11/07/2008
Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
Les contrepoints crépitent comme un feu d’artifice : « le monde voile ? Eh bien dévoilez. Il murmure dans l’ombre ? Proclamez sur les toits. Ce qu’il garde secret : faites-le connaître ». On comprend qu’à force de nous mettre ainsi en porte à faux par rapport à la mentalité ambiante, nous finirons par nous faire traiter de Démons !
Jésus nous répond : « Qu’à cela ne tienne : le monde et ceux qui lui appartiennent ne peuvent rien contre vous. Non seulement ils n’ont aucun pouvoir sur votre âme, mais ils n’en ont sur votre corps que dans la mesure où votre Père le permet. “Sois sans crainte petit troupeau” (Lc 12, 32) : de même que le Père m’a arraché à la mort pour me glorifier auprès de lui, ainsi vous sauvera-t-il vous aussi, et il vous donnera part à sa propre vie dans l’Esprit ».
A force de ruminer et de se laisser pénétrer par ces versets, la première impression un peu oppressante cède progressivement le pas à un sentiment de liberté et de joie : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » (Rm 8, 31-32). Le monde entier pourrait bien se déchaîner contre nous : ne sommes-nous pas dans la main de Dieu ? Or « nul ne peut rien arracher de la main du Père » (Jn 10, 29). Oui, « j’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur » (Rm 8, 38-39).
A condition bien sûr de ne pas le « renier devant les hommes » ; car Notre- Seigneur ne s’impose pas à nous : il s’offre à notre liberté, pour qu’en le choisissant nous puissions retrouver notre orientation originelle vers Dieu, Source et Fin de notre vie. Jésus s’engage même solennellement à intercéder auprès de son Père en faveur de ceux qui ne craignent pas de se compromettre, en prenant position pour lui devant les hommes. « Je me prononcerai pour eux devant mon Père » signifie que Notre-Seigneur se fait notre avocat, bien plus : notre « goël » (Lev 25, 48), le frère aîné qui rachète, fût-ce au prix de sa propre liberté, le petit cadet devenu insolvable.
Nous touchons à nouveau le paradoxe de l’Evangile. Nous rêvions d’un Dieu manifestant sa toute-puissance en nous préservant de la souffrance, qu’il n’aurait aucune peine à maîtriser du haut de sa grandeur. Or lorsque Dieu se révèle, il n’apparaît pas « au-dessus » de nous, mais au-dessous, et même au plus bas, lui qui s’est « s’abaissé jusqu’à mourir et à mourir sur une croix », afin qu’aucun des enfants du Père tombés dans le péché n’échappe à sa miséricorde.
Ne cherchons pas à être « au-dessus de notre Maître » : c’est sous les ailes de la poule que les poussins sont à l’abri ! Ne désirons pas une autre condition que celle qui nous échoit, puisque le Verbe, en l’assumant, lui a donné un poids de gloire éternelle. « Contentons-nous d’être comme notre Maître », recevant tout de la main du Père et lui rendant grâce en toutes circonstances : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » (Mt 11, 28-30).
« Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et pour faire de nous tes enfants d’adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père ; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle, par ce même Jésus, le Christ, notre Seigneur » (Or d’ouv.).
Père Joseph-Marie.
22:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
Imprimer |
|
del.icio.us |
|
Digg | |
Facebook | |
|
La prochaine encyclique de Benoît XVI portera sur la doctrine sociale.
ROME, Vendredi 11 juillet 2008 (ZENIT.org) - Le débat sur la lutte contre la pauvreté, contre l'analphabétisme ou pour la préservation de la planète, relancé lors du récent sommet des pays les plus industrialisés du monde (le G8), rend la prochaine encyclique de Benoît XVI (qui portera sur les questions sociales) particulièrement actuelle et importante.
Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, affirmait le 27 mai dernier dans un entretien à l'agence APCOM, que cette nouvelle encyclique pourrait être publiée à l'automne prochain, avec le titre Caritas in veritate.
« Pour le moment, ce n'est qu'une hypothèse, a souligné le cardinal. Je ne dis pas que le titre sera forcément celui-là. Il est probable, et pour le moment, c'est l'idée qui demeure mais une nouvelle inspiration peut se présenter ».
« L'encyclique est en phase d'élaboration, elle passe continuellement par le bureau du pape qui ne veut pas répéter des lieux communs de la doctrine sociale de l'Eglise mais souhaite apporter des éléments originaux, répondant aux défis de notre temps ; pensons au grand problème de la mondialisation et à d'autres problèmes qui affligent la communauté internationale, comme les urgences humanitaires, les changements climatiques », a-t-il déclaré.
Benoît XVI a déjà affronté à plusieurs reprises les thèmes sociaux qu'il présentera dans son encyclique. Il en a notamment parlé le 3 mai, en s'adressant aux membres de l'Académie pontificale des sciences sociales.
Présentant les quatre principes fondamentaux de la doctrine sociale catholique - la dignité de la personne humaine, le bien commun, la subsidiarité et la solidarité (cf. compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, 160-163), il a présenté les impératifs auxquels l'humanité se trouve confrontée en ce début du XXIème siècle « comme la réduction des inégalités dans la distribution des biens, l'extension des opportunités d'éducation, la promotion d'une croissance et d'un développement durable et la protection de l'environnement ».
« La dignité humaine est la valeur intrinsèque d'une personne créée à l'image et à la ressemblance de Dieu et rachetée par le Christ. L'ensemble des conditions sociales qui permettent aux personnes de se réaliser collectivement et individuellement, est le bien commun. La solidarité est la vertu qui permet à la famille humaine de partager en plénitude le trésor des biens matériels et spirituels et la subsidiarité est la coordination des activités de la société qui soutient la vie interne des communautés locales », avait-il affirmé.
« La solidarité qui unit la famille humaine et les niveaux de subsidiarité qui la renforcent de l'intérieur doivent cependant toujours être placés sur l'horizon de la vie mystérieuse du Dieu Un et Trine (cf. Jn 5, 26; 6, 57), dans laquelle nous percevons un amour ineffable et partagé par des personnes égales, bien que distinctes », avait-il expliqué.
Pour cette raison, « la responsabilité des chrétiens d'œuvrer pour la paix et pour la justice et leur engagement irrévocable pour le bien commun sont inséparables de leur mission de proclamer le don de la vie éternelle, à laquelle Dieu a appelé chaque homme et chaque femme ».
La paix n'est pas seulement une absence de conflit, avait rappelé le pape mais se réfère à la « paix civile » qui est « concorde entre citoyens », et à la « paix de la cité céleste » qui est « jouissance harmonieuse et ordonnée de Dieu, et réciproque en Dieu », comme disait saint Augustin.
« Les yeux de la foi nous permettent de voir que les cités terrestres et célestes s'interpénètrent et sont intrinsèquement ordonnées l'une à l'autre, dans la mesure où elles appartiennent toutes les deux à Dieu le Père, qui est ‘au dessus de tous, par tous, et en tous' (Ep 4, 6). Dans le même temps, la foi souligne davantage l'autonomie légitime des réalités terrestres qui sont établies selon leur consistance, leur vérité et leur excellence propres, avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques », avait-il ajouté.
La solidarité sous toutes ses formes
L'encyclique soulignera le devoir des croyants « d'améliorer la solidarité avec leurs concitoyens et entre eux et d'agir en se fondant sur le principe de la subsidiarité, en promouvant la vie familiale, les associations de volontariat, l'initiative privée et l'ordre public qui facilite le fonctionnement correct des communautés fondamentales de la société ».
« Jésus nous exhorte à faire aux autres ce que nous voudrions qu'on nous fasse (cf. Lc 6, 31), et à aimer notre prochain comme nous-mêmes (cf. Mt 22, 35). Ces commandements sont inscrits par le Créateur dans la nature humaine elle-même (cf. Deus caritas est, n. 31). Jésus enseigne que cet amour nous exhorte à consacrer notre vie au bien des autres (cf. Jn 15, 12-13) », précisait-il encore aux membres de l'Académie.
« C'est pourquoi la solidarité authentique, bien qu'elle commence par la reconnaissance de la valeur égale de l'autre, ne s'accomplit que lorsque je mets volontairement ma vie au service de l'autre (cf. Ep 6, 21) », avait-il ajouté.
« De même, la subsidiarité, qui encourage les hommes et les femmes à instaurer librement des rapports vitaux avec ceux qui sont les plus proches et dont ils dépendent le plus directement, et qui exige des plus hautes autorités le respect de ces relations, manifeste une dimension "verticale" adressée au Créateur de l'ordre social », avait expliqué le pape.
« Une société qui honore le principe de subsidiarité libère les personnes du sentiment de découragement et de désespoir, en leur garantissant la liberté de s'engager réciproquement dans les domaines du commerce, de la politique et de la culture », estime Benoît XVI.
« Lorsque les responsables du bien commun respectent le désir naturel de l'homme d'un autogouvernement fondé sur la subsidiarité, ils laissent place à la responsabilité et à l'initiative individuelles, mais, surtout, ils laissent place à l'amour (cf. Rm 13, 8; Deus caritas est, n. 28), qui reste toujours la "voie supérieure à toutes les autres" (1 Co 12, 31) », avait-il dit.
Le pape est convaincu que si les croyants défendent réellement la solidarité et la subsidiarité ils pourront « proposer les modalités les plus efficaces pour résoudre les multiples problèmes qui frappent l'humanité au seuil du troisième millénaire, en témoignant également de la primauté de l'amour, qui transcende et réalise la justice dans la mesure où il oriente l'humanité vers la vie authentique de Dieu ».
Jesús Colina.
21:47 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
Imprimer |
|
del.icio.us |
|
Digg | |
Facebook | |
|
La foi d'Ingrid Betancourt enracinée dans l'enfer de la jungle.

L’image est saisissante. À peine descendue de l’avion qui venait de l’arracher à l’enfer de la guérilla, Ingrid Betancourt s’est agenouillée, avec sa mère et les autres otages, pour prier quelques instants sur le tarmac de l’aéroport de Bogota. Revêtu d’une aube blanche, un prêtre était sur place pour accueillir les rescapés et les bénir.
À plusieurs reprises, l’ex-otage se signe de la croix, mains jointes et paupières closes, profondément recueillie malgré la frénésie ambiante. Et, d’emblée, devant les caméras du monde entier, l’ex-otage affiche une intense ferveur, n’hésitant pas à voir dans sa libération un signe de la Providence.
« La Bible » était son « unique luxe »
« Je veux d’abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie », répétait-elle, quelques minutes plus tôt, remerciant pour « leurs prières » tous ceux qui ont pensé à elle. « C’est un miracle », lançait-elle encore, débordante d’énergie. Cette foi inébranlable, qu’on avait déjà pu percevoir par divers témoignages ces derniers mois, a sans aucun doute aidé à sa survie pendant ces six longues années et quatre mois de captivité.
Dans une longue lettre rendue publique en décembre dernier, elle confiait que, dans le dénuement, « la Bible » était son « unique luxe ». « Ici rien n’est à soi, rien ne dure », écrivait-elle. « Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (…). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures… c’est vivre et mourir à nouveau. »
"Lorsque Ingrid sera libérée, notre premier voyage sera à Lourdes"
Elle poursuivait : « Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire. » Elle formait le vœu « que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais. »
Dans une vidéo diffusée en 2003, l’otage invitait ses proches « à un rendez-vous tous les samedis » pour s’unir avec elle à la prière du chapelet. Son éducation dans un milieu catholique – elle fut élève à l’Institut de l’Assomption de Paris – et son enracinement à la culture latino-américaine, où la foi est toujours sous-jacente, ont certainement favorisé ce retour à Dieu, cet abandon consenti en captivité.
Les siens ne failliront jamais à sa demande de communion spirituelle, puisant eux aussi un secours précieux dans la foi. « Je crois que c’est ma foi qui me pousse, affirmait Yolanda Pulecio, sa mère, en 2005. Je crois en Dieu et j’aime énormément la Vierge. D’ailleurs, lorsque Ingrid sera libérée, notre premier voyage sera à Lourdes, toutes les deux. Je l’ai promis à la Vierge. »
« D’abord, je crois qu’il y a Dieu… Je crois en Dieu »
En février, Yolanda Pulecio s’est rendue à Rome : « Je suis très émue, avait-elle confié après sa rencontre avec Benoît XVI, j’ai eu beaucoup de mal à retenir mes larmes pendant que j’expliquais au pape qui j’étais et de qui j’étais la mère. Le pape m’a dit : “Je prie pour cette jeune femme et je connais bien la situation difficile dans laquelle elle se trouve.” »
Quinze jours avant son enlèvement, dans une émission de la RTBF diffusée le 8 février 2002, Ingrid Betancourt évoquait avec lucidité les risques pris dans son combat contre la corruption. « D’abord, je crois qu’il y a Dieu… Je crois en Dieu », affirmait-elle avec force.
Jeudi 3 juillet, elle a eu quelques mots pour ses anciens ravisseurs. « J’ai vu le commandant, qui pendant tant d’années a été responsable de nous, et qui en même temps a été si cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse, j’ai senti de la pitié pour lui, parce qu’il faut respecter la vie des autres, même s’ils sont vos ennemis. »
François-Xavier MAIGRE
Source : LA CROIX
17:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans ACTUALITÉS SOCIALES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
Imprimer |
|
del.icio.us |
|
Digg | |
Facebook | |
|









