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06/04/2008

Jésus s’échappe toujours quand on croit le tenir…

Où trouver Jésus ? La foule n’est pas dupe : une seule barque est partie, et Jésus n’était pas dedans. Pourtant il n’est plus là où il a multiplié les pains. Et voici que ceux qui, alertés par la rumeur, arrivent de l’autre rive témoignent que Jésus n’y est pas… On repart donc sur l’autre rive.

Quelle confusion ! Hier, Jésus multiplie des pains sans que personne ne lui en fasse la demande, aujourd’hui, il disparaît et refuse de répondre aux prières. Voilà qui n’est pas sans rappeler certains moments de notre vie spirituelle. On cherche Jésus à droite et à gauche, on revient sur ses pas, mais il n’est pas là où on pensait, et voici qu’il apparaît là où on ne s’y attendait pas. Comment éviter les impasses et faire avec le Seigneur une rencontre véritable ?

Le problème est qu’au départ, les gens ne savent pas exactement ce qu’ils cherchent. Ils ont bien perçu quelque chose du mystère qui s’est déroulé au milieu d’eux, mais il n’est pas encore possible d’en dire quelque chose de clair. Avec Jésus : paix et abondance ; voilà une certitude. Mais le rabbi s’échappe toujours quand on croit le tenir…

C’est pourquoi Jésus leur explique ce qui voue leur recherche à ces échecs répétés : « vous me cherchez parce que vous avez été rassasiés ». Seule l’immédiateté du signe, seule la satisfaction immédiate les met en route. Malheureusement, cette attitude procède de l’incroyance, car cette recherche est centrée sur soi et ne désire pas connaître le vrai visage du Seigneur. On ne veut pas s’engager à sa suite mais profiter des bienfaits accordés à sa suite. Dans les signes qui ont été donnés, ils n’ont pas vu ce qu’il y avait à voir.

La foule doit donc faire le chemin du voir au croire, de l’accueil du signe jusqu’à l’accès à son sens profond. C’est cette recherche qu’elle doit travailler à bien mener. Cesser de s’agiter sur mille chemins, guidés par le souvenir des biens reçus et par le désir d’en recevoir de plus grands encore, pour travailler à se mettre en accord avec l’œuvre de Dieu. La priorité n’est pas à produire une œuvre, mais à permettre à Dieu de réaliser son œuvre dans nos vies. Tel est l’exemple que Jésus nous donne. Il se fait nourriture. C'est-à-dire qu’il s’abonne, il se livre entre nos mains pour que nous ayons la vie, pas seulement en abondance, mais en plénitude.

Le sens du signe que Jésus nous donne ne nous est donc pleinement dévoilé que lorsque nous entrons nous-mêmes dans le mouvement de celui qui se fait nourriture. Le premier pas consistant à accueillir cette nourriture et lui donner réellement les moyens d’accomplir son œuvre en nous. Notre premier et plus urgent travail pour collaborer aux œuvres de Dieu est de placer notre vie spirituelle dans le vigoureux dynamisme qui fait fructifier la foi reçue.

Telle est la vraie rencontre avec Jésus. On ne peut rencontrer véritablement celui qui ne sait que se donner qu’en se donnant soi-même. Complètement ; sans rien attendre en retour. Alors commence la collaboration avec l’œuvre de Dieu, alors notre foi s’épanouit en actes de charité. Alors, enfin, on vit en ressuscités.

Frère Dominique.

20:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

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