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13/07/2009

EUROPE ET TURQUIE PAR DIDIER COLPIN.

 

- Le « Non » au Traité constitutionnel est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop  souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne  place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux  continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur  des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…

- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part  des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c'est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
 Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c'est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

 - Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
 Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

 - Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à  Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface  devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier

NOTA : Et que répondre à ceux qui avancent le fait que la France possède -par ses DOM TOM- des frontières avec des pays comme le Brésil ? Halte à la démagogie ! ! Car si un jour ces départements et territoires d’outre mer obtenaient leur indépendance, ils ne seraient plus membre de l’U.E. Alors que si le Cantal ou la Creuse le devenaient également, ils resteraient en Europe…

Ps : Cher Monsieur, je vous remercie pour cette analyse pertinente et pleine de finesse. Je me suis permis de la reprendre ici, afin que tous, nous réfléchissions aux arguments que vous avancez. Merci. Bien Fraternellement, Bruno.

17:34 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite, catholique |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

11/07/2009

SOIS DANS L'ESPÉRANCE !

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Vivre en se demandant sans arrêt : « Qu'est-ce que les autres pensent de moi ? » peut très souvent devenir épuisant.
Cette question n'hante pas seulement les personnes qui se sentent mal dans leur peau, elle hante également les personnes qui semblent avoir du succès dans leur vie sociale.
Quantité d'hommes et de femmes sont emprisonnés par l'opinion que les autres peuvent avoir sur eux.
Le regard des autres les privent de leur liberté.
Quand j'étais à l’école primaire, j'avais un copain qui croyait qu'il fallait « posséder » pour être estimé des autres.
A chaque fois que je lui parlais des jeux de notre âge (à l’époque, c’était le début des consoles de jeux), il répondait immanquablement : « J'ai déjà ! ».
Un jour, je suis allé chez lui, et je lui ai fait remarquer qu'il avait la même télé toute pourrie que j'avais chez moi.
A cela, il a répondu que ses parents allait bientôt la changer.
 Bref, il fallait toujours qu’il ait plus que les autres, et il croyait être quelqu’un si ses copains pouvaient lui envier des choses !

Dans ce monde, la considération des autres se mérite ; et quoique la Bible te dise que Dieu t'aime sans condition préalable, tu peux être tenté d'essayer de gagner cet Amour.
 C'est une chose de vouloir plaire à Dieu, c'en est une autre de chercher à gagner son Amour.
 Si tu es obsédé par l'opinion que les autres ont de toi, il est probable que, de la même façon que tu essaies de gagner la considération des autres, tu essaies de gagner celle de Dieu.
 Sache une chose : tu n'as pas mérité l'Amour que Dieu a pour toi, et tu ne le mériteras pas.
Quand tu comprends cela, tu te décharges d'un lourd fardeau.
Dieu t'aime d'un amour éternel, et tu ne pourras pas l'en empêcher.
Il ne faut pas confondre la cause et l'effet : Dieu t'aime et pour cette raison, il t'invite à le suivre.
 Croire qu'il t'aimera parce que tu le suis est un raisonnement à l'envers. Dieu t’aime d’un amour éternel.

Question :

Qu'as tu fais parfois pour gagner la considération des autres ? As-tu essayé de faire la même chose avec Dieu ?

Prière :

Remercie Dieu pour son Amour et demande Lui de t'aider à aimer de la même façon, sans attendre quoi que ce soit en retour.
Puisse ta Foi est puissante au point de transporter des montagnes. Et ne crains rien, Dieu donne en fonction de nos charismes. Il ne saurait t'accorder une tâche que tu ne saurais porter avec légèreté et Amour.
Il ne te donnera guère de fardeaux trop lourds à porter, à supporter.
Sois dans l'Espérance !
Bruno LEROY.

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26/06/2009

Michael Jackson est mort.

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Michael Jackson est mort jeudi 25 juin à Los Angeles, à l'âge de 50 ans.

 

Il avait été hospitalisé dans l’après-midi au centre médical de l’Université de Caliornie (UCLA), après un arrêt cardiaque.

 

Le chanteur a été retrouvé dans un état très critique chez lui, puis transporté inconscient aux urgences de l’hôpital.

 

Le chanteur ne respirait plus au moment où les secours sont arrivés à son domicile. Ils ont tenté une réanimation cardio-pulmonaire sur place, avant de procéder à son transfert en urgence.


C'est le site people américain TMZ.com qui a annoncé le premier la mort de Michael Jackson, avant que celle-ci ne soit confirmée quelques minutes plus tard par l'agence de presse américaine Asocciated Press, puis par le Los Angeles Times et la chaîne CNN.

 

L'arrêt cardiaque de Michael Jackson est survenu dans une maison du quartier de Bel Air à Los Angeles, là-même où le chanteur préparait son retour à la scène en Angleterre, pour une série de concerts à l'Arena de Londres tout au long de l'été 2009.

 

Michael Jackson avait, selon les médias américains, entamé en mai dernier les répétitions pour cette série de concerts marathon.

02:02 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

08/05/2009

Choisissez la vie !

« Veux-tu être guéri ? » Jean 5.6

Il ne peut pas marcher, la piscine n'est pas facile d'accès et il n'y a pas d'ascenseur. Quand Jésus vient vers lui et demande à cet homme invalide depuis trente-huit ans : « Veux-tu être guéri ? », on peut se demander pourquoi une telle question ! Bien sûr, Il ne le lui a pas posé cette question parce qu'Il ignorait la réponse ! Il la lui a posée pour le faire réfléchir, (et nous par la même occasion) de manière adéquate.

Il aurait pu lui demander tout simplement : « Es-tu prêt à assumer la responsabilité de ta vie ? Désires-tu vraiment cette promotion, ou trouves-tu plus facile de continuer à râler sur ton manque d'argent et la cherté de la vie ? Es-tu prêt pour le mariage, pour que quelqu'un partage ta vie et remette en question tes manières égoïstes ? » Bien souvent, l'exaucement de nos prières ne se produit pas sans que nous ayons un certain prix à payer. Par exemple, la famille d'un drogué peut prier pendant des années pour qu'il change et soit libéré de sa dépendance mais le jour où cela se produit, ce sont eux qui doivent faire face à leur propre crise. Parce que leur vie tournait autour de ce drame, ils n'ont jamais appris à vivre autrement. Vient alors le moment de faire un choix : continuer à faire porter aux autres la responsabilité de leurs difficultés, ou bien accepter le fait qu'ils doivent apprendre à gérer leurs propres sentiments ? « Et vous, voulez-vous être guéri ? »

Que vous le vouliez ou non, demander à Dieu de nous fournir des solutions signifie bien souvent de nouveaux défis à relever. Pour avoir un peu d'argent de poche, un enfant peut choisir, par exemple, de distribuer des journaux, ses jours de congé. Mais en grandissant, il devra accepter des défis autrement importants, comme subvenir aux besoins de sa famille. Heureusement résoudre de plus grands problèmes apporte de plus grandes récompenses. Demandez à Dieu de vous aider à repousser vos limites toujours plus loin, afin de pouvoir « prendre votre lit et marcher tout seul » (
Jean 5.8), vous libérer de tout ce qui vous retient encore prisonnier, et vous avancer vers des défis plus exaltants. En d'autres termes, « Choisissez la vie ! »

Bob Gass

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07/04/2009

Le rire, facile et très efficace contre le stress.

Le rire, facile et très efficace contre le stressLe rire est une technique anti-stress très efficace et particulièrement simple à mettre en pratique. Pourtant, le rire tend à être oublié. Faut-il le réhabiliter et comment s'y prendre ? Interview du Dr Michel Dib*.


Le rire peut-il représenter une solution anti-stress efficace dans notre société moderne ?


Dr Michel Dib : Le rire est une technique magique qui permet très vite de dédramatiser les situations les plus stressantes et les plus difficiles. Le rire apporte un vent de légèreté face aux problèmes de la vie quotidienne. Il est même préconisé pour être en bonne santé. Vis-à-vis du stress, il agit comme un véritable médicament anti-stress.

Pourtant, les Français rirent de moins en moins, 3 fois moins qu'il y a 50 ans, soit 6 minutes par jour contre 19 minutes auparavant. Nous rions donc beaucoup moins que dans le passé et beaucoup moins encore dans les tranches de la société qui sont très stressées avec de lourdes responsabilités. En conséquence, les tensions nerveuses s'accentuent et augmentent certains risques, comme les pathologies cardiovasculaires et toutes les maladies déclenchées par la pression psychologique et la tension nerveuse.

Comment réapprendre à rire ?


Dr Michel Dib : La recette est pourtant facile, il suffit de s'accorder quelques coupures de décontraction dans la journée.

Je ne propose pas de pratiquer le rire dans des clubs spécialisés ou de faire des stages de rire, même si ces méthodes sont réellement utilisées dans certaines sociétés occidentales. Mais tout simplement de pratiquer le rire de deux façons différentes et complémentaires.

La première est de s'entourer d'amis positifs et drôles, de créer avec eux des occasions de rires.

La deuxième est d'apprendre à dédramatiser les situations difficiles. Grâce à notre imagination nous sommes parfaitement capables de relativiser les difficultés, en essayant notamment de se focaliser sur le côté plus léger et positif de la situation, ce qui permet d'abaisser efficacement la lourdeur du problème ressenti.

Il faut bien comprendre que dans une société où tout va très vite induisant un stress important, les difficultés ont tendance à déclencher systématiquement des émotions négatives qui sont contraires au rire. Or ces émotions négatives ne sont pas réelles, elles sont générées par des réactions de peur ou de crainte. Il est important d'inverser cette tendance et d'accorder plus d'attention aux joies.

A titre d'exemple, si l'on a très peur d'une situation donnée (la peur est une émotion négative subjective), cela ne signifie pas que cette situation va arriver, mais qu'elle déclenche simplement en nous, par les craintes et souvenirs qu'elle véhicule ou par notre propre passé, des réactions négatives qui vont empoisonner notre aptitude (conséquence négative réelle et objective) à surmonter cette situation.

A l'opposé, le rire est une attitude positive qui peut neutraliser les émotions négatives de façon très rapide et efficace. C'est ainsi que cette aptitude nous permet facilement de sortir victorieux des situations stressantes.

* Le Dr Michel Dib vient de publier deux ouvrages ' Apprivoiser la migraine ' et ' Apprivoiser le stress ' aux Éditions du Huitième Jour. Parution en librairie le 19 février 2009. Il est neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, membre de la Société française de neurologie et l'auteur de nombreux livres et publications dans la presse scientifique et grand public.

16:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chistianisme, foi, spiritualite, spiritualite de la liberation, action sociale chrÉtienne. |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

04/03/2009

UNE VIE LIBÉRÉE DE SES CHAÎNES.

La vie est une série de Pâques, c'est-à-dire de naissances impliquant le consentement à une mort préalable ; depuis la sortie du sein maternel, jusqu’au dernier soupir, où nous devrons accepter de mourir à notre vie naturelle pour entrer dans la vie de Dieu lui-même. Entre ces extrêmes, deux autres étapes sont fondamentales : le passage de l’enfance à l’adolescence, et celui de l’état adulte à la maturité, c'est-à-dire à la découverte de notre identité véritable. Or devenir soi-même ne peut se faire qu’au prix d’une mort aux personnages que nous avons endossés pour paraître aux yeux des autres - et des nôtres. Ce passage est particulièrement délicat, car il se fait le plus souvent à l’occasion d’une épreuve, d’un échec, d’une « crise » qui remet en cause ce que nous avions soigneusement mis en place. La liturgie de ce jour présente le franchissement de cette étape déterminante par deux personnages clés de l’histoire sainte : Abraham qui ouvre la lignée des patriarches, et Jésus qui scelle l’Alliance définitive. A Abraham, le Seigneur demande de lui « sacrifier » son enfant, c’est-à-dire de le « rendre sacré » en l’offrant au Dieu de la vie. Le cheminement du patriarche le conduira à découvrir que pour pouvoir transmettre la bénédiction divine conformément à sa mission, il lui faut immoler sa paternité possessive, symbolisée par le bélier. L’épreuve de Jésus fut bien plus radicale encore : ce n’est pas à un aspect inauthentique de lui-même qu’il est invité à mourir, mais à sa volonté naturelle de vivre. Tous autant que nous sommes, nous subirons notre mort, cette dernière Pâque qui nous introduira dans la définitivité de la vie éternelle. Jésus, lui, a dû la choisir délibérément ; car lui qui n’avait pas été effleuré par le péché, ne devait pas goûter la mort. S’il est passé par ce chemin, c’est uniquement par solidarité avec nous, et afin de pouvoir déverser dans notre mort la vie divine qu’il tient du Père. Sur la montagne, en présence de trois de ses proches auxquels il venait d’annoncer sa Passion prochaine, Jésus s’est offert intentionnellement au Père pour le salut du monde ; il a fait son choix : il ira jusqu’au bout. Par ce libre consentement à sa mission, son humanité adhère pleinement à son identité véritable de Fils unique que « le Père a livré pour nous tous » (2nd lect.). La lumière resplendissante que contemplent les apôtres n’éclaire pas leur Maître de l’extérieur, mais de l’intérieur : elle jaillit du plus profond de sa divinité, d’où elle illumine son humanité. La voix dans la nuée confirme l’option que Jésus vient de faire : il est le Fils bien-aimé, celui qui accomplit la Parole annoncée par la Loi et les prophètes ; c’est lui désormais qu’il nous faut écouter. Moïse et Elie peuvent disparaître : tout est dit en Jésus-Christ.



Chacun de nous un jour ou l’autre, est invité à offrir son « Isaac », à accepter de mourir à ce qu’il y a d’inauthentique en nos vies, pour accéder à notre identité profonde. Certes nous désirons tous devenir nous-mêmes ; mais sommes-nous prêts à payer le prix ? Combien d’entre nous résistent à faire le grand saut, car il s’agit de mourir avant de renaître : il faut en effet accepter de perdre, sans savoir par avance ce que nous trouverons. Ne croyons pas que Dieu prenne plaisir à notre souffrance : « Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! » (Ps 115). Il désire ardemment « briser nos chaînes », mais il ne peut le faire sans notre consentement. Pour oser le grand passage, puisons notre courage dans la parole de l’Apôtre : « Si Dieu n’a pas refusé son propre Fils, alors comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » (2nd lect.). Oui nous le croyons : grâce au Christ, chacune de nos « morts » est devenue un passage dans la vie, une vie toujours plus pleine, plus authentique.

20:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

22/02/2009

SENGHOR UN GÉANT DE LA PENSÉE AFRICAINE.

Le 7 juin 1963, Léopold Sedar Senghor (1906-2001), président catholique d´un pays - le Sénégal - essentiellement musulman, déclarait en inaugurant la mosquée mouride de Touba "musulmans et chrétiens, nous allons prier ensemble". Chef d´État, homme politique, poète, essayiste, il s´est éteint le 20 décembre, en Normandie, à l´âge de 95 ans, au moment où Jean-Paul II appelle les religions à prier pour la paix en un même lieu, Assise.

Dans son poème "L´arc en ciel de ta paix", cet homme de combat, champion de la "négritude", de l´indépendance de son pays, implore la paix comme un don de Dieu.

"Ô bénis ce peuple, Seigneur
Qui cherche son propre visage sous le masque et a peine à te reconnaître...
Ô bénis ce peuple qui rompt ses liens... et avec lui tous les peuples d´Europe, tous les peuples d´Asie, tous les peuples d´Afrique et tous les peuples d´Amériques qui suent sang et souffrances.
Et au milieu de ces millions de vagues, vois les têtes houleuses de mon peuple.
Donne à leurs mains chaudes qu´elles enlacent la terre d´une ceinture de mains fraternelles dessous l´arc en ciel de ta paix".

En Italie, sous le titre "l´orgueil de s´appeler Négro", l´agence missionnaire Misna () lui rend hommage en tant "qu´homme de culture et l'un des pères fondateurs, avec le poète martiniquais Aimé Césaire, du mouvement littéraire et culturel de la "Négritude"."

"Senghor, souligne Jean-Léonard Touadi dans sa dépêche, a occupé la scène intellectuelle africaine avant, pendant et après la décolonisation. Ses œuvres poétiques "Chants d'ombre" (1945), "Hosties Noires" (1948), "Anthologie de la Nouvelle poésie nègre et malgache de langue française" (1948) et d'autres formeront l'ossature de la revendication et de l'affirmation des valeurs du monde nègre".

"Etudiant à Paris, Senghor participe et nourrit, grâce à son érudition et à sa passion, le mouvement de renaissance de l'Afrique subsaharienne. Il reprend, à travers une opération de catharsis intellectuelle, le mot "négro" ... pour le transformer en point de départ pour le retour impératif à la "Mère Africa". "

Il souligne, en même temps que cette affirmation de la singularité africaine, l´aspiration de Senghor à l´universel. A la fraternité universelle. "La négritude, explique l´auteur, devient un paradigme idéal pour accomplir le voyage de réaffirmation de son être propre et de son histoire, à l'époque niée. Retrouver soi-même pour être prêt à se rendre au "rendez-vous de l'Universel", dit Senghor qui souhaite l'avènement d'une civilisation métisse où tous les peuples pourront finalement apporter tout le génie de leur personnalité spécifique. Senghor appelle ce moment le "rendez-vous du donner et du recevoir". Les écrivains subsahariens de la deuxième et de la troisième génération se montreront très critiques envers le mythe Senghor parce que dans ce "donner et recevoir", les africains devraient apporter seulement l'exubérante vitalité de leur émotivité (Senghor a remplacé le "Cogito ergo sum", "Je pense donc je suis" cartésien par "Je danse donc je suis") et cela constituerait une forme de servitude devant les peuples qui apportent raison et rationalité technologique".

"Senghor, conclut l´auteur, reste un géant de la pensée africaine moderne. Son érudition et sa stature intellectuelle ont fait de lui le premier africain subsaharien à être membre de l'Académie Française. Outre la valeur littéraire et poétique, il convient de rappeler l'homme politique, père de l'indépendance du Sénégal et co-fondateur de l'Organisation de Unité Africaine (OUA, ndlr). Il a été l'unique président à instaurer un régime démocratique dans son pays et le premier à quitté librement le pouvoir en 1980".

Le site de l´Académie française (
http://academie-francaise.fr), lui consacre la notice biographique suivante, rappelant que le président Senghor avait été élu à l´Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil).

Né à Joal, au Sénégal, le 9 octobre 1906, Léopold Sédar Senghor fait ses études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d´enseignement secondaire de Dakar, puis, à Paris, au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. Il est reçu à l´agrégation de grammaire en 1935.

Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l´École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l´Institut d´ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu´à l´indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l´École nationale de la France d´outre-mer.

L´année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l´assemblée consultative du Conseil de l´Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l´UNESCO et à l´assemblée générale de l´ONU. Secrétaire d´État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès, au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Ses activités culturelles sont constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il se démet de ses fonctions le 31 décembre 1980.

Léopold Sédar Senghor avait obtenu un festival de prix littéraires. Il était médaille d´or de la langue française ; grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; médaille d´or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965) ; grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l´Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; prix Guillaume Apollinaire (1974) ; prince en poésie 1977, décerné par l´association littéraire française L´Amitié par le livre ; prix Cino del Duca (1978) ; prix international du livre, attribué par le Comité international du livre (Communauté mondiale du livre, UNESCO, 1979) ; Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate (1980) ; médaille d´or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d´auteurs et compositeurs) ; premier prix mondial Aasan ; prix Alfred de Vigny (1981) ; prix Athénaï, à Athènes (1985) ; prix international du Lion d´or, à Venise (1986) ; prix Louise Michel, à Paris (1986) ; prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne (1986) ; prix Intercultura, à Rome (1987).

Il était docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.

Il était membre de nombreuses académies et titulaire de prestigieuses décorations françaises et étrangères.

21:41 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

10/02/2009

CES SIGNES DE MORT ET DE VIE.

Le libre marché agi avec un libertinage absolu. Les entreprises multinationales se renforcent et prennent le contrôle de la production, du commerce et des services dans nos pays. Cette réalité se manifeste dans les points suivants :

- Le commerce et le flux des capitaux transnationaux spéculent et posent des barrières à l’espérance de milliers de personnes qui sont appauvries, marginalisées et exclues du travail. Les grandes firmes transnationales concentrent chaque fois davantage le contrôle de la production, du commerce et des services dans nos pays.

- L’individualisme est la pratique du système actuel de commerce international.

- On veut imposer une fausse intégration, avec des inégalités scandaleuses, gérées et promues par le système financier international. Les organismes comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont souvent perçus comme proches d’une stratégie politique et économique de domination.

- Nos pays sont conditionnés pour cesser d’être des producteurs et ils sont poussés à être des consommateurs-importateurs de biens et de services. La technologie est importée sans que cela change la condition des pays dépendants.

- La fausse intégration, basée sur l’économique comme première valeur importante, favorise la corruption.

- La concentration des richesses favorise le déplacement des travailleurs de la campagne et de la ville, dépouillés de leurs sources de travail. Les économies de différents pays dépendent de façon croissante de l’argent envoyé par les migrants. Beaucoup de nos pays se sont transformés en exportateurs de main-d’œuvre bon marché.

- Le système économique international écrase la culture et les valeurs de nos peuples, la petite et moyenne entreprise, la production et l’économie du petit paysan.

- Les populations sont victimes de l’influence et de la manipulation des moyens de communication. Les élites de nos gouvernements négocient, quasi secrètement et sur le dos de la population, des traités et des accords éloignés des nécessités et des intérêts nationaux.

- Des cas existent de réduction des espaces démocratiques des mouvements sociaux, ce qui limite la participation et la mobilisation sociale.

- La perte de souveraineté et d’autonomie face aux entreprises multinationales. Le système financier, les organismes et les consortiums transnationaux constituent de véritables obstacles contre une authentique intégration, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos pays.

On insiste pour que l’économique soit séparé du politique. Dans un grand nombre de pays, les partis politiques et leurs dirigeants font face à une crise profonde de crédibilité, qui résulte de leur manque répété d’intérêt face aux défis et aux besoins des majorités nationales.

 

Nous observons des signes de vie dans le marché juste et solitaire, promu par nos communautés, organisations populaires, groupes de paysans et d’indigènes, associations de femmes et mouvements sociaux :

- La recherche d’alternatives à l’intérieur d’une vraie perspective d’intégration et de solidarité se renforce. On souligne les expériences de commerce juste, d’économie solidaire et les expériences de troc qui se réalisent dans des communautés organisées.

- La recherche d’information, formation et participation des divers secteurs de la population et de l’Église sur les processus commerciaux, économiques et politiques dans les domaines de l’équité.

- L’organisation de la micro, de la petite et de la moyenne entreprise, qui veulent avoir un espace réel et viable à l’intérieur des traités de libre-échange.

- Les efforts des conférences épiscopales et de leurs départements de Pastorale sociale-Caritas pour engendrer des alternatives d’économie solitaire et de lutte pour la défense de leurs ressources : la terre, l’eau et les services publics, tels que : la sécurité sociale, l’eau, l’énergie, la communication.

21:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

Avez-vous remarqué ?

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Avez-vous remarqué que le discours de Barack Obama ressemble chaque jour un peu plus à celui du président français ? Lorsqu'il déclarait, le jour de son investiture, que l'heure n'était plus à se demander si le gouvernement était trop gros ou trop petit, il semblait faire écho à l'éclectisme philosophique de Nicolas Sarkozy, qui peut prendre la défense des marchés un jour et plaider le lendemain pour les champions publics de l'industrie. En qualifiant de "honteux" et d'avide le comportement de Wall Street, le président américain n'a fait que répéter ce que les Français pensent depuis toujours et s'est inscrit dans le droit-fil des récents propos de Nicolas Sarkozy, pour qui il serait "insensé" de croire que les marchés ont toujours raison. En soutenant le principe du Buy American [acheter américain] pour que les milliards de dollars que le gouvernement investira suite au plan de relance de l'économie profitent aux entreprises nationales, l'administration Obama reprend une vieille tradition française de "patriotisme économique". Et, quand le nouveau président américain parle de limiter à 500 000 dollars [387 000 euros] le salaire des dirigeants des sociétés financières renflouées par l'Etat, il leur impose une réduction drastique que Sarkozy a déjà obtenue en janvier, lorsqu'il a convaincu les principaux banquiers français de renoncer publiquement à leurs bonus.

Le discours et les décisions de Barack Obama montrent à quel point le climat a changé au cours des derniers mois. Jusqu'à la crise financière de l'automne 2008, ce genre de plaidoyer en faveur du protectionnisme et contre les milieux d'affaires était surtout l'apanage de l'extrême gauche, et il n'était pas question de remettre en question l'idée que l'affaire de l'Amérique, c'est précisément de faire des affaires. Aujourd'hui, les spécialistes réexaminent les relations entre l'Etat et le secteur privé avec une ardeur qu'on ne leur avait pas vue depuis que Ronald Reagan avait déclaré que "le problème, c'est le gouvernement". Le plan de relance de près de 1 000 milliards de dollars actuellement examiné au Congrès s'inscrit dans le débat sur le rôle que devra désormais jouer le gouvernement fédéral dans ce qui a été pendant des décennies le domaine réservé des intérêts privés. Et, s'il n'est pas possible de savoir précisément de quoi demain sera fait, on voit néanmoins dès à présent s'esquisser les contours d'un nouvel ordre économique.

Une des conséquences les plus durables de cette crise devrait être un glissement continu vers ce qu'on pourrait appeler une forme de gouvernance à l'européenne, mêlant réglementation et paternalisme. Déjà le gouvernement monte en puissance, les projections des dépenses publiques montrent que les Etats-Unis devraient se rapprocher des moyennes européennes dans les deux ans à venir. Pour être plus précis, en l'absence de secteur privé solide (et de confiance du public envers les milieux d'affaires), le gouvernement américain va être contraint de prendre la relève et d'engager fermement des entreprises dans diverses voies. Il devra encadrer certaines industries (notamment les secteurs banquier et automobile), en privilégier d'autres, comme les énergies propres, en leur offrant des prêts et des crédits et transformer divers secteurs – comme la santé ou les retraites – en quasi-chasses gardées. Selon Ken Rogoff, économiste à Harvard, les Etats-Unis devraient se diriger vers un "système de redistribution plus centralisé, comme en Europe", avec une plus grande considération pour l'environnement, plus de réglementation et plus de protectionnisme. "Je considère les élections américaines de 2008 comme un tournant vers le modèle européen", ajoute-t-il.
L'opinion publique américaine semble elle aussi favorable à une politique permettant au gouvernement de pallier les déficiences du secteur privé. Un récent sondage Gallup révèle que les Américains n'ont jamais eu aussi peu confiance dans les institutions financières depuis 1985 (date à laquelle l'institut a commencé à leur poser la question). Aujourd'hui, 68 % des Américains souhaiteraient voir diminuer l'influence des grandes entreprises, contre 52 % en 2001. Une autre étude indique que 69 % des Américains pensent que le gouvernement devrait faire davantage pour aider les personnes les plus fragiles, alors qu'ils n'étaient que 57 % à penser la même chose en 1994. Ainsi, outre l'extension du filet de sécurité sociale, le gouvernement devra assumer davantage de responsabilités pour inciter les entreprises à réaliser des objectifs jugés bénéfiques pour l'ensemble de l'économie du pays

21:10 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |

03/02/2009

DE LA RÉCESSION A LA DÉPRESSION ?

Dès la fin de l'année passée, la France a connu une hausse du chômage d'une rapidité sans précédent. Et cela bien que la population d'âge actif ait diminué pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous l'effet du départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom. Le mouvement devrait s'aggraver en ce premier semestre 2009, avec 150 000 chômeurs supplémentaires selon l'Insee, alors que la population âgée de 15 à 59 ans va diminuer à nouveau de 61 000 personnes.

La remontée du chômage s'est essentiellement traduite, jusqu'à présent, par une violente contraction des emplois en contrat à durée déterminée (CDD) et des missions d'intérim. Avec, pour conséquence, une hausse spectaculaire du chômage des jeunes, principaux concernés par ces emplois précaires. Mais après avoir réduit la voilure de ce côté et, dans l'industrie, usé massivement des possibilités de chômage technique à l'occasion des fêtes de fin d'année, il y a tout lieu de craindre que les entreprises commencent à « taper dans le dur », en supprimant des emplois en contrat à durée indéterminée (CDI). D'autant que les défaillances de sociétés sont elles aussi en hausse rapide.

L'industrie, et au premier chef l'industrie automobile, devrait rester en première ligne avec 81 000 emplois perdus au premier semestre 2009, soit deux fois plus qu'au deuxième semestre 2008. Mais ce qui fait surtout la gravité de la situation, c'est le retournement qui s'amorce dans le bâtiment, qui résistait encore bien jusqu'à la fin 2008, et la situation dans les services. Même si on met de côté l'intérim, les services ont en effet commencé à perdre des emplois fin 2008: ils devraient en perdre davantage encore cette année (85 000 au premier semestre, selon l'Insee). Une situation sans guère de précédents, en tout cas par son ampleur.

D'un point de vue géographique, l'évolution de l'emploi et celle du chômage ne sont pas strictement identiques (ce qui n'est pas nouveau). Le nord, l'est et le centre de la France sont les régions qui perdent le plus d'emplois (mais pas la région parisienne). En revanche, c'est plutôt dans l'ouest et sur les bords de la Méditerranée que le chômage s'accroît le plus vite.

Face à cette forte dégradation du marché du travail, les politiques d'urgence mises en oeuvre par le gouvernement sont très insuffisantes. Qu'il s'agisse du soutien au pouvoir d'achat des chômeurs – dont seule une minorité est indemnisée par l'assurance chômage – ou des mesures prises pour ouvrir les vannes des emplois aidés et des emplois publics. Il ne s'agit pourtant pas seulement d'accepter de «·faire du social », c'est aussi un impératif économique: si on laisse filer le chômage, si on n'améliore pas la prise en charge des sans-emploi, la récession risque de se transformer en dépression.

10:34 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg | |  Facebook | | | Pin it! |