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20/11/2008

Le sens suprême de la Création et le problème du mal.

Le sens suprême de la Création et le problème du mal.      

    

    Début de la 6ème conférence de M. Zundel à la Trappe de Timadeuc en avril 1973.

 

    Texte magistral  sur le sens suprême de la création et le « mystère » du mal. Le mystère de la Sainte Trinité est la lumière fondamentale.

    « Un homme étrangement dévot, voulant s'assurer de la bonne conduite de ses enfants, les obligeait à communier tous les jours. Il croyait être assuré par là même de leur état de grâce, en réalité, il les obligeait à faire des communions sacrilèges. Cet abus de pouvoir nous révèle immédia­tement le sens d'une paternité authentique : un père est naturellement la providence matérielle de ses enfants, ils ne subsistent que par son travail, ils ne survivent que grâce à son dévouement, mais tout cela ne compte pour rien en face de la conscience de ses enfants. Le père sait - s'il est digne de ce nom - qu'il y a là un domaine inviolable, et qu'il n'a pas le droit de recourir, ou de faire peser dans la balance la dépendance matérielle de ses enfants à son égard, pour les contraindre à penser comme lui et  vouloir ce qu'il veut. Il sait que pour former ces consciences au respect d'elles-mêmes, il doit être le premier à les respecter, il annule donc en quelque manière, par la délicatesse de son amour, il annule tous ses bienfaits dans l'ordre matériel, il annule cette dépendance de ses enfants à son égard, pour les saisir à ce niveau d'égalité où une conscience est confrontée avec une autre conscience. Et ce père nous paraîtra d'autant plus admirable qu'il n'utilisera jamais son pouvoir matériel sur ses enfants pour les forcer à adhérer à sa pensée ou à ses opinions. Sans doute, pour réussir dans cette entreprise, il faudra que le père vive avec une telle droiture que sa présence crée au coeur de ses enfants un appel constant au bien et au dépassement de soi.

    Cette image est une parabole sans doute de la paternité divine à notre égard, et c'est ce qu'il faut avoir présent à l'esprit pour comprendre - pour deviner tout au moins - cette fragilité de Dieu dans ses rapports avec nous : Dieu annule en quelque sorte tout ce que nous devons à la création qu'il opère en nous donnant l'être, car cela n'est que la condition d'un rapport nuptial entre Lui et nous, qui n'est qu'un pur rapport d'amour, en sorte qu'il ne voudra jamais faire interférer sa puissance créatrice à l‘intérieur de ce rapport qui veut être un rapport entièrement libre. C'est ce qu'un texte, absolument unique à ma connaissance, exprime, dans un langage incomparable et incroyable pour l'époque. Ce texte (dans le « de beatitudine » ch. 2 § 3) est celui-ci :

 

 " Est ibi aliud inflammans animam ad amandum Deum, scilicet divina

" humilitas. Nam Deus omnipotens singularis angelis sanctisque animabus

" in tantum se subjicit quasi sit servus emptitius singulorum, guilibet

" vero ipsorum sit Deus suus. Ad hoc insinuandum transiens ministrabit

" illis dicens in psalmo octogesimo primo "ego dixi : dii estis".

" Haec autem humilitas causatur ex multitudine bonitatis et divinae

" nobilitatis, sicut arbor ex multitudine fructuum inclinatur".

 

" Donc, il y a autre chose qui enflamme

" l'âme à aimer Dieu, c'est l'humilité divine. Dieu tout-puissant,

" en effet, se soumet tellement à chacun des anges et à chacune des

" âmes saintes, comme s'il était pour chacun (ou chacune) un esclave

" qui s'affaire et que chacun (ou chacune) fut son Dieu ! Pour le

" suggérer, il passera en les servant, selon ce qu'il dit dans le

" Psaume 81 : « J'ai dit : Vous êtes des dieux. »  Cette humilité

" résulte de l'abondance de la bonté et de la noblesse divines, comme

" un arbre ploie sous l'abondance de ses fruits".

 

    Je n'ai jamais rencontré un texte qui allât si loin dans l'expression de la fragilité de Dieu. C'est tiré d'un ouvrage "De Beatitudine" qui a été attribué à Saint Thomas d'Aquin, ce n'est pas sûr, mais il est vraisemblablement de cette époque.

    Or, voilà un mystique qui a compris jusqu'au bout, le sens de cette paternité divine. En créant, Dieu a créé des dieux, et Il a fait de chacune des créatures raisonnables - ange ou homme - son Dieu ! C'est-à-dire qu'il a voulu réaliser avec la création un rapport nuptial. Autrement dit : la création émane de la Trinité Divine. C'est ce qu'Augustin avait constamment affirmé en cherchant dans l'univers les vestiges ou l'image de la Trinité. La création poursuit en quelque sorte et continue "ad extra" cet épanchement des trois Personnes divines (« ad intra »), d'où résulte la désappropriation fondamentale de la divinité.  

    C'est de cette Pauvreté suressentielle que jaillit la création, et, si elle a son berceau dans la Trinité, elle a aussi son centre dans la Trinité, et, comme la Trinité est l'affirmation d'une éternelle communion d'amour, la vocation de l'univers est d'entrer dans cette éternelle communion d'amour, c'est-à-dire que l'être est donné aux créatures non pas pour qu'elles le subissent, mais pour qu'elles soient capables de le donner, comme Dieu. Là est le sens suprême de la création, qui lie Dieu à cette création puisqu'il n'y entre que par l'Amour et pour l'Amour, et que ce qu'il y veut préserver, c'est l'Amour qui est le sens même de l'être, c'est-à-dire que Dieu est engagé à fond dans la création, comme nous l'apprendra Notre-Seigneur, "jusqu'à la mort de la Croix", c'est-à-dire que la création est une histoire à deux.

    Dieu ne crée pas un univers de robots, comme je le disais hier, Il ne crée pas un univers de robots, Il crée un univers de liberté. Le sens de la création, c'est la liberté au sens de libération, au sens d'évacuation totale de soi, qui fait qu'au lieu de subir son être on le donne en devenant tout entier un élan d'amour, comme les Trois Personnes divines le sont l'Une par rapport à l'Autre.

    Vous voyez que le mystère de la Très Sainte Trinité est la lumière fondamentale, il donne à la création un sens absolument nouveau, il ne s'agit pas d'une "cause première" qui s'amuse à fabriquer des êtres avec lesquels elle n'a aucune relation réelle, qui ne lui sont rien ! il s'agit d'un Amour qui s'engage à fond et qui se remet à sa création, qui se confie à elle, puisque la réponse d'amour que cette création a à donner est préci­sément le sens même du geste créateur.

    La création est une histoire à deux, c'est une histoire nuptiale, et c'est pourquoi, si le "oui" de Dieu est éternellement assuré - car, comme le dit S.Paul à propos du Christ : "En Jésus, il n'y a pas le "oui" et le "non", en Dieu il n'y a que le "oui" ! mais dans la créature le "non" est possible parce que la créature n'est pas originellement "oui", elle a à se faire "oui", elle a à surmonter ses limites, elle a à conquérir sa dignité, elle a à se libérer de ce "moi" possessif qui est la racine de tout mal ! et Dieu, tout en enveloppant cette créature de cette sollicitude nuptiale qui est infinie, Dieu peut être tenu en échec ! et en effet, Il a été tenu en échec, et Il pourra l'être éternellement dans la mesure où certaines créatures se refuseront définiti­vement à Son Amour. C'est par là d'ailleurs que le mal va entrer dans le monde - le mal  qui pose un immense problème, insoluble jusqu'à la mort de Notre-Seigneur.

    Vous vous rappelez, pour l'avoir médité si souvent, le 3ème chapître de la Genèse, où la chute originelle nous est racontée dans des termes si dramatiques et si profonds, et vous savez que ce récit, qui date vraisembla­blement de l'époque de Salomon, et qui est né dans un cercle de Sages qui se posaient précisément le problème du mal, ce récit magnifique et génial attribue l'origine du mal à la créature, en vertu d'une désobéissance dont les conséquences avaient été prévues et annoncées, en sorte que ces 3 chapîtres de la Genèse, cette première vision du problème du mal, est déjà l'affir­mation de l'innocence de Dieu : Dieu n'est pour rien dans le mal ! Le mal est entré dans le monde par le péché, et par le péché, la mort.

    Saint Paul reprendra ce thème avec une puissance extraordinaire dans le 8ème chapitre de l'épître aux romains, il nous montrera non seulement l'homme déchu par ce premier refus d'amour, par ce premier refus de se faire origine : car c'est ça le péché originel, c'est le refus de se faire origine ! c'est s'abandonner à l'univers, c'est se laisser porter par lui au lieu de le porter, c'est s'installer dans un "moi possessif" au lieu de le surmonter pour aboutir à un "moi oblatif" qui couronnerait toute l'évolution par un acte de liberté qui entraînerait tout l'univers dans cette vocation de liberté à laquelle chaque créature doit participer. Et saint Paul reprend ce thème génialement et d'une manière très inattendue en solidarisant précisément la création matérielle avec la chute originelle : l'univers entier a été disloqué, l'univers entier a été soumis par l'homme à la vanité, l'univers entier a été privé de la gloire des fils de Dieu, l'univers entier gémit dans les douleurs de l'enfantement et attend précisément cette manifestation de la gloire des fils de Dieu.

