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02/02/2009

LIBÉRER LES OPPRIMÉS DU CAPITALISME.

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La plupart des théologiens de la libé­ra­tion rejettent toute accommodation avec le néolibé­ralisme parce qu'elle ébranle­rait la raison d'être de leur théologie comme une théologie des pauvres.
Ils ne sont que trop conscients de la détérioration de la pauvreté dans leurs régions ces dernières années, et que les changements que le monde a récemment expé­rimentés sont au détriment des pauvres dans le monde en développement.
 Quelques-uns retracent les racines de la détério­ration directement aux poli­tiques économiques de néolibé­ralisme, et maintiennent que le surcroît de chômage ou de sous-emploi, la chute des revenus, et la réduc­tion des possibili­tés dans la vie, sont tous les conséquences inévitables de ces politi­ques.
Bien que les gouvernements néolibéraux connaissent sans doute des succès, par exem­ple, dans le combat contre l'inflation, il faut que la théologie de la libération questionne toujours l'orientation de leurs politiques.
A l'avantage de qui sont-elle conçues?
Est-ce que c'est la vie des pau­vres qui est le critère pour le discerne­ment de l'action?
Est-ce que le capitalisme du libre marché peut jamais pro­mouvoir le bien des gens avant le profit?
 Les théolo­giens de la libération soulignent invaria­ble­ment le conflit entre la logique du capita­lisme et l'op­tion pour les pauvres , un conflit qui est manifestement plus vrai du capita­lisme dans sa forme néolibérale. Bien qu'ils ne s'expriment pas avec la même comparaison, il y en a peu qui ne seraient pas d'ac­cord avec l'assertion de Leo­nardo Boff qu'«il est aussi impossible de créer un système de marché moral que de constru­ire un bordel chrétien»!.
Si la théologie de la libéra­tion veut rester une théologie des opprimés, elle ne peut pas se permettre d'être entraînée par ceux qui font parti du pro­blème mais qui se prétendent gardiens de la solution. Car le néolibéralisme lance un défi subtil à la théologie de la libé­ration, même jusqu'à se présenter lui-même comme une «option alternative pour les pauvres». Le Directeur Général du FIM parla du mandat de son orga­ni­sation comme celui de Jésus: à «annoncer la bonne nouvelle aux pauvres» (Luc 4,18-19), remar­ques que quelques théologiens regardent comme signes d'une «anti-théolo­gie».
La théologie de la libération a souvent souli­gné la distinction entre le Dieu de la vie révélé dans les Écritures, et les idoles qui en­traînent le religieux mais qui l'amène à l'injustice et à la mort. La théologie de la libération doit donc continuer à parler des «projets socialistes», mais jusqu'à quand débattrons-nous les questions politi­ques et économiques de cette façon?
Est-ce que les théolo­giens de la libération finiraient par rien d'autres que de crier des slogans dans la coulisse? N'est-il pas temps, donc, de chercher des modèles neufs, ceux qui permettront aux théo­logiens de la libération de rendre efficace leur option pour les pau­vres, tout en ne la liant pas aux idéologies apparemment débordées du passé? Il y a des chrétiens progressifs qui disent que oui, il est vraiment temps de trouver une vision neuve, une qui insiste moins sur une trans­for­mation sociale «vaste» et plus sur la re­cons­truc­tion graduelle de la communauté. Ils pré­tendent que dans le climat, actuel il serait nécessaire de construire le Royaume en s'efforçant à transformer la vie des gens dans des projets qui sont plus modestes et localisés que l'on envisa­geait autrefois, bien qu'ensem­ble ces projets soient «révolu­tionnaires» dans le sens qu'ils puissent changer des sociétés entières.
Théologique­ment, leur modèle n'est plus «l'Égypte» et le rêve d'une «terre promise» littérale, mais Babylone, où un peuple captif désirait ardemment la restauration de sa communauté.
La théologie de la libération est confrontée par beaucoup de défis actuelle­ment, mais elle survivra si elle reste enracinée dans les communautés, si elle formule les préoccupations des pauvres, et si elle reste fidèle à une vision de changer la société selon les valeurs du Royaume. La poursuite de cet objectif ne requiert pas qu'elle soit liée à une idéologie en parti­culier; elle peut se servir de celles qui se mon­trent utiles, aussi longtemps que leurs va­leurs sont conséquentes avec celles du Royaume.
Cependant, ce qui n'est pas facultatif c'est un engagement en faveur des méprisés et des parias. Aussi long­temps qu'il y a des gens dépouillés de leur dignité légitime en tant qu'enfants de Dieu, il faut que la théologie de la libé­ration continue à suivre l'engagement de Jésus à annoncer la bonne nouvelle aux pauvres et à libérer les opprimés.
Bruno LEROY.

13:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

01/02/2009

UNE ÉCONOMIE DE LA PAUVRETÉ ?

L’Évangile a toujours été pour le monde une provocation. Déjà auparavant, pour le peuple d’Israël, la prédication des prophètes allait à l’encontre des idées reçues. L’importance, dans le message chrétien , de la béatitude de la pauvreté ne peut faire aucun doute. C’est par elle que l’évangéliste Matthieu inaugure le grand discours de Jésus sur la montagne, que l’on appelle à juste titre la charte du Royaume de Dieu.

Il ne faudrait pas trop vite rejeter la pratique évangélique de François comme anachronique, sous prétexte qu’elle ne correspondrait pas aux idéaux et aux activités de notre société contemporaine. Nous l’appelons société de consommation parce qu’une bonne part de ses activités consiste à produire et à faire consommer. Chacun veut disposer d’argent qui le rend libre de choisir, dans une économie d’abondance les biens nécessaires ou superflus offerts au plus grand nombre.

Ce système économique peut revendiquer des résultats indéniables. Les famines imparables ont disparu. La grande masse a atteint une sécurité d’approvisionnement en biens indispensables. A l’échelon national des sociétés occidentales, l’extrême misère est devenue l’exception, tandis que la sécurité matérielle est garantie par des institution de secours et de prévoyance qui atteignent presque tous les individus. Néanmoins les disparités de condition entre les personnes engendrent toujours des sentiments de frustration et entretiennent les luttes de classes. La parole de Jésus est encore d’actualité : « des pauvres, il y en aura toujours parmi vous....».

Face à ce monde avide de richesses, de confort, de sécurité, la béatitude de la pauvreté semble peu appréciée et l’invitation franciscaine paraît totalement hors de propos. Pourtant nombreux sont dans notre monde super-organisé ceux qui aspirent à un renouveau de simplicité, de désencombrement, de transparence. Beaucoup se rendent compte de l’asphyxie spirituelle à laquelle conduit la surabondance de biens matériels.

Là où les relations humaines sont contrecarrées par l’envie et bloquées par la lutte des classes, on peut devenir plus perméable au message d’Assise qui a montré combien la simplicité, la charité fraternelle, la pauvreté avaient partie liée. Se dépouiller, partager afin de rencontrer des frères, annoncer la paix et se présenter les mains nues, sans revendication sans peur aussi et confiant en l’homme, telles ont été les attitudes de François qui font rêver tous ceux qui aujourd’hui aspirent à une vie humaine plus chaleureuse.

 

Mais il est une autre aspiration vers la pauvreté franciscaine, qui est le fait de ceux qui dépassent l’horizon national des sociétés occidentales pour découvrir l’extrême dénuement matériel qui règne encore sur certains pays du Tiers-monde où la faim , la maladie, l’insécurité totale devant les fléaux naturels maintiennent des conditions de vie sous-humaines, donc indignes des fils de Dieu. Des voix s’élèvent parmi les chrétiens pour proposer l’inspiration franciscaine comme un moyen d’équilibrer les chances de tous les hommes. Les nations riches sont invitées à modérer leur développement et leur course au progrès matériel, à investir de façon désintéressée chez les peuples les plus défavorisés.

Comme cette politique internationale entraînerait indéniablement un ralentissement de la croissance des nantis, on ne peut la proposer que comme un choix délibéré, généreux et fraternel, c’est à dire gouverné par l’amour des autres. D’autres motifs peuvent d’ailleurs s’ajouter pour le retour à une vie plus simple. Cette perspective qui semblait pure utopie lorsque l’occident ne se souciait que de consommer et s’imaginait que l’énergie à bon marché devait être toujours plus abondante, vient de se révéler non plus utopique mais prophétique, car indépendamment des visées humanitaires et fraternelle', la course à la croissance, la consommation déréglée le gaspillage se sont révélés destructeurs de l’environnement. La nature est malade de l’homme riche. On se souvient alors du petit pauvre d’Assise qui avançait avec tant de respect de la création dont il savait préserver la beauté et qu’il préférait admirer plutôt que posséder et consommer.

Enfin l’exploitation des richesses naturelles s’est faite jusqu’ici sans se soucier des hommes, de leurs traditions, de leur culture, de leur vie spirituelle. Elle a le plus souvent engendrer des affrontements entre nations riches et nations pauvres, tout comme le développement industriel régi par l’idéologie libérale avait engendré la lutte des classes. On se souvient aussi de François qui préférait renoncer à un bien légitime plutôt que de s’affronter à celui qui le convoitait injustement: « Si nous avions des biens, disait-il, il nous faudrait des armes pour les défendre ». En écho à l’Évangile :« si quelqu’un te demande ton manteau, abandonne-lui aussi ta tunique ».

Que pourrait-on proposer sous ce thème d’économie de la pauvreté ? Sinon un nouvel ordre économique mondial qui aurait pour objectifs principaux une répartition plus juste et plus généreuse des richesses matérielles permettant peu à peu la disparition, chez les plus démunis, d’une pauvreté imposée par le désordre économique, et aliénante pour les personnes. Cela nécessiterait chez les nantis le renoncement,au moins temporaire à une croissance continue, une sorte de moratoire à l’enrichissement des riches jusqu’à ce que toute la famille humaine puisse vraiment bénéficier des biens destinés à tous. Le respect des autres, le souci du partage, la recherche des valeurs spirituelles, la volonté de promouvoir la paix en supprimant les causes économiques de rivalités et d’affrontements.... S’agit-il d’une pure utopie ? Mais l’utopie n’est-elle pas indispensable pour faire désirer la conversion des individus et des sociétés et inspirer leur vrai progrès moral ?

17:39 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

30/01/2009

Musulman, mon prochain.

    Pasteur Saïd Oujibou
Réf: E002078
Produit original:
Maria Multi Média AU00967 
Musulman, mon prochain  3.00 EUR
 
... plus d'infos
Un témoignage très fort qui interpelle. La conversion de ce pasteur évangéliste, "beur chrétien", rappelle la force de l'Evangile quand il est vécu...

20:28 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

QUAND LES GAYS SONT TRISTES PAR NOTRE FAUTE.

UN FILM A REGARDER POUR NE PAS SE VOILER LA FACE ! COMBATTONS TOUTES FORMES DE DISCRIMINATIONS ! Bruno LEROY.

20:05 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans POUR LES JEUNES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Un jeune accède à des données ultra-secrètes avec son lecteur MP3.

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Top secret. Ce n'est pas le scénario d'une mauvaise série Z, mais ça y ressemble. Il y a quelques jours, dans une bourgade de l'Oklahoma (USA), un jeune Néo-Zélandais pousse la porte d'une boutique de produits d'occasion et achète, pour 18 dollars soit [14 euros] , un lecteur MP3.

Un achat banal si ce n'est que le lecteur n'est pas tout à fait comme les autres.

Lorsque l'appareil est connecté à son ordinateur, Chris Ogle, âgé de 19 ans, découvre alors le pot-aux-roses : sur un simple clic, il accède à soixante fichiers d'archives estampillés « Secret défense ».

Les fichiers contiennent la liste des militaires actuellement déployés en Afghanistan, leurs données personnelles (numéros de téléphone, de sécurité sociale), et lorsque le soldat est du sexe féminin, la mention « pregnant » si elle est enceinte.

Chris Ogle, qui a examiné les fichiers, en a trouvé un autre contenant la liste des équipements de divers camps de l'armée US, ainsi qu'un autre fichier composé des numéros des mobiles de personnes devant se rendre en service en Irak et en Afghanistan.

 Sympas, deux responsables de l'ambassade des États-Unis ont rencontré Chris Ogle, de retour à Wellington, pour lui échanger un MP3 neuf contre celui qu'il venait d'acheter.

 Évidemment, une enquête a été ouverte pour savoir comment des informations « top secret » sur la défense des États-Unis ont pu être négligemment oubliées dans un lecteur MP3. Qui, du reste, ne fonctionnait pas pour écouter de la musique.

12:49 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

SOYEZ LES TÉMOINS DE L'AMOUR PAR GUY GILBERT.

11:43 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans TÉMOINS DE CE TEMPS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

29/01/2009

JUSQU'OU FAUT-IL ALLER PAR GUY GILBERT.

20:02 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans TÉMOINS DE CE TEMPS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

27/01/2009

Dieu en vert.

Vert comme le jardin des plantes médicinales,
Comme la chlorophylle et la croix des pharmaciens.
Seigneur, donne-moi la bonne santé du corps et du cœur.
Vert comme la menthe qui donne une haleine fraîche.
Ô Seigneur, envoie le souffle frais de ton Esprit.
Vert comme l'arbre et la famille
Dieu créateur, je te remercie pour mes racines profondes !
Vert comme le calme des prés.
Bon Berger, tu me fais reposer dans tes pâturages.
Vert comme la vaste forêt vierge.
Seigneur, je te cherche et j'explore
mon propre mystère et mes ressources ignorées.
Vert comme l'oasis et l'arbre près de la source.
Merci, Seigneur, pour la halte au cœur du voyage.
Vert comme l'éveil de la vie au printemps.
Donne-moi de respecter tous les commencements.
Vert comme les vergers
Qui fleurissent en leur temps, puis offrent leurs fruits.
Merci, Seigneur, pour les saisons de la vie.
Vert comme les palmes et les rameaux d'olivier
O Seigneur, je veux te suivre humblement
Sur des chemins de joie, de paix et d'éternité.

19:58 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans Prières. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

L’amitié est une relation fondée sur la gratuité.

Jésus est donc dans une « maison », il enseigne à des disciples assis en cercle autour de lui. Il s’agit d’une position normale pour un maître qui enseigne, mais tout se joue autour de ce cercle délimité par ceux qui accueillent sa Parole.

Voici que « sa mère et ses frères arrivent ». Ils restent « au dehors » de ce cercle des disciples et ils « font demander » Jésus. Cette démarche est doublement inconvenante. On ne fait pas venir Jésus à soi, on choisit d’entrer dans le cercle de ses disciples. On ne fait pas demander Jésus, on le prie de nous accepter à sa suite. Et ce n’est qu’une fois entré dans ce cercle, que l’on peut se réclamer de l’intimité familiale du Seigneur Jésus.

Les paroles de Jésus sont alors assez rudes pour les siens, parce qu’il veut les interpeler, les inviter à changer leur façon de voir leur relation à lui. Les yeux de la chair cachent en effet des réalités plus grandes et plus profondes. Les disciples qui l’entourent, il les appellera « ses amis ». L’amitié est une relation entièrement fondée sur la gratuité, elle s’affranchit de toute obligation et n’est que don. Un ami est un étranger dont on se rapproche et à qui on se lie en se donnant. Telle est bien la démarche de Jésus vis-à-vis de nous. Nous nous sommes éloignés de Dieu au point de le regarder comme un étranger. Mais lui s’est livré entre nos mains, il a fait de nous ses amis.

Cette amitié n’est pourtant pas de celles que nous connaissons et qui peuvent unir les hommes. Jésus en effet ne rejette pas sa famille au nom de son amitié avec ceux qui le suivent. Il interroge : « qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? ». Ceux qui font cercle autour de lui sont sa famille, elle est spirituelle. Elle est composée de ceux qui accueillent sa parole et qui la gardent. Sa mère et ses frères sont ses amis. Elle est fondée sur des liens plus réels que ceux nés du sang.

Ainsi Jésus nous invite-t-il à dépasser les relations humaines telles que les connaissons, les liens du sang comme les liens de l’amitié, pour découvrir la fraternité à laquelle il nous invite. Jésus nous invite à quitter nos fraternités et nos filiations pour devenir frères et fils de Dieu, pour entrer pleinement dans sa famille. Là est la vérité de notre être, là est l’unique position d’où nous pouvons envisager non seulement notre relation à Dieu, mais nos relations aux autres : nos frères, nos pères et nos mères.

Seigneur Jésus, merci de nous proposer ainsi d’entrer dans ta famille ; fais de nous des disciples attentifs à s’en remettre à ta volonté en toutes choses pour que nous découvrions de l’intérieur ce lien plus réel que les liens du sang dont tu nous as fait la grâce au jour de notre baptême. Et pour que ton règne arrive.


Frère Dominique.

07:36 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans SPIRITUALITÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

26/01/2009

Dieu est tout parce qu'il n'a rien.

Dieu est tout parce qu'il n'a rien.
Dieu n'est pas un possesseur,
Il n'est pas un dominateur.
Il n'entre pas en compétition avec nous
et l'on ne saurait imaginer de concurrence
entre sa toute-puissance et notre toute-faiblesse.
Au contraire l'être-amour de Dieu garantit la certitude
que ce n'est pas lui qui dispose de nous,
mais qu'il nous appartient de disposer de nous-mêmes,
parce que nous n'avons rien à craindre de lui.

Dieu Altruisme Subsistant
ne peut pas être un regard posé sur l'homme,
qui le traquerait et le transformerait en objet à manipuler :
Dieu, qui est tout entier la Liberté du Don,
ne peut être que le ferment de la liberté humaine.
Si Dieu a vraiment ce visage de pauvreté -
qui s'identifie avec la charité qu'il est -
et s'il s'agit selon ce qu'il est,
on conçoit que cette pauvreté s'exprime
dans ses rapports avec la création
et qu'il n'ait prise sur nous
- et sur toute réalité à travers nous -
que par cette saisie désappropriée
qui nous meut par la liberté (ou libération)
même qu'elle appelle ou suscite en nous .

On comprend qu'un tel Dieu
ne puisse empiéter sur 'notre domaine',
puisqu'il est incapable de rien posséder.
C'est pourquoi nous pouvons lui échapper
sans qu'il puisse nous contraindre
puisqu'il ne nous réintroduit dans l'intimité de son amour
que par une nouvelle éclosion de notre liberté.
C'est pourquoi il peut éprouver à notre égard,
sans aucune altération en lui même,
cette compassion maternelle
qui n'est que la surabondance de sa générosité,
en sombrant en nous pour nous, par ce don gratuit
qu'il est et qui s'offre à nous tels que nous sommes,
en se conformant à nous pour nous conformer à soi.

Dieu face à l'homme,
c'est un dialogue de Liberté à liberté.
Non pas en raison du bon vouloir de Dieu,
qui conserverait alors une toute-puissance
dont il accepterait de ne point user,
par respect pour l'homme !
Mais un dialogue de libertés
en raison de l'être même de ce Dieu Intérieur et Amour :
l'amour appelle la liberté,
il ne peut s'imposer sans se détruire de facto !
C'est pourquoi Zundel écrit :
''Dieu peut tout ce que peut l'amour,
et ne peut rien de ce que ne peut l'amour''.
En d'autres termes :
''Là où il y a un refus d'amour,
l'Amour qui est Dieu ne peut qu'échouer,
sans évidemment cesser, pour autant,
d'être l'Amour éternellement présent, éternellement offert''.
Ainsi, sous cet aspect,
''Dieu est fragile et désarmé devant le refus
que nous pouvons opposer à un dialogue
qui exclut radicalement toute contrainte.''

Illustrons ces propos par une analogie
que Zundel aime beaucoup.
Dieu, qui est la bonté suprême,
ne saurait être moins bon que le meilleur des hommes.
Il est donc Père plus que tous les pères,
comme il est plus Mère que toutes les mères.
Imaginons alors l'amour indéfectible d'une Mère
pour un fils débauché qui renierait toutes ses valeurs,
jusqu'à être condamné par la justice.
La mère pourrait elle souscrire à ce jugement
sans que son cour saigne?''
Comment voulez-vous qu'une mère condamne son fils ?
La mère ira en prison pour lui.
Elle mettra sa tête sur l'échafaud pour lui.
Elle s'offrira plutôt que de livrer son fils.
Est-ce que Dieu aurait moins d'amour qu'une mère ?
C'est impossible ! C'est pourquoi Dieu se livre sur la Croix,
Dieu meurt pour ceux-là même qui le crucifient,
pour ceux qui refusent obstinément de L'aimer.
C'est ce qu'il fera toujours.
Tel est l'Amour : il ne peut que donner,
toujours davantage puisqu'il s'identifie avec le Don,
puisque telle est la Vie et l'Etre même de la Trinité.
''Un amour refusé n'a pas d'autre ressource,
s'il veut maintenir sa fidélité,
que d'aimer toujours plus généreusement
- dut-il en mourir - l'aimé qui n'aime plus,
pour qu'il puisse découvrir, dans un don absolument gratuit,
de nouvelles raisons d'aimer.''

(...) pour Zundel, Dieu accomplit dans son être
les plus hautes valeurs humaines,
il est le référent, il est la Valeur qui fonde les nôtres.
Ceci n'est donc pas la projection sur Dieu
d'une imagerie humaine, mais, à l'inverse,
la reconnaissance de sa Présence dans notre réalité.
''Cette générosité dont l'amour humain
se montre parfois capable n'est elle pas un reflet de celle de Dieu ?''

Telle est donc la maternité de Dieu,
qui nous dévoile son respect infini
pour chacune de nos libertés, face au choix desquelles
il ne peut rien d'autres que surabonder d'amour.
Telle est l'humilité divine, qui se soumet
en qui se soumet en quelque sorte à ses créatures.
Thomas d'Aquin le pressentit déjà, :
''Il y a là autre chose qui enflamme l'âme à aimer Dieu :
c'est l'humilité divine.
Dieu tout-puissant, en effet, se soumet à chacun des anges
et à chacune des âmes saintes,
comme s'il était pour chacun (ou chacune)
un esclave qui s'achète et que chacun (ou chacune) fût son Dieu.
Cette humilité résulte de l'abondance de la bonté
et de la noblesse divine,
comme un arbre ploie sous l'abondance de ses fruits.''

N'est-ce pas exactement ce que Jésus signifie
au lavement des pieds, en dévoilant un Dieu serviteur,
à genoux devant l'homme comme devant un sanctuaire
dont il ne peut forcer la clôture.
C'est pourquoi la Croix renverse définitivement
la situation du péché originel :
Dieu ''nous épargne la tentation de nous faire dieux,
car c'est lui-même qui veut nous faire dieux .''
Oui, Dieu nous fait dieux,
mais ce n'est plus une promotion
dans une hiérarchie de puissance,
fondée finalement sur l'orgueil :
Dieu nous apprend que le chemin de notre divinisation
passe par le dépouillement, l'humilité, l'oblation,
parce que c'est au bout de cet itinéraire là
que lui même se trouve.

Par conséquent, Dieu n'est pas
''impuissant d'une impuissance mécanique''.
Dieu est impuissant comme l'amour est impuissant
devant une liberté qu'il ne peut contraindre
sans se détruire lui même.
''La plus grande puissance du monde
c'est justement cela : la sympathie, l'amitié, la bonté, l'amour.
Mais c'est une puissance que n'importe qui
peut réduire à l'impuissance. Il suffit de se fermer,
de se boucler en soi-même. Il suffit d'opposer le non au oui.''
En d'autres termes, Dieu ne perd rien de sa capacité
à transformer les racines de notre être, de tout être.
Mais puisqu'il est ''pur dedans'',
puisqu'il est ce Dieu Intérieur de saint Augustin,
que l'on atteint en soi qu'en se libérant de soi,
le changement de notre personne en moi-oblatif
implique un consentement où chacun peut,
à chaque instant, refuser sa propre création.
C'est là notre grandeur et notre misère d'hommes.''

Quelle que soit la grandeur avec laquelle
Dieu s'adresse à nous,
c'est toujours à l'intérieur que s'opère la rencontre,
là où le bruit peut occulter le silence divin,
là où ''notre imperfection peut tenir en échec sa perfection.''
Dieu toujours présent, toujours offert,
ne peut s'imposer : il ne peut être que
''l'action silencieuse de cet amour gratuit et désapproprié
qui nous aimante sans nous contraindre.''

Extraits du livre de François Rouiller,
''Le Scandale du mal et de la souffrance chez Maurice Zundel'',
Editions Saint Augustin, 2002

12:14 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans MAURICE ZUNDEL. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |