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24/02/2008

NOTRE VOCATION AU SERVICE DE DIEU.

Un chrétien au service de Dieu doit apprendre à être son digne représentant dans un monde indigne. Ne dites jamais : "Oh ! si seulement j’étais ailleurs ! " Les hommes dont Dieu se sert ne sont que des hommes ordinaires, mais qui deviennent extraordinaires par les capacités que Dieu leur donne.

Si Dieu ne communique pas à nos esprits les capacités intellectuelles, ni à nos coeurs les sentiments qui le glorifient, nous serons dépourvus d’utilité. Ce n’est pas nous qui avons choisi d’être au service de Dieu. Bien des gens décident de servir Dieu, sans que sa grâce toute-puissante et sa parole puissante leur aient communiqué les capacités nécessaires. Paul était transporté d’enthousiasme à la pensée de l’oeuvre accomplie par Jésus dans le monde, et il ne perdait jamais de vue cette pensée capitale. Nous aussi, nous ne devons savoir qu’une chose : " Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ".

"Je vous ai choisis." Ayez toujours à l’esprit la grandeur de votre vocation. Ce n’est pas vous qui avez choisi Dieu, mais Lui vous a choisis. Pendant que vous vous préparez à le servir, Il est à l’oeuvre, courbant, brisant, façonnant. Pourquoi agit-il ainsi ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons qu’il désire nous amener à une soumission telle qu’il pourra dire : " Cet homme, cette femme, m’appartient véritablement. " Il faut que nous soyons des instruments dociles dans la main de Dieu, de telle sorte qu’il puisse par notre moyen établir des hommes sur le Roc, comme il nous y a nous-mêmes établis.

Ne décidez jamais par vous-même d’être serviteur de Dieu. Mais si Dieu vous choisit, malheur à vous si vous vous détournez à droite ou à gauche. Laissez-le faire, car après son appel, il agira à votre égard, différemment d’avec les autres.

BRUNO LEROY.

09:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

19/02/2008

L'HIVER A L'ÉLYSÉE.

C'est l'hiver à l'Elysée. «Si j'étais inquiet, je ne ferais pas président», disait-il le 8 janvier. Il avait mis vingt-cinq ans pour devenir chef de l'Etat, un instant pour être président. Contrairement à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy était tout de suite apparu à la hauteur de la fonction. Le doute a surgi plus tard, à la fin de 2007. Il a grandi avec le marasme économique, une législative partielle perdue, une cote d'amour en berne, des municipales qui inquiètent les candidats de la majorité: «fait-il» vraiment président? Fait-il président, cet homme qu'une partie de son électorat n'attendait pas dans le rôle de mari d'une mannequin devenue chanteuse? Fait-il président, cet homme qui, alors qu'il discute avec des membres de sa délégation dans l'avion le ramenant de son périple dans le Golfe, au début de janvier, demande que l'on monte le son des petits baffles installés dans son avion? A fond, Michel Sardou! «On est ringard et on l'assume», a-t-il l'habitude de plaisanter.

Après l'atonie de la fin du règne chiraquien, la fonction présidentielle nécessitait sans aucun doute d'être désacralisée - mais la voilà qui risque d'être banalisée. Le candidat Sarkozy avait fondé tout son discours sur le mérite - mais voilà qu'il s'affiche uniquement avec ceux qui incarnent la réussite, et la réussite facile de préférence. L'homme lui-même est resté aussi authentique qu'hier - mais voilà qu'il paraît parfois familier. «Je suis frappé de la différence de comportements entre Jacques Chirac et lui, raconte le premier secrétaire du PS, François Hollande. Quand j'allais voir le premier, élu de Corrèze comme moi, dans son bureau de l'Elysée, il ne me serait pas venu à l'esprit de le tutoyer. Lorsque je rencontre le second, je n'imaginerais pas le vouvoyer.»

Bruno LEROY.

( Source : l'Express )

11:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

17/02/2008

CES HABITUDES QUI CONTRÔLENT NOTRE VIE.

Certes, les habitudes contrôlent notre vie, bien souvent sans que nous en prenions conscience. C’est d’ailleurs, le sens étymologique de l’habitude, ce refus et cette obscurité dans nos gestes, nos envies, nos désirs, nos plaisirs n’arrivent plus au niveau de la conscience. Cet état de fait est indigne d’une personne qui se dit spirituelle. Et pourtant, nous en sommes tous et toutes là.

Nous agissons et pensons avec le réflexe de l’ordinateur. Nos pauvres cerveaux sont embrumés de conditionnements que nous avons bien voulus lui donner. Pourquoi, est-ce indigne d’un spirituel ?

Imaginez, Frères et Soeurs, nos prières comme de simples habitudes. Auraient-elles la saveur d’une rencontre avec Dieu-Amour ?

Imaginez, également nos rencontres personnelles où nous serions à même d’écouter et d’aimer, par pure habitude. Rien ne transpirerait de vraiment Humain dans ces relations robotisées. Et pourtant, regardez autour de vous, la plupart des gens se comportent ainsi. Nous sommes victimes d’une conscience relâchée et qui ne sait plus prendre en considération la profondeur du cœur.

Alors, que faire face à nos mauvaises habitudes, venant de Satan lui-même ? Il nous faut fuir ce diviseur qui détruit notre intériorité et nous réintérioriser. Nous devons reprendre conscience de chaque gestes et les offrir à Christ.

Nous devons retrouver la sève de la prière des profondeurs, celle qui sort des cris de notre âme. Nous devons offrir, chaque jour, nos pensées, nos rêves, nos désirs et tout ce qui fait partie de nous à l’Esprit-Saint. Et Lui demander le discernement nécessaire pour saisir d’où provient cette habitude qui soudain surgit. Il ne saurait nous le refuser.

Bien-sûr, par protection, nous pouvons affirmer ne point avoir d’habitudes. C’est une autre façon de se voiler la face et ainsi de ne plus avancer. Les habitudes sont ancrées en nous depuis notre petite enfance. Au fil du temps, nous nous sommes tellement habituées à elles, que nous ne les voyons plus. Il est bon de retourner au dedans de soi pour tout désinfecter. Avec l’aide de Dieu, évidemment, sinon cela risquerait d’être dangereux et inutile. Je suis le premier à reconnaître mes terribles habitudes qui forment en moi, une sorte de cocon mental.

Prions, Frères et Soeurs pour sortir de nous-mêmes et respirer le vent du large, celui qui désinstalle. Le Vent de l’Esprit qui va où Il veut car, Il est libre. Soyons libres à l’image de Dieu, le monde et les personnes qui nous regardent vivre, n’attendent rien d’autre qu’un témoignage de Liberté.

En tant que chrétiens ( nes ), nous devons indiquer par notre vie d’abord où se trouve cette liberté spirituelle. Sinon, nous restons des personnes non habitées qui périssent dans les moisissures de leurs habitudes. Comme des gens ordinaires qui refusent de rencontrer Christ libérateur.

Brisons nos terrifiantes habitudes et ceux qui nous entourent se demanderont d’où nous vient cette liberté intérieure qui nous fait accueillir l’imprévu. Ils verront l’action de Dieu en nous. N’est-ce pas un magnifique témoignage d’amour que Dieu nous demande là ? Oh ! oui surtout lorsqu’il respire l’oxygène essentiel et vital de la prière.

Bruno LEROY.

15:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

14/02/2008

LETTRE D'AMOUR A MON AMOUR.

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Mon Tendre Amour,

Aujourd’hui, c’est notre Fête, celle de l’Amour incommensurable et sans retour. Ce jour, est festif pour tous les amoureux du Monde. Mais, je préfère quelques instants penser à nous deux.

Depuis que tu partages ma Vie, je sens le Bonheur palpiter chaque matin, dès que la nuit est morte. Et même dans certaines nuits, tu es ce croissant de soleil et de Lumière qui illumine mon destin. Tu représentes la part qui me manque. Tes douceurs, ton esprit de bonté gratuite, la délicatesse de tes gestes. Tous ces comportements que tu témoignes au quotidien, ravissent mon âme. Tu mets tant d’énergie dans les moindres actes que tu effectues ; que je ne suis guère surpris de tes fatigues subites. Tu mets tout ton être dans des tâches que beaucoup considéreraient comme banales et sans intérêt. Non, une certaine spiritualité de la Beauté a envahi ton corps. Aujourd’hui, c’est la Fête de ton être voué à l’Amour. Tu ne te contentes guère de quelques sourires ou cadeaux, uniquement parce que c’est la Saint Valentin. Ce Saint que tu honores chaque jour que Dieu fait, de ta présence aimante. Depuis que nous vivons ensemble, je connais la saveur onctueuse de la Tendresse. Qu’il est bon, chaque matin de savoir que tu seras d’égale humeur. Les yeux chaleureux et immenses comme les océans qui nourrissent la terre de leurs flots bienfaisants et nécessaires. Je t’Aime me semble être une injonction bien faible par rapport à la puissance de mes sentiments. Mais, les mots sont toujours pauvres pour exprimer nos grandeurs. Oui, je suis amoureux comme à l’aurore de notre rencontre. Ce jeudi où nos existences ont basculées sans vraiment le savoir. Tant de projets ensuite sont venus se greffer à notre Amour pour le renforcer. Jamais, je n’aurai imaginé une vie si belle, si magnifique, si pure en cette période de mes automnes. Tu es la couleur de mon regard lorsque je regarde vers Toi. Tu es la fleur qui embaume mon cœur de ses parfums subtils et délicats. La Vie sans Toi serait aussi froide que la banquise du pôle Nord. Et je deviendrais à mon tour, la froideur incarnée de l’homme qui cache ses blessures. En ce jour exceptionnel de l’Amour dont le monde fête la quintessence, la substantifique moelle. Je te redis toute la Force de ma Foi en ta destinée forgée par le temps et la réciprocité de nos sentiments. Tu es ancré dans ma chair, mes entrailles et tu navigues dans mes poumons pour me faire tenir debout. Sans ta présence, la vie n’aurait aucun Sens. L’Amour que nous vivons à deux a le sens sempiternel que nous lui donnons. Continuons d’entretenir notre jardin intérieur où poussent des arbres aux multiples couleurs. Je serai à tes côtés autant que le temps le permettra. Et même si je suis dans un ailleurs que nul ne connaît ; je sais que je demeurerai pour l’éternité à tes côtés. Dans l’attente de te revoir peut-être… Tout cela est bien mystérieux pour les hères que nous sommes. Pour cette raison ultime, il nous faut vivre l’instant présent dans toute son intensité et ne guère se préoccuper du lendemain comme du passé. Aujourd’hui, le Mystère auquel nous sommes confrontés est celui de l’Amour et du Respect. Il faut continuer à nous découvrir au quotidien comme s’il allait durer l’éternité. C’est en s’aimant, comme nous l’avons toujours fait jusqu’à présent, que nous verrons le visage de notre avenir se profiler. Le Bonheur que tu m’offres n’a pas de prix car l’Amour est libéré de tous les paradigmes économiques ou de profit. C’est ce qui fait sa grandeur ! L’Amour n’est absolument pas vénal, c’est ce qui le rend libre de tous déterminismes. Vivons cette liberté Absolue de nous aimer toujours plus qu’il ne faudrait aux yeux des gens biens intentionnées. Vivons cette folie qui respecte autrui mais qui nous fait voler dans les ciels aux bleus indiscrets. Oui, soyons fous de nous Aimer jusqu’au bout de…nous-mêmes. Et contemplons la terre devenue écrin de nos tendresses. Devenons contagieux auprès de chaque être rencontré. En leur faisant comprendre que l’Amour vrai existe puisque nous en savourons les senteurs quotidiennement. Conserve cette lettre, sur ton cœur, Mon Amour. Elle te parlera encore de moi même si je suis en train de visiter d’autres paysages. Elle évoquera à jamais la splendeur des horizons que nous avons admirés dans une semblable direction. Elle te racontera la merveilleuse Histoire d’un Amour qui jamais ne s’est éteint par-delà l’espace. Je te souhaite la plus signifiante Fête de la Saint Valentin ! Cette Fête fut très certainement créée pour Toi uniquement… Je t’Aime et ne me lasserai jamais de te le dire au risque de passer pour un homme ayant perdu la tête. J’ai perdu la tête dans le corps solidement constitué de notre Amour. Nous sommes sains de corps et d’esprit grâce à l’Amour qui habite nos jours. Je ne vois guère d’autres causes fondamentales dont les humains sont à la recherche depuis la création du Monde. Aimer et être Aimé demeure la seule raison d’Exister et tu restes mon unique raison d’être pour respirer pleinement la Vie ! Je t’Aime infiniment par-delà les contingences ! Rien ne pourra détruire la Beauté intrinsèque de notre Amour construit au fil des jours depuis des années ! Je suis Heureux avec Toi et cela est bien un juste motif pour vivre indéfectiblement ensemble. Je te donne mes espérances afin que tu puisses te réfugier dedans lorsque les plaies de ton âme se mettent à saigner. Je t’Aime et c’est peu dire, d’autant que les mots ne savent pas même en parler. Laissons le silence de notre Amour nous parler. Il nous dira que faire plus nous serons attentifs à ses intentions. Je T’aime avec la limpidité des sentiments et l’indestructibilité des passions qui m’alimentent et te nourrisent aussi. Heureuse Fête de Saint Valentin, Mon Tendre Amour pour Toujours !

Je t’embrasse Affectueusement avec la chaleur de mon cœur aimant.

Bruno ( Le 14 Février 2008-Jour de la St Valentin ).

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05/02/2008

Dans la prière rejoignons l’Esprit.

Dans la prière rejoignons l’Esprit.
La prière est effectivement la part importante de la personnalité du chrétien.
/ BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Sans la prière, notre vie n’aurait aucune saveur, elle n’aurait point le parfum subtil de Dieu à nos côtés. Les premiers chrétiens, tel que Paul, l’avaient bien compris. Frères et Soeurs que nos vies soient un hymne de prières et de grâces.

Paul allait puiser sa force intérieure à la source divine. La prière est cette rencontre mystérieuse avec Dieu qui nous répond par des signes quotidiens. La prière est cette certitude que l’Amour détruit toutes les forces de mort qui nous habitent. Cette respiration de l’âme est aussi nécessaire que le besoin de manger. L’Esprit ne peut apporter Ses fruits que si, nous Lui demandons dans un total abandon. La prière est effectivement la part importante de la personnalité du chrétien. C’est ce qui le différencie du païen qui ne croit qu’en ses propres forces.

Regardons autour de nous, certaines personnes semblent habitées par un rayonnement dont nous savons la provenance et que nous envions secrètement. La joie est le fruit délicieux de leur présence. Une joie que nul ne pourrait ravir tant elle demeure ancrée dans les tréfonds de leur âme. Prier, n’est pas anodin, c’est la recharge en énergie divine de l’individu fatigué. A condition de remettre son destin entre les mains de Dieu-Amour. Cela, ne veut pas dire ne plus rien faire et attendre que Dieu agisse à notre place. Cela veut dire que Dieu nous donne Tout Son Amour et Sa force pour que nous transformions le monde.

Cependant, il est des situations, je pense aux terribles maladies, où notre action demeure vaine, Dieu intervient alors silencieusement pour nous dicter les gestes et attitudes à faire. Je fus confronté à cette terrible situation, ma mère étant très malade, je priais pour demander à Dieu la Force de tenir pour l’accompagner vers la demeure du Père. Sa mort à 50 ans fut ressentie par la plupart des membres de la famille, telle une défaite. Je l’ai accompagnée durant un mois, jour et nuit, et j’ai répondu qu’elle était entrée dans la Paix.

Cette sérénité que nous cherchons tant sur terre, elle l’a retrouvée dans cette communion avec Dieu. Souvent, nous en voulons à Dieu de nous enlever des êtres chers. Et pourtant, Dieu-Amour nous accompagne dans nos détresses. Notre aveuglement face à la souffrance est compréhensible mais, le chrétien sait que Dieu Lui tend la main. Chaque jour, dès que le soleil se lève, je dis à Christ : Je t’Aime et cette journée est la tienne pour te servir !. Quelle joie m’envahit lorsque je lis la Bible et tombe sur un passage qui me fait entrer en prière.

Sans la prière, notre vie n’aurait aucune saveur, elle n’aurait point le parfum subtil de Dieu à nos côtés. Les premiers chrétiens, tel que Paul, l’avaient bien compris. Frères et Soeurs que nos vies soient un hymne de prières et de grâces.

Un indicible Témoignage de Joie et de Force vécues dans le coeur de Christ. L’Amour doit toujours guider nos pas vers l’Éternel, ainsi notre existence aura la beauté d’une symphonie dont on ne peut se lasser d’écouter les harmonies. Oui ! s’abîmer dans la prière c’est se construire, chaque jour dans l’Amour. Amen !

Bruno LEROY.

11:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

04/02/2008

Devenir Prophètes d’un Dieu d’Amour et de Justice.

JOURNAL CHRETIEN
http://www.journalchretien.net/spip.php?article3929
Devenir Prophètes d’un Dieu d’Amour et de Justice.
Dieu a créé le monde pour tous et veut que tous partagent ; quelque chose doit être dit et fait pour rétablir cette vérité .
/ BRUNO LEROY /

Intervenant-éducatif auprès de Jeunes et de Familles en difficultés.

Diplômé de Théologie Pratique et Politique.

Directeur du Service Éducatif et Action Sociale Nord/Pas de Calais.

Pour le prophète la pauvreté et l’injustice qui existent de son temps ne sont pas normales ; elles sont vues comme le résultat de l’orgueil de certains au détriment de la majorité des autres, réduits à la misère.

Le problème auquel devaient faire face les prophètes de ce temps était la fausse adoration du Dieu vrai.

La nouveauté radicale de leur message est que l’élection divine n’exclue pas la possibilité d’être rejeté. Les prêtres et le peuple pensaient avant eux que le pouvoir de Dieu était de leur côté et que Dieu se faisait le défenseur de leurs valeurs, de leurs intérêts et de leurs styles de vie.

Vivre avec Dieu signifie désormais, pour les prophètes, le chercher dans son coeur et vivre dans la droiture de Dieu en relation avec les autres (les humains et la terre). Alors le Dieu invisible devient visible à travers la création et les créatures.

Les temps sont graves. Le jugement de Dieu est comme suspendu au dessus d’Israël. En politique, en matière de finances ou de religion, on ne peut plus compter faire comme d’habitude. Les gens sentent qu’ils ont un certain « contrôle » sur Dieu (Amos 5,14 ; Michée 3,11 ; Isaïe 7,14).

Mais la manière dont Dieu voit le futur n’est pas la nôtre. Dieu interpelle notre présent et il n’y a pas de possibilité de fuir . Le choc d’une possible catastrophe est la manière dont Dieu use pour infliger une divine thérapie aux humains.

Le problème est présenté comme si les humains souffraient d’une forme d’amnésie (oubliant Dieu ou se détournant de lui) et de schizophrénie (en divisant sa vie : d’un côté la religion de l’autre la vie socio-économique). La seule manière de soigner ces maladies est un acte chirurgical radical : terrifier le peuple avec un verdict de mort.

En tant que messager de Dieu, le prophète a pour fonction de rendre efficace, dans le présent, le choc eschatologique que prépare Dieu pour le futur afin qu’Israël retrouve son identité et sa vocation et ainsi repasse de la mort à la vie.

Pour le prophète la pauvreté et l’injustice qui existent de son temps ne sont pas normales ; elles sont vues comme le résultat de l’orgueil de certains au détriment de la majorité des autres, réduits à la misère.

Dieu a créé le monde pour tous et veut que tous partagent ; quelque chose doit être dit et fait pour rétablir cette vérité . Il doit y avoir une conversion, un changement assez radical de style de vie qui ne soit plus celui de l’urbain prospère mais plutôt celui du nomade vivant de manière précaire dans le désert, la place où Dieu a d’abord fait alliance avec son peuple.

Le message du prophète c’est qu’il faut chercher Dieu (sortir de l’amnésie) et pratiquer la justice (sortir de la schizophrénie), mais aussi qu’il faut développer une plus grande perception spirituelle (de l’attention, du discernement et de la disponibilité par rapport à Dieu) et une sensibilité morale (sensibilité à l’injustice et à l’iniquité qui sont contraires au projet de Dieu ; solidarité à avoir avec le peuple de Dieu tout entier et pas seulement avec l’élite).

Se retourner vers Dieu , ce qui semble presque impossible (comment peut-on accepter de changer de style de vie ?) , requiert une ouverture aux dons de Dieu, car Dieu est un dieu qui prend soin de nous, un Dieu de compassion. C’est pourquoi les prophètes ne sont pas des personnes du désespoir mais de l’espérance.

Faire justice aux pauvres (à tout le peuple) est la condition pour bénéficier de la justice de la part de Dieu.

Les prophètes sont des « révolutionnaires sociaux » parce qu’ils sont fondamentalement des « conservateurs religieux ».

Bruno LEROY.

20:26 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

LES UTOPIES DE GUY GILBERT.

 

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( Photo : Bruno LEROY )

Il est arrivé sans faire de bruit tel un souffle dans la nuit. Certains pensent qu’il a une envergure de star, d’étoile inaccessible ou de prêtre-éducateur au dessus de tout. Et pourtant, toute l’humilité s’inscrit sur le visage de Guy Gilbert comme sa Foi dénudée et pure qu’il vit depuis tant d’années. Il ne masque rien et cela fait la grandeur du personnage.

Ses mots sont des couperets contre nos égoïsmes et surtout, contre notre individualisme face au pognon. Il nous invite à partager, à aimer sans mesure. Puis, soudain s’arrête en se posant la question de savoir si tout cela n’est pas utopique. La réponse est affirmative. Voilà donc que, depuis sa tendre enfance, cet homme devenu septuagénaire entretient des utopies pour un monde meilleur !.

Nous pouvons penser, à juste titre, que toutes ses utopies ne sont pas applicables, concrétisables. Détrompez-vous, Guy Gilbert est justement venu ce soir nous démontrer le contraire.

Des jeunes paumés n’ayant plus un seul désir de vivre mais celui de se foutre en l’air. Des jeunes violents car, personne ne les écoute et qu’il faut parfois gueuler sa rage pour se faire entendre. Des jeunes victimes d’un système basé sur le profit qui dealent, volent et parfois tuent pour uniquement s’acheter les dernières fringues du moment...

En face, le Père Guy Gilbert, un Homme de Dieu, un loubard du Christ qui vient leur prouver qu’une autre vie est possible. Il les écoute avec les oreilles de son âme et les regarde avec les yeux de son cœur. Ils se sentent soudainement aimés, ce mot manquait tellement à leur vocabulaire. Construire, pourrait être le mot d’ordre du Père Guy Gilbert. Oui, construire une ferme nommée « Faucon », au lieu de détruire. Construire son avenir comme la plus belle rose au milieu des ordures. S’aimer soi-même pour pouvoir aimer autrui.

Guy Gilbert ne se contente pas de rêver ses utopies, il les apprivoise. Il les offre aux ados pour qu’ils réussissent au moins à se mettre debout face à ce monde pourri par l’argent et le manque de reconnaissance des autres.

Il gueule comme eux devant ce monde inhumain. Il agit pour que le soleil se lève chaque matin sur les ombres endormies.

Il est contagieux de valeurs immortelles , impérissables et les transmet aux Jeunes. Sa Force vient de la prière qu’il récite dès son lever et qu’il achève dans l’Eucharistie. Elle vient également de ses écrits qui lui permettent de prendre du recul face aux problématiques rencontrées. De ses conférences aussi où il peut hurler sa rage de vivre, de combattre, d’aimer selon le cœur de Dieu.

Pourquoi dit-on qu’il est différent des autres éducateurs ? Simplement, parce qu’il n’a jamais baissé les bras, n’est jamais devenu un technocrate froid. Et surtout, parce que sa Foi indéfectible en l’Humain lui permet de sublimer les méandres les plus horribles de cette société. En chaque être, il sent une part de cristal qui vient du Christ. Et c’est en artiste qu’il modèle cette matière première.

Non, il n’est guère différent des éducateurs que je rencontre au quotidien. Simplement, ces derniers sont désabusés par la routine de leurs fonctions. J’ai toujours dit, affirmé, écrit, témoigné que Guy Gilbert était la tête suprême des éducateurs. Il est l’Amour incarné qui veut propager cette dimension de Tendresse sur la terre. Je ne connais aucun travailleur social ayant ce charisme à déplacer des montagnes de haine. Dieu est en lui comme une respiration dans l’infini. Nous l’avons tous et toutes sentis le soir de sa venue à Lille.

Guy Gilbert est reparti après avoir délivré son message. Il est peut-être dans sa permanence parisienne ou dans la Bergerie avec ses Jeunes. Peu importe, même s’il est au Canada, c’est l’esprit Guy Gilbert qui demeure en nos âmes. A nous de rester les veilleurs et transmetteurs de ses convictions inspirées par un Dieu d’Amour. Notre religion sera l’Amour inconditionnel des plus petits en priorité vécu en osmose avec le Christ. Le reste nous sera inspiré... Merci Guy d’être venu nous parler de l’essentiel qui habite nos existences.

Bruno LEROY.

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SAVOURER LE SILENCE DE DIEU.

Dieu vous a-t-il témoigné sa confiance en gardant le silence - ce silence qui a un sens si profond ? Les silences de Dieu sont ses réponses. Représentez-vous ces jours de silence absolu, dans la maison de Béthanie. Connaissez-vous actuellement, dans votre vie, quelque chose de semblable ? Dieu peut-il vous témoigner de cette manière-là sa confiance, ou réclamez-vous encore une réponse manifeste ?

Dieu vous accordera sans doute les bienfaits que vous réclamez, s’il vous semble impossible de vous en passer ; mais son silence est la preuve qu’il veut vous faire parvenir à une plus merveilleuse connaissance de lui-même. Vous plaignez-vous à Dieu de ce que vous n’avez pas reçu de réponse ? Vous verrez Que Dieu vous a, par son silence, manifesté une plus grande confiance, parce qu’il a vu que vous étiez capable de supporter une révélation plus sublime.

Il ne voulait pas vous plonger dans le désespoir, mais vous rendre plus heureux. Si Dieu vous a répondu par le silence, louez-le, car il veut vous entraîner vers de plus hautes destinées. Le moment où il vous manifestera qu’il a entendu vos prières viendra ; c’est lui qui, dans sa souveraine sagesse le détermine. Pour lui, le temps ne compte pas. Vous vous dites peut-être : " J’ai demandé à Dieu du pain, et il m’a donné une pierre." Mais vous vous trompez, et aujourd’hui vous vous apercevez qu’il vous a donné le pain de vie.

Ce qui est merveilleux, lorsque Dieu se tait, c’est que ce silence est contagieux. Vous devenez vous-même pleinement calme et confiant : " Je sais que Dieu m’a entendu. " Son silence même le prouve. Aussi longtemps que vous pensez que Dieu doit vous bénir par une réponse à votre prière, il le fera ; mais il ne vous accordera pas la grâce du silence. Si Jésus-Christ travaille à vous révéler le but véritable de la prière, qui est de glorifier son Père, il vous donnera le premier signe de son intimité : le silence.

Bruno LEROY.

19:33 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne, poesie |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

13/01/2008

LA PENSÉE RELATIVISTE.

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L’homme moderne, on le sait, exalte la liberté pour elle-même, comprise comme autonomie absolue et comme constitutive de la dignité de l’homme. Sur ce dernier point, il hérite en fait d’un des apports les plus significatifs de la pensée chrétienne qui regarde effectivement la liberté comme le noyau de la dignité de l’homme en tant qu’homme, et non plus en tant que citoyen ou que puissant de ce monde, rompant en cela avec l’Antiquité classique. Il s’agit ici de la « liberté de », de la faculté d’auto-détermination, de l’exercice de l’autonomie sans laquelle la dignité de la personne resterait un vain mot.

Mais en tenant pour première, au sens d’absolue, la liberté, alors qu’elle est plutôt le centre dynamique de la volonté, l’homme moderne fait de la liberté à la fois le fondement, l’objet et la fin d’elle-même. D’où la réduction de la liberté aux impulsions de la soif de pouvoir, de la sensualité, du sentiment, d’où son caractère velléitaire. D’où également l’élimination de la transcendance comme fondement de la référence à la norme objective, surtout en morale. Or, malheureusement, le refus de la reconnaissance d’une transcendance laisse l’homme démuni face à l’arbitraire de son semblable ou du pouvoir politique ou économique.

Par ailleurs, en absolutisant la liberté de choix de l’individu, la pensée moderne cherche à multiplier à l’infini les possibilités de choix éthiques, comme l’on ferait d’un bien de consommation. La recherche de la liberté de choix découplée de la recherche de la vérité a alors besoin du relativisme et permet à chacun de vivre tranquillement au rythme de sa subjectivité. Mais la conséquence de ce refus de la norme objective est aussi la disparition du choix lui-même. Il faut alors constater le caractère vain de la liberté, du libre-arbitre qui reste ainsi « suspendu ». Ou pire, constater que l’exaltation de la liberté-autonomie pour elle-même a engendré les pires totalitarismes : « L’homme qui n’accepte pas d’être relativement libre sera absolument esclave ». Au contraire, « seule la puissance des limites fait que l’esprit se cabre, s’enflamme, s’élève au-dessus de lui-même » .

Ballottée, sans point d’ancrage transcendant sur le plan de la pensée, la liberté s’est ainsi réfugiée vers le nihilisme, ou aujourd’hui, vers un relativisme qui se veut « soft » mais qui se révèle parfois aussi « hard », aussi violent que peut l’être le nihilisme. L’homme post-moderne conçoit toujours la liberté comme un envol, mais ce serait maintenant une évasion en douceur vers le Nirvana de son choix, dans l’absence de souffrance et de contrainte, au besoin au moyen de l’évasion du corps. L’évocation de la vérité est alors incongrue, voire dangereuse car porteuse de conflits. L’expression de certaines options, notamment dans le domaine de la morale dite « privée », peut provoquer le passage à la phase violente, alors même que cette pensée « soft » prône la « tolérance », entendue comme consécration du relativisme, présenté comme une condition nécessaire de la démocratie, elle-même conçue comme la forme idéale de gouvernement pour la concorde sociale. Elle aspire au pluralisme d’opinion (lequel, d’ailleurs, est consacré dans certains systèmes juridiques comme un principe fondamental, alors même qu’il porterait sur des valeurs éthiques essentielles). Elle voit dans la référence à la vérité ou à une norme objective extrinsèque une menace pour la liberté : il est par exemple frappant de voir que la controverse est parfois plus franche et approfondie dans une collégialité lorsque l’enjeu porte sur une décision de portée purement technique que sur des sujets de société qui mettent en cause des valeurs morales. Il peut arriver dans ce dernier cas de voir certains se soustraire à la discussion et préférer passer rapidement au vote. C’est sans doute parce qu’ils sont convaincus que ce type de sujets relèvent de la sensibilité de chacun et n’est donc pas susceptible de progresser par une discussion rationnelle. Dans cette optique, la controverse s’apparenterait à une intolérance. La sauvegarde de la liberté résiderait dans le refus du dialogue.

La pensée relativiste exalte en même temps la « tolérance » conçue comme une protection contre l’arbitraire du « dogmatisme ». En effet l’homme contemporain, après avoir exalté la raison pour elle-même, en est arrivé à ne plus croire à la capacité de celle-ci d’appréhender la vérité. Le même processus de dévalorisation se reproduit d’ailleurs chaque fois qu’une faculté de l’homme est exaltée pour elle-même et dissociée de l’harmonie avec les autres facultés qui composent la nature humaine, comme le montre la dévalorisation actuelle de la sexualité. La seule mention du terme « vérité » est donc taxée parfois d’intolérance dangereuse. La liberté devrait alors être protégée contre la vérité, contre la prétention à la vérité. Le salut serait dans le pluralisme d’opinion, entendu comme relativisme.

Dans cette optique relativiste, la consécration de la liberté de conscience est vue en principe d’un oeil bienveillant ; pourtant, il est évident que la régulation juridique de la société nécessite de trancher, et pas seulement de « concilier », comme on préfère dire aujourd’hui, entre les valeurs auxquelles les consciences se déclarent attachées. Or le pluralisme auquel la pensée libérale est si attachée est battu en brèche par l’existence sur certains sujets de jugements de valeur obligatoires, en forme de « pensée unique », qui sont reçus sans réticence par ceux-là mêmes qui se défendent de vouloir une morale universelle. Cet attachement proclamé au pluralisme est-il sincère ?

Par ailleurs, cette pensée « soft » n’est pas exempte de toute implication revendicatrice : par exemple, là où un juriste ne consacrerait tout au plus que des tolérances, voire des libertés, les tenants de cette conception « soft », par le détour des droits de l’homme, revendiquent parfois violemment la consécration juridique de droits-créances. Ce qui au départ était présenté sous la forme d’une demande de respect pour des formes particulières de la liberté individuelle, au nom du respect de la vie privée, se transforme en exigence de consécration juridique et devient une véritable valeur sociale proposée à tous, comme on le voit dans les sociétés occidentales à propos du statut de la famille. Et une certaine forme de mondialisation contribue à propager ces évolutions avec valeur de modèles impératifs ; elle se traduit par une normalisation de ce qui, au départ, ne se présentait que comme une forme de « tolérance », au sens de respect. Là encore, il faut bien constater qu’il s’agit d’une aporie.

C’en est encore une, lorsqu’au nom de la tolérance, on exige que l’expression de certaines convictions soit reléguée dans la sphère privée et qu’on leur refuse tout droit de cité dans la sphère sociale, comme c’est le cas pour certains signes ou comportements religieux ou pour l’objection de conscience. Sur ce dernier point, certaines législations récentes cantonnent le bénéfice de l’objection dans l’exercice de la profession à l’individu considéré isolément, par exemple au médecin, et le refuse à cette même personne si elle est responsable d’un service ou d’une équipe. L’idée sous-jacente est sans doute que cette objection contraindrait à son tour les membres de l’équipe qui ne la partagent pas : mais au nom de quoi la conscience des uns serait mieux protégée que celle des autres ? Ce n’est malheureusement pas la tolérance telle qu’elle est comprise dans la pensée moderne et « post-moderne » qui permet de résoudre ce type de problème. Il faut bien alors constater que l’invocation de la tolérance finit dans certains cas par brider l’expression de certaines convictions. Or la liberté de conviction n’est rien sans la liberté d’expression. On se heurte ici à la « face sombre » de la tolérance libérale et aux limites du pluralisme appliqué aux valeurs fondamentales d’une société.

En effet, comme l’explique Charles Taylor, on trouve dans la société libérale « une conception qui accorde une certaine valeur à l’auto-accomplissement, et qui accepte de reconnaître que celui-ci peut échouer pour des raisons qui sont internes à l’agent, mais qui pose également qu’aucune directive valide ne peut, par principe, être imposée par l’autorité sociale, en raison de la diversité humaine et de l’originalité de chacun ».

Peut-on alors oser soutenir aujourd’hui qu’une norme morale objective, susceptible d’encadrer l’usage de la liberté, doit être consacrée dans les systèmes juridiques et sociaux, surtout si elle a trait au comportement privé ? Voici posée la question de la validité universelle, donc de la véracité, de cette norme. Ce qui renvoie à l’inéluctable question de la vérité sur l’homme, que les sociétés modernes auraient pourtant souhaité éluder comme le type même de question insoluble par la raison et qu’elles voudraient résoudre par un appel à la « conscience collective », à l’opinion publique, telle que préparée par les médias, c’est-à-dire en définitive, par ceux qui les maîtrisent.

Caractère vain, illusoire de la norme, de la raison, de la vérité... La libération authentique est-elle encore possible ou bien est-elle vaine également ?

Et pourtant, l’aspiration à la libération est inscrite au fond du cœur de l’homme. C’est une affaire de vérité. Il est grand temps de lever les ambiguïtés. Puisque la conception libérale individualiste de la liberté souffre de telles contradictions internes, il n’est pas étonnant qu’elle se révèle si peu féconde dans la pratique et si peu épanouissante pour la personne. Il convient donc d’élargir la perspective en acceptant d’inscrire cette liberté dans la recherche de la vérité sur l’homme et sa liberté.

Bruno LEROY.

21:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

DIMENSIONS SOCIALE DE LA FOI.

La "dimension sociale" de notre foi.

Dans certains lieux ou milieux d’église, on entend de plus en plus évoquer la "dimension sociale" de la foi chrétienne. Si j’emploie ici des guillemets, ce n’est pas seulement pour signaler une expression devenue assez usuelle. C’est aussi pour alerter d’emblée sur sa possible ambiguïté. Les uns y voient en effet le signe d’une dérive gravement séculariste et sécularisante de la foi et de la vie chrétiennes. D’autres, au contraire, s’en servent pour mettre en valeur des implications (plus ou moins directes) et donc des tâches (plus ou moins précises) sans lesquelles, estiment-ils, la foi, non seulement perdrait beaucoup de son impact et de son rayonnement dans le monde, mais manquerait à certaines de ses obligations les plus propres et, à la limite même, se dénaturerait.

Pour tâcher d’y voir plus clair, le mieux est encore de progresser pas à pas.

1. La foi est personnelle

Commençons par une évidence : la foi est bien sûr, et incontestablement, affaire personnelle. Elle relève en effet d’un choix, d’une décision, d’une adhésion. "Je crois en toi ", c’est comme "Je t’aime" : c’est moi qui parle, et non pas un autre ; et je m’engage moi même dans ce que je dis ! La foi naît, vit et croît de la décision, toujours personnelle, et toujours à renouveler personnellement, d’en vivre et de la faire vivre.

Par ailleurs, il n’est pas question de le nier : la foi va à Dieu ! Elle est reconnaissance et confession du Dieu vivant et vrai, qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Si la foi est personnelle, elle l’est comme théologale.

2. La foi est communautaire

Il faut pourtant apporter immédiatement une précision essentielle : la foi la plus personnelle et la plus théologale n’existe jamais sans référence à d’autres croyants ; elle se déploie nécessairement dans un "espace" communautaire. Si déjà elle ne naît évidemment pas de nous-mêmes, elle ne nous vient pas non plus tout verticalement, dans un rapport seul à seul avec Dieu : nous la recevons toujours par d’autres. Et en suite, une fois effectivement reçue, elle ne s’entretient et ne se développe que par et dans une communauté.

Bref, en chacun de nos coeurs, la foi est toujours aussi la foi d’un "peuple". Elle a d’elle-même un aspect de rencontre et de partage : de vie par, avec et pour d’autres.

3. La foi est ecclésiale

Mais les croyants que sont les chrétiens ne s’en rapportent pas à d’autres seulement pour ce qui concerne la naissance et la croissance de leur foi personnelle propre. Ils se rassemblent en fait, en réponse à l’appel de Dieu et par le don de l’Esprit, pour constituer ensemble le Corps du Christ. Ils reçoivent d’ailleurs par là même la mission de témoigner que le plan de Dieu ne se limite pas à sauver des individus, fût-ce même une multitude d’individus. Il vise à rassembler un peuple de sauvés et de vivants, de bienheureux et de saints. Autrement dit : pour la foi chrétienne, le renvoi à d’autres n’est pas seulement condition de naissance, d’entretien et de croissance, mais bel et bien aussi, forme d’existence. Si personnelle qu’elle soit et doive toujours demeurer, la foi n’est donc pas seulement communautaire, mais bel et bien ecclésiale.

Cette ecclésialité de la foi peut d’ailleurs, soulignons-le, prendre bien des figures concrètes : paroisse, mouvement, communauté de vie, congrégation religieuse, etc. Une relativement large diversité est ici effectivement vérifiée. Elle est le signe d’une grande richesse et d’une vraie souplesse, que nous pouvons et devons tenir pour révélatrices de la liberté des enfants de Dieu dans la communion de l’église.

4. La foi est caritative

Il faut accomplir un pas de plus : cette église, qui est donc la condition et la forme mêmes de la vie de la foi, n’est cependant pas destinée à vivre seulement pour elle-même, centrée sur elle seule. Elle est appelée dans le monde pour être envoyée dans le monde. Envoyée dans le monde pour y vivre et le faire vivre, certes, dans le respect de ce qu’il est... mais aussi pour lui témoigner de ce que croit la foi, à savoir qu’il existe un Dieu vivant. qui aime le monde et veut le sauver.

Or il n’y a aucune chance sérieuse d’amener le monde à croire en un Dieu qui l’aime, si on ne le lui montre pas, par, et dans des comportements d’amour. Des comportements qui, de nouveau, ne sont pas seulement le fait d’individus, mais relèvent au contraire, autant que possible du moins, de véritables services organisés.

Ici est évidemment à mentionner tout le champ de l’activité caritative des chrétiens. Il faut rappeler que l’action de charité, à la fois entreprise organisée et solidarité vécue, n’est pas seulement condition pour l’annonce de la foi, ni seulement conséquence de la vie de la foi. Elle est, au contraire, tout ensemble expression et critère nécessaires de la foi authentiquement chrétienne. C’est assez clairement déclaré par le Nouveau Testament : nul ne peut prétendre aimer- "dans la foi" - Dieu qu’il ne voit pas, s’il n’aime pas - "en actes et en vérité" - son frère qu’il voit. En ce sens il n’est pas douteux qu’à côté de l’annonce de la parole de la foi (la prophetia) et de la célébration des sacrements de la foi (la leitourgia), il faut tenir le service de la charité au nom de la foi (la diaconia) pour un véritable ministère de l’église : le troisième.

5. La foi est sociale

Même s’il s’avère assurément de plus en plus nécessaire, le service caritatif dont nous venons de parler ne suffit pourtant pas à l’incarnation de la foi dans le monde.

Il est de plus en plus nécessaire, parce qu’il y a toujours des laissés pour compte, et en nombre croissant, dans notre société. Les pouvoirs publics, malgré tout ce qu’ils peuvent entreprendre et réaliser, non seulement ne parviennent pas à répondre à tous les besoins, mais restent terriblement démunis devant les plus criants d’entre eux. Quoi d’étonnant, dès lors, si tant de chrétiens voient tantôt dans le Secours Catholique ou le CCFD, tantôt dans l’ACAT ou Aide à toute Détresse, par exemple, des champs privilégiés de leurs engagements ?

Pourtant le caritatif est insuffisant. D’abord et avant tout parce que, si nécessaire qu’il soit et reste assurément, il risque toujours de ne venir qu’en appoint par rapport à l’ensemble de l’organisation sociale dont il compense néanmoins opportunément tant de déficits. Cela étant, les croyants doivent aller plus loin : à cette organisation sociale, ils sont requis d’apporter eux aussi, d’une manière ou de l’autre, leur concours. Cela, dans la mesure où c’est précisément à elle qu’incombent en priorité la responsabilité et la tâche de pourvoir aux nécessités du corps social, à commencer par les plus graves.

Pour le coup apparaît bel et bien, dans la foi, une dimension sociale au sens strict, immédiat et usuel du mot : engagement dans la société civile et séculière, selon la diversité des professions, des organisations, des associations ou des institutions qu’elle comporte. Ainsi est-ce aussi en prenant leur place dans les services mêmes dont la société se dote elle-même, et non pas seulement en organisant des types de prestations sociales qui leur sont propres, que les croyants sont appelés à faire la preuve que le Dieu de leur foi aime le monde.

Toujours assurément personnelle, la foi n’est donc pas sociale seulement au sens communautaire, ecclésial et caritatif. Elle l’est bel et bien aussi au sens où ceux qui la professent se veulent et sont de fait engagés et actifs (au nom de leur foi, même s’ils ne sont alors pas toujours en situation de la déclarer expressément) dans l’organisation et les institutions de la société comme telle : quartiers et municipalités ; industrie ou administration ; associations, mouvements et syndicats ; champ économique et politique ; etc.

6. La foi est missionnaire

Ce qui vient d’être indiqué n’épuise encore pas le rapport de la foi au monde ! Les besoins des hommes et des femmes, qu’ils soient enfants, jeunes, adultes ou d’âge avancé, ne sont en effet pas seulement d’ordre matériel, socio-économique ou socio-psychologique. Ils sont aussi, et l’on s’en rend compte de plus en plus semble-t-il, d’ordre spirituel. On peut même formuler plus nettement la chose : tout compte fait, il faut bien reconnaître que, parmi les besoins "sociaux" de notre époque comme de toutes les autres époques, il en est un qui est d’ordre spirituel. Or lui aussi mérite bien évi demment d’être pris en compte dans sa spécificité.

On doit dès lors considérer que ceux qui s’attachent à répondre autant que possible à cette catégorie tout à fait particulière, et proprement capitale, de besoins humains, font eux aussi, à leur propre titre, oeuvre sociale ! En ce sens, il ne faut pas craindre de dire que la foi et l’église, lorsqu’elles accomplissent correctement leur mission spirituelle, contribuent en fait réellement et efficacement à la vie de la société séculière.

Cela n’est-il pas évident, par exemple, avec les visiteurs de prisons et les accompagnateurs de malades ? Et comment nier que dans le strict accomplissement de leur ministère sacerdotal, nombre de prêtres ont aidé bien des couples mariés à faire mieux que survivre, bien des jeunes à trouver le chemin de l’engagement, bien des êtres tourmentés à retrouver la paix du coeur ? Qui ne voit, enfin, que enseignement religieux et catéchèse sont parfaitement susceptibles d’aider tant d’êtres qui cherchent des valeurs ou des repères dans la vie, à en découvrir en effet, et à s’y attacher ?

Ici encore, la foi déploie une dimension qu’on peut dire elle aussi "sociale", puisqu’elle déborde individus et personnes, pour concerner le champ commun de leur existence en société. Très évidemment, cette dimension de la foi contribue à en étendre le rayonnement propre, et du même coup à élargir le cercle de ceux qui la professent. En ce sens, on doit la dire, cette foi, proprement missionnaire ou apostolique, et préoccupée donc de sa propre extension dans la société, - ce qui ne veut aucunement dire de soi qu’elle soit ou doive se vouloir prosélyte, cléricale ou triomphaliste !

7. La foi est ministérielle

Il y a un dernier aspect de la "socialité" de la foi. Pour qu’elle accomplisse sa mission et, plus exactement encore, I’ensemble des missions qui viennent de lui être reconnues, il faut que la foi vive, et donc qu’elle puisse exister comme telle dans la durée. Cela suppose qu’elle ait les moyens de s’organiser dans son existence propre et dans son fonctionnement spécifique, au sein même de la société. Cela requiert donc qu’elle se donne et prenne des formes instituées qui lui permettront de faire exister, d’articuler et de structurer les uns par rapport aux autres, services appropriés, tâches spécialisées, responsabilités coordonnées, etc.

Autrement dit, la foi et la vie de la foi ne sont pas concevables en dehors de ce qu’elles appellent une ministérialité. Nouvelle et tout à fait spécifique dimension "sociale " de la foi, à laquelle en un certain sens toutes les autres se rapportent...

Bruno LEROY.

18:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |