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08/02/2007

« Le chemin de l’amour ne s’arrête jamais »

 Mgr Follo à l’Unesco
« L’Education, un chemin d’amour », symposium à Paris

ROME, Jeudi 8 février 2007 (
ZENIT.org) – « Le chemin de l’amour ne s’arrête jamais » : c’est le titre de l’intervention de Mgr Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège à l’Unesco, lors d’un symposium intitulé « L’Education, un chemin d’amour ».

Cette journée d’étude a eu lieu à Paris, le 9 novembre dernier, à l’intiative de la mission du Saint-Siège à l’UNESCO, de l’université Fordham – l’université des Jésuites à New-York, avec la participation du cardinal Zénon Grocholewski, préfet de la congrégation romaine pour l’Education catholique..

Mgr Follo rappelait que l’Education catholique se fonde sur des « bases anthropologiques reconnues » auxquelles des éducateurs chrétiens, des non-croyants ou des disciples d’autres religions peuvent se référer.

Il citait les mots de Don Bosco indiquant que le but de l’éducation est « de former d’honnêtes citoyens et de bons chrétiens ».

En d’autres termes, il s’agit, expliquait Mgr Follo, de « proposer aux jeunes » d’être enracinés dans le Christ pour « devenir des saints, c’est-à-dire des gens vrais, en les aidant à prendre pleinement leur palce dans la société en tant que citoyens honnêtes et responsables ».

Le but de l’éducation chrétienne est ainsi d’enseigner à « vivre dans la justice : d’une part la justice qui vient de Jésus Christ (cf. Ph 3, 9), de l’amour de Dieu libérateur, et d’autre part, la justice sociale, sans laquelle il est impossible de rechercher le bien commun et le réconfort de la société et des individus ».

« J’ai dit ‘vrais’, parce qu’il n’y a pas de justice dans le mensonge, car c’est dans la vérité que règne la justice ». Il s’agit, résumait le représentant du Saint-Siège de « s’ouvrir à Dieu » « et de « s’ouvrir à l’homme ».

La pédagogie chrétienne, expliquait par ailleurs Mgr Follo en citant le chapitre 13 de l’Epître de saint Paul aux Corinthiens, est une « pédagogie de l’amour ».

C’est ainsi que Don Bosco a transformé de grandes maisons en « familles » caractérisées par l’amour mutuel, avec les points cardinaux « raison, religion, tendresse », rappelait Mgr Follo qui proposait : « raison, coeur, religion ». Trois points que Mgr Follo développait avant de conclure : « Eduquer, c’est aider la personne humaine à entrer dans la plénitude de l’existence, en vivant la charité, avec charité, pour la charité : il est nécessiare d’éduquer la raison ».

« Eduquer religieusement, insitait Mgr Follo, c’est éduquer à une rencontre, c’est aussi la raison pour laquelle le saint-Père a écrit qu’au départ de l’être chrétien (cela peut être écrit pour toute la personne humaine), il n’y a pas de décision éthique ou une grande idée mais la rencontre avec la Personne de Jésus Christ, « qui donne à la vie un horizon nouveau et une direction décisive » (Enc. Deus Caritas est, 1) ».

Il ne s’agit donc pas « d’assimiler quelque chose » mais de « rencontrer quelqu’un », résumait Mgr Follo.

Le repésentant du Saint-Siège concluait par cetet citation des paroles de Benoît XVI le 19 octobre dernier à Vérone, lors du congrès national de l’Eglise italienne: « …
L'éducation de la personne est une question fondamentale et décisive. Il faut se préoccuper de la formation de son intelligence, sans négliger celle de sa liberté et sa capacité d'aimer. Et pour cela, il est nécessaire de recourir aussi à l'aide de la Grâce. C'est uniquement de cette manière que l'on pourra contrer efficacement ce risque pesant sur le destin de la famille humaine qui réside dans le déséquilibre entre la croissance si rapide de notre pouvoir technique et la croissance bien plus laborieuse de nos ressources morales. Une éducation véritable doit réveiller le courage des décisions définitives, qui sont aujourd'hui considérées comme un lien qui porte atteinte à notre liberté, mais qui en réalité sont indispensables pour grandir et parvenir à quelque chose de grand dans la vie, en particulier pour faire mûrir l'amour dans toute sa beauté : et donc pour donner consistance et signification à la liberté elle-même. C'est de la sollicitude pour la personne humaine et sa formation que viennent nos ‘non’ à des formes affaiblies et déviées d'amour et aux contrefaçons de la liberté, ainsi qu'à la réduction de la raison uniquement à ce qui est calculable et manipulable. En vérité, ces ‘non’ sont plutôt des ‘oui’ à l'amour authentique, à la réalité de l'homme comme il a été créé par Dieu. Je veux exprimer ici toute mon estime pour l'important travail de formation et d'éducation que les Eglises singulières ne se lassent jamais d'accomplir en Italie, pour leur attention pastorale aux nouvelles générations et aux familles : merci de cette attention! Parmi les multiples formes de cet engagement je ne peux manquer de rappeler, en particulier, l'école catholique, parce qu'à son encontre subsistent encore, dans une certaine mesure, des préjugés anciens, qui engendrent des retards regrettables, et qui ne sont désormais plus justifiables, en vue d'en reconnaître la fonction et de permettre concrètement son activité ».

21:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, social |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

13/12/2006

La Tendresse fenêtre ouverte sur nos Frères.

La tendresse ? C’est un regard qui regarde vraiment. C’est une main, légère, qui hésite un instant puis se pose en douceur. Ce sont deux bras qui s’ouvrent, deux bras ne posent pas de questions, deux bras juste à la bonne taille pour faire le tour de nos cœurs. Pour certains, la tendresse, c’est, comme dans la chanson de Léo Ferré, de tous petits mots : « Ne rentre pas trop tard, surtout ne prend pas froid. » Pour d’autres, elle est ce qui arrive après l’amour. Ou avant. Ou à côté. Difficile de l’étiqueter, de l’estampiller, de la mettre en bouteille. Volatile, elle s’amuse à changer de forme, de texture, de saveur. Discrète, elle est souvent impalpable, volontiers muette et pourtant, elle reste universellement comprise. Pour tous, partout, la tendresse est une force, une sève.

De Phnom Penh à Ouarzazate, de Dublin à Sydney, les femmes penchées sur leur enfant ont le même sourire. Ici ou ailleurs, les visages de ceux qui s’aiment s’illuminent de la même façon en ce découvrant dans la foule. Qui que l’on soit, d’où que l’on soit, on peut vivre sans passion amoureuse, sans grandes exaltations, sans bouleversements, on ne peut pas vivre sans tendresse.

Les experts de l’âme s’accordent à dire qu’elle nous est aussi vitale que l’air ou l’eau. Isabelle Filliozat, psychothérapeute, souligne : « Notre besoin fondamental est de nous sentir en relation avec les autres.

La tendresse est une marque de reconnaissance. Pour exister aux yeux des autres et à nos propres yeux, nous avons un besoin vital de ces signes. » Signe, le mot est lancé. La tendresse est signe, elle n’est même que cela. Elle scelle notre appartenance au genre humain. Avant même notre naissance, nous ressentons tous ce besoin d’ancrage dans une entité accueillante ; le bébé, on le sait, a du mal à se développer lorsqu’il ne se sent pas attendu. Le premier langage que nous apprenons, c’est celui de la tendresse : elle nous relie à notre mère et fait le lien entre notre univers intérieur et le monde extérieur. Elle est le fil de la chanson d’Alain Souchon, ce « fil de nos sentiments enlacés, ce joli fil entre nos cœurs passés ». Si le fil se brise, nous voilà des pantins désarticulés. « Sans tendresse, l’enfant ne s’édifie pas, l’adolescent ne s’émancipe pas, les amants ne s’aiment pas réellement et les mourants laissent derrière eux d’irrémédiables regrets », commente Gérard Pagès, psychothérapeute et fondateur du Festival tendresses d’Avignon. La vraie différence entre Folcoche, la génitrice du cauchemar d’Hervé Bazin, et la mère d’Albert Cohen, comme sortie d’un conte, n’est pas tant de l’ordre de ce qu’elles ressentent pour leur fils que la tendresse qu’elles acceptent ou sont incapables de leur offrir. On s’en souvient, le premier manquera d'en mourir.

Aujourd’hui, dans ces adultes à la dérive, ces gamins paumés des cités, ces personnes âgées abandonnées à elles-mêmes, on stigmatise volontiers une société au cœur sec. Le monde actuel est-il irrémédiablement étanche à l’autre ? En fait, c’est plus subtil que ça : « Même si les ordinateurs gagnent du terrain, nous allons vers davantage de permissions d’être en contact », observe Isabelle Filliozat. « Affectivement parlant, nous sommes de plus en plus reliés, explique Gérald Pagès, et ce malgré l’existence de difficultés individuelles énormes. » Trop facile d’accabler la « société » au sens large : c’est pour beaucoup à un niveau personnel, intime, que tout se joue. La tendresse, miel des rapports humains, fonctionne par un système de vases communicants. Il faut en avoir reçu pour en donner. Pour autant, les psychanalystes ne croient pas à un déterminisme impitoyable : même si on n’a guère reçu de tendresse à son enfance, il est toujours temps de s’y mettre. Une journée ensoleillée tient souvent à un compliment léger comme un baiser. L’ami triste, rasséréné d’une plaisanterie, nous récompense de son seul sourire.

Bruno LEROY.

10:25 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite, social, poesie |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

14/10/2006

PÉDAGOGIE DE LA LIBERTÉ.

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Donner une force intérieure à nos Jeunes est une mission pédagogique qui les met en face de leurs libertés et responsabilités.
Si nous désirons profondément un monde plus Humain et davantage responsable ; il nous faut sans tarder mettre en place une Pédagogie de la Liberté. Il en va de notre Avenir et de ceux qui formeront la société de demain.

La liberté en tant que moyen pédagogique ou thérapeutique, est la somme des permissions accordées par l’entourage ; la liberté en tant que but, est un état que l’on réalise à l’intérieur de soi-même et qui correspond à l’épanouissement de la personne tout entière par un développement harmonieux de toutes ses facultés. Il est aisé de comprendre que les permissions, données judicieusement, favorisent un exercice naturel des facultés et par suite leur développement. C’est dans un climat ouvert et confiant que l’être peut s’épanouir. Assurément, il est des permissions qui n’engagent guère la responsabilité de ceux à qui elles sont accordées : on peut ainsi permettre de lire un livre, de faire une excursion, d’assister à un spectacle. L’éducateur en conserve toujours la responsabilité ; ce sont des permissions limitées à une circonstance : on pourrait dire que ce sont des levées d’interdiction et rien de plus. La vraie permission est celle qui donne le droit de choisir, et peut-être même qui met l’individu en demeure de faire un choix : ce n’est plus simplement une sorte de cadeau qu’on accorde à l’adolescent parce qu’il a été bien sage ou parce qu’on a envie de lui faire plaisir : c’est une initiative qu’on lui laisse et par conséquent une responsabilité dont on le charge.

La liberté ainsi comprise n’est donc pas chose facile !

Au fur et à mesure qu’elle s’affirme et se précise, elle se rapproche du but, elle se confond de plus en plus avec lui, sans cesser pour autant d’être un moyen de s’en rapprocher davantage. Plus le moyen se perfectionne, plus il participe au but qui, par principe est supposé parfait. De même que selon la sagesse populaire, " c’est en forgeant qu’on devient forgeron ", c’est en étant libre qu’on apprend à être libre. L’expérience nous apprend que les circonstances dans lesquelles on n’a aucune décision à prendre sont celles qui entraînent le moins de dépense nerveuse. Beaucoup d’hommes ont été amenés à constater que le temps du service militaire avait constitué pour eux une détente dans la mesure où ils se sentaient pris en charge par l’armée et délivrés du souci d’agir par eux-mêmes et de s’occuper de leurs propres intérêts.

C’est la Liberté intérieure qui est le but de l’éducation, parce qu’elle correspond à la santé psychique, au bien-être moral, à un accord de soi avec soi-même. Elle seule répond vraiment à l’aspiration profonde et naturelle de l’homme, toujours en quête de son unité. Nous ne la concevons d’ailleurs pas comme quelque chose de fermé, qui n’aurait aucun rapport avec le monde extérieur, car un tel isolement ferait de l’individu un être incomplet qui, à vrai dire, n’aurait aucune raison d’être, non plus que sa belle liberté dont il n’aurait désormais que faire. Pour que celle-ci ait quelque valeur, il faut au contraire qu’elle soit une réponse au monde extérieur et non une jouissance purement personnelle que les contacts du dehors seraient destinés à ternir. Elle doit nous mettre à l’unisson de la Vie et non nous en retrancher. Comment pourrions-nous être vraiment d’accord avec nous-mêmes en commençant par nous amputer de toutes nos tendances sociales et de notre besoin d’agir ? Loin d’être marquée par l’épanouissement de nos facultés, cette pseudo-liberté correspondrait à une atrophie de notre personnalité. En fait, la liberté, en tant que but de l’évolution humaine, réclame de l’individu deux conditions préliminaires : un accroissement du sens de la Réalité et un accroissement des forces qui permettent d’affronter cette dernière.

La première de ces conditions implique tout d’abord que l’individu ait l’intelligence de ses actes, c’est-à-dire qu’il soit capable de prévoir et de mesurer leurs conséquences. Or, la possibilité de se diriger soi-même comme il faut est un des attributs essentiels de la liberté ; on dit d’un homme qui évolue avec aisance au milieu des obstacles qu’il a une grande liberté de mouvements et cela, non parce qu’il ignore les obstacles, mais parce qu’il sait en tenir compte.

La réalité qu’il faut connaître n’est pas seulement matérielle : elle est aussi psychologique ; il faut se connaître, soi, et connaître les autres, car rien ne peut rendre plus dépendant que l’ignorance des vrais mobiles qui animent les individus. C’est en découvrant le déterminisme physique et en utilisant ses données que l’homme est parvenu à se délivrer de nombreuses servitudes que la Nature lui imposait. De même, la connaissance des déterminismes psychologiques est la seule chance que nous possédions de nous délivrer de leur implacabilité. Il faut avoir conscience de l’interdépendance des êtres, des choses et des actions pour ne pas en être le jouet. Plus notre route sera éclairée, plus il nous sera loisible de choisir notre direction.

La seconde condition de la liberté réside dans l’accroissement de nos forces. Savoir choisir ce qui va dans le sens de sa nature, de son rôle et de sa destinée constitue donc une qualité qui fait partie des conditions de la liberté humaine. Cette faculté de discrimination permet à l’individu de trouver tout de suite un chemin qu’il ne regrettera pas d’avoir pris et qu’il pourra par conséquent suivre d’un bout à l’autre sans se sentir contraint. Les regrets sont en effet des boulets que nous traînons à nos pieds comme un signe de servitude, c’est-à-dire des contradictions qui nous enchaînent.

Pour être libre, il faut que l’homme soit fort, et pour être fort, il faut qu’il soit cohérent sans que cela lui coûte. A ce moment, ses instincts et ses impulsions ne sauraient plus lui faire peur ni par conséquent attenter à sa liberté. Il ne se croira donc pas obligé de les nier ou de les ignorer : il n’aura pas besoin de réclamer des garde-fous, de s’inventer des barrières artificielles. Plus on est fort, moins on a besoin de fortifications. La liberté véritable n’est pas immobilité, mais aisance. Celui qui est vraiment libre dispose de la plénitude de ses facultés parce qu’il peut penser et agir sans éprouver toujours le sentiment qu’il désobéit à une puissance invisible, prête à le rappeler à l’ordre. Il pense, il sent, il juge et il agit librement ; c’est-à-dire en pleine connaissance de cause, sans être retenu ou paralysé par des motifs confus ou inavoués. Son comportement est conforme à son jugement qui est conforme à sa pensée, elle même conforme à ses sentiments.

L’individu libre a droit à se libérer des contraintes étrangères qu’il estime inacceptables ; mais si, par hasard, il se trouve d’un coup débarrassé de ces contraintes sans avoir atteint l’autonomie et la maturité nécessaires, il apparaît comme un petit enfant à qui l’on a donné un jouet magnifique et compliqué, dont il est incapable de se servir. Il possède alors en effet une Liberté sans but et sans raison d’être, qui ne l’empêche pas de souffrir sourdement de sentiments de dépendance, d’autant plus difficiles à supporter qu’il ne peut même pas discerner leur cause exacte ni par conséquent donner un objet à sa révolte.

Il est évident que l’éducateur, en tant que tel, ne peut prétendre modifier directement les conditions que rencontrera l’adolescent dans sa vie d’adulte. Le seul but qu’il puisse s’assigner, c’est la formation du jeune lui-même et par conséquent, sa liberté, dans la mesure où, celle-ci devient synonyme de maturité et correspond au développement équilibré de toutes ses potentialités. Je me suis efforcé, alors que le mot " liberté " demeure confusionnel, de ramener le débat, d’une part à une technique éducative, d’autre part à un problème plus vaste qui touche au sens même de l’éducation et, peut-être un peu, de la Vie. Disons même que c’est à partir du moment où nous avons conquis cette liberté qu’il nous devient possible de faire vraiment quelque chose de notre existence. L’adolescent doit devenir cet adulte qui assume sa propre destinée, celui à qui revient la responsabilité de ses actes et qui doit subir leurs conséquences dont personne ne cherche plus à le préserver. Une telle adaptation de soi à soi-même, si elle répond à la définition de la liberté humaine, répond aussi à la définition sans doute plus valable du Bonheur.

Bruno LEROY.

20:39 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, Gauche, social |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

07/07/2006

LES JEUNES DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI.

Dans le monde d’aujourd’hui,  faire un droit de parole avec des jeunes, c’est quelque chose de sérieux, donc,  il faut croire en ce qu’ils sont.  Ce droit de parole nous a fait voir qu’ils sont souvent le reflet de notre société.  C'est-à-dire, mélangés par la mode, les médias, l’Internet et l’exemple bien souvent,  de nous les adultes.  J’irai plus loin en vous faisant part qu’ils sont fréquemment tristes, déchirés. À la recherche de quelque chose mais quoi…?  Ce que nous retenons, c’est qu’ils sont pleins d’amour.  Ils ont soif de vérité, d’avoir une place, des explications, mais surtout d’être aimés.  Ce sont des enfants qui crient leur besoin d’avoir un sens à leur vie, d’apprendre le sens des valeurs, ne serais-ce que de redécouvrir leurs racines, la féérie de Noël, le sens de l’Action de Grâce, Pâques, les sacrements, tel le mariage.  Les gestes qui nous semblent anodins, parce que nous en connaissons l’histoire.  N’oublions pas que nos enfants et petits enfants ne savent pas tout, ils sont des êtres en devenir.  N’oublions pas qu’ils sont souvent déchirés, blessés, par le divorce, les abus de toutes sortes, la peur de l’avenir, les exigences d’un monde désordonné.  Dans un monde ou Star Treck ou la Guerre des Étoiles ont pris la place de Jésus, celle de Dieu le Père et que l’Esprit Saint a été remplacé par la Mystérieuse Mademoiselle C, il faut bien l’avouer,  la meilleure amie de nos enfants, c’est madame Vision de son prénom télé.  Le sensas dépasse Dieu parce qu’il y a des explications à tout ce qui se véhicule.  Le monde est en crise d’adolescence, c’est un monde critique ! Où la critique fait partie du quotidien et c’est là que le jeune est tiraillé ou inspiré par les commentaires que nous apportons en tant qu’adultes.  La religion est un sujet tantôt tabou, tantôt bourré de mépris voire même de faux jugements.  Malheureusement,  ce sont ceux qui inspirent nos nouvelles générations.  Quelle est la place de la foi ? C’est une histoire, un conte ou l’espoir d’un avenir meilleur !

Ce texte est une prise de parole au nom de nos jeunes car ils ont à apprendre ce qu’est prendre une place dans la société, une société qui pour eux, est encore à l’élaboration de nouveaux plans pour la construction d’un monde meilleur et qu’il fera bon vivre à travers les générations.


Lynda Bernier

 

16:43 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, social, christianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

06/06/2006

La dépendance sexuelle.


Définitions:

Un dépendant sexuel est celui qui est conduit par cette forte dysfonction émotionnelle à utiliser de manière compulsive et obsessionnelle l'activité sexuelle pour saisir un sentiment de valeur ou d'identité, ou pour en prouver le manque (dans la mesure où il a accepté des autres - ou de lui-même - un jugement de condamnation sans appel contre lui-même)

- David Foster

«La dépendance sexuelle existe quand une personne pratique une activité sexuelle au point d'affecter négativement sa capacité à composer avec les autres aspects de la vie, devenant impliquée dans d'autres relations - soit vraies ou à travers les fantasmes - et devenant dépendant des expériences sexuelles comme source première de contentement ... sans regard aux conséquences sur sa santé, sa famille et / ou sa carrière.»

- Dr. Harry Schaumburg :

L'Organisation Mondiale de la Santé définit l'intoxication comme étant "une relation pathologique envers un événement altérant l'attitude, une expérience, une chose qui a des conséquences néfastes sur la vie".


La plupart des gens sont un peu surpris à la pensée que le sexe peut rendre cliniquement dépendant, comme les drogues et l'alcool. Cependant cela ne devrait pas être surprenant quand vous prenez en considération que toutes les pensées et les comportements ont une base chimique dans le cerveau. Et, bien sûr, comme dans l'exercice physique, des produits chimiques sont relâchés dans le cerveau en réaction à la pratique sexuelle.

Si quelqu'un est déjà enclin émotionnellement à un comportement dépendant, il est raisonnable que parmi les expressions de ce besoin, il se trouve un usage excessif du sexe.

Chaque dépendant, de n'importe quel type, commence par un jugement personnel qu'il est en quelque manière incomplet ou inadéquat dans un ou plusieurs domaines. Les causes pour ces conclusions sont nombreuses, mais il apparaît que la cause primordiale pour toute dépendance est un jugement personnel disant "Je suis mauvais" - non pas, "J'ai mal agi", mais "Je suis une mauvaise personne".

Les produits chimiques impliqués (soit ingérés ou produits par le cerveau) semblent aussi compenser pour certains patrons synaptiques irréguliers dans le cerveau de la personne dépendante. Il n'est pas clair si cette irrégularité est toujours liée à la génétique (quelque chose qui a été clairement héritée), ou si certains patrons de comportement répétés et certaines influences environnementales ont conspiré pour altérer la forme normale du récepteur et son alignement dans le cerveau. Mais il y a toujours une composante neurochimique pour chaque dépendance.

Les dépendances sont aussi interchangeables. Par exemple, vous pouvez avec succès surmonter votre comportement dépendant de boulimie, mais si vous n'avez pas composé avec la cause première de votre désordre comportemental, vous pourriez vous retrouver avec une dépendance croissante, compensatrice dans un autre domaine (comme une obsession à faire de l'exercice). Plusieurs gens qui abandonnent la dépendance aux drogues transfèrent leur besoin compulsif dans l'alcool. Ceux qui cessent de fumer se mettent souvent à trop manger. Certains qui cessent un comportement sexuel compulsif, le remplacent par une dépendance du travail.

Trouver la source du problème pour le traiter efficacement

Clairement, la cause première, la source du comportement obsessionnel et compulsif doit être trouvée avant que la santé mentale et le comportement normalisé puissent être atteints de façon permanente.

La plupart des dépendances semblent avoir leur origine dans des événements traumatiques précoces qui ont eu un effet sérieux sur un domaine faible dans le tissu émotionnel de la personne, un domaine où l'estime de soi et la valeur personnelle ont été compromises de manière considérable. Souvent ceci se produit à l'intérieur du milieu familial. Par exemple, des attaques verbales continuelles faites par un parent sur la valeur d'un enfant, ou des incidents traumatiques ont pu se produire (abus physique ou sexuel), la conséquence étant que l'enfant a perdu toute confiance et estime de soi.

Parfois ces événements sont si traumatiques que la victime ne peut se rappeler qu'ils se sont même produits. Tout ce qu'elle sait c'est qu'à certains périodes et sous certaines circonstances, elle se sent anormalement inconfortable ou apeurée. Elle va alors s'accroher à la chose qui peut lui ôter la peur ou la douleur. Jusqu'à 97% de tous les dépendants sexuels ont été émotionnellement abusés en tant qu'enfants et quelque 81% ont été abusés sexuellement.

Un dépendant sexuel est celui qui est conduit par cette forte dysfonction émotionnelle à utiliser de manière compulsive et obsessionnelle l'activité sexuelle pour saisir un sentiment de valeur ou d'identité, ou pour en prouver le manque (dans la mesure où il a accepté des autres - ou de lui-même - un jugement de condamnation sans appel contre lui-même). Et avec le temps, comme dans toutes les autres dépendances, le comportement qu'il emploie comme remède devient la chose même qui confirme à nouveau leur propre sentiment d'échec.

Le comportement qu'il choisit (ou parfois il semble que c'est le comportement qui le choisit), n'apporte jamais le résultat désiré. En désespoir de cause, le dépendant augmente sa participation dans le comportement dans une tentative subconsciente de le forcer à fonctionner, et il devient comme une sorte d'animal viré fou - l'antithèse de ce qu'il désirait. Et encore plus insultant, le facteur neurochimique le piège dans un labyrinthe duquel il ne peut s'échapper de lui-même.

La conquête sexuelle est un jeu souvent joué par les dépendants sexuels. C'est une quête de trophées sexuels, pour les réassurer qu'ils sont désirables et qu'ils ont ce qu'il faut pour stimuler la passion intense chez les autres. La sensation optimale survient quand ils sont intensément désirés et appréciés.

Pour d'autres, c'est simplement une manière d'obtenir la sensation forte chimique et physique dont ils ont besoin pour tuer la douleur qui vit profondément en eux. Les partenaires sexuels sont des objets employés à cette fin. Dans certains cas, ils ne sont même pas nécessaires.

Peut-être la quête la plus commune chez les dépendants sexuels c'est la recherche de l'amour. D'une manière ou d'une autre, la vie les a enseignés d'échanger le sexe pour l'amour. En fait, pour eux le sexe est un synonyme de l'amour. Ils n'ont jamais découvert la différence.

Pour d'autres, c'est une manière de rejouer les événements de leur enfance qui ont eu un effet de changement majeur dans leur vie. Les possibilités sont illimitées en réalité en ce qui a trait aux stimuli intérieurs qui motivent les dépendants sexuels.

À l'intérieur des comportements, la spirale tourne vers une perversion de plus en plus grande. Par exemple, un masturbateur compulsif va éventuellement s'engager dans des variations qui vont le blesser physiquement et il continuera malgré tout le comportement qui le blesse. Il est estimé que 45% des mâles qui ont ce comportement le font au point de se blesser, et 33% des femmes.

La dépendance sexuelle vous laisse vide ou mauvais - parfois même fou. Elle crée une solitude en vous en rapport avec votre sexualité en général, comme si vous étiez dans les limbes, quelque part en dehors de la normalité.

La guérison du dépendant sexuel implique une prise de conscience de la rébellion pécheresse qui se tapit profondément à l'intérieur et qui nourrit le comportement. Le dépendant sexuel est d'une manière quelconque en colère contre Dieu et il a placé des demandes non exprimées sur Lui pour recevoir le soulagement ou le contentement intellectuels concernant une ou plusieurs questions non répondues de la vie. Comme résultat, il est en fuite loin de l'intimité même avec son Créateur qui va le guérir - une fuite qui le conduit à changer et détruire l'image de Dieu chez les autres par le sexe dépersonnalisé, idolâtré.

D'une manière similaire, le dépendant sexuel est en fuite loin de l'intimité avec l'humanité. Il en a peur à mort. Il a été profondément blessé par elle dans le passé ou a été élevé dans un environnement familial qui a puni les tentatives d'établir une intimité relationnelle. L'intimité, pour une raison ou une autre, est une chance ne valant pas la peine d'être prise. Pour le dépendant, c'est mieux de vivre dans un monde de fantasmes sexuels plutôt que de prendre le risque de douleur ou de rejet dans des tentatives de vraie intimité. La photo non menaçante dans le magazine pornographique ou dans le vidéo, ou la voix distante sur la ligne 900 procurent une atmosphère sans danger de louange et d'acceptation artificielles dont le dépendant a besoin.

Dans le monde du dépendant sexuel, vous allez trouver une vie saturée d'un profond sentiment d'indignité, une forteresse d'incrédulité à la pensée d'être acceptable pour quiconque à un niveau profond et significatif, et une histoire de compensations tentées à travers la substitution et la fantaisie.

On peut résumer en bref le processus de délivrance et de guérison en disant qu'à mesure que le dépendant sexuel approfondit sa relation avec Jésus-Christ, Dieu va lui montrer à quel point il est aimé et accepté par lui ; combien il est beau et parfait à ses yeux ; et comment Christ peut rencontrer de manière plus complète chacun de ses besoins.

Section d'étude sur la dépendance sexuelle

Le Dr. Lynne Logan, psychologue chrétienne, nomme 6 choses agissant comme barrières à la relation d'intimité :

1° la faible estime de soi
2° les blessures émotionnelles non guéries
3° la peur de l'amour
4° la peur de l'abandon
5° les attentes irréalistes
6° la colère dissimulée

Elle a ensuite mentionné 3 choses qui doivent être développées dans la vie d'une personne afin que la peur de l'intimité soit résolue :

1° la confiance
2° l'engagement
3° la communication.

- David Foster «Sexual Healing» traduit par Le webmestre


 

Le sexe peut rendre dépendant, accro, quand nous lui donnons trop de pouvoir ... pouvoir de contrôle au niveau de nos pensées et motivation de notre comportement, au point que ce soit très dur de chasser les pensées sexuelles.

Le pouvoir de la dépendance est ressenti par la poussée irrésistible d'agir selon ce comportement en dépit du risque. Les dépendants sexuels ont une envie irrésistible de se gratifier soit par la masturbation, la pornographie, les aventures sexuelles, les actes pervertis, etc. Et ils vont agir selon cette pulsion même s'ils savent qu'ils risquent leur mariage ou leur santé.

L'appétit sexuel, comme la plupart des dépendances, est progressif. La dépendance demande de plus en plus à l'objet ou à l'expérience afin d'en retirer le même bénéfice. Tout comme le corps de quelqu'un développe une tolérance par rapport à l'alcool, les dépendants sexuels ont besoin de plus de sexe, de meilleur sexe, ou même de sexe plus varié, afin d'en retirer la même satisfaction. Ceci conduit souvent à l'expérimentation sexuelle et au sexe « cochon ». Cela peut aller du PLAYBOY et de la masturbation aux films XXX et à l'adultère. Il est maintenant attiré par ce qui le répugnait auparavant.

Mais les dépendances ne sont pas une question de tout ou rien. Il y a plusieurs degrés de dépendance, où une personne peut être légèrement dépendante ou grandement dépendante. Il doit aussi réaliser que la pression sexuelle qu'il crée dans son mariage doit changer. La loi de l'amour, non de la luxure, doit prédominer dans son foyer.

Voici comment l'obsession sexuelle va aller en diminuant.

1° Surmonte le déni au sujet d'abandonner ton obsession sexuelle. La plupart des gens ne prennent pas du mieux parce qu'ils ne veulent pas faire face à la réalité de leur besoin de changer. Ceci implique l'abandon des rêves et des fantasmes sexuels.

2° Tu as besoin de découvrir et de composer avec les racines de ton passé qui ont donné du pouvoir à ton obsession. Cela ne sera pas facile.

Quand nous essayons de guérir nos blessures avec le sexe nous ajoutons seulement plus de douleur. Nous rendons le sexe douloureux pour soi et pour les autres, parce que, étouffés par la compulsion, nous sommes sourds aux cris du coeur blessé qui manque d'amour. Les personnes compulsives sexuellement ont besoin de guérison avant que le sexe soit relaxant et plaisant plutôt que frustrant et obsédant.

 - Alfred Ells, «Released to love » traduction de Le webmestre



 

Pour ce qui concerne le message des évangiles, j'aimerais vous rappeler la radicalité du Christ en ce qui concerne l'ascèse (cf. tout le passage dans lequel Jésus radicalise en terme d'exigence les principes mosaïques : Celui qui se dispute avec un autre est tout autant passible de tribunal que celui qui frappe l'autre ou le tue). L'esprit de cette radicalisation des préceptes mosaïques est fondé sur le fait que l'intention peut déjà être meurtrière (vouloir la mort d'autrui c'est déjà le tuer... Convoiter une autre personne c'est déjà la réduire à l'état d'objet sexuel).

Ce que nous demande le Christ, dans une exigence terrible j'en conviens, c'est de nous détacher de nos tendances à ne considérer nos semblables qu'en fonction de nous, de nos désirs, nos envies, nos besoins... "Aimez Dieu plus que tout et votre prochain comme vous-même" signifie que nous devons absolument inverser la tendance à voir les autres selon le prisme déformant de notre ego.

Jérôme.

11:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

29/05/2006

LA CRISE DE L'AUTORITÉ.

Le constat semble impitoyable : l’autorité s’effondre partout, et notamment dans notre monde développé. Crise profonde qui éclate au grand jour dans les institutions politiques, l’école, la justice, parfois l’entreprise… Elle vient même se nicher jusque dans la famille, dont le modèle hérité a connu ces dernières décennies de nombreux chambardements. À vrai dire, partout où les hommes vivent ensemble, la rupture est là, manifeste.

Un rêve s’installe alors : puisque tout semblait tellement plus simple avant, la tâche essentielle consisterait à rétablir cette autorité perdue. Aspiration compréhensible quand le sol se dérobe sous nos pieds. Pourtant, prévient Myriam Revault d’Allonnes dans Le Pouvoir des commencements, « ces invites à restaurer l’autorité recouvrent un contresens massif sur la notion elle-même ».
En effet, ce raisonnement repose sur une confusion : l’autorité n’est pas à confondre avec le pouvoir ou avec la contrainte, elle n’est pas « tout ce qui fait obéir les gens ». L’autorité n’ordonne pas, elle conseille, elle guide, elle oriente. Ce problème de définition est essentiel. Si l’objectif est de restaurer l’autorité, il ne faut surtout pas la confondre avec l’ordre : l’ordre peut régner sans autorité, la coercition lui suffit.

Un double écueil

Mais quand bien même l’accord se ferait sur ce qu’est l’autorité, cette revendication à la voir de retour buterait encore sur un double écueil.

D’une part, pour apporter des remèdes, il faudrait s’entendre sur les raisons qui ont conduit à ce déclin. L’éloge de la toute puissance de la volonté et de la liberté de l’individu, le règne moderne de la subjectivité s’accommodent mal des figures d’autorité. Mais les multiples ruptures qu’on peut pointer dans le cours de l’Histoire et qui ont conduit, une par une et toutes ensemble, à ébranler l’autorité – la Révolution, le concile Vatican II, les événements de mai 1968 – n’appartiennent pas qu’au passé. Elles continuent d’agir aujourd’hui, au corps défendant, parfois, de ceux-là mêmes qui s’en font les contempteurs.

D’autre part, il est impossible de revenir en arrière comme par magie. L’Histoire avance.

Le sens de l’autorité

Qu’est-ce que l’autorité, toujours présente dans l’histoire des hommes, mais qui se dérobe à la définition ? Parle-t-on vraiment de la même chose selon les champs explorés : le gouvernement ou les relations interpersonnelles…

Le sens donné par le dictionnaire Le Robert en fait d’abord le « droit de commander », « le pouvoir (reconnu ou non) d’imposer l’obéissance ». Mais, dans ce cas, qu’est-ce qui la distingue de la contrainte ou de la force ? Ne serait-elle donc qu’un attribut du pouvoir ? L’Encyclopedia universalis aide à y voir plus clair : « L’autorité est le pouvoir d’obtenir, sans recours à la contrainte physique, un certain comportement de la part de ceux qui lui sont soumis. »

Une définition qui puise manifestement chez la philosophe Hannah Arendt qui, elle, définissait l’autorité comme la capacité d’obtenir l’obéissance « sans recourir à la contrainte par la force ou à la persuasion par arguments ». En clair, pour Hannah Arendt, l’exercice de l’autorité suppose un consentement de celui sur qui elle s’exerce, donc, de sa part, une reconnaissance du lieu (ou de la personne) dont émane cette autorité.

L’autorité implique donc une relation d’inégalité librement consentie. Les définitions soulignent cette absence de contrainte, de pression, d’intimidation ou de menace. Tout se passe comme s’il y avait, dans l’autorité, un caractère naturel, une forme d’évidence.

En regardant à présent du côté de l’étymologie, on relève que l’autorité, du latin auctoritas, se rattache par sa racine au même groupe qu’augere (augmenter). L’autorité serait alors le moyen de « tirer vers le haut », de « tirer le meilleur de chacun ». Cela suppose la confiance. Une confiance qui ne peut naître que d’une certaine crédibilité. Conclusion : celui qui exerce l’autorité doit non seulement avoir la compétence technique, mais détenir l’épaisseur morale nécessaire à cet exercice. L’autorité ne se confond pas avec le pouvoir.

La crise de l’autorité, une histoire ancienne

Platon, déjà, pleurait sur l’effondrement de l’autorité… Mais la crise de l’autorité, telle qu’on l’observe aujourd’hui, puise ses racines profondes dans la mutation qui s’est produite en Europe à partir de la fin du Moyen Âge et de l’installation de la Renaissance, jusqu’aux Lumières.

Moment où, résume le sociologue Gérard Leclerc dans son Histoire de l’autorité, «l’Europe est passée d’une forme culturelle qu’on peut appeler le régime de la Tradition, fondé sur l’hégémonie de la croyance religieuse, sur la primauté de la croyance collective et institutionnelle (…) à la Modernité scientifique et idéologique, fondée sur la reconnaissance de la légitimité des croyances individuelles (à travers le primat philosophique et politique du sujet individuel mis en évidence par Descartes), sur la liberté de pensée et d’expression reconnue à tout individu».

Avec les Lumières, naît l’individu, libre de penser seul, libre de contester la coutume, les anciens, les croyances collectives. Ce qui faisait le lien social s’étiole alors, en même temps qu’est brisée l’idée d’une continuité. C’est à l’avenir, et non plus au passé, à la tradition, à la religion, que les Modernes demandent d’autoriser le présent.

Ce renversement n’a pas été sans trouble. Mais la croyance dans le progrès s’est installée, et a fait son œuvre. Jusqu’à sa crise récente. Alors, sur quoi fonder aujourd’hui l’autorité, quand ont disparu à la fois la possibilité de restaurer une continuité illusoire, et l’ambition de faire table rase du passé ? Aujourd’hui, la panne de l’autorité est une panne du désir d’avenir.

Pas d’autorité sans consentement

L’autorité, écrit l’historien et académicien René Rémond, « répond à la conviction (…) qu’aucun groupement humain, si petit qu’il soit, de la famille à la société la plus vaste et la plus complexe, ne peut se passer d’autorité : elle est indispensable pour maintenir la cohésion du groupe, pour imposer aux volontés individuelles le respect d’un intérêt présumé supérieur ». Une autorité qui n’est pas reconnue n’est pas une autorité. Même si s’exprime, ça et là, un désir d’ordre, et même si certains s’empressent de répondre à cette demande supposée, il existe cependant une contradiction majeure : chaque fois qu’apparaît une dérive de type autoritaire, la société française s’empresse de la contester. La crise du CPE a été le dernier exemple en date.

Des autorités rivales

La crise centrale de l’autorité aujourd’hui n’est pas tant l’absence de l’autorité elle-même que la multiplication des autorités rivales et, corollairement, la floraison des contradictions qui naissent des multiples allégeances des individus. La confusion guette et, avec elle, les passions identitaires, les fondamentalismes. Là, l’autorité revient en force. Mais sous une forme dévoyée.

L’autorité autorise

Si l’autorité est en crise, elle n’est pas morte. Elle est toujours là, même dans les périodes où elle est très contestée. Elle est indispensable à la vie en société et n’a jamais vraiment cessé de jouer son rôle de lien, notamment entre les générations. L’autorité, parce qu’elle n’est pas réductible à une technique mais qu’elle se construit sur des représentations du monde, a été réinventée, chaque jour, à mesure que ces représentations changeaient. Avec, il est vrai, des hauts et des bas.

L’ambition qui pourrait refonder aujour- d’hui l’autorité serait non pas de conserver le monde tel qu’il est, mais de préserver cette autorité de l’usure, d’assurer sa permanence, pour pouvoir assurer une suite et ouvrir sur une expérience à inventer.

L’autorité consisterait alors à donner à ceux qui viendront après nous la capacité de commencer à leur tour. Commencer, c’est commencer de continuer, dans les pas des générations précédentes. Continuer, étant aussi, et c’est notre tâche, continuer de commencer. Paul Ricœur disait : « Je reporte sur ceux qui viendront après moi la tâche de prendre la relève de mon désir d’être, de mon effort pour exister, dans le temps des vivants ».

12:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

09/05/2006

PÉDAGOGIE DE LA LIBERTÉ.

Nous pensons être des hommes libres et c'est un euphémisme de dire que nous sommes aliénés sans le savoir. Chaque jour, nous cherchons ce que nous pensons être des repères mais, en fait nous échappons à la peur de la liberté. De plus, notre notion de l'homme libre est autant galvaudée que le mot " Amour " mis à toutes les sauces. Nous n'avons plus conscience de notre propre conscience. Alors, comment prétendre libérer une société de ses carcans si nous sommes emprisonnés ? En tant qu'éducateur et donc, pédagogue, j'ai tenté modestement d'analyser cette problématique. Les acteurs sociaux quelques soient leur appartenance doivent se libérer de leurs propres aliénations afin de prétendre à la libération d'autrui. Ce processus est un combat quotidien que nous devons mener tous ensemble. C'est le plus beau des combats pour une société meilleure.
Bruno LEROY.


La liberté en tant que moyen pédagogique ou thérapeutique, est la somme des permissions accordées par l'entourage ; la liberté en tant que but, est un état que l'on réalise à l'intérieur de soi-même et qui correspond à l'épanouissement de la personne tout entière par un développement harmonieux de toutes ses facultés. Il est aisé de comprendre que les permissions, données judicieusement, favorisent un exercice naturel des facultés et par suite leur développement. C'est dans un climat ouvert et confiant que l'être peut s'épanouir. Assurément, il est des permissions qui n'engagent guère la responsabilité de ceux à qui elles sont accordées : on peut ainsi permettre de lire un livre, de faire une excursion, d'assister à un spectacle. L'éducateur en conserve toujours la responsabilité ; ce sont des permissions limitées à une circonstance : on pourrait dire que ce sont des levées d'interdiction et rien de plus. La vraie permission est celle qui donne le droit de choisir, et peut-être même qui met l'individu en demeure de faire un choix : ce n'est plus simplement une sorte de cadeau qu'on accorde à l'adolescent parce qu'il a été bien sage ou parce qu'on a envie de lui faire plaisir : c'est une initiative qu'on lui laisse et par conséquent une responsabilité dont on le charge.

La liberté ainsi comprise n'est donc pas chose facile !

Au fur et à mesure qu'elle s'affirme et se précise, elle se rapproche du but, elle se confond de plus en plus avec lui, sans cesser pour autant d'être un moyen de s'en rapprocher davantage. Plus le moyen se perfectionne, plus il participe au but qui, par principe est supposé parfait. De même que selon la sagesse populaire, " c'est en forgeant qu'on devient forgeron ", c'est en étant libre qu'on apprend à être libre. L'expérience nous apprend que les circonstances dans lesquelles on n'a aucune décision à prendre sont celles qui entraînent le moins de dépense nerveuse. Beaucoup d'hommes ont été amenés à constater que le temps du service militaire avait constitué pour eux une détente dans la mesure où ils se sentaient pris en charge par l'armée et délivrés du souci d'agir par eux-mêmes et de s'occuper de leurs propres intérêts.

C'est la Liberté intérieure qui est le but de l'éducation, parce qu'elle correspond à la santé psychique, au bien-être moral, à un accord de soi avec soi-même. Elle seule répond vraiment à l'aspiration profonde et naturelle de l'homme, toujours en quête de son unité. Nous ne la concevons d'ailleurs pas comme quelque chose de fermé, qui n'aurait aucun rapport avec le monde extérieur, car un tel isolement ferait de l'individu un être incomplet qui, à vrai dire, n'aurait aucune raison d'être, non plus que sa belle liberté dont il n'aurait désormais que faire. Pour que celle-ci ait quelque valeur, il faut au contraire qu'elle soit une réponse au monde extérieur et non une jouissance purement personnelle que les contacts du dehors seraient destinés à ternir. Elle doit nous mettre à l'unisson de la Vie et non nous en retrancher. Comment pourrions-nous être vraiment d'accord avec nous-mêmes en commençant par nous amputer de toutes nos tendances sociales et de notre besoin d'agir ? Loin d'être marquée par l'épanouissement de nos facultés, cette pseudo-liberté correspondrait à une atrophie de notre personnalité. En fait, la liberté, en tant que but de l'évolution humaine, réclame de l'individu deux conditions préliminaires : un accroissement du sens de la Réalité et un accroissement des forces qui permettent d'affronter cette dernière.

La première de ces conditions implique tout d'abord que l'individu ait l'intelligence de ses actes, c'est-à-dire qu'il soit capable de prévoir et de mesurer leurs conséquences. Or, la possibilité de se diriger soi-même comme il faut est un des attributs essentiels de la liberté ; on dit d'un homme qui évolue avec aisance au milieu des obstacles qu'il a une grande liberté de mouvements et cela, non parce qu'il ignore les obstacles, mais parce qu'il sait en tenir compte.

La réalité qu'il faut connaître n'est pas seulement matérielle : elle est aussi psychologique ; il faut se connaître, soi, et connaître les autres, car rien ne peut rendre plus dépendant que l'ignorance des vrais mobiles qui animent les individus. C'est en découvrant le déterminisme physique et en utilisant ses données que l'homme est parvenu à se délivrer de nombreuses servitudes que la Nature lui imposait. De même, la connaissance des déterminismes psychologiques est la seule chance que nous possédions de nous délivrer de leur implacabilité. Il faut avoir conscience de l'interdépendance des êtres, des choses et des actions pour ne pas en être le jouet. Plus notre route sera éclairée, plus il nous sera loisible de choisir notre direction.

La seconde condition de la liberté réside dans l'accroissement de nos forces. Savoir choisir ce qui va dans le sens de sa nature, de son rôle et de sa destinée constitue donc une qualité qui fait partie des conditions de la liberté humaine. Cette faculté de discrimination permet à l'individu de trouver tout de suite un chemin qu'il ne regrettera pas d'avoir pris et qu'il pourra par conséquent suivre d'un bout à l'autre sans se sentir contraint. Les regrets sont en effet des boulets que nous traînons à nos pieds comme un signe de servitude, c'est-à-dire des contradictions qui nous enchaînent.

Pour être libre, il faut que l'homme soit fort, et pour être fort, il faut qu'il soit cohérent sans que cela lui coûte. A ce moment, ses instincts et ses impulsions ne sauraient plus lui faire peur ni par conséquent attenter à sa liberté. Il ne se croira donc pas obligé de les nier ou de les ignorer : il n'aura pas besoin de réclamer des garde-fous, de s'inventer des barrières artificielles. Plus on est fort, moins on a besoin de fortifications. La liberté véritable n'est pas immobilité, mais aisance. Celui qui est vraiment libre dispose de la plénitude de ses facultés parce qu'il peut penser et agir sans éprouver toujours le sentiment qu'il désobéit à une puissance invisible, prête à le rappeler à l'ordre. Il pense, il sent, il juge et il agit librement ; c'est-à-dire en pleine connaissance de cause, sans être retenu ou paralysé par des motifs confus ou inavoués. Son comportement est conforme à son jugement qui est conforme à sa pensée, elle même conforme à ses sentiments.

L'individu libre a droit à se libérer des contraintes étrangères qu'il estime inacceptables ; mais si, par hasard, il se trouve d'un coup débarrassé de ces contraintes sans avoir atteint l'autonomie et la maturité nécessaires, il apparaît comme un petit enfant à qui l'on a donné un jouet magnifique et compliqué, dont il est incapable de se servir. Il possède alors en effet une Liberté sans but et sans raison d'être, qui ne l'empêche pas de souffrir sourdement de sentiments de dépendance, d'autant plus difficiles à supporter qu'il ne peut même pas discerner leur cause exacte ni par conséquent donner un objet à sa révolte.

Il est évident que l'éducateur, en tant que tel, ne peut prétendre modifier directement les conditions que rencontrera l'adolescent dans sa vie d'adulte. Le seul but qu'il puisse s'assigner, c'est la formation du jeune lui-même et par conséquent, sa liberté, dans la mesure où, celle-ci devient synonyme de maturité et correspond au développement équilibré de toutes ses potentialités. Je me suis efforcé, alors que le mot " liberté " demeure confusionnel, de ramener le débat, d'une part à une technique éducative, d'autre part à un problème plus vaste qui touche au sens même de l'éducation et, peut-être un peu, de la Vie. Disons même que c'est à partir du moment où nous avons conquis cette liberté qu'il nous devient possible de faire vraiment quelque chose de notre existence. L'adolescent doit devenir cet adulte qui assume sa propre destinée, celui à qui revient la responsabilité de ses actes et qui doit subir leurs conséquences dont personne ne cherche plus à le préserver. Une telle adaptation de soi à soi-même, si elle répond à la définition de la liberté humaine, répond aussi à la définition sans doute plus valable du Bonheur.

Bruno LEROY

17:52 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SPIRITUALITÉ DE LA LIBÉRATION. |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

21/04/2006

POUR LES ÉDUCATEURS CHRÉTIENS...

LA PÉDAGOGIE CHRÉTIENNE

Variables, invariants, avenir

par Guy Avanzini

A toutes les époques de leur histoire, les Eglises chrétiennes ont valorisé l’éducation, fondé des Congrégations et des Instituts religieux pour la promouvoir. Le christianisme n’a cessé, au fil du temps, d’être ainsi inspirateur de courants pédagogiques et de pratiques éducatives et il le demeure encore aujourd’hui. Cet immense capital a parfois été méprisé, même rejeté et il est le plus souvent surtout méconnu et négligé.

Même si cette permanence de pédagogies chrétiennes est patente à travers les âges, il est évident aussi que les initiatives et les réalisations qui s’en réclament sont extrêmement variées. D’où cette question, peut-on caractériser « la pédagogie chrétienne » en tant que telle ? Peut-on même aller jusqu’à dire qu’il existe une « pédagogie chrétienne » ? Quelle en est l’origine ? A quelles convictions une doctrine ou une pratique doivent-elles satisfaire pour pouvoir légitimement être dites chrétiennes ?

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09:25 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

04/04/2006

SOYONS MILITANTS DE L'ÉDUCATION DES JEUNES.

Aucun être Humain sur cette planète et quelque soit son passé ne peut affirmer que sa dignité s’est évaporée au vent de sa propre histoire. Nous sommes responsables de nos actes, certes, et non des éléments extérieurs qui font dévier notre personnalité.

Trop de facteurs entrent en jeu pour réduire un individu quelqu’il soit à ses actes. Cela est trop réducteur et pousse la personne dans une apathie qui l’empêche de progresser et d’aller de l’avant. C’est le sens de notre combat quotidien. Remettre des Jeunes debout en cherchant avec eux leurs potentialités. C’est notre devoir d’éducateurs et de chrétiens. Tout cela pour vous dire que note équipe est constituée de militants de toutes obédiences. Mais, l’important à mes yeux est qu’ils aient une action militante soit écologique, soit humanitaire, soit syndicale ou politique en vue d’un monde meilleur. En effet, l’esprit militant donne une énergie combative face aux jeunes de la rue.

Les Jeunes en ont marre des adultes qui ne pensent rien de positif sur notre société. Ils ont besoin d’espérance au point de tout casser si nous ne leur proposons qu’un avenir sans issue. Dans un certain sens, ils ont raison. Regardez autour de vous. Que sont les adultes devenus ? Des gens qui ont peur de parler, de s’exprimer, de s’imposer, de s’affirmer dans les convictions qui les animent. ils sont une sorte de troupeau informe dont la pensée est d’exclure ce qui dérange leur paysage de vie confortable.

Les jeunes ne trouvent plus que du sable alors, qu’ils rêvent d’adultes forts qui les écoutent. C’est pour cela que l’éducateur militant ne peut en aucun cas, même si les problématiques sont immenses, baisser les bras dès qu’un conflit apparaît. Au contraire, il sera le premier à se mettre en marche et parfois en marge pour aider le jeune à s’en sortir.Il sera combattant auprès du Jeune.

Nous disons souvent que chacun possède son charisme. Ce qui est vrai et faux. Dans l’éducation des ados, tout le monde est concerné. Mais, beaucoup de monde trouve ce prétexte des charismes pour laisser faire les autres. Quelle est la mère qui ne sent pas d’instinct la façon d’éduquer un enfant ? Quel est le père qui ne sent pas d’instinct une carence d’autorité dans une famille ? Tout le monde devrait être acteur de l’éducation des enfants des autres. D’ailleurs, les Jeunes ne s’y trompent pas, ils vont d’emblée vers la personne qui leur semble crédible et ce, peu importe son appartenance au cadre familial ou non.

Si chacun prenait sa part de responsabilité et le sens du partage et de l’écoute ; nos banlieues n’auraient pas pris feu. Ne serait-ce que parler avec eux et expliquer votre vie de tous les jours. Pour qu’ils comprennent un aspect fondamental que tout le monde ignore, c’est que la plupart du temps ils pensent que leurs voisins sont des bourgeois riches au point de pouvoir tout acheter . Pourquoi ? Par manque de dialogues. Les gens se montrent très silencieux sur leurs problèmes. Et chacun s’imagine que l’existence de l’autre est plus envieuse. Bien-sûr, il n’est nullement question de dévoiler son jardin secret. Mais, de leur dire que dans cette société basée sur l’argent, les luttes sont similaires pour affronter les réalités. Leur dire simplement que vous aussi, vous devez mener des combats pour être respectés, pour finir le mois, pour savourer un peu de confort etc...

Tout cela, ils ne le savent pas !

Ils imaginent que tout coule de source même si vous êtes au chômage. Ils pensent que tout est facile pour vous car, vous bénéficiez de lois dont ils se sentent exclus. Ils vous croient plus riches, avec facilité de préférence, que vous ne l’êtes.

Tout cela, génère les malentendus dont malheureusement nos politiciens n’ont pas encore saisis l’impact social.

Seule, notre Espérance en Jésus-Christ nous donnera la force nécessaire pour mener à bien notre combat en faveur de l’éducation de nos Jeunes pour un monde meilleur.

Soyons des combattants de l’Amour et de l’Espérance !

Bruno LEROY.

Éducateur de rue.

07:35 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

07/03/2006

ÉQUILIBRE NÉCESSAIRE DES ÉDUCATEURS.

Les éducateurs novices ont, tous plus ou moins, cette illusion exaltante, de disposer d’un pouvoir sans bornes. Un jeune professeur, par exemple, entrevoit d’avance la façon dont il façonnera les esprits et entraînera sa classe sur les sentiers fleuris de la culture et de la science. Il attend de ses élèves une sorte d’accroissement de sa propre personnalité, un élargissement de ses limites ! Ce sont au contraire ses élèves qui le ramènent le plus rudement au sentiment de ses limites en opposant sans vergogne leur personnalité à la sienne. Il faut au maître beaucoup de sagesse et d’abnégation pour découvrir que c’est en se détachant de lui qu’ils rendent peut-être le plus bel hommage à son enseignement.

Car l’éducation se distingue des autres activités humaines, justement par ceci, qu’au lieu d’augmenter l’emprise de l’homme sur l’objet auquel elle s’applique, elle aboutit à détacher de lui cet objet. Un artiste domine la matière à laquelle il infuse sa pensée ; un savant met les lois de la nature à son service ; un homme politique, un homme d’affaires, un conquérant tendent à élargir toujours davantage le champ de leur action. Mais le type de l’éducateur " parfait " serait presque le contraire des types précédents : son oeuvre la plus réussie est peut-être celle qui s’oppose le plus à lui et refuse même parfois de le reconnaître pour créateur : lui-même ne se reconnaît plus toujours en elle !

En somme, sa démarche va tout à fait à l’encontre du désir d’expansion qui existe naturellement au cœur de tout homme. La liberté du jeune restreint la puissance de l’adulte ; elle est même ressentie par quelques-uns comme une sorte de mutilation. Mais ce qui est pire encore pour l’éducateur, c’est qu’il ne peu prévoir ni contrôler ce que fera cette partie qui s’est détachée de lui, une fois livrée à elle-même. Aussi l’angoisse le saisit-elle parfois : il est presque toujours enclin à penser que le jeune, abandonné à sa propre inspiration, est semblable à un fauve échappé, dont on ne peut attendre que le pire. Quand on conseille à des adultes de relâcher un peu de surveillance trop constante ou trop tatillonne qu’ils exercent sur un jeune difficile, il n’est pas rare que l’on s’entende répliquer : " Mais alors, il ne fera que des bêtises ! ". Recommande-t-on de le laisser organiser lui-même ses projets et son emploi du temps ? Il vous sera répondu neuf fois sur dix : " Vous n’y pensez pas ? Il ne fera plus rien du tout...ce sera une catastrophe ! ".

L’idée qu’un adolescent, sans y être contraint, puisse avoir le désir de bien faire ne traverse pas l’esprit ! La plupart des grandes personnes font assez peu de crédit à l’intelligence et à la bonne volonté des Jeunes. Qu’on ne s’étonne pas en ce cas si les événements semblent leur donner raison !

Pourtant la cause profonde de la méfiance des éducateurs ne vient pas de l’expérience, mais bien davantage de la crainte irraisonnée qu’ils ont de leur propre inconscient et de leurs propres instincts, qu’ils croient bien souvent reconnaître dans le jeune. L’adulte sait que s’il cessait de se contrôler, il serait capable d’actes que sa conscience réprouve, ou plutôt il ne sait pas exactement de quoi il deviendrait capable et il tremble à cette seule pensée. L’adolescent libre, c’est à ses yeux quelque chose comme une partie de son inconscient délivré de tout contrôle : comment n’en serait-il pas terrifié ? Pour cette raison purement subjective, la liberté en éducation prend souvent à ses yeux les traits d’une redoutable anarchie.

Et pourtant, il y a des éducateurs qui ont une réaction différente ; mais cette autre réaction n’est pas toujours beaucoup plus objective . Leur libéralisme apparent ne fait que refléter leur ancienne opposition aux autorités qui régnaient sur leur propre enfance. Ce n’est pas tant l’indépendance de la jeunesse qui les intéresse : c’est plutôt sa révolte. Eux-mêmes regrettent souvent d’avoir été trop sages et trop dociles quand ils étaient petits ; tout comme les éducateurs autoritaires, ils cherchent en somme à réaliser par l’intermédiaire de l’adolescent ce qu’ils n’ont pas été capables eux-mêmes de réaliser à son âge.

Le problème de la liberté reste donc ici encore un problème personnel. Il est très difficile en effet de se représenter la liberté des autres. On voudrait toujours qu’elle ressemblât à celle dont on aurait aimé jouir. Certains éducateurs acceptent mieux l’autorité comme tremplin éducatif vers la libération des jeunes mais, s’en servent pour contraindre la jeunesse à la liberté, ou du moins à ce qui pour eux aurait été la liberté ; sans se rendre compte qu’ils se font de la sorte aussi tyranniques que les despotes auxquels ils s’efforcent de ne pas ressembler. On croit par exemple libérer l’adolescent, en l’écartant de soi, quand celui-ci a encore besoin de la présence des adultes Forts.

Bruno LEROY.

12:00 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS ÉDUCATIFS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |