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22/09/2010

Le véritable apôtre est libre de toute attache.

Après les avoir formés et fortifiés auprès de lui, Jésus envoie maintenant les Douze annoncer non pas des choses ou des événements temporels, mais le Royaume de Dieu. En tant qu’« envoyés », les « douze » sont bien « apôtres », appelés à prolonger la mission du Christ, mission qui est l’expression parfaite de tout son être de Fils, envoyé par le Père pour sauver les hommes.

 


Nous découvrons ainsi que l’apôtre est appelé, avant tout, à proclamer une parole qui coïncide avec la personne même du Christ, le « Verbe fait chair » (Jn 1, 14). C’est donc le visage du Christ qu’il est invité à manifester aux hommes. Et ce visage est celui d’un Christ pauvre, doux et humble, qui par sa crucifixion nous annonce la vérité de notre condition de fils de Dieu aimés du Père.

 


Le véritable apôtre est libre de toute attache. Sans mépriser les réalités de ce monde, il demeure cependant tout tendu vers le Christ et ne veut rien savoir d’autre parmi les hommes, sinon Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié (cf. 1 Co 2, 2). Il ne cesse d’orienter le cœur de ceux qu’il rencontre vers l’Unique Nécessaire, Celui par qui tout a été fait et en qui tout sera récapitulé de façon manifeste à la fin des temps.


L’évangile de ce jour est un appel à nous mettre en marche, à « partir » annoncer à temps et à contretemps la Bonne Nouvelle du Royaume. Le secret de la victoire de cette annonce : rester greffer sur le Christ, notre Unique Nécessaire, Celui qui, lorsque le combat avec l’esprit du monde se fait rude, nous permet de reprendre force et vigueur en nous rappelant : « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde ».



Frère Elie.

12:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

19/09/2010

La parole est divulguée par la vie de ceux qui l’ont reçue.

Le premier mode de propagation de l’enseignement de Jésus est sa mise en pratique : « voyez comme ils s’aiment », nous dit ailleurs l’évangile ! La lumière reçue, qui déchire nos propres ténèbres intérieures et nous place dans le dynamisme de la résurrection, est faite pour être mise sur le lampadaire qu’est une vie exemplaire. Ainsi, elle rejoindra tout homme qui cherche dans la nuit et à qui elle est destinée.



Que Jésus prenne le temps de développer cette nouvelle image pour décrire notre rapport à sa parole, nous enseigne également sur la nature de cette parole qui est lumière pour les hommes. Puisqu’elle est faite pour être mise sur le lampadaire, elle ne peut être traitée autrement sans dommage. C’est-à-dire que celui qui tenterait de la mettre « sous un couvercle » ou « en dessous du lit » l’étoufferait et la perdrait pour lui-même.

Nous comprenons dès lors l’insistance de Jésus : « faites attention à la manière dont vous écoutez ». Il ne faut pas écouter pour savoir mais pour connaître, il ne faut pas accueillir la parole de Jésus pour être informé mais pour en vivre. La parole est divulguée par la vie de ceux qui l’ont reçue.



Frère Dominique.

19:07 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

30/08/2010

Notre dialogue intime avec notre Sauveur.

Après avoir enseigné avec autorité, Jésus manifeste avec puissance l’efficacité de sa parole. L’exorcisme que rapporte saint Luc laisse cependant quelques questions ouvertes. La confession de l’esprit impur est en effet paradoxale : elle est juste, mais elle est interdite. Pourquoi le faire taire alors que la question des évangiles est de faire connaître l’identité profonde de Jésus ? Jésus ne veut-il donc pas qu’on le reconnaisse ? Pourquoi l’évangéliste laisse-t-il les foules dans l’incertitude alors que nous, nous savons bien qui est Jésus ?

 


On pourrait même se laisser aller à quelques comparaisons... La déclaration de l’esprit impur ne pourrait-elle pas être rapprochée de celle faite par la voix dans la nuée, que nous entendions il y a quelques semaines à peine ? En quoi ces révélations de l’identité de Jésus sont-elles différentes, pourquoi faire taire l’une et laisser l’autre faire son chemin dans les esprits et les cœurs ? Leur auteur est certes radicalement différent, mais la vérité exprimée est la même.

 


Ce paradoxe, un peu déstabilisant, n’est pas à négliger car il pourrait bien être pour nous une invitation à nous remettre en cause, ou (pire) peut être nous représenter. Celui à qui Jésus impose le silence est en effet celui qui sait tout de lui et qui n’a rien à apprendre de nouveau.

 


Avec un peu d’audace, on pourrait dire qu’il y a entre les deux déclarations de l’esprit impur et du Père céleste autant de distance qu’entre un exposé savant et une déclaration d’amour ! Un exposé peut en effet se résumer en une formule percutante et juste, que l’on transmet ou dont on se souvient. Une déclaration d’amour est un énoncé instable, qu’il faut réviser sans cesse, à partir de sa propre expérience, à partir des événements partagés, grâce à l’approfondissement de la relation et aux choix de fidélité. Une telle déclaration comporte en outre un risque, celui de se remettre en question, de sortir de ses certitudes, de se rendre vulnérable à l’autre. Elle procède du don de soi et de l’accueil de la vérité de l’autre.

 


Peut être cet évangile est-il une bonne occasion de prendre mieux conscience de la nature de notre dialogue intime avec notre Sauveur, et de la façon dont nous parlons de lui. Nous contentons-nous de quelque déclamation dogmatique rassurante mais un peu confuse à nos esprits ? Nous réfugions-nous dans les prétendues sécurités de notre catéchisme ? Ou bien essayons-nous de reconnaître ses vérités dans notre quotidien ? De voir comment elles se dévoilent peu à peu, d’une façon originale qui caractérise notre relation unique avec le Seigneur ? Autrement dit, sommes-nous encore capables d’être étonnés par l’époux de nos âmes ou bien ronronnons-nous comme un vieux couple qui n’aurait plus rien à se dire ?

 

 

En ces jours de « rentrée » et de reprise de nos engagements, la parole de Dieu nous interpelle sur la vérité de notre relation à Jésus. Elle peut être une invitation à davantage de formation pour arriver à dire de façon juste notre amour, et à un surcroît d’attention priante aux événements de nos quotidiens où le Seigneur dévoile son amour prévenant. Une invitation à nous livrer à l’Esprit qui régénère tout chose et garde notre relation à Dieu dans la jeunesse de l’amour du Christ.


Frère Dominique.

18:50 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

29/08/2010

Pour que chaque matin puisse devenir une aube Pascale.

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus vient de lire le passage du rouleau d’Isaïe qui le désigne comme le Messie, l’Oint de Dieu sur qui repose l’Esprit du Seigneur, envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir les malades et porter la joie aux affligés.

« Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture » (Lc 4, 21). Ces paroles de Jésus ne sauraient laisser indifférents ceux qui l’écoutent. Ce Jésus, fils de Joseph, ils le connaissent si bien. Ils l’ont vu grandir, réparer avec son père les charrues ou bien les barques des pécheurs du lac de Galilée… Et maintenant il se déclare prophète ! Ils le connaissent si bien.

« Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays » : Jésus a perçu les pensées de ses concitoyens. Mais, il ne s’arrête pas à ce constat. Il va mettre en évidence la racine de leur refus de reconnaître en lui le prophète ultime annoncé en Isaïe 61. Pour ce faire, il va répondre à leur revendication par un signe attestant sa messianité et en reprenant deux épisodes de l’Ancien Testament : celui d’Elie et de la veuve de Sarepta et celui d’Elysée et de Naaman le Syrien.

Ces récits présentent deux grands prophètes d’Israël, Elie et Elysée, à un moment où ils sont envoyés par le Seigneur porter soulagement et guérison à des païens. En fait, ces deux passages de l’Ecriture révèlent à Israël sa véritable mission : manifester aux nations l’amour gratuit et universel de Dieu. Dieu appelle Israël à être signe pour tous les peuples « étrangers » de sa générosité et de sa grandeur, signe qui les amènera à s’attacher, comme Naaman, à lui, l’unique vrai Dieu. Cette vocation universelle du peuple élu trouve bien en Jésus son accomplissement car en lui, Dieu se révèle à tout homme comme son Seigneur et son Sauveur.

Mais lorsque Jésus évoque les deux épisodes relatifs à Elie et Elysée, saint Luc nous dit que « dans la synagogue, tous devinrent furieux. » Les juifs de Nazareth n’ont donc pas compris que le fait d’avoir été choisis par Dieu ne devait en rien les couper des autres nations, bien au contraire...
En fait, ils se sont refermés sur leur élection c’est-à-dire sur eux-mêmes : Dieu nous a choisis, nous et personne d’autre. Ce Dieu est le nôtre, nous le connaissons bien, tellement bien que nous l’avons réduit à ce que nous avons pu saisir un tant soit peu de lui. Ce qui peut-être nous dépasse – sa révélation aux païens par exemple – nous l’avons exclu. En fait, nous nous sommes fait notre Dieu. Et c’est vrai que cela est tellement facile lorsque l’on croit avoir mérité peut-être son élection. On s’approprie tellement cette élection qu’à travers elle, on s’approprie celui qui en est à l’origine. Mais au fond, n’est-ce pas là aussi parfois notre attitude vis à vis du Seigneur Jésus ? Cela vaut sans doute la peine de nous interroger.

Le Seigneur veut faire de nous les porteurs de la Bonne Nouvelle de son Amour et de sa réconciliation auprès de ceux qui sont le plus éloignés de lui. Il veut ouvrir nos cœurs aux dimensions du sien.
Cette « opération », à cause de notre péché qui nous replie sur nous-mêmes, provoquera en nous sûrement des combats, des luttes violentes où Dieu pourra peut-être se trouver pris à partie. Mais dans l’évangile, Jésus nous laisse déjà entrevoir sa victoire. Il passe sans crainte au milieu de nos égoïsmes. Il trace un sillon au milieu de nos cœurs. Il ouvre une brèche au cœur de tous nos repliements narcissiques.
A travers cette ouverture nous percevons au loin une colline : le Golgotha. En son sommet, la Croix, l’ultime déchirure qui ouvre les portes du ciel et donne accès à la vie éternelle. Il nous faudra mourir à nous-mêmes pour renaître à la vie. Alors, nos cœurs pourront rayonner de l’Amour que Dieu porte à tout homme.

« Seigneur conduis-nous sur ce chemin de conversion pour que chaque matin de notre vie puisse devenir une aube pascale qui célèbre et annonce le salut que tu es venu apporter à tout homme. Comment pourrions-nous retenir pour nous-mêmes le don que le Père nous a fait en toi, son Fils bien-aimé ! »



Frère Elie.

15:53 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

01/08/2010

Le christianisme comme religion de l’amour.

Jésus se retire dans un endroit désert : il cherche-t-il la solitude, le silence. Notre-Seigneur est certes le Fils unique de Dieu, mais il est aussi pleinement homme. La mort de son cousin - surtout dans les conditions dramatiques que nous connaissons - l’affecte profondément. Comment ne pas être bouleversé devant le triomphe insolent du mal ?
Les foules ont deviné l’intention du Rabbi ; sans pitié, elles le poursuivent et le précèdent même sur le lieu qu’il a choisi pour s’y retirer « à l’écart ». Jésus ne se détourne pas ; il ne fuit pas : s’oubliant lui-même, il se laisse « saisir de pitié » envers ces hommes et de ces femmes qui affluent de toute part vers lui « comme des brebis sans berger » (Mt 9, 36). Il « guérit les infirmes », et se met probablement à les enseigner longuement (cf. Mc 6, 34).
Comme le jour baisse, les disciples réagissent avec bon sens et exhortent leur Maître à renvoyer la foule. Mais Jésus ne l’entend pas ainsi ; croisant tous ces regards posés sur lui, il se souvient du Psaume 144 : « Les yeux sur toi, tous ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit ». Renonçant encore à son désir si légitime de solitude, Jésus, dans un geste anticipant l’institution de l’Eucharistie, offre le pain du ciel à cette foule avide de sa Parole.
Etonnant contraste entre le banquet célébré dans le palais luxueux d’Hérode, qui coûtât la vie au Baptiste, et la simplicité de ce repas pris au désert, un soir de printemps peu avant la Pâque, qui donne la vie à la multitude. La tête de Jean Baptiste fut présentée sur un plat en signe de déréliction :
jusque dans cette mise en scène morbide, le Précurseur était encore prophète. Notre-Seigneur ne demeure-t-il pas présent parmi nous sous le signe du pain, offert sur la patène ? Si la tête immolée de Jean ne parle plus, il faut par contre que le Pain du ciel puisse continuer à proclamer à travers nous la Parole de salut. Le ministère prophétique de Jean était pour un temps : sa lampe s’est éteinte avec la venue de celui qu’il avait mission d’annoncer. Le ministère du Christ est éternel : il ne passera pas mais s’épanouira dans la vision lorsque nous serons pleinement incorporés au Pain que nous mangeons.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger » : Jésus invite ses disciples à le suivre sur le chemin déconcertant du « davantage » de l’amour. La charité s’oublie ; elle ne se décharge pas sur les autres : elle se met en peine, même lorsque la tâche semble impossible, dans la certitude que Dieu fera sa part.
Le seul pouvoir que Jésus transmet à son Eglise, est celui de se livrer à sa suite pour la vie du monde. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 12-13).
Nous n’avons rien de plus à proposer que « cinq pains et deux poissons » :
le don dérisoire de nos pauvres humanités marquées par le péché ; mais si dans la foi nous les « apportons à Jésus » pour qu’il en dispose selon son bon plaisir, il en fera un pain rompu pour la vie du monde. C’est en suivant notre Maître sur ce chemin du don total de soi, que nous le rejoindrons là où il nous précède : dans le Royaume de Dieu son Père. Mais en passant par le même porche : celui de la Croix ; car l’amour vrai ne se purifie des scories du péché qu’au prix d’un arrachement douloureux à notre égoïsme.
Pourquoi donc venons-nous nous rassasier à la Table du Corps et du Sang de Notre-Seigneur, sinon pour pouvoir vivre à notre tour notre Pâques d’amour au cœur de notre existence quotidienne, et nous donner nous-mêmes à manger à ceux qui ont faim d’espérance.

« “Il est temps que tous reconnaissent le christianisme comme la religion de l’amour” : Seigneur, donne-nous de ne pas faire mentir cette parole de Jean-Paul II, qui résonne comme un testament confié en ton Nom à l’Eglise du troisième millénaire. Car “seul l’amour est digne de foi” (Saint Augustin) ; à condition que ce soit un amour vrai, un amour fort, un amour grand, qui se donne sans compter ; un amour qui puise sa générosité dans l’Esprit de charité que tu répands en abondance, Père, sur tous ceux qui invoquent avec foi le Nom de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ notre Seigneur. »



Père Joseph-Marie.

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21/07/2010

Qui cherches-tu ?

Comme la Bien-aimée du Cantique, Marie-Madeleine cherche « celui que son cœur aime » (1ère lect.) « alors qu’il fait encore sombre ». Mais comment pourrait-elle le trouver s’il ne la conduisait pas jusqu’à lui ? Son désir témoigne de la présence et de l’action en elle de l’Esprit Saint qui l’attire irrésistiblement vers Jésus. Avec l’intuition sûre de l’amour, elle se rend au rendez-vous de son Seigneur, mais il lui faut du temps pour reconnaître les signes de sa présence. La mise en scène et les dialogues rapportés par Saint Jean sont d’une délicatesse esquise. Marie ne semble même pas s’étonner de voir deux personnages - identifiés à « des Anges vêtus de blanc » - dans l’espace réduit du tombeau. A moins que le caractère saugrenu de cette situation soit une invitation explicite de l’évangéliste à nous élever à une lecture symbolique. Le propitiatoire posé sur l’Arche de l’Alliance n’était-i l pas flanqué lui aussi de deux Anges, « l’un à la tête, l’autre aux pieds » ? Ce tombeau vide apparaît tout à coup comme le Temple de Dieu, le lieu où repose sa gloire, où demeure sa présence.
Ce n’est pas un divin impersonnel qui remplit le tombeau de sa nuée : les « Anges » s’adressent à Marie-Madeleine avec les paroles mêmes que le Ressuscité reprendra quelques instants plus tard. Comme l’étymologie du terme Ange l’indique, ces Etres de lumière sont les messagers, les porte-paroles de Dieu ; ils sont évoqués pour éviter de prononcer le Nom du Seigneur lui-même. Le fait qu’ils prononcent les paroles que reprendra Jésus, sous-entend que celui-ci partage désormais la gloire du « Nom qui surpasse tous les noms » (Ph 2, 9). Il est « le Seigneur », celui devant qui toute créature au ciel et sur la terre fléchit les genoux, et dont toute langue proclame la Seigneurie universelle (cf. Ph 2, 10-11).
Marie n’en est pas encore là dans son cheminement ; pour le moment, elle cherche un cadavre. Aveuglée par la tristesse, elle ne reconnaît pas la présence du Vivant au cœur du tombeau vide dont elle se détourne. Mais le Ressuscité n’est plus lié à un lieu précis ; il n’est conditionné ni par l’espace ni par le temps : il est bien réellement présent partout où un cœur le désire ardemment. Marie-Madeleine est littéralement enveloppée de toute part par sa présence qui se fait plus pressante : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Marie ne se trompe pas vraiment en prenant Jésus pour le jardinier : n’est-il pas le nouvel Adam que le Père a établi gardien de cette terre où est planté l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, que sa Résurrection a transformé en Arbre de Vie ? Il faut cependant un appel particulier, personnel de Notre-Seigneur pour la réveiller de sa torpeur et la faire entrer dans le monde nouveau inauguré par la Pâque de celui qu’elle cherche éperd ument.
« Marie » : interpellation empreinte de douceur, mais aussi sans doute supplication de l’amour mêlée d’étonnement : « comment se fait-il que tu ne me reconnaisses pas ? » C’est en prononçant notre nom que Jésus se fait connaître, ce « nom nouveau gravé sur une pierre blanche, que personne ne connaît sauf celui qui la reçoit » (Ap 2, 17). Se retournant une seconde fois, c’est au cœur même du tombeau vide devenu chambre nuptiale, que Marie cherche cette fois à retenir son Seigneur en confessant son amour : « Rabbouni ».
Pourtant cette rencontre n’est que préfigurative : le temps des noces n’est pas encore venu. Jésus « monte vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu » pour nous préparer une place dans sa demeure d’éternité. En attendant le face à face, il nous faut comme Marie, et dans la foi, poursuivre notre route et annoncer nous aussi : « J’ai vu le Seigneur ressuscité au fond de mon cœur. Il a pris autorité sur toutes mes morts et transformé mes tombeaux en sanctuaires de sa gloire ; et voilà ce qu’il m’a dit : “Cherchez-moi de tout votre cœur ; je me laisse trouver par les âmes de désir” ».

« Seigneur arrache de ma poitrine mon cœur de pierre ; cœur lourd, opaque, indifférent, insensible. Et donne-moi un cœur de chair qui “languit de toi comme une terre aride, sans eau” (Ps 62). Accorde-moi de pressentir ta force et ta gloire, afin de réaliser que ton amour éternel vaut mieux que ma pauvre vie mortelle. Je pourrai alors “lever les mains pour te bénir en invoquant ton nom, m’attacher à toi de toute mon âme, et crier de joie à l’ombre de tes ailes” (Ibid.). »



Père Joseph-Marie.

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18/07/2010

Sur le rivage de Ninive.

Jésus guérit beaucoup de gens qui le suivaient (Mt 12, 15) ; en particulier, il vient de délivrer « un possédé qui était aveugle et muet » (12, 22). Et voilà que des scribes et pharisiens s’approchent de lui pour lui demander un « signe » qui accréditerait sa prétention d’enseigner les foules et de les appeler à la conversion ! Il est décidément inutile de multiplier les signes devant des aveugles, ou de prolonger les discours en présence de sourds. Aussi la réponse de Notre-Seigneur est-elle cinglante : « Génération mauvaise et adultère » - c'est-à-dire qui n’accomplit pas le bien et qui trahit son époux légitime, le Dieu d’Israël - « en fait de signe, il ne lui sera donné que celui du prophète Jonas ». Voilà un personnage biblique bien connu. Mais en quoi pouvons-nous le comparer à Jésus ?
Jonas commence par refuser d’obéir à Dieu lorsque celui-ci l’envoie en mission à Ninive : « Depuis quand le Dieu d’Israël se soucie-t-il des païens ? – objecte-t-il implicitement - N’a-t-il pas assez à faire avec le peuple élu ? Et pour peu qu’ils se convertissent, le Seigneur est même capable de différer le châtiment dont il les menace ! » Aussi Jonas estime-t-il qu’il vaut mieux se soustraire à une telle mission. Jusque là : peu de rapport avec Jésus, qui tout au contraire parcourt infatigablement les routes de Galilée à la recherche des brebis perdues de Dieu son Père.
On se souvient comment Jonas après avoir cherché à échapper à l’appel de Dieu, va y être ramené par les bons services d’une baleine, qui le recrache sur le rivage de Ninive, après l’avoir abrité trois jours dans son ventre. Se résignant à l’obéissance, le ministère du prophète récalcitrant s’avère particulièrement efficace et conduit à la conversion massive de la grande ville païenne. C’est bien sûr à cet épisode particulier que se réfère explicitement Notre-Seigneur. Certes, Jésus a prêché durant sa vie publique, mais la réponse est mitigée : les foules versatiles se détourneront bientôt de lui, entraînées par la jalousie des chefs religieux ; ses propres disciples seront dispersés, il sera jeté hors de la ville comme Jonas le fut par-dessus bord, et il sera englouti par la mort comme ce dernier par la baleine. Apparemment l’échec est complet : la pierre s’est refermée sur le tombeau du Rabbi de Nazareth comme la gueule du monstre marin sur Jonas. On n’en parle plus.
Or paradoxalement, c’est à ce moment précis que Dieu reprend les choses en main, en ordonnant au monstre marin et à la mort de restituer leur proie respective. Le succès du ministère de Jonas annonce la fécondité de la prédication apostolique au matin de Pentecôte : rendus participants de la vie de leur Maître ressuscité, les disciples inviteront avec assurance à la conversion et au salut par la foi. Ainsi le « signe » que demandent les scribes et pharisiens leur sera donné au matin de Pâque dans la personne de Jésus ressuscité. Plus exactement : le Christ ressuscité et son Eglise constituent ensemble, et jusqu’à la fin des temps, l’unique signe de l’inauguration et de la présence du Royaume de Dieu au cœur du monde.

« Seigneur Jésus, nos yeux sont aveuglés comme ceux des scribes et pharisiens de ton époque. Nous aussi nous réclamons des “signes” ; nous sommes en quête de “merveilleux” qui nous permettrait de faire l’économie de la foi. Or ce n’est pas en raison des prodiges éclatants qu’aurait accompli Jonas que les Ninivites se sont convertis, mais en réponse “à la proclamation” de la Parole de Dieu qu’il leur a faite. Donne-nous d’entrer dans l’obéissance de la foi et de nous convertir à ta Parole de vie, afin que nous puissions accéder pleinement au salut que tu nous offres. Unis à toi dans un même Esprit, nous pourrons alors accomplir “ce qui est bien, ce que tu réclames de nous : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec notre Dieu” (1ère lect.). »



Père Joseph-Marie.

21:03 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

16/07/2010

Jésus guérit tous ceux qui le suivent.

Jésus part ; il quitte l’intimité de la synagogue pour l’étendue du monde, les disputes avec les pharisiens pour la multitude qui l’attend. « Beaucoup le suivirent et il les guérit tous ». Son cœur est large ouvert pour accueillir toute détresse et pour soigner toute maladie. Jésus guérit tous ceux qui le suivent.

Car le « jugement » que le « serviteur » que Dieu s’est choisi est celui qui apporte le salut aux nations. Son jugement ne condamne personne. Le portrait qui est fait de lui dans Isaïe, uniquement par des propositions négatives, le montre : « il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit ». Le jugement de Dieu triomphe, mais ce jugement n’est pas une accusation. Ultimement, quelque soit notre péché, c’est Dieu lui-même qui a été blessé, humilié, trahit. Mais il ne dit rien. Pas une protestation, pas une plainte, pas un commérage pour expliquer que, dans le fond, c’est lui qui était innocent et l’homme qui est mauvais. Au contraire. Ne se préoccupant pas de sa propre souffrance, il n’a d’attention que pour notre maladie. Car sa souffrance est de nous voir choisir de mourir. Alors, médecin délicat, il prend patience. Il relève le roseau qui s’est couché (il sait combien nous sommes faibles !), il protège la flamme qui vacille (il sait qu’elle peut briller à nouveau !). Ainsi, de la même manière que la guérison est pour tous, le salut est pour tous également. La façon dont Jésus nous juge est de prendre sur lui notre jugement et de nous donner sa vie, en plénitude.



Frère Dominique.


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13/07/2010

Au cœur du dynamisme intérieur.

Au cœur du dynamisme intérieur du Christ, se trouve la reconnaissance de la bonté de Dieu. « Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté ». Dieu est bon et il est notre Père. Voilà source de toute notre joie et le cœur de notre élan vital. Seuls les tout-petits peuvent s’en rendre compte, cette vérité fondamentale n’est révélée qu’eux. Car les petits ne cultivent pas de rapport ambigus avec des désirs de puissances ou de domination, ils ne soupçonnent pas le Bon-Dieu de vouloir prendre l’ascendant sur eux : les tout-petits sont ceux qui ne voient en Jésus que le Fils dont le visage révèle parfaitement celui du Père. Ils voient en lui la source de tout bien, ils voient celui qui a tant désiré la liberté pour ses enfants, ils voient, se dévoilant dans les actes du Fils, le « Seigneur du ciel et de la terre ».

Seuls les tout-petits peuvent comprendre, eux seuls peuvent entrer dans le mystère. Non parce qu’ils sont pauvres ou humbles, non parce qu’ils sont faibles ou ignorants, mais parce que le visage du Père ne peut être reconnu que par ses enfants. À ceux qui savent qu’ils sont des enfants, Jésus révèle qu’ils sont devenus des fils. Ainsi, Jésus, en qui nous sommes devenus fils du Père, nous fait découvrir le Père en nous faisant entrer dans sa louange filiale.

Seigneur Jésus, doux et humble de cœur, rends nos cœurs semblables au tien.



Frère Dominique.

21:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

08/07/2010

Esprit de force et d’amour.

La sainteté chrétienne consiste bien dans la sequela Christi (« suite du Christ ») dont le martyre constitue l’idéal de perfection en tant que manière la plus parfaite d’imiter le Christ dans son don d’amour total pour les hommes. Le martyre commence par les persécutions subies au nom du Seigneur. Mais si ces dernières manifestent la perfection du disciple, c’est moins parce qu’elles conduisent à reproduire dans sa chair et dans son âme les souffrances du Christ que parce qu’elles permettent de trouver Dieu c’est-à-dire de trouver Jésus-Christ par qui on trouve le Père. Ce n’est pas les persécutions, ni la mort, en tant que telles que le disciple recherche, c’est Jésus-Christ qui est la vie véritable.
La page d’évangile de ce jour nous amène à nous interroger. Notre attitude de chrétien ne saurait susciter aucune réaction. Attention aux lieux où l’on observe le plein consensus. Attention aux lieux où l’on s’applaudit les uns les autres, où l’on s’entoure de privilèges. Le chrétien qui se veut véritable disciple du Christ ne saurait s’accommoder de cela. Certes, parfois l’on aspire à un peu de repos. Mais il s’agit de nous rappeler que le véritable repos, nous ne le trouverons qu’en Dieu seul. Le moyen le plus sûr de le trouver ? Passer avec lui par la croix pour ressusciter avec lui à la vie éternelle.
Au cœur même des souffrances subies à cause de lui, notre Seigneur ne nous abandonne pas : « Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Cf. Evangile). Fort de cette Parole du Seigneur, nous pouvons réentendre cette invitation d’Issac de Ninive : « Même s’ils te persécutent, toi, ne persécute pas. Même s’ils te crucifient, toi, ne crucifie pas. Même s’ils t’offensent, toi, n’offense pas. Même s’ils te calomnient, toi, ne calomnie pas. »

 


« Esprit de force et d’amour, assiste-nous pour faire de nous des témoins authentiques de l’Evangile, de véritables disciples du Christ qui n’hésitent pas, dans la charité, à payer de leur personne là où leur témoignage de chrétiens l’exige. »



Frère Elie.

21:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |