01/02/2009
UNE ÉCONOMIE DE LA PAUVRETÉ ?
L’Évangile a toujours été pour le monde une provocation. Déjà auparavant, pour le peuple d’Israël, la prédication des prophètes allait à l’encontre des idées reçues. L’importance, dans le message chrétien , de la béatitude de la pauvreté ne peut faire aucun doute. C’est par elle que l’évangéliste Matthieu inaugure le grand discours de Jésus sur la montagne, que l’on appelle à juste titre la charte du Royaume de Dieu.
Il ne faudrait pas trop vite rejeter la pratique évangélique de François comme anachronique, sous prétexte qu’elle ne correspondrait pas aux idéaux et aux activités de notre société contemporaine. Nous l’appelons société de consommation parce qu’une bonne part de ses activités consiste à produire et à faire consommer. Chacun veut disposer d’argent qui le rend libre de choisir, dans une économie d’abondance les biens nécessaires ou superflus offerts au plus grand nombre.
Ce système économique peut revendiquer des résultats indéniables. Les famines imparables ont disparu. La grande masse a atteint une sécurité d’approvisionnement en biens indispensables. A l’échelon national des sociétés occidentales, l’extrême misère est devenue l’exception, tandis que la sécurité matérielle est garantie par des institution de secours et de prévoyance qui atteignent presque tous les individus. Néanmoins les disparités de condition entre les personnes engendrent toujours des sentiments de frustration et entretiennent les luttes de classes. La parole de Jésus est encore d’actualité : « des pauvres, il y en aura toujours parmi vous....».
Face à ce monde avide de richesses, de confort, de sécurité, la béatitude de la pauvreté semble peu appréciée et l’invitation franciscaine paraît totalement hors de propos. Pourtant nombreux sont dans notre monde super-organisé ceux qui aspirent à un renouveau de simplicité, de désencombrement, de transparence. Beaucoup se rendent compte de l’asphyxie spirituelle à laquelle conduit la surabondance de biens matériels.
Là où les relations humaines sont contrecarrées par l’envie et bloquées par la lutte des classes, on peut devenir plus perméable au message d’Assise qui a montré combien la simplicité, la charité fraternelle, la pauvreté avaient partie liée. Se dépouiller, partager afin de rencontrer des frères, annoncer la paix et se présenter les mains nues, sans revendication sans peur aussi et confiant en l’homme, telles ont été les attitudes de François qui font rêver tous ceux qui aujourd’hui aspirent à une vie humaine plus chaleureuse.
Mais il est une autre aspiration vers la pauvreté franciscaine, qui est le fait de ceux qui dépassent l’horizon national des sociétés occidentales pour découvrir l’extrême dénuement matériel qui règne encore sur certains pays du Tiers-monde où la faim , la maladie, l’insécurité totale devant les fléaux naturels maintiennent des conditions de vie sous-humaines, donc indignes des fils de Dieu. Des voix s’élèvent parmi les chrétiens pour proposer l’inspiration franciscaine comme un moyen d’équilibrer les chances de tous les hommes. Les nations riches sont invitées à modérer leur développement et leur course au progrès matériel, à investir de façon désintéressée chez les peuples les plus défavorisés.
Comme cette politique internationale entraînerait indéniablement un ralentissement de la croissance des nantis, on ne peut la proposer que comme un choix délibéré, généreux et fraternel, c’est à dire gouverné par l’amour des autres. D’autres motifs peuvent d’ailleurs s’ajouter pour le retour à une vie plus simple. Cette perspective qui semblait pure utopie lorsque l’occident ne se souciait que de consommer et s’imaginait que l’énergie à bon marché devait être toujours plus abondante, vient de se révéler non plus utopique mais prophétique, car indépendamment des visées humanitaires et fraternelle', la course à la croissance, la consommation déréglée le gaspillage se sont révélés destructeurs de l’environnement. La nature est malade de l’homme riche. On se souvient alors du petit pauvre d’Assise qui avançait avec tant de respect de la création dont il savait préserver la beauté et qu’il préférait admirer plutôt que posséder et consommer.
Enfin l’exploitation des richesses naturelles s’est faite jusqu’ici sans se soucier des hommes, de leurs traditions, de leur culture, de leur vie spirituelle. Elle a le plus souvent engendrer des affrontements entre nations riches et nations pauvres, tout comme le développement industriel régi par l’idéologie libérale avait engendré la lutte des classes. On se souvient aussi de François qui préférait renoncer à un bien légitime plutôt que de s’affronter à celui qui le convoitait injustement: « Si nous avions des biens, disait-il, il nous faudrait des armes pour les défendre ». En écho à l’Évangile :« si quelqu’un te demande ton manteau, abandonne-lui aussi ta tunique ».
Que pourrait-on proposer sous ce thème d’économie de la pauvreté ? Sinon un nouvel ordre économique mondial qui aurait pour objectifs principaux une répartition plus juste et plus généreuse des richesses matérielles permettant peu à peu la disparition, chez les plus démunis, d’une pauvreté imposée par le désordre économique, et aliénante pour les personnes. Cela nécessiterait chez les nantis le renoncement,au moins temporaire à une croissance continue, une sorte de moratoire à l’enrichissement des riches jusqu’à ce que toute la famille humaine puisse vraiment bénéficier des biens destinés à tous. Le respect des autres, le souci du partage, la recherche des valeurs spirituelles, la volonté de promouvoir la paix en supprimant les causes économiques de rivalités et d’affrontements.... S’agit-il d’une pure utopie ? Mais l’utopie n’est-elle pas indispensable pour faire désirer la conversion des individus et des sociétés et inspirer leur vrai progrès moral ?
17:39 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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30/01/2009
Un jeune accède à des données ultra-secrètes avec son lecteur MP3.
Top secret. Ce n'est pas le scénario d'une mauvaise série Z, mais ça y ressemble. Il y a quelques jours, dans une bourgade de l'Oklahoma (USA), un jeune Néo-Zélandais pousse la porte d'une boutique de produits d'occasion et achète, pour 18 dollars soit [14 euros] , un lecteur MP3.
Un achat banal si ce n'est que le lecteur n'est pas tout à fait comme les autres.
Lorsque l'appareil est connecté à son ordinateur, Chris Ogle, âgé de 19 ans, découvre alors le pot-aux-roses : sur un simple clic, il accède à soixante fichiers d'archives estampillés « Secret défense ».
Les fichiers contiennent la liste des militaires actuellement déployés en Afghanistan, leurs données personnelles (numéros de téléphone, de sécurité sociale), et lorsque le soldat est du sexe féminin, la mention « pregnant » si elle est enceinte.
Chris Ogle, qui a examiné les fichiers, en a trouvé un autre contenant la liste des équipements de divers camps de l'armée US, ainsi qu'un autre fichier composé des numéros des mobiles de personnes devant se rendre en service en Irak et en Afghanistan.
Sympas, deux responsables de l'ambassade des États-Unis ont rencontré Chris Ogle, de retour à Wellington, pour lui échanger un MP3 neuf contre celui qu'il venait d'acheter.
Évidemment, une enquête a été ouverte pour savoir comment des informations « top secret » sur la défense des États-Unis ont pu être négligemment oubliées dans un lecteur MP3. Qui, du reste, ne fonctionnait pas pour écouter de la musique.
12:49 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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13/01/2009
TOUT SEMBLAIT LES OPPOSER.
Tout oppose, à première vue, Julien Green (1900-1998) et Jean Sulivan (1913-1980). Le premier, élu à l'Académie française, salué par tant de critiques littéraires, ami de François Mauriac - quoique les rapports entre les deux hommes aient été souvent empreints de suspicion mutuelle - et ami d'André Gide, est un romancier reconnu et estimé. Le deuxième, pour sa part, est un écrivain mal connu - voire méconnu - par l'establishment littéraire en France. Mais ces deux auteurs ont en commun, d'abord, de ne s'inscrire dans aucune lignée traditionnelle : en ceci, au moins, il ressemble à Green.
Le critique Henri Guillemin explique dans la Tribune de Genève (le 6 décembre 1967) que Sulivan a choisi en quelque sorte de se mettre à l'écart de tout classement habituel : « Il [Sulivan] se situe volontairement en marge. On n'aime pas ça, dans le "milieu" - je veux dire le "milieu littéraire", le milieu de ce milieu étant (centre, nombril, Olympe) l'Académie française, récompense de ceux qui ont la manière. »
Ceci explique en partie peut-être pourquoi Sulivan fut ravalé à la position d'écrivain catholique mineur, étiquette qui décrit fort mal son œuvre littéraire. Ordonné prêtre en 1938, il commence à publier ses livres vers la fin des années 1950, à une époque où le roman catholique en France ne jouit plus du prestige d'autrefois (Bernanos est mort en 1948 et Mauriac se consacre davantage à ses activités journalistiques qu'à l'écriture romanesque). En outre, pour Sulivan, la réalité spirituelle des années cinquante et soixante demande une approche différente de la part d'un écrivain comme lui. Quand son roman Mais il y a la mer gagne le Grand Prix catholique de littérature en 1964, grâce notamment aux efforts de Daniel-Rops, membre de l'Académie française, Jacques Madaule se croit en droit de décrire Sulivan dans Témoignage chrétien (du 30 avril 1964) comme « un auteur capable de continuer Bernanos ». Mais Sulivan, en ceci pareil à Julien Green, n'aimait pas les étiquettes et savait qu'il était impossible au Roman Catholique de survivre alors que son temps était révolu. Au dire de Joseph Majault : « Les grands écrivains catholiques ont disparu et la succession n'est pas ouverte. Non pas faute peut-être de talents mais parce que le temps en est passé. » En soulignant les différences entre Green et Mauriac, José Cabanis souligne le refus chez Green de se considérer comme un romancier catholique : « Catholique, il écrivait des romans, ce qui n'est pas la même chose. » Et il ajoute : « Aussi ne lui fut-il jamais reproché de se servir de la religion pour avancer ses affaires. » Cette dernière remarque est faite pour le distinguer de Mauriac. Sulivan se montrait souvent un peu méfiant à l'égard de la grande figure d'écrivain incarnée par Mauriac. D'où sa remarque :
Parce qu'il (Mauriac) reflétait parfaitement un certain monde catholique d'autrefois, il est compréhensible qu'il ait joué le jeu de la représentation. Il a brigué et obtenu un siège élevé, assez en vue pour répandre, de ces hauteurs, la Bonne Nouvelle, en faisant accepter et triompher son clan, le clan catholique. C'est un temps ancien, toujours présent.
On notera le ton un peu réprobateur de ces lignes. Il faut dire qu'il est parfois trop sévère à l'égard de Mauriac, un écrivain qu'il trouvait enraciné dans une époque où le catholisme en France avait partie liée avec le pouvoir. Il lui préférait de loin Bernanos, surtout à cause du côté prophétique de ce dernier. Enfin, il partageait avec Green le même tempérament et alla jusqu'à lui dédier son premier essai, Provocation ou la faiblesse de Dieu (Plon, 1959). Le roman est une quête spirituelle pour Sulivan et Green et cette quête leur importe davantage que toute recherche esthétique. Sulivan se rend compte, pourtant, que le témoin spirituel et le prophète ont souvent le malheur d'inspirer la méfiance chez leurs contemporains :
Le prophète entend avec stupeur monter du fond de lui-même des cris qui sont ceux de l'avenir. De même le chrétien écrivain qui parle de sa propre voix revient aux origines et scandalise avant d'être reconnu comme un témoin.
On tend le plus souvent à considérer Green comme un romancier classique à cause de la clarté de son style et parce qu'il a toujours été un conteur d'histoires et non pas un expérimentateur de formes inédites, à la manière des praticiens du Nouveau Roman. Ses personnages forment toujours le centre de ses récits et ce sont eux qui retiennent l'attention des lecteurs. Chez Sulivan, il est souvent difficile de savoir à qui l'on a affaire, tant il y a confusion entre narrateur, personnages, auteur.Tout est brouillé chez lui, comme dans le Nouveau Roman, un genre qui le fascina pendant quelque temps. Ce qui le déçut finalement chez un romancier comme Claude Simon c'était son engouement pour la forme :
Claude Simon masque les abîmes […]. Il est le frère des écrivains, peintres, sculpteurs qui construisent leur œuvre contre la mort. « L'art est tout ce qui reste » : ils le disent sans contentement. L'art voilà leur fin dernière, leur salut.
Sulivan s'éloigne de cette conception de « l'art pour l'art » au fur et à mesure qu'un mouvement d'âme de plus en plus intense s'empare de ses personnages. La forme serait donc une tentative de traduire le contenu, qui est d'ordre mystique et donc difficile à sonder. On lit, encore une fois, dans sa Petite littérature individuelle :
Entre toi et moi il y a un espace nu, un abandon, la blessure irréparable : c'est dans cet espace que j'écris. Je te joue, tu me joues. Qui se joue de nous ?
20:34 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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15/12/2008
LES CHRÉTIENS CONTRE LE TRAVAIL DOMINICAL.
Les chrétiens sont massivement contre, évidemment. Du haut en bas de la hiérarchie, catholiques et protestants, de droite comme de gauche, sociaux et traditionalistes, toutes chapelles confondues. Avec son projet de travail du dimanche, Nicolas Sarkozy a réussi «une prouesse œcuménique : mettre d’accord les chrétiens de toutes sensibilités», rigole Jean-Pierre Denis, directeur de la publication de la Vie. Et la mobilisation qui s’en est suivie a sans doute influencé les responsables politiques, même si son poids exact est difficile à mesurer.
«Il y a eu une montée en puissance, les gens ont réagi quand ils m’ont vu dans la liste des 60 députés [ayant signé le 21 novembre une tribune contre le travail dominical, ndlr], puis à partir du moment où les magazines d’obédience chrétienne s’y sont mis. Là, je reçois beaucoup de courriers, de mails, et pas uniquement de catholiques», témoigne le député UMP Etienne Pinte.
André Vingt-Trois, cardinal, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, a saisi toutes les occasions de redire son opposition, la dernière, c’était vendredi sur RTL. Habilement, il n’a pas situé son argumentation sur le strict terrain religieux mais sur celui, beaucoup plus consensuel, des valeurs. En réponse au slogan du chef de l’Etat, «travailler plus pour gagner plus», il a fait mine de s’interroger : «Gagner plus doit-il devenir le principal objectif de l’existence ?»
«Lettre». La Vie s’est également engagée contre le travail dominical en proposant à ses lecteurs de télécharger une carte postale, «accompagnée d’une lettre à envoyer à votre député(e) pour lui rappeler votre attachement au repos du dimanche». De leur côté, les Associations familiales catholiques (AFC) ont mobilisé leur base : «Nous avons plus de 300 associations sur le terrain. Nous avons dépêché tous nos responsables pour qu’ils expliquent notre position [contre ce texte] à leurs élus locaux. Une quarantaine de députés ont été contactés», rappelle Jean-Marie Andres, vice-président des AFC.
«Paroisses». Et même les curés se sont joints à la contestation. Le 3 décembre, Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, avait mouché les cathos : «Si l’on prend le problème sur le plan religieux, les chrétiens ne travaillent pas le dimanche, les juifs ne travaillent pas le samedi et les musulmans ne travaillent pas le vendredi. Pourvu que les bouddhistes ne s’en mêlent pas.» En réponse, «les six curés de toutes les paroisses catholiques situées sur le territoire de [sa] circonscription» lui ont écrit une lettre ouverte rappelant les raisons de leur opposition au travail dominical. «Il ne s’agit pas de défendre notre pré carré de la messe du dimanche, insiste David Roure, curé de Saint-Germain-l’Auxerrois à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Si nous avons pris position, ce qui est une première pour moi comme curé, c’est parce que ce texte met à mal quelque chose d’absolument essentiel qui est l’un des fondements de la stabilité de la société : la famille.»
Cette lettre tirée à plusieurs milliers d’exemplaires a été distribuée aux fidèles le dimanche suivant en même temps que la feuille paroissiale. Aux paroissiens qui venaient l’assurer de leur soutien, David Roure a donné ce conseil : «Je leur ai dit : "La balle est dans votre camp, faites connaître votre opposition à votre député."»
Source : Libération.
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13/12/2008
Guy Gilbert, emblématique «curé des loubards».
17:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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02/12/2008
NOUS SOMMES TOUS PAREILS.
Nous sommes à peu près tous pareils, emprisonné par une multitude de liens, contraintes, obligations, dépendances, conformismes... Parmi toutes ces attaches, celles qui nous ligotent le plus ne sont pas, comme nous l’imaginons souvent, extérieures à nous. Notre vraie prison est intérieure, émotionnelle et mentale.
Nous sommes tels ces hommes primitifs que l’on pouvait enfermer dans un cercle tracé par terre, simplement parce qu’on leur avait injecté la croyance que, s’ils le franchissaient, ils mourraient aussitôt.
Avouez-le : il n’y a pas de jour où nous ne faisons une montagne de soucis futiles. Râlerie, chagrin, colère, consternation, accusation, dépression... peuvent naître pour des riens et nous gâcher la vie. Cette dramatisation est due à un mélange de paranoïa, d’impatience, de mauvais stress et surtout : d’un terrible manque d’humour.
Logiquement, nous devrions être tordus de rire en constatant combien nous pouvons être raides, nous prenant pour le sommet du monde, dramatisant le moindre incident, déclenchant le plan ORSEC si nous ne trouvons pas tout de suite l’objet dont nous avons besoin... ou une jaunisse si quelqu’un risque d’avoir une mauvaise opinion de nous. Oser se moquer de soi-même est un excellent exercice avant d’entreprendre de méditer, en quête du grand Soi en soi-même.
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01/11/2008
LE PARFUM DE NOVEMBRE.
Novembre et son parfum de chrysanthème nous remettent en mémoire ce que nous sommes appelés à devenir, dans le regard et l’intention de Dieu : des saints, comme Dieu lui-même est saint.
A distance d’une image païenne trop largement transmise, la sainteté ne consiste pas à atteindre une perfection personnelle aux yeux de Dieu. Inlassablement son Esprit cherche le cœur de l’homme à travers la rumeur du monde et la compassion de l’Eglise. A l’écoute de sa parole ruminée quotidiennement, laissons-nous plutôt saisir par Jésus-Christ, comme les disciples de l’Evangile, pour donner notre vie comme lui, en lui et à sa suite pour que le règne de Dieu gagne dans les cœurs et entre les hommes : « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »(Lc11,41).
La disparition récente et rapprochée de témoins évangéliques aussi rayonnants que Sœur Emmanuelle, l’Abbé Pierre, Mère Teresa le redit plus fortement encore, plus charnellement aussi que bien des analyses depuis que notre monde est en transformation constante : rendre à tout homme justice et dignité, le mettre au centre de nos activités économiques et de nos projets sociaux et familiaux, en faire le fondement et la fin de toute action et de toute technique, demeure plus que jamais un chemin de sainteté pour aujourd’hui.
Au long du chemin la spiritualité vient offrir quelques moyens de reconnaître à son humanité le visage du Christ en celui du frère, unique signe sacré en ce monde. Chaque jour devient ainsi commencement d’un don de la vie au service de l’évangile, une vraie bonne nouvelle pour l’éternité.
Remi de Maindreville, rédacteur en chef.
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19/09/2008
SARKO ET SON JOUJOU EXTRAORDINAIRE.

L'Élysée et le ministère de la Défense font tout pour garder ce dossier secret mais les informations commencent à filtrer. La Présidence de la République française recevra dans quelques mois un nouvel avion aux couleurs de la République française. En effet, le ministère de la Défense vient de finaliser l'acquisition d'un Airbus A330 pour le compte de l'Élysée. Son nom de code est « Cotam 01 ». Moins gros que son homologue américain, le Boeing 747 baptisé «Air Force One», cet Airbus A330 a été acheté d'occasion. C'est moins cher et plus rapide que d'en commander un directement à Airbus. L'appareil a appartenu successivement au loueur américain ILFC avant de voler sous les couleurs de Swiss Air puis d'Air Caraïbes. Le long courrier va devoir être reconfiguré. Le marché aurait été attribué à Sabena Technics à Mérignac près de Bordeaux qui va devoir repenser tout l'aménagement (lire ci-dessous).
Plus loin, plus vite
Nicolas Sarkozy avait manifesté il y a quelques mois le besoin d'avoir un avion à plus long rayon d'action pour ses déplacements officiels. Pour l'instant, il utilise un A319 Corporate jet qui l'oblige à faire escale quand il se rend loin comme en Martinique ou en Inde. Pas vraiment normal pour le représentant de la cinquième puissance du monde alors que George Bush dispose, lui, d'un Boeing 747. Cet été, Louis Gallois, avait conseillé à Nicolas Sarkozy d'opter plutôt pour un Airbus A340 : « Il a un plus large rayon d'action. Et puis, un quadrimoteur, ça en jette tout de suite plus » avait glissé le patron d'EADS. Alors que François Mitterrand volait en Concorde, on aurait même pu imaginer un A380 aux couleurs de la République. Le coup de pub pour le superjumbo d'Airbus aurait été sensationnel. à chaque atterrissage, toutes les caméras du monde auraient retransmis l'arrivé du Air Force One français.
Des aménagements très spéciaux
Un élysée volant. Le futur A330 devra être capable de transporter le Président dans un grand confort et surtout mettre à sa disposition tous les moyens de communication moderne. Une zone de travail avec un espace secrétariat, des ordinateurs, des moyens de reproduction et de communication cryptés devraient être installés à bord. Côté sécurité, si l'Air Force One de George Bush dispose d'une capsule d'éjection pour le Président, l'A330 tricolore sera plus modeste en embarquant des « leurres anti-missiles» contre les attaques terroristes. Dans son A319 actuel, le président dispose de sa chambre avec grand lit et d'une douche.
Cinq fois le tour de la Terre
Depuis son élection, Nicolas Sarkozy n'a quasiment pas quitté les avions présidentiels. Il a déjà réalisé l'équivalent de cinq tours du monde en 280 jours. Notre confrère Bruno Dive qui l'a suivi dans une dizaine de déplacements publie un livre sur l'infatigable globe-trotter.
On apprend les habitudes de voyages du président de la République. Le journaliste confie : « Il travaille beaucoup à bord notamment à l'aller pour maîtriser ses dossiers à son arrivée. Il en profite aussi pour dormir un peu et écoute de la musique ». Des tubes des années 70 et les chansons de… Carla Bruni ! Il a même organisé un karaoké improvisé entre Tanger et Marrakech.
Le problème du rayon d'action de l'Airbus présidentiel s'est posé de manière risquée lors du retour des obsèques d'Aimé Césaire en Martinique : « Le commandant de bord a jugé qu'avec les vents favorables, il n'était pas nécessaire de faire une escale aux Açores comme à l'aller juste pour refaire le plein. à l'arrivée à Paris, la jauge n'était pas loin de zéro ! » se souvient Bruno Dive.
Et si Nicolas Sarkozy passe autant de temps dans l'avion c'est parce qu'il aime bien dormir chez lui. « Déjà pendant la campagne électorale ses conseillers avaient du mal à le faire dormir sur place», raconte l'auteur. En tant que président, il voyage avec plusieurs avions dont un réservé à la presse et aux chefs d'entreprise.
Par ailleurs, un Falcon 900 de rechange suit toujours le cortège pour ramener l'hôte de l'élysée en cas de panne.
11:42 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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04/07/2008
Ingrid Betancourt assure que la spiritualité l'a sauvée.

Interrogée par la radio Europe 1 peu avant son départ de Colombie pour la France où elle est attendue en milieu d'après-midi, Mme Betancourt a répondu "oui, oui" lorsqu'on lui a demandé si elle avait été victime de "tortures, vexations et humiliations" pendant les six années et quatre mois de sa détention aux mains des Farc. "Elles ont existé. La seule chose à dire à ce sujet, c'est le devoir que nous avons chacun de nous surveiller. J'ai senti qu'il y a des tentations à se laisser aller à des comportements démoniaques (...) Je pense qu'il faut garder une grande spiritualité pour ne pas glisser dans cet abîme".
"J'ai eu les chaînes tout le temps, 24 heures sur 24, pendant trois ans", a-t-elle dit. "Il y avait des moments de grandes crises, de grande dureté, de sévices. Il y avait des moments où ils essayaient de montrer un autre visage, parce que c'était tellement monstrueux que je pense qu'ils en étaient eux-mêmes dégoûtés". "Lorsque j'ai pris cet hélicoptère et que je me suis élevée au dessus de cette jungle, je me suis dit à moi-même que ces détails sordides ne devaient pas être portés à la connaissance du public", a encore raconté l'ex-otage.
Ingrid Betancourt, que l'on a vue à plusieurs reprises en train de prier depuis sa libération mercredi par l'armée colombienne, a annoncé jeudi soir que le pape Benoît XVI la recevrait la semaine prochaine au Vatican. Accompagnée de ses deux enfants Mélanie et Lorenzo, qu'elle a retrouvés à Bogota, elle est attendue vendredi après-midi à Paris où elle est doit être accueillie par le président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni. (afp)
22:50 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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Sept tentations chez les chrétiens.
Tentation de l'oubli des dimensions sociales de la foi.
C'est la tentation de séparer d'un côté la vie spirituelle, de l'autre la vie économique et professionnelle. La dimension sociale n'est pas une matière à option de la foi. "Le versant éthique et social du message évangélique est une dimension nécessaire du témoignage chrétien". ou encore: "on doit repousser toute tentation d'une spiritualité intimiste et individualiste". (Jean-Paul II)Tentation de l'oubli de la tension entre le particulier et l'universel.
Chacun et tous, nous devons reconnaître que nous sommes "situés quelque part" par rapport à ces questions. de l'argent, du pouvoir, du politique, de la richesse, du patrimoine. On a tous une histoire, une origine, une formation, âge... Les catholiques, en se disant tous frères, vont trop vite à l'universel abstrait, en sautant les différences, avec le risque du repli sur le même, en gommant la rencontre de l'autre différent. Appel à être ouvert à l'autre différent.Tentation de la démission, ou de la légèreté intellectuelle. Ni le Nouveau Testament ni l'Église n'ont de recettes toute faites pour le vivre en société. Ils nous renvoient toujours à notre responsabilité. L'exercice de la responsabilité et de la liberté commence par un travail de compréhension. Certes, c'est compliqué, et personne ne comprend tout. Il est nécessaire d'avoir une information plurielle, (sources diverses). La pensée est le commencement de l'action. Travailler à bien penser est le commencement de l'humanisation.
Tentation des attitudes de fuite. par exemple:
tentation de pureté, et son corollaire, refus de se salir les mains.
(que signifie "faire du social, c'est bien, de l'économique, passe encore, mais de la politique non!"?
tentation de l'acceptation du fatalisme.
Ce sont autant d'alibis à l'inaction et à l'indignation stérile.
Croyons-nous vraiment en un Dieu incarné, Croyons-nous que les enjeux véritablement humains de notre existence collective sont des enjeux que l'on prend au sérieux?Tentation de l'oubli des médiations. et donc
invitation à reconnaître l'importance de la raison (il n'y a pas que l'émotion, le vécu ou l'expérience comme critère)
invitation à reconnaître le rôle des structures et des institutions que se donnent les sociétés. Les chrétiens sont très sensibles à ce qui est direct, proximité, rencontre de l'autre, à l'interpersonnel et beaucoup moins sensibles aux relations longues, par l'intermédiaire d'une organisation (syndicale, politique, ONG, etc.) qui reposent sur des intermédiaires. La charité chrétienne se vit aussi dans et par ces relations longues. Le risque est de répondre aux urgences, et d'oublier de repérer les causes et d'agir sur elles. Jena-Paul II parlera de structure de péché.Tentation de la marginalisation de la politique.
Parmi les différents champs de la vie en société, il a le politique, l'économique, le social, le culturel. Parmi eux, le politique est un champ essentiel du vivre ensemble. Hier, le champ politique était englobant de toute l'activité humaine. Aujourd'hui, c'est l'économique. Or, il est nécessaire que se créée un contre pouvoir à l'économique: ce ne peut être que le politique. Quelle est notre représentation du politique? Quelle valeur lui accorde-t-on? Relire Réhabiliter le politique" commission sociale de l'épiscopat.Tentation de l'impatience.
Notre rapport au temps s'est fort modifié ces dernières années. Le court terme l'emporte sur le long terme, le souci de l'efficacité immédiate, le désir de voir les résultats de ses actes, en économie comme ailleurs. Or rien de durable ne se crée sans patience. Rien ne changera sans modification des modes de vie, et des valeurs. Or, les modes de vie et les valeurs ne changent pas au 1/4 de tour. Nécessaire changement de nos comportement et de nos mentalités (ou manières de voir). Cela peut passer par la réflexion, la prière, la rencontre de l'autre.Comment je vis la Bonne Nouvelle dans mon rapport à l'argent, au travail, à l'économique. Est-ce que le Dieu en qui je crois est le Père de Jésus-Christ, qui non seulement a donné la priorité au pauvre, mais s'est identifié au pauvre.
10:57 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |
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