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08/06/2006

MÉDITATIONS DE MAURICE ZUNDEL.

Comme il est dit dans un cantique pour la fête de l'Annonciation, Adam a voulu se faire Dieu et il s'est trompé, il ne l'est pas devenu ; mais maintenant Dieu se fait Homme, pour faire d'Adam un dieu. Donc ce n'est pas le déploiement des peuples, le mouvement des foules, le bruissement des armées, le bruit des conquérants qui importent ! C'est le cheminement secret de la Lumière au cour de notre coeur.
Et voilà justement le centre du débat, voilà donc la difficulté dans laquelle nous nous débattons : il s'agit de passer d'un dieu extérieur, considéré comme un pouvoir qui domine et qui limite, à un dieu intérieur, secret, silencieux, dépouillé, fragile, intérieur à nous-mêmes et qui nous attend à chaque battement de notre coeur, dans le plus secret et le plus profond de notre intimité.
Tous les malaises dont nous souffrons disparaîtront, dans la mesure où ce diagnostic sera heureusement accompli et où nous comprendrons que nous sommes appelés à un approfondissement merveilleux, à une découverte vitale de l'Évangile, à une rencontre originale avec Jésus-Christ, comme le vécut la Samaritaine, précisément parce que le Dieu qui se révèle, ce n'est plus le Dieu des peuples, le Dieu des foules, le Dieu des rassemblements trépignants, c'est le Dieu des personnes, c'est le Dieu du coeur, comme dit Saint-Augustin, c'est le Dieu silencieux, le Dieu fragile, le Dieu qui peut échouer, le Dieu crucifié par amour pour nous, sans attendre le nôtre en retour, le Dieu qui est en agonie depuis le début du monde et jusqu'à la fin, tant que notre coeur ne va pas à la rencontre du Sien, dans une conversion de tout notre être à sa douce Lumière.
Dieu ne s'impose jamais.
L'Évangile n'est pas un livre, c'est une Personne.

Chapitre IX, Jésus, page 75
Braises, Editions du Levain, 1986

08:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Christianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

06/06/2006

MÉDITATIONS DE MAURICE ZUNDEL.

Le pire des matérialismes est le matérialisme religieux, qui est de faire de Dieu une menace pour l'Esprit: « Que vous le vouliez ou non, Dieu existe ! » clamait un prédicateur.
Comment se défendre contre cet écrasement métaphysique ? Si le matérialisme signifie quelque chose, il signifie ceci : traiter l'esprit comme une chose. Le pire des matérialismes, c'est celui-là : nous enfermer dans cette camisole de force d'une morale à contre-courant qui nous met constamment en conflit avec nous-même en nous mettant en conflit avec Dieu. Dès que la morale se présente sous cette forme, venant du dehors, tombée du ciel, d'un ciel situé derrière les étoiles cette morale apparaît comme une violation de la dignité humaine, et l'homme éprouve le besoin de se défendre contre ce faux Dieu. Car le vrai Dieu est le gardien et la caution de notre dignité. Lui que nous avons reconnu sous les traits du plus pauvre, Celui qui n'a rien et qui est Dieu parce qu'il n'a rien. Ce Dieu ne saurait nous imposer d'obligations parce qu'il est une intimité pure, qu'Il n'a pas de dehors, qu'Il n'a prise sur nous que par son amour et qu'Il ne peut nous joindre que par la joie du don qui appelle un don réciproque.
Le Dieu de l'expérience augustinienne, celle que nous pouvons faire chaque jour et à chaque instant du jour, est un Dieu éminemment personnel, tellement personnel que c'est en Lui que nous devenons personne.

Chapitre VII, Dieu inconnu, pages 66-67
Braises, Editions du Levain, 1986

19:42 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

04/06/2006

MÉDITATIONS DE MAURICE ZUNDEL.

Comme on ne peut pas suspendre l'amour à un portemanteau, ni cacher la vérité sous des piles de draps, on ne peut pas atteindre Dieu sans le laisser s'enraciner en soi.
Il semble que les athées d'aujourd'hui nous disent, mais dans un autre sens, la même chose; montre-moi d'abord l'homme que tu es ; alors peut-être pourrai-je croire à ton Dieu.
Rien n'est plus opposé au vrai Dieu que le grand propriétaire, le grand riche qui peut tout, que rien ne peut atteindre, qui nous domine de toute sa puissance, qui nous laisse tomber parcimonieusement les miettes de sa table et nous demande un compte féroce de l'usage que nous en faisons...
Un Dieu cause physique, un Dieu extérieur au sens spatial du mot, un Dieu présenté comme un despote infini et dont l'arbitraire est la mesure de tout bien et de tout mal, un tel théocentrisme despotique fait remonter jusqu'à Dieu le traitement infligé à l'homme lorsque l'homme est traité comme un objet. « Mes frères, disait un prédicateur si Dieu le voulait, il pourrait nous anéantir! »... C'est là un Dieu objet, un Dieu que nous ne pouvons reconnaître, un Dieu devant lequel nous ne pouvons que nous défendre et qu'il faut nécessairement nier.

Chapitre VII, Dieu inconnu, page 65
Braises, Editions du Levain, 1986

11:24 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

03/06/2006

MÉDITATIONS DE MAURICE ZUNDEL.

Le monde spirituel ne se trouve pas: il s'éprouve.
Des tonnes de discours n'ont jamais changé rien à rien. Ce sont les exemples, les présences qui sont actives. Si nous changeons de direction, et si nous nous trouvons au seuil de la nouvelle naissance, c'est presque toujours parce qu'un être sur notre route a donné le déclic, parce qu'un être a été pour nous un ferment de libération et à travers l'espace qui se dégageait de lui, à travers la lumière qui émanait de lui, à travers transparence à notre origine, nous nous sommes mis en route précisément parce qu'une âme était devenue intérieurement la nôtre.
Et, s'il en est ainsi, s'il s'agit vraiment d'un univers personnel, d'un univers qui se constitue et se déchiffre par le dialogue, sans ce dialogue on ne peut rien comprendre et toutes les affirmations idéologiques ou morales deviennent du charabia.

Chapitre VI, Vérité scientifique et vérité de foi, pages 60-61
Braises, Editions du Levain, 1986

10:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |