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05/02/2011

TOUTES CES PHOBIES QUI NE SONT QUE RACISME.

 Les minorités chrétiennes sont-elles opprimées en milieu musulman ? C’est l’une des questions qui reviennent fortement en ce début d’année, question fortement réactivée par l’attentat d’Alexandrie devant une église copte. Et pour parler de cette oppression le mot qui s’entend beaucoup est celui de christianophobie. Mot médiatique, mot de journaliste, mot qui se répand à mesure que les discriminations, les brimades ou même les attentats meurtriers font la une des journaux.

Si la fréquence du mot est assez récente, sa formation ne surprend pas. Son sens est facile à comprendre : la christianophobie est la haine des Chrétiens. Le mot phobie existe, en tant que tel, même s’il n’est pas lié à un autre radical. Mais c’est un terme qui appartient au langage de la psychologie : on peut avoir la phobie de la foule, de la solitude, de l’enfermement. Cela correspond à un genre de peur irraisonnée, qui entraine un mouvement de recul, de fuite pour éviter une situation ressentie comme insupportable. Et dans ce sillage, phobie a servi à former des termes psychologiques : on peut trouver des mots tels que claustrophobie, agoraphobie…. Celui qui est claustrophobe développe une panique à l’idée de se trouver enfermé. Mais cela n’est nullement dirigé vers une autre personne ou un autre groupe : c’est une réaction tout à fait individuelle.

D’un autre côté, depuis quelques années, le suffixe phobie a été utilisée avec un tout autre sens : il exprime le mépris, la haine, l’hostilité farouche que l’on peut développer à l’égard d’un groupe. Cela s’apparente donc à une forme de racisme : une collectivité incarne l’idée du vice, ou même du mal. L’un des premiers mots qu’on a entendus dans cette série est homophobie, avec l’adjectif qui lui correspond, homophobe. Il s’agit bien d’un sentiment développé par rapport à une minorité qu’on va considérer comme déviante, et dont on ne va pas supporter l’existence. C’est donc en général au nom de la morale, du bien, d’une certaine idée de ce qui doit être fait et de ce qui, à l’inverse, est un péché, que cette détestation s’amplifie. L’homophobie est donc dirigée contre les homosexuels, et on parle ainsi de comportements, d’attitude ou de propos homophobes.

Parallèlement, on s’est mis à parler d’islamophobie à propos du racisme contre les musulmans. La peur et la haine n’ont pas les mêmes motifs ni les mêmes formes, mais le mot s’emploie plutôt dans ces contextes ou les musulmans sont minoritaires. Alors, on n’a pas ou presque pas de judéophobie, mais c’est que l’antisémitisme est ancien, et que ce dernier mot est né à une époque ou justement le suffixe –phobie n’était pas en usage.

Et le mot christianophobie s’est donc construit sur ce modèle, et se répand, hélas

 

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/
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Yvan  Amar

20:24 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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