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11/01/2006

EUTHANASIE OU SOINS PALLIATIFS ?

Euthanasie ou soins palliatifs : Éthique ou Économie ?
 

Les Pays-Bas sont les seuls en Europe à autoriser juridiquement l'euthanasie, ayant promulgué une loi en des termes qui ne heurteraient point les concitoyens, puisque l'on parle de suicide assisté et d'abstention thérapeutique si le patient le demande. La Belgique pourrait suivre cet exemple et être ainsi le deuxième pays à l'autoriser. Aux États-Unis, la loi fédérale interdit l'euthanasie, cependant un État tel que l'Oregon le reconnaît sans problèmes de conscience comme étant un suicide assisté légitime.

En France, l'euthanasie reste au regard de la loi, un meurtre passible de trente ans de réclusion criminelle. De nombreux débats dits progressistes souhaitent une dépénalisation progressive de l'euthanasie. Cependant, bon nombre de ministres refusent cette perspective en privilégiant l'extension des soins palliatifs. La logique Hollandaise ne prend pas racine dans notre pays, notamment lorsqu'elle évoque sous un discours faussement éthique, que le suicide assisté est un geste d'extrême compassion envers les personnes souffrants d'une maladie incurable.

Pour l' État Français, il faut absolument s'éloigner de ce discours qui génère un manque de confiance dans les prestations des hôpitaux : il faut garantir aux patients en situation extrême et en fin de vie la pleine confiance dans les structures d'accueil médicales. Mais, le débat ne semble pas clos et certains hommes politiques admettent la recevabilité de l'euthanasie dans certains cas de figure. Et nous savons, malheureusement, que ces propositions à débattre sur des sujets aussi brûlants sont très souvent des occasions pour banaliser l'interdit moral au nom du progrès social.

Les exemples des autres pays pratiquant cette extrémité au nom de la dignité humaine sont-ils pour autant exemplaires ? Quand saurons nous prendre des décisions fondamentales au niveau législatif ou social sans pour autant copier sur les autres pays, mais en agissant en pleine conscience, au risque de paraître en retard dans le paysage mondial ? Les soins palliatifs demeurent encore timides et pourtant, ils font appel au souci de mourir dignement et d'assumer sereinement ce stade final. Si leurs développements s'effectuent à pas lents, il ne s'agit nullement d’une question éthique mais économique.

Aider une personne à mourir selon son rythme biologique coûte deux fois plus cher que de lui prodiguer une seringue fatale mais rapidement efficace.

Bruno LEROY.

10:12 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

03/01/2006

LA SEXUALITÉ EST UN ACTE SACRÉ.

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Il y a en chacun de nous un besoin sexuel. Certes, il n’est pas du même ordre que le besoin de manger ou de boire. En effet, on peut se passer, être privé de l’exercice de la sexualité, ou la différer, sans cependant mourir ; ce qui n’est pas le cas de la nourriture ou de la boisson. Ce besoin sexuel est présent dès le plus jeune âge. L’enfant éprouve de manière diffuse son corps comme une source de plaisir. Il aime être bercé, pris dans les bras, choyé. Il aime être embrassé et embrasser. Ce contact corporel, il est cherché non pas comme pure sensation épidermique, mais comme expression d’une relation intersubjective. Au moment de la puberté, le garçon et la jeune fille découvrent en leur corps de nouvelles potentialités de plaisir ainsi que le désir plus vivace de le partager, de le donner à l’autre, de le recevoir de l’autre, comme expression d’un amour mutuel. A nouveau, faire de la relation sexuelle un don réciproque, n’est pas acquis d’avance ; il faut du temps ; un temps où l’attirance des coeurs, la connaissance mutuelle au-delà des images rêvées, la maturation psychologique et le désir sexuel progressent de pair.

Ce n’est pas mettre de son côté toutes les chances de réussite en amour que de vouloir tout, tout de suite, de se livrer à la passion érotique, en court-circuitant le temps des maturations. Dans ce cas "on fait l’amour" sans amour, sans lien amoureux correspondant. Des illusions sont possibles à ce propos. Par exemple, le jeune homme qui veut "faire l’amour" moins par amour de l’autre que pour éprouver sa virilité et épater les copains. Ou encore la jeune fille qui donne son corps pour retenir un amour fragile à peine naissant, pour retenir un partenaire indécis ou volage, en croyant que la relation sexuelle suffit à créer un lien durable. Les désillusions peuvent être rudes et laisser au cœur des blessures qui demeurent ouvertes. Banaliser l’acte sexuel, le détacher d’un lien amoureux forgé à l’épreuve du temps, c’est prendre le risque de s’interdire l’accès un jour à un amour authentique.

La relation sexuelle, si l’on veut qu’elle soit gratifiante, vient en son temps : au moment où les partenaires se mettent à aimer le lien qui les unit, à vouloir le préserver dans la durée et à espérer qu’il n’aura pas de fin. C’est alors que l’acte sexuel devient l’expression d’un don de soi réciproque, en pure perte, sans calcul. Car à l’étreinte des corps se conjoint l’abandon confiant et réciproque à l’autre. Le plaisir érotique s’en trouve accru car la rencontre des corps est en même temps échange affectif où chacun se reçoit de l’autre et se donne à lui.

Dans la relation sexuelle, il y a certes un désir de fusion, mais, au moment de la rencontre, au moment le plus intense de la proximité, l’autre reste autre, car la femme ne saura jamais ce que l’homme éprouve dans son corps et vice versa. C’est pourquoi la rencontre sexuelle, pourvu qu’elle s’inscrive dans un lien amoureux, n’est jamais prise de possession de l’autre, mais rencontre de sa mystérieuse altérité. Elle est ainsi offrande et non pas prise. La fidélité, elle se forge quand, pour l’amour de soi et pour l’amour de l’autre, on se prend à aimer le lien amoureux lui-même ; on le maintient, on le préserve, on l’entretient, on le cultive avec art et sagesse afin que, petit germe fragile au départ, il devienne arbre épanoui.

BRUNO LEROY.

07:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

26/11/2005

HISTOIRE DE RIRE...

J'étais debout dans un avion récemment, attendant qu'ils ouvrent les portes pour que nous puissions sortir quand quelque chose m'a surpris. Une dame devant était en train de raconter l'histoire de sa vie à un autre passager, évidemment un étranger. Elle parlait surtout de son merveilleux chat. J'écoutais parce qu'il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, en attendant de sortir d'un avion à minuit. Soudain la femme a ri -non, elle a jacassé- et c'est cela qui m'a surpris. On aurait dit la méchante sorcière de l'Ouest dans le film " Le magicien d'Oz ". J'écoutais en silence et elle recommença à rire. Ma femme m'a chuchoté : " On dirait la méchante sorcière de l'Ouest ". Ah ! Ce n'était pas seulement mon imagination. Plus tard, je me suis demandé si ce fameux chat dont elle parlait était noir. Quelqu'un devait lui dire que si elle changeait de rire, sa vie sociale s'améliorerait sans doute. Je ne crois pas que c'était à moi de le faire alors j'ai pris mes bagages et je suis rentré à la maison. Le jour suivant, alors que je me promenais près de la maison, j'ai vu une personne assez forte parlant avec un ami. Soudain il s'est mis à rire fort et c'était de bon coeur. Vous devez avoir une bedaine appréciable pour rire comme ça. Il commence au plus profond de la personne et résonne vers l'extérieur. Le gras amplifie le son et il vibre dans l'air pour alerter tout le monde dans le voisinage. Ils sourient en entendant cela. C'est sûr. Je crois qu'un rire comme ça, vient d'un bon coeur. Comme je méditais sur ce grand mystère, il m'est venu à l'esprit que notre façon de rire nous est aussi personnelle que nos empreintes digitales. Alors, j'ai rigolé, seulement pour entendre de quoi j'avais l'air. J'avais peur d'avoir le rire de la méchante sorcière de l'Ouest sans le remarquer. Ca va. Ce n'est rien de spécial, mais au moins ce n'est pas bizarre. J'ai entendu de grands hommes rirent comme des petites filles. D'autres explosent de rire. Attention : il ne faut pas se tenir devant ceux-là ou vous risquez d'être " arrosé ". Certains sont détendus et sophistiqués. Ils émettent un baryton bien maîtrisé : " ha, ha, ha ". Ce n'est pas grand-chose, ça, parce qu'il ne vient pas du coeur. Il est trop conscient de son image. Pour être efficace, un rire doit jaillir de l'âme. Je me souviens des fois où j'étais si conscient de l'importance du rire dans ma vie, qu'un grand sourire s'est écrasé dans le lac de mon coeur, puis ses ondulations montaient jusqu'à mon visage où elles se voyaient partout sur celui-ci. Une fois, j'ai passé trois jours effroyables, pleins de stress. Il y avait beaucoup trop de choses à faire, et en plus deux membres de ma famille étaient sérieusement malades. D'autres complications s'ajoutaient. Le vendredi soir, j'étais KO. Je crois que Dieu a fait une " intervention chirurgicale " pendant que je dormais, parce que je me suis réveillé avec la joie et la louange qui jaillissaient de mon coeur. La situation n'avait pas changé mais cette oppression qui m'avait affligé s'était enfuit. Quelques-uns d'entre nous ont peut-être abandonné l'espoir de rire de nouveau. Tournez-vous vers le Seigneur dans votre désespoir. Dites-lui du fond de votre coeur ce qui se passe. Bien sûr qu'il le sait, mais vous avez besoin de le faire. La nuit peut durer encore un peu mais tôt ou tard une étincelle de joie commencera à germer dans votre âme.
Bruno LEROY.

10:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

14/11/2005

AU SECOURS LES BANLIEUES SONT EN FEU !

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Les Banlieues sont en feu pouvait-on entendre dans tous les médias. La focalisation du phénomène de violences urbaines fut une réelle entrave au travail éducatif d'apaisement que nous effectuons sur le terrain. Beaucoup de personnes m'ont interrogées dont les radios, pour me demander mes impressions sur cette insurrection soudaine. Les éducateurs que nous sommes savent souvent ce qu'il ne faut pas faire ou dire mais, ne possèdent pas la science infuse pour expliquer tous les malaises de notre société. Ce n'est guère faute de réfléchir, c'est l'urgence des problématiques à régler qui prime. La réflexion vient après. Quoique, j'ai abordé le sujet à plusieurs reprises durant les années 80 en disant que les Jeunes par désarroi risquaient de mettre le feu si nous continuons une Politique Sociale vide de Sens. Les personnes venues assister à mes interventions ne voyaient en moi qu'un prophète du malheur, un oiseau de mauvaise augure. Le dossier sur les problématiques des Banlieues se referma consciemment...
Et puis, cette révolte qui fomentait depuis longtemps est passée à l'acte. C'est étrange comme les regards diffèrent désormais. Je semble détenir la vérité. Mais, quelle vérité ?
On me demanda si les propos de Sarkozy furent à l'origine de ces émeutes. Je réponds catégoriquement : NON !
Ils furent certes, l'étincelle qui alluma la mèche, longtemps préparée.
Le problème des ados n'est pas dans le langage de Sarko. Cette analyse est trop réductrice en cherchant un bouc-émissaire responsable de la flambée de violences.
Tout le monde sait dans son fort intérieur que le malaise est plus profond. D'abord, la peur des ados d'être ce qu'ils sont. Je m'explique. L'adolescence est une phase de construction individuelle. Pour cela, il faut que les jeunes aient des projets d'avenir sur lesquels s'appuyer, se construire.Or, notre société est celle du chômage. Celle qu'on nous présente sans avenir, sans devenir. Alors, les adultes demeurent les uniques référents face à ces angoisses existentielles de l'ado. Simplement, ils ne tombent pas toujours sur la personne "providentielle" qui pourrait les extraire de leur mal être. Les dealers, voire une maffia interne a rapidement maîtrisée la situation. La drogue et surtout l'alcool sont les addictions substitutifs d'une ghettoïsation en marche contre la désespérance.
Mais pourquoi, les jeunes éprouvent-ils un tel désespoir ?
Je parlais précédemment de la peur. Cette peur du flic qui représente l'autorité souvent insultante, méprisante. Il est de très bons policiers qui effectuent leur travail humainement. Loin de moi, l'idée de décrier la police.
Ces jeunes ne se sentent appartenir à personne, à rien et surtout pas la France qui les rejette, par peur.
Oui, nous revenons sans cesse à la problématique de la peur. Les Français, en général, ont peur des jeunes estimant qu'ils vivent dans un autre monde, une autre planète. Tant que nous ne reviendrons pas à l' éducation globale, rien ne pourra se construire de réellement concret. Qu'est-ce que l'éducation globale ? C'est la prise de conscience chez chaque Citoyen que l'enfant d'un autre pourrait être le sien. C'est intervenir auprès de lui lorsqu'il fait une connerie et lui expliquer les raisons de son geste. Et faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Il en était ainsi autrefois lorsque les religieux, les communistes, les travailleurs sociaux, les policiers et toute la population voyait un ado mal tourner.
Tout ce petit monde a déserté les Banlieues involontairement et les jeunes se sont retrouvés seuls face à eux-mêmes. Cette solitude qui fait venir des éléments extérieurs néfastes et qui met les familles livrées à elles-mêmes dans l'ingérence des problèmes. La vie est belle en Banlieue contrairement à l'image qu'on puisse en donner. Les gens se parlent, se chahutent, s'affrontent et c'est l'horizon d'une micro-société qui palpite au vent de l'existence. Non, les Banlieues ne sont pas des poubelles où s'entassent les cadavres de la délinquance juvénile. Cette vision est fausse. Elle est l'endroit certes, où se concentrent toutes les blessures humaines et sociales.
Il faut redonner de cette confiance perdue par ce sentiment d'abandon de la part des Jeunes. Il faut davantage de proximité de la part de tous citoyens qui sent la jeunesse basculer. Nous leur volons leur adolescence. Ils répondent aux agressions en fonction de leur âge. Il faut soutenir également les parents et cesser de les insulter en disant qu'ils ont démissionnés. C'est nous qui avons désertés. Nous sommes dans une dynamique de peur, dès que nous voyons une bande, nous pensons agression. Nous devons redevenir des Hommes et des Femmes attentifs aux autres. Davantage dans une pulsion de solidarité permanente, plutôt que de jugements et de trouille. Cautionner leurs actes délictueux, jamais. Ce serait les déresponsabiliser totalement. Insulte suprême. Il est temps de réinvestir les lieux avant qu'une génération maffieuse instaure ses propres lois. C'est en partie déjà présent. Mais, de grâce levons-nous pour une politique de proximité au sens noble du terme. Et n'écoutons pas les discours des pseudo-libertaires qui attisent le feu de la révolte. Il ne s'agit nullement d'une révolte organisée sauf, par certains adultes opportunistes. Mais, d'une désespérance exprimée par des Jeunes en recherche d'identité, et qui ne la trouveront jamais sans notre soutien. Rien n'est perdu, tout commence par une nouvelle prise de conscience, je l'espère. Je suis conscient de n'avoir pas tout évoqué dans cet article, notamment la pauvreté endiguée par une économie parallèle.
Bruno LEROY.
Éducateur de Rue.

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