Saint Paul donc, ici, concorde admirablement avec cette vision d'une création nuptiale où le dialogue entre Dieu et l'univers est un dialogue d'esprit à esprit, car Dieu est esprit, et Il veut un monde "esprit". Il dialogue donc avec toute la création à travers les esprits : les anges ou les hommes, ou d'autres créatures intelligentes situées sur d'autres planètes,  peu importe !  Il dialogue  avec tout ce qu'il y a d'intelligent dans la création, Dieu dialogue avec toute créature, vivante ou non vivante. Dans la créature intelligente, qui est la charnière du geste créateur, il y a une médiation (c'est ce que saint Paul nous laisse entendre) - une média­tion de la créature intelligente, qui est indispensable à l'équilibre de l'univers, et c'est faute de cette médiation que l'univers est dans l'état où il se trouve. »

    Il reste que le problème du mal n'est pas encore entièrement résolu et qu'il reste un scandale pour beaucoup d'intelligences actuelles.» 

Maurice Zundel.

10:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

13/11/2008

RECUEILLEMENT.

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12/11/2008

THÉOLOGIE DE L'OBJET- MAURICE ZUNDEL.

THEOLOGIE DE L'OBJET MAURICE ZUNDEL.pdf

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08/11/2008

Zundel et le silence.



« Nous sommes au commencement du monde, toujours au commencement de la création. Chaque battement de notre coeur peut susciter une nouvelle étoile; chaque battement de coeur peut susciter une liberté encore endormie; chaque battement de notre coeur peut rayonner sur toute l'histoire et sur toutes les galaxies. Pourvu justement que nous entrions dans ce silence infini où l'on n'est plus qu'à l'écoute du silence éternel, où l'on s'échange avec ce Dieu caché en nous qui est la respiration de notre liberté, pour devenir avec lui une présence.

Cette présence cachée, présence diaphane, est une présence réelle qui ne s'impose jamais mais qui est offerte à tous comme une invitation à découvrir cet immense secret d'amour caché au fond de toute conscience humaine.

C'est le silence de toute la vie, au delà du contenu des mots, qui importe. Ce n'est pas ce que nous disons qui importe, mais c'est ce que nous ne disons pas. Notre parole doit aller de Dieu en nous à Dieu dans les autres.

La vie à tous les degrés ne peut conquérir sa valeur que dans le silence et le recueillement. Si cela est vrai de la vie physique, combien plus l'est-ce de la vie spirituelle. Il est impossible de communier avec Dieu sans écouter; si l'on n'écoute pas, on ne peut pas connaître Sa Volonté ».

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Zundel et la prière.



« La prière est le mouvement de retour vers notre origine, qui nous permettra de nous faire nous-même origine. Dès qu'on s'approche de Dieu, on lui ressemble et, au lieu de rien subir, on devient source de tout.

La prière est donc essentielle à la vie, et c'est elle seule qui peut remonter le cours du mal et établir dans le monde le règne du Bien, s'il s'agit de retrouver ce Visage infini imprimé dans nos coeurs, si le Bien est Quelqu'un et non pas quelque chose.

La prière de demande n'est pas nécessairement une prière intéressée et égocentrique : elle peut devenir une prière entièrement pénétrée d'amour. Il arrive que des prières longues ne soient plus à la portée, ni de notre organisme épuisé, ni de notre esprit vidé de lui-même. Il arrive que nous ne puissions plus qu'être un cri vers Dieu qui retentit dans une forme semblable à celle-ci : «Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, aie pitié de nous».

Il est bien naturel que la faiblesse humaine, telle que nous l'éprouvons, jaillisse vers Dieu dans un cri d'espérance qui, finalement, deviendra une espérance théologale, une espérance non plus pour nous, mais pour lui.

Il y a la prière de l'émerveillement, la prière de louange et le Psautier qui est l'essence de la prière liturgique, qui nous touche par son humilité, par sa quotidienneté, la prière d'action de grâces, la prière d'adoration. Ce qu'il faut, c'est retrouver la dimension mystique, c'est retrouver la passion de Dieu, c'est comprendre que c'est lui qui est la Vie de la vie, que la substance de l'homme s'effrite, que sa dignité vole en éclats si elle ne repose pas sur la Présence infinie. Il y a la prière de Bach, de Mozart, de Beethoven, de Michel-Ange. Il y a la prière de tous les grands artistes, de tous les géants qui ont suscité la beauté et qui n'ont pu créer qu'en se dépassant, en se perdant de vue. Il n'est donc pas nécessaire de passer par les prières rituelles, tout admirables qu'elles soient.

Mais enfin, cette prière n'empêche pas la valeur immense de cette prière de la profession, du métier et de toutes les relations humaines. Il y a une prière sur la vie, une oraison sur la vie qui est infiniment précieuse, parce que la vie tout entière est sacrée et que rien n'est profane
Il y a la prière sur les autres qui est indispensable à l'éclosion de la charité, car Dieu sait que, limités comme nous le sommes, il est inévitable que nos limites se heurtent réciproquement. Il y a l'oraison sur la vie, qui doit être constante et qui tient à la qualité du regard. Nous regarder c'est nous perdre. Regarder Dieu, c'est déjà entrer dans la Lumière. Le sens de la prière, c'est de focaliser notre regard sur Dieu en nous, dans les autres, dans l'univers, dans l'art, dans l'amour, en toutes réalités, car «toute réalité chantera - comme dit Patmore - et rien d'autre ne chantera ».

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01/11/2008

UNE AMIE DE MAURICE ZUNDEL TÉMOIGNE.

une amie de maurice zundel temoigne.pdf

 

Que dire sur ce texte ? Sinon qu'il est extrêmement précieux pour saisir toute l'intelligence spirituelle de Maurice Zundel.

Ce mystique, théologien, poète, prêtre catholique, donne encore sens à notre Existence en nous posant

des questions pertinentes et toujours actuelles car, immuables et sempiternelles.

Cet Homme était un Saint à n'en pas douter, même s'il ne figure pas sur nos calendriers. Il le restera dans notre coeur à jamais.

Puisse cette Fête de Tous les Saints lui rendre Honneur pour sa Foi Libre et contagieuse d'Amour !

Bruno LEROY.

Ps : Excellente lecture à Toutes et tous en cette Toussaint, jaillissement de notre mémoire fixée sur ceux qui nous ont précédés ou qui vivent à nos côtés dans le silence d'une Humilité de Foi à deviner.

19:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

"Le génie de la prière"

Maurice Zundel

 


 


     La création de l'homme, suivant la conception de Michel-Ange, réalisée au plafond de la Sixtine, concentre tout son mystère dans le doigt de Dieu tendu vers le doigt de l'homme qui reçoit son influx.

     Le regard extatique, la tête inclinée dans un mouvement d'ineffable consentement, l'Adam juvénile semble aspirer la vie qui jaillit de l'attouchement divin. Il ne subit pas l'existence, il l'accepte comme un don, en adhérant à la Source de son être avec tout l'élan de son esprit.

     On ne pouvait exprimer plus magnifiquement la vocation de l'homme et le prix de sa liberté.

     Par notre corps, nous ne sommes qu'un fragment d'univers -- un point dans l'espace, un instant de la durée, une vapeur, un souffle -- et les lois qui régissent la matière dominent sur nous.

     Par l'esprit, nous pouvons nous soustraire à cette servitude et mener une vie affranchie de l'espace et du temps.

     N'est-ce pas ce que l'art accomplit déjà, d'une certaine manière, en infusant à un peu de matière le rêve immortel du génie qui s'exprime en elle?   Mais ce qui est vrai de l'oeuvre est encore plus vrai de l'artiste. C'est en lui-même qu'il doit réaliser son plus beau chef-d'oeuvre: en ouvrant tout son être à l'Infini qui l'appelle, en livrant son coeur à Dieu qui veut y modeler sa Vie.

     La prière constitue cette remise et cet abandon, cet affranchissement et cette renaissance, la prière que beaucoup considèrent comme une servitude, et qui est, en vérité, le sacre de notre liberté. Car elle signifie, justement, que nous ne sommes pas enfermés dans le déterminisme du monde physique et livrés à l'étreinte impersonnelle de forces inconscientes, mais enveloppés, au contraire, d'une présence vivifiante et soutenus par une tendresse infinie, avec la possibilité de transformer sans cesse notre dépendance en oblation d'amour.

     La prière fait de notre vie un don et nous établit dans une relation filiale avec notre Créateur.

     Elle n'a donc point pour fin de renseigner Dieu sur nos besoins, qu'Il connaît infiniment mieux que nous; elle ne se propose pas non plus de l'amener à consentir à leur satisfaction, car sa bonté infinie ne cesse de vouloir notre bien, mais de faire coïncider bien plutôt notre volonté avec la sienne, pour que son amour ait dans le nôtre une réponse de plus en plus parfaite.

     [...]

     Ce n'est jamais Dieu qui se refuse, c'est toujours l'homme:

"J'étendais chaque jour les mains
vers un peuple rebelle."

     La maison dont les volets sont clos en plein jour est encore dans la nuit. Et ce n'est pas la faute du soleil:

"La lumière luit dans les ténèbres
et les ténèbres ne l'ont point comprise."

     Pascal a exprimé ce duel prodigieux dans une des phrases les plus tragiques du Mystère de Jésus, où il fait allusion à l'agonie du Sauveur:

     "Jésus a prié les hommes et n'en a pas été exaucé."

     Dieu nous exauce toujours; c'est nous, hélas! qui demeurons sourds à sa voix, c'est nous, pour reprendre le mot de Pascal, qui ne l'exauçons pas.

     Et Il accepte cet exil mystérieux qui bouleverse le coeur des saints:

     "Io piango perchè l'Amore non è amato", disait en sanglotant le poète franciscain Giacopone da Todi: "Je pleure parce que l'Amour n'est pas aimé."

     Dieu ne veut pas forcer la porte de notre âme. Son règne, en nous, ne peut s'établir sans nous.

 

(Extrait de "L'Évangile intérieur", 7e édition, Éd. Saint-Augustin, p. 55-57.)

19:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

22/10/2008

La chasteté est trinitaire.

La chasteté est trinitaire. Il s'agit d'ordonner l'union des parents à cette 3ème personne qu'est l'enfant comme l'ont fait les parents de sainte Thérèse.      

 


Suite 2 de la 9ème conférence donnée au mont des Cats en décembre 1971.

Reprise du texte : « Le spermatozoïde et l'ovule sont déjà un être humain, déjà là il y a une personne en puissance, c'est un domaine sacré que jamais il ne faut jamais ignorer : dans le domaine sexuel il y a la troisième personne qui est l'enfant. »

Suite du texte : « Et déjà, à ce stade du spermato­zoïde et de l'ovule, le respect de la personne peut jouer un rôle éminent. Dès qu'on prend conscience qu'il s'agit, en effet, d'une possibilité d'être humain, il est impossible de ne pas être saisi de respect et de ne pas comprendre l'immense responsabilité que l'on doit porter à l'égard de l'espèce qui nous est confiée et que nous avons d'ailleurs à libérer d'elle-même.
Car évidemment, si la sexualité doit trouver son équilibre en nous, il faut que nous arrivions à comprendre le jeu de l'espèce et à nous en dé­gager, il faut que nous nous libérions de l'espèce en l'assumant et en la personnalisant. Car finalement, si l'homme se reproduit à tour de bras, s'il se reproduit sans discrimination comme des lapins, s'il se reproduit sans élever cette vie, sans la transformer, sans la conduire à sa fin dernière, sans faire de chaque enfant qui naît le sanctuaire de la Présence infinie, cette reproduction ne signifie rien, elle demeure purement animale et l'humanité reste en friche. Il s'agit évidemment d'entrer dans ce mouvement pour le prendre en charge, pour l'acheminer vers l'humanité authentique, en donnant à cette force le visage de l'enfant, le visage de l'enfant-Dieu finalement, le visage de l'enfant appelé à refléter la Présence infinie qui l'habite et lui confère une dignité éternelle.
Il s'agit donc de retrouver la Trinité, si vous le voulez, la Trinité qui est l'homme, la femme et l'enfant, l'enfant "ex utroque", qui procède de l'un et de l'autre, qui procède de la femme qui est le "fils" ou le Verbe parce que l'élan de la femme la porte à naître du coeur de l'homme.
La femme est aimante, c'est sa propre dimension. Toute femme aime, c'est sa manière d'exister, ! la plus cérébrale des femmes, la plus intelligente, la plus savante, une "Marie Curie" par exemple est complètement désorbitée à la mort de son mari, elle ne retrouvera plus jamais la sérénité. La science ne lui suffit pas, elle a besoin d'une présence, elle a besoin d'un visage, et c'est dans le vivant que la femme trouve son domaine, et elle a besoin, en particulier, de naître du coeur de l'homme.
Une doctoresse, archi-féministe d'ailleurs, qui revendiquait constamment les droits des femmes, me disait, sans se rendre compte de la portée de cet aveu : "Une femme peut tout quand elle est aimée ! " Elle peut tout, elle est capable de tous les dévouements, de tous les sacrifices, à condi­tion qu'elle soit aimée. La femme cherche un berceau dans le coeur de l'homme, elle veut naître de lui comme le Fils dans le sein du Père, finalement ! Elle est la médiatrice entre l'enfant et l'homme, ou entre l'homme et l'enfant qui est "ex utroque", qui participe de l'un et de l'autre et qui a besoin de l'un et de l'autre.
La difficulté, c'est précisément que l'homme et la femme n'attendent pas la même chose, qu'ils sont très profondément différents jusque dans leurs cellules sanguines, très profondément différents ! toutes leurs structures sont différentes, toute leur sensibilité est différente. La femme est infiniment plus tendre dans l'ensemble, elle a davantage besoin de caresses qu'elle n'a besoin de la sexualité proprement dite ! L'homme, lui, est beaucoup plus orienté, avec une précision très déterminée vers l'acte sexuel parce que c'est lui qui doit être en quelque sorte l'élément actif dans cette union qui va décider de l'avenir de l'espèce.
C'est pourquoi d'une part il est extrêmement difficile qu'ils s'entendent et se rencontrent parfaitement, et d'autre part il est encore bien plus difficile qu'ils échappent à l'envoûtement sexuel, c'est-à-dire qu'ils arrivent à découvrir l'un dans l'autre la personne. Ceci a une importance, n'est-ce pas, immense, à longue durée. Evidemment, au premier moment, l'enchantement de la rencontre, l'ivresse de ce vertige que secrète les glandes endocrines, tout cela fait qu'on ne se pose pas de problèmes, il semble que l'accord est spontané mais, dès qu'il y aura cohabitation, dès qu'il y aura des responsabilités communes, dès qu'il y aura des difficultés, dès qu'on percevra les limites et du cadre et de l'organisation et du bud­get, et surtout les limites des tempéraments et des caractères, on s'aper­cevra qu'on a fait un marché de dupes très souvent, que finalement l'être auquel on est lié, il est "un" parmi des millions, des milliards d'autres et qu'il n'y a pas de raison d'être toujours lié à lui plutôt qu'à un autre.
Et, même si on n'en arrive pas là, il est extrêmement rare qu'on arrive jusqu'à la personne, qu'on arrive à surmonter ce vertige qui fait qu'on est intéressé par les différences sexuelles de son partenaire, qu'on ne le voit pas dans sa liberté créatrice, qu'on ne le voit pas dans son éternité de valeur, qu'on ne le perçoit pas dans ce point focal où il est tout entier contenu dans une lumière spirituelle, rien n'est plus difficile que l'amour !
Comme dit Rilke, qui d'ailleurs a manqué son mariage : "L'amour est la grande épreuve", précisément en raison de toutes les facilités apparentes que donne l'instant ! "L'amour est la grande épreuve." Si on veut le vivre, il faut réaliser ce que se prescrit Kierkegaard quand il dit : "la proximité absolue est dans la distance infinie", c'est-à-dire qu'il faut des abîmes de respect pour entrer en un contact authentiquement personnel, ce qui suppose justement qu'on a surmonté tous les prestiges de la sexualité, qu'on a inté­riorisé tout l'être, qu'on n'est plus dupe des apparences sexuelles, qu'on a recréé le corps, car il faut créer le corps.
Or le corps n'est pas distinct de l'esprit comme une entité séparable mais, comme l'homme n'existe pas et qu'il a à se faire exister, comme il a à se créer : il a à se créer physiquement, corporellement, sexuelle­ment, il doit se créer humainement, il faut que sa sexualité s'humanise, qu'elle prenne un visage trinitaire, qu'elle s'ordonne à l'enfant-Dieu, qu'elle soit telle enfin que l'enfant, s'il pouvait choisir de naître, voudrait réellement naître de tels parents, de ces parents-ci qui auraient préparé dans leur coeur le berceau de sa naissance.
C'est à cette condition que les parents pourraient parler à leurs enfants de leur conception et de leur naissance. Si en effet ils avaient préparé la naissance de leurs enfants dans un esprit de consécration totale, s'ils avaient pris la responsabilité de la personnalité de leurs enfants, s'ils avaient ordonné leur union à cette troisième personne - comme les parents de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus l'ont fait à l'égard de tous leurs enfants, oui, alors les parents auraient pu parler à leurs enfants de leur origine, sans s'effrayer d'une telle confidence puisque tout aurait été ordonné à l'enfant qui aurait trouvé dès avant de naître un amour illimité pour l'accueillir.
Il est certain que la chasteté est trinitaire, que la chasteté envisage les trois personnes et que la chasteté donne au spermatozoïde et à l'ovule, et aux organes qui les transmettent le visage de l'enfant, le visage de la troisième personne dans toute son innocence et dans toute sa beauté. Personnifier ces éléments, leur donner un visage de personne, c'est se mettre immédiatement dans une direction de respect infini.
Quant aux relations homme-femme, il ne s'agit pas naturellement d'avoir peur de la femme, au contraire il faut l'aimer ! mais l'aimer ! l'aimer, cela ne veut pas dire la convoiter, ce qui est tout à fait différent : il faut justement l'aimer au delà de toute convoitise, il faut l'aimer comme une personne, il faut l'aimer avec le regard de Marie, avec le regard virginisé de la très Sainte Vierge, il faut l'aimer sans être dupe, il faut l'aimer en la ramenant à sa vocation de sainteté. Il faut lui témoigner tant de respect qu'elle soit amenée à découvrir elle-même au plus profond de son âme cette Présence de Dieu qui la virginise, la consacre et lui assure une fécondité personnelle.
C'est dans cette perspective que nous pouvons envisager ce problème du mariage qui se pose actuellement dans l'Eglise, celui des prêtres.

Maurice  ZUNDEL.

11:52 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

10/10/2008

Jésus-Christ est mort de notre mort.

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Suite 2 et fin de la 6ème conférence donnée au mont des Cats en décembre 1971.

Reprise : « La mort est entrée dans le monde par le refus de l'Amour Infini. C'est en se séparant de la source de Vie que le premier couple a introduit la mort. Mais Jésus est au coeur même de l'union de l'humanité avec Dieu, Il subsiste en Dieu, Il est uni personnellement à Dieu, Il est donc à la source même de la Vie. Comment la mort peut-elle avoir prise sur Lui ? »

Suite du texte : « Cela ne pourra être évidemment qu'en vertu de cette solidarité absolue entre Lui et nous. Et Saint Paul nous donne en effet la possibilité de comprendre comment la mort s'est emparée de la Personne de Jésus, alors que Jésus avait déclaré que personne ne lui ôtait Sa Vie, qu'il la donnait de Lui-même et qu'il pouvait la reprendre, Saint Paul nous conduit à l'intelligence de cette mort par identification avec nous-mêmes,
En effet, si Jésus a été "fait péché", s'il s'est senti le grand coupable, si Il a eu le sentiment que ses bourreaux étaient infiniment plus innocents que Lui-même lorsqu'il a prié pour eux, s'il est entré dans cette ténèbre infinie, alors on peut concevoir qu'il n'est pas mort d'une mort physique, qu'il n'est pas mort d'abord de ses blessures mais qu'il est mort de cette mort intérieure, qu'il est mort de cette coexistence en Lui entre l'inno­cence infinie dont Il avait conscience au sommet de son être et la culpabilité infinie qu'il ressentait dans la zone ténébreuse de sa connaissance expérimentale. C'est probablement le voisinage et l'antagonisme de cette innocence absolue et de cette culpabilité infinie qui a déterminé la mort de Notre Seigneur.
Notre Seigneur est mort de notre mort, Il est mort d'une mort d'identification avec nous et c'est pourquoi sa mort constitue une sorte de miracle. Le problème de la Résurrection va de soi en quelque manière : Si Jésus est le Prince de Vie, Il porte en Lui la source de vie ! le vrai miracle, ce n'est pas qu'il soit ressuscité, c'est qu'il soit mort.
Et il semble bien que, si nous suivons les indications données par le Père Mac Nabb, il semble bien que ce soit en effet d'une mort intérieure que Notre Seigneur soit mort, cette mort où son âme a été brisée, a été déchirée par la coexistence de la suprême innocence avec la suprême culpabilité et que Sa Résurrection représente quelque chose de tout à fait différent de la résurrection du Lazare ou du fils de la veuve de Nairn, ou de la petite fille du chef de la synagogue. ! C'est autre chose ! comme la mort de Notre Seigneur est unique, comme la mort de Jésus est une mort du dedans, une mort intérieure, Sa Résurrection est aussi une réalité du dedans, c'est l'exigence même de son être qui se réactualise. Le Prince de Vie ne pouvait pas être livré à la mort, Il ne pouvait mourir que d'une mort d'identification avec nous.
Le Père Mac Nabb d'ailleurs conclut cet exposé des 4 plans de conscience de Notre Seigneur, il conclut cet exposé en disant à ses amis anglicans : "Si on se place au point de vue de la connaissance expérimentale, on peut admettre en effet que Notre Seigneur à certains moments n'eût pas conscience de Sa divinité, en sous-entendant bien entendu que, au point de vue de la connaissance béatifique, prophétique et, à plus forte raison, au point de vue de la connaissance divine, Il avait toujours parfaitement et totalement cons­cience de Sa Divinité.
C'est un des exemples les plus admirables de la charité dans les rapports entre théologiens que celui que nous donne le Père Mac Nabb qui entre à fond dans le problème qu'il éclaire à partir d'une tradition infiniment profonde, qui en distingue tous les aspects, qui donne raison autant que l'on peut le faire à ce qui paraît purement négatif et qui nous permet ainsi de contempler dans un merveilleux équilibre les différents niveaux de conscience de l'âme de Notre Seigneur.
Il me paraît d'une extrême importance pour nous, si nous voulons entrer dans le mystère de la Rédemption, il me paraît d'une extrême importance que nous vivions ce mystère sous cet aspect d'identification avec nous et que nous voyons la mort de Notre Seigneur non pas comme une chose qu'il subit en vertu de la décomposition en quelque sorte de son humanité, mais comme une réalité qu'il assume en pleine liberté pour faire contre­poids à tous nos refus d'amour, pour nous axer de nouveau sur la vie infinie qui doit jaillir en nous du coeur de Dieu qui bat dans le nôtre.
Nous voulons donc essayer de retenir cette admirable distinction pour nous rendre compte toujours plus profondément de cette sorte de dialectique entre la liberté infinie de Jésus et les exigences de sa mission rédemptrice. Plus nous enfoncerons dans ces ténèbres, plus nous serons saisis par la puissance de l'Amour de Notre Seigneur, plus nous verrons en Lui quelqu'un d'infiniment fraternel qui a porté notre fardeau, qui l'a porté infiniment plus que nous ne sommes capables de le porter puisqu'il avait une connaissance du mal, connaissance qu'il puisait dans la lumière infinie de Son innocence.
Il a connu le visage du péché comme nous ne le connaîtrons jamais et Il l'a porté. "Il a été fait péché pour nous" et c'est justement pour nous une raison de L'aimer sans mesure et de Lui demeurer d'autant plus fidèles qu'il a été crucifié par tous nos refus d' amour. Et c'est d'ailleurs à cela que, finalement, doit aboutir toute contemplation du mystère de la Rédemption, à une volonté de faire de Jésus en nous le Seigneur Vivant et Ressuscité. »
(fin de la 6ème conférence)


Maurice ZUNDEL.

12:21 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

04/10/2008

Prière au Dieu pauvre.

     



Saint François d'Assise. Oraison :

« Dieu, notre Dieu, Dieu éternel surgissant et jaillissant Esprit, Fils et Père, Dieu infiniment dépouillé de soi en chacune des personnes divines, Dieu qui a suscité dans ton Eglise François d'Assise ami, chantre et époux de la pauvreté divine, donne à ton Eglise, donne à chacun de ses membres, l'intelligence profonde de la pauvreté de Dieu. Par l'intercession de François que nous apprenions comment dans l'Eglise assimiler et vivre cet immense mystère ! par Jésus-Christ, le grand pauvre, incarnation parfaite de la pauvreté divine et le grand vivant de vie éternelle avec le Père et l'Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

A la fin de la lettre de François à tous les fidèles on peut lire : « Que tous ceux qui agiront ainsi et persévéreront jusqu'à la fin, l'Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux habitation et demeure, et ils seront fils du Père céleste dont ils font les œuvres, et ils seront époux, frères et mères de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (dans « la liturgie des heures », tome IV, page 1054)

On lira avec profit la 4ème conférence de M. Zundel donnée au mont des Cats en décembre 1971. . Il nous parle de l'Islam et de « la respiration que donne la rencontre avec le Dieu trinitaire », et du problème du mal, « blessure faite à Dieu ».

« Le Dieu chrétien, le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ, ... ce Dieu éternel ne peut être qu'un Dieu qui se communique et qui n'a de contact avec lui-même qu'en se communiquant, c'est donc un Dieu libre, un Dieu libre de soi, c'est un Dieu qui peut nous libérer de nous-même, un Dieu qui nous enseigne notre liberté et nous la communique, un Dieu qui est le ferment de notre libération, un Dieu présent qui nous appelle à cette forme de sainteté incomparable qui est d'être libre de soi. »

 

Maurice ZUNDEL.

12:22 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |