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29/01/2011

Bientôt une Église protestante unie.

Par Henrik Lindell
De g. à d. : Laurent Dauteville, président du comité directeur de l'Église évangélique luthérienne de France, et Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l'Église réformée de France, le 16 janvier 2011.  Copyright : Corinne Simon / Ciric Les réformés et les luthériens français créeront en 2013 l’Église protestante unie. Une démarche unitaire qui s’observe aussi dans le reste du monde, y compris chez les évangéliques. S'ils gardent leurs rites respectifs, il n'y a plus guère d'obstacles théologiques empêchant cette union luthéro-réformée.
 
La marche vers l’unité des réformés et des luthériens français, entamée il y a quatre ans, devrait s’achever lors d’un synode constitutif qui se tiendra à Lyon en mai 2013. D’ici là, peu de questions importantes restent en suspens en vue de l’union des deux grandes familles du courant central du protestantisme français.

Un pas emblématique a cependant été franchi à Paris les 15 et 16 janvier, lors de la session extraordinaire commune des synodes de l’Église réformée de France et de l’Église évangélique luthérienne de France, avec l’adoption d’une dénomination.

Les 220 délégués se sont mis d’accord sur un choix consensuel : l’Église protestante unie de France. De même, il a été décidé qu’il y aura une seule commission des ministères, dont le rôle est d’agréer les futurs pasteurs. Jusqu’alors « réformés » ou « luthériens » avec des traitements parfois différents, les pasteurs auront le même statut, le même salaire et le même accompagnement.

Néanmoins, « cette unicité veillera à maintenir la diversité des accents de chacune des traditions : spécificité du ministère pastoral ordonné, diversité des ministères reconnus pour la tradition réformée ».

En clair, on essayera de respecter les traditions, même si l’unité est parfaite sur le plan théologique. Les rites luthériens et réformé, notamment en matière de communion, sont parfois très différents.

Ce processus d’unification suit une tendance générale mondiale, celle d’un processus de recherche théologique chez les luthériens et les réformés à travers le monde qui aboutit progressivement à une relative unité.

Fruit du mouvement œcuménique dès le début du XXe siècle, l’accord le plus spectaculaire est la concorde de Leuenberg de 1973. Ceux des réformés et des luthériens qui l’ont signée (dont les Français) y expriment leur pleine communion au sujet de la Parole et des sacrements et reconnaissent mutuellement leurs ministères.

On voit les mêmes tendances à l’unité au sein de la grande EKD allemande (l’Église protestante), des Églises luthériennes et anglicanes, par exemple à travers la communion de Porvoo.

ÉROSION

Il y a une autre tendance, dont on parle moins volontairement chez les réformés et les luthériens français. Les deux Églises concernées perdent chaque année des fidèles. Elles sont d’autant plus susceptibles d’inver­ser cette courbe ( grâce notamment à l’arrivée de nouveaux convertis ) si elles rendent la gestion plus efficace, tout en consacrant des moyens conséquents à l’évangélisation, comme cela se fait chez les évangéliques.

Les effectifs étant somme toute relativement modestes. L’Église réformée, c’est « 110 000 foyers connus » et 441 postes, alors que l’Église luthérienne dénombre 35 000 membres, 41 ministres et 52 postes.

La « légère » érosion du nombre de fidèles de ces Églises protestantes françaises correspond à la même tendance, parfois dramatique, que celle que connaissent d’autres Églises sœurs protestantes européennes et américaines, surtout celles qui ont été des Églises d’État, comme en Suède ou en Allemagne.

En même temps, en France comme ailleurs, les évangéliques – théologiquement plus orthodoxes mais peu institutionnels dans leur démarche – connaissent une certaine croissance. Leur exemple inspire souvent positivement certaines Églises luthéro-réformées.

Or, il est intéressant de noter que ces communautés évangéliques se lancent, elles aussi, dans des initiatives visant des nouvelles formes de rapprochement et de mise en commun. Ainsi le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), créé l’été dernier et regroupant environ 70 % des évangéliques français.

Au niveau international, les évangéliques se regroupent de plus en plus au sein de l’Alliance évangélique mondiale, qui, elle, multiplie les dialogues avec d’autres Églises. Il s’agit là d’une autre forme d’œcuménisme qui ne veut pas dire son nom, mais qui est néanmoins manifeste.

Il est très difficile de séparer ce phénomène dans son contexte de la démarche unitaire des luthériens et des réformés. Faut-il donc conclure à un signe de guérison progressive de la maladie du protestantisme, en l’occurrence sa tendance à la division ? Ce serait une thèse sans doute trop hâtive. Mais des faits sont des faits. La tendance globale est à l’unité.

Source :Témoignage Chrétien.

20:01 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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