7427 7827

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/09/2007

THÉOLOGIE INTELLIGENCE D'ESPÉRANCE.

81e8df4ff7ee2754930996bd3c55a693.jpg

La théologie, c’est la foi en recherche de l’intelligence. Il faut comprendre comme une intelligence de l’amour pour les plus pauvres et les opprimés dans l’histoire. Elle est une réflexion qui vise à accompagner la marche d’un peuple dans ses souffrances et ses joies, dans ses engagements, ses frustrations et espérances ; l’accompagner aussi dans sa prise de conscience de l’univers social dans lequel il vit et dans sa détermination de mieux connaître sa propre tradition culturelle. Si un langage théologique ne tient pas compte de la souffrance injuste et ne proclame pas haut et fort le droit de tous et de chacun à être heureux, il n’a aucune épaisseur et trahit le Dieu dont on veut parler : le Dieu des Béatitudes précisément.

En dernière instance, la théologie, toute théologie, est une herméneutique de l’espérance. C’est l’intelligence des motifs que nous avons d’espérer. L’espérance est, en premier lieu, un don de Dieu. Accueillir ce don ouvre sur le futur et la confiance celui qui suit Jésus. Voir le travail théologique comme une compréhension de l’espérance devient plus exigeant quand le point de départ est la situation du pauvre et la solidarité envers lui. Ce n’est pas une espérance facile, mais aussi fragile qu’elle puisse paraître, elle est capable de prendre racine dans le monde de l’insignifiance sociale, dans le monde du pauvre ; capable de s’allumer, même au milieu de situations difficiles et de se maintenir vivante et créative. Pourtant, espérer n’est pas attendre, mais se laisser conduire jusqu’à l’engagement de forger activement des raisons d’espérance. Précisons que c’est un vécu qui ne se confond pas, à strictement parler, avec une utopie historique ou un projet social, mais elle les suppose, elle les engendre dans la mesure où ils expriment la volonté de construire une société juste et fraternelle.

Bruno LEROY.

17:30 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

18/09/2007

L’ART EST PROPHÉTIQUE.

293ae0c9640c24bd83d491b8ddee99e9.gif
JOURNAL CHRETIEN
http://www.journalchretien.net/spip.php?article2077
L’ART EST PROPHÉTIQUE.
Si cette liberté est « la glorieuse liberté des enfants de Dieu », si l’artiste est -comme tout chrétien pourrait l’être- un véritable disciple de Jésus-Christ, son expression artistique témoignera de la Vie qu’il a reçue.
/ BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu.

La création artistique est-elle une sorte de « sécrétion » de l’esprit humain, née d’une alchimie mystérieuse de la personne ? Dans ce cas, l’artiste serait alors amené à « se dire », à témoigner de lui-même d’une façon décalée par rapport aux strictes nécessités de la productivité ? Son esthétique renverrait à des douceurs ou des beautés enfouies au fond de l’être.

Mais nous sentons bien que l’art n’est pas le produit unilatéral d’un artiste. L’art est dialogue. Il l’est déjà dans l’esprit et le cœur du créateur, dans ce rapport entre le JE, dans sa solitude, et le NOUS qui l’unit à d’autres. En tant que créateur je me refuse à l’isolement, à la fermeture, à « l’étanchéité », je suis donc uni à d’autres par d’innombrables liens. Ce que je vais dire par mon geste artistique sera donc le produit de ce dialogue entre moi-le-solitaire et moi-parmi-d’autres. Je ne témoignerai pas de « moi » seulement, mais de « moi qui se pense NOUS ».

Mais le dialogue ne s’arrête pas à cette recherche intérieure, il est aussi bien concret dans le résultat de ma création. Je propose mon art, je le donne à voir, à toucher, à entendre etc. Va t’on accueillir cette proposition ? Que va-t-on en faire ? Quelles seront les réactions ? Dialogues multiples avec les destinataires de la création artistique.

L’art peut-il être au service du témoignage ? Ne risque-t-on pas de « purger » l’art en l’enrégimentant, en lui donnant mission ? Oui, il ne peut s’épanouir que dans la liberté ; Mais si cette liberté est « la glorieuse liberté des enfants de Dieu », si l’artiste est -comme tout chrétien pourrait l’être- un véritable disciple de Jésus-Christ, son expression artistique témoignera de la Vie qu’il a reçue.

Alors, que l’artiste soit ce sculpteur du XIe siècle juché en haut d’une église romane qui crée une œuvre que seul verra un photographe acrobate du XXe siècle ; qu’il soit ce compositeur au nom oublié mais dont on chante et joue l’œuvre pendant des générations ; qu’il soit ce peintre dont une couleur de la toile résonne curieusement en moi et me parle. Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu. Il sera prophète, « porte-parole », comme chaque chrétien doit l’être, et l’art sera alors un merveilleux reflet de l’Espérance que nous accueillons sans cesse et qui se renouvelle sans cesse.

Bruno LEROY.

16:26 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

17/09/2007

DEMEURER INTÈGRE...

11b9efe32d3b6c14449472b9f9f2f046.jpg

Elle consiste à s'accrocher en tout temps à son sens le plus élevé de la vérité et à sa propre vision, quel qu'en soit le coût. Elle consiste à résonner avec la fibre la plus profonde de notre être, qui nous pousse à ne pas céder un centimètre de terrain, quel que soit le prestige ou l'autorité de la personne ou de l'institution qui s'oppose à nous. Et cela, non pas par obstination, mais à cause du courage tranquille d'une voix intérieure qui nous dit: " Ceci par-dessus tout : sois fidèle à toi-même... "

Être intègre signifie suivre à tout moment sa plus haute idée de ce qui est juste, quelles que puissent en être les conséquences, aussi solitaire que soit le sentier, et aussi fortes que soient les railleries et les moqueries de la foule et des pharisiens.

Être intègre, c'est encore " oser proclamer la vérité à tout pouvoir " quand le silence avantagerait mieux tes intérêts. C'est s'accrocher au pouvoir de la vérité quand tous ceux qui t'entourent acceptent des compromis ou prétendent: " Ce n'est pas vraiment important ". C'est rester intrépide et ferme quand les autres disparaissent dans les abris souterrains de leurs peurs et de leur timidité.

L'intégrité, c'est encore refuser de diluer son sens intérieur de la véracité, serait-ce même pour satisfaire, apaiser ou gagner l'approbation d'un bien-aimé ou d'une bien-aimée.

Par-dessus tout, l'intégrité consiste à refuser de tricher avec soi-même, mentir à soi-même, ou demeurer dans la pénombre des demi-vérités. On peut mentir à d'autres, voire les tromper - et se faire pardonner. Mais quand tu te mens à toi- même, qui est là pour te pardonner ? Et après une défaite de ce type-là, qui t'aidera à te mettre debout ? Même si tu es assez ignorant pour te laisser aller à cette absurdité suprême consistant à te tromper toi-même, ta force intérieure ne quittera-t-elle pas le vaisseau de celui qui le coule volontairement de cette façon? Dans de tels moments, la grâce seule peut te sauver.

Se tromper soi-même tue le discernement qui est à la base du vrai jugement et d'un choix valable. Éviter consciemment ce que l'on sait être vrai ou se mentir à soi-même est le péché contre l'esprit qui réside au fond de chacun de nous. L'intégrité, en tant que centre le plus intime de l'essence de notre être, constitue la moelle de notre identité, la fondation de toutes nos qualités, à commencer par l'amour. Elle est la trame sur laquelle nous tissons leurs textures exquises sur la tapisserie de notre existence. Pas de trame, pas de tapisserie. Quand elle est mariée à l'amour dans la danse joyeuse de celui dont l'existence est une célébration de la vie, elle forme le couple parfait.

Alors, quand les vents et les tempêtes hurlent ou que le tentateur murmure: " Une compromission est de rigueur " et cherche à nous faire éviter les défis dont nous avons besoin pour grandir et rester éveillés, tenons-nous fermement, amie, ami, quel que puisse en être le coût, à cette fontaine intérieure qu'est notre véritable intégrité - car en elle réside la vie.

18:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

16/09/2007

La relation mère-enfant.

PDF]

La relation mère-enfant entre le manque d'affects et l'empiètement

Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat - Version HTML
Source : Article de Bruno Leroy : http://blog.france2.fr/ecriture/index.
php/2005/07/29/3742-ces-enfants-maltraites. Les enfants maltraités ...
www.akadem.org/photos/contextuels/980_enfants_maltraites_Doc6.pdf -

17:38 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

11/09/2007

LA VIE SELON DIEU EST LIBÉRATION.

JOURNAL CHRETIEN
http://www.journalchretien.net/spip.php?article3639
LA VIE SELON DIEU EST LIBÉRATION.
Une liberté responsable où la course au profit laissera place à une terre d’Amour.
/ BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Ce Dieu Libérateur qui est venu pour les plus petits d’entre nos Frères et Soeurs, ne saurait être contre nos rêves de liberté.

Prendre le Temps en ce monde bousculé. Prendre le temps de rêver les splendides horizons d’Espérance que Dieu a déposé en notre âme. Répondre ainsi aux Talents que Christ nous demande de cultiver. Quel merveilleux programme de Vie, n’est-ce pas ?

Frères et Soeurs, il est temps que notre société et notamment, nos Jeunes prennent du temps pour méditer et accomplir leurs rêves. Pour cela, il faut dépasser certains obstacles. Ensemble, chrétiens et chrétiennes que nous sommes, partageons nos rêves et aidons les autres à les vivre. Notre vocation est de transmettre tout ce que Dieu en Son Infini Amour nous a donné en pleine libéralité. Ne conservons pas nos rêves pour nous. Ils deviendraient cauchemars. Offrons au monde les rêves solaires et éclatant de Lumière afin de donner un autre visage à notre Humanité. Une société de violence et de manque de repères spirituels est une société qui a tué ses rêves les plus beaux. Puisse l’Esprit-Saint nous accompagner dans ce rêve d’une Humanité nouvelle !

Pourquoi parler des rêves avec tant d’insistance ? Simplement, je m’aperçois que notre société prend de moins en moins en considération les rêves humains. La compétitivité, la performance et bien d’autres paradigmes ont fait de nous les esclaves modernes d’un monde de consommation. Qu’importe alors, si les jeunes et moins jeunes se mettent à rêver de leur avenir pour créer des projets. Les projets sont imposés pour faire face à la concurrence. Laissons nos rêves de côté où nous finirons tous et toutes dans la rue à tendre la main en espérant quelques Euros.

A me lire, peut-être pensez-vous que je décris bien ce qui risquerait de nous arriver si nous suivions nos rêves. Hé bien, cette description est entièrement fausse et véhiculée par les médias à tel point qu’on semble sentir sa réalité. Non, ceux ou celles qui ont des rêves mettent tout en place, jusqu’au bout, pour que ceux-ci se réalisent. Le chrétien doit être le premier à faire confiance en un Dieu d’Amour qui est à l’écoute de nos rêves pour combler Ses desseins. Nous devons tout mettre en place pour acquérir cet esprit critique qui nous réalise en tant qu’Hommes.

Ne pas sombrer dans le matérialisme le plus bas afin de satisfaire les lobbys industriels. Ce matérialisme dépourvu de sens, sinon celui de s’enrichir, détruit nos rêves les plus nobles. Nous sommes au service de Christ, pas des patrons qui nous considèrent tels des numéros. Nous pouvons connaître le chemin que Dieu nous destine, uniquement dans la prière des profondeurs de l’âme. Il sait que nos rêves de chrétiens désirent un monde où la Haine, l’égoïsme, l’individualisme forcené, le profit soient éradiqués de notre société. Sinon, à quoi nous servirait-il de nous dire chrétiens en lisant la Bible tout en ne la vivant pas ?

Voilà notre combat spirituel. Remettre sur terre les rêves que Dieu Amour nous donne. Avoir confiance en nos qualités et capacités. Trouver la force dans la prière de chaque instant. Ne plus être les esclaves d’un monde moderne qui tue nos rêves. Et peu importe les conséquences, nous aurons oeuvrés pour Christ et la mise en application de Ses rêves. Nous espérons que d’autres générations se lèveront en disant qu’ils veulent une existence autonome dans les bras de Dieu.

Ce Dieu Libérateur qui est venu pour les plus petits d’entre nos Frères et Soeurs, ne saurait être contre nos rêves de liberté. Une liberté responsable où la course au profit laissera place à une terre d’Amour.

Bien-sûr, il nous faut de l’argent pour vivre mais non vivre pour l’argent. L’Esprit-Saint pourvoira à l’accomplissement de notre destin, pourvu qu’il soit vécu dans la prière afin que nous ne confondions point nos propres rêves avec ceux de Dieu.

Réaliser nos rêves, c’est toujours grandir en Humanité selon la Volonté de Christ.

Bruno LEROY.

19:05 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

LE REGARD DU COEUR.

JOURNAL CHRETIEN
http://www.journalchretien.net/spip.php?article3590
Regarder avec le coeur, c’est voir en chacun ce qu’il a de meilleur, ce en quoi il est à l’image de Dieu .
 / BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Dieu pose sur nous un regard d’amour qui ne juge pas et ne condamne pas. Tel est le regard de Jésus. Parce qu’il regarde l’homme avec amour, avec son cœur, son regard est capable de susciter la vie, de faire naître l’amour et de récréer l’homme.

Le regard en langage humain est l’expression la plus vivante des sentiments profonds de la personne (Cf. E. Levinas). Le regard humain s’origine dans le regard de Dieu, un regard dont la qualité est d’être éminemment poétique. Poétique selon la racine grecque du verbe créer, avec les spécifications qui s’y ajoutent : causer, faire devenir, donner la vie, inventer, imaginer, tenir grand compte de, faire avec art... La Révélation biblique est le fruit de ce premier regard, expression d’un étonnement poétique. Le regard de Dieu est saisi comme la manifestation de respect pour l’être humain, une marque de déférence en laquelle tout individu a « du prix à ses yeux » (Is 43, 4 ; 49, 16). En son origine, le regard de Dieu sur l’homme est fait d’étonnement et d’émerveillement « Dieu vit que cela était bon » (Gn 1, 31). Ce regard de l’artiste Divin est un regard créateur, un regard poétique, de l’aspect unique, de la valeur de chaque être humain... De dire d’André Frossard : « Dieu ne se sait compter que jusqu’à un ». À ses yeux, chacun se révèle comme une personne originale et irremplaçable...

L’Évangile souligne que tout se joue et se situe dans la manière de regarder. Il y a voir et voir. Dieu pose sur nous un regard d’amour qui ne juge pas et ne condamne pas. Tel est le regard de Jésus. Parce qu’il regarde l’homme avec amour, avec son cœur, son regard est capable de susciter la vie, de faire naître l’amour et de récréer l’homme. Il a suffi d’un regard d’amour pour que la Samaritaine reconnaisse son péché et que, de son cœur desséché, jaillisse le désir de Dieu, l’eau vive qui fait d’elle l’apôtre de son village (Jn 4, 1-42). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Zachée, bouleversé dans son cœur, s’ouvre au partage et à l’espérance (Lc 19, 1-10). Il a suffi d’un regard d’amour pour que la femme adultère reçoive la lumière qui la relève, la libère du péché et de sa honte (Jn 8, 1-11). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Marie-Madeleine renaisse à la tendresse et à l’amour vrai (Lc 7, 36-50). Il a suffi d’un regard pour que l’aveugle-né prenne sa vie en mains (Jn 9, 1-41). Il a suffit d’un regard pour que les disciples quittent tout et suivent Jésus (Jn 1, 35-48). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Marie, Mère de Jésus devienne Mère de l’Église (Jn 19, 26-27). Il a suffi d’un regard pour que Pierre ose à nouveau dire au Seigneur : « Tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jn 21, 15-19).

Parce que Jésus regarde avec son cœur, il voit ce que personne ne peut voir. Dans la piécette de la veuve, il a reconnu la générosité d’un cœur qui aime Dieu plus que tout (Lc 21, 1-4). Dans le parfum de Marie-Madeleine, dans son geste de tendresse, il a saisi et pris la défense d’un grand amour (Lc 7, 36-49). Ainsi, Dieu et l’homme deviennent « entrailles de mère » d’abord par le regard. Le regard est la fenêtre du cœur. Par lui le cœur voit, s’éprend, s’émeut, s’ouvre ou se ferme. Le regard est premier et décisif. Il est créateur de vie ou destructeur d’espérance. Tout peut exister par un seul regard comme tout peut être détruit. Le regard est important. En hébreu, le même mot signifie le regard et la source. Le regard est la source de l’homme. Jésus dira : « L’œil est la lampe du corps » (Lc 11, 34), c’est-à-dire la source de la lumière. Par ce regard, l’homme se remplit de beauté ou de laideur, d’amour ou de haine. Le regard est vraiment une source pour l’homme et, par lui, l’homme peut être une source pour les autres.

Par le regard, nous avons le pouvoir de devenir « entrailles de mère » qui donnent la vie ou la refusent, la font naître ou avorter. Nous accueillons l’autre et le laissons entrer en nous par le regard avant même que nous lui avons ouvert les bras. Le prêtre et le Lévite ont vu l’homme étendu à terre avec le regard de la loi. Le Samaritain l’a vu avec le regard de la miséricorde, avec, dans son cœur, le regard de Dieu. Le miracle de la miséricorde s’est alors produit (Lc 10, 29-37). Se faire le prochain de Dieu ou de l’homme, c’est l’accueillir en notre cœur et avec notre cœur par le regard, un regard éclairé par l’Esprit jailli du cœur du Christ. Regarder avec le cœur, c’est découvrir en l’homme cet « essentiel invisible aux yeux », cette part de beauté, de noble, de pur, de bon qu’il y a en chaque être malgré des apparences contraires. C’est voir l’homme d’abord, et non son péché ou sa faiblesse. Regarder avec le cœur, c’est voir en chacun ce qu’il a de meilleur, ce en quoi il est « à l’image de Dieu ». Regard de miséricorde, né de l’amour, celui-ci est porteur de vie, créateur de vie, de joie et d’espérance. Il est capable de faire exister ce qui n’était pas et de donner vie à ce qui était mort.

Un petit conte d’Henri Nouwen, théologien hollandais, illustre admirablement ce que le regard du cœur est capable de réaliser. « Un jour, écrit-il, un sculpteur était en train de travailler un grand bloc de marbre. Un enfant le regardait et voyait des morceaux qui tombaient par terre. Ne comprenant pas, il s’en va. Au bout de quelques semaines, il repasse chez le sculpteur. Et voilà qu’à la place du bloc de marbre il aperçoit la statue d’un superbe lion. Tout surpris, il demande au sculpteur : comment as-tu su qu’il y avait un lion dans le marbre ? Parce que mon cœur savait qu’il y était, répondit le sculpteur ». N’est-ce pas le regard de Jésus ? Regarder l’autre avec le cœur comme le sculpteur, c’est lui permettre d’exister, c’est faire apparaître ce qu’il y a de meilleur en lui. En chacun de nous, en chaque homme, il y a un « lion », une « merveille » à découvrir ou à faire naître. Dieu sait dans son cœur qu’en tout homme, il y a un fils. Saurons-nous, en regardant cet homme, y reconnaître un frère à aimer et à faire exister selon l’admirable parabole de ce rabbin qui, pour mettre à l’épreuve ses disciples, leur posa un jour cette question : « - À votre avis, à quoi peut-on distinguer le jour de la nuit ? Comment peut-on reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence ? - C’est dit l’un, quand on peut distinguer un chien d’un mouton. - Non ! dit le rabbin. - C’est, enchaîna un autre, quand on peut reconnaître la différence entre un figuier et un dattier. - Non ! dit le rabbin. - C’est peut être, se hasarda un troisième, quand on peut, à distance, différencier un homme d’une femme ? - Pas du tout ! répondit le rabbin. Puis il ajouta après un long moment de silence : Tant que tu n’as pas encore reconnu dans le visage de tout homme un frère à aimer, il fait encore nuit dans ton cœur. »

Bruno LEROY.

18:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

07/09/2007

LES DROGUÉS DU SEXE.

La capacité d'aimer de tout homme est blessée, et cette blessure peut l'entraîner vers toute sorte de déviations sexuelles. Le passage à l'acte constitue un suicide psychologique et spirituel chez ceux qui ne peuvent plus se passer de sexe et connaissent une escalade comparable à celle de la drogue.

L'histoire de Mike

Mike fréquentait avec assiduité les "massages" terme élégant pour désigner les bordels, et des clubs fermés où l'on projetait des films pornographiques. II me parla de sa femme comme d'une "gentille fille" une nice girl qui ne l'avait jamais satisfait (mais qui allait le sauver !), il lui cachait tout. Son désir le tyrannisait : aussitôt satisfait, il lui fallait autre chose de plus fort et donc de plus pervers.
Quand Mike est venu me voir il venait de rencontrer le mouvement charismatique grâce à sa femme qui depuis longtemps priait pour lui dans un groupe du Renouveau. Elle n'avait pas cru à ses mensonges mais se sentait trop faible pour faire face à la vérité.
II me confia ses progrès et ses chutes, ses retours en arrière jusqu'à ce qu'un jour il m'annonce sa victoire. II avait redécouvert la nice girl et s'était rendu compte qu'elle souffrait, énormément, il décida de changer pour l'aider, il se décida, car c'est une décision, de retomber amoureux. Aussi passèrent-ils du temps ensemble.
Peu de temps après il fit l'expérience de l'effusion du Saint-Esprit où il se sentit rempli d'un bonheur, nous pourrions même dire d'une jouissance spirituelle qui fit paraître bien fades les pratiques perverses.
Mais les temps d'euphorie ont été suivis de rechutes où Mike dut apprendre à marcher par la foi en rééduquant ainsi sa volonté et en réorientant son désir.

Les drogués du sexe

Cette compulsion a fait des progrès considérables "grâce" au Minitel rose et à Internet. Quel possesseur d'ordinateur n'a pas un jour tapé le code d'un site dit coquin ? "Pour voir !" Pour voir, c'est aussi ce que l'on dit la première fois que l'on fume du haschich ou que l'on prend de la cocaïne ou un hallucinogène quelconque.
C'est vite vu pour ceux qui goûtent un émoi jamais connu auparavant et qui trouvent que ça avait un petit goût de "reviens-y" et ces sites sont faits pour qu'on y revienne le plus souvent possible.

Toutes les déviations sexuelles sont des plaisirs solitaires. La "sex addiction" est un cri déchirant de solitude, l'expression d'une profonde solitude affective.

Il n'y a de plaisir pervers que solitaire !

Le principe de plaisir est intimement lié à l'enfance qui, passant à la maturité, devra apprendre que son plaisir peut être un déplaisir pour d'autres, qu'il ne vaut que partagé et qu'il n'a de valeur que s'il est durable.
En fait, toutes les déviations sexuelles sont des plaisirs solitaires. La prostituée, la revue, la vidéo, la partenaire au bout d'une hot line ou derrière son clavier minitel ne sont que des objets avec lesquels on se donne du plaisir. On ne donne rien à personne, on essaie de prendre à s'en étouffer.
Un petit enfant ferait n'importe quoi pour que vienne la têtée. À l'entendre hurler on a l'impression que le monde entier peut s'écrouler pour lui s'il n'a pas ce qu'il désire et tout de suite. La sexualité restée infantile ressemble à ce bébé.

" Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi, je suis l'objet de ses désirs. " (Ct7,11) La seule violence, le seul excès qui soit permis est dans l'amour, à l'image de la fiancée du Cantique des cantiques.

La solitude affective

J'ai l'habitude de dire qu'il n'y a pas de problème sexuel. Il n'y a que des problèmes affectifs.
C'est absolument vrai pour le drogué du sexe. Le plaisir solitaire semble le dédommager de ce qu'on ne lui a pas donné d'une part, et d'autre part il le dispense de s'engager. Ainsi se bétonne la solitude.
Les médias modernes encouragent à cette solitude qui ne coûte rien. L'enfant devant son ordinateur s'identifie à des super héros. Il est dans un courage virtuel et tout ce qui compte dans sa vie va devenir virtuel. Déjà, au début de l'âge de la télévision, les parents étaient bien contents que, les mercredi après-midi pluvieux, les remuantes têtes blondes s'aimantent au tube cathodique ; ce n'était qu'un commencement ! L'addiction est un cri déchirant de solitude. Un enfant est seul et il va chercher la nourriture qui l'étouffera.
Le témoignage de Mike nous a appris qu'il existe un remède humain à ce manque terrible. Il consiste à retrouver la relation, à réconcilier la sexualité au rapport amoureux. On ne peut sortir de son isolement que par une ouverture à la relation avec des personnes capables de comprendre et d'aimer, sans juger, sans faire la morale...

Si une âme ne trouve pas de consolations sensibles dans sa vie spirituelle, elle ira les chercher ailleurs.

L'Assomption de la Chair

Le second remède mis en évidence par le témoignage de Mike est divin. Il consiste à vivre pleinement sa relation à Dieu en accomplissant notre vocation première d'intime de Dieu.
Rien de ce que Dieu a mis en nous n'est mauvais ! Le désir sexuel, comme les autres désirs, est dans l'ordre de la Création. Nous assistons à un retour de manivelle où la chair après avoir longtemps été refoulée, cachée, dénigrée impose sa dictature. Tous les excès viennent des démons, disaient les Pères et ils avaient bien raison.
L'ascétisme est souvent un mécanisme de défense pour ne pas affronter les pulsions qui montent jusqu'à la conscience. Saint Bernard essaya de lutter de toutes ses forces par une ascèse violente, ce qui ne fit que détruire sa santé et renforça sans doute ses pulsions. Ce qui fait barrage élève le niveau de l'eau et ce qui était un ruisseau peut devenir une masse menaçante capable de tout détruire sur son passage.
Saint Bernard apprit de son Maître que l'on n'obtient rien par la violence et tout par l'amour. Il parla alors de l'assomption de la chair. Apprivoiser n'est pas mater! Il put constater que son intimité avec Dieu le comblait et assumait ses désirs quels qu'ils soient.

Charles de Foucault, grand jouisseur devant l'Éternel se relevait la nuit pour manger du foie gras et boire du champagne. Après sa conversion il consacra ses nuits au coeur à coeur avec Dieu.

La Purification des sens

Nous avons hérité d'une vision manichéenne où tout ce qui vient du corps semble régi par le démon et où tout ce qui est spirituel doit être exempt de sensibilité et de désir. Ce n'est pas ce que nous enseigne la littérature spirituelle de tous les âges de I'histoire de l'Église.
Nous n'avons que nos cinq sens pour percevoir Dieu. Ils doivent être purifiés certes ; ils doivent être soumis à l'Esprit mais ils ne doivent pas être niés et écrasés.
Sainte Thérèse d'Avila sortit de ce tourment que l'ambiance de l'Inquisition faisait régner dans l'Eglise en découvrant l'Abécédaire de Francisco de Ossuna qui traite de l'oraison et des consolations divines.
Celui-ci affirme que si une âme ne trouve pas de consolations sensibles dans sa vie spirituelle, elle ira les chercher ailleurs. C'est un principe de compensation qui est inéluctable. Ceux qui traversent des nuits le savent bien qui, privés du goût de Dieu, ont la tentation de se tourner vers les créatures.
C'est bien cette expérience sensible de communication qui fait s'écrier à Thérèse d'Avila : " Qui est en Dieu, rien ne lui manque, Dieu seul suffit ! "

Dieu seul suffit !

Et saint Augustin dira que tant que nous serons tourmentés, nous ne goûterons pas le repos en Dieu. Ce que nous venons d'exprimer exige une vie spirituelle intense où l'on entre véritablement dans la contemplation, en ce lieu où se taisent les désirs humains.
Il est curieux de constater que l'on mette une énergie effrénée dans la recherche des plaisirs humains et que dès que nous entamons une vie de prière nous sommes partisans du moindre effort.
La seule violence, le seul excès qui soit permis est dans l'amour, dans la recherche de l'intimité qui nous rend semblables à la fiancée du Cantique des cantiques.

" Le plaisir que l'on prend en Dieu est tel qu'on ne peut se rassasier de lui. Plus on le goûte, plus on communie à lui, plus on en a faim. " Macaire

13:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

03/09/2007

LA FORCE LIBÉRATRICE DE L’ESPÉRANCE.

LA FORCE LIBÉRATRICE DE L’ESPÉRANCE.
L’Espérance chrétienne au nom de jésus-Christ prend corps dans le temps sans cependant jamais s’y enfermer.
/ BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Pour le chrétien, le surgissement de Jésus, homme et Dieu, est dans l’histoire ; il est l’annonce de la fin, la voie de la fin réalisée et à réaliser encore.

Le chrétien ne place pas son Espérance dans les modèles de société, dans les objets, dans les idéaux, mais bien en quelqu’un : Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Pour le chrétien, le surgissement de Jésus, homme et Dieu, est dans l’histoire ; il est l’annonce de la fin, la voie de la fin réalisée et à réaliser encore.

Dans tout l’Évangile, Jésus annonce que le Royaume de Dieu s’est approché par sa personne, qu’il est déjà présent et que cependant il doit encore venir.

A ceux qui veulent un roi qui éliminera les Romains pour enfin clore l’attente, à ceux qui veulent un Maître qui réalisera le Royaume et fermera l’histoire, Jésus répond en refusant toute annexation ; il se met à l’écart et recrée une distance dans l’attente pour que le désir de ce qui n’est pas encore et de ce qui doit encore venir, s’avive de commencement en commencement sans jamais se clôturer dans l’instant présent, dans l’histoire présente.

A ceux qui sont tentés de désespérer, de se résigner ou de se consoler dans l’espoir d’une fin hors du temps, au-delà du temps, Jésus répond en disant que le Royaume est déjà là ; il multiplie les gestes de libération : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » ( Lc, 6, 22 ).

Pour les chrétiens aussi, le Christ est présent et pourtant il est encore Celui qui doit venir. Il nous quitte et reste parmi nous. Boutade ? Non. Par sa vie et par sa mort, par la manifestation de sa résurrection et par son ascension où il se dérobe à notre volonté de le retenir et de le posséder, Jésus nous révèle que la présence passe par l’absence. Contre toute attente qui réduirait jésus et son message à une fin mondaine, le christianisme réinstaure l’homme en relation à Dieu et refuse le rêve des espérances purement horizontales. Jésus est celui qui ouvre l’histoire humaine à Dieu en lui interdisant de se clôturer sur-elle même ou de croire qu’elle peut réaliser le Royaume de Dieu.

Mais contre toute attente qui réduirait Jésus et son message à une fin hors de l’histoire humaine, le christianisme réinstaure l’homme en relation avec Dieu et aux autres hommes dès maintenant et refuse le rêve des espérances purement verticales. Jésus est l’irruption du Royaume de Dieu dans notre histoire ; il ouvre dès maintenant le temps de Dieu et la libération des hommes.

Ni hors de l’histoire, ni dans l’histoire exclusivement, l’Espérance chrétienne vit le paradoxe de devoir réaliser l’attente et en même temps de la déplacer constamment sans la fixer. L’Espérance chrétienne au nom de jésus-Christ prend corps dans le temps sans cependant jamais s’y enfermer.

Le Royaume de Dieu est donc présent dans la pratique du croyant comme une instance critique permanente, une force de contestation qui l’empêche de se satisfaire de ce qui est, qui réveille son Espérance et l’ouvre sans cesse à un avenir qui transcende l’horizon de l’histoire. Seule est véritable la Foi qui se fait Amour, vérité et Justice, indivisiblement.

Bruno LEROY.

12:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

31/08/2007

LES PAUVRES SONT NOTRE MIROIR.

beb3e9e7b05dc5fb7d7cb6d3af8445c5.gif

Les pauvres sont les plaies du système. Par moments, les administrations publiques ont tendance à en finir avec ce problème de pauvreté en éliminant sa formulation. C’est pourquoi on fait souvent appel à la politique qui consiste à " nettoyer la ville " : on expulse les prostituées d’une zone, on renvoie les gitans d’un terrain, on démolit des maisons, on élargit une rue. Mais, dans tous ces cas, on ne s’occupe pas vraiment des personnes qui vivent dans un état de prostration sociale. Le problème se trouve posé quelques rues plus loin ou dans le quartier voisin. Et finalement, il subsiste.

La seule solution se doit donc d’être plus radicale : il faut que, dans toutes couches sociales, on lance le défi d’humaniser le système, de changer le style de notre monde occidental. Il se peut que dans certains cas nous réussissions à aider ces personnes qui sont dans la misère. Mais il se peut aussi que dans de nombreux autres cas nous nous heurtions à l’échec. Toutefois, ce qui est évident est que nous rendrons notre vie plus humaine en essayant d’humaniser la leur, et ce, que nous parvenions ou non à les faire sortir de la pauvreté.

Si, de l’intérieur de notre système, nous essayons de faire en sorte qu’ils ne soient plus en marge, nous échouerons peut-être ; mais nous ferons naître, probablement, un système ou un mode de vie qui ne sera pas générateur d’exclusion. Et c’est ce qui, à la longue, constitue la plus grande victoire. La personne installée dans le confort ne parviendra à devenir plus humaine que si elle accepte de sortir d’elle-même pour se rapprocher de l’autre, qui vit dans la misère. Et cet autre ne sera humanisé que dans la mesure où il pourra entrer en contact avec celui qui vit dans le confort. Ainsi, en faisant naître une relation à la place de ce qui était un mur, les deux parties du système deviennent plus humaines et avancent dans le même direction.

Toutes deux deviennent davantage des personnes. Alors que la révolution ne pouvait être faite que par les grands collectifs, l’humanisation apparaîtra à la portée de tout un chacun, et son efficacité sera d’autant plus grande que des gens se sentiront impliqués. Ceci ne veut pas dire que c’est une tâche facile à réaliser, mais c’est une tâche à la mesure de nos possibilités. Révolution et humanisation poursuivent exactement le même but : permettre à tous les hommes de vivre leur dignité humaine. Il y a pratiquement toujours eu des pauvres, d’une façon ou d’une autre. Cependant les caractéristiques des marginaux actuels, dans les grandes villes nanties, présentent des différences significatives par rapport à d’autres formes de pauvreté.

A première vue, on a l’impression qu’il est très difficile de résoudre le problème que pose cette nouvelle marginalisation, non pas tant à cause de sa dimension quantitative que par la complexité de sa réalité plurielle, et par les difficultés auxquelles nous nous heurtons quand nous voulons mettre un frein aux tendances à la reproduction de ce fait social. Les solutions trouvées par le passé pour lutter contre d’autres formes de pauvreté ne peuvent être réutilisées sans être adaptées. Mais, par ailleurs, il est vain de refuser de profiter de l’expérience d’altruisme de tant d’hommes qui nous ont précédés. Tirons donc des leçons du passé sans l’imiter. Les pauvres et marginaux sont les personnes qui n’ont pas suivi le progrès rapide du modernisme et se sont trouvées parquées sur le bas-côtés d’une autoroute où les voitures roulent tous les ans plus vite.

Et plus la rapidité du progrès, des changements techniques et culturels, est grande, plus grande est la difficulté du marginal à réintégrer le système social. La seule existence des pauvres remet en cause ce système social. En disant ceci, nous touchons l’un des points que les éducateurs qui travaillent auprès des marginaux soulignent le plus : la réalité de la marginalisation est symptomatique d’une maladie dont souffre tout notre système social. Et pour que ce constat entre réellement dans les mentalités, nous avons une dure bataille à livrer, car nous avons toujours tendance à penser que le problème des pauvres est celui des pauvres.

Nous disons volontiers : " ils n’ont pas eu de chance dans la vie ", alors qu’à la vérité c’est un problème de la société tout entière. Tout le corps est malade, mais les plaies n’apparaissent qu’à certains endroits. C’est pour cette raison, que le travail de terrain des éducateurs devient une tâche de plus en plus difficile et ardue. Et c’est aussi, pour cette raison que je me sens plus proche d’un éducateur tel que Guy Gilbert, qui vomit les technocrates du social qui se contentent de réfléchir sans jamais appliquer les valeurs humaines pour les porter au service des plus pauvres. Puis, les idéologues d’éventuelles révolutions sociales qui meurent avant de voir le jour car, elles ne sont que de purs concepts de l’esprit. C’est pour cette raison également que, jamais je ne fermerai ma gueule en tant qu’éducateur pour dénoncer les perversités de nos systèmes et y porter remèdes au quotidien, jusqu’au bout, sans jamais me lasser de vouloir humaniser notre société. Toujours, je témoignerai des carences que nos contextes socio-économiques génèrent et parlerai pour tous ceux et celles qui n’ont que le droit de se taire. Cela devrait être la vocation de tout acteur social et de tout être Humain.

Et des perpectives enrichissantes pour une nouvelle éducation Populaire vécue dans l’humus des dures réalités des pauvres, en travaillant avec eux et non sans eux, car la libération des opprimés sera l’oeuvre des pauvres conscientisés, dont les éducateurs seront les humbles accompagnateurs des mutations radicales qui se préparent en vue de leur dignité humaine.

Bruno LEROY.

18:59 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

TOUTE L'ANNÉE EN VACANCES, EST-CE POSSIBLE ?

e1b412487e2a545d40e10aaa64f39bc9.jpg

 

Je ne sais plus quel écrivain disait que partir c'était mourir un peu. Si je n'ai guère retenu son nom cela est probablement dû au fait que je considère cette maxime complètement idiote. En effet, je pense tout à fait le contraire. Pour moi, partir c'est revenir vers Soi.
Vous allez me dire et alors revenir, c'est quoi exactement ?
Revenir, c'est se retrouver dans un autre décor tout en gardant son Moi intègre et spirituellement stabilisé.
Revenir, c'est revoir les autres avec un nouveau regard, celui de l'intérieur.
Comment des Vacances peuvent à ce point transformer, métamorphoser l'homme d'autrefois ?
C'est la façon dont nous vivons nos Vacances qui sont essentielles pour l'aventure spirituelle.
Et le retour est-il un retour vers la routine, les habitudes ?
La personne qui sait vivre l'instant présent s'aperçoit rapidement que les secondes se suivent sans se ressembler.
Les gestes meurent dans l'espace dès qu'ils sont formés.
Les paroles aussi, seuls les écrits demeurent figés dans la mémoire pour la modifier.
La vie est mouvement, tempêtes, vents, soleils, rires, larmes, cris, apaisements, marche en avant.
Que nous soyons loin de notre habitation où logent les fausses habitudes.
Nous devons inspirer la Vie à pleins poumons telle une énergie intarissable.
Ou bien les forces de mort viendront remplacer ce que nous ne sommes pas capables de remplir.
Oui, je reviens avec d'autres destins à m'inventer sur les chemins de l'Humanité.
Les vacances peuvent durer toute l'année, c'est une question de spiritualité.
La nostalgie du temps qui passe est faite pour ceux qui s'amusent à le regarder passer.
Je suis dans le temps au centre, dans l'oeil de son cyclone.
Je passe avec lui. J'habite dans ses entrailles. J'en suis ravi...
Puisse votre Amour de la Vie vous donner chaque jour cette puissance d'exister pleinement !
Mais comment être en Vacances toute l'année ?
Voici, une petite "recette " chrétienne ou simplement de bon sens :
Si être en vacances,
ce n'est pas courir toute la journée comme un dingue,
Si être en vacances,
c'est savoir regarder vivre ses enfants
et jouer avec eux,
Si être en vacances,
c'est savoir réduire l'abus de télé ou de radio,
Si être en vacances,
c'est prendre un peu de distance par rapport aux soucis,
Si être en vacances,
c'est savoir regarder l'oiseau qui vole,
ou le bout de bois qui flotte le long d'un fil d'eau,
Si être en vacances,
c'est savoir prendre un livre et le lire calmement,
Si être en vacances,
c'est pouvoir être enfin soi-même,
Alors pourquoi ne pas se mettre en vacances toute l'année ?
Car c'est toute l'année qu'il faudrait ne pas courir, regarder vivre ses enfants, s'écouter entre époux, etc...
Bref, les vacances étant par définition le temps propice à la qualité de la Vie, il serait dommage de se résigner à n'être un humain que quatre semaines par an.
C'est-à-dire pendant le douzième de sa Vie !
* Je dédie ce texte à ceux et celles qui n'ont pas eu l'opportunité de partir en vacances afin qu'ils comprennent que nous pouvons les vivre chaque jour de l'année sans pour autant bouger.
Ce qu'il faut et ce qui est fondamental dans l'existence d'un être, c'est de s'aventurer, bouger, voyager, avancer dans sa spiritualité pour avancer vers Dieu.
Votre Frère Universel,
Bruno LEROY.

 

8d5bb4c03237d91cfdfd78e573a2e555.jpg
8349b8acfae3f88faff8e2df9f61c591.jpg
fc7aacc2d9eff14d811759a2d92c7741.jpg
Belle-île en mer.
Photo : Christophe Dumortier.
-------------------------------------------------------------------
2573597b3db528752cb5315510832ae4.jpg

 

Merci Bernadette pour ta Tendre présence durant ces Vacances !

13:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |