06/12/2009
Cette merveille ne se révèle qu’aux yeux de la foi.
« Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de pardonner les péchés ». Tout est dit : « Dieu seul peut pardonner les péchés », ainsi que celui à qui il délègue ce pouvoir : le Messie, qui vient inaugurer le temps de la miséricorde. Par ces quelques mots, Jésus nous conduit au cœur de la Bonne Nouvelle : en lui, « c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu » sur le péché qui asservissait l’homme (cf. Rm 6, 17). Prenons donc courage : « Voici notre Dieu : il vient lui-même et va nous sauver » (1ère lect.) ; il vient irriguer les terres arides de nos vies de péché, par les torrents de sa miséricorde.
Mais cette merveille ne se révèle qu’aux yeux de la foi. Rien ne « prouve » que ce rabbi de Nazareth dise vrai : ce n’est pas parce qu’il fait marcher un paralytique qu’il a nécessairement le pouvoir de pardonner les péchés. Pour que nos cœurs s’ouvrent à la signification du miracle accompli par Jésus, et que notre « bouche muette crie de joie » en voyant « le boiteux bondir comme un cerf », il nous faut d’abord consentir à faire l’expérience de l’irruption de la miséricorde dans notre propre vie. Alors « nos oreilles de sourds » entendront le message de grâce que le Seigneur nous adresse. « J’écoute : que dit le Seigneur Dieu en son Christ ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple par la rémission de ses péchés. Oui son salut s’est fait tout proche, sa gloire est venue habiter parmi nous : le Tout-puissant a jeté son Verbe dans les sillons de notre terre pour que la vérité germe au cœur de notre humanité en son Fils Jésus Christ. Sur lui, du ciel, se penche la justice, e t à travers lui le Seigneur nous donne les bienfaits de sa miséricorde » (cf. Ps 84).
« Seigneur donne-moi de lâcher mes résistances et de consentir à la foi, afin que “l’eau jaillisse dans mes déserts, que les flots de ta tendresse changent en lac mon pays aride ; qu’il se couvre de fleurs des champs ; qu’il exulte et crie de joie !” Je trouverai alors l’audace de partager ton message d’espérance avec tous ceux que le péché tient encore rivés à leur civière, parce qu’ils ne savent pas que tu le leur a pardonné ».
Père Joseph-Marie.
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05/12/2009
Le silence appelle à l’aventure de l’intériorité.
D’amblée St Luc énumère les régions où Jésus va exercer son ministère ainsi que les princes qui les gouvernent. Il termine en nommant les chefs religieux de l’époque en Judée. Cette précision du temps, du lieu et du contexte historique, souligne que les événements dont il va être question ne sont pas un mythe, mais une réalité plus décisive pour l’histoire universelle, que les faits et gestes des empereurs et roitelets se disputant indéfiniment le pouvoir.
Car Jean, fils d’un inconnu nommé Zacharie, ne parle pas en son nom propre, ni au nom de son père ou de son clan, ni même au nom d’un pouvoir politique : il est porteur d’un message venu du Très-Haut : par lui, « la parole de Dieu fut adressée » aux hommes de toutes races, langues, peuples et nations. Le Précurseur va donner vie à une parole préfigurée dans les prophéties d’Israël, et qui attendait son heure dans les Ecritures. Le lieu où surgit cette parole est également significatif : le désert, espace hostile où on évite de passer, lieu à distance des territoires occupés par les hommes, où le silence appelle à l’aventure de l’intériorité.
La discrétion avec laquelle St Luc décrit le Baptiste contraste avec celle qu’en donnent les autres évangélistes : aucune allusion à la pauvreté de son vêtement ni à sa nourriture frugale. Cette sobriété permet de focaliser toute l’attention du lecteur sur la Parole que Jean est chargé de transmettre. Ce n’est pas le personnage du Précurseur qui contraste avec les grands hommes politiques et religieux cités, mais c’est la Parole qui leur fait face et devant laquelle ils auront à se situer.
Cette Parole continuera à les interpeller même lorsqu’ils auront éliminé la voix qui l’a faite résonner à leurs oreilles ; car à défaut d’entendre le Précurseur, désormais : « tout homme verra le salut de Dieu ». C’est donc que la Parole que Jean annonce, se manifestera de manière visible, et que le salut qu’elle apporte sera perceptible par tout homme de bonne volonté. Tel est l’inouï de la Bonne Nouvelle : la parole de salut vient comme quelqu’un que l’on pourra voir et entendre, toucher et aimer.
On ne peut plus clairement annoncer son dynamisme : sa portée sera universelle ; elle se diffusera comme une flamme courant dans un chaume, annonçant partout son message de paix, de joie et de réconciliation à tous les hommes sans exception. Les enfants de Dieu dispersés par une triste nuit de péché, seront enfin « rassemblés du levant au couchant par la Parole du Dieu Saint ; ils se réjouiront parce que Dieu se souvient » (1ère lect.) « de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais » (Lc 1, 55). Ils les « conduira dans la joie, à la lumière de sa gloire, leur donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice » (1ère lect.).
La mission prophétique qui lui échoit, pousse Jean à s’approcher du fleuve, où il proclame un « baptême » que l’on pourrait aussi traduire par « une plongée » ou « un plongeon de conversion ». Pour se rendre au fleuve qui coule en bordure du désert et pour s’y plonger, les Juifs de l’époque devaient quitter leurs routes et leurs comportements habituels, et consentir à l’initiative d’un autre ; ce qui suppose qu’ils fassent confiance à ce Jean et à « la Parole de Dieu qui lui fut adressée ». Pour eux comme pour nous, la conversion commence lorsque nous consentons à sortir de nos ornières pour nous exposer aux appels de l’Esprit, qui nous parle par les prophètes.
La référence au livre d’Isaïe est incertaine, car il n’y est pas question de baptême pour la rémission des péchés. Le prophète de la première Alliance pressentait la nécessité pour l’homme de se préparer à accueillir une intervention divine imminente, mais c’est avec le Baptiste, que nous sont révélés les mots et les gestes qui conviennent. L’interprétation d’une prophétie se fait toujours rétrospectivement : c’est l’intervention concrète de Dieu dans l’histoire qui éclaire son annonce, car l’accomplissement dépasse toujours la prédiction. Ce processus culmine en Jésus : c’est à partir de lui qu’il faut désormais lire les Ecritures, puisque c’est en lui qu’elles trouvent leur plénitude de sens.
« A travers le désert, une voix crie » : c’est le volume sonore de la voix de Jean qui appelle, qui atteste et conteste, plus que les paroles articulées et la signification qu’on peut leur donner. Le cri s’élance comme une flèche, il file droit devant vers celui-qui-vient et dont il faut préparer la route. Les ravins, montagnes, collines figurent autant d’obstacles sur la route du désir éveillé par la voix du Précurseur, mais c’est celui-qui-vient qui les enlèvera : « car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu » (1ère lect.).
C’est en ces termes qu’au cœur de la liturgie de ce second dimanche de l’Avent, résonne l’appel à la conversion. Celle-ci ne réside pas dans l’observance scrupuleuse d’un ensemble de règles rituelles. La conversion réside dans la reconnaissance de notre pauvreté et de notre impuissance à nous amender, et dans l’accueil de l’intervention du Dieu tout-autre qui seul peut sauver l’homme. C’est pourquoi la conversion que proclame le Baptiste consiste essentiellement dans la suppression des obstacles qui nous empêche de recevoir « le Salut de Dieu » qui se donne à voir, c'est-à-dire le Sauveur. Quant à l’urgence de la conversion, elle est motivée par l’imminence de l’intervention divine, et donc par la perspective de la rencontre prochaine avec le Dieu vivant.
Le thème de la conversion sera également au cœur de la prédication de Jésus ; là encore, il ne sera lié à aucune pratique pénitentielle particulière : la voie royale que propose Jésus est celle du dépouillement de toute suffisance, condition sine qua none pour pouvoir reconnaître sa véritable identité, et pour pouvoir accueillir l’Esprit de charité, qui seul peut nous introduire dans la vérité de notre condition filiale. Il s’agit donc d’une conversion à l’amour ; l’amour du Christ, et l’amour concret de tous nos frères, quelle que soit leur race, leur condition sociale et même leur identité spirituelle, au nom de notre commune appartenance au Père que nous révèle Jésus, unique médiateur de la fraternité universelle : c’est en « progressant de plus en plus dans l’amour, que nous marcherons sans trébucher vers le jour du Christ » (cf. 2nd lect.).
L’Eglise, peuple de convertis unis dans la charité, a précisément pour mission de faire entrer l’humanité toute entière dans la voie d’un amour sans frontières, qui brise le carcan de tous les particularismes clos.
L’Eucharistie est le lieu par excellence où s’exprime ce caractère universel de la Bonne Nouvelle ; elle constitue le rassemblement où tout homme peut voir le salut de Dieu, et peut entrer dans la joie de son Seigneur. C’est ici autour de la table où le Père lui-même nous nourrit du Pain des Anges, qu’après nous avoir « dépouillé de notre robe de tristesse et de misère, il nous revêt de la parure de la gloire de Dieu ; qu’il met sur notre tête le diadème de la gloire de l’Eternel » (1ère lect.), le diadème de l’Epouse, toute parée pour son Epoux-qui-vient.
Père Joseph-Marie.
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04/12/2009
LE BERGER QUE NOS COEURS DÉSIRENT.
« La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux ». Cette parole éclaire d’une lumière nouvelle notre attente de Noël. Les foules sont fatiguées et abattues au point de ne plus croire qu’il existe un berger qui nous appelle, un bon pasteur prêt à venir chercher la brebis isolée. Si bien que notre Seigneur préfère d’abord susciter le désir de ce berger. Et pour cela, Jésus choisit de compter sur nous. Notre fatigue ne saurait être un prétexte à nous reposer sur les épaules de Jésus. La moisson est abondante : il y a tant de cœurs qui ne demandent qu’à être instruits de la venue du Royaume. Pour eux tous, pour nous-mêmes, Jésus suscite des ouvriers.
Ce temps de l’attente que nous vivons en Église n’est donc pas le temps de la passivité. Quelle que soit notre fatigue, le maître de la moisson compte sur nous, il demande de nous livrer : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ». Il se fait proche, le berger que nos cœurs désirent. Il nous donne le repos et nous soustrait à nos abattements en nous faisant entrer dans sa vie qui est don de soi.
Frère Dominique.
21:40 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01/12/2009
Tel est le chemin du rapprochement de Dieu.
Toutes les maladies du monde affluent vers le médecin de l’homme. « Et il les guérit », tout simplement. La scène est saisissante. L’évangéliste ne précise pas explicitement que Jésus enseignait, quant à Jésus il dit seulement d’eux : « ils sont avec moi ». L’humanité a tellement crié sa détresse vers le Ciel, sa venue constitue une telle attente, que le Messie annoncé semble être reconnu à sa seule présence. L’attente ouvre les yeux du cœur. Tous affluent vers lui, à commencer par les plus pauvres. Jésus est avec eux à la fois direct et simple : « et il les guérit ».
Savons-nous reconnaître la présence du Messie parmi nous ? Notre préparation à Noël ne devrait-elle pas être avant tout un réapprentissage de la pauvreté ? Cette pauvreté qui rend proche de Jésus. Autrement dit, n’appelons-nous pas facilement pauvretés nos limites, c’est-à-dire les irritantes frontières de notre puissance ? Or ces limites sont notre chance de nous ouvrir aux autres et à l’Autre, au Messie. Ainsi, notre vraie pauvreté est d’abord celle de ne pas savoir accueillir. Jésus est pauvre : il reçoit ceux qui affluent vers lui, il ne retient pas sa vie, il donne sans calculer. Il guérit. Ce temps de préparation et d’intériorisation doit donc être un temps où nous osons la rencontre de l’autre, de l’homme avec sa misère. Tel est le chemin de l’éloignement de soi. Tel est le chemin du rapprochement de Dieu. Alors la vie est donnée à profusion. Quand nous savons donner le peu que nous avons et à recevoir simplement le peu qu’on nous donne. C’est de cette manière que le S eigneur comble les foules de ceux qui s’avancent vers lui. C’est à ce signe que notre cœur devient capable de reconnaître la présence de Jésus sur nos routes.
Frère Dominique.
20:05 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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30/11/2009
La vraie joie est bien fruit de l’Esprit.
Jésus invite ses disciples à se réjouir du salut qu’il est venu apporter en sa personne. Mais, pour accueillir ce salut et goûter la joie d’être sauvé, il faut être un « tout-petit ». Dieu veut bien nous sauver ; encore faut-il que nous en reconnaissions le besoin.
Ce qui dans l’Esprit est révélé aux petits et qu’eux seuls peuvent accueillir dans ce même Esprit c’est l’amour du Père et du Fils pour eux. Cet amour fou nous le contemplons dans le Fils, lui le frère aîné, qui donne sa vie pour ramener au Père ses enfants dispersés. Nous le découvrons aussi dans le Père qui ressuscite le Fils le troisième jour. L’amour du Père nous renvoie donc à celui du Fils et celui du Fils à celui du Père : « nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler ».
En proclamant tout cela, Jésus « exulte de joie sous l’action de l’Esprit-Saint ». La vraie joie est bien fruit de l’Esprit et elle témoigne de la circulation de la vie trinitaire en nous. La vraie joie est expérience de la présence agissante de la Trinité en nous : l’Esprit donné nous fait communier avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. La vraie joie témoigne donc de l’action salvifique de Dieu en nous. Car ce salut n’est plus à entendre pour la fin des temps. Il est là au milieu de nous. Accueillons donc, dans la joie de l’Esprit, le salut qui est offert à ceux qui se reconnaissent tout-petits .
Frère Elie.
19:34 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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28/11/2009
LE DON DE JOIE.

« Nous sommes les serviteurs de votre joie » saint Paul
Quelles sont les caractéristiques de la joie ? D’abord, c’est un état d’âme qui n’est pas partiel. À l’inverse du plaisir ou du bonheur, la joie ne concerne pas seulement tel ou tel aspect de notre personnalité ; elle nous prend tout entier. Elle élève toute notre vie à un certain niveau, où l’être et le faire ne font plus qu’un. Chez celui qui est joyeux, il n’y a plus cette espèce d’intervalle, de trou que nous rencontrons d’habitude entre l’état de l’âme et l’action. Dans la joie, c’est tout l’univers qui nous apparaît avec une couleur, une atmosphère, une qualité nouvelles
Ensuite, la joie ne se conçoit pas sans une certaine exultation, une expression extérieure liée à un dépassement de ce qui était jusqu’alors. C’est, par exemple, ce qui s’est passé quand saint Paul et les apôtres ont reçu le don des langues. Ce don ne consistait pas en une connaissance des langues étrangères, mais en un état d’exultation et d’exaltation qui permettait à ceux qui en étaient gratifiés de dépasser les limites du langage humain. Ils émettaient alors des sons qui exprimaient leur état d’âme, qui traduisaient ce qui était en eux, mais qui ne correspondait pas à quelque chose de rationnel – c’est pourquoi saint Paul insiste sur la nécessité d’un interprète pour transcrire cet état d’âme. C’est un phénomène que nous rencontrons aujourd’hui assez fréquemment dans les églises pentecôtistes. Cette exultation est une transformation de la parole en chant. Lorsque nous sommes vraiment joyeux, la parole ne nous suffit pas ; instinctivement – surtout si nous sommes seuls – nous nous mettons à chanter, à entonner une mélodie qui peut prendre beaucoup d’aspects et de nuances. La joie nous prend et nous élève hors de nous-mêmes. Elle donne une qualité entièrement nouvelle à tout notre être.
Essayons maintenant de discerner quelle est la structure de la joie. La joie est à base de reconnaissance. Elle est une action de grâce pour tout ce que nous recevons. Elle exprime la conscience que Dieu nous a mis en possession du monde. Nous avons tant de raisons de nous réjouir, d’éprouver une joie surnaturelle ! Pensons, par exemple, que Dieu nous a choisis, élus de toute éternité. Il nous a donné la vie, amenés à l’existence. Nous sommes sortis du monde des possibilités, et nous avons reçu l’Être ; puis, nous avons été comblés de grâces innombrables. Considérons un instant le cours de notre vie : nous y verrons de multiples raisons de rendre grâce. Comme vous vous en souvenez peut-être, Moïse dit un jour à Dieu : « Montre-moi ta puissance », et Dieu lui répondit : « Je ferai passer devant toi toute ma bonté » (Ex 33, 18-19). Dans cette vision simple de toute la bonté de Dieu qui passe devant nous, nous enveloppe et nous couvre, il y a une reconnaissance.
La joie contient encore un autre élément que la reconnaissance : la confiance. Non pas la confiance conditionnelle – « je crois en toi si tu fais telle ou telle chose » –, mais la confiance absolue, inconditionnelle. Puisque nous savons que Dieu a tout fait pour nous, qu’il nous aime et nous a choisis, que nous avons une place définie dans le plan divin et l’univers, qu’avons-nous à craindre ? Nous arrivons alors à l’état d’âme magnifiquement exprimé dans l’Écriture par cette parole du prophète : « Lors même que tu me tuerais, j’espérerai en toi ».
Telle est la joie, cette joie qui est une reconnaissance débordante et une confiance totale. Si nous marchons dans la vie avec ces deux sentiments, avec le souvenir de tout ce que Dieu a fait pour nous et la confiance absolue dans ce qu’il fera pour nous, qu’avons-nous à craindre ?
Extrait de Au cœur de la fournaise,
par un Moine de l’Église d’Orient (Lev Gillet).
Éditions du Cerf/Le Sel de la Terre, 1998.
11:49 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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26/11/2009
Attendre le Christ.
![]() ©F&l-X. Barré |
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| L'avertissement de Jésus est clair, mais il se veut aussi pédagogique. La société occidentale qui conçoit la liberté selon le libre arbitre absolu a toutes les chances de devoir un jour se remettre radicalement en question. Pourquoi ? Car Dieu, pour une part, ne nous laisse pas le choix. Ce n’est pas nous qui établissons le plan divin, mais lui. Tel un « filet » qui s’abat sur tous les hommes de cette terre, certains événements à venir sont inévitables. Il faut se préparer. Mais à quoi ? Le langage utilisé par Jésus est apocalyptique, c'est-à-dire qu’il veut « révéler » une vérité incontournable. Le Fils de l'homme, qui est Jésus, viendr a avec « puissance » et « gloire » dévoiler la Vérité de Dieu qui est Amour. Les catastrophes cosmiques annoncées (soleil, lune, étoiles et fracas des mers) sont autant de symboles par lesquels le Seigneur nous invite à discerner sa volonté : se tenir sur ses gardes pour garder le cœur tourné vers Dieu afin de ne pas être surpris. Recevons ce message non en nous effrayant mais avec responsabilité. A nous de ne pas nous établir sur cette terre attaché aux seules réalités terrestres. Il nous revient de garder notre cœur dans l'attente véritable du Dieu vivant. Oui vraiment, que cet Avent nous fasse avancer en découvrant davantage la présence de Dieu dans un petit enfant. Mettons le bois de l'amour divin sur le feu de notre désir de vivre.
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20:35 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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La venue du Christ qui vient accomplir la libération.
Vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est tout proche. Amen, je vous le dis cette génération ne passera pas sans que tout arrive » (Lc 21, 31-32).
Comment ne pas nous sentir interpelés par le « vous aussi » de Jésus ! Par delà chaque contemporain de saint Luc, ces paroles rejoignent tous les croyants qui à travers les siècles les liront ou les écouteront résonner.
La venue du Christ qui vient accomplir la libération de ceux dont il est venu épouser la condition humaine englobe toute existence croyante. Voilà le « tout » qui doit arriver pour chaque croyant et qui manifeste l’avènement de Jésus dans sa vie.
Il y a donc une venue du Christ qui n’est pas à remettre sans cesse dans le futur. Aujourd’hui, Jésus nous redit que le temps de notre rédemption et de notre libération est proche. Entre l’avènement du Christ à l’aube de l’ère chrétienne dans l’humble grotte de Bethléem et celui, dans la gloire, à la plénitude des temps, saint Bernard de Clairvaux en place un troisième : celui où le Christ continue à venir en chacun dans la discrétion du Bien-Aimé attendant son bon vouloir pour entrer dans sa vie. A quelques jours de notre entrée dans l’Avent, il est bon pour nous de nous rappeler cela.
Frère Elie.
20:24 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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31/10/2009
Tous les saints.
L’enseignement que Jésus donne sur la montagne devrait cependant nous rassurer : dans cette « foule immense, que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (1ère lect.), tous sans exception, sont pauvres de cœurs, doux, compatissant, affamés de justice, miséricordieux, purs, pacifiques ; tous ont été de l’une ou l’autre manière persécutés pour leur foi en leur Maître doux et humble, auquel ils se sont laissés totalement configurer. C’est pourquoi ils sont « enfants de Dieu » ; ils participent à la sainteté de « celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2, 9). Désormais ils lui sont devenus « semblables », maintenant « qu’ils le voient tel qu'il est » (2nd lect.).
Mais comment cela peut-il se faire ? Dieu seul est « Saint » : ce terme exprime le cœur même de son mystère, qui demeure ineffable et inaccessible à l’homme. Comment des créatures marquées par le péché pourraient-elles entrer « en communion avec la nature divine » (2 P 1, 4) ? L’Ange de l’Apocalypse nous répond : les 144.000 « ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau » (1ère lect.). Voilà pourquoi ils exultent, et se tenant « debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main, ils proclament d'une voix forte : "Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau !"».
Fort heureusement, bien des visages de ce comité d’accueil ne nous seront pas inconnus : nos proches, parents et amis, se feront une joie de nous accueillir au nom du Seigneur et de nous introduire dans cette célébration éternelle à laquelle nous sommes conviés depuis toute éternité. Car nous aussi, Dieu « nous a choisis dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour » (Ep 1, 4). Depuis toujours, le Père a résolu de rassembler tous ses enfants en un seul Corps, dont son Fils serait la Tête, afin que nous puissions participer à sa vie.
La grâce de sainteté est donc en quelque sorte « organique » : nous participons à la sainteté du Corps ecclésial du Christ ; ou encore : à la sainteté de son Epouse, qu’il a voulu « rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il a voulu se la présenter à lui-même, cette Eglise, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable » (Ep 5, 26-28). Comme l’écrit Saint Pierre, le Christ a fait de nous « la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, pour que nous proclamions les hauts faits de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2, 9). Tous ceux qui ont mis leur foi dans le Seigneur, forment déjà une unique famille avec ceux dont la mort inévitable nous a séparés pour peu de temps.
À l'origine de l'Église, la « communion des saints » désignait l'ensemble de ceux qui avaient part aux réalités saintes et sanctifiantes, que sont l'Eucharistie et les sacrements. Cependant, cette communion de vie dans l’Esprit du Dieu vivant ne nous unit pas seulement au Christ Jésus et entre nous, mais elle nous unit également à tous ceux qui nous ont précédés et qui partagent désormais la vie du Ressuscité. « Il a plu à Dieu, enseigne le concile Vatican II, que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel » (Lumen Gentium, 9).
Et tout comme dans une grande famille unie par le lien de l’amour, les mérites de l’un rejaillissent sur tous les autres ; ou plutôt les mérites de tous sont mis en commun pour le plus grand bien de chacun. En premier bien sûr les mérites infinis de Notre-Seigneur Jésus lui-même, auxquels s’unissent les mérites de la Vierge Marie et de tous les saints, petits ou grands, connus ou inconnus, canonisés ou ignorés. Tous ensemble - oui : nous aussi, dans la mesure où nous vivons dans l’obéissance de la foi - nous rassemblons cet héritage familial - dans lequel nous venons en réalité puiser bien davantage que nous n’y déposons !
A cette initiative divine doit bien sûr correspondre une réponse proportionnée : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mc 5, 48), ne craint pas de nous ordonner Jésus. C’est donc que c’est possible ; précisément en puisant dans le trésor des mérites de sa Passion victorieuse auxquels se sont ajoutés les mérites de tous les saints et saintes de l’histoire, que nous fêtons aujourd’hui. Et c’est en nous appuyant sur leur aide, que nous aussi nous pourrons produire des œuvres méritoires, qui s’ajouteront aux leurs, pour les générations présentes et à venir.
Quelle est belle notre Eglise dans cette solidarité mystique bien concrète ! « Tout homme qui fonde son espérance sur le Christ et sur son Eglise, se rend pur comme lui-même est pur » (2nd lect.). En ce jour béni, encourageons-nous donc mutuellement sur le chemin de la sainteté, puisque le Père nous attend. Certes, « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement » ; aussi hâtons-nous : « purifions nos cœurs, gardons nos mains innocentes, ne livrons pas nos âmes aux idoles pour obtenir du Seigneur la bénédiction, de Dieu notre Sauveur la justice » (Ps 23[24]). « Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra », entouré « d’une foule immense, que nul ne pourra dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues » (1ère lect.), « nous le verrons tel qu’il est » (2nd lect.). « Recherchons donc sa face, gravissons la Sainte montagne » des Béatitudes où le Seigneur nous révèle son visage de sainteté sous les tr aits du pauvre de cœur, de l’affamé et assoiffé de justice, du cœur doux et pur, de l’artisan de paix et du persécuté pour la justice. Contemplons le visage de notre Dieu ; car c’est en le contemplant longuement tel qu’il se donne à voir dans les Ecritures, « que nous lui deviendrons semblables » (cf. 2nd lect.) et que nous participerons à sa sainteté.
Père Joseph-Marie
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Notre bienveillance fraternelle.
« Ne va pas te mettre à la première place ». Ce conseil de Jésus ne concerne pas l’étiquette ; il n’est pas non plus un moyen habile d’être revalorisé publiquement. Jésus parle d’humilité. De vérité, donc. Pour nous situer en vérité face à nos frères, il convient de les estimer plus méritants que soi-même. Nous le montrons quand nous prenons la dernière place. Cela nous demande toujours un effort, car nous avons tendance à nous considérer plus méritants que nous ne le sommes vraiment. Mieux vaut prendre l’habitude de mettre en valeur autrui plutôt que soi-même, cela aide à se désapproprier du bien que Dieu réalise par nous.
Notre bienveillance fraternelle (et l’Esprit-Saint) nous ont déjà portés dans cette direction. Mais elle s’est trouvée limitée par notre souci de la justice. Et s’il le frère ne le mérite pas, pourquoi s’humilier devant lui ? Mais la justice de Dieu n’est pas celle des hommes. Quand bien même il nous reviendrait de le juger nos frères – ce n’est pas le cas –, à quoi bon nous comparer ? Aimer, c’est donner. Pour apprendre à donner parfaitement, apprendre à accueillir humblement est un grand secours. Donc : « ne va pas te mettre à la première place ».
Frère Dominique.
12:19 Ecrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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