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14/04/2011

TÉMOIGNAGE D'UNE IVOIRIENNE.

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Moi, ivoirienne, aimant profondément mon pays et viscéralement attachée à sa souveraineté, je dis : VIVE LA FRANCE !
Et ce faisant, je m’insurge contre tous ceux qui critiquent l’intervention de la France ce 11 avril 2011. Ils n’étaient pas à Abidjan, ceux qui déblatèrent. Ou alors, ils y étaient, mais dans le camp de ceux qui semaient la terreur et le chaos. Oui, ces idéologues bien pensant qui discourent n’ont pas vu ni partagé la souffrance et la détresse de ces milliers de personnes prises en otage dans une ville livrée à la terreur et au chaos. Ils n’ont pas vu des membres de leurs familles tués ou violés sous leurs yeux. Ils n’ont pas vu le drame de ces familles privées d’eau et de nourriture. Ils n’ont pas vu leur femme enceinte mourir faute d’assistance médicale pour son accouchement. Ils n'ont pas pris de balles perdues dans leur maison. Ils n'ont pas vu leur enfant pleurer de faim. Ils n'ont pas vu des femmes et des enfants frappés de mutisme ou de cécité du fait des traumatismes qu'ils ont subis ou dont ils ont été témoins. Ils n'ont pas côtoyé l'horreur au quotidien. Ils n’ont pas respiré l’odeur acre des cadavres en putréfaction.....
 
 

Moi, j'y étais. J'ai partagé toute cette souffrance jour après jour. J'ai connu cette peur panique qui vous noue les entrailles la nuit, parce que vous ne savez pas si le jour suivant vous trouvera en vie. Je sais de quoi je parle. Ma mémoire lutte pour oublier certaines images... Alors, ne venez pas me tenir vos discours patriotiquement savants. Face à toutes ces horreurs que je viens de décrire, je crois n'avoir pas de leçons à recevoir de vous.
 

 


Je rends gloire à Dieu d'être restée en vie. C'est Lui qui m'a sauvée et protégée.
Je m'incline devant la mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont morts quel que soit les camps auquel ils appartenaient. Une vie, fusse-t-elle celle du pire des bandits, est précieuse aux yeux de Dieu. Je ne fais pas de différence entre le sang des "pro" ou celui des "anti", entre le sang qui a coulé et qui continue de couler. Mon cœur est meurtri quand une femme ou un homme est tué, torturé, violé ou humilié. Je prie pour toutes ces personnes qui sont irrémédiablement meurtries dans leur chair. Je prie que les actes de représailles cessent. Je prie que les ivoiriens se pardonnent mutuellement et réussissent à vivre de nouveau ensemble. Je prie que la Côte d'Ivoire soit réconciliée avec elle-même, avec ses voisins et avec les autres nations du monde. Je prie pour que l'image que mon pays a présentée au monde entier soit effacée et que, de tout ce "chaos", naisse une "étoile".

Et pendant que je fais cette prière, je n'oublie pas de remercier la France et de prier pour elle. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui estiment que la France est allée trop loin. Car, il est des situations où ne pas « aller trop loin» devient un refus d’assistance à peuple en danger. Il est des situations où ne pas «aller trop loin» est traître et lâche. Il est des situations où ne pas «aller trop loin» devient un crime contre l’humanité… Si ingérence il y a eu, je la salue en l’occurrence. Je défends l’idée de la souveraineté des peuples et des nations. Mais je crois aussi au droit d’ingérence humanitaire. Oui, la France a eu raison d’«aller trop loin». Car en «allant trop loin», elle a aidé à sauver des vies humaines ; elle a aidé à sauver des femmes livrées aux violeurs ; elle a aidé à mettre fin à une situation de terreur généralisée ; elle a aidé à éviter une catastrophe humanitaire ; et elle a aidé à éviter le chaos dans mon pays.
Alors, pour cette intervention critiquée, je redis : VIVE LA France !

 


Adjoua Flore Kouamé.

 

 
 

09:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., TÉMOIGNAGES. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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