7427

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/09/2005

LETTRE A NICOLAS SARKOZY.

Cher Nicolas,

Les personnes me connaissant quelque peu, seront surprises que je puisse m'adresser à un Homme politique n'ayant guère la même vision et sensibilité quant à la façon de mener les affaires de l'État. Mais, lorsqu'un être Humain se trouve flagellé dans sa chair, je monte toujours au créneau. En vacances, j'ai vu une certaine presse se focaliser allégrement sur votre vie privée. Ma première réaction fut de penser que cela était une histoire imaginée pour vendre du papier. Et je constate, ce jour que votre histoire personnelle est l'objet de réelles blessures. Vous avez certes, médiatisé votre personne mais, uniquement dans l'objectif d'expliquer votre politique. Pas votre vie intime. Les charognards buvant le sang des couples exsangues s'en donnent à coeur joie. Les meurtrissures amoureuses sont difficiles à vivre, à assumer, même dans le silence de l'âme. Alors, quand celles-ci sont étalées aux premières pages des magazines, une larme peut devenir océan. Monsieur sarkozy, ne vous laissez pas couler dans les flots d'une presse à scandale dont l'encre écumeuse peut submerger l'espérance en vous. Vous savez mieux que moi, l'importance des problèmes économiques dont la France subit chaque jour les retombées. Cette lettre est également écrite pour tout humain ayant un couple qui se défait. Mon coeur saigne de vous savoir dans cette mascarade puante des journalistes en mal de mots. Nous avons tous et toutes nos convictions, celles-ci nous aident à nous construire et à forger notre existence. Nous devrions en tant que citoyens ( nes ) montrer l'exemple de la fraternité active. Peu importe que nous soyons de gauche, de droite, du centre, la souffrance n'a pas de couleurs. Nous devrions au contraire mettre nos idées en commun pour un monde meilleur. En gardant certes, nos opinions personnelles mais, en respectant profondément celles des autres. Et parfois, une correction fraternelle rude et objective concernant certains partis racistes ferait avancer le débat. Notre individualisme forcené, nos vérités acquises ont séparés notre société dans son refus de partager nos expériences. Nous devons unir, réunir, nos pensées pour notre avenir. Certains, verront dans cette lettre une inspiration démagogique. Il n'est est rien. Je dis simplement que les divisions idéologiques tuent le peu d'humanité qui reste en nous. Nicolas, tu es mon Frère et je t'aime tel que tu es, même si je ne suis pas en accord avec toutes tes actions.Je te souhaite de conserver cette Force d'Espérance qui fait de toi un homme debout. Ma famille est issue du monde ouvrier et c'est peut-être pour cette raison que ma sensibilité va vers les plus spoliés. Cependant, je ne fermerai jamais ma gueule devant la souffrance d'un être. Il faut que notre monde recouvre cette conscience fraternelle pour régler ensemble les problématiques sociales. La division n'apporte que Haine et déchirures. Soyons, critiques, soyons vrais sans nous contenter de discours sans suite. La vie se construit dans l'écoute des autres. J'écoute, mon Frère ta souffrance familiale en pensant à tes enfants. J'écoute tes projets et si je ne suis pas d'accord, je ne manquerai point de te le dire. Comme un Frère qui s'adresse à un autre Frère ayant un caractère différent mais, sans détruire la famille pour autant. Que ta Foi t'aide à traverser les tempêtes comme bon nombre d'anonymes et que ta personnalité ne soit pas davantage blessée par les propos meurtriers de journaleux qui peuvent détruire une existence en quelques lignes. Je suis également du côté de ceux qui vivent cette terrible histoire comme un livre dont le chapitre reste clos à jamais, souvent.

Bruno LEROY. Éducateur.

19:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PENSÉES PERSONNELLES | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

Commentaires

C'est vrai que pour le rebelle que je connais depuis des années cet article peut surprendre. On pourrait croire que tu changes d'avis comme de santiags. Mais, justement en te lisant, je vois l'indignation face à ces fouilles merdes qui sont responsables du suicide d'un certain premier ministre sans parler des artistes. Tu as raison, la souffrance n'a pas de couleurs et sachant que tu t'insurges depuis longtemps dès qu'un homme ou un jeune souffre. Je comprends parfaitement ta démarche et suis même content de voir que tu n'es pas sectaire et que tu te révoltes toujours quand les hommes sont oppressés. Il fallait oser le faire et tu l'as fait. Ca ne m'étonne pas sachant que tu te fiches pas mal du jugement des autres et que tu suis tes propres impulsions. Je ne dirai qu'un mot : BRAVO !
Xavier Dumond
Responsable social

Écrit par : Xavier | 01/09/2005

Bonjour,

Je travaille au journal la croix et j'aimerais vous faire suivre un courrier. Pourriez-vous me transmettre une adresse ?

Merci

Écrit par : isabelle solé | 02/09/2005

Votre texte m'a ému, notamment ces mots :
"Les meurtrissures amoureuses sont difficiles à vivre, à assumer, même dans le silence de l'âme. Alors, quand celles-ci sont étalées aux premières pages des magazines, une larme peut devenir océan."
J'ai moi-même perdu mon travail à cause d'une affaire de coeur et d'amitié, mon employeur s'étant immiscé dans ma vie privée et m'ayant fait payer très cher le fait d'avoir été amoureux d'une collègue de travail. Personne n'a voulu m'écouter ni même comprendre que l'amour rend aveugle parfois mais aussi que l'amour n'est pas un crime. Et c'est pour cette raison que je trouve absolument déplorable le voyeurisme galopant qui envahit peu à peu toutes les couches de notre société, nous rendant peu à peu blasés et insensibles face aux malheurs de ceux dont la vie bascule dans l'infinie tristesse du vide et de la solitude. Sommes-nous engagés à ce point sur la route d'une société exempte de toute forme de sensibilité et d'absence totale de compassion? En tous cas bravo pour ce beau texte sincère et fraternel.
Cordialement.

Écrit par : Rhynegard | 19/09/2005

Très belle réponse, dont je prend note également pour moi, même si le problème est différent car "ils" ne savent rien de moi, je prends soin de préserver mon intimité. Le tout étant, si j'ai bien compris, de ne pas montrer ses "cordes sensibles". Mais pas toujours facile de rester impertubable...
Amitiés

Écrit par : radotages | 21/09/2005

Les commentaires sont fermés.