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15/12/2010

ACCUEILLIR LA VIE.

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« En toute condition, soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Th 4, 18). Cette exhortation de saint Paul aux Thessaloniciens reprend l’invitation si fréquente à la louange que nous trouvons dans les Psaumes : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse en ma bouche » (Ps 34, 2). L’action de grâces n’est pas une forme de prière à pratiquer seulement de temps en temps ; elle doit devenir une attitude de cœur, une disposition de vie, une manière de nous positionner dans l’existence.

Je suis très frappé par le fait que, dans l’évolution de notre culture, l’homme occidental a de plus en plus tendance à se positionner dans une attitude de victime. On passe son temps à se plaindre, à exiger, à revendiquer. Comme il n’y a plus de foi et de confiance en Dieu, toute difficulté et toute souffrance est vécue comme une anomalie, voire comme une injustice. On rêve d’une vie de gratifications permanentes, sans souffrances et sans combats. On n’accepte aucune douleur, et chaque fois que l’on est touché par une épreuve, on cherche quelqu’un à accuser, à qui faire porter la responsabilité et à qui faire payer sa souffrance. On l’a bien vu en France. À la moindre inondation ou canicule, c’est une levée d’accusations et de réclamations contre le gouvernement qui n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire pour prévenir le fléau. Comme si l’État avait le devoir et la possibilité de garantir à tous les citoyens une existence sans problèmes et devait assurer le bonheur de tous ! Quel infantilisme !

Ce type d’attitude est évidemment très destructeur pour la vie sociale. Au lieu de mettre à la base des relations humaines une disposition d’acceptation et de confiance, on instille partout le poison de la méfiance et de la revendication. Pour rester dans le domaine médical, il est bien sûr légitime de protéger les patients et de demander justice à des médecins qui, de manière consciente et grave, ont été négligents, mais exiger d’eux l’infaillibilité relève de l’infantilisme. Ils finiront par ne plus vouloir exercer la médecine, et personne n’y gagnera, surtout pas les malades !

La louange et la gratitude sont un grand remède à ce positionnement victimaire et destructeur que je viens de décrire. Elles nous amènent à nous situer face à la vie dans une attitude tout autre : au lieu de réclamer, de nous plaindre, de revendiquer, elles nous conduisent à accueillir avec confiance la vie telle qu’elle se présente, même avec son poids de douleur et de difficultés. Elles nous évitent de nous enfermer dans une attitude accusatrice envers ceux qui nous déçoivent ou nous font souffrir, à chercher en permanence des boucs émissaires sur qui décharger nos ressentiments et nos amertumes. Elle nous fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’abord de « changer la vie », selon le slogan illusoire d’un certain parti politique il y a quelques années, mais de changer notre attitude face à la vie. Passer de la peur, de la méfiance, de l’accusation… à l’acceptation et à la confiance. Accueillir avec foi la vie comme un don, même si elle se présente différente de nos attentes. Si nous pratiquons cette confiance, nous ferons bien vite l’expérience qu’en fin de compte, la vie réelle est bien plus belle et riche que la vie dont nous rêvons dans nos attentes irréalistes !

Il y a là un principe spirituel fondamental, dont nous trouvons l’expression dans l’évangile. Jésus prononce cette parole mystérieuse : « À celui qui a on donnera, à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a ! » (Lc 19, 26). Le Christ énonce ainsi une des lois les plus importantes qui gouverne l’existence humaine : à celui qui se met dans une attitude de revendication, de mécontentement, se plaint que la vie ne soit pas ce qu’elle devrait être, la vie se révèlera comme décevante. Par contre, celui qui est heureux de ce qu’il a reçu, qui remercie Dieu pour ce qu’est son chemin recevra encore davantage et sera comblé ; celui qui se plaint de ne pas avoir reçu suffisamment et qui s’enferme dans la revendication sera de plus en plus déçu.

Si la gratitude devient la disposition la plus fondamentale de notre cœur, nous guérirons de bien des amertumes et des déceptions, et nous serons en fin de compte comblés.

Bruno LEROY.

22:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

Commentaires

Crac dedans : flagrant délit de plagiat de Bruno ! (En ce jour de ND du Rosaire, normal de trouver le pot-aux-roses, non ?...) Mais comme il se plagie lui-même, nous éviterons de nous positionner en "victimes" afin de ne pas illustrer son propos de trop près !
Et puis au fond, il n'est pas illégitime de puiser dans ses propres archives, ce que ne fait pas toujours spontanément l'internaute lambda plus enclin à zapper en surface, à gauche et à droite.
Enfin, on aimerait pouvoir dire que la note en question ne soit plus d'actualité, ce qui n'est évidemment pas le cas. Alors, soit : exhumons de temps en temps !...

NB : je me permets de renvoyer au lien : cela m'évitera un copier-coller de mon commentaire d'alors !

http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com/archive/2007/12/01/de-la-mefiance-a-la-confiance.html

Bien fraternellement,

Écrit par : Michel de Tiarelov | 07/10/2008

Oui, Cher Michel, il s'agit d'un texte que j'ai maintes fois publié et que j'ai remis en ligne ce matin car, il avait suscité peu de réactions...

Alors, que je pense réellement que cette culture de victimisation dans laquelle nous vivons est essentielle à appréhender et analyser.

Bien vu, Cher Michel, cela prouve que vous êtes un fidèle lecteur de ce Blog. Et je vous en remercie infiniment. Si cela vous a créé quelques problèmes avec les liens que vous effectuez sur votre site, j'en suis profondément désolé !

Je tenais également à vous remercier pour vos interventions toujours pertinentes et intelligentes auxquelles je ne puis parfois répondre, faute de temps.

Mais, sachez que je vous lis toujours avec les yeux du cœur !

Belle Journée à vous et bien Fraternellement,

Votre Frère, Bruno qui se plagie lui-même...

Écrit par : BRUNO LEROY. | 07/10/2008

P.S. Le lien ne fonctionne pas... parce qu'il a absorbé la parenthèse de fermeture, ce qui invalide l'URL. Si vous pouviez repousser cette coquine un peu plus à droite ? Cela suffirait sans doute à écrabouiller "l'erreur 404". Merci à l'avance !

Écrit par : Michel de Tiarelov | 07/10/2008

Non, non : ce n'est pas du tout chez moi que le lien a des problèmes. C'est ici, chez vous, à la fin de mon commentaire ! (j'ai failli dire que c'était vous la victime...) Juste la parenthèse de droite à repousser un peu, histoire de valider le lien qui, sans cela, ne fonctionne pas.

Bonne journée à vous de même... avec ou sans plagiats !

Écrit par : Michel de Tiarelov | 07/10/2008

Les commentaires sont fermés.