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23/02/2011

COMMENT LUTTER CONTRE LES EXCLUSIONS ? !

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Nous faisons face ici à un problème majeur : on ne peut changer la réalité ou lutter contre l’exclusion à partir de n’importe où ni à partir de n’importe quelle disposition intérieure. Quand on fait un retour sur des échecs importants, on se rend compte souvent qu’en réalité, ce ne sont pas les théories ou les connaissances qui ont fait défaut, mais bien le lieu à partir duquel on a voulu agir. À ce propos, il serait bon de se rappeler le mot si pertinent de Friederich Engels, mot qui, avec le temps, est devenu maxime populaire. Il dit ainsi : "l’on ne pense pas la même chose selon que l’on vit dans une cabane ou dans un palais".

La simplicité d’une telle affirmation constitue, nous n’en doutons pas, une des expressions les plus lumineuses de la pensée contemporaine. Ce qu’affirme Engels avec sa "boutade" c’est que, bien que la vérité soit absolue, l’accès que nous pouvons en avoir ne l’est pas. C’est-à-dire que, bien qu’un certain accès réel à la vérité nous soit possible, il sera toujours conditionné par la réalité elle-même et aura toujours, pour autant, un caractère relatif. Jamais il ne sera neutre et inconditionnel. Tout cela est d’une importance capitale pour notre propos. En effet, même en supposant les meilleures intentions, la meilleure bonne volonté et les meilleures capacités intellectuelles, il y a des lieux d’où tout simplement on ne peut ni voir ni sentir la réalité de façon à ce qu’elle nous ouvre à l’amour et à la solidarité.

Alors, il ne nous reste qu’une solution : changer de lieu social. Le lieu social, c’est le point à partir duquel on perçoit, on comprend la réalité et on essaie d’agir sur elle. Il nous faut donc passer du lieu social des élites au lieu social des exclu(e)s. C’est à partir du monde des pauvres que nous devons lire la réalité de la violence si nous voulons nous engager pour sa transformation. La vision qu’ont les pauvres et les opprimé(e)s de la violence économique doit être le point de départ et le premier critère pour lire et comprendre aussi bien le monde globalisé que la violence qu’il provoque.

C’est aussi simple que cela, mais c’est tout aussi grave d’en arriver aux conclusions et d’en peser les conséquences. Où est-ce que je me situe ? Où sont mes pieds et ma praxis en matière de solidarité ? Car la question est de savoir si je suis au bon endroit pour accomplir ma tâche. Un tel processus ne peut être mis en marche que par ceux et celles qui sentent dans leur chair la brûlure de l’injustice et de l’exclusion sociales. La tâche d’éduquer implique d’abord le lieu social pour lequel on a opté ; puis le lieu à partir duquel et pour lequel on fait des interprétations théoriques et des projets pratiques ; finalement, le lieu d’où part la pratique et à laquelle on subordonne ses propres pratiques.

À la racine du choix de ce lieu social, il y a l’indignation éthique que nous ressentons devant la réalité de l’exclusion ; le sentiment que la réalité de l’injustice dont sont victimes la grande majorité des êtres humains est si grave qu’elle exige une attention incontournable ; la perception que la vie même perdrait son sens si elle tournait le dos à cette réalité. Il ne sera jamais possible de travailler à être plus humains à partir du point de vue des centres de pouvoir et de savoir, ni même en se situant à partir d’une prétendue neutralité. Cette pratique est appelée d’avance à être condamnée et à tomber d’elle-même lorsqu’elle aura à soutenir la preuve des faits, comme cela est arrivé au jésuite de Camus dans La Peste.

Personne ne peut prétendre voir ou sentir les problèmes humains, la douleur et la souffrance des autres à partir d’une position "neutre", absolue, immuable dont l’optique garantirait une totale impartialité et objectivité. Il est donc extrêmement urgent de provoquer une rupture épistémologique. La clé pour comprendre ceci est dans la réponse que chacun(e) de nous donnera à la question : "d’où" est-ce que j’agis ? C’est-à-dire quel est le lieu que je choisis pour voir le monde ou la réalité, pour interpréter l’histoire et pour situer mes actes transformateurs ?

Mieux que n’importe quel autre moyen particulier, la manière d’exprimer sa sensibilité et son intérêt à rendre la société plus humaine réside, en effet, dans une pratique active de la solidarité, notamment avec les démuni(e)s qui font l’objet de discriminations et de marginalisations intolérables. Tout ce qui signifie une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme la torture morale ou physique, tout ce qui est une offense à la dignité de la personne, comme les conditions de vie inhumaines, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et d’enfants, ou encore pour ceux et celles qui bénéficient d’un emploi les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de production, sans égard pour leur dignité, tout cela constitue des pratiques infâmes qui nous engagent toutes et tous à nous impliquer dans les solidarités sociales.

Bruno LEROY.

16/02/2011

Éditions en ligne Frédéric Serre.

Frédéric Serre

Serre Éditions - Édition en ligne

Éditions en ligne

Éditeur de livres sous format numérique en ligne, nous souhaitons faire connaitre et promouvoir de nouveaux auteurs et vendre leurs œuvres à petit prix

Soeur Emmanuelle, cette éternelle révoltée

Référence : bl20111602spi

Auteur : Bruno LEROY

Thème : Spirituel

Date d'édition : 16/02/2011
 

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12/02/2011

Se respecter soi-même et se faire respecter des autres.

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L'affirmation de soi et de sa différence prend toujours le visage du refus et de l'opposition. Dès l'âge de deux ans, l'enfant sait dire non. Il met son entourage à l'épreuve et enregistre les réactions qu'engendre l'exercice de sa fragile autonomie. Il peut, par son entêtement, paralyser les projets de toute la famille, faire perdre patience à ses parents, obtenir parfois de guerre lasse ce qu'on lui refusait, centrer toute l'attention sur lui au détriment de ses frères et soeurs. L'adolescence est, on le sait, une autre période privilégiée pour exister en s'opposant. Il faut tout de même du temps, souvent jusqu'à l'âge adulte, pour parvenir à la véritable capacité de dire " NON ", sans blesser l'autre et sans culpabilité, simplement se respecter soi-même et se faire respecter des autres.

S'affirmer positivement ou afficher refus et résistance sont deux façons d'atteindre l'identité personnelle et de la manifester. L'incapacité d'emprunter l'une ou l'autre voie, chez un adulte, est signe d'une maturité inachevée. Affirmation et refus prennent racine dans l'individu et lui permettent de se poser différent face à l'autre. Mais l'autre contribue aussi à façonner l'identité en jouant le rôle de miroir et en reflétant à l'individu sa propre valeur.
C'est le cas de l'amour maternel et paternel, de l'amour du couple ou de l'estime qui se développe entre collègues de travail. Ces relations sont normalement marquées par l'acceptation mutuelle.
Cela n'implique pas, tout le monde le sait, que les partenaires soient toujours d'accord ni qu'ils partagent les mêmes goûts et les mêmes vues sur tout .. Mais cela signifie que chacun est accueilli et apprécié comme il est de façon globale et positive. On peut dire à l'autre son désaccord, le reprendre, l'encourager à repousser une limite ou à combattre un défaut. C'est une autre façon de lui refléter qu'on croit en lui et qu'on désire qu'il grandisse davantage en devenant pleinement lui-même. La confiance est contagieuse lorsqu'elle révèle à un être tout ce qui l'habite et lui tend la main pour lui ouvrir la porte de son destin.

Rêvons d'une société où notre confiance serait force de persuasion avec ce regard d'amour qui fait grandir l'autre en son humanité afin qu'il puisse s'affirmer face à la rudesse d'un monde qui néglige mortellement nos individualités. Rêvons d'une humanité libérée et faisons en sorte que nous aidions à cette libération par notre confiance donnée avec amour à ceux et celles dont les pas hésitant demandent qu'on les soutienne dans leur titubation vers leur affirmation.

Bruno LEROY.

01/02/2011

La relation sexuelle un don réciproque.

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Il y a en chacun de nous un besoin sexuel. Certes, il n’est pas du même ordre que le besoin de manger ou de boire. En effet, on peut se passer, être privé de l’exercice de la sexualité, ou la différer, sans cependant mourir ; ce qui n’est pas le cas de la nourriture ou de la boisson. Ce besoin sexuel est présent dès le plus jeune âge. L’enfant éprouve de manière diffuse son corps comme une source de plaisir. Il aime être bercé, pris dans les bras, choyé. Il aime être embrassé et embrasser. Ce contact corporel, il est cherché non pas comme pure sensation épidermique, mais comme expression d’une relation intersubjective. Au moment de la puberté, le garçon et la jeune fille découvrent en leur corps de nouvelles potentialités de plaisir ainsi que le désir plus vivace de le partager, de le donner à l’autre, de le recevoir de l’autre, comme expression d’un amour mutuel. A nouveau, faire de la relation sexuelle un don réciproque, n’est pas acquis d’avance ; il faut du temps ; un temps où l’attirance des cœurs, la connaissance mutuelle au-delà des images rêvées, la maturation psychologique et le désir sexuel progressent de pair.

Ce n’est pas mettre de son côté toutes les chances de réussite en amour que de vouloir tout, tout de suite, de se livrer à la passion érotique, en court-circuitant le temps des maturations. Dans ce cas "on fait l’amour" sans amour, sans lien amoureux correspondant. Des illusions sont possibles à ce propos. Par exemple, le jeune homme qui veut "faire l’amour" moins par amour de l’autre que pour éprouver sa virilité et épater les copains. Ou encore la jeune fille qui donne son corps pour retenir un amour fragile à peine naissant, pour retenir un partenaire indécis ou volage, en croyant que la relation sexuelle suffit à créer un lien durable. Les désillusions peuvent être rudes et laisser au cœur des blessures qui demeurent ouvertes. Banaliser l’acte sexuel, le détacher d’un lien amoureux forgé à l’épreuve du temps, c’est prendre le risque de s’interdire l’accès un jour à un amour authentique.

La relation sexuelle, si l’on veut qu’elle soit gratifiante, vient en son temps : au moment où les partenaires se mettent à aimer le lien qui les unit, à vouloir le préserver dans la durée et à espérer qu’il n’aura pas de fin. C’est alors que l’acte sexuel devient l’expression d’un don de soi réciproque, en pure perte, sans calcul. Car à l’étreinte des corps se conjoint l’abandon confiant et réciproque à l’autre. Le plaisir érotique s’en trouve accru car la rencontre des corps est en même temps échange affectif où chacun se reçoit de l’autre et se donne à lui.

Dans la relation sexuelle, il y a certes un désir de fusion, mais, au moment de la rencontre, au moment le plus intense de la proximité, l’autre reste autre, car la femme ne saura jamais ce que l’homme éprouve dans son corps et vice versa. C’est pourquoi la rencontre sexuelle, pourvu qu’elle s’inscrive dans un lien amoureux, n’est jamais prise de possession de l’autre, mais rencontre de sa mystérieuse altérité. Elle est ainsi offrande et non pas prise. La fidélité, elle se forge quand, pour l’amour de soi et pour l’amour de l’autre, on se prend à aimer le lien amoureux lui-même ; on le maintient, on le préserve, on l’entretient, on le cultive avec art et sagesse afin que, petit germe fragile au départ, il devienne arbre épanoui.

Bruno LEROY.

08/10/2010

ÊTRE PARENTS SELON LE COEUR DE DIEU.

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Être parents, c’est comme être l’hôte d’un étranger ! Nous pouvons croire que nos enfants nous ressemblent, mais nous sommes sans cesse surpris de constater à quel point ils sont différents.  Nous pouvons nous réjouir de leur intelligence, de leurs talents artistiques, de leurs prouesses athlétiques ou être attristés par leur lenteur à l’apprentissage, leur manque de coordination ou leurs goûts étranges. Sous plusieurs aspects, nous ne connaissons pas nos enfants.

 

Nous ne les avons pas créés et ils ne nous appartiennent pas. Voilà une bonne nouvelle.  Nous n’avons pas à nous en vouloir pour tous leurs problèmes et nous ne devrions pas non plus nous attribuer leur succès.

Les enfants sont un cadeau de Dieu.  Ils nous sont donnés pour que nous leur offrions un espace de sécurité et d’amour, où ils puissent grandir jusqu’à la liberté intérieure et extérieure.  Ils sont comme des étrangers qui nous demandent l’hospitalité, qui deviennent de bons amis et qui nous quittent pour poursuivre leur chemin.  Ils nous apportent d’immenses joies et de grandes peines, précisément parce qu'ils sont des cadeaux.  Et un beau cadeau, comme dit le proverbe, est donné deux fois.

 

 

Le cadeau que nous recevons, il faut que nous le donnions à notre tour.  Lorsque notre enfant nous quitte pour poursuivre ses études, pour se chercher du travail, pour se marier, pour entrer en communauté ou tout simplement pour devenir indépendant, la souffrance et la joie se rejoignent.  C’est à ce moment-là en effet, que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes que notre enfant n'est pas nécessairement à nous, mais nous a été donné pour devenir à son tour un véritable cadeau pour les autres.

 

Il est tellement difficile de rendre leur liberté à nos enfants, particulièrement dans ce monde de violence et d’exploitation.  Nous voulons tellement les protéger de tout danger possible.  Mais c’est impossible ; ils ne nous appartiennent pas.  Nos enfants appartiennent à Dieu et l’un des plus grands gestes de confiance en Dieu que nous puissions poser consiste à laisser nos enfants faire leur propre choix et trouver leur propre chemin.

 

Bruno LEROY.

08/06/2010

L'ESTIME DE SOI PAR CHRISTOPHE ANDRÉ.

11:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

21/01/2010

LA MATURITÉ INTÉRIEURE.

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Comment vivre la maturité et la faire vivre en famille

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment ne les atteindra pas. (…) Au temps de leur récompense, ils brilleront ; comme des étincelles, ils courront à travers le chaume. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux à jamais. Eux qui ont mis en lui leur confiance, ils comprendront la vérité, ses fidèles habiteront avec lui dans l’amour ; car la grâce et la miséricorde sont pour ses élus. (Livre de la sagesse 3, 1-9)

L’importance de la maturité

Nous connaissons tous des hommes et des femmes qui veulent vivre selon ce qu’ils croient, poursuivre leurs rêves et atteindre leurs objectifs ... et qui pour une raison ou une autre sont incapables de le faire. Ce genre de personnes ne peuvent donner suite à leurs propres décisions et poursuivre leurs propres objectifs. Elles commencent des études mais n’étudient pas, ne vont pas en cours ... se marient, puis divorcent, obtiennent un emploi ... mais le perdent ... ont de grands projets et les abandonnent. Elles finissent frustrées et mécontentes d’elles-mêmes enchaînant les échecs moraux, financiers, et familiaux. Pourquoi cela se produit-il dans la vie de certaines personnes ? La cause sous-jacente est souvent un simple manque de maturité humaine.

Qu’est ce que la maturité humaine ?

La maturité humaine consiste en la cohérence fondamentale entre ce que nous sommes et ce que nous prétendons être. La preuve la plus convaincante de notre maturité est notre fidélité et notre responsabilité dans l’accomplissement de nos engagements et nos obligations.

La maturité ne vient pas du jour au lendemain, tout comme on n’apprend pas à exécuter une grande symphonie du jour au lendemain. Chaque faculté doit être à sa place et le péché originel ayant tout mis sens dessus dessous, remettre de l’ordre exige un effort réel. La maturité humaine implique l’ordre et l’harmonie de nombreux éléments intérieurs. Voici une radiographie du monde intérieur d’une personne mûre :

• Au lieu de laisser ses émotions dicter ses perceptions et ses actions, la personne mûre fait de sa raison et de sa foi les guides de sa compréhension de la vie et des événements. Il fait un effort pour voir la vérité en face et clairement sans céder aux jugements téméraires, basés sur des impressions, des humeurs, ou des préjugés. Il éduque sa conscience en lisant et en réfléchissant sur les causes et les raisons qui soutiennent les lois morales et éthiques.

• Au lieu d’agir de manière aléatoire, émotive, ou bien égoïste, la personne mûre fait des choix raisonnés et intelligents. Sa volonté, pénétrée d’amour et éclairée par la raison et la foi, l’amène à rechercher le vrai bien, à tout moment. Elle réfléchit attentivement avant de prendre ses décisions, elle n’est donc pas facile à berner par de faux biens. Elle vit avec des principes et des convictions qu’elle a librement embrassés. Elle est persévérante et tenace dans ses engagements.

• Parce que son esprit et sa volonté sont droits et centrés sur ce qui est vrai et bon, elle jouit de la paix intérieure. La paix peut se lire sur son visage, parce que nos états intérieurs se reflètent souvent dans nos yeux et à travers les expressions habituelles de notre visage.

• Sa paix intérieure et sa droiture lui permettent d’avoir de bonnes relations avec les autres. Elle n’est pas paralysée par l’insécurité et ses actions n’ont pas pour moteur le besoin de prouver quelque chose aux autres. Elle n’est pas du tout centré sur elle-même. Cette ouverture fondamentale aux autres la rend capable d’écouter et de comprendre leurs besoins, et de leur offrir de les aider, quand c’est nécessaire.

• L’intégrité de son être intérieur fait d’elle une personne forte, sereine en ce qu’elle est, et en ce qu’elle veut réaliser. De même, elle est humble et prête à apprendre et à s’adapter aux nouvelles circonstances de la vie. Elle ne s’attache pas avec rigidité à ses propres idées ou à ses habitudes, mais elle est plus souple, capable de bien répondre à de nouveaux défis. Et quand une personne mûre s’ouvre totalement à la conduite de l’Esprit Saint, alors elle va vers la sainteté.

Comment former nos enfants à la maturité :

1. En tant que parents, soyez des exemples vivants de maturité. En pratiquant vous-même ce que vous prêchez et en vivant ce que vous enseignez vous gagnez la moitié du combat.

2. Ne cédez pas aux caprices de vos enfants. Lorsque nos enfants réalisent que s’ils nous harcèlent suffisamment, ils peuvent obtenir que maman ou papa cède, ils apprennent que leurs émotions sont capables de gouverner le monde autour d’eux.

3. Lorsque vos enfants sont confrontés à des réalités qui les déstabilisent, conduisez-les doucement et affectueusement vers une compréhension plus équilibrée de la situation. Aidez-les à réfléchir de sorte que le "monstre" (une mauvaise note injuste, une amitié perdue) soit remis à sa juste place.

4. Lorsque vos enfants sont jeunes vous, en tant que parents, représentez Dieu. Enseignez à vos enfants que de dire la vérité (même après qu’ils aient fait quelque chose de mal) est toujours une expérience libératrice, et qu’il y a toujours un pardon et une chance de repartir d’une page blanche.

5. Dans le même temps, aidez-les à comprendre que quand il y a des conséquences disciplinaires, celles-ci sont toujours raisonnables et proportionnées à l’infraction. Si les enfants sentent qu’ils sont punis par colère ou frustration, ils auront moins de respect pour votre autorité et pour les règles du bien et du mal qui sont leur premier niveau de compréhension de la morale.

6. Lors du dîner, alors que vous partagez les événements de la journée, soyez attentifs aux possibilités de les aider à apprendre à juger les événements de façon juste et équilibrée. Ne laissez jamais vos enfants vous entendre critiquer les autres d’une manière dure. Ils doivent apprendre, en suivant votre exemple, à parler des actions d’autres personnes de manière impartiale, en insistant sur le bien, en donnant le bénéfice du doute, en refusant de porter un jugement fondé sur une information incomplète, etc. Quand il s’agit d’une habitude familiale modelée par les parents, il devient facile pour les enfants d’acquérir le même sens de l’équité.

7. Dans les conversations familiales, partagez des anecdotes et des exemples de personnes qui ont pris des décisions positives et nobles pour le bien des autres. Entendre parler de ces exemples (les vies de saints, des histoires de héros ordinaires) donne à vos enfants un point de référence. Assurez-vous de féliciter souvent vos enfants quand ils font quelque chose de noble et généreux.

8. Donnez des responsabilités à vos enfants (s’occuper d’un animal de compagnie, par exemple, est un bon outil de formation) et félicitez-les de bien s’en occuper. Donnez-leur des responsabilités plus importantes seulement lorsqu’ils auront réussi à remplir les plus petites.

9. Ne laissez pas vos enfants abandonner trop rapidement leurs objectifs. S’ils s’inscrivent dans une équipe de football, il est préférable qu’ils finissent la saison. S’ils prennent des leçons de piano, ils devraient finir l’année. Enseignez-leur qu’avoir du caractère signifie aller jusqu’au bout, même si c’est dur ou ennuyeux à certains moments.

10. Laissez vos enfants mener leurs propres combats. Ne soyez pas sur protecteur toujours présent pour éviter qu’il leur arrive quelque chose. Les laisser surmonter par eux-mêmes de petites adversités (accompagné de conseils discrets) les rend plus forts et plus matures. Si les enfants sont surprotégés, ils ne grandissent pas et sont incapables d’aller de l’avant à travers les obstacles.

11. Ne laissez pas vos enfants déraper dans des comportements égoïstes. Apprenez-leur à être les premiers à partager et à tendre amicalement la main aux autres.

 

12:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

21/11/2008

Profil de personnalité du fondamentaliste.

Situation psychologique
d’une lecture « fondamentaliste » de la Bible

par Jean-Marie Jaspard

Introduction

La Bible est tout naturellement un support référentiel majeur qui accompagne, au moins potentiellement, les croyants des religions d’inspiration chrétienne, comme elle l’est en premier lieu pour ceux de la religion juive. Mais, les historiens des Eglises l’ont démontré à maintes reprises, cette référence n’a semble-t-il pas cessé de faire problème, tout au long des siècles, notamment dans son interprétation et dans la portée des applications qui en sont faites pour inspirer la vie des croyants, voire pour dicter leurs comportements.

Elle est LE LIVRE qui proclame la PAROLE DE DIEU ; elle reçoit dès lors un statut propre, devient un TEXTE SACRE ; ce statut engendre des comportements particuliers envers elle, de ‘respect révérenciel’ à son égard, comme le disait Rudolf OTTO ; mais ce statut engendre aussi une propension à figer rituellement les applications qui sont proposées pour la vie quotidienne des croyants, à partir de l’interprétation plus ou moins stricte d’une volonté divine qui serait énoncée dans cette ‘parole de Dieu’.

 Il existe bien des styles de ‘lectures de la Bible’, plus ou moins ‘savants’, plus ou moins ‘populaires’, plus ou moins ‘rigides’, plus ou moins ‘libres’, plus ou moins ‘contraignants’, plus ou moins ‘libérants’. C’est ici que viennent s’inscrire, à titre de réputation, ceux que l’on désignera comme ‘fondamentalistes’, contrastant négativement avec ceux qui ne le seraient pas. Les psychologues se sont penchés plus globalement sur les comportements ainsi dits ‘fondamentalistes’ en se plaçant à différents points de vue que je vais esquisser ici afin de situer la signification psychologique que peut représenter l’attachement de personnes ou de groupes religieux à une lecture dite ‘fondamentaliste’ de la Bible ou des textes fondateurs d’une religion.
  1. Je commencerai en évoquant la signification psycho-sociale de l’usage même de la dénomination de ‘fondamentaliste’, par laquelle d’aucuns qui estiment ne pas l’être désignent des personnes ou des groupes de personnes ;
  2. ensuite je brosserai un profil que les psychologues sont parvenus à dresser de la personnalité ou de l’attitude ‘fondamentaliste’ ;
  3. enfin, je m’attarderai plus longuement à étudier les caractéristiques psychologiques qui se lient à une lecture de la Bible qui serait appelée ‘fondamentaliste’.

1.
La signification psychologique
de l’attribution de l’étiquette « fondamentaliste »
à quelqu’un ou à un groupe.

Qu’est-ce que ça veut dire quand on parle de ‘fondamentalisme’, un mot que l’on entend partout dans les médias lorsqu’il s’agit d’interpréter certains événements ou certains comportements de certains types de populations, de certains groupes humains ?

Il faut le reconnaître d’emblée, dès qu’on se met à lire un peu sur le sujet, ce qui s’écrit dans des livres ou dans des articles, y compris scientifiques, on voit que ces mots, ‘fondamentalisme(s), fondamentaliste(s)’, sont utilisés de bien multiples façons. On les voit d’ailleurs le plus souvent assortis d’un tas de cousins plus ou moins proches, presque tous en ‘-isme’ : intégrisme, conservatisme, traditionalisme, conventionnalisme dont la simple évocation en attire encore bien d’autres : littéralisme, dogmatisme, intégralisme, autoritarisme, fanatisme, conformisme, intolérance, orthodoxie, réactionnaire, manichéisme, puritanisme, obscurantisme, millénarisme, ultramontanisme, etc.

Les mots en « -ismes » : un nuage de sens qui en dit long

Qu’est-ce que veut dire tout cet ensemble conceptuel ? Non seulement dans la signification sémantique de chacun de ces mots, mais plus encore, je crois, dans leur usage ? Ils ont bien sûr tous un sens propre qu’on peut lire dans les dictionnaires ; mais ils forment ensemble un nuage de sens qui en dit déjà long par lui-même et dont l’accumulation renforce encore la consonance négative. Et lorsqu’on se met à les utiliser, ces mots, c’est le plus souvent, si pas toujours, en parlant d’autres que soi plutôt que de soi-même, remarquons-le d’emblée ; ce n’est donc certainement pas innocent et ce n’est probablement pas sans effet.

Je voudrais donc m’arrêter d’abord à cette caractéristique de l’usage des mots en ‘isme’ comme attribut pour désigner autrui, avant de prendre en considération les études psychologiques qui ont approché ceux-là même qui font l’objet de cette désignation. Pourquoi, en effet, s’attache-t-on ainsi à utiliser la forme extrême d’un concept, alors que celui-ci compte toute une gradation de nuances dans la position de l’attitude qu’il désigne ? : ‘fondamentalisme’ est sémantiquement tiré du verbe ‘fonder’, qui engendre des dérivés comme ‘fondement’ et ‘fondamental’ ; et tous ces mots peuvent s’aligner dans une gradation indiquant une position de plus en plus extrême de l’attitude. On peut être d’abord, tout simplement ‘fidèle aux fondements de sa religion’, ou même être ‘attaché à ce qui y est fondamental’, sans pour autant se fixer dans une position extrême et devenir ‘fondamentaliste’. L’attribution à autrui de ce qualificatif prend donc l’allure d’un préjugé, et c’est cela qu’il faut essayer de comprendre, brièvement.

La psychologie sociale l’a démontré sous bien des facettes : nous avons constamment besoin d’utiliser des catégories pour distinguer les réalités qui nous entourent (hommes - femmes ; jeunes – vieux ; fumeurs – non fumeurs ; blancs – noirs ; bio – pas bio ; etc.). Nous avons besoin de poser des étiquettes classificatoires, de donner des noms, d’attribuer des qualifications. Le mot utilisé comme étiquette est donc une indication sur l’identité des personnes, des groupes. Elle répond globalement aux questions ‘qui suis-je ? qui est l’autre ?’ Elle permet de différencier ceux qui ont un même trait commun et ceux qui ne l’ont pas.

De l’étiquette au préjugé

Qu’advient-il maintenant lorsque cette étiquette classificatoire se charge de devenir un préjugé ? A ce moment, elle cesse d’être neutre. Elle devient tranchée, positive ou négative, et porte en elle un jugement tout fait, prêt à porter, sur soi-même ou sur autrui. En conséquence, le préjugé valorise ou dévalorise globalement la personne à qui il s’adresse.

On le comprend facilement, la fonction principale de l’usage de tels préjugés est de délimiter les appartenances, de déterminer à quel groupe appartient telle personne qu’on a devant soi :

  • au bon groupe, au groupe des bons (alors j’aurai tendance à lui faire bon accueil) ;
  • au mauvais groupe, au groupe des mauvais (alors mon attitude spontanée sera plutôt de l’éviter ou de l’agresser).

Avec le préjugé, c’est tout ou rien, c’est catégorique.

  • D’un côté, le qualificatif jouera le rôle d’un beau drapeau qui inspire le respect ;
  • de l’autre côté, le qualificatif sera comme l’étoile jaune qui était collée à la chemise des juifs pendant la guerre, et qui engendra à leur égard des comportements discriminatoires extrêmes dont on se souvient encore aujourd’hui avec des frissons dans le dos.

C’est l’histoire des bons cocos et des vilains cocos qui habitaient des bandes dessinées de notre enfance, c’est celle qui a inspiré, avec des variantes à l’infini, les films western que nous adorions au Collège pendant mon adolescence. Les groupes devaient être tranchés et ça faisait du bien de s’imaginer appartenir au clan des bons et des forts. Les parents et les éducateurs en profitaient d’ailleurs pour coller sur la chemise des ‘bons cocos’ quelques consignes édifiantes exemplifiant ce qu’il faut faire et sur celle des vilains cocos, ce qu’il ne faut pas faire, histoire de stimuler notre éducation morale.

Du préjugé à la discrimination

Alors, à quoi sert l’adjectif ‘fondamentaliste’ lorsqu’il est utilisé comme préjugé ? Même si on ne sait pas encore ce que le mot veut dire, on sait déjà qu’il s’agit de classifier celui auquel il est adressé dans une représentation négative. Il dit d’emblée que cet autre appartient à un groupe social ou religieux qui est foncièrement mauvais, avec lequel on aura systématiquement une relation négative. Loger la personne dans le groupe des ‘fondamentalistes’ entraîne ainsi spontanément des attitudes de discrimination, d’évitement ou d’agression de la part de celui qui donne l’étiquette, et des réactions de défense et de riposte plus ou moins violente chez celui qui reçoit l’étiquette.

Du point de vue de l’évolution de la relation humaine ainsi créée, il faut s’attendre à ce que l’usage de ce mot, qui va dès lors s’installer, entretienne un conflit potentiel ou actuel, qui sera laissé à la loi du plus fort pour trouver son issue ou qui sera régulé socialement si on met en place des mesures de prévention.

Ainsi, lorsque ‘fondamentalisme’ est utilisé comme étiquette, le mot fonctionne généralement comme un tout exclusif et sans nuance ; les alter ego ne sont pas ‘plus ou moins fondamentalistes’ ; ils le sont ou ils ne le sont pas. Nous allons retrouver cette question de la tendance spontanée à éliminer la considération des positions intermédiaires possibles et de la tentation d’engloutir celles-ci dans l’entonnoir vers la position extrême, lorsqu’il s’agira de discerner les styles de lecture de la Bible. Avant cela, je vais brièvement parcourir quelques profils que les psychologues ont dessinés relativement à l’attitude ‘fondamentaliste’.

2.
Le profil psychologique des personnes
considérées comme fondamentalistes

Je vais faire une synthèse des profils de personnalité qui sont habituellement proposés ; à la fin, j’essaierai de préciser ce qui peut amener des personnes à se fixer dans de tels profils.

Profil de personnalité du fondamentaliste

Le profil de personnalité est généralement obtenu dans le contexte d’études qui portent,

  • d’une part, sur l’état du développement intellectuel et affectif des personnes ou bien sur l’état de leur santé mentale,
  • et, d’autre part, sur leur religiosité, sur la manière dont elles interceptent les croyances dans leur religion d’appartenance et dont elles s’y engagent, notamment par leur pratique religieuse ou par leur mode de compréhension des textes fondateurs de cette religion.

Eh bien, quelles sont les caractéristiques types d’une personne fondamentaliste telle que décrite à partir des études de psychologie ? Je vais énoncer celles qui ont été répertoriées, ce qui ne veut pas dire qu’une même personne les cumulent toutes en même temps.
On a relevé :

  •  
    • Le fondamentaliste est plutôt conservateur ; il préfère ce qui est traditionnel et se méfie de la nouveauté, de la modernité.
    • Il présente des positions manichéistes, dualistes, séparant le bien et le mal d’une manière tranchée et opposée.
    • Il cherche à s’attacher d’une manière assez rigide à des vérités absolues et infaillibles.
    • Il adhère volontiers à des théories précises sur l’avenir et sur la fin des temps ; cela expliquerait son attachement facile à des discours messianistes ou millénaristes.
    • Le fondamentaliste aime que le groupe auquel il appartient soit bien hiérarchisé, avec un détenteur de l’autorité clairement désigné (par exemple, un bon leader charismatique lui conviendra très bien)
    • Il aime aussi recevoir des consignes précises sur les comportements quotidiens, sur la manière de ritualiser les étapes de la vie, etc.
    • Il apprécie de se savoir choisi, élu, appelé à faire partie de son groupe, et même d’y recevoir une vocation particulière. C’est encore mieux si le groupe lui-même fait l’objet d’une élection particulière, de la part de Dieu, par exemple.
    • Il souhaite connaître clairement les règles de vie qu’il convient de respecter pour mériter cette appartenance à son groupe et savoir quels sont les critères d’exclusion ; comment distinguer un bon membre, un vrai, d’un mauvais membre ou d’un non membre ?
    •  
      • L’inerrance de la Bible dont on favorise une compréhension littérale ;
      • L’autorité centrale et infaillible du Pape ;
      • Une hostilité aux formes modernes(-istes) de la théologie (p.ex. :les méthodes historico-critiques) ;
      • Un clivage entre les bons et les mauvais chrétiens ;
      • Ils souhaitent que la foi soit ‘re-fondée’ en retournant aux racines historiques de la Tradition (à ses fondements), avec le soutien, la ‘bénédiction’ de l’autorité suprême de l’Eglise.
      • En ce sens, ils préfèrent se focaliser sur une célébration de ‘la simplicité des origines’ comme retour à l’essentiel du christianisme ; et ils seront plutôt frileux devant les incitations à s’engager pour prendre des initiatives dans les mouvements complexes et contradictoires de l’histoire du monde contemporain en train de se faire (donc, tendance au retrait à ce point de vue).
      • Certains accents seront mis plus particulièrement sur :
    • Une soumission non critique (parfois même bornée, sans recul) à une vérité érigée en absolu et à l’autorité qui l’énonce ;
    • Une difficulté +/- importante dans le rapport avec la modernité et la complexité du monde contemporain ;
    • Une attirance vers le passé, le connu, le simple ;
    • Une position manichéiste devant le bien et le mal, les vraies et les fausses croyances, les bons et les mauvais chrétiens ;
    • Un attachement rigide à certaines croyances qui reçoivent un statut de vérité fondamentale ;
    • Une incapacité de distinguer les croyances périphériques des croyances centrales dans la religion ;
    • Une tendance au littéralisme dans la compréhension des textes sacrés.
    • des caractéristiques idéologiques :
    • des caractéristiques du groupe auquel il aime appartenir :
    • des caractéristiques particulières rencontrées chez des fondamentalistes chrétiens (notamment catholiques) :
    • des traits psychologiques se dessinent derrière ces positions :

Liaisons

Qu’en est-il maintenant des recherches qui ont essayé d’approcher ces attitudes dans des populations plus ou moins ciblées, essentiellement dans des groupes chrétiens (protestants ou catholiques), parfois auprès de musulmans ou d’israéliens ?

Eh bien, en accumulant les recherches sur le sujet, les chercheurs on été assez vite amenés à identifier globalement les traits psychologiques des ‘fondamentalistes’ aux personnes qui ont un ‘esprit fermé’, assez rigide, les opposant aux traits psychologiques de personnes dont le profil est celui de l’‘esprit ouvert’, assez souple.

Généralement, on s’est arrangé pour pouvoir situer les personnes faisant l’objet des études sur une échelle graduée, quelque part entre les deux positions extrêmes, depuis l’esprit le plus fermé jusqu’à l’esprit le plus ouvert. Et on a essayé de faire des comparaisons entre les résultats qu’obtiennent ces personnes sur l’échelle du fondamentalisme et ceux qu’elles obtiennent au sujet d’autres dimensions de la personnalité ou d’autres questions relatives à la religiosité.

Par exemple, mon successeur a trouvé que plus les personnes sont fondamentalistes, moins elles sont à l’aise avec le sens de l’humour, surtout si cet humour tourne autour du sexe. On a aussi pu confirmer des liens avec le style de l’éducation reçue (davantage si celle-ci a été sévère ou rigide), avec le type d’intelligence (selon les stades de Piaget, la pensée formelle convient bien à l’esprit fermé, la pensée post-formelle correspond à l’esprit ouvert). On a fait aussi des comparaisons avec d’autres outils mesurant le degré de dogmatisme, la tendance à l’autoritarisme, (les mots cousins en ‘isme’ !)… en y observant des recouvrements entre ces concepts, mais aussi des différences et des spécificités.

3.
L’attitude fondamentaliste et la lecture de la Bible

Je retiens tout particulièrement ici un schéma hypothétique proposé par un de mes collègues de la KUL, le Prof. Dirk Hutsebaut, qui approfondit l’étude des attitudes religieuses depuis sa thèse de doctorat dans les années ’70. Ce schéma présente l’intérêt, me semble-t-il de situer la position ‘fondamentaliste’ parmi l’ensemble des positions que peut prendre l’attitude humaine, religieuse en l’occurrence, lorsqu’on se place à deux points de vue pour l’observer :

  1. le point de vue de la croyance ou de la non croyance à l’existence d’une réalité transcendante ; cela donne un premier axe, car le degré de certitude de la personne peut être plus ou moins élevé d’un côté comme de l’autre ;
  2. le point de vue du style de la pensée de celui qui intercepte un discours religieux : entre une pensée littérale (voire littéraliste) et une pensée ouverte à la compréhension symbolique des discours religieux ; ceci donne le deuxième axe d’observation, les styles des personnes pouvant également s’échelonner d’un extrême à l’autre sur le continuum.

Lorsqu’on croise orthogonalement les deux axes, on obtient quatre quadrants qui laissent apparaître quatre structures différentes d’attitudes vis-à-vis des réalités proposées par les religions et, plus largement, vis-à-vis des réalités fondamentales de la vie. Dans chaque quadrant ainsi dessiné une multitude de nuances dans l’attitude peuvent trouver leur place, selon la position sur chacun des deux axes.

 

 

Je vais maintenant passer en revue les caractéristiques de l’organisation de la pensée religieuse dans les positions représentées au sein de chaque quadrant. Nous y verrons clairement dans quel contexte psychologique se situe la lecture de la Bible ou des textes religieux. J’arrive donc au cœur de la problématique qui nous concerne ici. Je m’attarderai plus longuement à ce qui se passe dans le quadrant du ‘fondamentalisme religieux’, afin d’y discerner les difficultés et les pièges qui risquent de biaiser cet étiquetage de l’attitude.

1. Le premier quadrant : ‘fondamentalisme religieux’

Dans le premier quadrant, on trouve la description typique de la position religieuse (croyante) fondamentaliste. Les recherches qui ont appliqué les instruments de D. Hutsebaut y retrouvent la plupart des aspects qui composent le profil que j’ai décrit dans le point précédent. Mais quelques nuances intéressantes sont apparues dans certaines études.

Une première nuance concerne cette compréhension littérale des récits bibliques, attribuant parfois une existence réaliste à certains objets ou événements : par ex. la création du monde en 6 jours calendrier + un 7ème jour de repos, ou la mer rouge qui se retire physiquement pour laisser passer les hébreux qui s’enfuyaient d’Egypte,…

Il est évident ici que ce n’est pas toujours simple de distinguer entre, d’une part, la croyance qui se focalise réalistement sur son objet en insistant sur une représentation littérale, réaliste de celui-ci (ça s’est passé concrètement ainsi et pas autrement) et, d’autre part, la croyance en la réalité de foi qui se trouve derrière l’image (par exemple, les Hébreux ont réellement cru que Dieu les a solidement aidés à fuir les Egyptiens ; ou Dieu s’est associé significativement à l’avènement d’un monde habitable par les humains, monde qui s’est constitué peu à peu dans un certain ordre chronologique). Dans toutes les religions, en effet, on a besoin de reconnaître que certaines choses se sont passées ; dans le christianisme, on a besoin de croire que Jésus a dit certaines paroles, même si le non fondamentaliste pourra admettre qu’il ne les a peut-être pas dites comme il est écrit littéralement dans le texte. Au sujet de tout ceci, je pense que les autres exposés de ces journées vont apporter des éclaircissements et permettre de faire des distinctions utiles. Je retiens pour l’instant ceci : on a besoin de croire que des événements ou des choses se sont passés lors de moments fondateurs, pour asseoir sa propre foi ; la question se trouve dans la manière dont on se représente et dont on interprète les supports écrits ou imagés qui proposent cela. Remarquons d’ailleurs que, quelle que soit la manière dont il est interprété, le support textuel est le même pour tout le monde ; ceci a son importance.

Une deuxième nuance, qui commence à nous mettre sur une voie compréhensive par rapport à ce qui nous occupe, est celle du niveau auquel se situe le fonctionnement intellectuel de ces croyances littéralistes. Car un esprit éclairé, une intelligence rationnelle ne peut pas accepter n’importe quoi. Certaines croyances font penser à la ‘crédulité naïve’ des jeunes enfants lorsqu’on leur raconte des histoires, et à l’effet d’une immaturité intellectuelle qu’on n’attend plus des adultes un peu instruits. Pourtant, des gens qui ont fait des études bien au-delà de l’école primaire, dans l’enseignement supérieur, universitaires, et qui, par ailleurs mènent leur vie comme tout le monde, présentent parfois des croyances, ou un attrait pour des croyances, dont la teneur défie toutes les règles de la logique rationnelle ou de la connaissance empirique élémentaire. Il suffit de voir le nombre de gens qui s’agglutinent autour des présentoirs de la littérature ésotérique dans les librairies, et qui restent longtemps là à feuilleter un livre, comme s’ils étaient fascinés. C’est comme si les contenus des discours, des textes, des rites que l’on trouve dans les religions (pas seulement dans les horoscopes ou dans des prédictions de Mme Soleil) se prêtaient à une apparente ‘paresse’ ou ‘capitulation’ de l’esprit logique et à une sorte de fascination pour ce qui est irrationnel.

A quoi cela tient-il ? Eh bien, je fais l’hypothèse que ce comportement est lié au fait que les religions font écho aux questionnements des humains sur ce qui les dépasse, sur l’au-delà de la vie, sur l’autre du monde, sur le sens de la vie, sur cette énigme perpétuelle de ce qui fonde le rapport aux autres, … bref sur les réalités ultimes dans tous les sens de cette expression.

Le psychologue français Henri Wallon avait constaté que l’intelligence des enfants fonctionne différemment lorsqu’elle est occupée par des questions ordinaires de la vie et lorsqu’elle s’exerce à comprendre ce qu’il appelait les ‘ultrachoses’. Pour les ultrachoses, d’ailleurs, Wallon ne trouvait guère de différence entre la pensée des enfants et celle de bien des adultes.

Ainsi, on peut dire que la logique rationnelle s’impose généralement lorsqu’on a affaire aux réalités ordinaires qui sont soumises aux lois de la nature et dont les sciences ont pu objectiver et décrypter la logique du fonctionnement ; dès lors, si on connaît ces lois, on cherche à y adapter sa pensée, même, si possible, quand on lit des textes qui datent d’avant qu’on les aie découverts (je pense aux énoncés créationistes du Livre de la Genèse). Il est évident que notre connaissance de l’espace sidéral s’est un peu étoffée depuis l’épisode des rois mages !

Mais, on ne l’admet pas assez, notre monde humain est aussi habité par des réalités qui ne sont pas régies par les lois du monde physique. C’est notamment le cas de tout ce qui couvre le champ de nos rapports humains, de tout ce qui concerne nos relations avec les autres humains ou avec d’autres objets de notre environnement. Tout cela fonctionne selon une logique relationnelle, c’est-à-dire tout autant affective qu’intellectuelle.

Si un amoureux écrit une lettre à son amoureuse, quelle sera, pensez-vous, la logique de son discours, et du récit des faits qui vont émailler son discours ? Faut-il accorder une compréhension uniquement rationnelle à un tel texte exprimant des rapports affectifs entre deux êtres ? Ici, la réponse est simple, mais si l’on y pense, tout ce qu’il y a dans la Bible est écrit dans une logique relationnelle, même si certains contenus du texte s’appuient sur une connaissance inexacte du fonctionnement physique des réalités terrestres (ce n’est pas parce qu’il est écrit en Lév.11,6 que le lièvre est un ruminant que le passage en question ne porte pas son message correctement !).

Si je fais un pas de plus, à propos de tout ce qui concerne le bon fonctionnement des rapports humains, pour que les gens puissent s’entendre et organiser leurs relations dans la société, ce ne sont pas les sciences rationnelles qui dictent la loi, mais bien tout un tas de conventions que chacun est invité à observer, à commencer par la convention sur le sens des mots de la langue qu’on utilise. Bien sûr, les sages de toutes les sociétés tâchent que ces conventions soient raisonnables, mais remarquons-le bien, elles obéissent à des logiques ‘conventionnelles’ plutôt qu’à des logiques strictement ‘rationnelles’ (et sans doute trouvons-nous là ce qui spécifie le bon sens ou la sagesse par rapport à la raison ?).

Interrogez les ‘gens de loi’ qui sont chaque jour confrontés avec l’embrouillamini de conflits à élucider ; bien sûr qu’ils sont contents lorsqu’ils peuvent tomber sur un fait ou un événement bien concret, bien objectivable rationnellement, et sortir ainsi du brouillard des complications affectives. Mais, parfois, la justice rendue sur la base de repères ainsi très objectivés semble proposer une issue injuste car elle ne tient pas compte précisément de cet insaisissable dans les contextes affectifs qui ont alimenté les litiges.

Mais, revenons à nos moutons et considérons l’axe pensée littérale vs pensée symbolique. Ce qui distingue, me semble-t-il, le fonctionnement de l’esprit ‘fondamentaliste, littéraliste’, ‘fermé’ et l’esprit qui parvient à s’ouvrir à une vision plus symbolique, c’est précisément la manière de comprendre les conventions et de s’y conformer.

  • Chez le premier on trouvera une certaine obstination plus ou moins rigide et répétitive à s’en tenir à la matérialité, à la lettre de ce qui est convenu ;
  • chez le second, on trouvera une pensée riche en images et en nuances, capable de faire valoir ce qui est convenu d’une manière créative et personnelle, capable de communiquer du sens avec les mots et les gestes habituels.

A propos de la pensée symbolique, je vous propose d’en retenir, en ce moment, une définition relativement simple et pratique : la pensée symbolique, c’est celle que nous utilisons tout le temps lorsque nous communiquons pour dire (avec des mots, des images, des récits, des gestes, …) l’état de nos relations, notre compréhension des événements ou de notre rapport aux choses et au monde.

Plus notre pensée symbolique est riche en images et en nuances de toutes sortes pour exprimer les choses, plus cette communication sera enrichie humainement parlant. J’ajouterai encore ou je vous rappellerai que, pour être fonctionnels dans la communication, ces symboles doivent être aussi passés par le creuset de la convention, à commencer par la langue utilisée, par les mots utilisés, ou même, si c’est le cas, par les sigles des équations mathématiques (les sciences n’échappent pas non plus à la convention symbolisante lorsqu’il s’agit de communiquer ce qu’on a trouvé dans les recherches).

En réalité, c’est dans ce contexte mental que s’effectue la lecture de la Bible et que s’élabore sa compréhension. Le texte de cette Bible, il est le même pour tous. Toute la question est de pouvoir s’entendre et de communiquer sur le sens que chacun attribue aux différents récits dont il prend connaissance. Ne pourrions-nous pas dire, pour rester dans la perspective d’un continuum,

  • que la compréhension littérale du texte permet déjà de s’entendre sur les mots du récit, même si cela demeure très formel et ne mène pas très loin, …..
  • et que plus la compréhension devient symbolique, plus elle permet de communiquer et de se concerter sur le sens des mots et sur la portée des récits.

Si je prends comme exemple le récit évangélique de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob, je pourrais même suggérer que Jésus lui-même fait passer cette personne d’une compréhension simplement réaliste à une compréhension symbolique de l’eau de ce puits et du type de soif que l’on peut en avoir.

J’ajoute un dernier aspect dont on ne peut pas négliger l’importance : si le sens des images dépend donc des conventions, les conventions, elles, dépendent de leur contexte spatio-temporel, de la culture où elle ont été ‘convenues’. Si l’on s’en tient au contexte européen, nous savons que c’est différent de donner la main ou de faire un baiser sur la joue ou sur la bouche; et encore, les significations de ces gestes ne sont pas tout à fait les mêmes en Belgique, en Hollande, en Suisse ou en Italie ; il y a des nuances et on a vite commis une bévue. Je me souviens d’étudiantes africaines qui, dans les années ’70 à Louvain, s’offusquaient de voir des jeunes amoureux belges s’embrasser en public dans la rue.

Comment discerner l’esprit ouvert et l’esprit fermé dans un contexte culturel différent du sien ? Peut-être pouvons-nous dire que la personne à l’esprit plus fondamentaliste sera plus ritualisée, rigide, répétitive, tandis que la personne à l’esprit plus ouvert, sera davantage libre pour moduler sur les thèmes admis dans son groupe culturel, mais le discernement sera toujours risqué dans un autre contexte.
J’espère que tout ce que je viens d’énoncer vous permet déjà de distinguer entre la manière de voir, de vivre, dans le premier quadrant et dans le 4ème, sur le continuum.

Une troisième nuance que nous pouvons encore relever à ce propos du fonctionnement littéraliste de la lecture de textes religieux, c’est le rôle important joué par le groupe religieux, local ou plus large, auquel on appartient, celui-ci donnant ou imposant sa propre compréhension, ‘coutumière’, des textes religieux. Il est évident que la lecture de la Bible sera différente et plus littéraliste dans une section des Témoins de Jéhovah que dans une Faculté de théologie, on peut le supposer du moins. De même, on peut deviner que la compréhension du Coran sera plus littéraliste dans une école coranique que dans une communauté de soufis. Et ici, normalement, on peut estimer que l’éducation générale d’abord et spécifiquement religieuse ensuite, joue un rôle très important, et que la largeur ou la fermeture d’esprit des éducateurs aura un impact non négligeable. Cette dernière considération nous fera comprendre que l’on peut être personnellement fondamentaliste dans un groupe religieux qui globalement ne l’est pas ; et qu’il y a même moyen de ne pas être fondamentaliste dans un groupe religieux qui globalement est réputé l’être ; mais cette dernière position individuelle sera plus difficile à adopter, car elle sera en même temps non conformiste, ce qui est toujours socialement moins confortable.

Pour achever le tour du schéma de Hutsebaut, je dis un mot encore de la position de l’attitude dans les trois autres quadrants.

2. Deuxième quadrant : fondamentalisme non religieux ou rationnel

Dans le 2e quadrant, on trouve les fondamentalistes non religieux ; ils sont aussi appelés ‘fondamentalistes rationnels’ (rationalistes) car leur raison rationnelle fonctionnant dans un esprit fermé exclut tout à fait l’existence d’un transcendant, en s’appuyant uniquement sur la simple évidence empirique (Gagarine n’avait pas vu Dieu derrière la lune avait proclamé la Pravda au début des années 1960 !).

Cet esprit fermé qui les caractérise ne peut pas envisager une compréhension de la réalité autre que celle, littérale, qui les leur fait appeler un chat un chat et pas autre chose. Donc, l’apport des religions sera considéré par eux comme pure fantaisie et discours irrationnel ; et la réalité des choses, y compris dans le champ relationnel serait considérée surtout au premier degré. Je dis ‘serait’, car la position extrême relèverait d’une pathologie de la pensée que l’on rencontre chez certains psychotiques. Donc relativisons ici aussi : il y a des gens plutôt littéralistes ou rationalistes chez les incroyants ; mais ils restent généralement bien portants mentalement.

3. Troisième quadrant : non fondamentalisme agnostique

Dans le 3e quadrant se trouvent les non croyants dont la pensée fonctionne symboliquement. Ils excluent plutôt l’existence du transcendant, mais sont ouverts à une pensée symbolique sur le sens de la vie, sur la qualité des relations humaines et sur le sens relatif des conventions qui permettent aux relations sociales de fonctionner. Leur position religieuse sera d’ailleurs plus souvent celle de l’agnostique.

4. Quatrième quadrant : non fondamentalisme religieux

Enfin, le 4e quadrant, que j’ai déjà évoqué, est celui où l’on rencontre des personnes à la pensée symbolique qui se considèrent comme croyantes. Celles-ci se présentent rarement comme des moutons qui bêlent automatiquement sur la même rengaine que tout le monde. Leur conviction est personnelle et elles sont conscientes que la foi en Dieu qu’elles vivent s’appuie sur ce que P. Ricoeur appelle une ‘seconde naïveté’. Cela signifie que ces personnes ont d’abord fait l’effort d’accueillir le doute sur les croyances de leur enfance, de repenser celles-ci en les soumettant non seulement à l’épreuve de la rationalité, mais aussi à la logique de la ‘relationnalité’, c’est-à-dire en restaurant le sens des discours religieux dans le contexte symbolique qui est le leur.

C’est ce travail de ‘restauration’ qui leur permet précisément de faire le saut de la foi, autrement-dit d’instaurer une vie relationnelle avec un être dont l’existence ne s’impose ni rationnellement, ni empiriquement et en croyant que ce n’est pas déraisonnable. Vous admettrez facilement que cette attitude n’a rien de commun avec celle des gens à la crédulité naïve qui gobent d’autant plus facilement les boniments du télé-évangéliste qui prêche à la TV, qu’ils sont eux-mêmes ignorants des éléments de la religion dont celui-ci offre une publicité bruyante et colorée.


J’espère que ce petit panorama que je viens de dessiner à partir du schéma de Dirk Hutsebaut vous permet de situer maintenant l’attitude fondamentaliste non pas comme un préjugé classificatoire, mais comme une attitude inspirée par une pensée littérale qui peut elle-même se présenter dans des positions très diverses, dans la foi religieuse ou dans la non-foi rationnelle. Mais le panorama complet montre aussi la possibilité de développer, sur la même scène des conditions de la vie et avec les mêmes archives des traditions religieuses, une autre gamme d’attitudes de foi ou de non foi inspirée par une pensée qu’on appelle ‘post-critique’ et qui a fait le travail de s’ouvrir plus consciemment à la dimension symbolique de la communication humaine.

Conclusion

En guise de conclusion, je vais dire encore un mot sur ce qui peut fixer certaines personnes plus que d’autres dans des positions fondamentalistes rigides, à l’esprit vraiment fermé. J’ai déjà évoqué au passage certains éléments.

  • Par exemple, une éducation trop élémentaire ou elle-même trop rigide ou autoritaire ; généralement celle-ci ne donne pas les outils intellectuels et affectifs qui permettraient de saisir les nuances et les richesses des moyens dont nous disposons pour communiquer ; une telle éducation donne des gens qui sont incapables de décoller un peu du seul plancher des vaches, de la matérialité de leurs besoins et de ce qui les entoure, autrement-dit de symboliser et d’accéder à la signification de réalités qui nous transcendent en ce monde et au-delà de ce monde. Ils demeurent ‘hétéronomes’.

  • Par exemple aussi, un environnement social et religieux qui ne permet pas à chacun de développer une pensée personnelle et critique sur l’objet de ses croyances et qui ‘oblige’ chacun à se cantonner, d’une façon également hétéronome, dans une interprétation trop étriquée et littérale de ce qu’il faut croire pour être reconnu comme un membre fidèle de son Eglise, pour ne pas être considéré comme un marginal ou un original.

  • Enfin, certains psychologues cliniciens ont également posé la question d’une pathologie. Ils ont remarqué, dans le cadre des thérapies, que les gens qui ont l’esprit rigide, fermé, résistant au changement, sont souvent des gens trop soucieux de bien faire ; ils sont craintifs d’être pris en défaut, perfectionnistes, facilement scrupuleux ; ils ont besoin de savoir ce qui est vrai et ce qui n’est pas vrai ; ils ont besoin que tous les repères de la vie quotidienne restent bien les mêmes ; tout ce qui change, tout ce qui est nouveau devient pour eux source d’angoisse. Psychologiquement, ce sont des personnes qui ont des problèmes identitaires avec les règles sociales et qui vivent mal leur culpabilité. Elles ne savent pas distinguer entre l’idéal et la réalité, entre des grosses fautes et des peccadilles. Et elles se croient tout de suite jugées sévèrement. Si elles sont religieuses, Dieu se prête fort bien à jouer le rôle du juge suprême ; il agit au coup par coup et à tous les coups. C’est tout le temps le jugement dernier…et donc aussi la fin du monde. Il faut beaucoup prier pour ne pas aller en enfer. On se préoccupe aussi de tout le mal qui se fait dans l’entourage et dans la société contemporaine, et on prend peur car des cataclysmes vont certainement venir confirmer la punition ; et ceux qui surviennent sont des punitions.

    Ces personnes souffrent, bien évidemment, c’est une pathologie, une névrose dont nous laisserons le diagnostic aux psychologues et aux psychiatres. Mais nous pouvons comprendre facilement que si de telles personnes rencontrent la proposition de vivre dans un contexte que nous appellerons fondamentaliste, cette proposition sera vécue par elles comme une bénédiction ; elles l’accueilleront, en effet, comme un lieu de vérité, de sécurité, le lieu où le Bien a vaincu le Mal. Un lieu où l’on reçoit ses repères en même temps que le moyen de se réhabiliter lorsqu’on a péché. Même si, dans ce cas, on est très intelligent, on préférera la lecture littéraliste des dix commandements de Dieu à des commentaires qui offriraient un peu trop de nuances.

    Bien sûr, de telles pathologies existent, mais elles ne sont certainement pas le fait de toutes les personnes qui se trouveraient dans le 1er quadrant de Hutsebaut. Je peux même dire avec beaucoup de certitude que ce ne sont probablement pas de telles personnes qui vont fonder un groupe fondamentaliste ; elles n’auraient probablement pas la force psychologique d’en prendre l’initiative. Les autres sources de l’attitude fondamentaliste que j’ai citées avant sont certainement plus souvent à l’œuvre dans la fondation ou le maintien de tels ensembles sociaux.


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20:42 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

08/02/2008

Travail sur soi et recherche spirituelle.

De plus en plus de femmes et d’hommes, à la suite le plus souvent d’un événement déclencheur, vont s’engager dans un travail sur soi et souvent aussi dans une recherche pour approfondir leur spiritualité ou pour se réconcilier avec la dimension spirituelle qu’ils pressentent (ou qu’ils ont négligée) dans leur être.

Le support déclencheur sera la plupart du temps lié à un incident, à un événement qui provoque une crise, qui déstabilise ou bouleverse une quiétude, un équilibre acquis. Il peut s’agir de l’irruption d’une maladie, d’une rupture conjugale, de la perte d’un être proche, d’un accident, ou plus simplement d’une lecture ou d’une rencontre structurante avec une personne perçue comme porteuse de sagesse ou d’enseignement.

Ce sera l’impact de cet événement qui va s’inscrire comme une expérience intime d’éveil, jouer le rôle de révélateur pour pousser à entreprendre une démarche de travail sur soi qui peut se limiter à la dimension psychologique et relationnelle ou s’orienter et se diriger vers une dimension spirituelle. Cette dimension pouvant se s’ouvrir et se vivre au-delà d’une sensibilisation et d’une initiation à la possibilité d’un engagement de vie durable.

Les démarches fondées sur un travail sur soi, qui ont, au départ des motivations multiples et propres à chacun, peuvent entraîner une remise en cause des choix concernant la vie intime, sociale ou professionnelle. Elles peuvent susciter le dépassement d’une difficulté relationnelle perçue comme invalidante ou paralysante, provoquer la prise de conscience d’un manque, d’une mauvaise utilisation de ses ressources, faire prendre conscience des conduites d’auto-sabotage, inviter à sortir d’une dépendance, d’une addiction et peut être aussi donner accès à la dimension du divin, à la réconciliation avec une croyance religieuse qui sera alors vécue comme un choix plus conscient et permettre un engagement plus profond.

Trois grandes pistes s’offrent aujourd’hui à ces personnes en recherche d’elles mêmes :

• commencer une démarche de type psychothérapeutique (nettoyage de la tuyauterie relationnelle liée au passé, réactualisation des liens significatifs, confrontation avec des blessures passées, des situations inachevées etc.) ;

• envisager un travail de sensibilisation et de formation aux relations humaines sans avoir besoin d’un prétexte professionnel, pour s’y engager ;

• ouverture et engagement de re-centration vers une démarche spirituelle.

Chacune de ses démarches n’est pas aussi cloisonnée qu’on pourrait l’imaginer. Si nous acceptons d’entendre que les 5 points cardinaux relationnel de tout être humain sont d’une part en direction du passé (enfance, famille), du présent (actualité et vécu immédiat), du futur (projection dans l’avenir) et d’autre part vers l’intérieur (relation à soi) et au-dessus (relation au divin), nous allons voir qu’il y a beaucoup de points de passage et d’accord entre chacun de ces points pour donner cohérence et unité à toute personne en recherche.

1 ¬ Ancrage au passé (relations significatives en amont de sa vie avec ses ascendants et les personnages significatifs de l’enfance, de son histoire familiale et impact des situations inachevées.

2 ¬ Ancrage au présent : (relations amicales, amoureuses, conjugales, professionnelles, sociales au quotidien avec leur lot de satisfactions et d’insatisfactions).

3 ¬ Ancrage au futur (relations aux enfants, engagements de vie familiaux, sociaux, professionnels.

4 ¬ Ancrage à soi-même avec la femme ou l’homme que nous sommes devenus (relations à soi même, dépassement des auto sabotages, des conduites répétitives, estime et amour de soi, doutes, non-confiance…).

5 ¬ Ancrage au divin (reliance ou accord avec une entité perçue comme divine, ou avec un enseignement, ou avec une personne choisie comme maître, guide…).

Pour ma part, je ne peux dissocier travail sur soi (dans une direction prioritaire à un moment donné) et recherche spirituelle, débouchant sur une meilleure acceptation, et une réconciliation avec le divin qui est en chacun. Que l’on place le divin au –dessus, ou en chacun de nous, il est important de pouvoir le reconnaître, le respecter et mieux l’intégrer dans sa vie.

Jacques Salomé.

20:28 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

13/01/2008

ON NE SAIT RIEN SANS APPRENDRE.

La liberté, il faut l'apprendre, la dégager de ses ambiguïtés toujours renaissantes. Les hommes libres sont des êtres en incessant travail de libération pour devenir eux-mêmes, des êtres pour qui la liberté va s'identifier avec la contrainte du meilleur. La justice et la paix, elles aussi, sont des réalités en " à venir " ; elles sont une conquête incessante sur l'égoïsme ou la peur de l'autre.


De même, sait-on jamais ce que c'est que l'amour, jusqu'où il nous mènera, jusqu'à quel point il nous sort de nous-même, quel " plus " il va réclamer ? Comme le chante un poète : " Y a-t-il un seul amour qui n'ait besoin d'amour ? "…

Mais, à un certain moment, cette lune de miel prend fin et chacun doit faire son deuil d'un partenaire idéal répondant à toutes les demandes…
Mais on ne peut tout attendre de l'autre ; elle ou il  est limité, et moi, je ne suis pas dispensé d'exister, d'être, même si j'attends d'elle ou de lui qu'il m'amène un " plus-être "…

On s'aime les yeux grands ouverts, avec lucidité sur les pauvretés, les manques réciproques, mais en sachant aussi que l'amour, s'il n'abolira jamais la différence, ne cessera pas de chercher la communion et de combler l'espace qui sépare ces deux êtres…

18:22 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PSYCHOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |