05/07/2006
LA JOIE : VISAGE DE DIEU DANS L'HOMME.
Il est donc clair que nous avons dans la Joie la trame sous-jacente à toute la Bible : elle est une " Bonne Nouvelle " dès les origines et portera explicitement le titre d'Evangile (en français : " bonne nouvelle "), quand celle-ci éclatera dans sa plénitude par la venue du Messie, qui est le visage même de la joie.
Ainsi tout est épiphanie, manifestation, d'une Présence aimante pour le coeur éveillé. Mais il y a infiniment plus encore, car ce qui donne le vrai poids à cette vie, c'est qu'elle est un don de Celui qui l'habite. En réalité Présence et Don se confondent : Dieu se donne lui-même à travers ce qui nous arrive.
Cependant, quand Dieu se donne, ce n'est jamais passivement : c'est une Présence créatrice, vitale, qui suscite l'homme et ne cesse de le libérer, de le mettre en chemin vers un accomplissement.
TRANSFORMER LA VIE EN UNE NOCE PERPETUELLE
En effet, si la joie peut être permanente, c'est parce qu'elle émane d'une Présence nuptiale, il s'agit de la joie de l'Alliance : l'amour fou de Dieu est celle d'un Époux. Il est présent en tout, et pas seulement dans la nature, mais aussi en tout espace, dans l'air que nous respirons, dans le temps et à l'intérieur de l'événement qu'il véhicule, en toute situation, dans la petite histoire banale et insignifiante, dans sa trame secrète jusqu'au filigrane..., à travers tout Dieu cherche l'homme comme le Fiancé en quête de sa bien-aimée, tout le Cantique des Cantiques en témoigne : Il veut faire de sa vie le lieu même de cette Alliance. De la vie de l'homme, la plus concrète et réaliste, peut-être " profane " à nos yeux de païens, Dieu veut faire une communion avec lui. C'est déjà le royaume des cieux, car, dira Jésus lui-même il est comparable à des noces ! (Mt 22,2) Saint Maxime le Confesseur (Vie s.) a montré admirablement comment l'homme qui se laisse séduire (Jr 20,7) et accepte d'entrer dans une réciprocité amoureuse avec Dieu, devient réellement le prêtre d'une " Liturgie Cosmique ". De moment en moment, là où il se trouve, il reçoit le monde des mains de Dieu et l'offre à nouveau à Dieu dans une infinie reconnaissance. Cette gratitude est le fond de l'amour, c'est une action de grâces continuelle qui transforme sa vie en une Vie en Dieu, en communion. Le Père Schmemann dit que la définition première, fondamentale de l'homme se trouve dans ce sacerdoce : comme prêtre il se tient debout au centre du monde, il lui donne son unité en bénissant Dieu pour tous ses dons et en rendant grâce d'être tout en tous. En perdant cette vie eucharistique, l'homme a perdu la vie de la Vie même et le pouvoir de la transformer en la Vie par la louange. Ayant cessé d'être le prêtre du monde, il en est devenu l'esclave et ne cesse de communier à la mort à travers une vie morte, puisque vide de Dieu (Cf. Alexandre Schmemann, Pour la vie du monde, Desclée de Brouwer.)
LA JOIE : PREMIER ET DERNIER MOT DE L'EVANGILE
Avec l'avènement du Messie, l'histoire du monde bascule des ténèbres dans la lumière et la joie définitives. L'Incarnation de Dieu en Jésus Christ, c'est le temps lui-même qui s'accomplit et entre dans sa plénitude, la création est à son achèvement, la terre-mère enceinte depuis des millénaires enfante Dieu en personne, l'Emmanuel, qui signifie : " Dieu avec nous ". C'est cette Joie indescriptible qui est l'aboutissement de toutes les Écritures et la réalisation des prophéties ancestrales. Bien plus : cet événement est au coeur même de l'aventure cosmique. L'expansion des galaxies, la naissance et la réussite de la vie sur notre planète, l'apparition et l'histoire de l'homme, tout converge vers cet instant : c'est en lui, le Verbe de Dieu, que tout a été créé. L'univers a mis des milliards d'années à composer son Chef d'oeuvre. Depuis, le plus antireligieux des hommes compte les jours et les siècles à partir de cette date unique qui partage l'histoire en deux: " Avant Jésus Christ " et " Après Jésus Christ "! En lui, l'Absolu s'est fait visage, l'ultime réalité a dévoilé son nom en Jésus Christ : DIEU EST JOIE ! On comprend alors pourquoi la joie est le premier et le dernier mot de son Évangile. Dès que l'Ange proclame aux bergers la bonne nouvelle de la naissance du Christ, il dit : Je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple (Lc 2,10). C'est ainsi que tout commence, mais c'est également ainsi que tout se termine dans la vie terrestre du Christ, lorsqu'il se rendra invisible le jour de son Ascension : Les disciples l'adorèrent et retournèrent à Jérusalem avec une grande joie (Lc 24,52).
Ils retournèrent à Jérusalem pour se préparer à leur mission, car, le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint les enverra proclamer cette joie à toute créature jusqu'aux extrémités du monde (Ac 1,8). À l'Ascension, le Christ s'est rendu invisible en Palestine, parce que désormais il est présent universellement, au coeur de chaque homme et de toute l'histoire jusqu'à la fin des temps (Mt 28,20).Comme dit Saint Grégoire de Naziance (IVe s.) : Celui qui est consubstantiel au Père se fait consubstantiel aux hommes, afin que nous devenions ce qu'il est. Donc la Joie qu'est Dieu est devenue par le Christ notre propre substance ! Saint Paul en a fait la trame de sa prédication : Nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous somme transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, car Dieu est celui qui resplendit dans nos coeurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ (2 Co 3,18 ; 4,6). Il faudrait, comme certains Pères du désert, ne vivre pendant des années qu'avec une seule Parole comme celle-là pour que le Feu du Ressuscité se mette à flamber en nous ! " Le disciple du Christ est un être littéralement consumé par la joie pascale qui est désormais le phare de son existence, le son juste de sa vie, " dit Paul Evdokimov. " L'Agneau ressuscité irradie toutes choses, même les casseroles scintillent d'une étrange lumière pour qui sait les regarder... " Sans cette joie le christianisme lui-même, comme tel, est incompréhensible et l'Église inutile. Avec ou sans elle, je peux à chaque instant traduire l'Amour ou le trahir ! C'est pourquoi Jésus demande à ses disciples d'être joyeux de cette grande joie... Peu de chrétiens savent que c'est là même un commandement : Que la joie qui est en moi soit aussi en vous et que votre joie soit parfaite ! (Jn 15,11)
Plus que cela, il n'y a pas de sainteté sans joie, elle est vraiment le test que nous sommes sur le Chemin : Soyez joyeux, devenez parfaits (2 Co 13,11), et saint Paul insiste constamment : Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le répète encore : réjouissez-vous ! Motif : Le Seigneur est proche ! (Ph 4,4)
Père Alphonse Goettmann et Le Chemin.
21:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |
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Les prophètes de Dieu.
La liturgie de ce jour se construit autour des difficultés éprouvées par le
prophète dans son ministère de prédicateur. Rien ne garantit qu’il sera
écouté, bien au contraire : le Seigneur l’avertit ouvertement des
difficultés qui l’attendent, car le peuple auquel il est envoyé est «
rebelle, ses fils ont le visage dur et le cœur obstiné » (1ère lect.). Mais
« qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent », l’important est « qu’ils sachent
qu’il y a un prophète au milieu d’eux ». Le prophète a la mission redoutable
d’incarner la conscience du peuple qui s’est révolté contre son Dieu, mais
que celui-ci désire appeler à la conversion. La Parole que le prophète doit
prononcer de la part du Seigneur, veut éveiller la mémoire de l’Alliance en
vue de ramener le peuple à sa fidélité des origines, permettant ainsi à Dieu
de le bénir à nouveau. Rares cependant sont les prophètes dont la parole a
été accueillie avec joie et reconnaissance : la plupart d’entre eux ont
plutôt été persécutés, car leur dénonciation du péché dérange, leur exigence
de conversion incommode. Nous ignorons ce que Jésus a pu enseigner dans la
synagogue de Nazareth ; Saint Marc se concentre plutôt sur la description de
la réaction de l’auditoire : « Ils étaient profondément choqués à cause de
lui ». Certes les concitoyens de Jésus reconnaissent sa sagesse et sont bien
obligés de constater qu’il opère de « grands miracles ». Mais ils refusent
d’envisager que le Très-Haut puisse s’abaisser à agir à travers « le
charpentier » de leur village, qui a grandi au milieu d’eux, au sein d’une
famille qu’ils côtoient journellement. Aussi se posent-ils avec inquiétude
la question de la provenance des dons extraordinaires qu’il déploie -
laissant par le fait même supposer qu’ils pourraient bien être d’origine
diabolique. Dans un tel contexte, entouré d’une telle suspicion, Jésus ne
peut accomplir aucun miracle notoire : le manque de foi de ses concitoyens
empêche ceux-ci d’accueillir la grâce divine. Seules « quelques guérisons »
marquent le passage du Sauveur dans sa ville natale.
ACTUALISATION
La seconde lecture nous rappelle que le prophète a à combattre non seulement
contre des ennemis extérieurs, mais aussi contre des ennemis intérieurs tout
aussi redoutables : l’envoyé de Dieu ne connaît décidément pas de repos !
Paul a beau supplier le Seigneur de le délivrer de cette mystérieuse «
écharde dans sa chair » : rien n’y fait. Il semble même que cette pauvreté
fasse partie de la condition du prophète : il est indispensable qu’il
paraisse faible devant ses interlocuteurs, afin qu’il soit clair aux yeux de
tous que la puissance qui se déploie à travers lui, ne vient pas de son
propre fond, mais de Dieu (cf. 2 Co 4, 7). Bien plus : c’est même dans la
mesure où il accepte de se vider de lui-même en consentant aux « insultes,
persécutions, situations angoissantes », que le prophète permet à « la
puissance du Christ d’habiter en lui » et d’accomplir à travers lui ses
œuvres.
L’image du prophète qui ressort des lectures de ce jour est celle d’un homme
purifié au creuset des épreuves - extérieure et intérieure - qui s’en remet
totalement entre les mains de Dieu, gardant « les yeux levés vers le
Seigneur son Dieu, comme les yeux de l’esclave vers la main de son Maître »
(Ps 122). La raison pour laquelle il y a si peu de prophètes de nos jours,
ne serait-elle pas que l’humilité est morte ? Quant à ceux qui exercent
courageusement ce ministère, et proclament la Parole contre vents et marée,
qui donc les écouterait ? Comment notre culture hyper-individualiste, qui ne
jure que par l’autonomie et la tolérance, accepterait-elle d’entendre un
appel à la repentance ? Qu’importe : souvenons-nous de la parole de bon sens
de Sainte Bernadette à son curé qui refusait de donner foi à ses propos : «
Je ne suis pas chargé de vous le faire croire, mais de vous le dire ! », et
poursuivons paisiblement l’œuvre d’évangélisation que le Seigneur nous a
confiée.
Joseph-Marie +
10:28 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (2) |
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03/07/2006
NE JAMAIS DOUTER DE DIEU.
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23:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |
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JÉSUS DORT...
Jésus dort. Jésus dort dans la tempête. Si la question pouvait se poser,
voilà sans doute un épisode que nous aimerions bien effacer de l'Évangile,
pour éviter qu'il ne prenne corps dans nos vies ! Combien de crises
avons-nous traversées avec ce sentiment désagréable d'être seuls dans la
barque ? Pire, avec le sentiment que Jésus nous a abandonné dans la tempête
? Certes, même dans ces moments-là, nous savons bien qu'il est là, puisque
la foi nous le dit. Mais l'expérience nous dit aussi que nous ne maîtrisons
alors plus rien et que tout semble reposer sur nous seuls. Tirons au moins
une consolation de voir que les apôtres eux-mêmes ont été déconcertés par ce
genre de situation et réjouissons-nous que Jésus nous apprenne comment les
vivre !
En premier lieu, les circonstances montrent qu'il ne s'agit pas strictement
d'un problème de foi. Les apôtres avaient la foi pour choisir de monter dans
la barque avec Jésus. Ils avaient même une foi grande, qui leur permettait
de voir en Jésus, endormi, leur unique sauveur : « Seigneur, sauve-nous,
nous sommes perdus ». Voilà d'ailleurs une interpellation qu'il ne faut
jamais hésiter à faire nôtre.
Pourtant, Jésus reproche bien à ses disciples leur manque de foi et, en
illustration de sa maîtrise des éléments et des événements, il calme alors
la mer et les vents. Comment nous expliquer cette contradiction ? Que notre
foi n'est jamais ni assez grande ni assez pure, nous le savons bien. Faut-il
vraiment passer par ces frayeurs pour l'apprendre ?
Peut-être la clé de lecture de ce texte est-elle dans l'interpellation des
compagnons de Jésus. Que font-ils ? Ils cherchent à réveiller Jésus. Ils ont
perdu la maîtrise des événements et cherchent un moyen de la reprendre (et
vite, car le naufrage peut venir avec chaque vague). L'attitude que dénonce
Jésus est donc celle qui conduit à donner plus d'importance à ce que nous
pouvons faire de notre vie qu'à ce que la foi nous permettrait d'en faire.
En effet, dans cet épisode, ce ne sont pas les disciples qui réveillent
Jésus, mais Jésus qui réveille leur foi chancelante ; il était nécessaire
qu'il le fasse un jour de grande tempête. Quand les jours nous sourient,
nous avons tôt fait de nous attribuer les succès rencontrés ou de nous faire
croire que notre réussite est conséquence de notre fidélité au Seigneur. Or
la foi ne s'exprime pas dans ces registres. La foi nous permet de nous
conduire en enfant de Dieu, elle nous donne de faire une totale confiance à
notre ère des Cieux, en toutes circonstances, et à de tout recevoir de lui
avec reconnaissance. C'est cette attitude filiale que Jésus nous montre en
action et qui lui permet de dormir dans la tempête : il sait que rien ne
peut le séparer de l'amour de son Père, il sait que rien ne lui arrivera qui
ne pourrait contribuer à son bien.
Une fois les disciples interpellés, dès que leur foi est réveillée, Jésus
calme les éléments. Mais il ne pouvait intervenir avant que ses disciples
aient retrouvé une attitude de confiance et d'abandon. Jésus n'est pas là
pour nous rendre service mais pour faire de nous des fils.
La démonstration ira pus loin, nous le savons. Cet épisode est une
préparation évidente à la Passion, aux jours où Jésus, en toute confiance
malgré la solitude radicale qui écrasera son âme, s'endormira dans la mort,
pour se relever bientôt, dominant les forces du mal, glorieux jardinier du
paradis restauré. Que son interpellation soit pour nous une occasion de le
laisser réveiller notre foi, pour nous apprendre à le laisser diriger notre
vie, en toutes circonstances. Là est un des plus beaux secrets du Royaume.
fr Dominique
21:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation, chritianisme |
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26/06/2006
GARDER LA PURETÉ ÉVANGÉLIQUE...
Quelque soit sa nature, un trésor cher à nos yeux conduit à un réflexe
protection, quelques fois à un réflexe de surprotection. Peu importe la
nature de ce trésor : ses enfants, sa fortune, ou autre. Ce à quoi l’on
tient énormément incite spontanément à un repli qui n’est jamais pur d’un
certain égoïsme. Pourquoi l’évangile et le Royaume de Dieu échapperaient-ils
à la règle ?
Mais l’enseignement de Jésus pourrait nous
rassurer, ou nous déculpabiliser : il suggère que cette attitude ne serait
pas répréhensible. Nous tenons, en effet, de la bouche même de Jésus, qu’il
ne faut pas donner les perles aux pourceaux ; « ce qui est sacré, ne le
donnez pas aux chiens », dit-il clairement. Mais avant de nous
déculpabiliser, cette parole nous rappelle à notre responsabilité. Le
Royaume de Dieu est notre trésor le plus précieux de tous, certes, mais il
nous est offert en même temps qu’il nous est confié. Il nous faut donc
veiller à ne pas en faire n’importe quoi.
Voilà qui peut nous rappeler que l’« évangélisation » n’a de sens qu’ajustée
aux projets de l’Esprit. L’évangile de la paix doit rejoindre les amis de la
paix, ceux que l’Esprit a préparé à le recevoir, ceux qui l’attendent.
Inutile de le livrer à d’autres. Et même : il est de notre responsabilité
que nous ne le livrions pas n’importe comment. Dieu ne brusque jamais les
cœurs : nous pourrions, arrivant trop tôt, faire prendre bien du retard, en
clamant trop fort, rendre sourd. Enfin, la valeur que nous accordons à la
grâce qui nous est faite se révèle à la façon que nous avons de la partager.
Nous réservons les mets de choix aux invités de marque ? Réservons le trésor
que le Seigneur nous confie à ceux qui sauront l’accueillir.
La prescription du Seigneur dévoile ainsi peu à peu sa dynamique. L’évangile
ne s’écrit pas dans une suite de défenses et de négations. Pour garder la
pureté évangélique, il n’y a pas à s’enfermer dans des communautés de « purs
», seuls dignes des trésors du Royaume. Il faut au contraire exercer un
discernement de tous les instants qui nous ouvre sur notre prochain et nous
conduit à nous interroger sur ses besoins vitaux, sur sa découverte du
Royaume, sur sa connaissance du Seigneur-Jésus.
L’exigence évangélique va loin et résume tout l’enseignement de la Bible : «
tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour
eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes
». Le jeu de résumer « la Loi et les prophètes » était prisé dans les écoles
rabbiniques. Mais tous étaient trop courts ou négatifs, y compris le grand
sage Hillel qui disait seulement : « ce qui te déplaît, ne le fais pas à
autrui ».
Jésus continue l’explicitation de notre responsabilité vis-à-vis de la grâce
que nous avons reçue et donne, lui, un résumé positif. Il ne suffit pas de
respecter une sorte de pacte de non agression, de cohabitation placide, il
nous faut être actifs, entreprenants, vis-à-vis de nos frères. Le bien que
nous avons reçu est celui que Dieu nous a fait, le bien que nous désirons
est celui que Dieu seul peut faire. Eh bien nous avons, nous-mêmes, à
prendre l’initiative de faire le bien que Dieu fait !
Voilà sans doute une description des deux portes. Il est aisé de se
contenter de vivre à côté les uns des autres, cette porte est large et bien
visible. Mais l’évangile demande de vivre les uns pour les autres, les uns
au service des autres. Cette voie est difficile, elle faire connaître la
souffrance. Mais elle mène à la vie, elle est la vie, car Dieu lui-même vit
ainsi. Accueillons la grâce qui nous est faite de vivre de la vie de Dieu et
laissons-là porter son fruit de salut pour nos frères, quoiqu’il nous en
coûte.
Fr Dominique
21:40 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme |
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25/06/2006
LA CORRECTION FRATERNELLE.
sommes plus portés à juger les autres qu’à corriger nos propres défauts.
L’image de la paille et de la poutre utilisée par Jésus explicite bien cela
: « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la
poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? […] Esprit faux !
Enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil, alors tu verras clair pour
retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Avant de juger, il s’agit donc de nous convertir. Si j’accepte d’abord de
voir et d’enlever la poutre qui est dans mon œil alors peut-être que je
pourrais discerner la paille qui est dans l’œil de mon frère. Mais je dois
d’abord enlever la poutre qui est dans mon œil. Autrement dit, quand je vois
quelque chose qui ne va pas, qui ne me semble pas juste chez mon frère,
avant de lui dire quoi que ce soit, je dois d’abord m’interroger sur ce qui
chez moi pourrait aussi ne pas être droit et ajusté.
« Ne pas juger » ne veut dire qu’il faille se taire sur ce qui va mal chez
mon frère, ce qui reviendrait à le laisser enfermer dans son péché. Non, «
ne pas juger » signifie ne pas faire l’économie de sa propre conversion
avant de porter un discernement sur ce qui est mal chez mon frère. C’est
même la condition indispensable pour que mon jugement revête un caractère
d’objectivité et surtout qu’il soit empreint de miséricorde. Il n’y pas de
jugement sans miséricorde ou pour reprendre les paroles de Jean-Paul II, : «
Il n’y a pas de justice sans pardon ».
Les paroles de Jésus sont claires : s’il y a une paille dans l’œil de mon
frère, il y a aussi une poutre dans le mien. Ce n’est pas une éventualité,
c’est un fait affirmé par notre Seigneur. Autrement dit, nous risquerions
fort bien de souffrir des mêmes maux que nos frères. Voilà pourquoi « le
jugement que nous portons contre les autres » –concernant telle ou telle
faute – « sera porté aussi contre nous » - puisque nous-mêmes la commettons.
Autrement dit, Jésus nous invite à nous inscrire nous-mêmes dans le champ
d'application des condamnations que nous portons sur nos frères. C’est cela
le début de la conversion.
Jésus fait ressortir également la démesure de nos jugements : « La mesure
dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous ». Il est vrai
que nous sommes très habiles à nous trouver des circonstances atténuantes
pour justifier nos égarements, alors que nous demeurons d'une intransigeance
froide pour les écarts de notre prochain. Une question à nous poser
peut-être ici serait la suivante : « Serais-je prêt à recevoir la correction
fraternelle du prochain que je reprends ? »
Jésus ne nous défend donc pas d’exercer la correction fraternelle mais il
nous appelle à purifier notre intention. Quel est le souci qui m’habite
lorsque je veux corriger tel ou tel ? Le désir de sa sanctification ? En
tout cas, ma parole pour lui n’aura de poids et ne le portera à changer que
dans la mesure où elle sera animée par l’humilité de me savoir aussi pécheur
que lui et aussi nécessiteux que lui de la miséricorde divine.
« Seigneur Jésus, donne-nous la grâce de reconnaître avec réalisme nos
pauvretés et nos égarements. Alors la correction fraternelle que nous
exercerons envers notre prochain n’aura pas le goût de l’orgueil mais celui
de l’humble devoir de la charité fraternelle qui seule est capable de nous
conduire au Royaume de Dieu. »
Fr. Elie
17:39 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme |
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NE NOUS CONFORMONS PAS A CE MONDE.

09:52 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualite-de-la-liberation |
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18/06/2006
Bon dimanche de la fête Dieu !
La Fête-Dieu : accueillir et célébrer le don de Dieu.
Historique
La procession de la Fête Dieu date d'une époque, les 13è et 14è siècles, où il fallait «montrer» le Corps du Christ aux chrétiens et le proposer à leur adoration ; en effet, la liturgie était alors célébrée sans réelle participation des fidèles et l'hostie consacrée donnait lieu à des abus superstitieux ou magiques. À une époque plus récente, nous voulions affirmer publiquement notre foi, mais, aujourd'hui, nous ne vivons plus dans le même contexte social.
Un geste fondateur
Avant de mourir, Jésus réunit les siens et leur dit : « Ce pain rompu, c'est mon corps, livré pour vous ; cette coupe partagée, c'est mon sang, versé pour vous ». Avant d'être « livré » à ses bourreaux, il instaure une Alliance nouvelle. Il réalise ce qu'il avait annoncé : « le Père m'aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite » (Jean 10,17), puis il ajoute : Faites cela en mémorial de moi.
Un don permanent
Après l'expérience de la résurrection, les apôtres comprennent la portée de cette consigne. Ils reconnaissent le Christ vivant « à la fraction du pain ». Ils nous transmettent fidèlement ce geste, si bien que nos eucharisties sont « l'actualisation du mystère pascal du Christ dans la liturgie de l'Église », comme le dit encore Jean-Paul II.
L'anamnèse, chantée après les paroles de la consécration, traduit cette actualisation. Les verbes sont au présent pour bien souligner que l'action se déroule sous nos yeux : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». L'eucharistie ne « fête » donc pas seulement un anniversaire ; elle nous insère dans l'histoire du monde, en marche vers l'avènement du Christ.
La Messe et l'Adoration
Comment entrer dans une telle prière, sinon par des sentiments d'adoration et de louange !.
Adorer le Ressuscité, sans oublier le don reçu.
En dépit de tous les efforts, aucune célébration ne nous permettra jamais d'accueillir pleinement le don de Dieu ! Il est donc légitime et tout à fait profitable de prolonger les moments d'adoration et de louange par une prière personnelle ou communautaire. Mais « adorer le Saint Sacrement » n'est pas une prière ordinaire ni même une simple dévotion privée.
Au début du 14e siècle, alors que la dévotion eucharistique connut tant de déviations, l'auteur de l'Imitation de Jésus Christ en parle avec une étonnante justesse, tout à fait adaptée à notre temps :
« Ce n'est pas la légèreté qui attire au Christ, ni la curiosité ; c'est une foi ferme, une espérance dévote, une charité sincère. ô Dieu, Créateur, tes vrais fidèles, qui consacrent toute leur vie à se corriger, puisent, dans la fréquente réception de ce très digne sacrement, la grâce de la dévotion et l'amour de la vertu. Je te rends grâce, pasteur éternel, qui daignes nous inviter à nous pénétrer de ces mystères, en disant : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui portez un fardeau, et moi, je vous soulagerai»
Par Antoine Rohmer
10:20 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme |
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17/06/2006
NE JUGEONS POINT !
Ne jugez point, afin de n'être point jugés. Matthieu 7, v. 1.
Jésus, on le voit, nous interdit absolument de juger les autres. Or, le chrétien ordinaire est extrêmement porté à critiquer son prochain. La tendance à juger et à critiquer fait partie intégrante de la nature humaine. Mais dans le domaine spirituel, on n'arrive à rien par la critique. Par votre critique, vous diminuez, vous affaiblissez celui qui en est l'objet; le Saint-Esprit seul est capable de critiquer comme il faut, de signaler le mal sans blesser ni froisser. Par votre critique, vous vous diminuez vous-même; quand on est possédé par l'esprit de jugement, on ne peut pas entrer en communion avec Dieu : on devient dur, méchant, cruel, tout en se persuadant qu'on est un être supérieur. Jésus nous enseigne qu'il faut combattre en nous la tendance critique. Cela suppose tout un entraînement. Il faut surtout nous défier de tout ce qui nous amène à nous considérer comme au-dessus des autres.
Rien n'échappe au regard pénétrant de Jésus. Comme il l'a si bien vu, la raison qui me fait critiquer la paille dans votre oeil, c'est que j'ai une poutre dans le mien. Tout ce que je critique en vous, Dieu me le fait voir en moi. En jugeant les autres, je me condamne moi-même. Ne vous imaginez pas que vous pouvez apprécier les autres équitablement. Il y a toujours, chez celui que vous jugez, un point qui vous échappe, et qui est peut-être essentiel. Le remède que Dieu emploie pour nous guérir de notre orgueil, c'est une bonne douche qui nous fait sentir notre propre misère. Quand je vois ma propre misère, en dehors de la grâce de Dieu, je ne me sens plus le droit de condamner aucun homme, ni de désespérer de lui.
Bruno LEROY.
10:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (3) |
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11/06/2006
Suivre Jésus...
Prière et charité
Dieu ne demande de nous que deux choses : que nous l'aimions et que nous nous aimions notre prochain. Voilà quel doit être le but de nos efforts. Si nous nous y conformons d'une manière parfaite, nous accomplissons sa volonté et nous lui sommes unis. Mais que nous sommes loin de remplir ce double précepte comme nous le devrions au service d'un Dieu si grand ! Plaise à sa majesté de nous donner sa grâce, afin que nous méritions de parvenir à cette perfection, car cela est en notre pouvoir, si nous le voulons.
Suivre Jésus
Suis-moi(Mt 9,9) C'est la forme la plus habituelle de l'appel qu'adresse Jésus à ceux qui seront ses disciples. Suivre Jésus. D'abord : ne pas aller où Jésus n'est pas, ne pas aller où il ne saurait aller. Puis, aller là où il va. Y aller avec lui. Ne pas suivre à distance, mais près de lui. Ne pas prétendre le devancer et aller plus vite que lui. Marcher derrière lui, humblement.
Tu es anxieux au sujet de bien des personnes et de biens des choses. Tu es anxieux pour ta vie même, pour ce que tu as entrepris. Mai je ne t'ai demandé qu'une seule chose, et si simple : me suivre.
Au soir de la vie, même d'une vie d'infidélité, comme au matin, Jésus ne cesse pas de nous faire entendre ce même appel, impérieux et miséricordieux : suis-moi !
Seigneur, j'ai si souvent et pendant tant d'années, entendu l'appel ! Combien de fois je me suis mis en route ! Et puis je suis tombé, je n'ai pas continué. Je me suis relevé. Je suis tombé encore. Je ne peux pas dire que je t'ai suivi. Je t'ai souvent perdu de vue. Et pourtant, j'ai toujours senti que tu étais là.
Lève-toi encore. Recommence.
Mais alors, Seigneur, je ne suis pas rejeté, malgré mes trahisons sans nombre ?
Viens après moi. Suis-moi.
Un moine de l'Eglise d'Orient
Jésus, éditions de Chevetogne
10:15 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CONSEILS SPIRITUELS. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : action sociale chretienne, christianisme |
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