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30/07/2005

Lettre ouverte à Mgr Marc Ouellet, archevêque de Québec.

L’Église ne doit pas devenir un vulgaire lobby de droite
« Nous sommes devenus un objet de risée et nous le refusons »





Monsieur Le Cardinal,

Depuis votre nomination comme archevêque de Québec, plusieurs de vos prises de position, répercutées par les médias, nous indisposent. Elles donnent en effet à notre Église un visage que nous refusons. Membres à part entière et de plein droit de l’Église catholique qui est au Québec, nous jugeons nécessaire d’intervenir publiquement pour manifester notre désaccord avec le modèle ecclésial que vous mettez de l’avant. Nous le faisons sur la base du « sens de la foi » que nous confère notre baptême.

Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, c’est d’abord celui que vous incarniez déjà lors de la pompeuse célébration d’inauguration de votre cardinalat (diffusée sur les ondes du RDI en novembre 2003). Vous dressiez alors, dans votre homélie, un portrait excessivement noir de la situation actuelle du Québec. De tels propos – que vous avez repris à maintes occasions – offrent le visage d’une Église qui se pose « en surplomb » d’un monde qu’elle réduit, dans son discours, à un champ de décadence. Bien que conscients des nombreux défis auxquels doit faire face notre nation, il nous apparaît partial de dénoncer ainsi les limites de la société présente, sans reconnaître du même souffle ce qu’il y a de bon, de juste, de vrai et de typiquement évangélique en elle. Cette lecture sans nuances de la réalité entretient le fossé d’incompréhension et d’indifférence entre l’Église et une part sans cesse grandissante de nos concitoyens. À titre de croyants, nous rejetons ce ton condescendant et pessimiste qui n’est ni celui de l’épiscopat québécois ni celui de la majorité des chrétiens d’ici. Nous voulons plutôt une Église capable d’interpeller notre collectivité avec humilité et bienveillance, tout en se reconnaissant solidaire et partie prenante de la commune recherche de voies d’avenir, une Église qui se compromet pour les droits de la personne, comme vous l’avez fait – à la suite de l’Église Unie – dans le dossier de Mohamed Cherfi.

Une véritable vision de l’école
Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, c’est aussi celui que vous incarnez par vos multiples déclarations sur la religion à l’école (entre autres dans votre lettre pastorale sur la formation à la vie chrétienne). Votre obstination à promouvoir le renouvellement des clauses dérogatoires – qui maintiennent indûment des privilèges scolaires pour les catholiques et les protestants – relève de l’aveuglement. Vous pourriez vous associer aux acteurs les plus éclairés de notre société qui, au nom d’une laïcité ouverte, recommandent l’implantation d’un programme novateur d’éducation à la citoyenneté, à l’éthique et aux religions tenant compte de nos racines chrétiennes, tout en rassemblant les jeunes de toutes convictions au sein d’une école publique commune. Au contraire, en défendant le statu quo, vous vous faites le porte-parole de la frange la plus conservatrice du catholicisme d’ici. Si nous considérons l’évolution récente du dossier confessionnel et le pluralisme irréversible de notre société, votre position ne peut conduire qu’à l’impasse. Comme le soulignait dernièrement Michel Venne dans Le Devoir, vous risquez ainsi de devenir complice de la disparition, à brève échéance, de toute référence à la dimension religieuse dans notre cursus scolaire. À titre de croyants, nous rejetons ce type d’Église qui, pour défendre ses droits acquis, se campe dans des combats d’arrière-garde. Nous voulons plutôt une Église soucieuse du bien commun et capable de contribuer, avec vision et générosité, à l’évolution et à la cohésion sociale du Québec.

Condamner l’homophobie et le sexisme
Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, c’est également celui que vous incarnez dans votre lettre intitulée « Mariage et société », publiée en janvier dernier. Vous vous y opposez au projet de loi du Gouvernement fédéral sur la redéfinition du mariage civil – projet pourtant issu de l’avis positif de la Cour suprême du Canada et fondé sur la Charte des droits et libertés. Votre zèle intempestif, sur cet enjeu, « heurte le sens moral et la sensibilité religieuse d’un grand nombre de citoyennes et de citoyens, catholiques ou non catholiques ». En effet, le respect des droits des minorités, la promotion d’une société ouverte et tolérante ainsi que la recherche de la justice et de l’égalité – sans égard au sexe, aux origines, aux croyances et à l’orientation sexuelle des personnes – sont, pour nous, des valeurs fondamentales qui trouvent leurs racines dans l’Évangile. Nous sommes donc scandalisés par cette croisade que vous menez contre l’élargissement de la définition du mariage civil. À titre de croyants, nous rejetons ce type d’Église qui s’associe, sans la moindre pudeur, au programme réactionnaire du Parti conservateur du Canada et aux plus activistes factions de la droite religieuse étatsunienne. Nous voulons plutôt une Église qui ne manque pas une occasion de condamner – d’abord en son propre sein – l’homophobie, le sexisme et la xénophobie sous toutes leurs formes. Nous représentons un visage du catholicisme qui veut cesser d’entretenir l’ostracisme à l’égard des personnes homosexuelles et surtout soutenir, au lieu d’accabler, les jeunes qui se découvrent de cette orientation affective. Nous voulons une Église qui leur offre – ainsi qu’à leurs proches – une authentique sollicitude, au lieu des condamnations cruelles qui attisent la violence et le mépris.

Diversité et liberté dans l’Église
Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, enfin, c’est celui que vous incarnez dans votre dernière lettre pastorale sur la pratique du sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Contre une opinion largement partagée, vous mettez fin aux célébrations avec absolution collective qui s’étaient développées dans votre diocèse. Ces dernières avaient redonné pertinence et signification à un sacrement depuis longtemps déserté par une majorité. Cette décision – prise pour vous conformer à un diktat de Rome – est reçue, par nombre de vos prêtres et de vos fidèles, comme un recul et un coup de force. Nous espérons que de nombreuses communautés chrétiennes, après avoir procédé à leur propre discernement, décideront de passer outre à cette directive romaine et poursuivront, avec liberté et courage, les expériences fécondes de renouvellement pastoral dont elles sont les riches détentrices. À titre de croyants, nous rejetons ce type d’Église où les communautés chrétiennes doivent se soumettre servilement aux décrets brutaux d’une administration centrale, exactement à la manière des succursales de Wal-Mart par rapport au siège social de la multinationale. Nous refusons ce centralisme et ce fonctionnement unilatéral qui dénaturent le ministère des évêques tel qu’il a été défini au dernier concile. Nous croyons en une catholicité qui, loin d’annihiler la légitime diversité et la capacité d’initiative des Églises locales, en fait plutôt la promotion, conformément à une vision dynamique et vivante de la communion ecclésiale.

Bref, à titre de catholiques québécois, nous disons non à une Église qui s’abaisse au niveau d’un vulgaire lobby de droite en s’associant publiquement aux positions les plus réactionnaires et les plus conservatrices de notre société. Comme le disait Fernand Dumont « nous sommes devenus un objet de risée » et nous le refusons. Ce catholicisme de la citadelle assiégée est une trahison de Vatican II, de la Commission Dumont et des synodes tenus dans de nombreux diocèses du Québec au cours des récentes années. Sachez que les baptisés que nous sommes ne laisseront pas le catholicisme québécois se faire kidnapper par l’intégrisme.
Bruno LEROY. ( un des signataires ).

10:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans COUPS DE GUEULE. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

27/07/2005

THÉOLOGIE DE LIBÉRATION POPULAIRE.

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La Théologie Populaire est surtout une théologie orale. C'est une théologie parlée. L'écrit y opère seulement soit comme une fonction du dialogue de la Foi ( élaboration d'un projet général ), soit comme résidu, c'est-à-dire comme moisson de ce qui a été discuté et que l'on peut conserver. D'un autre côté, cette théologie populaire est plus qu'orale : elle est sacramentelle ; elle se réalise par gestes et par symboles. Par exemple, le " peuple de la base " représente habituellement le capitalisme sous forme d'un arbre chargé de fruits pourris et poussant des racines vénéneuses. Elle met en scène des passages de l'Évangile en les actualisant.

Elle est le cri articulé des opprimés, nouveaux " barbares " qui font pression aux frontières de l'empire opulent des nations centrales, pour réclamer leur dû : humanité, solidarité et possibilité de vivre dignement et en paix ; un tel objectif ne peut être atteint aujourd'hui qu'au terme d'un coûteux processus de Libération, auquel la Foi chrétienne veut offrir sa contribution. Tous ceux, du moins qui ont encore gardé un minimum d'humanité, sont concernés par l'existence de millions et de millions de pauvres, par les questions de justice internationale, par le destin à venir des " damnés " de la terre.

La Théologie de libération populaire prouve qu'elle est contemporaine de l'histoire présente ; loin de se refermer dans une splendide solitude théorique, elle descend aux confins de la Vie, là où se jouent les destinées humaines ; elle cherche à assumer la cause des derniers, sans craindre la déchirure des conflits ; elle s'efforce de leur garantir une vie dotée d'un minimum de dignité.

Dans tout cela règne une pensée religieuse, et se manifeste toute une théologie. Il est évident, qu'elle ne se donne pas à elle-même ce nom-là. Elle n'en a d'ailleurs pas besoin, car il s'agit d'une théologie anonyme et collective avec sa vigueur et sa vérité. Elle pense la praxis concrètement, les problèmes réels de l'existence et de la communauté de foi, et non plus seulement les thèmes déjà consacrés par la tradition théologique. Voilà pourquoi elle doit être dynamique, et se refuser à des synthèses immatures ou à des systématisations artificielles.

Serait-elle une théologie critique ? Oui, parce qu'elle est lucide et prophétique ; mais critique dans le sens non académique mais réel du terme, car elle prend conscience des causes et propose des moyens pour y remédier. Et, bien souvent, on doit reconnaître qu'elle dépasse de loin le soi-disant esprit critique des docteurs qui savent compter tous les poils de la queue du monstre, mais lui ont pourtant jamais vu la tête. Le théologien de la libération n'est pas un intellectuel de cabinet. C'est avant tout un intellectuel organique, un théologien militant, qui tient sa place dans le cheminement du peuple de Dieu. S'il possède un pied dans un centre de réflexion, il en garde un autre dans la Vie de la communauté, et c'est, du reste, le pied droit.

Bruno LEROY.

11:58 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SOCIOLOGIE. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

SI TU ES AU SERVICE DES JEUNES...


Essaie de dire bonjour et de sourire à chaque jeune que tu rencontreras. Tu ouvriras ainsi la porte au dialogue et à l’amitié. Sème la joie et les jeunes se rassembleront autour de toi.
Essaie de te méfier des idées toutes faites sur les jeunes. Tu découvriras ainsi leurs côtés positifs. Surtout ne dis jamais contre les jeunes des paroles que tu n’oserais écrire ou signer.
Essaie de donner à chaque jeune la chance de s’exprimer. Tu comprendras davantage ce qui l’habite et ce à quoi il aspire.
Essaie de t’intéresser aux jeunes que tu côtoies, fais-leur confiance, encourage-les et confie-leur des responsabilités. Tu grandiras à leurs yeux et tu deviendras pour eux un ami.
Essaie de prendre le temps de regarder l’être avant l’avoir, le jeune avant le projet, l’étudiant avant la matière. Tu pourras ainsi faire grandir la vie.
Essaie d’être vrai auprès des jeunes. Tu pourras ainsi créer des liens plus durables. Sois « correct » avec eux. Admets tes erreurs avec simplicité et souligne leurs bons côtés.
Essaie de comprendre les jeunes avant de les juger. Tu verras, ils sont plus merveilleux que tu ne l’aurais pensé. Ils t’apprendront qu’au fond de leur cœur habite un immense besoin d’amour et d’absolu.
Essaie de ne pas faire la sourde oreille aux propos des jeunes. Prends le temps de les écouter et utilise leur langage pour te mettre sur la même longeur d’onde.
Essaie de rejoindre les jeunes dans leurs lieux de rencontres, de marcher avec eux. Petit à petit, ils se révéleront à toi et tu deviendras un confident. Toutefois, demeure toi-même.
Essaie de retenir le prénom des jeunes que tu rencontres. Tu démontreras ainsi que les jeunes sont importants à tes yeux et que tu les aimes.

Bruno LEROY.

11:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PENSÉES PERSONNELLES | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

THÉOLOGIE DE LA LIBERTÉ AU REGARD DE L'ÉDUCATION.

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La liberté en tant que moyen pédagogique ou thérapeutique, est la somme des permissions accordées par l'entourage ; la liberté en tant que but, est un état que l'on réalise à l'intérieur de soi-même et qui correspond à l'épanouissement de la personne tout entière par un développement harmonieux de toutes ses facultés. Il est aisé de comprendre que les permissions, données judicieusement, favorisent un exercice naturel des facultés et par suite leur développement. C'est dans un climat ouvert et confiant que l'être peut s'épanouir. Assurément, il est des permissions qui n'engagent guère la responsabilité de ceux à qui elles sont accordées : on peut ainsi permettre de lire un livre, de faire une excursion, d'assister à un spectacle. L'éducateur en conserve toujours la responsabilité ; ce sont des permissions limitées à une circonstance : on pourrait dire que ce sont des levées d'interdiction et rien de plus. La vraie permission est celle qui donne le droit de choisir, et peut-être même qui met l'individu en demeure de faire un choix : ce n'est plus simplement une sorte de cadeau qu'on accorde à l'adolescent parce qu'il a été bien sage ou parce qu'on a envie de lui faire plaisir : c'est une initiative qu'on lui laisse et par conséquent une responsabilité dont on le charge.

La liberté ainsi comprise n'est donc pas chose facile !

Au fur et à mesure qu'elle s'affirme et se précise, elle se rapproche du but, elle se confond de plus en plus avec lui, sans cesser pour autant d'être un moyen de s'en rapprocher davantage. Plus le moyen se perfectionne, plus il participe au but qui, par principe est supposé parfait. De même que selon la sagesse populaire, " c'est en forgeant qu'on devient forgeron ", c'est en étant libre qu'on apprend à être libre. L'expérience nous apprend que les circonstances dans lesquelles on n'a aucune décision à prendre sont celles qui entraînent le moins de dépense nerveuse. Beaucoup d'hommes ont été amenés à constater que le temps du service militaire avait constitué pour eux une détente dans la mesure où ils se sentaient pris en charge par l'armée et délivrés du souci d'agir par eux-mêmes et de s'occuper de leurs propres intérêts.

C'est la Liberté intérieure qui est le but de l'éducation, parce qu'elle correspond à la santé psychique, au bien-être moral, à un accord de soi avec soi-même. Elle seule répond vraiment à l'aspiration profonde et naturelle de l'homme, toujours en quête de son unité. Nous ne la concevons d'ailleurs pas comme quelque chose de fermé, qui n'aurait aucun rapport avec le monde extérieur, car un tel isolement ferait de l'individu un être incomplet qui, à vrai dire, n'aurait aucune raison d'être, non plus que sa belle liberté dont il n'aurait désormais que faire. Pour que celle-ci ait quelque valeur, il faut au contraire qu'elle soit une réponse au monde extérieur et non une jouissance purement personnelle que les contacts du dehors seraient destinés à ternir. Elle doit nous mettre à l'unisson de la Vie et non nous en retrancher. Comment pourrions-nous être vraiment d'accord avec nous-mêmes en commençant par nous amputer de toutes nos tendances sociales et de notre besoin d'agir ? Loin d'être marquée par l'épanouissement de nos facultés, cette pseudo-liberté correspondrait à une atrophie de notre personnalité. En fait, la liberté, en tant que but de l'évolution humaine, réclame de l'individu deux conditions préliminaires : un accroissement du sens de la Réalité et un accroissement des forces qui permettent d'affronter cette dernière.

La première de ces conditions implique tout d'abord que l'individu ait l'intelligence de ses actes, c'est-à-dire qu'il soit capable de prévoir et de mesurer leurs conséquences. Or, la possibilité de se diriger soi-même comme il faut est un des attributs essentiels de la liberté ; on dit d'un homme qui évolue avec aisance au milieu des obstacles qu'il a une grande liberté de mouvements et cela, non parce qu'il ignore les obstacles, mais parce qu'il sait en tenir compte.

La réalité qu'il faut connaître n'est pas seulement matérielle : elle est aussi psychologique ; il faut se connaître, soi, et connaître les autres, car rien ne peut rendre plus dépendant que l'ignorance des vrais mobiles qui animent les individus. C'est en découvrant le déterminisme physique et en utilisant ses données que l'homme est parvenu à se délivrer de nombreuses servitudes que la Nature lui imposait. De même, la connaissance des déterminismes psychologiques est la seule chance que nous possédions de nous délivrer de leur implacabilité. Il faut avoir conscience de l'interdépendance des êtres, des choses et des actions pour ne pas en être le jouet. Plus notre route sera éclairée, plus il nous sera loisible de choisir notre direction.

La seconde condition de la liberté réside dans l'accroissement de nos forces. Savoir choisir ce qui va dans le sens de sa nature, de son rôle et de sa destinée constitue donc une qualité qui fait partie des conditions de la liberté humaine. Cette faculté de discrimination permet à l'individu de trouver tout de suite un chemin qu'il ne regrettera pas d'avoir pris et qu'il pourra par conséquent suivre d'un bout à l'autre sans se sentir contraint. Les regrets sont en effet des boulets que nous traînons à nos pieds comme un signe de servitude, c'est-à-dire des contradictions qui nous enchaînent.

Pour être libre, il faut que l'homme soit fort, et pour être fort, il faut qu'il soit cohérent sans que cela lui coûte. A ce moment, ses instincts et ses impulsions ne sauraient plus lui faire peur ni par conséquent attenter à sa liberté. Il ne se croira donc pas obligé de les nier ou de les ignorer : il n'aura pas besoin de réclamer des garde-fous, de s'inventer des barrières artificielles. Plus on est fort, moins on a besoin de fortifications. La liberté véritable n'est pas immobilité, mais aisance. Celui qui est vraiment libre dispose de la plénitude de ses facultés parce qu'il peut penser et agir sans éprouver toujours le sentiment qu'il désobéit à une puissance invisible, prête à le rappeler à l'ordre. Il pense, il sent, il juge et il agit librement ; c'est-à-dire en pleine connaissance de cause, sans être retenu ou paralysé par des motifs confus ou inavoués. Son comportement est conforme à son jugement qui est conforme à sa pensée, elle même conforme à ses sentiments.

L'individu libre a droit à se libérer des contraintes étrangères qu'il estime inacceptables ; mais si, par hasard, il se trouve d'un coup débarrassé de ces contraintes sans avoir atteint l'autonomie et la maturité nécessaires, il apparaît comme un petit enfant à qui l'on a donné un jouet magnifique et compliqué, dont il est incapable de se servir. Il possède alors en effet une Liberté sans but et sans raison d'être, qui ne l'empêche pas de souffrir sourdement de sentiments de dépendance, d'autant plus difficiles à supporter qu'il ne peut même pas discerner leur cause exacte ni par conséquent donner un objet à sa révolte.

Il est évident que l'éducateur, en tant que tel, ne peut prétendre modifier directement les conditions que rencontrera l'adolescent dans sa vie d'adulte. Le seul but qu'il puisse s'assigner, c'est la formation du jeune lui-même et par conséquent, sa liberté, dans la mesure où, celle-ci devient synonyme de maturité et correspond au développement équilibré de toutes ses potentialités. Je me suis efforcé, alors que le mot " liberté " demeure confusionnel, de ramener le débat, d'une part à une technique éducative, d'autre part à un problème plus vaste qui touche au sens même de l'éducation et, peut-être un peu, de la Vie. Disons même que c'est à partir du moment où nous avons conquis cette liberté qu'il nous devient possible de faire vraiment quelque chose de notre existence. L'adolescent doit devenir cet adulte qui assume sa propre destinée, celui à qui revient la responsabilité de ses actes et qui doit subir leurs conséquences dont personne ne cherche plus à le préserver. Une telle adaptation de soi à soi-même, si elle répond à la définition de la liberté humaine, répond aussi à la définition sans doute plus valable du Bonheur.

Bruno LEROY.

Éducateur de Rue.

10:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SCIENCES HUMAINES | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

25/07/2005

GUY GILBERT COMBATTANT DE L'AMOUR.

Il est difficile de parler des êtres qui ont marqués votre vie au point de la transformer radicalement. GUY GILBERT fait partie de ces prophètes de l'Amour qui vous injectent le virus sans le savoir.

Ma vie a connue des périodes très difficiles, notamment une succession de décès qui m'avaient profondément déstabilisé. Mais DIEU veille toujours mystérieusement sur ses créatures dépressives et qui cherchent une solution ou un refuge.

C'est à cette période dramatique que je fis la rencontre salvatrice avec le Père GUY GILBERT et peut-être ne s'en souvient-il plus lui-même, rencontrant tant d'âmes blessées.

Suite à cet entretien dynamisant avec lui, mon existence s'est métamorphosée en profondeur.

Étant éducateur de rue auprès de jeunes en difficulté, il fut longtemps mon inspirateur spirituel, voire le guide de mes pensées et surtout de ma Foi, qui m'empêchait de baisser les bras comme l'eût fait le commun des mortels.

En fait, sa présence constamment présente en mon cœur m'a fait découvrir le vrai visage de Dieu. GUY GILBERT est un homme qui Témoigne essentiellement par sa cohérence ainsi que sa Force évangélique et son contact devient contagieux pour qui sait observer.

Je tiens simplement à remercier ce prêtre habité par l'Esprit-Saint et qui demeurera à jamais mon guide de Vie Spirituelle. Puisse-t-il être le vôtre afin que vous deveniez également des militants de l'Amour et de l'Espérance. Notre monde en a tellement besoin qu'il en crève !

Certes, nous sommes apôtres du Christ et c'est Lui que nous aimons prioritairement. Cependant, Il nous envoie des Témoins pour nous donner la dimension de son Amour mais aussi pour qu'ils soient nos modèles de Vie.
Bruno LEROY.

20:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans TÉMOINS DE CE TEMPS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

L'ÉDUCATEUR ET LA FOI.

L'éducateur connait le centre, mais il adopte le point de vue de celui qui est à la lisière de la société et de l'Église : le plus pauvre. L'éducateur conteste la société dans ce qu'elle a d'injuste, l'institution dans ce qu'elle a d'oppressant.Et quand il s'agit de défendre les jeunes et de faire valoir leur point de vue,il devient un résistant.Quand il s'agit de leur bien,il part au combat.L'éducateur dérange toujours un peu ce qui est trop confortablement "établi".Bruno LEROY selon la spiritualité de Don Bosco.

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16:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

15/07/2005

Vacances de Lumière...

Chers Amis ( es ), je tiens à vous prévenir de mon départ en Vacances pour me ressourcer dans le Divin temple de la Nature. Des activités multiples sont prévues dans mes imprévus. Je hais particulièrement les habitudes stériles. Je pars pour mieux me retrouver dans la conscience des êtres. Peu importe l'endroit. Les moindres gestes que nous effectuons résonnent sur le monde lorsqu'ils sont vécus dans l'intensité de l'Amour. Être présent à Soi et aux autres. Si vous ne prenez pas de Vacances, prenez du repos et du recul pour entrer dans votre quintessence intérieure. On n'échappe jamais à soi-même. Alors,vivre en bon commerce avec son åme et autrui demeure la solution saine. Vivons dans le silence de la Lumière pour nous refaire sans cesse. Excellentes Vacances de Lumière pour chercher le mystère de votre propre Vie! Je vous retrouverai avec Joie au mois de Septembre. Bruno LEROY.

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10/07/2005

LETTRE DE BRUNO LEROY A M. JACQUES CHIRAC.

Monsieur le Président de la République,

Copie à:
- Mme le Ministre de la Défense - Michèle Alliot-Marie ;
- M. l'Ambassadeur spécial à la conférence d'examen du Traité de Non-Prolifération - Francois Rivasseau.

La Conférence de révision du Traité de Non-Prolifération Nucléaire s'est ouverte le 2 mai 2005 à New York. Malheureusement, ce traité qui constitue à l'heure actuelle le seul cadre international de lutte contre la prolifération nucléaire, traverse une crise importante : de plus en plus de pays se dotent ou sont en capacité de détenir rapidement l'arme nucléaire ; les puissances nucléaires développent de nouveaux programmes d'armements au lieu de désarmer, conformément aux engagements qu'elles ont pris dans le Traité en son article VI.

Je constate que la France contribue très largement à cette crise : elle s'oppose aux côtés des Etats-Unis à toute idée de désarmement nucléaire, ignore délibérément les décisions prises lors des précédentes conférences de révision du TNP, et viole ouvertement ses engagements à désarmer. En effet :

- La France développe une nouvelle génération de missiles nucléaires plus destructeurs que jamais (programme M51 à l'Ile Longue, Brest)
- La France mène un programme de recherche ("laser Mégajoule", à Bordeaux) qui pourrait ouvrir la voie à la fabrication d'armes nucléaires offensives, ou "mini-nukes".

En outre la France continue à vendre des technologies nucléaires "civiles" qu'elle sait parfaitement convertibles en nucléaire militaire. Aucun pays détenteur, ou potentiellement détenteur de l'arme atomique, n'a pu l'acquérir sans transferts de technologies "civiles" des puissances nucléaires.

En conséquence, je vous demande, Monsieur le Président de la République :

- de confirmer publiquement l'engagement signé en 2000 par la France, comme par les autres puissances nucléaires, d'accomplir sans équivoque "l'élimination totale de leurs arsenaux nucléaires".

- de réviser, conformément à cet engagement, la stratégie nucléaire française en stoppant tout programme de développement de nouvelles armes nucléaires.

- de soutenir l'adoption d'un moratoire immédiat sur la production, le transport et l'utilisation de matières utilisables pour l'armement nucléaire et à reprendre immédiatement les négociations à la Conférence sur le Désarmement de l'ONU pour la création d'un traité complet et vérifiable sur les matières fissiles.

- de soutenir l'adoption d'un moratoire immédiat sur la construction et la mise en oeuvre de nouveaux sites de retraitement et d'enrichissement d'uranium et de plutonium, et de définir un calendrier d'interdiction définitive des processus d'enrichissement de l'uranium et de retraitement nucléaire à des fins civiles et militaires.

- de lancer un véritable débat public sur les enjeux mondiaux de prolifération nucléaire et sur le rôle que la France doit jouer en matière de non prolifération.

Monsieur le Président, vous avez porté haut la voix de la France pour éviter la guerre en Irak. Je vous demande de continuer à œuvrer pour la paix et la sécurité mondiale qui ne pourront voir le jour sans désarmement nucléaire global et total, sous contrôle strict des Nations Unies.

Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération et de ma vigilance pacifiste.
Bruno LEROY.
Éducateur de Rue.

21:50 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

08/07/2005

LES ATTENTATS DE LONDRES.

Bruno LEROY et son équipe condamnent avec la plus grande vigueur les attentats terribles qui ont frappés la population londonienne hier matin. Nous exprimons notre compassion aux victimes et à leurs familles. Le Service Éducatif et Action sociale réitère que rien ne peut, en aucune façon, justifier de tels actes monstrueux et plus généralement quelque acte terroriste que ce soit et où qu'il se produise, visant au surplus des populations civiles. Notre Service espère que les autorités britanniques répondront efficacement à leur obligation de rechercher et juger les auteurs de ces actes, c'est à dire dans le plein respect des prescriptions des obligations internationales opposables en matière de respect des droits de l'Homme. A l'instar du Secrétaire général des Nations Unies, nous rappellons que le respect des droits fondamentaux de la personne humaine est la condition sine qua non de la recevabilité comme de l'efficacité de la lutte antiterroriste et de la prévention de ces actes. BRUNO LEROY.

10:36 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

07/07/2005

L'IMPOSTURE DE LA PSYCHANALYSE.

La psychanalyse mérite doublement le qualificatif d'imposture, premièrement parce qu'elle fait semblant d'avoir découvert des faits qui étaient connus de tout temps et ne pouvaient pas ne pas l'être, et deuxièmement et surtout parce qu'elle s'attribue des fonctions en fait spirituelles et se pose pratiquement en religion.

Il arrive que l'homme commette habituellement et aveuglément des erreurs qui se répètent automatiquement, il le fait parce qu'il porte en lui-même, dans son subconscient, des erreurs à base d'amour-propre ou des traumatismes ; or pour se guérir l'homme doit détecter ces complexes et les traduire en formules claires, il doit donc devenir conscient des erreurs subconscientes et les neutraliser au moyen d'affirmations opposées ; s'il y parvient, ses vertus seront d'autant plus lucides. C'est en ce sens que Lao-Tseu a dit : « Sentir une maladie c'est ne plus l'avoir ».

Ce qui est nouveau dans la psychanalyse et qui en fait la sinistre originalité, c'est le parti pris de réduire tout réflexe ou toute disposition de l'âme à des causes mesquines et d'exclure les facteurs spirituels, d'où la tendance bien notoire de voir de la santé dans ce qui est plat et vulgaire, et de la névrose dans ce qui est noble et profond.

L'homme ne peut échapper ici-bas aux épreuves et aux tentations, la psychanalyse au lieu de lui permettre de tirer le meilleur parti de son déséquilibre naturel et en un sens providentiel - et le meilleur parti est ce qui profite à nos fin dernières - tend au contraire à réduire l'homme à un équilibre amorphe, un peu comme si on voulait éviter à un jeune oiseau les angoisses de l'apprentissage en lui coupant les ailes. Analogiquement parlant, quand un homme s'inquiète d'une inondation et cherche le moyen de lui échapper, la psychanalyse dissoudra l'inquiétude et laissera le patient se noyer ; ou encore, au lieu d'abolir le péché, elle abolira la mauvaise conscience, ce qui permet d'aller sereinement en enfer. Ce n'est pas à dire qu'il n'arrive jamais qu'un psychanalyste découvre et dissolve un complexe dangereux sans pour autant ruiner le patient ; mais c'est du principe qu'il s'agit ici, dont les périls et les erreurs l'emportent sur les avantages aléatoires et les vérités fragmentaires.

Le crime spirituel et social de la psychanalyse est donc d'usurper la place de la religion ou de la sagesse qui est celle de Dieu, et d'éliminer de ses procédés toute considération de nos fins dernières; c'est comme si ne pouvant combattre Dieu, on s'en prenait à l'âme humaine qui lui appartient et lui est destinée, en avilissant l'image divine à défaut du Prototype.

A cause de la moindre dépression causée soit par une ambiance trop trépidante, soit par un genre de vie par trop contraire au bon sens, on court chez le psychiatre dont le travail consistera ou à vous conseiller quelque péché libérateur. On ne semble pas se douter un instant qu'il n' y a qu'un seul équilibre, celui qui nous fixe en notre centre réel et en Dieu.

«Connais-toi toi-même » (Hellénisme) dit la Tradition, et aussi : « Qui connaît son âme, connaît son Seigneur » (Islam). Le modèle traditionnel de ce que devrait être, ou prétend être, la psychanalyse, est la science des vertus et des vices ; la vertu fondamentale est la sincérité, laquelle coïncide avec l'humilité, celui qui plonge dans l'âme la sonde de la vérité et de la rectitude, arrive à détecter les noeuds les plus subtils de l'inconscient. Il est inutile de vouloir guérir l'âme sans guérir l'esprit : ce qui importe donc en premier lieu, c'est de débarrasser l'intelligence des erreurs qui la pervertissent, et de créer ainsi une base en vue du retour de l'âme à l'équilibre, non à n'importe quel équilibre, mais à celui dont elle porte le principe en elle-même.

Pour Saint Bernard, l'âme passionnelle est « chose méprisable » et Maître Eckhart nous enjoint de la « haïr ». Cela signifie que le grand remède à toutes nos misères intérieures est l'objectivité vis-à-vis de nous-mêmes ; or la source, ou le point de départ, de cette objectivité se situe au-delà de nous-mêmes, en Dieu.
Ce qui est en Dieu se mire du même coup en notre propre centre transpersonnel, lequel est le pur Intellect ; c'est dire que la Vérité qui nous sauve fait partie de notre substance la plus intime et la plus réelle. L'erreur ou l'impiété, c'est le refus d'être ce que l'on est.

BRUNO LEROY.

10:53 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SCIENCES HUMAINES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |