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06/10/2006

LA VÉRITABLE JOIE.

Dieu nous parle par les Écritures : c’est le premier des enseignements. La dimension de la joie brille de mille éclats dans la Parole de Dieu : nous sommes invités à nous en imprégner. Nous y retrouvons le mot joie 345 fois, mais il faut ajouter une infinité de nuances : allégresse, exultation, ivresse, cri de joie, tressaillement, jubilation…
Pensons à la Vierge Marie lorsqu’elle chante son Magnificat. Un autre enseignement est justement celui des saints.
Tous ont eu à souffrir, mais ils parlent pourtant de la joie comme d’une chose non seulement possible mais non facultative !
« Un saint triste est un triste saint » dit le curé d’Ars qui connut tout autant les épreuves intérieures que les persécutions venant de son entourage. Saint Séraphim ne manquait pas de saluer chacun en lui disant : « Ma joie ! ». Il ruisselait littéralement de la joie de l’Esprit malgré toutes les embûches qu’il rencontrait également… Pensons à saint François, le pauvre d’Assise, chantre de «la joie parfaite» même devant les humiliations. Il dit de Dieu : « Tu es joie, tu es notre espérance et notre joie ». Il expérimente qu’au-delà de notre péché et de notre indigence, Dieu est !
 Il réalise que suivre le Christ des Béatitudes, c’est accueillir la joie, don de Dieu toujours présent. Même épuisé par la maladie, renié par certains de ses frères, il compose son «Cantique des créatures» à la louange du Créateur pour frère soleil, sœur lune… et même notre sœur la mort. Jusqu’à son dernier souffle, il est le témoin et le messager de la joie. « Que mes frères aient bien soin de ne pas affecter un air sombre, mais qu’ils se montrent joyeux dans le Seigneur. »

Posons-nous donc la question : « Quelle est dans ma vie la cause de ma tristesse ? »

 La joie diminue bien souvent dès que nous refusons quelque chose à Dieu.

Pensons à l’épisode du jeune homme riche (Mt 19, 16-22) ; « Jésus lui déclara : «Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; puis viens, suis-moi.» À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. » À quoi est-ce que je m’attache trop, à en être peut-être esclave, à quelles idoles qui m’empêchent de suivre le Christ comme je le voudrais ?

Où est mon véritable trésor ? Ce péché d’idolâtrie peut recouvrir bien des formes : nous sommes trop riches, déjà, de nous-mêmes, ou bien nous tenons à des choses parfois dérisoires, à de fausses sécurités, à de fausses joies… devant la peur de la vie.

Notre manque de pauvreté, d’abandon, d’humilité, le fait de ne pas accepter nos limites, ce point d’orgueil si bien ancré en nous, nous empêchent de courir librement vers le Seigneur. La Petite Thérèse, avant sa « conversion de Noël », pleurait même d’avoir pleuré !

La tristesse se nourrit du remords et du manque de confiance en Dieu qui peut tout si nous nous abandonnons avec une confiance toute filiale, comme un disciple pour son maître, comme un fils pour son Père. Dieu nous rend d’ailleurs toujours au centuple !

Il nous faut tout un chemin pour nous laisser dépouiller, pour accepter les événements, les imprévus qui viennent nous simplifier, nous sanctifier, pour nous aimer (nous-mêmes et les autres) tels que nous sommes, avec nos limites, notre péché, mais également avec une juste estime de soi, comme Dieu nous aime. « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 5). Nous en venons toujours aux Béatitudes, fine pointe de l’enseignement du Christ et des saints à sa suite, telle Marie, l’humble servante devenue «Cause de notre joie» !

Notre monde propose souvent de fausses joies, à bon marché.

 Éphémères, elles aboutissent souvent à l’impasse, à l’amertume, à la dépendance… D’autre part, s’il y a acceptation de nos limites, de notre péché, s’il y a un «lâcher prise», un «laisser-faire» à vivre, la pauvreté n’est pas non plus étriquée, ni peureuse, ni démissionnaire…

Regardons dans quel contexte il est dit : « Entre dans la joie de ton maître ».

Le maître s’adresse ici à ceux pour qui il avait donné des talents – qu’importe le nombre – et qui les ont fait fructifier. Un seul confie qu’il a eu peur et qu’il est allé enfouir son talent dans la terre. Il ne s’en est pas emparé pour le faire fructifier. Il est alors qualifié « de mauvais et de paresseux » (Mt 25, 26) !

Avec l’aide de l’Esprit qu’il nous faut sans cesse mendier, la vie en Dieu suppose donc aussi dynamisme et audace, avec la décision d’entretenir et de pratiquer la joie. Concrètement ? Il y a d’abord le choix de la vie, goûter les joies de la vie que le Créateur nous donne : beauté de la nature, rencontres…

Toujours maintenir un dialogue avec Dieu (que ce soit dans la colère, la souffrance, le repentir ou l’action de grâce : citons l’exemple des psaumes). Éviter ces autodialogues stériles qui nous font plus de mal que de bien !

Faire mémoire des bonnes choses et du fait que je suis sauvé par la mort et la résurrection du Christ ! Louer Dieu. Entrer dans la compassion et l’intercession pour notre entourage et pour le monde, plutôt que de désespérer d’eux. Comme Séraphim, cultiver un regard de bénédiction sur son prochain : tu as vu ton frère, tu as vu Dieu. Cultiver le sourire, la charité en actes, la gratuité et non ces relations où l’on attend trop de l’autre…

Cultiver son intimité avec Dieu : Lui seul peut nous combler face au sentiment d’incomplétude de tout homme et face aux souffrances…

La teshouva, ce retour à Dieu dans le repentir, est un profond remède à la tristesse, notamment avec les sacrements (confession, eucharistie) et l’ouverture du cœur à un accompagnateur spirituel.

 Il y a pour tout cela un combat spirituel à mener, mais c’est le gage de notre joie !

L’enjeu en vaut la peine, car la joie du chrétien (une joie non factice, pas forcément exubérante), c’est le témoignage dont le monde a besoin.

par Fr. Bernard de Clairvaux.

17:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans COMBAT SPIRITUEL. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

Commentaires

La joie de Dieu est unique parce qu'elle est vraie.
La joie de Dieu est unique parce qu'elle est vie.
La joie de Dieu est unique parce qu'elle est espérance.
La confiance à Dieu est immuable parce qu'elle est joie.

Lorsque vous avez compris le sens de la joie de Dieu, alors tout vous est ouvert.
L'ouvertue à l'amour, l'ouverture au pardon, l'ouverture au partage, l'ouverture au combat, l'ouverture à la charité, l'ouverture à la souffrance, l'ouverture au oui à Dieu.
Par tous ces chemins différents, rejoingent le seul chemin celui de la joie.
Joie du corps, joie du coeur, joie de l'esprit, joie de l'âme à chaque approche vers Dieu. Et comme toute chose sur terre est Dieu, alors tou est joie !

Écrit par : lala | 05/02/2007

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