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24/03/2024

La Joie de Pâques c'est ne pas se résigner !

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Jésus a communié à notre souffrance jusque sur la Croix. Mais sans résignation. Il n’est pas venu nous dire de tout supporter patiemment avec pour seule consolation sa présence. Nul compromis ni demi-mesure dans l’histoire de Jésus, mais une ardeur de vivre et un élan irrésistible. La foi chrétienne n’est pas dolorisme mais volonté de prendre la vie à bras-le-corps pour que la joie éclate en une symphonie toujours nouvelle.

Jésus était un révolté au sens étymologique du terme. Il ne pouvait admettre la misère de ces pauvres hères qui traînent leurs infirmités depuis des années. Il ne pouvait tolérer que la mort déchire le tissu de tendresse tissé au fil des jours entre une veuve et son fils unique. Comment se réjouir du soleil qui inonde les champs de blé et les vignes tandis qu’un aveugle jamais n’a vu la lumière ? Ses nuits de prière étaient peuplées par tant de boiteux que la musique ne peut faire danser et tant de sourds que le chant de l’oiseau n’égaye pas. Il a arraché les barreaux qui enfermaient la pécheresse dans un cachot de jugements. Il a rejoint le lépreux que la loi et les coutumes avaient mis au ban de la société. Il s’est tressé un fouet de cordes pour balayer tous les marchandages dont nous badigeonnons Dieu et purifier nos ambiguïtés.

Jésus était un révolté et, comme tant d’autres, il l’a payé de sa vie. Il aurait pu se calmer, il aurait dû être plus raisonnable et écouter le voix de la sagesse...Non. Rien n’a éteint le feu qui brûlait en lui. Il a été jusqu’au bout de sa révolte...à la face de Dieu : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? " ( MC 15,34 ). Il pouvait bien crier vers Dieu, lui qui avait pris la vie au sérieux. Il avait le droit de faire entendre sa question, lui qui avait tout misé dans l’aventure. Ses mots sonnaient vrai. Sa plainte était justifiée.

Écoutez son cri qui ne fait qu’un avec toutes les misères du monde, avec toutes les angoisses et les déceptions humaines. Écoutez-le qui expire au cœur de toutes nos détresses, dans notre nuit de solitude. Entendez le cri de cet homme aux prises avec le mal et la mort. Écoutez l’oiseau blessé et recueillez la fleur coupée...

Mais dans ce cri jeté à la face de son Père, il y a la Foi, la vraie ! Ne faut-il pas beaucoup de confiance pour crier à quelqu’un sa révolte  ? Peut-on mettre à nu sa douleur devant n’importe qui ? Jésus savait bien que Dieu ne peut pas nous abandonner, même si toutes les apparences sont contre nous, car il est un Dieu de fidélité. Et Jésus a fait confiance, nocturnement, au cœur même de sa révolte. Une foi obscure et sourde palpite et gronde dans son désespoir. Déjà une lumière s’annonce à l’aurore de l’horizon. Et le matin de Pâques ne l’a pas déçu. Jésus a eu raison de crier vers Celui-là. Car Il écoute la colère de l’homme et Il n’est pas insensible. Jésus savait ce qu’il faisait en soupirant vers son Père.

La révolte habite toujours la foi. Car la foi est un refus de ce monde abîmé, refus plein d’une confiance parfois douloureuse, toujours mystérieuse. Et Dieu répond. Souvent il semble n’y avoir que le silence, un silence long comme un samedi-saint coincé entre la douleur de la Croix et la joie de Pâques. Mais Dieu répond toujours.

La foi est pour les révoltés. Elle vibre au cœur de notre sédition contre toutes les limites et tous les esclavages qui nous enserrent. Elle naît lorsque la tempête de nos cris et de "nos poings d’interrogation " bondit sur la plage de Dieu et que les vagues de notre véhémence viennent battre de plein fouet les rivages célestes. Nous avons raison de ne pas nous résoudre à la mort de l’aimé. Nous avons raison de ne pas accepter ce monde d’injustice. Si Dieu est Dieu, il ne peut tolérer la solitude de tant d’esseulés ni les tortures des innocents. Est-il possible que Dieu ne soit pas du côté de tous les révoltés et des maquisards de l’Espérance ? Notre révolte est celle même de Dieu. " La foi, disait Karl Barth, est un désespoir confiant ".

Il n’y a pas de foi sans révolte. Mais, il n’y a pas de révolte sans passion de vivre. La Foi est une révolte. Mais au nom de l’Amour et non pour se hisser sur le podium. Nous devons d’abord chercher le Bonheur des autres. C’est l’amitié pour eux qui nous fait prendre le chemin de l’Espérance. La seule manière de se sauver est de sauver son frère. Il n’y a d’accomplissement que dans l’Amour et le salut de tous. Notre Foi , au cœur même de nos reproches peut faire vivre les autres. Puissent les non-croyants entendre nos cris qui battent à l’unisson de leurs révoltes à condition que nous acceptions nos différences pour devenir ensemble des combattants de la vie afin de construire une civilisation de l’Amour basée sur le respect de la dignité Humaine.

Bruno LEROY.

19/09/2011

J'AI FAIT UN RÊVE.

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Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C., le 28 août 1963.

Extrait du discours

Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd’hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d’Emancipation. Cet arrêté d’une importance capitale venait porter lumière, comme une phare d’espoir, aux millions d’esclaves Noirs marqués par les flammes d’une injustice foudroyante, et annonçait l’aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.

Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle . Un siècle plus tard, les Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons ici aujourd’hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Nous venons à la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d’un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils signèrent un billet à l’ordre de chaque américain. C’était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a manqué a cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique a passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué « sans provisions ». Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu’il n’y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d’opportunité nationaux. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également à cet endroit sacré pour rappeler à l’Amérique l’urgence absolue du moment. Ce n’est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d’ouvrir les portes de l’opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale jusqu’au rocher solide de la fraternité.

Que la nation ne tienne pas compte de l’urgence du moment, qu’elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu’à l’arrivée d’une automne vivifiante qui amènera liberté et égalité. L’année 1963 n’est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s’exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n’était. L’Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu’au jour où la lumière de la justice arrivera.

Mais il y a quelquechose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d’actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l’amertume et de la haine pour assouvir notre soif.

Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l’âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence ici aujourd’hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.

Et quand nous marchons, nous devons jurer d’aller toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, « Quand serez-vous satisfaits ? » Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu’un Noir du Mississippi n’a pas le droit de voter et qu’un Noir à New York ne voit rien pour lequel il peut voter . Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la rectitude sera comme un fleuve puissant.

Je ne suis pas sans savoir que certains d’entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d’entre vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d’entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les vétérans de la souffrance créative. Persévérez dans l’assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption.

Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d’une manière ou d’une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée de la désespoir.

Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même fais un rêve. C’est un rêve profondément enracinée dans le rêve américain.

J’ai fait un rêve, qu’un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance : « Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. »

J’ai fait un rêve, qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J’ai fait un rêve, qu’un jour même l’état de Mississippi, un désert étouffant d’injustice et d’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J’ai fait un rêve, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère. J’ai fait un rêve aujourd’hui.

J’ai fait un rêve, qu’un jour l’état de l’Alabama, dont le gouverneur actuel parle d’interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J’ai fait un rêve aujourd’hui.

J’ai fait un rêve, qu’un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.

Ceci est notre espoir. C’est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu’un jour nous serons libres.

Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, « Mon pays, c’est de toi, douce patrie de la liberté, c’est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pèlerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse. »

Et si l’Amérique veut être une grande nation, ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes de l’état de New York. Que la liberté retentisse des hautes Alleghenies de la Pennsylvanie !

Que la liberté retentisse des Rocheuses enneigées du Colorado !

Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie !

Mais pas que ça, que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Georgie !

Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee !

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi !

Que la liberté retentisse !

Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, « Enfin libres ! Enfin libres ! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres ! »

15/03/2011

GUY GILBERT TRANSMETTEUR D'UNE INVINCIBLE ESPÉRANCE.

 

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Guy Gilbert s’exprime toujours avec cet espace de liberté de langage qui le caractérise. Ses mots issus des blessures béantes de la rue, ont la saveur des profondeurs. En effet, Guy est un intellectuel, voire un théologien sans le savoir ou sans le vouloir. Ses approches des problématiques sociétales même si elles sont enrobées d’un certain humour sont toujours d’une grande rigueur analytique.

Cela peut surprendre chez ce prêtre que l’on qualifie souvent de rockeur des rues. Et pourtant, son expérience parle pour lui. Lorsqu’il évoque l’inculturation prônée par Vatican II, comprend-t-on réellement sa démarche d’éducateur ? Parfois, j’en doute. Tant de reproches lui furent jetés en pleine figure à cause de son look et de ses mots ; qu’il lui fallut un courage indestructible pour affronter les critiques stériles. Guy est toujours debout avec les mêmes convictions chevillées au corps. Ces valeurs qui donnent sens à son existence et qu’il s’oblige, en tant que Témoin du Christ, à transmettre.

Ces convictions qui génèrent un sens à toutes vies. Rien n’est inaccessible chez lui. Rien non plus n’est facile. S’il est bien un domaine dans lequel Guy ne transige pas c’est l’éducation inculquée avec laxisme. Chaque parent ou éducateur doit être en capacité de refus. Au risque de voir tomber sur sa pauvre tête les foudres injurieuses des adolescents en révolte. L’adulte doit poser des repères afin que les jeunes ne se perdent point. Ces Ados dont on a tout accepté par peur du conflit.

Voyez les dégâts dont notre société refuse de comprendre les causes. Les violences sans nom provoquées par le malaise des jeunes qui ne savent plus pour quelles raisons obscures ils respirent dans ce monde qui les ignore allègrement. Ils n’ont plus rien à perdre pas même la vie. Les adultes que nous sommes devenons chaque jour indifférents aux problèmes qui les habitent.

Guy Gilbert veut tracer de nouveau les balises qui nous ont fait grandir et que nous refusons de transmettre volontairement aux ados. Volontairement, pas tout à fait, je dirai plutôt involontairement par lâcheté, par peur. Oui, nos sociétés ont peur de leurs jeunes et surtout de leurs réactions. Aurions-nous oubliés que nous avons été enfants avant de prétendre tout savoir ? Un Homme qui sait tout est un être arrêté et figé pour l’éternité. Il est un mort-vivant croyant comprendre les autres tout en les ignorant. Il nous faut des vivants, nous martèle Guy Gilbert. Il nous faut des êtres de Lumière. N’est-il pas vrai que la Lumière peut éclairer le chemin rocailleux des meurtris de la vie.

Guy est éducateur, certes mais également prêtre. Voilà, la source de sa Force. Cette Foi indicible dont transpire toute sa personne. Le Témoignage sans prosélytisme est pour lui essentiel. C’est la preuve certaine que Dieu travaille aussi dans le coeur des plus petits. Son secret, la prière celle qui donne ce souffle de liberté pour mieux s’épanouir. Transmettre cette puissance de vie inoculée par l’Esprit est capital dans sa mission d’éducateur. Puissent chaque chrétien et chrétienne, comprendre cette puissance invincible d’une osmose permanente avec Dieu. Ce Dieu des combats pour une culture où l’oppression ne serait que mauvais souvenir. Ce Dieu qui nous fait vivre les authentiques valeurs pour une liberté responsable aux yeux de l’Humanité. Ce Dieu qui nous pousse à parler pour dire aux Jeunes les convictions joyeuses de notre vie.

Ce Dieu qui nous offre le courage d’affronter toutes les peurs pour exprimer ce qui nous tient debout envers et contre tout. Ce Dieu qui fait sourire les enfants par son humour sur les événements. Ce Dieu qui suinte d’Espérance et dont le feu se reflète sur notre visage. Ce Dieu qui sait nous dire « Non » pour nous faire pénétrer dans la maturité spirituelle. Cette maturité dont les Jeunes attendent quelques signes des adultes souvent, en vain. Aimer, c’est savoir dire « Non » quand les garde-fous ont délimités le terrain. Aimer, c’est être constamment présent avec distance pour que fleurisse la liberté individuelle. Guy Gilbert, comme bon nombre de chrétiens, a trouvé depuis sa tendre enfance sens à son existence. Il se fait un devoir de dévoiler ce bonheur qui fomente aux tréfonds de son être. En fait, ce que nous admirons chez lui, c’est ce que nous ne sommes pas capables de dire ou de faire. Et pourtant, ayez confiance Frères et Soeurs bien aimés, l’Esprit-Saint vous donnera le comportement et les mots selon vos charismes pour devenir à votre tour des successeurs de Guy Gilbert.

Des Témoins de l’Amour et de l’Espérance. Des Témoins du Christ vivant dans ce monde aux senteurs de culture de mort. Des ressuscités face à cette terre déprimée de ne plus saisir le sens, l’essence même d’une transcendance voulue par un Dieu d’Amour. Répandre l’Amour dans les moindres gestes quotidiens devient contagieux pour ceux et celles qui nous entourent et nous regardent vivre. De plus, l’amour est inventif à l’infini et permet de trouver des solutions face à la misère humaine dont les jeunes sont les premières victimes. Guy Gilbert ne fait rien d’autre que suivre les pas de la Providence. Suivons-le, sur les sentes où notre destin est donné en offrande à chacun, comme le Christ par Amour désintéressé pour l’Humanité.

 

 

  

Bruno LEROY.

17/10/2010

FAITES VIVRE L'AMOUR ET LA JOIE, SIMPLEMENT...

02/06/2010

ANARCHISTE MAIS CHRÉTIEN !

Jacques Ellul : anarchiste mais chrétien !
Patrick Troude-Chastenet
 
Origine : Association Internationale Jacques Ellul à Bordeaux

http://www.jacques-ellul.org

http://www.ellul.org




Parmi les multiples lieux communs associés au nom de Jacques Ellul, figure en bonne place le thème d’une pensée inclassable. Il faut d’emblée reconnaître que l’intéressé n’est pas pour rien dans cette réputation. Si tout au long d’une carrière riche d’une soixantaine d’ouvrages et de plusieurs centaines d’articles, il n’a poursuivi qu’un seul but : affirmer et défendre la liberté de l’homme face aux périls qui la menacent, les voies empruntées ont été trop diverses pour ne pas décourager les amateurs de frontières intangibles.

Indifférent, pour ne pas dire franchement hostile, aux leaders de droite et à leurs idées, il s’est constamment évertué à critiquer « la Gauche », son propre camp, au risque de persistants malentendus. Toujours à contre-courant : pendant la guerre d’Algérie où il n’était pas très éloigné des positions d’un Albert Camus puis, plus tard, à propos d’Israël ou de l’Afrique du Sud, ou encore en 1981 lors de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, son discours paradoxal ne pouvait que heurter les sensibilités « progressistes ».

Le clivage droite/gauche s’avère en l’occurrence ici d’une pertinence limitée. S’il fallait à tout prix satisfaire aux exigences du genre typologique, on se tromperait le moins en rapprochant Ellul des penseurs anarchistes, à condition toutefois de préciser que sa foi chrétienne primait ses convictions libertaires.

Mais là n’est pas l’essentiel. Son « inclassabilité » renvoie beaucoup plus au statut problématique d’une œuvre, divisée en deux registres distincts mais en étroite correspondance car traduisant la confrontation dialectique du Naturel et du Révélé, qu’à son positionnement dans le champ idéologico-politique.

Historien du droit de formation, il est l’auteur d’une Histoire des Institutions (Thémis/PUF) en cinq volumes qui accompagna durant leurs études plusieurs générations d’étudiants. Mais ce professeur à la Faculté de Droit et à l’I.E.P. de Bordeaux s’est très vite affranchi des bornes de sa discipline. Qu’un agrégé de droit romain, spécialiste de la haute Antiquité, veuille étendre sa réflexion au destin de l’homme chrétien dans le monde moderne et, plus généralement, à la condition humaine dans le cadre d’une société technicienne, et les difficultés commencent...

Dans une ère de spécialisation outrancière, particulièrement à l’Université malgré les appels rituels à la pluridisciplinarité, ce polygraphe prit le risque de passer pour un aimable touche à tout. Pratiquant pourtant les « sciences diagonales » avec la même rigueur qu’un Roger Caillois (1913-1978) - dont la revue Diogène publiera du reste l’un de ses deux meilleurs articles consacrés à la propagande -, il prétendait seulement à l’honnêteté intellectuelle et non pas à l’objectivité scientifique.

Combattant l’agnosticisme dominant dans les sciences sociales en réintroduisant au premier plan les questions éthiques, sa dénonciation de l’illusion objectiviste des sciences de l’homme n’est pas sans évoquer les travaux de l’Ecole de Francfort. S’ils divergent sur la question de l’autonomie de la Technique, on retrouve chez Habermas, à la suite d’Ellul, la même critique radicale du fondement idéologique du positivisme - érigé en dogme par la conscience technocratique - de l’optimisme scientiste et des implications normatives des méthodes empiriques.

Après avoir été présenté de son vivant, au gré des circonstances, comme philosophe, sociologue, politiste, théologien ou moraliste, un grand quotidien national l’a qualifié récemment encore de « pasteur protestant ». Au-delà des approximations journalistiques, ces incertitudes peuvent se lire comme le symptôme d’un malaise suscité par un auteur qui dérange encore post mortem par son inaptitude à se fondre dans les catégories communes.

Lui-même s’est toujours défendu de faire de la philosophie, moins à la manière d’une Hannah Arendt que d’un Kierkegaard. C’est en effet du côté du père de l’existentialisme qu’il faut se tourner lorsque l’on souhaite remonter aux sources de l’œuvre ellulienne. Un Kierkegaard considéré par Ellul non comme un philosophe, ce qui relèverait encore de la mise en forme intellectuelle de l’intéressant, donc du « stade esthétique », mais comme l’auteur de La Maladie à la mort qui livre en chrétien son expérience de la souffrance et de l’amour.

A dix-huit ans, grâce au Danois, Ellul a compris qu’il ignorait encore tout du désespoir authentique. L’idée selon laquelle il n’y a de vérité que subjective, l’existence considérée et vécue comme une tension permanente entre deux pôles irréductibles, l’individu pensé comme être unique placé sous le regard d’un Dieu fait homme et qui reste en même temps le Tout Autre, le principe de non conformité au monde, la défense de la personne face au Pouvoir, le saut dans la foi pour sortir de l’absurdité de la vie, sont quelques uns des thèmes qui continueront par la suite à irriguer une pensée qui refusera elle aussi de se figer en système, donc en « monde clos ».

Découverts à peu près à la même époque, Karl Marx et Karl Barth (1886-1968) viendront compléter sa formation. Il trouvera dans la critique marxiste du capitalisme une explication au chômage de son père et une invite à changer le monde ; et chez le dogmaticien protestant, le moyen de penser dialectiquement l’obéissance de l’homme libre à l’égard du Dieu libre, autrement dit l’idée centrale du message biblique : la libre détermination de la créature dans la libre décision du Créateur.

Kierkegaard, Marx, Barth : trois dialecticiens de génie qui constitueront l’essentiel de son bagage théorique lorsqu’il s’embarquera dans l’aventure personnaliste, en compagnie de son ami Bernard Charbonneau (1910-1996).

En revanche, Ellul refusait toute filiation intellectuelle avec Martin Heidegger dont il connaissait, dès 1934, l'engagement nazi . Non seulement il croyait - à tort ou à raison ?- qu'un penseur qui se trompait aussi grossièrement sur le secondaire (la politique) ne pouvait lui être d'aucun secours pour comprendre le principal (le sens du monde moderne), mais en outre, Ellul reprochait à l'auteur de L'Etre et le Temps de s'exprimer dans un langage trop abstrait.

Dans ses textes de 1935, soit quatorze ans avant les premières conférences d’Heidegger sur le sujet, Ellul considère déjà que c’est la technique et non le politique qui se trouve désormais « au cœur des choses ». Si leurs conclusions se recoupent en bien des points, leurs méthodes sont radicalement différentes. D’un côté, un questionnement métaphysique sur l’essence de la technique contemporaine, le Ge-stell, le dispositif ; de l’autre, une description sociologique des caractères du système technicien à partir d’un idéal-type wébérien. Et comme le souligne Maurice Weyembergh , « le lecteur apprend plus sur la technique dans sa concrétude chez Ellul que chez le philosophe ».

Enthousiasmé par la lecture de L’Idéologie Allemande, le jeune Ellul prit contact avec des travailleurs communistes. Grande fût sa déception de trouver des interlocuteurs plus soucieux de la ligne du Parti que d’herméneutique marxiste. S’il entretint par ailleurs des relations avec des militants socialistes bordelais, non seulement il ne s’inscrivit pas au PCF en 1934 (ni jamais du reste), comme on a pu le lire abondamment dans la presse lors de son décès , mais à cette date il militait activement au sein d’une mouvance non-conformiste stigmatisée comme « profasciste » par l’intelligentsia stalinienne.

Faisant déjà de l’impuissance de la politique face à l’emprise technoscientifique, le cœur de leur doctrine, Ellul et Charbonneau ont incarné la fraction la plus individualiste, libertaire, Girondine/régionaliste, fédéraliste et écologiste du mouvement personnaliste. Leurs profonds désaccords avec Emmanuel Mounier (1905-1950) les ont marginalisés au sein d’un courant lui-même minoritaire dans la société française des années trente.

Résolument hostile aux « soldats politiques » fabriqués à la chaîne par le nazisme et le stalinisme, sans pour autant se reconnaître dans l’individualisme libéral à l’américaine, le jeune Ellul a lui aussi cherché une troisième voie. Au soir de sa vie, il a surtout gardé l’impression d’avoir grandi dans un monde terrible. Deux guerres mondiales, les horreurs de la guerre d’Ethiopie, la guerre civile en Espagne, la Shoah, la guerre totale combinant des techniques de destruction toujours plus sophistiquées avec le tréfonds de la barbarie humaine... Et partout le triomphe universel de l’Etat Moloch !

Impossible de comprendre pleinement son rapport au politique en faisant l’impasse sur ce contexte historique particulièrement traumatisant. On sait par exemple qu’après le sociologue Lewis Mumford (1895-1990) , George Steiner a, lui sur un mode romanesque, suggéré l’idée d’une défaite morale des Alliés qui auraient repris à leur compte les objectifs de puissance militaro-industrielle des nazis.

Mais la proposition selon laquelle « en définitive Hitler a bien gagné la guerre » figure déjà chez Ellul en 1945 , et elle n’a rien d’une affirmation de circonstances puisqu’elle sera réitérée tout au long de son œuvre. « Le modèle nazi s’est répandu dans le monde entier ». Qu’est-ce à dire sinon que le vaincu a littéralement corrompu le vainqueur ? Que pour vaincre le régime hitlérien, les démocraties se sont moralement condamnées en voulant combattre le mal par le mal, autrement dit en s’engageant sans réserve dans le culte de la puissance technicienne.

Et l’on aborde ici l’essentiel de sa pensée : la technique, c’est à dire la recherche du moyen absolument le plus efficace dans tous les domaines, constitue la clé de notre modernité. En substance, l'homme croit se servir de la Technique et c'est lui qui la sert. L’homme moderne est devenu l’instrument de ses instruments, pour parler comme Bernanos. Le moyen s’est transformé en fin, la nécessité s'est érigée en vertu, la culture technicienne ne tolère aucune extériorité.

Nous vivons non pas dans une société post-industrielle mais dans une société technicienne. La « société technicienne » - celle dans laquelle un système technicien est installé- tend de plus en plus à se confondre avec le « système technicien »: produit de la conjonction du phénomène technique (caractérisé par l’autonomie, l’unicité ou l’insécabilité, l’universalité et la totalisation) et du progrès technique (défini par l’auto-accroissement, l’automatisme, la progression causale et l’ambivalence). Mais il faut préciser que la première n'est pas réductible au second, et qu'il existe des tensions entre les deux. Le système technicien est à la société technicienne ce que le « cancer » est à l'organisme humain.

S'il se livre généralement à une analyse critique, non pas de la Technique en soi, mais de l'idéologie techniciste, on trouve aussi dans son oeuvre des éléments pouvant conforter sa réputation de technophobe, jugeant de la technique à partir de présupposés métaphysiques. Il s'agit alors d'une technique personnifiée, hypostasiée, assimilée à une puissance, voire à un monstre. Ellul hésite parfois entre l’idéaltype wébérien à simple vocation heuristique et une sorte de fétichisation de la technique.

Parmi les « techniques de l'homme », la Propagande - dont on retrouverait aujourd’hui certains traits sous le nom de Communication - a très tôt retenu son attention. En tant que sociologue, il la décrit comme absolument nécessaire à l'intégration de l'homme moderne dans la société technicienne ; en tant que chrétien, il la considère comme un obstacle au règne de « la Parole ».

La Propagande fait entrer la politique dans le monde des images et tend à transformer le jeu démocratique en exercice d'illusionnisme. La distinction classique entre l'information (la vérité) et la propagande (le mensonge) pour être rassurante n'en est pas moins extrêmement fragile. La première ne constitue pas, en soi, une garantie contre la seconde. L'information est même la condition d'existence de la propagande puisque l'opinion publique n’est qu’un artefact - Ellul l'écrit dès 1952( ) et qu'elle est fabriquée par l'information avant de servir de support à la propagande. Il est faux de croire que plus l'individu est informé, mieux il résiste à la propagande. En outre, dans le cadre d’une société technicienne, et non pas, en soi, même l’information comporte une dimension aliénante.

Autre affirmation scandaleuse, la propagande vise en premier les citoyens les plus cultivés et les plus informés: les intellectuels. Plus on a de chaînes, plus on est sensible à leur manipulation! Cette métaphore fait aujourd'hui penser aux chaînes de télévision alors qu'elle pourrait s'appliquer aux générations d'intellectuels fascinés par divers régimes totalitaires.

La propagande est nécessaire pour le Pouvoir, mais aussi pour le citoyen. L'information dans une société technicienne étant forcément complexe, pointilliste et catastrophiste; la propagande ordonne, simplifie et rassure... Il s’établit donc une complicité entre propagandiste et propagandé...

Le diagnostic tient en deux propositions: 1) pas de démocratie sans information mais pas d'information sans propagande ; 2) pour survivre la démocratie est condamnée, elle aussi, à faire de la propagande. Or, par nature, la propagande est la négation de la démocratie. L'objet de la propagande (la démocratie) tend alors à s'assimiler à sa forme (la propagande, par essence totalitaire), car l'instrument n'est pas neutre. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise propagande, au plan éthique, mais des propagandes efficaces ou non, au plan technique.

Mais la propagande, en supprimant la faculté de choisir, ne risque-t-elle pas de corrompre le fondement même de l’art gouvernemental ? Quelles sont les conséquences dans le champ politique du primat des moyens sur les fins ?

Dans une société technicienne, la politique relève du Nécessaire et de l'Ephémère. Les gouvernants s'agitent pour conserver les apparences d'une initiative abandonnée en réalité aux techniciens. Avec des accents très wébériens, Ellul stigmatisait l’évacuation du politique par le fait bureaucratique, l’inversion du modèle théorique d'une administration soumise à l'autorité des élus, avec désormais l’efficacité pour seul critère de légitimation.

La société technicienne implique par ailleurs une confusion du politique et du social. Tout est politique mais la politique n'est qu'illusion. La politique s'est substituée à la Religion, l'Etat moderne a pris la place de Dieu. La souveraineté populaire n'est qu'un mythe et le suffrage universel s’avère incapable de sélectionner de bons gouvernants et de contrôler leur action. Il est aussi illusoire de croire au contrôle du peuple sur ses représentants qu'à celui des élus sur les experts. L'Etat technicien est par essence totalitaire, peu importe sa forme juridique et sa couverture idéologique.

La nuit tous les chats sont gris ! Véritable leitmotiv d'Ellul depuis les années 30 : en face du fait déterminant -l'universalité de la technique- les particularités politico-institutionnelles doivent être considérées comme secondaires. D'où son indifférence à l'égard du conflit est/ouest, son refus de choisir une forme de dictature contre une autre puisque tous les régimes poursuivent des fins identiques: l'efficacité, la puissance...

Autrement dit, la combinaison de l'Etat moderne et de l'idéologie technicienne rend la politique non seulement illusoire mais dangereuse. Pourtant, loin d’un plaidoyer en faveur d’un apolitisme - tout aussi illusoire - qui n’aurait pour conséquence que de renforcer l’emprise de l’Etat, le message d’Ellul vise à réhabiliter les vertus de la résistance personnelle face au Léviathan. Pour l'homme, exister c'est résister. Il faut donc développer les « tensions », l’un des maîtres mots du vocabulaire personnaliste, contre toutes les tentatives totalitaires d'intégration sociale. Il convient en somme de réinventer une démocratie qui « a disparu depuis longtemps ».

Et l’on touche ici à l’un des aspects les plus problématiques de son rapport au politique. Alors qu’il se réclamait d’un « réalisme politique à ras de terre », en raison d’une vision par trop idéaliste de la démocratie, il renonçait à distinguer ses manifestations empiriques - forcément imparfaites - des régimes parfaitement totalitaires.

Au lieu d’admettre avec le politiste Robert Dahl la dimension potentiellement révolutionnaire de la doctrine démocratique car jamais pleinement réalisée, ou avec Claude Lefort son caractère essentiel d’indétermination, son invention permanente, son inachèvement structurel, il semblait considérer la polyarchie comme une sorte de totalitarisme larvé. La vérité même de la démocratie moderne se dérobant alors sous ses yeux.

Mais en réalité, ce qu’Ellul refusait au plus profond de lui, c’est la part de violence, fût-elle une violence prétendant à la légitimité, contenue dans toute forme de pouvoir politique. La violence comme moyen spécifique, comme ultima ratio, non seulement de l’Etat mais du politique dans son entier. La politique qui a pour seul enjeu la puissance et obéit à des lois impitoyables qu’il est dangereux d’ignorer.

Lui qui insistait sur la fonction catalytique des chrétiens, sur ce rôle irremplaçable de brebis au milieu des loups, lui qui prônait bien plus que la non-violence - la non-puissance - ne pouvait se résoudre à partager l’admiration de Weber pour ce personnage des Histoires Florentines déclarant qu’il fallait féliciter ceux qui avaient préféré la grandeur de leur Cité au salut de leur âme. Or selon Ellul, à la différence d’un Machiavel, on ne peut créer une société juste avec des moyens injustes. Le Mal ne saurait engendrer le Bien, y compris en politique.

Contrairement à son image de ratiocineur réactionnaire et technophobe, il considérait la société moderne - à bien des égards - comme plus satisfaisante que toute autre. C'est donc au nom d'une vérité transcendante que, face au « désordre établi », il en appelait à une « révolution nécessaire », d’inspiration libertaire mais l’homme réel étant ce qu’il est, Jacques Ellul ne croyait pas en l’instauration d’une société anarchiste, réservant ainsi son espérance d’une libération authentique pour le royaume de l’au-delà.

Patrick Troude-Chastenet

Professeur de science politique à l’Université de Poitiers
Directeur des Cahiers Jacques-Ellul
Président de l’Association Internationale Jacques Ellul

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03/07/2008

LES COMBATS DE MARTIN LUTHER KING.

Au milieu du 20e siècle, la société américaine blanche continue d’évoluer sans tenir compte de la volonté d’émancipation de tout un peuple opprimé, les Noirs. Avec le début de la lutte pour les droits civiques, un homme en prendra la direction au nom de tous les siens, Martin Luther King. Préconisant toujours l’action non-violente à une époque où les tensions raciales ne cessaient d’augmenter, Luther King se démarqua en devenant l’un des plus grands pacificateurs du dernier siècle. Cette mini-biographie va vous présenter cet homme à travers ses luttes pour l’amélioration des conditions de vie du peuple noir.

Martin Luther King est une lumière au sein de la population noire du milieu du 20ème siècle. Il se battra pour les droits civiques des noirs sous des actions non violentes à une époque où il était dur de parler et où les tensions raciales étaient constantes.
Martin Luther King est né le 15 janviers 1929, il grandira dans une famille bourgeoise et deviendra pasteur de l’église baptiste à l’âge de 19 ans tout comme son père et son grand-père l’étaient avant lui.

Martin Luther King qui venait d’être nommé pasteur en 1955 à l’église de Montgomery se retrouve porte paroles et président de la "Montgomery Improvement Association" (MIA) - Association pour le progrès de Montgomery.
Le mouvement venait de naître suite à une affaire de racisme. Une dame blanche n’ayant plus de place pour s’asseoir sur les bancs réservés aux blancs dans les bus, le chauffeur demanda à une femme noire de se lever. Cette dernière qui était ue grande militante pour les droits civiques de la communauté noire refusa et fut arrêté.
Des arrestations massives vont avoir lieu et Martin Luther King put ainsi s’exprimer devant les journalistes. La Cour Suprême jugea l’affaire de l’autobus inconstitutionnelle. Le premier combat venait d’être gagné.

La lutte contre la discrimination commence à travers tous les Etats-Unis, la lutte se portera entre autre pur que la communauté noire obtienne le droit de vote.
Il gardera tout au long de sa vie, une attitude non violente et essaya de convaincre les partis opposés par les mots plutôt que par la force.
Il sera emprisonné à différentes reprises mais John Fitzgerald Kennedy intervint en sa faveur pour le faire sortir de prison. Il écrira d’ailleurs une lettre alors qu’il était en prison sur les droits civiques. Lettre que l’on appellera : « Lettre de la prison de Birmingham »
JFK fera un discours pour la lutte contre le ségrégationnisme qui avait pour but de bannir la ségrégation dans les lieux publics. Ce fut une révolution qui changea la face de l’Amérique.


Le 28 août 1963, c'est la Marche sur Washington. Luther King clôt la manifestation en prononçant le plus fameux de ses discours...

"I have a dream...", devant 250 000 personnes réunies au pied du Lincoln Memorial. Retransmis en direct par trois chaînes nationales, le discours de Luther King apparaît être une apothéose pour la lutte des droits civiques.

Le 14 octobre 1964, Luther King est élu prix Nobel de la Paix. Il reçoit son prix à Oslo en décembre. Il est le plus jeune lauréat jamais désigné et le second Noir Américain (après Ralph Bunche).
Beaucoup d’autres combats se trouveront sur la route de King, l’un des plus grands sera sans doute le droit de votre pour les Noirs qu’il obtint en 1965.
Il sera malheureusement assassiné le 4 avril 1968. 18 h 01, un coup de feu claque. La balle lui fracasse la mâchoire avant de lui briser la colonne vertébrale. Il sera immédiatement transporté à l'hôpital Saint-Joseph, mais y meurt à 19 h 05.

Le Président Lyndon Johnson décréta le 7 avril jour de deuil national. Dans tous les Etats, sauf en Georgie dont le gouverneur reste un partisan pur et dur de la ségrégation raciale, les drapeaux sont en berne.
Contrairement à l'enquête sur l'assassinat de J-F Kennedy, manifestement bâclée, la police municipale et le FBI paraissent avoir travailler avec efficacité. En quelques semaines, le coupable présumé est arrêté, sa démarche expliquée, son procès achevé.

BRUNO LEROY.

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02/06/2008

GUY GILBERT : UN CHRÉTIEN EST UN REBELLE.


podcast

A écouter sans jamais se lasser pour vivre l'Évangile dans notre quotidien.

Avoir réeellement une Vie de chrétien face aux événements qui viennent tapisser nos jours soit en les obscurcissant, soit en les Illuminant !

Vivre le présent dans la Présence de Dieu.

Très Fraternellement, Bruno.

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18/03/2008

« Le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois »

       Pierre a renié une première fois et n'a pas pleuré, parce que le Seigneur ne l'avait pas regardé. Il a renié une seconde fois, et il n'a pas pleuré, parce que le Seigneur ne l'avait pas encore regardé. Il a renié une troisième fois, Jésus l'a regardé, et il a pleuré, très amèrement (Lc 22,62). Regarde-nous, Seigneur Jésus, pour que nous sachions pleurer notre péché. Cela montre que même la chute des saints peut être utile. Le reniement de Pierre ne m'a pas fait tort ; au contraire, à son repentir, j'ai gagné : j'ai appris à me garder d'un entourage infidèle...

      Pierre a donc pleuré, et très amèrement ; il a pleuré pour arriver à laver sa faute par des larmes. Vous aussi, si vous voulez obtenir le pardon, effacez votre faute par les larmes ; au moment même, sur l'heure, le Christ vous regarde. S'il vous survient quelque chute, lui, témoin présent à votre vie secrète, vous regarde pour vous rappeler et vous faire avouer votre erreur. Faites alors comme Pierre, qui dit ailleurs par trois fois : « Seigneur, tu sais que je t'aime » (Jn 21,15). Il a renié trois fois, trois fois aussi il confesse ; mais il a renié dans la nuit, et il confesse au grand jour.

      Tout cela est écrit pour nous faire comprendre que personne ne doit se vanter. Si Pierre est tombé pour avoir dit : « Même si d'autres viennent à trébucher, moi je ne tomberai pas » (Mt 26,33), quel autre serait en droit de compter sur soi-même ?... D'où est-ce que je te rappellerai, Pierre, pour m'apprendre tes pensées quand tu pleurais ? Du ciel où tu as déjà pris place parmi les choeurs des anges, ou encore du tombeau ? Car la mort, d'où le Seigneur est ressuscité, ne te répugne pas à ton tour. Enseigne-nous à quoi t'ont servi tes larmes. Mais tu l'as enseigné bien vite : car étant tombé avant de pleurer, tes larmes t'ont fait choisir pour conduire les autres, toi qui, d'abord, n'avais pas su te conduire toi-même.



Saint Ambroise (v.340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de St Luc, 10, 89s (trad. cf SC 52, p. 186)



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07/03/2008

L’ami des jeunes.

Saint Jean Bosco



L’ami des jeunes

La statue de Jean Bosco se trouve dans la basilique du Vatican juste au dessus de celle de Saint Pierre.
C’est que ce grand serviteur de l’Eglise, fondateur des Salesiens ainsi que des filles de Marie Auxiliatrice fut un ami des jeunes, un éducateur merveilleux, un saint authentique.

Laissons-le se présenter : "Le jour de l’Assomption de Marie au ciel fut celui de ma naissance en l’an 1815, à Marialdo bourg de Castel nuevo d’Asti. Ma mère s’appelait Marguerite Occhiena de Capriglio. Mon Père s’appelait François. C’étaient des paysans, gagnant honnêtement leur pain à force de labeur et d’économie. Presque uniquement à la sueur de son front, mon père arrivait à faire vivre ma grand-mère, septuagénaire et accablée de toutes sortes d’infirmités, trois garçons : Antoine, l’aîné, fils d’un premier mariage, Joseph le second et moi, Jean, le cadet, plus deux valets de ferme."

Orphelin de père

En 1817, alors qu’il n’avait pas encore deux ans, un terrible malheur frappa la famille. Monsieur Bosco revenant du travail trempé de sueur, descendit imprudemment dans la cave glacée et en peu de jours une congestion l’emporta dans la tombe. Il n’avait que trente quatre ans. Sans doute, cet événement marqua celui qui recevrait plus tard sur sa tombe cette épitaphe : Pater orphanorum (Père des orphelins). A 29 ans, voilà Marguerite chef de famille et d’exploitation rurale. Il lui faut faire face à tout, surtout en cette année de sécheresse extrême où la récolte avait été désastreuse. Surpassant sa douleur, elle se met courageusement à la besogne aidée par Antoine, qui a quatorze ans mais aussi un caractère difficile.

Comme le dira plus tard Jean, son "plus grand souci fut d’instruire ses fils dans la religion, de les inciter à l’obéissance et de leur fournir des occupations en rapport avec leur âge. Tant que je fus petit, elle m’apprit elle-même les prières. Devenu capable de me joindre à mes frères, elle me faisait mettre à genoux avec eux matin et soir et tous ensemble nous récitions la prière en commun et le chapelet... J’avais alors atteint mes neuf ans. Ma mère désirait m’envoyer à l’école mais la distance à parcourir la rendait perplexe ... Mon frère Antoine s’opposait à ce que je me rende au collège. On en vint à un arrangement. Pendant l’hiver, j’allais à l’école d’un petit village voisin, Capriglio, où je pus apprendre les éléments de la lecture et de l’écriture.

Mon maître était un prêtre d’une grande piété ... Il mettait tout son cœur à m’enseigner et surtout à m’éduquer chrétiennement.

Puis pendant l’été, j’apaisais mon frère en travaillant à la campagne".

Vers le sacerdoce

En mars 1826, il fit sa première communion, ce fut aussi le moment où la Providence mit sur son chemin un bon vieux prêtre qu’il rencontra lors d’une mission organisée pour l’année jubilaire, ouverte par Léon XIII, l’année précédente et qui lui ouvrit le chemin du sacerdoce encore long et laborieux. Car il allait entre temps devoir travailler, afin de poursuivre ses études, dans une ferme, chez un tailleur où il apprit à coudre des boutons, à confectionner des ourlets...Cela faisait partie de son apprentissage et servirait quelque temps plus tard ! En octobre 1835, Jean reçut des mains de son curé la soutane et partit quelques jours plus tard pour le grand séminaire où, pendant six ans, il se prépara aux saints ordres qu’il reçut le 5 juin 1841. On lui offre alors trois emplois : précepteur dans la maison d’un riche gênois, chapelain à Murialdo ou vicaire dans son pays natal. Avant de prendre une ferme décision, il décide d’aller consulter à Turin, Don Cafasso, son guide en matière spirituelle et temporelle. Celui-ci l’invite à rentrer au Convitto où lui sera fourni un complément d’études théologiques tandis qu’il suivra une solide formation apostolique. La journée se déroule en conférences, visite des hôpitaux, prisons, œuvres de bienfaisance, beaux immeubles, maisons populaires et mansardes, prédications dans les églises, catéchisme aux enfants, assistance aux malades et personnes âgées. Bref comme le résume Jean Bosco : "On apprenait à être prêtre !"

La misère des villes

Jusque-là Jean Bosco ne connaissait que la pauvreté de la campagne, maintenant il fait la connaissance de la misère autour des villes. Nous sommes en pleine révolution industrielle et la division du peuple en paysans, commerçants et artisans est bouleversée. On se rue vers les villes pour trouver du travail, Turin est l’une d’elles. Le jeune prêtre découvre un véritable "marché des jeunes bras" où l’on recrute : tailleurs de pierres, maçons, paveurs de rues. "Dès les premiers dimanches, il alla à travers la ville se faire une idée de la condition morale des jeunes" témoigne Michel Rua. Il en sera bouleversé. Il découvre des faubourgs, zone d’effervescence, de révolte, de désolation. Les adolescents vagabondent dans les rues, sans travail, corrompus, prêts au pire. Bon nombre se retrouvent en prison.

Don Bosco en sera retourné comme en témoignent ses propos :

Voir un grand nombre de garçons de douze à dix-huit ans, tous en bonne santé, robustes, l’air intelligent ; les voir là, inoccupés, dévorés par la vermine, privés de pain spirituel et matériel, me fit horreur".

Cette expérience fait naître en lui le désir de réaliser un centre où les garçons abandonnés par leur famille puissent trouver un ami, ceux qui sortent de prison une aide et un soutien. La fondation de ce centre débutera le 8 décembre 1841. Ce matin là, alors qu’il s’apprête à célébrer la messe de l’Immaculée Conception, un jeune garçon entre dans la sacristie ; remarqué par le sacristain, celui-ci est invité à servir la messe. "Je ne sais pas, répond le garçon, je ne l’ai jamais servie ! Si tu ne sais pas servir la messe, dit le sacristain furieux, pourquoi viens-tu à la sacristie ?" Et de le renvoyer à coups de manche de plumeau. Don Bosco intervient et envoie le sacristain à la recherche du garçon qui revient tout penaud. Il s’appelle Barthélémy Garelli, a seize ans et se trouve orphelin de père et de mère. Après avoir dialogué avec lui, Don Bosco l’invite à revenir le dimanche suivant avec ses amis. Neuf reviennent. L’oratoire est né. Là, on y propose l’instruction scolaire et la formation religieuse. Don Bosco est un éducateur né. L’aident pour cela le souvenir de sa propre éducation, le souvenir aussi de ses maîtres. Il tâtonne certes. Mais il allie joie, confiance, esprit de prière, proximité avec ses jeunes.

L’hostilité

Il ne se décourage pas non plus car il devra plusieurs fois changer de lieu : ses garnements dérangent l’entourage, comme cette gouvernante d’un vénérable prêtre ; ils effarouchent les poules et le voisinage par leurs cris, leurs jeux, leurs bêtises. Il se heurtera aussi aux autorités politiques qui craignent pour l’ordre public, à ses confrères ou des ministres protestants que ses initiatives dérangent. On voudrait même l’interner ou l’assassiner. Ce furent aussi de la part d’autres ennemis des tentatives d’empoisonnement, il fut criblé de coups de bâton, on tira aussi sur lui ! Mais un ange gardien un peu spécial lui fut donné : un chien-loup gris, le grigio, qui l’accompagnait dans ses déplacements nocturnes. Il ne sut jamais d’où il venait ni ce qu’il devint.

Le fondateur

Le 26 janvier 1854, à Turin, il fait un froid polaire mais dans une chambre, Don Bosco parle à quatre jeunes : "Vous voyez que Don Bosco fait tout ce qu’il peut mais il est seul ! Si vous me donniez, par contre un coup de main, tous ensemble nous ferions des miracles. Des milliers d’enfants pauvres nous attendent. Je vous assure que la Madone vous enverra de grands oratoires spacieux, églises, maisons, écoles, ateliers, et beaucoup de prêtres décidés à nous aider. Et cela en Italie, en Europe et même en Amérique. Parmi vous, je vois déjà une mitre d’évêque". Les jeunes : Rocchieti, Artiglio, Cagliera (futur évêque de Patagonie) et Rua (son premier successeur) sont quelque peu abasourdis par ces propos mais ils seront les premiers salésiens.

Presque vingt ans plus tard, en 1872, naissait une branche féminine, les filles de Marie Auxiliatrice, avec à sa tête Marie Mazzarelo. Ce sera le pendant féminin comme l’avait souhaité Pie IX en l’encourageant dans cette nouvelle entreprise. Je dis nouvelle entreprise car, s’il est serviteur de l’Eucharistie, fondateur, éducateur, Don Bosco se fait aussi entrepreneur et bâtisseur par ses oratoires, ses écoles mais aussi ses églises, dont la plus connue est Marie Auxiliatrice à Turin. Il l’avait vue en songe en 1846 et c’est en 1868 qu’elle fut consacrée. Il fallut pour cela vaincre quatre obstacles : le manque de terrain, le veto du conseil municipal, la pénurie d’argent et un sous-sol rempli d’alluvions.

Entièrement consumé

Pour conclure, comment ne pas parler du plus célèbre élève de Don Bosco, Dominique Savio, qui fut un exemple de pureté, de piété, de charité pour ses camarades et qui s’éteignit à l’âge de 15 ans, emporté par la tuberculose. "Je veux être saint et vite !" avait-il déclaré à Don Bosco. Celui-ci sut le conseiller ! Dominique sera canonisé en 1954 par Pie XII. En 1888, Don Bosco est épuisé et le 29 janvier, telle une bougie qui s’est consumée jusqu’au bout, il s’éteint et entre enfin dans la lumière de Dieu.

Il laisse à l’Eglise et au monde 980 salésiens, 320 filles de Marie Auxiliatrice, répartis dans six pays.

Concluons par l’oraison de sa fête, le 31 janvier : "Dieu qui a suscité saint Jean Bosco pour donner à la jeunesse un maître et un père, inspire-nous le même amour qui nous fera chercher le salut de nos frères en ne servant que toi seul".

12:14 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAÎTRES A PENSER ET A VIVRE. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

05/02/2008

RALLUMONS LE FEU AVEC GUY GILBERT.

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Il existe deux sortes d'écrivains. Ceux qui mettent en avant leurs bagages littéraires et ceux qui posent un regard poétique sur la Vie.
Ces parallèles sont nécessaires pour l'équilibre de notre culture.
L'un n'exclut pas l'autre. Je mettrais bien volontiers, Guy Gilbert, dans la deuxième catégorie. Celle à laquelle j'appartiens également.
Cela peut aider à comprendre la sensibilité qui me fait méditer ses écrits.
Son dernier livre intitulé : Rallumez le Feu, me fit presque chavirer dans l'immense océan de l'incompréhension.
Comprenez bien, cet Auteur, que je croyais profondément révolté se met à écrire des chapitres à la fois sur la Bonté, l'Humilité, la Douceur etc....
Ma pauvre âme se trouvait dans la perplexité la plus Absolue, la plus obscure.
Pourtant, une semaine après, je repris son livre et le dévorais avec délectation.
Je n'avais pas saisi dans un premier temps qu'il nous faisait pénétrer dans la Sagesse chrétienne la plus profonde.
Mes nuits intérieures se levaient vers des terres mordorées où la Lumière éclairait mes humbles pensées.
En effet, depuis déjà plusieurs années Guy Gilbert, nous partage sa spiritualité. Il nous partage les secrets de sa Force qui a guidée ses pas jusqu'à ce jour.
Comment pourrait-il combattre ce Monde et ses injustices sanglantes, s'il n'avait pas au fond de lui, une manne spirituelle puissante et éthiquement indéfectible ?
Il ne pourrait avoir en aucun cas, une âme apaisée face aux drames de l'histoire et de notre destin.
Ce Feu qu'il veut rallumer quitte à incendier tous les continents, c'est celui de l'Amour qui le fait tenir debout.
Cet Amour qui jaillit des évangiles telles des larmes de joie. Son corps en est imprégné jusqu'au tréfonds de l'âme.
Guy Gilbert représente pour beaucoup, ce que les médias en ont fait. Dès qu'il prend une décision en accord avec ses convictions, le monde entier crie au conservatisme.
Il faut dire que nos sociétés sont de plus en plus pauvres intellectuellement des valeurs évangéliques qui construisent une Existence.
Il se rend avec un Ami devenu Président, au Vatican et le monde hurle au scandale.
Pourquoi ?
Tout simplement, parce qu'ils n'ont jamais expérimentés les douces senteurs de l'amitié spirituelle.
Ils ignorent les plus basiques formules que Notre Seigneur-Jésus-Christ est venu enseigner et pourtant, ils jugent.
Il est bien véridique que la méconnaissance de certains paradigmes culturels génère la haine.
Cette Haine contre laquelle combat Guy Gilbert depuis l'aube de ses trébuchements ecclésiaux.
Il suffit de lire son dernier livre pour tout comprendre,enfin.
Ce livre simple, épuré, profond, empli de la Lumière de l'Esprit-Saint.
Non, ce livre ne peut laisser indifférent. Il ne doit nullement vous bloquer au bord de vos abîmes existentiels.
Au contraire, il fait partie des ouvrages qui changent vos comportements, évangélisent votre intériorité et spiritualisent votre regard à la fois sur vous-même et les autres.
Un livre qui change Tout...de vous, de nous.
D'ailleurs, le sous-titre n'est-il point : vivre l'évangile.
Bien-sûr, Guy Gilbert a cette splendide générosité de nos offrir son cadeau pour vivre Heureux. Nous ne saurions le refuser !
Je ne fais pas l'apologie aveugle du Père Guy Gilbert. Je fais remarquer uniquement que son livre récent est une ouverture sur le Bonheur.
Il faut laisser tomber de vos mains les autres qui tentent tristement d'en parler.
Vous remettre debout, comme je l'ai fait avec la foi chevillée au corps.
Et dire dès Aujourd'hui, rallumons le Feu de notre cœur pour inventer un monde meilleur.
Guy Gilbert vous dira comment l'échafauder dans le présent selon une théologie de l'éternité de l'instant.
Un secret qu'il nous confie pour tout affronter que nous serions stupides de refuser.
Nous n'aurions pas l'excuse de ne pas savoir donner Sens aux moindres bruissements de notre existence.
Merci Guy pour tant de Bonheur offert au sein de notre Humanité souffrante et perdue dans ses chimères.
Bruno LEROY.

16:44 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAÎTRES A PENSER ET A VIVRE. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |