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17/10/2010

FAITES VIVRE L'AMOUR ET LA JOIE, SIMPLEMENT...

21/02/2009

"La crise nous lance un message d'alerte"

Pour Bertrand Vergely, philosophe, la crise nous fait quitter un état de mensonge pour revenir à la réalité

«Quand on évoque la crise actuelle, il me semble essentiel de situer la réflexion à son vrai niveau : nous ne vivons pas une crise économique mais une crise spirituelle. Elle témoigne d'un monde qui n'a plus aucune foi, aucune confiance. Le système économique est plongé dans la peur qui le conduit à une course aux profits par tous les moyens. Cette quête folle a consisté à prêter de l'argent aux personnes surendettées, avec l'idée que, si la consommation chutait, la machine allait s'arrêter et le monde courir à la catastrophe. Malheureusement, nos responsables ne réagissent pas sur le mode adéquat. Ils sont eux aussi mus par la peur et non animés par la créativité et l'imagination. D'où des plans d'aide à la consommation (on y revient !) pour relancer cette fameuse machine économique en panne. Il s'agit pour eux avant tout de stimuler, de manière immédiate, la demande ; au passage je remarque que l'usage emploie là un terme issu du vocabulaire de la prière...

Le mot crise trouve sa racine dans la notion de séparation, de discernement. Dès lors que nous pensons le monde, que nous voulons agir sur lui, nous recherchons cette séparation créatrice qui nous libère de la confusion. Considérée ainsi, la crise est un concept positif, dynamique. Je dirais qu'aujourd'hui nous ne sommes plus dans la confusion mais dans un retour au réel que l'on appelle improprement crise. L'euphorie boursière, la spéculation, la hausse vertigineuse de l'immobilier... La bulle financière gonflait et gonflait encore, sans aucune relation avec le réel. Il semble que, depuis quelques mois, on quitte cet état de mensonge pour revenir à la réalité. Si bien que nous sommes davantage en sortie de crise qu'en état de crise !

Bien évidemment, cette sortie se fait au prix d'une grande souffrance qui affecte des personnes qui n'ont rien demandé. Les salariés du secteur automobile, par exemple, payent aujourd'hui la politique de fabrication outrancière de modèles inadaptés comme les 4 × 4 qui nuisent aussi bien à l'environnement qu'à la fluidité de la circulation urbaine. Le constat est lourd mais les remèdes existent et sont à portée de main si nous savons, de manière collective, retrouver des valeurs simples, partagées par beaucoup mais si faciles à mettre de côté. Il s'agit tout simplement, comme le message chrétien nous y invite, à chercher cet état d'équilibre qui respecte toutes les dimensions de l'homme : son rapport à la nature, l'épanouissement de sa personne et son appétit de transcendance.
Cette révolution des consciences n'est pas une affaire individuelle mais bien une aventure globale, à mener dans un même élan. La crise nous lance un message d'alerte, nous enjoint à recouvrer ensemble la raison avant la catastrophe. Je crois que tout le monde est persuadé qu'un système financier où un gamin de 30 ans, employé dans une grande banque, peut perdre six milliards sans que personne autour de lui ne contrôle quoi que ce soit, est impossible à maintenir comme tel. Hegel appelait "l'homme immédiat" cette folie du tout, tout de suite, sans passer par la réflexion et l'échange avec l'autre. Elle met en lumière, par contraste, les vertus de l'Église, comprise comme une construction commune qui promeut l'homme au milieu de ses frères. C'est à plusieurs qu'on invente, qu'on crée, qu'on rêve...

Je ne demande certes pas que l'on supprime la Bourse ou qu'on ferme les marchés, mais que l'on ait le courage de discerner les priorités et, surtout, que l'on ne spécule plus sur la pauvreté des ménages surendettés. Le message tient en deux propositions. D'une part, sortir de la peur et de la paralysie qu'elle engendre ; d'autre part, avoir confiance dans le réel et ne pas s'abîmer dans le virtuel. C'est finalement très simple et permettra, je crois, de nous reconstruire et de préparer l'avenir des générations futures. Cessons de nous comporter comme des gosses de riches qui ont cassé leur jouet ! Revenons à la nature, à l'homme, à Dieu (j'ose le dire même si ce n'est pas toujours très bien vu...) qui comble notre besoin d'ineffable. »

13:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

10/04/2006

L'ART S'ADRESSE-T-IL A TOUS ?

L'opinion affirme souvent que l'oeuvre d'art aurait un sens précis, celui que l'auteur lui a donné et qu'il faut donc la déchiffrer par un effort intellectuel. Mais l'amateur reçoit l'oeuvre à travers son corps et son esprit sans disposer d'un code qui permettrait de la déterminer...

Le problème: si l'oeuvre d'art avait quelque chose à nous dire où serait le code (la langue) qui seul peut assurer la transmission d'une information. Si le dire est vie, changement, mouvement comment une oeuvre figée dans l'espace pourrait-elle épouser le devenir d'un discours?
L'enjeu: énorme, la liberté du créateur et de l'amateur, la spécificité de l'art.

Quelques pistes de réflexion pour articuler 2 parties...

  I. Si dire, c'est vouloir faire participer l'auditeur à un sens déterminé par un concept,  l'oeuvre d'art a-t-elle vraiment quelque chose à nous dire alors que...
a) Il n'y a pas de concept, de règle du beau: c'est la nature (le génie, le don) qui donne la règle de production: si le "dire" exige la maîtrise du discours, l'oeuvre pourra-t-elle transmettre un discours alors qu'elle est une surprise pour l'artiste lui-même?
b) Y a-t-il une langue, un code précis des couleurs ou des sons que l'artiste utiliserait pour être "compris? Le dire exige pourtant un code commun à l'émetteur et au récepteur;
c) L'oeuvre d'art s'adresse à la vue ou à l'ouïe, ou aux deux, par l'intermédiaire du corps: l'amateur joue librement de sa sensibilité et de son pouvoir d'interprétation. Si l'oeuvre d'art disait une chose, pourquoi la satisfaction de jouer, d'exercer librement ses facultés, disparaîtrait-elle?

  II. Si l'oeuvre d'art n'a pas quelque chose à nous dire, n'a-t-elle pas beaucoup à nous faire dire alors que...
a) Que l'oeuvre d'art multiplie les symboles (cf. Apollon de Piombino dans l'ouvrage "Les Chemin de la pensée de J. Russ p. 308, ou café de nuit de Van Gogh, ou danseuses de Degas) cela signifie-t-il qu'elle cherche à nous associer à une création?

b) En provoquant des sentiments par sa forme (ex: malaise devant Guernica de Picasso ou tristesse et résignation devant Femmes d'Alger de Delacroix), cela ne signifie-t-il pas qu'elle nous pousse à les exprimer, à les dire?

c) Chaque fois que l'oeuvre d'art étonne, éblouit, ne devient-elle pas un motif qui suscite l'activité de l'amateur comme s'il devenait créateur lui aussi?

Même si l'art ne dispose pas d'une langue qui permettrait d'emprisonner des significations et de les transmettre, il a beaucoup de choses à nous faire dire dans l'exercice de notre humanité, de notre existence libre. En conséquence, il réunit dans des échanges nombreux, sans jamais exclure au nom du concept, du vrai et du faux. Parole totalement libre sans code, l'oeuvre d'art rassemble.

 Kant: "Critique du jugement "(1ère partie: analytique du beau: en particulier la qualité, la modalité).
H. Arendt: "La condition de l'homme moderne"
Michel Haar: L'oeuvre d'art  (un aperçu dans philolivres)
Delacroix: Femmes d'Alger

Voir les pages sur l'ART dans philagora

09:13 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SPIRITUALITÉ DE LA LIBÉRATION. |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

21/06/2005

L'ART ET LA PSYCHANALYSE.

Par la sublimation, l'artiste réalise ce que ses pulsions inconscientes et sexuelles ( au sens large ) lui dictent, mais ce seulement après " une désexualisation ", afin que l'oeuvre soit au service de tous.

Alors que le patient qui souffre, au sens névrotique, persiste inconsciemment dans la réalisation de ses plaisirs invisibles, l'artiste passe de la rêverie à la réalité. L'artiste authentique désire que l'autre accepte ses fantasmes exprimés dans son œuvre, qu'on admire celle-ci et non lui-même. Le " faux " artiste veut qu'on l'accepte en tant que personne et il s'adapte à son public. Cet aspect relationnel est à mettre en liaison avec le rêve : en effet, si l'œuvre d'art, bien qu'étant aussi l'expression d'un fantasme, est de nature altruiste car elle tend à procurer du plaisir aux autres, a contrario, le rêve, fantasme imagé également, est une formation égoïste et narcissique.

Beaucoup de gens se disent peu ou pas doués, affirment qu'ils sont incapables de réaliser ou même d'apprendre quoi que ce soit dans le domaine artistique, en un mot qu'ils n'ont pas de talent. Or, la psychanalyse a montré qu'il ne s'agit nullement d'une absence de compétence, mais plutôt d'une sorte d'inhibition d'origine psychique. Les analyses de certains patients qui se jugeaient peu doués pour une discipline donnée ont montré que celle-ci était liée inconsciemment à des composantes d'une sexualité infantile réprimée, et que, en fin de compte, la pratique leur en était inconsciemment désagréable.

Si un sujet s'intéresse particulièrement à une forme d'art, ce peut être parce que le ou les objets qu'elle utilise résonnent dans son inconscient comme un écho à des tendances infantiles refoulées. Il y a transformation de la satisfaction infantile de la manipulation en élément esthétique pour le plaisir des autres ( sublimation ). Le résultat du geste artistique contient également une foule d'éléments symboliques. Ainsi, les œuvres picturales sont riches en indices du langage inconscient. Même dans les scènes figuratives, qui pourtant reproduisent la réalité, on peut trouver des significations symboliques. Mais il ne faut pas que ce soit arbitraire, et la connaissance de l'artiste, par ce qu'il dit de lui ou de son œuvre, permettra une plus grande objectivité.
Contrairement à ce que l'on pense parfois, la psychanalyse ne " détériore " pas les artistes, car leur art n'est pas toujours un moyen de défense pathogène comme dans les états névrotiques. Il n'y a pas de contradiction dans le fait qu'un artiste ait besoin d'une analyse, même si, en créant, certains d'entre eux retrouvent un chemin vers la réalité.

Il faut envisager le troisième " personnage ", qui se situe entre l'écrivain et son œuvre : le lecteur, à qui finalement est destiné l'ouvrage. Ce dernier va induire chez celui qui le découvre une série de pensées et d'affects qui seront comme une sorte de résonance des fantasmes de l'auteur. Il est impossible que se créent de façon toute nouvelle et à partir de rien des sentiments profonds ( négatifs ou positifs ) chez le lecteur ( ou le spectateur ) ; il y a toujours un substrat initial composé du passé de celui qui lit l'ouvrage, la pièce ou toutes formes d'oeuvres.

Ainsi, une œuvre littéraire ou dramatique est un trait d'union, presque une communion, entre celui qui exprime par écrit une fraction de son inconscient et celui qui va chercher dans l'ouvrage ce que, peut-être, il attendait.

© BRUNO LEROY.

09:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

19/05/2005

DONNER DU SENS AU TEMPS.


Peut-on donner du Sens au temps ?

Notre société n'a pas la régulation du temps. Logiquement, au-delà d'un certain niveau de développement économique, on devrait pouvoir choisir entre plus de biens, plus de temps. Le problème est que la demande sociale est hétérogène. Plus d'une personne sur deux préfère une augmentation de revenu plutôt qu'une augmentation du temps. Inversement, 20 à 30% des salariés seraient prêts à réduire leur temps de travail et leurs revenus. Ces statistiques sont valables pour les pays dits industrialisés. Ce serait un moyen de partager l'emploi et de diffuser les responsabilités.

En général les personnes qui expriment cette demande ont des projets personnels qu'ils veulent développer. Le temps, c'est la ressource du sens, la ressource du lien social, la ressource de l'emploi. Chaque fois qu'il y a une conduite d'intériorité, elle se traduit dans un rapport au temps différent, " il se passe alors des choses ".

Notre société aurait besoin de recréer du droit au temps choisi. Le temps choisi est la ressource du lien social et directement de l'emploi : c'est une ressource de créativité, de réinsertion, d'initiative. La question du temps va au-delà de la seule question du partage du travail. C'est une régulation de fond sur notre société postindustrielle : elle offre aux personnes des formes de participation sociale, reconnues, autres que le travail.


Pour prendre du temps, il faut une forte intériorité, une forte motivation, parce qu'on est un peu dans le vide social. Ne faudrait-il pas construire davantage de formes de participation à la vie sociale, liées au temps libéré ( vie associative, vie familiale, vie communale ). Pourquoi ne pas susciter des conventions entre entreprises et collectivités locales ou mouvements associatifs, pour construire des structures de participation à la vie sociale ? Là est toute la question du bénévolat. Ne faut-il pas construire des positions de bénévolat un peu plus structurelles ? Le bénévolat occasionnel doit rester souple.

Il faut éviter l'utilitarisme, sans tomber dans le don sacrificiel. Le christianisme en a beaucoup abusé, il faut trouver ce qui est entre les deux. Dans une pensée utilitariste, le raisonnement "marginal", fait qu'on ne sait plus dire qu'on est ensemble. Dans une famille on donne, on espère recevoir, sans savoir quand on recevra, bref on ne conditionne pas son don. Pour qu'il y ait vie sociale, il faut à la fois compter et ne pas compter. Si l'on ne compte pas, on a des phénomènes de domination et l'on peut aboutir à une révolte. Si l'on ne fait que compter, cela devient intolérable.La nouvelle écologie du temps consisterait à en finir avec ce découpage en séquences étanches : travail, transport, famille, obligations sociales.

Tous ces temps contraints broient nos vies comme des meules. L'individu a supporté trop longtemps seul les incohérences de ce système. Il faut que les entreprises, les services publics, les organismes de transport, le réseau commercial, le système scolaire, bref, tous ces grands producteurs de temps contraint portent une part de fardeau que la personne paie aujourd'hui en fatigue et en stress. Il ne s'agit pas d'inciter à en faire moins, mais de parier sur son esprit de responsabilité. Et donc d'introduire partout de la flexibilité afin de donner du sens au temps et par voie de conséquence à la vie sociale, relationnelle. Il serait temps de retrouver la gestion du temps pour mieux gérer son existence en lui donnant une qualité propre selon, nos désirs profonds. Notre temps sur terre n'est qu'une étoile de passage. Il est dommage d'éteindre sa lumière par des contraintes que nous pourrions négocier pour vivre mieux. Donner du sens au temps, sera la dimension écologique et mentale la plus importante des siècles à venir.
BRUNO LEROY.
ÉDUCATEUR DE RUE.

21:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |