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01/08/2010

CHOUETTE JE SUIS MILLIONNAIRE !

Dernièrement ma boîte mail a été prise d’assaut par des e-mails m’annonçant que je serais le bénéficiaire d’une cagnotte de plusieurs millions de dollars. Le plus étrange, c’est que ces envois provenaient de sources différentes. Si je me souviens bien, j’aurais, d’après ces gens, fait un tirage gagnant au Loto anglais—bien que je ne me rappelle pas avoir acheté de billet de Loto et que cela fasse des années que je ne suis pas parti en Angleterre. Écoutez ce que disait celui que j’ai reçu ce matin: « Le tirage au sort pour l’attribution d’une cagnotte de 21.5 millions de dollars a fait apparaître votre nom parmi les gagnants. Veuillez répondre à cet e-mail pour avoir plus d’informations sur la réception de vos fonds. » N’est-ce pas merveilleux ? J’ai aussi reçu, à plusieurs reprises, des emails de personnes inconnues commençant un peu comme ceci : « Salutations dans le glorieux Nom de Jésus … » Il m’était également dit que ces gentilles personnes voulaient investir des millions dans mon ministère. Je ne sais pas quoi dire ! Quand j’aurais reçu tout l’argent que me promettent ces e-mails, je pourrai m’acheter le palais de Buckingham de la reine d’Angleterre et y vivre avec ma femme et deux chiens Chihuahua ! … C’est vrai que je n’ai pas de Chihuahua, mais avec tout cet argent je pourrai en acheter. C’est bien gentil tout ça mais j’ai juste une question : à quel degré de stupidité les personnes qui m’envoient ces e-mails croient t’elles que je me trouve ? D’après ce qu’on m’a raconté, si vous répondez à ces e-mails on vous dira qu’il y a quelques milliers de dollars à payer en frais de transfert, de service, etc. et que vous recevrez vos millions aussitôt que vous aurez verser la totalité de votre gain dans un compte. Ben voyons, et la lune est faite de fromage vert aussi. En réalité, ces  personnes s’évaporent dans la nature avec votre argent en poche et un grand sourire au visage. Je suppose que si des gens s’amusent à envoyer de telles « promesses » par mail, c’est qu’il y a sûrement des personnes assez crédules pour jouer le jeu. Qui n’aimerait pas être riche ? C’est vrai, regardez ces âmes simples en si grand nombre qui jouent régulièrement au Loto. Elles ont bon espoir de gagner des sommes énormes. Après tout, elles ont bien une chance sur 650 millions de gagner, non ! Il se peut que nous ayons une version chrétienne de ce jeu. Nous servons un Dieu qui fait des miracles. -        « Tu crois ça, Bruno? » Oui, de tout mon cœur, je le crois ! Mais le souci c’est que nous voulons voir des miracles se produire à chaque instant de notre vie. Par définition, les miracles ne sont pas la façon normale dont Dieu pourvoit à nos besoins. Quand Dieu agit surnaturellement, il le fait pour deux raisons : -        parce qu’il nous aime et qu’il veut nous aider -        parce qu’il veut que les hommes voient sa gloire et Le cherchent. Si les miracles avaient lieu chaque jour, ils ne seraient plus miraculeux mais banals. Les miracles interviennent jusqu’à ce que la manière normale de pourvoir à nos besoins soit de nouveau « en état de marche ». Dieu a nourri Israël avec la manne pendant 40 ans dans le désert mais son intention n’a jamais été que cela dure à toujours. Quand ils entrèrent enfin dans le pays promis: « Ils mangèrent du blé du pays le lendemain de la Pâque, des pains sans levain et du grain rôti; ils en mangèrent ce même jour. La manne cessa le lendemain de la Pâque, quand ils mangèrent du blé du pays; les enfants d'Israël n'eurent plus de manne, et ils mangèrent des produits du pays de Canaan cette année-là. » (Josué 5:11, 12) Eli a fait un miracle pour la veuve et son fils. Sa ration d’huile et de farine s’est renouvelée en continu durant la famine, mais cela cessa dès que les pluies furent revenues. Ce qu’il y a de bien en ce qui concerne la provision surnaturelle, c’est qu’elle nous aide entrevoir Dieu d’une manière plus profonde. Je crois que cela augmente notre appréciation de la façon naturelle dont il pourvoit quotidiennement à nos besoins. Ce serait chouette si 20 millions d’euros nous tombaient sur la tête, mais savez-vous quoi ? Dieu pourvoira toujours à nos besoins, soit de façon surnaturelle au moyen de miracles, soit de façon naturelle. Il aime ses enfants, alors regardez vers Lui et il pourvoira à votre besoin.
 
Bruno LEROY.

20:02 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUE DE BRUNO LEROY., CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

17/07/2010

LE COMÉDIEN BERNARD GIRAUDEAU EST MORT.

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C’est le 18 juin 1947 qu’était né à La Rochelle ce petit fils d’un cap-hornier, ce fils d’un militaire que ses missions (en Indochine, en Algérie) rendaient trop absent. Explorateur du Marais poitevin, incurable romantique rêvant devant les quais, les bateaux en partance, Bernard Giraudeau s’était engagé à 16 ans dans la Marine nationale comme mécanicien sur la Jeanne d’Arc, spécialiste en "turbine-diesel-chaudière", pour faire le tour du monde. "Pompon rouge sur la tête comme une pomme", il bourlingua quatre ans durant, avant de tenter une autre aventure pour conjurer sa désespérance et son ennui. Ce fût celle de la comédie.

Débuts catastrophiques. Handicapé par une mauvaise diction, une façon de marcher chaloupée, il est poussé vers les coulisses, du côté des décors et des costumes. Travail, cours de danse et d’élocution le propulsent quelque temps plus tard vers le Conservatoire, un Premier Prix de comédie classique et moderne obtenu avec le monologue de Figaro. Il ne se sent pas le tempérament d’entrer au Français qui lui ouvre ses portes. Sa carrière débute au début des années 1970.

LE BEAU GOSSE AUX YEUX BLEUS

Le théâtre est une passion qu’il ne reniera pas. La même année, en 1975, il joue Sur le fil d’Arrabal (mise en scène de Jorge Lavelli), et Le Prince de Hombourg de Kleist (mise en scène de Jean Negroni). Puis La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux (1976), K2 de Patrick Meyers sous la direction de Georges Wilson (1983), La Répétition ou l’amour puni d’Anouilh (1986), Les Liaisons dangereuses de Christopher Hampton (1988), L’Importance d’être constant d’Oscar Wilde (1995), Becket ou l’Honneur de dieu d’Anouilh (2000), Richard III de Shakespeare (2005), tour à tour dirigé par Bernard Murat, Gérard Vergez, Jerôme Savary, Didier Long. Il sera nominé trois fois aux Molières, et cinq fois aux Césars.

Car le cinéma s’intéresse aussi à ce séduisant jeune premier solaire et charmeur, ce beau gosse aux yeux bleus qui reflètent insolence et ferveur. Il apparaît dans Deux hommes dans la ville (1973) et Le Gitan (1975) de José Giovanni, La Boum de Claude Pinoteau (1980), puis dans des rôles majeurs. Celui d’un bourreau des cœurs épris d’une fille laide dans Passion d’amour d’Ettore Scola (1981), d’un tueur homosexuel dans Le Grand pardon d’Alexandre Arcady (1982), d’un diplomate ensorcelé par une femme fatale dans Hécate de Daniel Schmid d’après Paul Morand (1982), d’un handicapé dans Le Ruffian de José Giovanni (1983), d’un séducteur pervers dans L’Année des méduses de Christopher Frank (1984)…

"DES SOUVENIRS EN FORME DE COURANT D’AIR"

Au cours de ces années, Bernard Giraudeau n’a qu’une idée : changer d’emploi. Son image de gentil copain, de gendre idéal, de clown blanc lui pèse. Il lui faudra attendre Poussière d’ange d’Edouard Niermans en 1986 (l’histoire d’un flic alcoolique aspiré par les bas fonds) pour le voir incarner des personnages plus troubles, ambigus.

De la cinquantaine de films qu’il aura alignés, ressortent L’Homme voilé de Maroun Bagdadi (1987), Une nouvelle vie d’Olivier Assayas (1993), Le Fils préféré de Nicole Garcia (1994), Ridicule de Patrice Leconte (1996), Marquise de Véra Belmont où il interprète Molière (1997), et surtout Gouttes d’eau sur pierres brûlantes que François Ozon adapte d’une pièce de Rainer Werner Fassbinder, huis clos où il campe un homosexuel cruel et manipulateur (2000).

ÉLOGE DE LA DIFFÉRENCE

"J’étais un jeune coq qui gonflait ses plumes" disait-il à propos de cette activité d’acteur dont il ne gardait que "des souvenirs en forme de courants d’air". La télévision lui offrit aussi quelques défis, par exemple ceux d’incarner Antoine de Saint-Exupéry dans La Dernière mission de Robert Enrico (1996) ou le capitaine Bouchardon dans Mata Hari (2003). Mais ce qui le motive est de réaliser lui-même La Face de l’ogre (1988), l’histoire d’une femme qui refuse la mort de son mari disparu en montagne, ou L’Autre d’après un roman d’Andrée Chedid (1991), où un vieillard s’obstine à croire à la survie d’un jeune homme enseveli lors d’un tremblement de terre. Le véritable Bernard Giraudeau est là, dans cet auteur affichant son besoin de fraternité, son éloge de la différence, son exaltation de la vie et son obstination à repousser la mort le plus loin possible.

Il signe également plusieurs documentaires, carnets de voyages en Amazonie, au Chili, aux Philippines, en même temps que des livres, récits, correspondances ou romans qui exaltent ses bourlingues. Giraudeau avait commencé à écrire très jeune, par plaisir, pour apaiser sa solitude de marin. "Je suis né dans un milieu modeste et sans culture. Le voyage a été ma seule école, la fuite est devenue ma psychanalyse, la seule manière d’entrer en moi-même et d’y être bien" : voilà ce qu’il raconte dans Le Marin à l’ancre (2001), Les Hommes à terre (2004), Les Dames de nage (2007) ou Cher amour (2009), tous publiés aux éditions Métailié. Ses paysages, ses lectures (Michaux, Cendrars, Conrad, Melville, London, Segalen), son avidité de rencontres pour "vérifier qu’on fait partie de la famille des humains", ses escales, ses matins conquérants et les filles d’un soir (émotions d’un "insecte affolé qui picorait des semblants d’amour dans les ports"). L’Afrique, l’Amazonie, la Patagonie à pied et à cheval, le kayak, la montagne. La soif d’"assouvir l’insatiable curiosité avec la conscience mélancolique de l’éphémère".

"MON NOUVEAU BATEAU"

Homme de gauche, militant d’Amnesty International, signataire de pétitions humanitaires, membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence, Bernard Giraudeau était un exalté méfiant, peu porté à "être lisible d’emblée". La découverte de son cancer du rein en 2000 le porta à parler, se battre pour améliorer la prise en charge des malades en créant un forum sur le thème "On ira tous à l’hôpital". Ce mal qu’il appelait son "nouveau bateau" et qu’il disait vouloir "apprivoiser", il l’accepta comme un "parcours initiatique" : "Je voyais bien que j’allais vers quelque chose qui me rapprochait de l’abîme. Cela tenait à mon existence qui avait de moins en moins de sens, une course effrénée qui me maintenait en permanence dans un état d’angoisse. J’allais où ? Un manque de recherche sur l’essentiel… Pour un homme de mon âge, le cancer est un message, un questionnement" confiait-il à Libération en mai 2010.

Source : Le Monde

12:16 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

08/06/2010

UN CHEMIN VERS LA LIBERTÉ...

"Les fils sont libres", dit Jésus (Mt 17/26). Et saint Paul, en écho : "C'est à la liberté que vous avez été appelés". Déclarations fracassantes. Et pourtant, depuis deux mille ans, elles ne semblent guère avoir fracassé le vieux besoin, ou la vieille manie, qu'ont les hommes de se donner des religions-corsets. Le christianisme est devenu, parmi ces religions, un autre corpus d'obligations : des vérités qu'il faut croire, des mots qu'il faut utiliser ou éviter pour les traduire, des conduites qu'il faut pratiquer ou s'interdire (les dernières étant, bien sûr, les plus nombreuses), des rites qu'il faut accomplir dans tous les détails prescrits ... Doit-on voir là une dérive ? Certains, tels Jacques Ellul, vont jusqu'à parler d'une "subversion du christianisme". Je dirais plutôt que la parole de Jésus, trop révolutionnaire, n'a pas encore réussi, ou n'a réussi que très partiellement, à convertir les esprits et les institutions à la liberté. Mais je ne veux pas entrer ici dans ce débat. Dans le cadre d'un dialogue avec mes amis juifs et musulmans, il suffira, je crois, de leur donner acte une fois pour toutes que je suis parfaitement conscient de la distance qui s'est créée, légitimement ou non, entre la foi à laquelle appelait Jésus et la religion chrétienne telle qu'elle existe aujourd'hui. Je sais tout ce qui, dans celle-ci, constitue une différence, ou même éventuellement un obstacle, entre nous. Je choisis, pour notre dialogue, de me situer délibérément en amont (sans aucunement rejeter la tradition à laquelle j'appartiens !), avec l'espoir que, s'ils font de même, nous pourrons parler sans gêne de choses bien plus intéressantes que nos divergences séculaires. Je donne acte aussi à tous ceux, africains ou asiatiques, qui n'ont pas d'ascendance méditerranéenne, que je sais d'où je leur parle et les limitations que cela impose à mon discours. J'attends le leur avec le plus vif intérêt. Il nous est proposé de réfléchir sur la libération. Je ne pense pas que ce soit ici le lieu de philosopher. La notion de liberté est à la fois une des plus centrales et une des plus difficiles auxquelles la pensée humaine puisse s'attaquer quand elle s'efforce de parvenir à des vues générales. Mais je crois plus utile, et finalement plus profond, d'en rester au plan d'un partage personnel. Partage d'une expérience, d'abord : celle d'un cheminement spirituel que je ressens comme comportant, entre autres, un aspect de libération. Partage aussi d'un rêve : celui d'une civilisation où la liberté serait enfin vraie. L'expérience et le rêve sont les deux dimensions savoureuses de la vie ; j'ai grande confiance qu'en les savourant ensemble on peut se rapprocher en vérité.
Bruno LEROY.

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UN PEUPLE DE PROPHÈTES.

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 Le silence consiste moins à ne pas parler qu’à se taire pour écouter. Silence qui ouvre la frontière du propre ego, pour laisser venir jusqu’à soi la parole ailée porteuse d’une présence. Celle de l’hôte intérieur d’abord, qui parle au cœur et dit ces choses essentielles qui font vivre et maintiennent toujours tendu l’arc de la vie. Propos incommunicables, dont toute personne avec une once de sagesse ne saurait se passer sous peine d’aliénation. Voix discrète, qui ne crie pas, à peine perceptible, vite étouffée par le chahut des passions et le brouhaha extérieur. Se taire pour n’être que soi-même et renoncer à jouer un personnage sur le théâtre du monde. Car si la parole est l’organe de l’acteur, elle est le déguisement derrière lequel il se cache, le temps de jouer un personnage fictif. Le Christ se tait devant Hérode, qui cherche à l’enfermer dans son rôle de thaumaturge ; il se tait devant Pilate, le pouvoir politique, qui tente de l’intimider. Silence fort qui tient en échec les gesticulations du satrape et désarme les menaces du politicien : ils attendaient un personnage, une personne se dresse devant eux dans son authenticité et sa liberté.
 
 Et puis, se taire aussi pour écouter l’autre, lui permettre d’exister et d’occuper sa place. Silence qui favorise le dialogue et rend possible l’échange, cette mutuelle fécondation des idées, indispensable aliment de la réflexion, du progrès de la pensée et du comportement, si étrangers pour ceux qui se contentent de vivre par procuration au rythme de musiques, de chants, de bruits sans contenu, étourdissants comme une drogue.
 
 Mais tout silence n’est pas d’or. Peu s’en faut. Il est même des silences coupables. Celui des chiens muets, du veilleur enfermé dans sa tour d’ivoire, qui se tait et ne dénonce pas, des pleutres qui n’ont rien entendu parce qu’ils ne veulent pas d’histoires. Courtisans serviles, carriéristes alignés, pharisiens légalistes, responsables timorés, pantins dans la cour des grands, à chacun son silence. Silence diplomatique des chancelleries, silence combinard des politiciens, silence dévot de Tartuffe, silence conformiste des médias, silences troublés par le cri des pauvres et des petits, les gémissements de la nature dévastée, la détresse des victimes des modes et de l’argent facile, la supplication de ceux et celles qui plient sous des jougs intolérables.
 
 Si certains silences du passé rattrapent l’Église, si des clercs, plus friands de promotion que de justice, se taisent, il ne manque pas, aujourd’hui, d’hommes et de femmes qui, inspirés par leur foi, parlent haut et fort pour protester et condamner l’injustice et le mensonge, à l’extérieur comme à l’intérieur des Églises, sans se laisser intimider par le dogmatisme et les menaces de ceux qui détiennent le pouvoir. On cite volontiers les plus célèbres, Mgr Romero, Helder Camara, Martin Luther King, Dorothee Sölle, Pedro Arrupe, Samuel Ruiz, l’abbé Pierre, Desmond Tutu, Pius Ncube, l’âme de la résistance contre le président Mugabe, les théologiens de la libération, les moines de Tibhirine, les 47 jésuites assassinés entre 1973 et 2006. Derrière eux, se dressent un peu partout des chrétiens, évêques, prêtres, laïques, tous grades confondus, qui, avec courage et liberté, parlent au nom des sans-voix. La guerre en Irak, les dictatures de droite et de gauche, le néolibéralisme, l’économie de marché, la folie consumériste, les structures d’injustice, l’exclusion sociale, les réfugiés, la situation de la femme, l’exploitation des enfants, les magouilles des chefs d’États véreux sont dénoncés sans répit et portés devant Dieu par la prière des contemplatifs.
 
 Face au raidissement dogmatique qui les inquiète et au retour d’un cléricalisme plus prompt à brandir le droit canon que l’Évangile, nombreux sont ceux et celles qui se demandent où se cache aujourd’hui l’Église de Jésus-Christ. Qu’ils regardent au-delà des murs des sacristies vers le vaste monde ! Ils découvriront un peuple de prophètes, qui sauvent l’honneur du christianisme en recueillant avec courage et liberté l’héritage du prophète de Nazareth. Ils trouveront la vraie Église et ils ne désespéreront plus de l’Évangile.
Bruno LEROY.

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11/01/2010

ÉRIC ROHMER EST MORT.

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Le metteur en scène Eric Rohmer est décédé ce lundi matin à , à l'âge de 89 ans. Cet ancien professeur de lettres et ex-critique des Cahiers du avait notamment réalisé «Ma nuit chez Maud» en 1960, «Le Genou de Claire» (1970), «Pauline à la plage», «Les nuits de la pleine Lune» (1984) «Le Rayon vert» (1986) et «Les amours d'Astrée et de Céladon» ( 2007).

Il avait été hospitalisé il y a une semaine, ont indiqué ses proches sans plus de détails. Aucune disposition n'était encore prise pour les obsèques du cinéaste, a-t-on ajouté de même source. Eternel amoureux des jeunes filles en fleur, Eric Rohmer avait réalisé son , «Les amours d'Astrée et de Céladon», en 2007. «Après ce film, je crois que je prendrai ma retraite», avait-il alors indiqué lors de sa présentation au festival de Venise.

Souvent vu comme le Marivaux ou le Musset du cinéma français, le cinéaste avait signé 24 longs-métrages en 50 ans.

19:43 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

10/01/2010

LE CHANTEUR MANO SOLO EST MORT.

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Il avait 46 ans. est décédé dimanche à des suites de plusieurs anévrismes, a-t-on appris auprès famille, de sa compagne et de sa collaboratrice.

Fils du célèbre dessinateur Cabu, le chanteur français, né Emmanuel Cabut, avait été révélé au grand public en 1993 avec son album «la Marmaille nue».

 Auteur-compositeur, ses textes engagés sont ceux d'un écorché vif, en colère contre la misère. Séropositif, ses chansons sont un exutoire où s'exprime sa rage de vivre, sa hargne et son désespoir.

 

Mano Solo, dont la voix déchirante est reconnaissable entre mille, a signé de nombreux albums teintés de rythmes africains, d'airs de tangos et de rengaines de faubourgs parisiens, aux mélodies souvent bouleversantes, aux paroles poétiques évoquant sans détour les problèmes contemporains

Il avait été hospitalisé après son dernier concert à l'Olympia à , le 12 novembre. «Il a lutté courageusement pendant deux mois et jusqu'au bout contre plusieurs anévrismes», a indiqué sa famille à l'AFP. Il était depuis de nombreuses années sous trithérapie. Il avait remporté trois disques d'or.

18:36 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

06/12/2009

LA VIE DE SAINT NICOLAS.



SAINT NICOLAS
Archevêque de Myre
(+ 324)


Saint Nicolas de Patare, en Lycie, fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction: "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ."

Une de ses premières oeuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.



Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

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19/09/2009

NE VOUS LAISSEZ PAS ENFERMER !

Ne laissez pas les gens vous enfermer dans une boîte, ne jouez aucun rôle. Si vous vous laissez emprisonner, vous ne serez plus que la caricature de vous-même.

Vous trouverez toujours des gens pour vous dire qui vous devez être. Mais n’oubliez jamais que vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce que Dieu attend vraiment de vous. Et la meilleure façon de le savoir, c’est d’être vous-même !

Vous ne serez jamais pleinement épanoui, si vous n’êtes pas vous-même. Être vous-même vous rendra plus efficace, plus performant ; et vous serez en bénédiction pour les autres, aussi bien pour votre église locale que pour le royaume de Dieu.

Attention ! Il ne s’agit pas de faire uniquement ce que vous avez envie de faire ; mais il est plutôt question de ne pas subir les pressions que votre entourage voudrait vous imposer. 

Êtes-vous toujours en train de vous sacrifier pour les autres ? Bien sûr, il est parfaitement biblique d’aider son prochain, mais n’oubliez pas que vous avez également des besoins légitimes à satisfaire. Comme tout le monde, vous avez besoin d'affection, de repos, de soins... Par excès de zèle, trop de chrétiens ont refoulé leurs besoins et sont tombés dans une forme de déséquilibre qui frôle parfois la mortification.

Il est vrai que la Bible nous appelle à renoncer à nous-mêmes et à mettre les besoins des autres au même rang que les nôtres. Mais si, d’une manière excessive, nous renonçons constamment à nos besoins légitimes, un déséquilibre ne tardera pas à s’installer.

Ne cherchez surtout pas à vous comparer aux autres ! Le Saint-Esprit n’oindra jamais un acteur. Soyez vrai et transparent devant Dieu afin de développer une vie authentique. Cette vie découle d’une relation intime avec le Seigneur. Une telle proximité avec Dieu, lui permettra de réaliser son plan d’action pour vous.

Souvenez-vous : seule la vérité libère ! En étant faux et hypocrite, vous ne faites que vous lier vous-même et vous ne pourrez libérer ceux qui vous côtoient. Car, malheureusement, s’ils ont en face d’eux des gens qui jouent un rôle, ils ne pourront bénéficier de la réalité de la vie que Dieu voudrait déverser en eux.

L’hypocrisie porte de lourds préjudices à l’oeuvre de Dieu. Soyez vous-même !

20:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

24/07/2009

COMMENT VIVRE LE PRÉSENT.

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Quand l'avenir est incertain en tant de domaines, du travail à la famille, du gouvernement à l’environnement, comment vivre le présent? Plusieurs attitudes sont possibles. On peut s'accrocher au passé et à ses souvenirs. Ou se concentrer sur ses tâches immédiates, son traintrain quotidien, ses émissions et ses petits tracas. On peut aussi fuir dans un futur imaginaire ou encore chercher à vivre une intensité de l'instant pour donner de la saveur à nos journées banales. Et pour le reste, le sens de nos vies, leur orientation et leurs enjeux, remettre à plus tard, ou y renoncer. Ou ne pas même en prendre conscience.

 

Notre façon de voir et d'attendre l'avenir conditionne notre aujourd'hui. L’Évangile de Matthieu aborde cette question en ce premier dimanche de l’Avent, en ce début d’une nouvelle année liturgique. Jésus y parle de la venue du Fils de l'Homme et de l'accomplissement du Royaume comme horizon final de l'histoire humaine. Mais s'il indique les traits de cette venue, c'est pour inviter à des attitudes dans l'aujourd'hui. Cette venue, nul n'en connaît le moment. Elle sera soudaine, imprévue, inattendue, comme le déluge (v. 37-39) ou comme un voleur en pleine nuit (v. 43). Elle ne sera pas neutre, sans conséquences : elle comporte un tri, un jugement (v. 40-41). Tout cela, Jésus l'indique pour appeler à une façon particulière de vivre le présent : Veillez donc (v. 42), tenez-vous prêts (v. 44).

 

Mais qu'est-ce que veiller? Son contraire pourrait être de vivre dans l'inconscience, complètement absorbés par notre quotidien, sans dimension plus profonde à nos vies. Face à ce risque, Jésus nous invite à une prise de conscience : réveillez-vous, sortez de votre léthargie spirituelle. La vie humaine n'est pas qu'une série d'activités sans portée, ou un jeu indifférent, vide ou plaisant. Elle a une densité, elle porte des enjeux de vie et de mort. Veiller, c'est sortir de l'indifférence ou de la fascination de l'immédiat. C'est découvrir la profondeur de la vie et de ses enjeux. C’est faire des choix et les tenir dans nos modes de vies, nos valeurs, nos relations, notre travail. Veiller, c'est devenir adulte et affronter l'existence avec ses questions de fond, en refusant de régresser et de s'endormir dans l'agitation ou dans la fermeture sur son petit monde immédiat.

 

L'avenir reste incertain et les tâches quotidiennes demeurent avec leurs nécessités. Mais si nous sommes en état de veille, le présent devient lieu de joies profondes et de responsabilités exigeantes. Il acquiert une densité et un horizon qui sont ceux du Royaume de Dieu. La vie prend saveur et consistance. Au lieu de scruter les nuages, d'être en nostalgie du passé, de nous réduire à un immédiat banal ou de nous enfuir en quête de sensations, nous devenons des veilleurs : ni résignés ni excités, ni inconscients ni angoissés, mais éveillés et attentifs aux signes de vie dans l'ordinaire et soucieux de les faire grandir, avec ténacité et espoir.

 

Entrer en Avent, c’est entrer dans l’attente d’un avènement. Entre en état de veille, dans l’ouverture à l’avenir et le goût du présent. Ainsi, en veillant au présent, un avenir pourra surgir qui ressemble au visage de Dieu.

10:32 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

13/07/2009

EUROPE ET TURQUIE PAR DIDIER COLPIN.

 

- Le « Non » au Traité constitutionnel est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop  souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne  place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux  continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur  des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…

- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part  des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c'est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
 Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c'est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

 - Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
 Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

 - Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à  Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface  devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier

NOTA : Et que répondre à ceux qui avancent le fait que la France possède -par ses DOM TOM- des frontières avec des pays comme le Brésil ? Halte à la démagogie ! ! Car si un jour ces départements et territoires d’outre mer obtenaient leur indépendance, ils ne seraient plus membre de l’U.E. Alors que si le Cantal ou la Creuse le devenaient également, ils resteraient en Europe…

Ps : Cher Monsieur, je vous remercie pour cette analyse pertinente et pleine de finesse. Je me suis permis de la reprendre ici, afin que tous, nous réfléchissions aux arguments que vous avancez. Merci. Bien Fraternellement, Bruno.

17:34 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite, catholique |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |