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23/07/2009

Notre système fonctionne dans le délire.

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L'exclusion n'est pas que conjoncturelle, elle est structurelle. Notre continent est une machine à fabriquer l'exclusion. Saurons-nous oeuvrer à la construction d'une Europe et d'un monde de solidarité des citoyens ?

Nous sentons que notre système fonctionne dans le délire : d'un côté, la rationalité des techniques et la rentabilité ; de l'autre , l'absurdité et l'irrationnel. Ne pas être dans ce délire, c'est être hors du réel, un exclu qui n'a que le droit de se taire. Comment faire entendre une parole ? Les personnes en difficulté veulent vivre autre chose et sortir de leur état qui ne les satisfait pas.
Nous avons à consentir à un changement de civilisation, c'est dérisoire de le dire. Il faut travailler dans une perspective d'ensemble à long terme, sans déserter notre lieu. C'est une mentalité neuve qui décourage fanatisme et sectarisme : créer, susciter, innover, savoir que c'est du provisoire, mais jamais vain et insignifiant, toujours nécessaire et indispensable.

Si accompagner une personne en difficulté est de l'ordre d'une naissance, nous devons allier savoir, faire et savoir-faire, avoir équipements, matériaux et outils nécessaires. Il nous faut sortir de la logique économique de rentabilité pour une autre logique qui n'est plus marchande, mais humaine : que chacun puisse naître à lui-même, trouver sa voie, sa consistance, sa taille.
Accepter de parier sur des rêves et d'avancer de pari en pari, d'aventure en aventure, d'épreuve en épreuve, se laisser altérer, mettre à mal ses certitudes et renverser les tables de la loi...Oser la relation de confiance, emmagasiner son lot de joies, de souvenirs heureux, d'expériences nouvelles, retrouvailles avec et dans le chemin de la personne. N'est-ce-pas de l'ordre du regard qui désarme et ne juge pas ? Plein de joie et d'intelligence, il autorise l'autre à naître à lui-même et à exister. Ce regard qui ne se contente pas de soutenir le nôtre, mais l'appelle, est présence et discrétion. Ce regard ne tue jamais, il élargit l'espace des possibles.

Pourquoi un délinquant voudrait-il se réinsérer dans la société ? Il est inséré dans cette société, en tant que délinquant, N'oublions pas que la marge fait partie de la page. Notre rôle d'adulte éducateur est la réinsertion du jeune dans son propre être : lui faire découvrir la formidable potentialité de l'être humain, lui faire pointer du doigt que sa situation de jeune en difficulté lui fait développer des capacités de résistance et de vie étonnantes dont nous ne serions peut-être pas capables. Notre rôle est de faire un bout de chemin avec eux pour leur montrer autre chose, leur ouvrir d'autres horizons, leur amener de la culture. Pour cela tous les moyens sont bons, toutes les portes sont possibles, à une condition : le partage des vécus. Le travail social n'est pas de dire : " Tu devrais faire " . Il faut faire- avec, aller-avec. Notre présence active c'est la reconnaissance de l'autre, c'est ce qui fait grandir qu'on ait douze ou trente ans. Il faut aller au devant d'eux, se mettre en situation difficile de déséquilibre d'où surgira la réflexion à deux, adulte et jeune.

Nous devons avant tout retrouver la personne. La pratique éducative ne devrait fonctionner en tout premier lieu qu'avec cette conviction. Toute société se vit de mythes et d'histoires constitutives, l'être humain ( et le jeune qui nous préoccupe ici ) est à la fois plus simple et plus complexe que la société. S'il a besoin " d'histoire " , pourquoi cette histoire que nos sommes sensés aider à restituer ne serait-elle que pragmatique, normative, adaptée aux besoins de la marche sociale ? Pourquoi ne serait-elle pas, au niveau de notre tâche éducative, la recherche de moments heureux, de souvenirs marquants, de déstabilisations consenties avec la protection d'un adulte ? Toute joie emmagasinée est un sacré pas sur le chemin du grandir. Nous l'oublions souvent. Nos prétentions de réinsertion des jeunes en difficulté sont souvent éloignées de la réalité. Or, la réalité, ce sont eux. Nos convictions mises en oeuvre et nos paroles étant vraies, les exclus pourront être associés aux mesures économiques, remis dans le circuit de leur responsabilité. Le cercle infernal de l'exclusion pourra être brisé, ouvert. Si les éducateurs de rue partent du principe que l'exclusion n'est pas une fatalité, elle peut se combattre. Mais il y a nécessité et urgence à renouveler notre conception de la vie et du travail social. Seul, notre regard anticonformiste sur les raisons et les causes de l'exclusion des jeunes, nous fera changer nos relations éducatives et nous empêchera de penser la réinsertion en terme de production, comme souvent la société nous le demande. Je suis, de part mes fonctions, au service des jeunes et non de politiques capitalistes qui rêvent de rendre productives toutes les machines humaines. Je travaille pour l'épanouissement des jeunes et non leur aliénation au nom de quelques idéologies que ce soient, c'est mon regard d'éducateur de rue qui aime voir grandir l'adolescent en fonction de sa personnalité intérieure en pleine liberté de son devenir, qui me donne la force de continuer à temps et contre-temps.

Bruno LEROY.

11:31 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, politique, social, education, spiritualite, foi, catholique |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

09/05/2009

Rassemblement contre la précarité dans l’éducation.

Lille  : rassemblement contre la précarité dans l’éducation.

Des dizaines de milliers de collègues sous contrats "d’avenir" ou "d’accompagnement dans l’emploi" seront cyniquement renvoyés au chômage cet été. Ces contrats précaires, formés et intégrés aux équipes, couvrent pourtant des besoins permanents et indispensables dans les établissements scolaires. Non au plan social dans l’éducation ! Titularisation de tous les précaires ! Rendez-vous devant le lycée Gaston Berger à Lille (avenue Gaston Berger, M° Porte de Douai) le 13 mai 2009 à 15h à l'initiative du réseau Nord Pas-de-Calais contre la précarité dans l'Education.

Tract-pétition à télécharger (format pdf - 2 pages - 66 ko) :
http://www.cnt-f.org/59-62/rassemblement_precarite_13mai09_Lille.pdf
1) CAE/CAV : quel emploi, quel avenir pour nous ? 2) Appel à mobilisation des personnels précaires de vie scolaire.

20:23 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MILITANTISME. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, social, éducation |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

08/06/2007

NOTRE SYSTÈME FONCTIONNE DANS LE DÉLIRE.

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Nous sentons que notre système fonctionne dans le délire : d’un côté, la rationalité des techniques et la rentabilité ; de l’autre , l’absurdité et l’irrationnel. Ne pas être dans ce délire, c’est être hors du réel, un exclu qui n’a que le droit de se taire. Comment faire entendre une parole ? Les personnes en difficulté veulent vivre autre chose et sortir de leur état qui ne les satisfait pas. Nous avons à consentir à un changement de civilisation, c’est dérisoire de le dire. Il faut travailler dans une perspective d’ensemble à long terme, sans déserter notre lieu. C’est une mentalité neuve qui décourage fanatisme et sectarisme : créer, susciter, innover, savoir que c’est du provisoire, mais jamais vain et insignifiant, toujours nécessaire et indispensable.

Si accompagner une personne en difficulté est de l’ordre d’une naissance, nous devons allier savoir, faire et savoir-faire, avoir équipements, matériaux et outils nécessaires. Il nous faut sortir de la logique économique de rentabilité pour une autre logique qui n’est plus marchande, mais humaine : que chacun puisse naître à lui-même, trouver sa voie, sa consistance, sa taille. Accepter de parier sur des rêves et d’avancer de pari en pari, d’aventure en aventure, d’épreuve en épreuve, se laisser altérer, mettre à mal ses certitudes et renverser les tables de la loi...Oser la relation de confiance, emmagasiner son lot de joies, de souvenirs heureux, d’expériences nouvelles, retrouvailles avec et dans le chemin de la personne. N’est-ce-pas de l’ordre du regard qui désarme et ne juge pas ? Plein de joie et d’intelligence, il autorise l’autre à naître à lui-même et à exister. Ce regard qui ne se contente pas de soutenir le nôtre, mais l’appelle, est présence et discrétion. Ce regard ne tue jamais, il élargit l’espace des possibles.

Pourquoi un délinquant voudrait-il se réinsérer dans la société ? Il est inséré dans cette société, en tant que délinquant, N’oublions pas que la marge fait partie de la page. Notre rôle d’adulte éducateur est la réinsertion du jeune dans son propre être  : lui faire découvrir la formidable potentialité de l’être humain, lui faire pointer du doigt que sa situation de jeune en difficulté lui fait développer des capacités de résistance et de vie étonnantes dont nous ne serions peut-être pas capables. Notre rôle est de faire un bout de chemin avec eux pour leur montrer autre chose, leur ouvrir d’autres horizons, leur amener de la culture. Pour cela tous les moyens sont bons, toutes les portes sont possibles, à une condition : le partage des vécus. Le travail social n’est pas de dire : " Tu devrais faire " . Il faut faire- avec, aller-avec. Notre présence active c’est la reconnaissance de l’autre, c’est ce qui fait grandir qu’on ait douze ou trente ans. Il faut aller au devant d’eux, se mettre en situation difficile de déséquilibre d’où surgira la réflexion à deux, adulte et jeune.

Nous devons avant tout retrouver la personne. La pratique éducative ne devrait fonctionner en tout premier lieu qu’avec cette conviction. Toute société se vit de mythes et d’histoires constitutives, l’être humain ( et le jeune qui nous préoccupe ici ) est à la fois plus simple et plus complexe que la société. S’il a besoin « d’histoire » , pourquoi cette histoire que nos sommes sensés aider à restituer ne serait-elle que pragmatique, normative, adaptée aux besoins de la marche sociale ? Pourquoi ne serait-elle pas, au niveau de notre tâche éducative, la recherche de moments heureux, de souvenirs marquants, de déstabilisations consenties avec la protection d’un adulte ? Toute joie emmagasinée est un sacré pas sur le chemin du grandir. Nous l’oublions souvent. Nos prétentions de réinsertion des jeunes en difficulté sont souvent éloignées de la réalité. Or, la réalité, ce sont eux. Nos convictions mises en oeuvre et nos paroles étant vraies, les exclus pourront être associés aux mesures économiques, remis dans le circuit de leur responsabilité. Le cercle infernal de l’exclusion pourra être brisé, ouvert. Si les éducateurs de rue partent du principe que l’exclusion n’est pas une fatalité, elle peut se combattre. Mais il y a nécessité et urgence à renouveler notre conception de la vie et du travail social. Seul, notre regard anticonformiste sur les raisons et les causes de l’exclusion des jeunes, nous fera changer nos relations éducatives et nous empêchera de penser la réinsertion en terme de production, comme souvent la société nous le demande. Je suis, de part mes fonctions, au service des jeunes et non de politiques capitalistes qui rêvent de rendre productives toutes les machines humaines. Je travaille pour l’épanouissement des jeunes et non leur aliénation au nom de quelques idéologies que ce soient, c’est mon regard d’éducateur de rue qui aime voir grandir l’adolescent en fonction de sa personnalité intérieure en pleine liberté de son devenir, qui me donne la force de continuer à temps et contre-temps.

BRUNO LEROY.

Éducateur de Rue.

19:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, politique, education |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

27/05/2007

L’éducation, passeport pour la civilisation.

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L’éducation, passeport pour la civilisation
Par le Professeur André-Marie Jerumanis

 

  André-Marie Jerumanis  
 

 

C’est ainsi que le Professeur Sabino Palumbieri définit l’éducation. L’absence d’éducation conduirait donc à la barbarie. Cette approche à l’éducation éclaire la signification étymologique du mot e-ducere qui signifie conduire dehors. Il s’agit d’une libération que le mythe de la caverne de Platon illustre parfaitement. Au fond l’éducation porte à la lumière ce qui est caché. Dans l’optique platonicienne et socratique, l’éducation advient à travers la maïeutique, c’est-à-dire à travers un dialogue qui permet d’”accoucher” de la vérité. Dans ce sens l’éducation se distingue de l’instruction. Que pouvons-nous retenir de cette manière de concevoir l’éducation?
Tout d’abord que l’enseignant s’il est vraiment éducateur ne se contentera pas seulement de transmettre un certain nombre de données, mais à travers l’instruction cherchera à conduire son élève à la compréhension en profondeur par l’intérieur des vérités enseignées. Il y a toujours un aspect subjectif dans l’accueil des notions transmises. Cet accueil dépend donc de déterminismes biologiques, culturels, psychologiques, spirituels. Un bon éducateur saura en tenir compte. Il est vrai que pour la transmission de notions en science exacte, on pourrait penser pouvoir se passer de l’aspect subjectif. Et pourtant, même en mathématique la pédagogie de l’enseignant est un élément non négligeable.  L’aspect objectif de n’importe quelle science sera toujours à considérer dans le cadre d’une épistémologie relationnelle.
D’autre part, l’éducateur ne pourra oublier l’aspect objectif de son enseignement. Il est vrai que nous sommes habitués à parler d’objectivité pour les sciences exactes, avec une tendance à relativiser l’objectivité par exemple des valeurs à transmettre dans un cours d’éthique ou encore dans l’éducation que les parents transmettent à leurs enfants. Et pourtant là aussi le bon éducateur tout en tenant compte de son interlocuteur devra transmettre des valeurs, qui ne sont pas seulement des opinions possibles, mais qui dans la mesure des connaissances actuelles sont des vérités. On ne peut éduquer à partir de l’approximatif. La raison nous enseigne l’existence de la vérité. De tout temps la question de la vérité a suscité le questionnement de l’homme. Existe-t-elle? Peut-on la connaître? Doit-on être sceptique? Peut-on vraiment douter de tout? L’époque postmoderne actuelle parle de pluralité de vérités, à cause d’une conception de la raison qui souvent ne croit plus dans ses propres capacités de connaître le vrai, le bien et le beau. Et pourtant nous pensons qu’on ne peut nier l’existence de valeurs universelles comme l’amour, la justice, le pardon, le don de soi. Il est absurde de dire que tout est relatif ou culturel, et dans l’enseignement se comporter comme si la vérité n’existait pas. L’être humain ne peut vivre sur les sables mouvants du scepticisme et du relativisme. Il a besoin de vérité de la même manière que de nourriture! L’éducateur lui-même devra être un chercheur de vérité capable de transmettre la soif de la connaissance de ce qui est vrai. L’honnêteté intellectuelle le requiert. Il s’agit d’une question de justice envers l’élève.
Eduquer sur la base préalable de la vérité, ne signifie en aucun cas exclure la possibilité d’une croissance ultérieure dans la connaissance, ou encore se fermer à tout dialogue. Un bon éducateur saura ouvrir l’esprit de son interlocuteur au dialogue avec la position d’autrui. C’est d’autant plus nécessaire dans le monde multiculturel contemporain. Le fameux dogme de la tolérance ne signifie pas abdiquer devant la vérité ou la recherche de la vérité, mais accepter d’écouter l’autre, essayer de le comprendre, mais aussi si nécessaire chercher à l’éclairer. La tolérance comme respect de la conscience de l’autre est une valeur. Mais la tolérance n’exclut pas le droit à partager “ses” vérités. De même le dialogue doit pouvoir se faire sur une base rationnelle. L’être humain en tant qu’il est homme est doté d’une raison. Et c’est au nom de cette raison, qu’il peut communiquer avec autrui. Exclure la raison, c’est se condamner à vivre dans un monde de “fou” ayant perdu la “raison”.
L’éducateur chrétien dans la mesure où il est vraiment chrétien ne pourra abdiquer devant la question de la transmission de ses valeurs. Le chrétien est convaincu que la raison est un don de Dieu, et qu’il doit s’en servir. Le chrétien pourtant n’oppose pas sa conception de la raison à Dieu qu’il considère le Logos du monde. Dans son dialogue avec d’autres religions, ou avec le monde sécularisé contemporain, l’éducateur chrétien tentera de montrer le bien fondé d’un certain nombre de valeurs fondamentales qui appartiennent à la nature même de l’homme. Au non-croyant, il rappellera la valeur absolue de la vie humaine, la dimension relationnelle de son être, et l’invitera à considérer le monde comme porteur d’un message à déchiffrer. Au croyant d’une autre religion, l’ouverture à Dieu pourra être le point de départ pour un service en faveur de l’humanité. En aucun cas, la religion ne devra porter à la violence. Quelque soit la religion, si elle porte au fanatisme, elle devient contre témoignage. Les exemples dans l’histoire du passé mais aussi contemporaine, nous en montre les effets dévastateurs. A ceux qui voudraient établir une équation entre religion et violence, il convient de répondre que le nazisme et le communisme sont le fruit d’un fanatisme “laïque” qui a conçu l’homme sans Dieu et contre Dieu. La laïcité lorsqu’ elle devient laïcisme, elle aussi est une violence contre l’être humain…
A notre humble avis, il convient de promouvoir dans l’éducation, la valeur de la raison “aimante”. Seule une raison “aimante” sera capable de conduire l’humanité en dehors de la folie meurtrière de l’égoïsme…Une raison uniquement calculatrice conduira l’humanité à un nouveau totalitarisme où l’être humain sera sacrifier sur l’autel du rendement et de l’eugénisme….L’éducation peut dans cette optique être considérée comme  passeport pour la survie de la civilisation future…

Prof. A.-M. Jerumanis

11:57 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, education |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

12/12/2006

Les migrants sont notre monde.

Ils fuient la faim, la misère, les catastrophes naturelles, les guerres, les conflits internes, les persécutions ou aspirent tout simplement à un avenir meilleur pour leurs enfants. Les migrations internationales font partie intégrante de l’histoire de l’humanité et sont source de richesse et de progrès.

Aujourd’hui, près de 200 millions de personnes vivent de manière temporaire ou permanente hors de leur pays d’origine, soit 3% de la population mondiale. Les migrants contribuent au développement des pays d’accueil mais également de leur pays d’origine.

Souvent privés de certains droits fondamentaux, les migrants sont également les premières victimes de la peur de l’autre, du repli sur soi, de la négation des valeurs de solidarité qui se propagent dans notre société comme dans d’autres. Qu’ils soient en situation régulière ou non, les migrants sont avant tout des hommes, des femmes et des enfants, dont les droits doivent être respectés.

Les migrants sont notre monde et font celui de demain : dans un monde qui s’ouvre et se globalise, les mouvements de population sont appelés à s’amplifier. Et pourtant, quelles réponses nos politiques apportent-ils à la question migratoire ?

En France, comme de coutume à l’approche des élections, la question migratoire est instrumentalisée et utilisée pour réveiller la peur de l’étranger : les migrants sont stigmatisés et tenus pour responsables de tous les maux. La politique d’immigration se résume au concept utilitariste et réducteur d’une « immigration choisie », qui sélectionne les migrants en fonction des besoins, limite le droit de vivre en famille et considère tout demandeur d’asile comme un fraudeur potentiel.

Les expulsions d’étrangers en situation irrégulière s’intensifient. Au pays des droits de l’Homme, des rafles sont organisées dans les quartiers à forte concentration d’étrangers, des enfants sont interpellés dans leurs écoles, de jeunes majeurs sont renvoyés dans un pays qu’ils connaissent à peine, des pères de famille sont séparés de leurs enfants et expulsés...

L’Europe, quant à elle, continue d’ériger une forteresse autour de ses frontières et consacre des dizaines de millions d’euros à la militarisation des frontières et à la création de partenariats avec les pays de transit et d’émigration. Elle conditionne de plus en plus l’aide au développement à la maîtrise des flux migratoires alors que le développement est un droit et, en tant que tel, ne doit être soumis à aucune condition.

Bruno LEROY

et la

CIMADE.

13:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans COUPS DE GUEULE. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, social, education |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |