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18/02/2012

Dès que vous ferez face à l’épreuve, vous recevrez la force.

On pense souvent que la vie chrétienne nous apporte la délivrance de toute épreuve. Ce qu’elle apporte, c’est la délivrance dans l’épreuve, ce qui est tout différent. « Heureux celui que le Très-Haut admet en sa présence... pour qu’il habite dans ses parvis... là, aucun malheur ne l’atteindra » - aucun fléau ne peut vous atteindre dans l’intimité de Dieu.

L’enfant de Dieu n’échappe pas aux épreuves, mais Jésus vous dit de ne pas en être surpris : « Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde - ne vous laissez effrayer par rien. » Certains qui, avant leur conversion, n’auraient pas songé à parler de leurs épreuves, deviennent souvent, une fois nés de nouveau, des « faiseurs d’embarras », car ils se font une fausse idée de la vie d’un racheté.

Dieu ne nous donne pas une vie triomphante, il nous donne la vie à mesure que nous triomphons. L’effort même nous communique une force. S’il n’y a pas d’effort, la force ne nous est pas donnée. Est-ce que vous demandez à Dieu de vous donner la vie, la liberté et la joie ? Il ne vous les donnera pas, tant que vous n’accepterez pas l’épreuve. Dès que vous ferez face à l’épreuve, vous recevrez la force. Surmontez votre crainte, allez de l’avant, et Dieu vous nourrira des fruits de l’arbre de vie. Quand on dépense ses forces physiques, on s’épuise. Mais, Quand on dépense ses forces spirituelles, on devient encore plus fort. Dieu ne nous donne jamais des forces pour demain, ou pour tout à l’heure, mais il nous les donne pour l’effort du moment présent. Nous sommes tentés d’affronter les difficultés en nous appuyant sur notre bon sens commun. Mais l’enfant de Dieu peut se rire des difficultés qui l’écrasent, car il sait que Dieu peut accomplir l’incroyable.

Bruno LEROY.

13:47 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

La Liberté intérieure est le but de l'éducation.

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C'est la Liberté intérieure qui est le but de l'éducation, parce qu'elle correspond à la santé psychique, au bien-être moral, à un accord de soi avec soi-même. Elle seule répond vraiment à l'aspiration profonde et naturelle de l'homme, toujours en quête de son unité.
  
Nous ne la concevons d'ailleurs pas comme quelque chose de fermé, qui n'aurait aucun rapport avec le monde extérieur, car un tel isolement ferait de l'individu un être incomplet qui, à vrai dire, n'aurait aucune raison d'être, non plus que sa belle liberté dont il n'aurait désormais que faire.
  
 Pour que celle-ci ait quelque valeur, il faut au contraire qu'elle soit une réponse au monde extérieur et non une jouissance purement personnelle que les contacts du dehors seraient destinés à ternir.
  
Elle doit nous mettre à l'unisson de la Vie et non nous en retrancher. Comment pourrions-nous être vraiment d'accord avec nous-mêmes en commençant par nous amputer de toutes nos tendances sociales et de notre besoin d'agir ?
 
Loin d'être marquée par l'épanouissement de nos facultés, cette pseudo-liberté correspondrait à une atrophie de notre personnalité. En fait, la liberté, en tant que but de l'évolution humaine, réclame de l'individu deux conditions préliminaires : un accroissement du sens de la Réalité et un accroissement des forces qui permettent d'affronter cette dernière. 


Bruno LEROY.

13:43 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Comme un petit enfant que le monde abandonne.

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Pour ces fleuves qui traversent nos forêts comme des veines nourricières,

Pour ces arbres dont les feuilles cherchent définitivement la terre,

Pour la rosée cristalline qui reflète tes pensées aux senteurs de jasmin,

Pour le vent qui chante puis se tait dans les cheveux des blés et des herbes figées,

Pour ce feu que d’aucuns appellent soleil et qui ressemble étrangement à ton visage,

Pour le bleu profond des lèvres du ciel qui enchante ma conscience et me rend humble,

Pour cette étincelle qui scintille au tréfonds de tes yeux marrons et mystérieux,

Pour ces arcs-en-ciel qui imaginent le monde avec un maximum de couleurs,

Sans peur, sans haine, sans rejet de l’autre parce qu’il est black, blanc, beur,

Pour cette langueur océane aux lames spumeuses qui me font méditer,

Pour ces miroirs aux creux des rochers cette mer en partie retenue,

Et qui pleure du prisonnier dans sa cellule sans mot dire mais sans joie,

Pour cette biche qui danse aux tempos lents des brises d’automne,

Comme un petit enfant que le monde abandonne,

Pour ce verbe libre que ton Esprit me donne pour écrire ces mots,

Dont je ne sais souvent où ils vont me mener tel un vagabond de la plume,

Pour le soir qui tombe et ne sait se relever perclus de rhumatismes,

Un peu comme la petite vieille que j’ai vu traverser pressée de renter,

Pour la peur que tu n’offres pas à ceux qui veulent t’aimer,

Cette appréhension antinomie de l’amour désintéressé,

Pour cette maladie que tu ne donnes jamais à l’un de tes enfants,

La bonté est l’éclat même de ton cœur de diamant,

Pour cette crise économique dont tu donnes les mesures de la raison,

Tu sais bien que nous t’avions oubliés sous ces tonnes de billets,

Pour recouvrer l’essence, le sens même de la vie en Jésus-Christ,

Tu sais bien qu’il nous faut laisser le superficiel qui fut notre fiel,

Pour désencombrer notre esprit de ses désenchantements et de ses chimères,

Tu sais bien qu’il nous faut retourner au centre de nous-mêmes tel un volcan éteint,

Pour rallumer la flamme de cette substantifique moelle de notre existence insipide,

Pour ces projets d’avenir et cette incommensurable beauté dont tu pares la nature,

Je te dis merci pour les joies, les peines, les chagrins, les haines, les regrets,

Je te remercie dans ton infinité d’être présent dans la fleur qui parfume ma maison,

Pour ces myriades de resplendissements que nous ne savons plus considérer,

Pour cette divine nature qui nous parle de toi à nos côtés,

Pardon et Merci d’être toujours compatissant envers tes enfants,

Qui ignorent ta grandeur faute de regarder , de contempler et de ne voir que leur nombril comme source de vérité.

Notre source c’est Toi dans le firmament étoilé de notre Espérance combative.

Pour tout cela et plus encore…MERCI !

 

Bruno LEROY.

 

13:38 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

LETTRE A L'ENFANT QUE JE N'AURAI JAMAIS.

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Mon enfant, La journée où tu trouveras que je suis devenu très vieux, essaie d'avoir de la patience envers moi et essaie de me comprendre… Si je me salis en mangeant… si j'ai de la difficulté à m'habiller… sois patient ! Souviens-toi des heures que j'ai passé à t'apprendre toutes sortes de choses quand tu étais petit… Si je répète la même chose des dizaines de fois, ne m'interrompt pas !
 
Écoute-moi ! Quand tu étais petit, tu voulais que je te lise la même histoire, soir après soir, jusqu'à ce que tu t'endormes. Et je l'ai fait ! Si je ne me lave plus aussi souvent sous la douche, ne me réprimande pas et ne me dis pas que c'est une honte.
 
Souviens-toi combien d'excuses, je devais inventer pour te faire prendre un bain quand tu étais petit… En voyant mon ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas de moi, mais laisse-moi plutôt le temps de comprendre… Je t'ai appris tant de choses… bien manger… bien t'habiller… bien te présenter… comment confronter les problèmes de la vie… S'il m'arrive à l'occasion de manquer de mémoire ou de ne pas pouvoir suivre une conversation… laisse-moi le temps nécessaire de me souvenir… et si je n'y parviens pas, ne deviens pas nerveux et arrogant… car le plus important pour moi, c'est d'être avec toi et de pouvoir te parler ! Si je refuse de manger, ne me force pas ! Je sais très bien quand j'ai faim et quand je n'ai pas faim.
 
 
Quand mes pauvres jambes ne me permettront plus de me déplacer comme avant… Aide-moi de la même manière que je tenais tes mains pour t'apprendre à faire tes premiers pas. Et quand un jour, je te dirai que je ne veux plus vivre… que je veux mourir… ne te fâche pas… car un jour tu comprendras aussi à ton tour ! Essaie de comprendre qu'à un certain âge, on ne vit plus vraiment ! On survit simplement ! Un jour, tu comprendras que malgré toutes mes erreurs, j'ai toujours voulu ce qui était le mieux pour toi et que je préparais le terrain pour quand tu serais grand… Tu ne dois pas te sentir triste, malheureux ou incompétent (e) face à ma vieillesse et à mon état. Tu dois rester près de moi, essayer de comprendre ce que je vis, faire de ton mieux comme je l'ai fait à ta naissance… Aide-moi à marcher… aide-moi à terminer ma vie avec amour et dignité… La seule façon qui me reste pour t'en remercier, c'est un sourire et beaucoup d'amour pour toi… Je t'aime……
 
Je me sens si seul ce soir de ne pas t'avoir à mes côtés pour te dire ces mots que je viens d'inventer. Tu sais, je ne referai jamais ce destin qui me fait vivre sans toi. Les tourbillons de la vie n'ont pas permis que je te connaisse. Mais, j'ai construit d'autres existences dans lesquelles ; j'entrevois les reflets de mon visage d'autrefois. Toi, que je n'aurai jamais. Je t'en prie garde cette lettre sur ton cœur. Elle servira certainement à tes parents vieillissants ou à d'autres personnes qui passent leur chemin. Adieu, mon enfant. Je n'ai fait que rêver quelques instants. Pardonne-moi de t'avoir dérangé dans ton profond sommeil.
 
       Bruno LEROY.


13:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

COMME UN CRI DANS LA NUIT.

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Comme un cri dans la nuit ta prière hurle,

Comme une larme sur tes joues elle bouscule,

Elle parle à Dieu bien-sûr, aux bien-pensants aussi,

Elle transcende ta vie de toutes ces impressions moisies.

 

Et tu penses qu’un jour viendra la paix intérieure,

Lorsque tu auras du travail et un peu moins peur,

Des lendemains incertains qui se greffent en ton cœur,

Où l’argent fait du bien loin de tes rancoeurs.

 

Et tu t’aperçois que la prière n’est pas magique,

Qu’elle s’absente souvent de tes rêves chimériques,

Il sert donc à quoi de parler dans le vide sidéral,

Et d’espérer que le monde devienne amical ?

 

Tu sais, la prière est le langage de l’Amour gratuit,

Tu respires les fleurs que Dieu sème dans ta Vie,

Tu chemines doucement vers la vérité vraie,

Pour donner à tes jours une couleur de sincérité.

 

C’est tout,

La prière donne la grâce d’être joyeux toujours,

Même lorsque dans ta brume tu sens les vautours,

La prière donne la force de les affronter sans regrets,

Puisque cette Force te vient de Dieu voilà ton secret.

 

L’espérance est la puissance d’amour que tu mets chaque jour dans tes moindres gestes, tes moindres sourires. Et dans l’admiration que tu as de la divine Nature qui te fait contempler la splendeur de Dieu.

 

Bruno LEROY.

 

12:13 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., GOSPEL, LA POÉSIE DE LA VIE, LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Il faut cesser d'enfermer les âmes dans des ghettos.

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S'il est un domaine où les limites spirituelles de l'homme se dévoilent dans toute leur incohérence, c'est bien celui des conditionnements et plus précisément celui des préjugés. Et que nous le voulions ou non, nous sommes tous plus ou moins conditionnés par notre éducation et, plus largement, par une société qui ne peut s'empêcher d'étiqueter les êtres en fonction de leurs croyances ou de leurs comportements sexuels.

Ainsi, au lieu de reconnaître un bon arbre à ses fruits, nous préférons le juger à la couleur de son écorce et la comparer à la nôtre pour savoir s'il nous faut l'abattre ou le respecter. Les conséquences ? D'innombrables manques d'Amour à l'égard de millions de personnes et autant de clous que nous enfonçons dans le Corps de l'humanité dont nous faisons partie...

De toute évidence, nos rapports avec autrui sont trop conditionnés par la vision limitée que nous en avons et qui nous conduit à une sorte d'acceptation aveugle ou à un rejet du même ordre. Deux positions radicales générées par notre manque d'ouverture, de tolérance et d'adaptation à tout ce qui est autre ; deux positions qui signent notre difficulté à reconnaître la valeur d'un être à travers sa capacité à aimer et à créer.

Aussi, là où la psychologie commence à s'enliser dans des analyses comportementales, sentimentales et sexuelles, sans tenir compte de la véritable dimension de l'individu, la spiritualité nous offre une vision plus illimitée de l'âme humaine, des modalités et des choix de son incarnation. En somme, que nous soyons attirés par des femmes ou par des hommes, nous sommes tous sur le chemin de l'évolution avec ses expériences, ses épreuves, ses joies et ses souffrances. Qu'importe les raisons psychologiques ou physiologiques de l'attirance sexuelle d'un être pour tel ou tel sexe dès lors que nous le considérons comme une partie de nous-mêmes, une âme à respecter et à aimer. Il y a du bon en chacun et de l'Amour vrai au sein de nombreux couples hétéro ou homosexuels. La densité, la recherche du plaisir personnel, les relations psychiques négatives du type dominant/dominé concernent malheureusement l'humanité en général et pas spécialement les homosexuels !

Il faut donc cesser d'enfermer les âmes dans des ghettos. Il faut cesser de faire des généralités sur un groupe d'individus alors que le monde est fait de personnes uniques, désireuses de construire leur propre histoire d'Amour avec la divine Présence qui est en l'Autre, qu'il soit homme ou femme.
En fait, si les homosexuels suscitent autant de négativité, c'est parce que nous les considérons trop souvent comme des obsédés sexuels, et qu'implicitement, ils mettent en relief notre propre vision culpabilisante d'une sexualité dont nous avons ôté le caractère sacré. Il faut donc absolument réaliser qu'en jugeant un être sur sa vie intime, nous lui faisons porter notre propre densité en même temps que nous renforçons notre armure psychique imperméable à la divine lumière élévatrice.

Et puisqu'il faut encore parler en ces termes, c'est aux hétérosexuels, majoritaires sur cette planète, qu'il appartient de tout mettre en oeuvre pour que la minorité des homosexuels soit reconnue socialement mais surtout spirituellement. Il est temps d'enlever la poutre qui nous aveugle, il est temps de regarder l'Autre comme un frère ou une soeur susceptible de nous donner quelques conseils en matière d'amour, d'union et d'évolution.
 
Bruno LEROY.

10:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

La rencontre d’autrui dans le creuset de la souffrance.

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Chacun poursuit toujours, d’une manière ou d’une autre, un rêve d’immortalité et de non-souffrance.

L’éloignement des cimetières, la mise à l’écart des malades, la marginalisation des personnes handicapées, n’est-ce pas aussi pour les sociétés une manière de voiler la souffrance et la perspective de la mort ?

Il y a en chacun de nous un besoin sexuel. Certes, il n’est pas du même ordre que le besoin de manger ou de boire. En effet, on peut se passer, être privé de l’exercice de la sexualité, ou la différer, sans cependant mourir ; ce qui n’est pas le cas de la nourriture ou de la boisson. Ce besoin sexuel est présent dès le plus jeune âge. L’enfant éprouve de manière diffuse son corps comme une source de plaisir. Il aime être bercé, pris dans les bras, choyé. Il aime être embrassé et embrasser. Ce contact corporel, il est cherché non pas comme pure sensation épidermique, mais comme expression d’une relation intersubjective.

Chacun poursuit toujours, d’une manière ou d’une autre, un rêve d’immortalité et de non-souffrance. La poursuite de ce rêve se manifeste dans les mécanismes de défense qui visent à occulter la réalité de la souffrance et à la rejeter hors du champ de la conscience ; on peut la voir, on détourne les yeux, on fait « comme si » elle n’existait pas. Dénier la souffrance de cette manière, c’est se complaire dans l’image idéale de soi et du monde où la finitude et la mort ne sont pas reconnues. Ainsi le sujet peut-il entretenir, inconsciemment sans doute, une sorte de délire d’immortalité. Il se barricade dans un monde imaginaire en estimant que la souffrance et la mort, ce sont toujours celles des autres, mais jamais la sienne. Il se construit ainsi un univers conforme à son besoin de sécurité et de complétude sans faille.

Ainsi, par exemple, dans le discours publicitaire, on ne voit jamais que des êtres beaux, jeunes et sains. La souffrance n’y est jamais représentée. Lorsqu’elle l’est, c’est afin de proposer un produit qui en sera le remède miracle. Dans le discours publicitaire, on ne meurt pas...

L’éloignement des cimetières, la mise à l’écart des malades, la marginalisation des personnes handicapées, n’est-ce pas aussi pour les sociétés une manière de voiler la souffrance et la perspective de la mort ?

Cependant cette illusion d’un monde « hors souffrance » est tôt ou tard brisée. Car la souffrance finit toujours par s’insinuer dans la vie du sujet de manière insistante et persistante. Dans ce cas, malgré tout, on pourra encore tenter de se voiler les yeux. Par exemple, lorsqu’il s’agit de la souffrance des autres, on réagira par l’indifférence. Ainsi face au spectacle de la souffrance que montre la télévision, peut se créer une sorte d’accoutumance où l’on parvient à voir souffrir sans plus s’émouvoir. On acquiert alors un cœur endurci, incapable de compassion. Ou encore, lorsqu’il s’agit de souffrance personnelle, on peut chercher à s’étourdir dans le bruit, la drogue ou l’alcool afin de fuir le mal présent et poursuivre malgré tout son rêve déçu de complétude. Le suicide même peut être une manière ultime d’éviter la souffrance et la perspective de devoir mourir : plutôt mourir vite que de devoir rencontrer la souffrance et la mort. Ainsi n’est-il pas rare de voir des personnes se donner la mort le jour où elles ont appris qu’un mal incurable les tenait. Le suicide dans ce cas est une sorte de précipitation dans la mort du fait qu’on ne l’a jamais acceptée ; ultime tentative pour fuir ce qui vient et ce que l’on a toujours voulu nier ; ultime refuge d’un rêve d’immortalité déçu.

Ainsi donc, à force de vouloir dénier la réalité de la souffrance, à force de poursuivre un rêve de complétude sans faille, on est amené à vivre la souffrance, qui vient tôt ou tard, dans la désespérance et la déréliction. La souffrance est alors sans espoir, sans chemin ; horreur aveugle, solitude de l’abandon, détresse suprême où vient s’exténuer un rêve d’immortalité déçu. Ainsi, vivre dans l’imaginaire d’un monde « hors souffrance », c’est ajouter à la souffrance, lorsqu’elle vient, les traits de la désespérance. Le problème qui se pose est donc de pouvoir vivre l’inévitable expérience de l’altération sans cependant sombrer dans le désespoir. Cela implique le consentement à « vivre avec » la souffrance, non point pour la subir ou s’y complaire, mais pour négocier au mieux l’expérience du « devenir autre ».

Dans cette optique, le pas décisif à franchir est l’aveu par le sujet souffrant de la douleur qui le déchire, à un autre qui l’écoute. Le cri, l’appel, la parole adressée à l’autre est, à la fois, le consentement à la réalité de la souffrance et l’inscription de l’espoir au sein de la situation douloureuse elle-même. L’aveu de la souffrance, lui, par la relation qu’il institue, a un effet salutaire, thérapeutique. Le fait de parler à un autre libère de l’angoisse. Ainsi la souffrance comme expérience d’altération devient-elle, par la médiation de la parole, expérience de l’altérité, de la naissance à la rencontre de l’autre. Et cette rencontre de l’autre délivre d’un réel et d’un devenir sans espoir. La rencontre d’autrui dans le creuset de la souffrance neutralise la désespérance, ranime le désir de vie et entraîne donc au combat commun contre la souffrance.

Ps : Je dédie cet article à ceux et celles qui vivent de terribles souffrances. Puissent-ils rencontrer des personnes écoutantes qui partagerons leur état afin de donner sens ensemble au combat à mener pour exister holistiquement malgré les infortunes dont le destin les accable, en intégrant ces blessures pour les vivre au mieux.

BRUNO LEROY.

10:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., LA POÉSIE DE LA VIE, LA PRIÈRE DU JOUR., LE REGARD DE BRUNO. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |