une force de conviction et d’expérience joyeuse nous entraînant dans la fête d’un océan de bonheur que sœur Emmanuelle nous promet pour « les éternité des éternités ».

 

Mais attention ! on n’arrive à l’océan qu’au terme d’un voyage sur un long fleuve de souffrance.

 

Le bonheur présenté dans ce livre n’est pas à l’eau de rose. Sur cette terre, nos mille petits bonheurs ont un gout de miel amer. Ils nous laissent agréablement déçus, avec une impression de vide et d’insatisfaction profonde.

 

Avec exigence, sœur Emmanuelle nous conduit sur son chemin de dénuement, qui devient de plus en plus douloureux dans le grand âge. Mais elle a la force de transformer l’appauvrissement ultime de la vieillesse et de la mort en une fécondité d’amour. Je l’écoute célébrer dans un souffle le nada (rien) qui inspira à Jean de la Croix ses plus beaux chants d’expérience spirituelle. Dans le rien, les mystiques savent trouver le tout, trésor surabondant de sagesse aux sources de la joie.

 

Sœur Emmanuelle sait nous dire avec des mots justes le bonheur qui a illuminé sa vie afin d’illuminer nos vies.

 

Tel est le partage qu’elle nous offre dans les pages de ces mille et un bonheurs –
Un partage d’éternité.

 

Le vide se comble par l’amour.

 

J’ai senti très jeune le vide.
J’aimais m’amuser, danser, aller au cinéma.
Tout cela ne me laissait rien.
Habitant Bruxelles, je faisait une escapade à Londres.
Je m’amusais. Je rentrais.
Et après ?

 

J’allais à Paris. Je m’amusais. Je rentrait.
Et après ?
Il y avait toujours ce vide.
Ce vide qui happait ma jeunesse.

 

J’ai tenté de combler ce vide.
Très tôt j’ai cherché en Dieu un amour durable et sans limite, tel que la vie terrestre me l’avait refusé. Plus loin que mes larmes, je me suis mise en quête du chemine qui me permettrait de rejoindre Jésus dans le royaume de l’amour.

 

J’ai voulu un absolu.
Cet absolu serait l’amour du Christ dans mon cœur, que je porterais à des milliers d’enfants laissés pour compte de par le monde.Fin de l'article

Lgne de séparation

Mille et Un bonheurs – Méditations de sœur Emmanuelle.
Edition carnetsnord, oct 2007.

16:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans TÉMOINS DE CE TEMPS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |