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06/01/2008

L'ÉPIPHANIE FÊTE AUX MULTIPLES VISAGES.

L'Épiphanie, c'est la fête de l'Église dans son universalité, une Église ouverte à toutes les cultures, avec leurs visages multiples. C’est le message central du récit des mages en Matthieu : des savants étrangers, venus d’Orient, rendent hommage à Jésus le Messie juif. Les signes offerts dans le monde, ces astres à repérer, conduisent à Jérusalem, aux Écritures. Celles-ci pointent vers Bethléem, vers la révélation d’un mystère : en Jésus le Christ, la promesse faite à Abraham inclut toute personne, par-delà les nombreuses identités et frontières, dans la dignité d'être humain et d'enfant de Dieu, appelé à reconnaître sa source. Autour de la crèche, il y a des frères et sœurs, qu'ils soient mages étrangers et savants, bergers judéens et marginaux, qu'ils soient juifs ou païens.

 

Ainsi, à travers ce récit, un mystère commence à se révéler : le don libérateur n’est pas réservé à une groupe, un peuple, une classe sociale, une catégorie d’individus, mais est offert à toute personne de bonne volonté. C'est pourquoi les premiers disciples iront annoncer l'Évangile dans tout l'empire romain et peu à peu partout dans le monde. Mais ce n'est qu'aujourd'hui que l'Église peut enfin se dire catholique, universelle, formée de personnes de tous les continents, de visages de tant de cultures, qui forment son corps. Cette ouverture universelle fut et demeure difficile. Dès les débuts, elle fut à l'origine de conflits majeurs dans l'Église; et chaque ouverture, dans l'histoire, fut faite après de fortes résistances et fermetures. On pense à l'accueil de la culture grecque au 1er siècle, à celle des Amérindiens au 16e siècle, ou à l'ouverture à la culture moderne, qui est encore en train de se faire.

 

Mais aussi, ce qui continue de chercher à se révéler à travers cette ouverture de l'Église, c'est que l'humanité est composée de personnes également libres, dignes, uniques et liées ensemble dans un destin historique commun. Nous avons aujourd'hui des déclarations universelles des droits de la personne et des organismes pour les défendre dans le monde entier. Cela peut nous paraître évident, mais ce fut loin de l'être dans la diversité des époques et des espaces; et il reste un long travail à accomplir pour que ce regard respectueux sur chaque être humain soit vraiment accepté et agissant, dans nos sociétés et dans l’Église.

 

Ce qu'il faut bien reconnaître aujourd'hui, historiquement, en toute honnêteté, c'est que cette vision de l'être humain a ses racines profondes dans le christianisme. Non pas là seulement, mais sûrement là de façon forte, claire et explicite. Ce regard sur l'histoire et la condition humaine, Jésus l’a inauguré et mis en mouvement par son être même, par sa parole et son action, par son Esprit. C'est cette perspective que Matthieu, Paul et d’autres ont articulée et exprimée de plusieurs manières. C'est cette conviction qui a animé tant de témoins inspirants, de François d'Assise en Europe à Las Casas en Amérique centrale à Pierre Claverie en Afrique du Nord et Mandela en Afrique du Sud, Gandhi et Mère Thérèse en Asie, Martin Luther King en Amérique du Nord. Oui, nous sommes tous des enfants de Dieu, frères et sœurs, appelés à être différents, uniques, mais solidaires, appelés à partager le pain et le sel, comme le disait Serge de Beaurecueil, o.p., en Afghanistan.

 

Aujourd'hui, il est de bon ton, dans les médias, de présenter une image du christianisme et de la tradition judéo-chrétienne qui est faussée, remplie de préjugés et de calomnies, sans compter simplement l'ignorance et la bêtise. Nous devons résister à ces clichés et fausses rumeurs, pour ne pas nous y habituer ou les intérioriser. Nous risquerions ainsi de perdre l'estime de nous-mêmes et de cet héritage inestimable de sens et de valeurs, d'œuvres et de témoins. Ce trésor s’est transmis et continuera de l’être, malgré et à travers nos misères et petitesses qui sont le lot commun de l'humanité. Ce que la Parole annonce, c'est une lumière capable de briser les obscurités et de rapprocher les lointains, c'est une sorte de mondialisation qui n'est ni dissolution ni exaltation des différences mais chemin d'humanisation et de communion.

 

Cette universalité, dont l’Épiphanie fait mémoire, ne fait pas disparaître magiquement les barrières raciales, ethniques, culturelles, idéologiques, mais elle nous rappelle qu'elles sont provisoires. Au lieu d'être des barrières, elles peuvent devenir des couleurs variées disant la beauté de l'humanité et de la création. Au lieu d’être des murs, elles peuvent devenir des ponts, offrant des passages. Et elles sont toujours franchissables, traversables, par ces passeports spirituels que sont la foi, l'espérance et l'amour.

09:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

05/01/2008

“Donner est le propre de ceux qui aiment”.

Ton talent, ta cordialité, tes qualités... se perdent: on ne t’en laisse pas tirer parti. — Médite bien ces paroles d’un auteur spirituel: « L’encens que l’on offre à Dieu n’est pas perdu. — Le Seigneur est mieux glorifié par le sacrifice de tes talents que par leur vain usage. » (Chemin, 684)

Et, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents: de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Arrêtons-nous un peu pour comprendre ce passage du saint Evangile. Comment pouvons-nous, nous qui ne valons rien, offrir quelque chose à Dieu ? L’Ecriture dit: tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut. L’homme ne réussit peut-être même pas à découvrir entièrement la profondeur et la beauté des dons du Seigneur: Si tu savais le don de Dieu! répond Jésus à la Samaritaine. Jésus-Christ nous a appris à attendre tout du Père, à chercher, avant tout, le royaume de Dieu et sa justice, car tout le reste nous sera donné par surcroît, et Il sait bien, Lui, ce dont nous avons besoin.

Dans l’économie du salut, Notre Père soigne chaque âme avec une délicatesse pleine d’amour: chacun reçoit de Dieu son don particulier, l’un celui-ci, l’autre celui-là. Il peut paraître inutile, par conséquent, de s’efforcer d’offrir à Dieu quelque chose dont Il n’a pas besoin; dans notre situation de débiteurs insolvables, nos dons ressembleraient à ceux de l’Ancienne Loi, que déjà Dieu n’acceptait pas: Sacrifices, obligations, holocaustes pour les péchés, tu ne les as voulus ni agréés et cependant ils sont offerts d’après la Loi.

Mais le Seigneur sait que donner est le propre de ceux qui aiment, et Lui-même nous montre ce qu’Il désire de nous. Ni les richesses, ni les fruits, ni les animaux de la terre, de la mer ou de l’air, ne lui importent, parce que tout est sien; Il veut quelque chose d’intime, que nous devons librement Lui donner: mon fils, donne-moi ton cœur. Vous voyez? Il ne se satisfait pas du partage: Il veut tout. Il ne cherche pas ce qui nous appartient. je le répète: c’est nous-mêmes qu’Il veut. C’est de là, et de là seulement que proviennent tous les autres présents que nous pouvons offrir au Seigneur. (Quand le Christ passe, 35) [Monter]

        http://www.opusdei.fr/art.php?p=20732

18:08 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SAINT JOSÉMARIA. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Le Rêve de Cassandre de Woody Allen.

 

Dans Match Point, sans doute le plus élaboré et le plus séduisant des films de Woody Allen, on assistait à l’exécution d’un crime parfait ; ou plutôt au hasard, ou à la chance, qui, par un indice tombé à un centimètre près, donnait à un assassinat une totale impunité. Cela se passait dans le milieu chic de la bourgeoisie londonienne, sur fond de lutte de classes feutrée et contournée.

 


 
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Allen nous propose maintenant le pendant et même l’inverse, dans son nouveau film, Le Rêve de Cassandre, titre poétique et prémonitoire, d’autant plus saugrenu qu’il est le nom d’un bateau. C’est sur ce petit yacht, acheté à coup d’emprunts, que deux frères, complices comme des copains, oublient les difficultés de leur existence.

 

Ian a accepté de travailler dans le restaurant de son père mais n’a qu’une idée : s’occuper d’autre chose, par exemple investir dans l’immobilier en Californie, tandis que Terry est mécanicien. Tous deux ont assez jolie mine mais, dans la société britannique qui se stratifie par le langage, leur accent les enracine bien dans la classe ouvrière londonienne.

 

Pourtant, les choses ne vont d’abord pas si mal. Grâce aux belles voitures réparées par Terry et empruntées pour un soir ou deux, Ian arrive à obtenir les faveurs d’une actrice dont le physique et surtout les ambitions sont sans doute bien au-dessus de son talent artistique. Terry, quant à lui, joue au poker et aux courses de lévriers, sport britannique, avec une chance incroyable qui, évidemment, finit par tourner au moment où il parie des sommes énormes. Lorsque le whisky et la bière ne font plus leur effet, il se rend compte qu’il a accumulé des dettes dans lesquelles il a compromis Ian et que leur famille ne pourra jamais assumer. Les rêves de réussite sont devenus des cauchemars.

 

Il faut un miracle, qui se présente sous la forme d’un oncle d’Amérique dont leur mère ne cesse de parler pour mieux humilier leur père qui n’a pas, lui, conquis cette fortune mirifique. Peut-être l’oncle Howard pourra-t-il aider ses neveux ? Il accepte volontiers et fort gentiment de le faire, à la seule et modeste condition de le débarrasser d’un associé gênant, prêt à dévoiler toutes ses turpitudes. On ne dira pas ici ce qui se passe, sauf qu’on assistera à un meurtre, à un suicide et à un accident, mais peut-être pas dans l’ordre qu’on attend.

 

Ce qui est intéressant, au-delà du cynisme d’autres films de Woody Allen, c’est le retour de la mauvaise conscience, dont la référence est ici Dostoïevski. Le crime doit être parfait, et donc sans châtiment. Mais Dieu ? Dieu n’existe pas, décrète l’un des frères. Mais la justice ? « Ne me chapitre pas ! » est la réponse de qui ne peut se justifier. N’y a-t-il pas des moments dans la vie où le crime est la seule issue ? Il est « inéluctable », selon le mot qui revient sans cesse dans le film et évoque évidemment le fatum, le destin, de la tragédie grecque que contient le titre et dont le chœur est constitué par l’entourage des deux pauvres types.

 

L’œuvre exclut pratiquement les femmes, même s’il faut leur plaire ou les faire vivre, et se resserre sur la terrible fraternité des deux jeunes hommes, enchaînés dans leurs faiblesses et leurs malchances. Y a-t-il vraiment des crimes sans châtiment ?

 


Paranoid Park de Gus Van Sant

 

Peut-être, répond le dernier film de Gus Van Sant. Le protagoniste en est un adolescent, Alex, qui évolue dans l’univers masculin du skate board, sport pratiqué avec violence et audace dans ce lieu assez mal famé de Portland, Oregon, appelé Paranoid Park.

 

 
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Taciturne et introverti, Alex, dont les parents sont divorcés et ne s’occupent pas de lui, est invinciblement attiré par cet endroit préservé des adultes et transfiguré par l’apesanteur. Van Sant, en installant parfois sa caméra sur une des planches, en suggère la magie et le vertige qui est au cœur du danger recherché. Mais là, Alex va avoir un geste qui, sans en avoir l’intention, n’en cause pas moins la mort horrible d’un homme.

 

Le film raconte, dans le style onirique et surprenant de Gus Van Sant, qui était en particulier celui de l’errance dans Gerry, la prise de conscience par Alex de son acte, un moment occulté. Quelques secondes peuvent décider de toute une vie à peine entamée. Tandis que la caméra ne cesse de scruter le visage imberbe et encore enfantin du garçon, souvent et allégoriquement caché par sa capuche, l’œuvre décrit une maturation lente. Nous assistons à l’entrée d’Alex dans l’âge adulte, symbolisée plus que montrée dans le premier acte sexuel avec sa petite amie, qu’il laissera d’ailleurs tomber presque aussitôt. C’est pourtant une autre fille qui, par une intelligence instinctive d’amitié, lui suggère de se libérer d’un poids qu’elle devine, en écrivant et en décrivant l’insupportable secret qui pèse sur sa jeune vie.

 

Alex devra-t-il se livrer à la police qui recherche le coupable dans le milieu des adeptes du skate board dont l’audace et la technique sont une métaphore du sujet du film, avec le glissement aérien et le choc du retour au réel ? Gus Van Sant a même affirmé qu’il avait voulu faire allusion à l’engagement de son pays en Irak. Le crime commis sans le vouloir, la mort infligée sans l’intention de la donner, dispensent-ils de la culpabilité ? L’ignorance de la faute épargne-t-elle le châtiment ? N’est-ce pas plutôt sa connaissance qui libère ?
Guy Bedouelle.

17:53 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

ÉPIPHANIE.

Les récits de l’enfance sont bien plus qu’une introduction aux évangiles de Luc ou de Matthieu, destinés à satisfaire notre curiosité sur ce que Jésus a vécu avant d’entrer dans sa vie publique. Ces quelques chapitres du premier et du troisième évangile nous parlent certes des ultimes préparatifs de l’incarnation du Verbe, de sa naissance et des premières années de sa vie parmi nous, mais leur but n’est pas anecdotique : Matthieu et Luc relisent la petite enfance du Sauveur à la lumière de Pâques, et nous font découvrir comment l’incarnation du Fils de Dieu est dès les origines orientée vers le mystère de notre Rédemption. Les titres de « Sauveur, Messie, Seigneur » que lui attribuent les Anges lors de l’annonciation aux bergers, sont des titres christologiques que la jeune Eglise attribuera au Ressuscité du matin de Pâques. C’est en relisant la vie de leur maître exalté à la droite du Père, à partir du témoignage de « ceux qui, dès le début, furent témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole » (Lc 1, 2), que Luc et Matthieu ont composé leur évangile de l’enfance, dans lequel ils nous révèlent que celui qui sera un jour humilié sur la croix, avant d’être glorifié à la droite du Père, s’est fait d’abord petit enfant, afin d’épouser intégralement notre condition humaine. « Tout cela s’est fait ainsi, nous explique saint Athanase, pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l’offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature, ce qui permet à saint Paul de dire : “Il faut que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité”».
L’annonce des Anges aux bergers dans la nuit de Noël préfigure l’annonce de la Résurrection aux saintes femmes à l’aube de Pâques ; la fuite en Égypte - symbole biblique de la mort - et le meurtre des saints Innocents préfigurent la Passion et la mort de Jésus ; le retour d’Égypte, qui suit le parcours de l’Exode, annonce le retour à la vie du vainqueur de la mort. Quant à l’adoration des rois mages, elle anticipe la fin des temps, si merveilleusement décrite dans les derniers chapitres du prophète Isaïe dont nous avons entendu un extrait en première lecture. Les mages ne s’y sont pas trompés : le petit enfant qu’ils adorent est bien le Roi de gloire, le mystérieux personnage triomphant attendu pour la Parousie, et qui viendra établir pour toujours le règne de Dieu parmi les hommes. Ce jour-là, « la gloire du Seigneur brillera » sur toutes les nations, qui sortiront de « l’obscurité qui recouvre la terre » et s’avanceront vers « la clarté de son aurore » (1ère lect.).
« Les nations marcheront à la lumière de la Cité sainte, et les rois de la terre viendront lui porter leurs trésors. La cité n’a pas besoin de la lumière du soleil ni de la lune, car la gloire de Dieu l’illumine, et sa source de lumière, c’est l’Agneau » (Ap 21, 24.23). Lorsqu’on se souvient que le terme araméen « talja » signifie à la fois « enfant » ou « agneau », la page d’évangile de ce jour prend un relief tout particulier. L’étoile que ces princes « venus d’Orient ont vu se lever » est l’étoile radieuse du matin, le Christ ressuscité, qui illumine tout homme venant en ce monde, afin de le conduire aux sources vives du salut. Il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ; à lui seul revient l’or, symbole de la royauté suprême ; il est le grand prêtre, symbolisé par l’encens ; lui seul est digne d’offrir le sacrifice qui nous réconcilie avec Dieu son Père - le sacrifice de sa propre vie offerte par amour, et symbolisé par la myrrhe, baume de grand prix réservé à la sépulture des rois.
Le « mystère du Christ » dont parle Saint Paul dans la seconde lecture, est le mystère de l’amour triomphant de toutes nos divisions, nos antagonismes ; de l’amour vainqueur de la haine faisant tomber tous nos murs de séparation ; de l’amour qui rassemble tous les enfants de Dieu dispersés : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ibid.).
L’épiphanie est la fête de l’espérance, parce qu’elle annonce le grand rassemblement de tous les enfants de Dieu sous la bannière de son Christ. Le jour viendra où le combat de la lumière et des ténèbres, de la vérité et du mensonge, de la vie et de la mort cessera. Ce jour-là « la gloire du Seigneur brillera » sur toutes les nations qui sortiront de « l’obscurité qui recouvre la terre » et s’avanceront vers « la clarté de son aurore » (1ère lect.).
Encore faut-il que la flamme de l’espérance ne vacille pas au grand vent de la culture de la mort qui étend de plus en plus ses tentacules, cherchant à étouffer les aspirations à la vie, à la paix qui animent les hommes de bonne volonté. A nous chrétiens, incombe la responsabilité de ranimer cette flamme en nos cœurs, afin qu’elle devienne communicative et relance la quête de ceux qui cherchent Dieu sincèrement. Le parcours des mages trace en effet celui de tout pèlerin de l’Absolu. Au départ de toute conversion, il y a toujours un événement, joyeux ou douloureux, qui nous arrache à notre torpeur spirituelle et réveille en nous la nostalgie d’un monde réconcilié ; d’une humanité vivant en harmonie et en paix sous le regard d’un Dieu bienveillant qui désire le bonheur de ses enfants. Mais qui nous sauvera de notre malice, de notre égoïsme, de notre impuissance à aimer ? Où le trouver ?
« En entrant dans la maison, les mages virent l’Enfant avec Marie sa mère ». Cette « maison » représente l’Église. C’est vers elle que nous pousse l’Esprit, car c’est là que nous attend celui que nous cherchons ; c’est là que nous pouvons enfin rencontrer, dans sa Parole et dans ses sacrements, celui dont nous pressentions la présence, celui qui est la source et le terme de notre espérance. « Et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui » : « tel est le sommet de tout l’itinéraire : la rencontre se fait adoration, s’épanouit en un acte de foi et d’amour qui reconnaît en Jésus, né de Marie, le Fils de Dieu fait homme » (Benoît XVI, Cologne 2005).
La démarche n’a pas dû être facile pour les mages - comme pour chacun de nous d’ailleurs. Car ce n’est pas devant un roi glorieux selon notre conception mondaine qu’ils sont invités à se prosterner, mais devant un petit enfant de condition modeste. Ici commence pour eux comme pour nous, un cheminement intérieur qui est sans cesse à reprendre : il nous faut découvrir au fil de l’Évangile que la puissance de ce Roi n’est pas de ce monde ; qu’elle ne se manifeste pas dans un déploiement de force, mais dans la vulnérabilité de sa vie livrée par amour. Sa gloire se révèlera dans l’humiliation d’une mort honteuse, librement consentie ; son pouvoir, dans sa miséricorde qui nous réconcilie avec le Père et nous donne part à sa propre vie dans l’Esprit. L’Évangile opère une véritable révolution de notre manière spontanée de nous représenter Dieu. Avant de nous prosterner devant l’Enfant divin, il nous faut consentir à une profonde conversion, disons : à un chamboulement de nos valeurs. Ce n’est qu’au prix d’un changement radical de notre regard sur les situations, les événements, les personnes, que nous pourrons reconnaître en cet Enfant le don de Dieu qui surpasse toutes nos espérances, l’Agneau doux et humble de cœur qui nous ouvre le chemin de la vraie vie.
« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin » : ils étaient venus en suivant l’étoile des prophéties de la première Alliance qui les a conduits jusqu’à l’Enfant. Mais au retour, ils n’ont plus besoin de cette étoile : désormais la Parole vivante, le Christ, était en eux, la lumière de son Esprit était leur flambeau, « la gloire du Seigneur s’est levée sur eux » (1ère lect.). Ou pour le dire avec les paroles de Saint Paul (dans la seconde lecture) : la « grâce que Dieu leur a donnée, c’est de leur faire connaître, par la révélation de l’Esprit, le mystère du Christ ».
Souvenons-nous frères et sœurs, que tous nous avons reçu cette connaissance, c’est-à-dire cette configuration au Christ qui nous le fait connaître en participant à sa vie dans l’Esprit. Demandons au Seigneur de nous renouveler dans ce don ineffable, et offrons-lui en retour « l’or de notre liberté, l’encens de notre prière ardente, et la myrrhe de notre affection la plus profonde » (Jean-Paul II).

« Aujourd’hui Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur. Par Jésus le Christ notre Seigneur » (Or. d’ouv.).



Père Joseph-Marie.

17:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Des terroristes dans l’Église ?

Des terroristes dans l’Église ?
samedi, 5 janvier 2008 / Journalchretien.net

TEGUCIGALPA, HONDURAS (Continental News) - Le pasteur de l’une des plus importantes Églises évangéliques d’Amérique centrale dit que des terroristes infiltrent des Églises et d’autres organisations chrétiennes pour mieux opérer.

Misael Argenal est le pasteur principal de l’Église évangélique La Cosecha (Église de La Moisson) basée à San Pedro Sula et comptant plus de 35.000 membres. Il a déclaré hier à la presse que son assemblée est dans l’obligation de recruter des agents de sécurité anti-terroristes pour faire faire à une réalité : la présence des criminels et terroristes qui infiltrent dans l’Église. Il doit donc embaucher du personnel de sécurité spécial pour faire face à cette « triste nouveauté ».

La police nationale indique qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais que le pasteur aurait tout simplement pris conscience de la présence des gens de mauvaise vie dans certaines Églises après qu’il ait été agressé le 8 décembre à la sortie du culte. Des agresseurs l’ont dépouillés avant de s’e n prendre au pasteur des jeunes Jairo Enamored et à David Madrid, journaliste de la chaîne chrétienne The Harvest’s broadcaster Channel 39.

Le révérend Misael Argenal se souvient bien de ce terrible jour. « Ils ont menacé de me tuer si je n’arrête pas mon ministère... C’était un moment difficile », déclare-t-il à la chîne espagnole Univision.

Le pasteur Argenal dit que les actes de violence ont augmenté et qu’un évangéliste de l’église Ebenezer a été assassiné dernièrement à la sortie du culte.

Le pasteur a souligné qu’il « ne craint pas la mort », mais que la sécurité est aussi d’un « grand intérêt » pour sa famille et les chrétiens de son église.

Le pasteur croit sérieusement que des criminels et terrorist es s’infiltrent dans des églises. Il dit que les bandes criminelles voient la croissance des églises évangéliques au Honduras comme une menace, car il leur devient de plus difficile de recruter de nouveaux membres pour leurs réseaux mafieux.

Fidèle à sa vocation, le pasteur Argenal conclut : « Mais je continuerai à exercer mon ministère ». Il commence son ministère pastoral en 1977 en prêchant devant un bar dans le quartier chaud de San Pedro Sula. En trois décennies, il a grandi. En plus d’avoir la méga-église de San Pedro Sula, son Mouvement comprend également 70 autres Églises sœurs au Honduras ainsi que l’un au Salvador et trois dans la région d’Atlanta aux États-Unis.

En outre, l’église évangélique de La Moisson gère plusieurs programmes sociaux, y compris un foyer pour enfants, un centre d’accueil pour les alcooliques et les toxicomane s, une station de radio-télévision, les ministères de la jeunesse, une clinique de santé gratuite pour tous, un établissement d’enseignement général (primaire et secondaire), une université chrétienne, une école technique, un institut biblique, une librairie et une cafétéria.

Le pasteur Argenal, qui se considère comme un apôtre, dit que Dieu vient toujours à son secours dans des circonstances difficiles. Il fonde son espérance dans ce message de la Bible : « Je te donnerai les nations pour héritage et pour possession les extrémités de la terre » (Psaumes 2:8-9)

- Prions pour que Dieu bénisse encore davantage le travail de l'Eglise de la Moisson.

- Prions pour que l'action des groupes criminels soient vouée à l'échec.

Source: Journalchretien.net

17:43 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

A propos de vieillesse.


1 ) Première réflexion spirituelle sur la vieillesse et le temps qui passe, insaisissable...

 

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Si vous vous sentez vraiment « vieux » aujourd'hui, ne désespérez pas encore !

10:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SPIRITUALITÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |