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10/10/2006

N'AYEZ PAS PEUR !

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 N'ayez pas peur ! » Tels sont les premiers mots du pape Jean-Paul II, devant la foule des fidèles massés sur la place Saint-Pierre, à Rome, dans l'homélie de son intronisation, le 22 octobre 1978.

Venant de la bouche d'un pape polonais, dont le pays faisait alors partie du bloc communiste, ces mots semblaient, tout ensemble, appeler à la fermeté dans les convictions chrétiennes et au dialogue courageux avec ceux qui ne les partagent pas. Mais en les laissant profondément pénétrer dans leur cœur, ceux qui écoutaient la parole du nouveau pape comprenaient qu'il voulait aussi parler de toute notre attitude chrétienne devant l'inquiétude et la peur.

La liste de ce qui nous fait peur est particulière à chacun d'entre nous, et dépend beaucoup de son histoire personnelle. Certains craignent l'affrontement ou la contradiction, d'autres craignent de subir des influences qui limiteraient leur liberté. Certains craignent la foule, d'autres la solitude. Certains craignent de témoigner de l'Évangile parce qu'ils ont peur de la persécution. Certains craignent tout ce qui est nouveau, imprévu, dérangeant, alors que d'autres craignent surtout la monotonie quotidienne et le retour incessant des mêmes luttes et des mêmes efforts, avec l'impression de ne jamais progresser.

Je crois que l'ensemble de nos craintes, de nos peurs, puisse se regrouper, si j'ose dire, en deux catégories. Nous avons peur de ne pas être aimés, et nous avons peur d'aimer… L'amour, en quelque sorte, nous fait peur. Et la souffrance, qui coïncide surtout avec le manque de générosité dans l'amour, nous fait peur également.

La peur de ne pas être aimé

Nous la connaissons tous, par l'expérience de notre solitude. Dans le couple le plus uni, dans la communauté la plus fraternellement cohérente vient se glisser parfois le doute sur la solidité de l'amour que nous recevons. Parce que nous connaissons nos faiblesses et nos limites, il nous arrive de croire qu'elles font obstacle à l'amour que l'autre peut nous porter. Il faut avoir, alors, l'humilité d'admettre que la richesse de générosité et de charité que possèdent les autres ne dépend pas fatalement des mérites que nous posséderions nous-mêmes. On peut être objet d'amour sans vraiment en être digne…

Ce qui est vrai dans notre aventure individuelle c'est encore plus dans notre rapport avec Dieu. Le peuple des croyants est aimé de Dieu bien qu'il soit un peuple de pécheurs. Et peut-être parce qu'il est un peuple de pécheurs, il a donc besoin d'être sauvé. Le prophète Jérémie vient de nous le rappeler : « Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable. Il a délivré le pauvre du pouvoir des méchants » (Jr 20, 10-13). Conviction partagée par saint Paul : « Par le péché d'Adam est venue la mort : mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. Si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ » (Rm 5, 12-15).

Nous ne pouvons donc pas avoir peur de notre Dieu, et n'attendre de lui que la punition. Tant de passages de l'évangile nous rappellent sa miséricorde inépuisable et sa façon d'oublier nos fautes et notre péché.

La peur de souffrir et de ne pas savoir aimer

Peurs normales de la souffrance :
-  peur du risque (insécurité des banlieues) ;
-  physique ;
-  morale (solitude) ;
-  mort, bien que nous sachions qu'il ne s'agit que d'un passage sur la lumière et la vie éternelle ;
-  peur de souffrir parce que nous n'aimons pas assez.

Saint Paul n'a pas eu peur d'être persécuté.

Nous souffrons souvent parce que nous ne savons pas aimer vraiment, c'est-à-dire avec la générosité, le renoncement et le sacrifice qui sont les vraies forces de l'amour.

Le Seigneur seul peut nous délivrer de cela, parce qu'il a souffert, parce qu'il a aimé. Qu'il soit notre sécurité la plus profonde.

Bruno LEROY.

12:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

03/10/2006

NE VOUS LAISSEZ PLUS ÉCRASER.

Cette terrible histoire est peut-être la vôtre. Un homme va se faire écraser par les autres. Votre vie est si souvent écrasée par d’autres personnes. Dans le cadre de votre travail, suite à un drame familial, à cause de vos enfants difficiles. Il est malheureusement facile de constater que vos circonstances présentes vous écrasent complètement, elles sont trop lourdes pour vous ; que ce qui se passe à l’intérieur de vous, vos soucis, vos tracas, vos angoisses, vos craintes, vous écrasent littéralement. Bref, l’officier de ce récit d’hier, c’est vous aujourd’hui !  Lui va mourir, mais vous, vous allez vivre !

Il est intéressant de noter pourquoi cet homme va mourir écrasé, et ainsi éviter de commettre les mêmes erreurs que lui. Lui n’a pas cru Dieu. Il est évident que votre foi dans les promesses de Dieu vous dégagera de toutes formes d’oppression. Ne vous contentez pas de savoir cela, vivez-le !

Ensuite il a confondu les genres ; il n’a vu en Élisée qu'un prophète comme un autre, rien de plus ! Dieu utilise des moyens faibles pour atteindre ses objectifs dans votre vie ; cet homme va donc passer de manière catastrophique à côté du plan de Dieu pour sa vie. Aujourd’hui ces quelques lignes sont le faible moyen que Dieu va utiliser pour que vous en finissiez avec tout ce qui vous écrase.

Enfin, il était l’officier principal du roi, celui sur lequel le roi se reposait ; il n’a pas voulu perdre la face ; il s’est cru plus intelligent et plus sage, bien au-dessus des histoires du prophète. Bref, il avait le droit de penser ainsi, mais il en est mort. Ayons l’humilité, quand le Seigneur s’adresse clairement à nous, de croire simplement qu’il sait mieux que nous comment faire pour nous bénir, nous délivrer et nous sauver de tout ce qui nous écrase.

Une prière pour aujourd’hui

Seigneur Jésus, tu sais tout ce qui écrase ma vie, tout ce qui est si lourd pour moi, cet emploi du temps dément, ces responsabilités impossibles, ce chef qui me fait peur, ces collègues qui ne m’aiment pas, etc. Je viens tout te confier et m’abandonner entre tes mains. Ce qui m’écrase et qui voudrait finir par me tuer, je l’abandonne à tes pieds, Jésus. Amen

Samuel Foucart

09:55 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

02/10/2006

NOS ANGES GARDIENS.



C'est une vérité de foi que les Anges, tout bienheureux qu'ils sont, reçoivent une mission de Dieu auprès des hommes; les paroles de Notre-Seigneur, l'enseignement des Docteurs et des Saints, l'autorité de l'Église, ne nous permettent pas d'en douter. Si les démons, en légions innombrables, rôdent autour de nous comme des lions prêts à nous dévorer, selon la parole de saint Pierre, il est consolant pour nous de songer que Dieu nous a donné des défenseurs plus nombreux et plus puissants que les démons.

C'est au plus tard dès sa naissance que tout homme venant au monde est confié à la garde d'un esprit céleste; les païens, les hérétiques, les pécheurs eux-mêmes, ne sont pas privés de ce bienfait de Dieu. Il est même certain que divers personnages, en raison de leur situation, comme les rois, les pontifes, ou en raison des vues spéciales de Dieu sur eux, comme nombre de saints, ont parfois plusieurs Anges gardiens. Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des Anges; l'Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les Anges nous préservent d'une foule de maux et de dangers, ils éloignent de nous les occasions du péché; ils nous inspirent de saintes pensées et nous portent à la vertu, nous soutiennent dans les tentations, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos découragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le démon et nous prémunissent contre ses pièges; si nous tombons, par fragilité ou par malice, ils nous relève par le remords, par les pensées de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes oeuvres et nos prières à Dieu, réparent nos fautes, intercèdent pour nous auprès de la divine miséricorde, suspendent la vengeance céleste au-dessus de nos têtes; enfin ils nous éclairent et nous soutiennent dans la maladie et à l'heure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les âmes du purgatoire.

Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: "Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection." Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leur bonnes inspirations.


Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

20:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

L'altération des sentiments un risque pour la Foi.

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Ce dont nous avons le plus à nous garder, ce n'est pas tant de l'affaiblissement de notre foi en Dieu, que du changement de nos sentiments chrétiens. " Prenez donc garde en votre esprit, et ne soyez pas infidèles. " L'altération des sentiments a de terribles effets.

L'ennemi trouve là une brèche par laquelle il pénètre dans notre âme et la détourne de Dieu.

 Il y a des sentiments que nous ne devons jamais tolérer, car ils nous détourneraient de la foi en Dieu, et nous pousseraient à mettre notre confiance dans la puissance et dans la sagesse humaines.

Méfiez-vous des " soucis de ce monde ", car ce sont eux qui produisent de l'amertume.

Il est extraordinaire de constater le pouvoir qu'ont les petits problèmes de l'existence pour nous éloigner de Dieu.

Refusez de vous laisser submerger par les soucis de la vie.

Autre chose encore qui nous éloigne de Dieu: le désir de nous justifier. Saint-Augustin priait ainsi: " O Seigneur délivre-moi du désir de vouloir toujours me justifier! " Ce sentiment détruit la foi en Dieu. " Il faut que je m'explique. Il faut qu'on arrive à me comprendre ", voilà notre désir.

Notre Seigneur n'a jamais tenté de " s'expliquer ", il laissait les erreurs se corriger d'elles-mêmes.

Quand nous nous apercevons que la vie spirituelle de ceux qui nous entourent ne fait pas de progrès, et que nous laissons cette constatation tourner à la critique, nous nous coupons de Dieu. Car Dieu ne nous a pas donné le discernement pour que nous jugions notre frère, mais pour que nous intercédions en sa faveur.
 

Bruno LEROY.

12:09 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

22/08/2006

LA GÉNÉROSITÉ DE DIEU.

Dans la parabole rapportée par Matthieu dans l’évangile, Jésus présente le Règne de Dieu comme le maître d’un domaine qui va embaucher des ouvriers pour sa vigne : « Le Royaume de Dieu est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers à sa vigne. » Seuls les premiers sont embauchés sur un contrat précis ; aux autres il est uniquement certifié qu’ils recevront ce qui est juste. Aux derniers rien n’est précisé, sinon d’aller eux aussi à la vigne. Vient le soir et le moment de rémunérer chacun. Le Maître ménage alors l’effet de surprise en commençant par payer les derniers ouvriers, à qui il donne une pièce d’argent, c’est-à-dire ce qui correspond au salaire d’une journée de travail, pour terminer par ceux qui ont commencé à l’aube, et qui reçoivent eux aussi le même salaire. Un sens naturel de la justice nous porterait à penser que les ouvriers qui ont supporté le poids de toute la journée devraient recevoir plus que ceux qui ont travaillé seulement quelques heures. Mais si nous considérons les choses de plus prêt nous voyons qu’il n’y a aucune injustice dans l’attitude du maître. Celui qui a travaillé toute la journée a reçu ce qui lui avait été promis : « une pièce d’argent ». Du coup, donner le même salaire tant à celui qui a travaillé une heure qu’à celui qui a travaillé onze heures n’est pas injustice mais pure générosité.

Apparaît ici en pleine lumière la gratuité de l’Amour de notre Seigneur qui surpasse de loin les mérites humains. Cet amour parce qu’il est divin est un et ne peut se diviser. C’est la symbolique qu’ont retirée les Pères de l’Eglise de l’unique pièce d’argent distribuée à chacun. L’Amour de Dieu est infini et inconditionnel. Dieu n’est pas un comptable qui, en fonction de nos mérites, nous donnerait plus ou moins part à sa vie éternelle. Quand il donne la vie, il donne tout parce qu’il se donne. Il ne peut faire autrement parce que c’est sa nature de se donner et de ne rien retenir pour lui. Et cela, il le fait sans condition parce qu’il est pure gratuité, pur don.
En outre, cet amour a comme finalité la vie de celui à qui il est destiné. En effet, une pièce d’argent était, à l’époque, le minimum qui permettait à une famille de vivre. En donnant cette somme à chacun, le maître manifeste qu’il se montre plus inquiet de la vie de ses ouvriers que de l’application d’une stricte justice distributive. C’est la vie éternelle que Dieu veut donner à chacun de ses enfants et cette vie, qui n’est autre que la vie même de Dieu, ne se partage pas, elle se donne toute entière à chacun.

La bonté et la générosité de notre Seigneur se révèlent aussi dans une patience infatigable qui prend le temps de nous inviter sans cesse à l’accueillir et ce jusqu’à la dernière seconde de notre vie. Le maître sort jusqu’à la dernière heure pour inviter à venir travailler à sa vigne.
Mais la délicatesse de Dieu va encore plus loin. Il souhaite notre participation à la construction de son projet de salut. Il ne veut pas que nous soyons des spectateurs passifs sur la place, que nous demeurions sans rien faire. Il désire que nous soyons des collaborateurs actifs, ouvriers de sa vigne : hommes qui souffrent de la soif et de la chaleur et qui marquent d’un rythme et d’une empreinte chrétienne la société humaine, la vie publique. Il désire que nous adoptions les mêmes mœurs, que nous ayons le même regard et les mêmes pensées que lui vis-à-vis de nos frères en humanité. Il désire que nous travaillions avec lui à inviter tous les hommes à son Royaume éternel. Les derniers arrivés seront tout autant les bienvenus dans la maison du Père que les premiers. Leur place demeure réservée à la Table du Royaume.

Dans cette perspective de construire le Royaume, l’important n’est pas d’arriver à la première ou à la dernière heure. Ce qui compte, c’est de prendre conscience que du moment où nous sommes appelés, notre vie reste définitivement orientée vers le Royaume de Dieu. Si nous sommes arrivés parmi les premiers, notre fatigue contribuera sans doute mystérieusement à faire fléchir les retardataires pour qu’ils s’engagent eux aussi à travailler à la vigne du maître et puissent ainsi avoir part au Royaume éternel.

« Seigneur, nous voulons demeurer greffés sur la générosité infinie de ton Amour. Puissions-nous te trouver davantage en rechoisissant chaque jour de ne pas vivre pour nous mais de travailler au salut de nos frères. Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle. »

Frère Elie

18:03 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

06/07/2006

Les chemins de l'Espérance.

Les déplacements de Jésus sont plutôt déconcertants : l’évangéliste précise
qu’il « sort de Capharnaüm », puis le verset suivant nous le retrouvons
attablé dans « la maison », que les exégètes identifient à celle de Pierre
…à Capharnaüm !
Notre-Seigneur est donc sorti de la ville uniquement pour aller chercher sa
brebis perdue du nom de Mathieu. Jésus ne le « voit » pas par hasard, mais
il le contemple avec l’intense émotion de celui qui découvre enfin un objet
précieux qu’il a longuement cherché. Ce n’est pas Mattieu qui vient à Jésus,
mais le Seigneur qui part à sa recherche et le trouve « assis à son bureau
de publicain », enchaîné par la convoitise et l’avarice, incapable de
s’arracher à sa passion.
Comment ce fils d’Abraham en est-il arrivé là ? Dans quelle blessure
d’enfance, dans quelle peur de manquer s’enracine cet appétit immodéré des
richesses, qui l’a conduit à se compromettre avec l’occupant ? Allez donc
savoir ; mais le fait est là : il se retrouve marginalisé, rejeté au banc de
la société civile et religieuse, exclu hors de la ville.
Un regard, confirmé par une parole, et la vie de cet homme va basculer
définitivement. Nul doute qu’il gardait au fond de sa conscience, la
nostalgie d’une vie meilleure, dans la fidélité à la Loi de ses Pères. Mais
comment pourrait-il changer de vie, lui le « collecteur d’impôts » ? Ses
concitoyens l’avaient une fois pour toutes enfermé dans ce personnage dont
il se voyait définitivement prisonnier.
Pourtant, un regard, une parole ont suffi pour briser cet enfermement et
libérer l’espérance de cet homme. En lui signifiant sa considération, en lui
offrant son amitié, Jésus fait comprendre à Mathieu qu’il est toujours digne
de respect, que l’avenir demeure ouvert, que rien de son espérance n’est
définitivement compromis.
L’ayant rejoint dans la prison de sa conscience culpabilisée, Jésus peut
appeler Mathieu à sa suite : « Viens derrière moi : je t’ouvre le chemin
vers la vérité, la liberté et la vie que tu désires si ardemment ». Sans
même s’en rendre compte, Mathieu s’est levé, a contourné la table qui le
séparait du Rabbi, et s’est mis à sa suite.
On imagine sans peine la scène qui se déroule derrière lui : les hommes
venus payer leur impôt se jettent sur le comptoir du collecteur, et se
servent avidement dans la caisse, trahissant leur propre cupidité, qui n’a
rien à envier à celle du publicain ! Mathieu ne se retourne pas ; il n’est
plus le collecteur d’impôt redouté et haï ; il est un autre homme par la
vertu d’un regard et d’une parole. Il est redevenu un fils d’Israël en
marche vers la Terre promise, sous la conduite du Messie-Berger venu
rassembler les enfants dispersés de Dieu son Père.
Le téléphone arabe fonctionne bien : à peine rentré dans la ville, voilà
qu’accourent vers Jésus un grand nombre de collègues de Mathieu, flanqués
d’autres pécheurs notoires. Tous sont en quête de motifs d’espérer malgré le
triste état de leur vie. A chacun Notre-Seigneur fait bon accueil, ouvrant à
ces brebis égarées l’intimité de son cœur, afin qu’elles y puisent la
certitude du salut, l’assurance de la gratuité de la miséricorde.

« Seigneur, tu n’es “pas venu appeler les justes mais les pécheurs”, afin
d’en faire des justes par ta seule miséricorde. Donne-moi d’oser croiser ton
regard et de me laisser convaincre de péché. Moi aussi je pourrai alors
entendre ton appel : “Suis-moi”, et prendre place avec toi au banquet que tu
prépares pour ceux qui se laissent justifier par ton amour. Il a suffi de si
peu : un regard, une parole, pour transformer Mathieu ; me voici, Seigneur ;
ma bouche et mes yeux sont tiens : viens à travers moi rejoindre ceux qui
attendent que tu passes dans leur vie, pour les appeler à ta suite sur les
chemins de l’espérance ».

Joseph-Marie +

18:39 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : action-sociale-chretienne, christianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

05/07/2006

LA JOIE : VISAGE DE DIEU DANS L'HOMME.

 L'homme n'est vraiment homme que par la joie, tout comme le ruisseau n'est ruisseau que par la source. Sans doute les méandres lointains du ruisseau n'en ont-ils aucune conscience, ainsi l'homme, dans son errance, a-t-il oublié l'Essentiel. Alors viennent les philosophes, étymologiquement ceux qui " aiment la sagesse ", celle qui scrute la vie, et ils lui remettent en mémoire, d'Aristote l'ancien (IVe s. av. J.-C.) à Bergson l'actuel (XXe s.), que l'homme ne peut pas vivre sans joie, que seul là où il y a la joie, la vie triomphe... Ils ont plongé leur savoir même très loin, jusqu'à la limite du mystère, puisqu'ils nous enseignent que la joie se révèle comme étant la vérité de notre être, qu'elle est le pouls de l'être, le critère de la vérité, et finalement que joie et vérité sont tout un ! Il a fallu les prophètes, ces " haut-parleurs " de Dieu, pour nous révéler la source de toute joie, ce pour quoi l'homme est fait, d'où il vient et où il va :

Il est donc clair que nous avons dans la Joie la trame sous-jacente à toute la Bible : elle est une " Bonne Nouvelle " dès les origines et portera explicitement le titre d'Evangile (en français : " bonne nouvelle "), quand celle-ci éclatera dans sa plénitude par la venue du Messie, qui est le visage même de la joie.

Ainsi tout est épiphanie, manifestation, d'une Présence aimante pour le coeur éveillé. Mais il y a infiniment plus encore, car ce qui donne le vrai poids à cette vie, c'est qu'elle est un don de Celui qui l'habite. En réalité Présence et Don se confondent : Dieu se donne lui-même à travers ce qui nous arrive.

Cependant, quand Dieu se donne, ce n'est jamais passivement : c'est une Présence créatrice, vitale, qui suscite l'homme et ne cesse de le libérer, de le mettre en chemin vers un accomplissement.

TRANSFORMER LA VIE EN UNE NOCE PERPETUELLE

En effet, si la joie peut être permanente, c'est parce qu'elle émane d'une Présence nuptiale, il s'agit de la joie de l'Alliance : l'amour fou de Dieu est celle d'un Époux. Il est présent en tout, et pas seulement dans la nature, mais aussi en tout espace, dans l'air que nous respirons, dans le temps et à l'intérieur de l'événement qu'il véhicule, en toute situation, dans la petite histoire banale et insignifiante, dans sa trame secrète jusqu'au filigrane..., à travers tout Dieu cherche l'homme comme le Fiancé en quête de sa bien-aimée, tout le Cantique des Cantiques en témoigne : Il veut faire de sa vie le lieu même de cette Alliance. De la vie de l'homme, la plus concrète et réaliste, peut-être " profane " à nos yeux de païens, Dieu veut faire une communion avec lui. C'est déjà le royaume des cieux, car, dira Jésus lui-même il est comparable à des noces ! (Mt 22,2) Saint Maxime le Confesseur (Vie s.) a montré admirablement comment l'homme qui se laisse séduire (Jr 20,7) et accepte d'entrer dans une réciprocité amoureuse avec Dieu, devient réellement le prêtre d'une " Liturgie Cosmique ". De moment en moment, là où il se trouve, il reçoit le monde des mains de Dieu et l'offre à nouveau à Dieu dans une infinie reconnaissance. Cette gratitude est le fond de l'amour, c'est une action de grâces continuelle qui transforme sa vie en une Vie en Dieu, en communion. Le Père Schmemann dit que la définition première, fondamentale de l'homme se trouve dans ce sacerdoce : comme prêtre il se tient debout au centre du monde, il lui donne son unité en bénissant Dieu pour tous ses dons et en rendant grâce d'être tout en tous. En perdant cette vie eucharistique, l'homme a perdu la vie de la Vie même et le pouvoir de la transformer en la Vie par la louange. Ayant cessé d'être le prêtre du monde, il en est devenu l'esclave et ne cesse de communier à la mort à travers une vie morte, puisque vide de Dieu (Cf. Alexandre Schmemann, Pour la vie du monde, Desclée de Brouwer.)

LA JOIE : PREMIER ET DERNIER MOT DE L'EVANGILE

Avec l'avènement du Messie, l'histoire du monde bascule des ténèbres dans la lumière et la joie définitives. L'Incarnation de Dieu en Jésus Christ, c'est le temps lui-même qui s'accomplit et entre dans sa plénitude, la création est à son achèvement, la terre-mère enceinte depuis des millénaires enfante Dieu en personne, l'Emmanuel, qui signifie : " Dieu avec nous ". C'est cette Joie indescriptible qui est l'aboutissement de toutes les Écritures et la réalisation des prophéties ancestrales. Bien plus : cet événement est au coeur même de l'aventure cosmique. L'expansion des galaxies, la naissance et la réussite de la vie sur notre planète, l'apparition et l'histoire de l'homme, tout converge vers cet instant : c'est en lui, le Verbe de Dieu, que tout a été créé. L'univers a mis des milliards d'années à composer son Chef d'oeuvre. Depuis, le plus antireligieux des hommes compte les jours et les siècles à partir de cette date unique qui partage l'histoire en deux: " Avant Jésus Christ " et " Après Jésus Christ "! En lui, l'Absolu s'est fait visage, l'ultime réalité a dévoilé son nom en Jésus Christ : DIEU EST JOIE ! On comprend alors pourquoi la joie est le premier et le dernier mot de son Évangile. Dès que l'Ange proclame aux bergers la bonne nouvelle de la naissance du Christ, il dit : Je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple (Lc 2,10). C'est ainsi que tout commence, mais c'est également ainsi que tout se termine dans la vie terrestre du Christ, lorsqu'il se rendra invisible le jour de son Ascension : Les disciples l'adorèrent et retournèrent à Jérusalem avec une grande joie (Lc 24,52).
Ils retournèrent à Jérusalem pour se préparer à leur mission, car, le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint les enverra proclamer cette joie à toute créature jusqu'aux extrémités du monde (Ac 1,8). À l'Ascension, le Christ s'est rendu invisible en Palestine, parce que désormais il est présent universellement, au coeur de chaque homme et de toute l'histoire jusqu'à la fin des temps (Mt 28,20).Comme dit Saint Grégoire de Naziance (IVe s.) : Celui qui est consubstantiel au Père se fait consubstantiel aux hommes, afin que nous devenions ce qu'il est. Donc la Joie qu'est Dieu est devenue par le Christ notre propre substance ! Saint Paul en a fait la trame de sa prédication : Nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous somme transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, car Dieu est celui qui resplendit dans nos coeurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ (2 Co 3,18 ; 4,6). Il faudrait, comme certains Pères du désert, ne vivre pendant des années qu'avec une seule Parole comme celle-là pour que le Feu du Ressuscité se mette à flamber en nous ! " Le disciple du Christ est un être littéralement consumé par la joie pascale qui est désormais le phare de son existence, le son juste de sa vie, " dit Paul Evdokimov. " L'Agneau ressuscité irradie toutes choses, même les casseroles scintillent d'une étrange lumière pour qui sait les regarder... " Sans cette joie le christianisme lui-même, comme tel, est incompréhensible et l'Église inutile. Avec ou sans elle, je peux à chaque instant traduire l'Amour ou le trahir ! C'est pourquoi Jésus demande à ses disciples d'être joyeux de cette grande joie... Peu de chrétiens savent que c'est là même un commandement : Que la joie qui est en moi soit aussi en vous et que votre joie soit parfaite ! (Jn 15,11)
Plus que cela, il n'y a pas de sainteté sans joie, elle est vraiment le test que nous sommes sur le Chemin : Soyez joyeux, devenez parfaits (2 Co 13,11), et saint Paul insiste constamment : Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le répète encore : réjouissez-vous ! Motif : Le Seigneur est proche ! (Ph 4,4) 
  Père Alphonse Goettmann et Le Chemin.

21:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

Les prophètes de Dieu.

La liturgie de ce jour se construit autour des difficultés éprouvées par le
prophète dans son ministère de prédicateur. Rien ne garantit qu’il sera
écouté, bien au contraire : le Seigneur l’avertit ouvertement des
difficultés qui l’attendent, car le peuple auquel il est envoyé est «
rebelle, ses fils ont le visage dur et le cœur obstiné » (1ère lect.). Mais
« qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent », l’important est « qu’ils sachent
qu’il y a un prophète au milieu d’eux ». Le prophète a la mission redoutable
d’incarner la conscience du peuple qui s’est révolté contre son Dieu, mais
que celui-ci désire appeler à la conversion. La Parole que le prophète doit
prononcer de la part du Seigneur, veut éveiller la mémoire de l’Alliance en
vue de ramener le peuple à sa fidélité des origines, permettant ainsi à Dieu
de le bénir à nouveau. Rares cependant sont les prophètes dont la parole a
été accueillie avec joie et reconnaissance : la plupart d’entre eux ont
plutôt été persécutés, car leur dénonciation du péché dérange, leur exigence
de conversion incommode. Nous ignorons ce que Jésus a pu enseigner dans la
synagogue de Nazareth ; Saint Marc se concentre plutôt sur la description de
la réaction de l’auditoire : « Ils étaient profondément choqués à cause de
lui ». Certes les concitoyens de Jésus reconnaissent sa sagesse et sont bien
obligés de constater qu’il opère de « grands miracles ». Mais ils refusent
d’envisager que le Très-Haut puisse s’abaisser à agir à travers « le
charpentier » de leur village, qui a grandi au milieu d’eux, au sein d’une
famille qu’ils côtoient journellement. Aussi se posent-ils avec inquiétude
la question de la provenance des dons extraordinaires qu’il déploie -
laissant par le fait même supposer qu’ils pourraient bien être d’origine
diabolique. Dans un tel contexte, entouré d’une telle suspicion, Jésus ne
peut accomplir aucun miracle notoire : le manque de foi de ses concitoyens
empêche ceux-ci d’accueillir la grâce divine. Seules « quelques guérisons »
marquent le passage du Sauveur dans sa ville natale.

ACTUALISATION


La seconde lecture nous rappelle que le prophète a à combattre non seulement
contre des ennemis extérieurs, mais aussi contre des ennemis intérieurs tout
aussi redoutables : l’envoyé de Dieu ne connaît décidément pas de repos !
Paul a beau supplier le Seigneur de le délivrer de cette mystérieuse «
écharde dans sa chair » : rien n’y fait. Il semble même que cette pauvreté
fasse partie de la condition du prophète : il est indispensable qu’il
paraisse faible devant ses interlocuteurs, afin qu’il soit clair aux yeux de
tous que la puissance qui se déploie à travers lui, ne vient pas de son
propre fond, mais de Dieu (cf. 2 Co 4, 7). Bien plus : c’est même dans la
mesure où il accepte de se vider de lui-même en consentant aux « insultes,
persécutions, situations angoissantes », que le prophète permet à « la
puissance du Christ d’habiter en lui » et d’accomplir à travers lui ses
œuvres.
L’image du prophète qui ressort des lectures de ce jour est celle d’un homme
purifié au creuset des épreuves - extérieure et intérieure - qui s’en remet
totalement entre les mains de Dieu, gardant « les yeux levés vers le
Seigneur son Dieu, comme les yeux de l’esclave vers la main de son Maître »
(Ps 122). La raison pour laquelle il y a si peu de prophètes de nos jours,
ne serait-elle pas que l’humilité est morte ? Quant à ceux qui exercent
courageusement ce ministère, et proclament la Parole contre vents et marée,
qui donc les écouterait ? Comment notre culture hyper-individualiste, qui ne
jure que par l’autonomie et la tolérance, accepterait-elle d’entendre un
appel à la repentance ? Qu’importe : souvenons-nous de la parole de bon sens
de Sainte Bernadette à son curé qui refusait de donner foi à ses propos : «
Je ne suis pas chargé de vous le faire croire, mais de vous le dire ! », et
poursuivons paisiblement l’œuvre d’évangélisation que le Seigneur nous a
confiée.

Joseph-Marie +

10:28 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

03/07/2006

NE JAMAIS DOUTER DE DIEU.

La pensée du jour Par Bruno Leroy

Ne jamais douter de Dieu.

Psaume 52.8 : "Mais moi, je me trouve chez Dieu comme un Olivier florissant, je me fie pour toujours à la bonté de Dieu"

Les doutes ne font point partie de mon horizon de vie. S’il me fallait douter de Dieu, ne serait-ce qu’une seule fois, je n’aurais plus que le vide sur lequel m’appuyer. Dieu est ma Force, ma sève, ma respiration, ma joie de vivre ou de ne jamais désespérer. Face à la mort, à la violence et aux injustices, je ne crains rien, ni personne. Dieu est l’âme de mon âme. L’Amour que j’ai de la Vie me vient de Lui.

Jérémie 17:7-8

23:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

JÉSUS DORT...

Jésus dort. Jésus dort dans la tempête. Si la question pouvait se poser,
voilà sans doute un épisode que nous aimerions bien effacer de l'Évangile,
pour éviter qu'il ne prenne corps dans nos vies ! Combien de crises
avons-nous traversées avec ce sentiment désagréable d'être seuls dans la
barque ? Pire, avec le sentiment que Jésus nous a abandonné dans la tempête
? Certes, même dans ces moments-là, nous savons bien qu'il est là, puisque
la foi nous le dit. Mais l'expérience nous dit aussi que nous ne maîtrisons
alors plus rien et que tout semble reposer sur nous seuls. Tirons au moins
une consolation de voir que les apôtres eux-mêmes ont été déconcertés par ce
genre de situation et réjouissons-nous que Jésus nous apprenne comment les
vivre !
 
En premier lieu, les circonstances montrent qu'il ne s'agit pas strictement
d'un problème de foi. Les apôtres avaient la foi pour choisir de monter dans
la barque avec Jésus. Ils avaient même une foi grande, qui leur permettait
de voir en Jésus, endormi, leur unique sauveur : « Seigneur, sauve-nous,
nous sommes perdus ». Voilà d'ailleurs une interpellation qu'il ne faut
jamais hésiter à faire nôtre.
 
Pourtant, Jésus reproche bien à ses disciples leur manque de foi et, en
illustration de sa maîtrise des éléments et des événements, il calme alors
la mer et les vents. Comment nous expliquer cette contradiction ? Que notre
foi n'est jamais ni assez grande ni assez pure, nous le savons bien. Faut-il
vraiment passer par ces frayeurs pour l'apprendre ?
 
Peut-être la clé de lecture de ce texte est-elle dans l'interpellation des
compagnons de Jésus. Que font-ils ? Ils cherchent à réveiller Jésus. Ils ont
perdu la maîtrise des événements et cherchent un moyen de la reprendre (et
vite, car le naufrage peut venir avec chaque vague). L'attitude que dénonce
Jésus est donc celle qui conduit à donner plus d'importance à ce que nous
pouvons faire de notre vie qu'à ce que la foi nous permettrait d'en faire.
 
En effet, dans cet épisode, ce ne sont pas les disciples qui réveillent
Jésus, mais Jésus qui réveille leur foi chancelante ; il était nécessaire
qu'il le fasse un jour de grande tempête. Quand les jours nous sourient,
nous avons tôt fait de nous attribuer les succès rencontrés ou de nous faire
croire que notre réussite est conséquence de notre fidélité au Seigneur. Or
la foi ne s'exprime pas dans ces registres. La foi nous permet de nous
conduire en enfant de Dieu, elle nous donne de faire une totale confiance à
notre ère des Cieux, en toutes circonstances, et à de tout recevoir de lui
avec reconnaissance. C'est cette attitude filiale que Jésus nous montre en
action et qui lui permet de dormir dans la tempête : il sait que rien ne
peut le séparer de l'amour de son Père, il sait que rien ne lui arrivera qui
ne pourrait contribuer à son bien.
 
Une fois les disciples interpellés, dès que leur foi est réveillée, Jésus
calme les éléments. Mais il ne pouvait intervenir avant que ses disciples
aient retrouvé une attitude de confiance et d'abandon. Jésus n'est pas là
pour nous rendre service mais pour faire de nous des fils.
 
La démonstration ira pus loin, nous le savons. Cet épisode est une
préparation évidente à la Passion, aux jours où Jésus, en toute confiance
malgré la solitude radicale qui écrasera son âme, s'endormira dans la mort,
pour se relever bientôt, dominant les forces du mal, glorieux jardinier du
paradis restauré. Que son interpellation soit pour nous une occasion de le
laisser réveiller notre foi, pour nous apprendre à le laisser diriger notre
vie, en toutes circonstances. Là est un des plus beaux secrets du Royaume.
 
fr Dominique

21:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |