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13/01/2008

« Venez derrière moi »

Le baptême du Seigneur que nous fêtions hier concluait le temps liturgique de Noël où nous étions invités à accueillir le Sauveur et sa présence sanctifiante au cœur de nos vies. Le mystère de le Nativité est celui de l’entrée de Dieu dans notre histoire. Depuis maintenant un peu plus de deux mille ans, le temps a acquis un sens nouveau. Il est devenu un éternel aujourd’hui de salut. Voilà le mystère que l’Eglise nous invite à approfondir dans la période liturgique du temps ordinaire : comprendre que chaque jour nous pouvons accueillir le salut de Dieu en nous mettant en route à sa suite en réponse à son appel.

Dans l’évangile de ce jour, la Bonne nouvelle de Dieu que nous avons contemplée dans l’enfant nouveau-né de la crèche nous est annoncée explicitement. Jésus lui-même proclame : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». En Lui, l’Envoyé du Père, le Verbe fait chair, le Royaume de Dieu s’est fait « proche » de chacun. La promesse faite par Dieu à Israël s’est enfin accomplie. Dieu a bien envoyé son Messie pour nous sauver et instaurer son règne de justice, de paix et de joie en nous rachetant de notre péché et en nous restaurant dans la filiation divine.
Cette annonce de Jésus résonne comme un appel ! Un appel à la foi ; un appel à la conversion : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». C’est peut-être d’ailleurs en ce sens que nous pouvons comprendre l’appel des premiers disciples.

Ce jour-là, lorsqu’il passe, sur les bords du lac de Galilée, c’est bien une invitation à se convertir, à se tourner vers lui que Jésus adresse à Simon et à André : « Venez derrière moi, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ».
« Venez derrière moi » : l’invitation à tout quitter pour mettre ses pas dans les pas de Jésus est claire. « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » : les disciples ont-ils bien compris ce que Jésus leur signifiait par ces mots ? Nous n’en savons rien. Mais ce qui est sûr c’est qu’en nous livrant ces paroles de Jésus, Marc veut mettre en relief l’acte de foi auquel elles ont invité Simon et André.
Remarquons que les futurs disciples ne discutent pas. Ils ne s’interrogent même pas sur leurs compétences ou la raison de leur choix par le Seigneur ; ni même sur les conséquences du geste qu’ils vont poser. « Aussitôt, laissant là leur filets », nous dit l’évangéliste, « ils le suivirent ».

Quant à Jacques et Jean, saint Marc, souligne le regard posé sur eux par Jésus. Jésus les voit dans leur barque, tout comme il avait vu Simon et André en train de jeter leurs filets. Jésus les voit dans leur quotidien et c’est de là qu’il choisit de les appeler. Un simple regard, une simple invitation à se mettre en route derrière lui. L’appel de Jésus nous rejoint simplement dans l’ordinaire de notre vie : un regard, une parole qui sollicitent notre liberté pour quitter la pesanteur de notre quotidien et tourner notre cœur vers Dieu dans la légereté de la grâce qui nous a saisis.

« Seigneur Jésus-Christ, que le mystère de ton Incarnation déploie en nous tous ses fruits de salut et de conversion durant ce temps ordinaire qui s’ouvre devant nous. Tu viens à notre rencontre et tu nous appelles à ta suite. Que notre réponse de foi unifie toute notre existence. Alors l’« ordinaire » de nos vies prendra les couleurs de ton extraordinaire divin ! »

Frère Elie.

19:19 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

09/01/2008

Saint Augustin, modèle dans la recherche de Dieu.

Benoît XVI relit la vie de saint Augustin

ROME, Mercredi 9 janvier 2008 (ZENIT.org) - « Que saint Augustin soit pour vous tous un modèle dans votre recherche de Dieu » : c'est l'invitation lancée par Benoît XVI aux francophones à la fin de sa catéchèse sur la vie de saint Augustin d'Hippone (354-430).

Le pape a consacré toute sa catéchèse à rappeler l'itinéraire intellectuel et spirituel qui a conduit Augustin du paganisme et de la philosophie, notamment manichéenne, à la foi dans le Christ Jésus.

Pour le pape, Augustin est en effet un modèle de l'œuvre de la grâce divine qui oriente les événements de la vie des hommes vers la connaissance de la Vérité, vers l'union au Christ et le service des frères.

« Je suis heureux, disait le pape en français, de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue en particulier les jeunes du lycée d'enseignement agricole privé, de Saint-Maximin. Que saint Augustin soit pour vous tous un modèle dans votre recherche de Dieu et qu'il vous aide à approfondir votre foi ! Avec ma Bénédiction apostolique ».

Benoît XVI voit en saint Augustin « un homme de passion et de foi, pasteur infatigable, qui a eu une influence considérable et dont le nom est souvent connu même de ceux qui ne connaissent pas le christianisme ».

Il citait, en italien, cette phrase de Paul VI : « On peut dire que toute la pensée de l'antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants » (AAS, 62, 1970, p. 426).

« Augustin est également le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres, a souligné le pape. Son biographe Possidius dit qu'il semblait impossible qu'un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie ».

Pour reconstruire la vie d'Augustin, Benoît XVI renvoie aux fameuses « Confessions », premières du genre dans la littérature. Le pape y voit une « extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre (...),  car ce sont précisément les « Confessiones » d'Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu'à la modernité ».

« Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du ‘moi', au mystère de Dieu qui se cache derrière le ‘moi', est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, comme un ‘sommet' spirituel », a ajouté le pape.

En français, le pape résumait ainsi les premiers pas intellectuels de saint Augustin jusqu'à sa conversion au christianisme : « Augustin est né à Taghaste, en Numidie, dans l'Afrique romaine, en 354. D'une vive intelligence, il étudie à Madaure et à Carthage où il lit l'Hortensius, de Cicéron, qui éveille en lui l'amour de la sagesse, alors que la lecture de la Bible le laisse insatisfait. Le jeune intellectuel est alors proche du manichéisme, qui lui apparaît plus rigoureux et plus rationnel que le christianisme. Il reviendra à Carthage comme brillant maître de rhétorique, mais déçu de la foi des manichéens incapable de résoudre ses doutes, il part pour Rome, puis pour Milan où il suit les prédications de l'Évêque Ambroise. Sa conversion au christianisme, le 15 août 386, sera l'aboutissement d'un long cheminement intérieur ».

Mais ce qui fait aussi la grandeur de saint Augustin, c'est son itinéraire de pasteur, que le pape résumait ainsi : « Après son baptême, Augustin décide de rentrer en Afrique pour pratiquer une vie de type monastique au service de Dieu. Il s'établit à Hippone pour y fonder un monastère. En 391, il y est ordonné prêtre, puis évêque en 395. Il fut un pasteur exemplaire, prêchant souvent, soutenant les pauvres, prenant soin de la formation du clergé. Pendant ses 35 années d'épiscopat, il exerça une influence très grande sur le christianisme de son temps ».

Benoît XVI insistait spécialement sur les derniers moments du grand évêque, et sa façon de s'imprégner concrètement de la Parole de Dieu : « Frappé par la fièvre, alors que depuis presque trois mois sa ville d'Hippone était assiégée par les envahisseurs vandales, l'évêque - raconte son ami Possidius dans Vita Augustini - demanda que l'on transcrive en gros caractères les psaumes pénitentiels ‘et il fit afficher les feuilles sur le mur, de sorte que se trouvant au lit pendant sa maladie il pouvait les voir et les lire, et il pleurait sans cesse à chaudes larmes' (31, 2). C'est ainsi que s'écoulèrent les derniers jours de la vie d'Augustin, qui mourut le 28 août 430, alors qu'il n'avait pas encore 76 ans ».

Le pape consacrera ses prochaines catéchèses à l'œuvre - immense - de saint Augustin et à son « parcours intérieur ». Ce Père et Docteur de l'Eglise est en effet pour lui un compagnon de route : qu'il suffise de citer sa thèse de doctorat sur « Le peuple et la maison de Dieu dans l'enseignement de saint Augustin sur l'Eglise » (1953), son voyage de l'avril 2007 à Pavie, au tombeau de saint Augustin (cf. Zenit 20 avril 2007), et la coquille présente sur son blason, inspirée par une anecdote racontée par Augustin.

Comme le cardinal Joseph Ratzinger l'explique, à propos de son blason épiscopal, dans son récit autobiographique, « Ma vie, souvenirs (1927-1977) » : « J'ai choisi pour moi deux autres symboles : en premier lieu la coquille, d'abord signe de notre pèlerinage, de notre marche: ‘Nous n'avons pas de cité permanente sur la terre'. Mais elle me rappelait aussi une légende selon laquelle saint Augustin, méditant sur le mystère de la Sainte Trinité, vit un enfant sur la plage jouer avec un coquillage, à l'aide duquel il essayait de puiser l'eau de la mer dans un trou. Et cette parole lui aurait été donnée : il est plus difficile à ton intelligence d'appréhender le mystère divin que de transvaser la mer entière dans un petit trou. Ainsi la coquille me rappelle mon grand maître saint Augustin, mes travaux de théologie et la grandeur du mystère qui dépasse toute science » (pp. 141-142).

Anita S. Bourdin.

 

21:26 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

05/01/2008

ÉPIPHANIE.

Les récits de l’enfance sont bien plus qu’une introduction aux évangiles de Luc ou de Matthieu, destinés à satisfaire notre curiosité sur ce que Jésus a vécu avant d’entrer dans sa vie publique. Ces quelques chapitres du premier et du troisième évangile nous parlent certes des ultimes préparatifs de l’incarnation du Verbe, de sa naissance et des premières années de sa vie parmi nous, mais leur but n’est pas anecdotique : Matthieu et Luc relisent la petite enfance du Sauveur à la lumière de Pâques, et nous font découvrir comment l’incarnation du Fils de Dieu est dès les origines orientée vers le mystère de notre Rédemption. Les titres de « Sauveur, Messie, Seigneur » que lui attribuent les Anges lors de l’annonciation aux bergers, sont des titres christologiques que la jeune Eglise attribuera au Ressuscité du matin de Pâques. C’est en relisant la vie de leur maître exalté à la droite du Père, à partir du témoignage de « ceux qui, dès le début, furent témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole » (Lc 1, 2), que Luc et Matthieu ont composé leur évangile de l’enfance, dans lequel ils nous révèlent que celui qui sera un jour humilié sur la croix, avant d’être glorifié à la droite du Père, s’est fait d’abord petit enfant, afin d’épouser intégralement notre condition humaine. « Tout cela s’est fait ainsi, nous explique saint Athanase, pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l’offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature, ce qui permet à saint Paul de dire : “Il faut que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité”».
L’annonce des Anges aux bergers dans la nuit de Noël préfigure l’annonce de la Résurrection aux saintes femmes à l’aube de Pâques ; la fuite en Égypte - symbole biblique de la mort - et le meurtre des saints Innocents préfigurent la Passion et la mort de Jésus ; le retour d’Égypte, qui suit le parcours de l’Exode, annonce le retour à la vie du vainqueur de la mort. Quant à l’adoration des rois mages, elle anticipe la fin des temps, si merveilleusement décrite dans les derniers chapitres du prophète Isaïe dont nous avons entendu un extrait en première lecture. Les mages ne s’y sont pas trompés : le petit enfant qu’ils adorent est bien le Roi de gloire, le mystérieux personnage triomphant attendu pour la Parousie, et qui viendra établir pour toujours le règne de Dieu parmi les hommes. Ce jour-là, « la gloire du Seigneur brillera » sur toutes les nations, qui sortiront de « l’obscurité qui recouvre la terre » et s’avanceront vers « la clarté de son aurore » (1ère lect.).
« Les nations marcheront à la lumière de la Cité sainte, et les rois de la terre viendront lui porter leurs trésors. La cité n’a pas besoin de la lumière du soleil ni de la lune, car la gloire de Dieu l’illumine, et sa source de lumière, c’est l’Agneau » (Ap 21, 24.23). Lorsqu’on se souvient que le terme araméen « talja » signifie à la fois « enfant » ou « agneau », la page d’évangile de ce jour prend un relief tout particulier. L’étoile que ces princes « venus d’Orient ont vu se lever » est l’étoile radieuse du matin, le Christ ressuscité, qui illumine tout homme venant en ce monde, afin de le conduire aux sources vives du salut. Il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ; à lui seul revient l’or, symbole de la royauté suprême ; il est le grand prêtre, symbolisé par l’encens ; lui seul est digne d’offrir le sacrifice qui nous réconcilie avec Dieu son Père - le sacrifice de sa propre vie offerte par amour, et symbolisé par la myrrhe, baume de grand prix réservé à la sépulture des rois.
Le « mystère du Christ » dont parle Saint Paul dans la seconde lecture, est le mystère de l’amour triomphant de toutes nos divisions, nos antagonismes ; de l’amour vainqueur de la haine faisant tomber tous nos murs de séparation ; de l’amour qui rassemble tous les enfants de Dieu dispersés : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ibid.).
L’épiphanie est la fête de l’espérance, parce qu’elle annonce le grand rassemblement de tous les enfants de Dieu sous la bannière de son Christ. Le jour viendra où le combat de la lumière et des ténèbres, de la vérité et du mensonge, de la vie et de la mort cessera. Ce jour-là « la gloire du Seigneur brillera » sur toutes les nations qui sortiront de « l’obscurité qui recouvre la terre » et s’avanceront vers « la clarté de son aurore » (1ère lect.).
Encore faut-il que la flamme de l’espérance ne vacille pas au grand vent de la culture de la mort qui étend de plus en plus ses tentacules, cherchant à étouffer les aspirations à la vie, à la paix qui animent les hommes de bonne volonté. A nous chrétiens, incombe la responsabilité de ranimer cette flamme en nos cœurs, afin qu’elle devienne communicative et relance la quête de ceux qui cherchent Dieu sincèrement. Le parcours des mages trace en effet celui de tout pèlerin de l’Absolu. Au départ de toute conversion, il y a toujours un événement, joyeux ou douloureux, qui nous arrache à notre torpeur spirituelle et réveille en nous la nostalgie d’un monde réconcilié ; d’une humanité vivant en harmonie et en paix sous le regard d’un Dieu bienveillant qui désire le bonheur de ses enfants. Mais qui nous sauvera de notre malice, de notre égoïsme, de notre impuissance à aimer ? Où le trouver ?
« En entrant dans la maison, les mages virent l’Enfant avec Marie sa mère ». Cette « maison » représente l’Église. C’est vers elle que nous pousse l’Esprit, car c’est là que nous attend celui que nous cherchons ; c’est là que nous pouvons enfin rencontrer, dans sa Parole et dans ses sacrements, celui dont nous pressentions la présence, celui qui est la source et le terme de notre espérance. « Et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui » : « tel est le sommet de tout l’itinéraire : la rencontre se fait adoration, s’épanouit en un acte de foi et d’amour qui reconnaît en Jésus, né de Marie, le Fils de Dieu fait homme » (Benoît XVI, Cologne 2005).
La démarche n’a pas dû être facile pour les mages - comme pour chacun de nous d’ailleurs. Car ce n’est pas devant un roi glorieux selon notre conception mondaine qu’ils sont invités à se prosterner, mais devant un petit enfant de condition modeste. Ici commence pour eux comme pour nous, un cheminement intérieur qui est sans cesse à reprendre : il nous faut découvrir au fil de l’Évangile que la puissance de ce Roi n’est pas de ce monde ; qu’elle ne se manifeste pas dans un déploiement de force, mais dans la vulnérabilité de sa vie livrée par amour. Sa gloire se révèlera dans l’humiliation d’une mort honteuse, librement consentie ; son pouvoir, dans sa miséricorde qui nous réconcilie avec le Père et nous donne part à sa propre vie dans l’Esprit. L’Évangile opère une véritable révolution de notre manière spontanée de nous représenter Dieu. Avant de nous prosterner devant l’Enfant divin, il nous faut consentir à une profonde conversion, disons : à un chamboulement de nos valeurs. Ce n’est qu’au prix d’un changement radical de notre regard sur les situations, les événements, les personnes, que nous pourrons reconnaître en cet Enfant le don de Dieu qui surpasse toutes nos espérances, l’Agneau doux et humble de cœur qui nous ouvre le chemin de la vraie vie.
« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin » : ils étaient venus en suivant l’étoile des prophéties de la première Alliance qui les a conduits jusqu’à l’Enfant. Mais au retour, ils n’ont plus besoin de cette étoile : désormais la Parole vivante, le Christ, était en eux, la lumière de son Esprit était leur flambeau, « la gloire du Seigneur s’est levée sur eux » (1ère lect.). Ou pour le dire avec les paroles de Saint Paul (dans la seconde lecture) : la « grâce que Dieu leur a donnée, c’est de leur faire connaître, par la révélation de l’Esprit, le mystère du Christ ».
Souvenons-nous frères et sœurs, que tous nous avons reçu cette connaissance, c’est-à-dire cette configuration au Christ qui nous le fait connaître en participant à sa vie dans l’Esprit. Demandons au Seigneur de nous renouveler dans ce don ineffable, et offrons-lui en retour « l’or de notre liberté, l’encens de notre prière ardente, et la myrrhe de notre affection la plus profonde » (Jean-Paul II).

« Aujourd’hui Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur. Par Jésus le Christ notre Seigneur » (Or. d’ouv.).



Père Joseph-Marie.

17:45 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

13/12/2007

Voir le Royaume de Dieu.

"On verra la gloire du Seigneur,

 la splendeur de notre Dieu." Is 35, 1-10
"Ayez de la patience, vous aussi,

et soyez fermes,

car la venue du Seigneur est proche."
Jc 5, 7-10


"Es-tu celui qui doit venir ou

 devons-nous en attendre un autre ? " Mt 11, 2-11


Jean le Baptiste, durant son temps en prison, a-t-il été traversé par le doute ? Ou bien est-ce de sa part un désir de connaître davantage Jésus ? Il est clair que les deux figures, celles du plus grand des prophètes et celle du Fils de l’Homme, ne peuvent s’identifier mais plutôt s’éclairer mutuellement. L’un annonce l’autre. L’enseignement de Jean le Baptiste est apocalyptique, il annonce la fin d’une époque et la venue d’une autre caractérisée par le « baptême dans l’Esprit ». Lui baptisait « dans l’eau » et ce nouveau baptême lui échappe : il doit lui aussi apprendre à connaître « qui » est véritablement Jésus. Jésus se présente par la bouche du prophète Isaïe comme celui qui prend soin des hommes : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés. » Jésus se révèle donc non pas d’abord comme celui qui annonce une rupture – entre l’Ancien et le Nouveau Testament – mais comme celui qui guérit les hommes de leurs maladies physiques ou spirituelles. Comment ? En faisant retentir la « Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres ».

Comment donc ne pas « douter », si ce n’est en écoutant tous les jours la Parole de Dieu, c'est-à-dire en accueillant par elle la présence agissante du Dieu Vivant. Cet enfant de la crèche est la Parole de Dieu. En lui se révèle le « Royaume des Cieux ».

P�re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006


   

 

20:58 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

11/12/2007

PAUVRES MAIS RICHES DE NOTRE FOI.

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples… » De telles paroles ne nous laissent pas indifférents. Avouons que lorsque nous entendons parler de prendre sur ses épaules un joug, notre première réaction est plutôt négative. Car comment comprendre cela autrement qu’en termes de poids et de charge que nous aurions à porter en plus d’une vie déjà bien remplie de maux et de peines.
Il est alors bon de revenir au début de la prise de parole du Seigneur dans notre péricope, sur laquelle nous passons peut-être souvent trop rapidement. Nous entendons que Jésus veut au contraire nous soulager du fardeau que nous portons pour venir nous reposer auprès de lui : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ».
Il faudrait savoir… Nous inviter à prendre un joug sur nos épaules n’est-il pas en contradiction avec le fait de nous appeler à venir nous reposer près de lui ? Apparemment non, puisque Jésus ajoute lui-même : « car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos ».

Il s’agit en fait de bien comprendre ce que signifie prendre le joug de Jésus. Si l’on y regarde de plus près, un joug n’est pas un fardeau à proprement parler. En effet, le joug aide les bêtes attelées à tirer plus facilement leur charge. C’est bien là son but. Autrement dit, en nous proposant son joug, Jésus ne fait rien d’autre que nous offrir de l’aide pour porter notre fardeau.
A cela, il faut rajouter que cette assistance ne consiste pas seulement dans le joug mais dans le fait qu’un joug est toujours prévu pour deux. Et Jésus dit : « mon joug ». Il est donc celui qui y est attelé en premier et qui nous propose la place à son côté. Lorsque deux bêtes reliées par un joug tirent une charge, il y en a toujours une, plus robuste, qui marche légèrement en avant de l’autre. C’est précisément ce que fait Jésus avec chacun d’entre nous.

Jésus s’est lié à nous sous le joug de son humilité qui l’a conduit à prendre chair de notre chair, à se faire homme, pour nous sauver. Des hauteurs de son sanctuaire, le Seigneur s’est penché ; du ciel il a regardé la terre pour entendre la plainte des captifs et il s’est abaissé pour libérer ceux qui devaient mourir.
En échange du fardeau de la justification par les œuvres pour tenter de nous sauver par nous-mêmes, Jésus nous propose de prendre sur nous le joug de l’humilité, de la confiance en sa miséricorde, de l'abandon de tout notre être entre ses mains pour nous laisser sauver par lui : « Les jeunes gens se fatiguent, se lassent, et les athlètes s’effondrent, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils prennent leur essor comme des aigles, ils courent sans se lasser, ils avancent sans se fatiguer » (Cf. 1ère lecture). C’est bien en accueillant au cœur de nos vies sa présence que nous trouverons le repos qu'il promet ; et la charge qui jusque là nous écrasait, nous paraîtra légère, car c'est lui qui la portera pour nous.

Mais on pourrait objecter : Pourquoi alors le Seigneur ne tire-t-il pas lui-même la charge à notre place, nous libérant une bonne fois pour toutes de notre fardeau ? Parce qu’il ne veut pas nous sauver sans nous. Son amour et son respect pour nous vont jusque là.

« Seigneur fais-nous la grâce d’oser nous présenter devant toi pauvres, misérables, nus, mais riches de notre seule foi et couverts de ta justice, toi en qui nous aurons mis toute notre espérance. »

Frère Elie.

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10/12/2007

La communauté du salut.

« Que pensez-vous de ceci ? » Jésus nous invite à prendre position par rapport au comportement du propriétaire des brebis. Si nous répondons spontanément, nous nous étonnerons sans doute de la réaction impulsive de cet homme. Certes son souci de retrouver la brebis égarée est louable, mais sa décision n’expose-t-elle pas le reste du troupeau à tous les dangers qui rôdent « dans la montagne » où il l’abandonne ? La prudence élémentaire ne l’obligeait-elle pas à prendre le temps de rentrer le troupeau dans la bergerie avant de se lancer « à la recherche de la brebis égarée » ?
Après ce premier mouvement de surprise devant le comportement pour le moins paradoxal de cet homme, une lecture plus attentive nous aide cependant à entrer dans la logique de son choix.
Pour commencer, le récit ne dit pas qu’il est le « berger » du troupeau, mais son « propriétaire ». Nous sommes donc en droit de penser que lorsqu’il se met en quête de l’égarée, les quatre-vingt-dix-neuf autres brebis demeurent sous la vigilance attentive des bergers à qui le propriétaire a confié son troupeau. Cette interprétation cadre tout à fait avec le contexte du récit dans le premier Évangile. Alors que saint Luc propose cette parabole au chapitre 15 consacré à la miséricorde, saint Matthieu l’insert dans un enseignement portant sur la communauté des disciples (Mt 18, 1-35). Il vient d’insister sur la place centrale qui revient aux « petits » dans l’Église : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 11). Suit immédiatement la péricope de ce jour. Le « petit » qui devient la « brebis égarée », représente donc le néophyte - le croyant « nouveau-né » - qu’il faut à tout prix préserver du « scandale » (Mt 18, 7), afin de ne pas provoquer sa chute (Mt 18, 6), ou son égarement. Et si par malheur « un de ces petits » était « entraîné au péché par le scandale » (Mt 18, 7), s’il s’égarait loin des chemins de l’Évangile en raison du contre-témoignage de ses aînés dans la foi, il faudrait sans tarder partir à sa recherche pour le retrouver et le ramener dans la communauté du salut. Car le Bon Berger s’est fait Agneau et s’est offert en sacrifice, pour racheter et « rassembler dans l’unité tous les enfants dispersés » de son Père (Jn 11, 52), « qui ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu ». Le verset qui suit immédiatement notre péricope confirme également cette interprétation, puisque Notre-Seigneur y explicite la procédure de réconciliation à mettre en œuvre pour ramener dans le droit chemin les frères égarés dans le péché.
Le propriétaire des brebis, c’est le Père, qui les confie à son Fils : « Elles étaient à toi, tu me les as données » (Jn 17, 6). Dès lors celui-ci peut agir comme si les brebis lui appartenaient ; en effet : « Ceux que tu m’as donnés sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17, 10). « L’homme qui possède les brebis » et qui, laissant son troupeau dans la montagne, part « à la recherche de la brebis égarée », c’est donc d’abord le Christ ; mais aussi tout disciple qui partage la préoccupation de Jésus pour les brebis que le Père lui confie. Le souci des « petits entraînés à la chute » ne se fait pas au détriment du reste de la communauté, pas plus que la recherche de la brebis égarée n’expose le troupeau à l’abandon : les responsables - les « bergers » - ont à assumer leur ministère au sein de leur communauté, tout en gardant le souci des brebis égarées. Tout responsable d’Église est en effet appelé à porter à la fois le souci personnel de l’Église locale qui lui est confiée, et la charge apostolique de l’annonce de la Bonne Nouvelle à tous les hommes - à commencer par ses frères dans la foi qui se sont éloignés des chemins de l’Évangile : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).
En raison de la solidarité qui unit les « membres de la famille de Dieu » (Ep 2, 20)), tous accompagnent par leur prière et leur supplication celui qui est allé chercher la brebis égarée ; ils partagent sa quête angoissée, et exultent avec lui lorsqu’elle s’est enfin laissée trouver, et consent à reprendre sa place parmi ses frères et sœurs dans la communauté du salut.

« Seigneur, “enlève mon cœur de pierre, et donne-moi un cœur de chair” (Ez 36, 26), compatissant et miséricordieux. Ne permets pas que je demeure indifférent devant les égarements de mes frères, mais que le désir brûlant de leur salut me fasse courir à leur recherche. Que l’Esprit Saint mette sur mes lèvres les paroles qui touchent leur cœur et leur permettent de découvrir que tu es un berger plein de tendresse, qui “cherche la brebis perdue et ramène l’égarée ; qui soigne celle qui est blessée et rend des forces à celle qui est faible ; qui garde et fais paître avec justice celle qui est grasse et vigoureuse” (Ez 34, 16-17). »


Père Joseph-Marie.

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06/12/2007

L’heureux appel à la conversion.

Un rameau sortira de la bouche de Jessé.

Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur." Is 11, 1-10
"Que le Dieu de l’espérance vous donne

d’être d’accord entre vous selon l’esprit du Christ."
Rm 15, 4-9

"Convertissez vous car

le Royaume de Dieu est tout proche." Mt 3, 1-12


Jésus est venu en ce monde afin de donner à tous les hommes la vie de Dieu : il est l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». La prédication pleine d’ardeur du plus grand des prophètes, Jean le Baptiste, est concrète : il faut « se convertir », c'est-à-dire faire un retour vers son cœur pour l’offrir à Dieu, ceci afin de « préparer les chemins du Seigneur et [d’]aplanir sa route ». En effet, comment le Dieu Vivant pourrait-il venir dans nos vies sans un engagement de notre part, une implication réelle de notre cœur, une adhésion de tout notre être à sa venue, en fait une réelle attente ? Jésus ne révèle pas un Dieu puissant qui s’impose, mais un Dieu qui se fait pauvre pour que nous puissions le prendre dans les bras. Telle est la grâce de Noël : accueillir en ce "tout-petit" une vie nouvelle, un baptême de l’Esprit. Qu’est-ce à dire, sinon que Jésus nous recentre sur l’essentiel par sa venue : il « amasse des grains » – nos vies transformées par sa grâce – dans son « grenier » – l’Église – afin de nous permettre de vivre dans la « bonne terre » : le vrai bonheur des béatitudes, c’est vivre « avec » Lui.

Demandons alors au Seigneur, en ce temps d’Avent, de nous montrer ce qui ne porte pas encore du fruit dans notre vie, non pour s’accuser mais pour simplement s’offrir à Lui. Cela afin qu’en échange, il nous donne de l’accueillir comme un petit enfant Roi.

P�re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006


   


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02/12/2007

“La vie matrimoniale, un chemin divin sur la terre”

“La vie matrimoniale, un chemin divin sur la terre”
Vois toutes les raisons que nous avons pour vénérer saint Joseph et pour nous nourrir de sa vie. Il fut un homme fort dans la foi...; par son travail constant, il a fait vivre sa famille — Jésus et Marie —; il a respecté la pureté de Marie, qui était son épouse...; et il a respecté — il a aimé! — la liberté de Dieu, qui non seulement avait choisi la Vierge comme Mère, mais avait même fait de lui l'époux de Sainte Marie. (Forge, 552) )

  

J'aime imaginer les foyers chrétiens, lumineux et joyeux, comme le fut celui de la Sainte Famille. Le message de la Nativité résonne de toute sa force: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Que la paix du Christ triomphe dans vos cœurs, écrit l'apôtre. La paix de nous savoir aimés de Dieu notre Père, incorporés au Christ, protégés par la sainte Vierge Marie, protégés par saint Joseph. Voilà la grande lumière qui illumine nos vies et qui, au milieu de nos difficultés et de nos misères personnelles, nous pousse à aller de l'avant avec courage. Chaque foyer chrétien devrait être un havre de sérénité où l'on perçoit, au-delà des petites contradictions quotidiennes, une affection vraie et sincère, une profonde tranquillité, fruit d'une foi réelle et vécue.

Pour un chrétien le mariage n'est pas une simple institution sociale, et encore moins un remède aux faiblesses humaines: c'est une authentique vocation surnaturelle. Un grand sacrement dans le Christ et dans l'Eglise, dit saint Paul et en même temps, et inséparablement, un contrat qu'un homme et une femme concluent pour toujours. Car, que nous le voulions ou non, le mariage institue par Jésus-Christ est indissoluble: signe sacré qui sanctifie, action de Jésus qui envahit l'âme de ceux qui se marient et les invite à Le suivre, en transformant toute leur vie matrimoniale en un chemin divin sur la terre. (…) (Quand le Christ passe, nos 22-23) 
        http://www.opusdei.fr/art.php?p=20166

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28/11/2007

A CAUSE DE SON NOM.

« A cause de mon Nom » ; en d’autres passages de l’Évangile Jésus dira « à cause de moi ». Ainsi dans le sermon sur la montagne Jésus déclare : « Heureux si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi » (Mt 5, 11). Dans la tradition juive le « nom » appelle la présence spirituelle de celui qui est nommé. C’est donc parce que le Seigneur Jésus se rend effectivement présent lorsqu’ils l’appellent, que les disciples ont à subir le même sort que lui. Le Prince de ce monde se déchaîne contre ceux qui appartiennent au Seigneur : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui ; mais vous n’appartenez pas au monde puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si on m’a persécuté on vous persécutera vous aussi » (Jn 15, 18-20).
Le thème du « Nom » est particulièrement important sur l’horizon de l’espérance d’Israël. A l’Horeb, le Seigneur affirme : « Je suis celui qui suis » (Ex 3, 14) - littéralement : « Je suis celui qui était avec vous, qui demeure à vos côtés et qui marchera toujours avec vous ». Il ne s’agit pas du dévoilement du Nom de Dieu, mais plutôt d’un refus opposé par le Seigneur à Moïse, qui cherche à lui faire décliner son identité. Le nom sous lequel Dieu se fait connaître au désert nous est donné au verset suivant : « Le Seigneur Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob » (Ex 3, 16). Le Nom mystérieux qui nous donne accès à Dieu lui-même, ne nous est révélé qu’en Jésus. « En dehors de lui, proclame fièrement saint Pierre devant le Sanhédrin, il n’y a pas de salut. Et son Nom donné aux hommes est le seul qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12). Le Nom par lequel Dieu s’est fait connaître et veut désormais être invoqué par les hommes, n’est plus le tétragramme sacré que le grand prêtre prononçait derrière le voile le jour de la fête du Yom Kippour pour la rémission des péchés du peuple, mais le Nom de « Jésus » en qui nous trouvons le pardon de nos péchés, la réconciliation avec Dieu, le salut.
Cependant appartenir au Christ n’est pas de tout repos, sa simple présence déchaîne la violence des forces du mal : « Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu » (Mc 1, 24). Rien d’étonnant dès lors que le croyant qui reflète sur son visage la gloire de Jésus ressuscité, suscite lui aussi une telle opposition. Nous sommes toujours surpris d’entendre de la bouche de Jésus l’annonce d’une possible trahison par un de nos proches : « Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis ». N’oublions pas cependant que Jésus désigne comme « ses frères », et même comme « sa mère », ceux qui « écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21). Il faut donc entendre ce réseau familial au sens de la nouvelle famille des croyants. Or c’est bien par un de ses disciples les plus proches, Judas, que Jésus a été trahi. L’avertissement de Notre-Seigneur ne doit cependant pas nous conduire à la défiance, car telle n’a pas été son attitude : jusqu’au bout il a cru en Judas et lui a offert son amitié. Le verbe « livrer » est ici significatif. Parlant de lui-même Jésus dit : « Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite » (Lc 24, 7). Le « il faut que », ainsi que le passif « soit livré », soulignent que cette étape douloureuse fait partie du dessein de salut de Dieu. Jésus ne subit pas sa Passion : il garde l’initiative des événements qu’il anticipe dans l’institution eucharistique : « La nuit même où il était livré, le Seigneur prit du pain puis ayant rendu grâce il le rompit et dit : “Ceci est mon corps donné pour vous, faites cela en mémoire de moi” » (1 Co 11, 24). Jésus consent à sa passion, pour y triompher de la haine par l’amour : « “Vous serez détestés de tous à cause de mon Nom”, mais je vous ai dit “Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux” (Mt 5, 44-45) ».
Le Seigneur nous certifie « que nous n’avons pas à nous soucier de notre défense. Lui-même nous inspirera dans l’Esprit Saint un langage et une sagesse à laquelle tous nos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction ». Cette prophétie se réalise de façon exemplaire au livre des Actes des Apôtres lorsque Pierre et Jean suscitent la perplexité du Sanhédrin : « Ils étaient surpris en voyant l’assurance de Pierre et de Jean et en constatant que c’était des hommes quelconque et sans instruction » (Ac 4, 13). C’est l’Esprit de Jésus qui vient au secours de ceux qui lui appartiennent, parlant à travers eux comme leur Paraclet, c'est-à-dire leur « avocat » (Jn 14, 16 ; 14, 26 ; 15, 26).
Impossible de se mettre à la suite du Christ sans lui appartenir totalement. Tôt ou tard survient l’épreuve qui nous oblige à un choix radical : ou bien nous « affirmons ouvertement de notre bouche que Jésus est Seigneur, nous croyons dans notre cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts » (cf. Rm 10, 9), et Jésus vient à notre aide pour se faire lui-même notre défenseur ; ou bien nous le renions devant les hommes par peur des représailles, et nous nous rangeons sous la bannière du Prince de ce monde.
Que l’Esprit Saint nous donne de croire « du fond du cœur », et d’« affirmer notre foi avec assurance pour obtenir le salut » (cf Rm 10, 10).

« Alors qu’il traversait les lignes musulmanes pour se rendre auprès du sultan Malek Al Kamil, Saint François d’Assise répétait intérieurement le verset du Psaume 22 : “Tu es mon berger je ne manque de rien. Sur de frais pâturages tu me fais reposer. Tu me mènes auprès des eaux tranquilles et me fais revivre” (Ps 22, 1-2). Accorde-nous Seigneur de puiser nous aussi dans cette Parole la force pour soutenir notre foi et dominer nos peurs, sûrs que tu es fidèle et que tu accomplis ce que tu dis. Nous oserons alors affronter dans la confiance et dans la paix, les contradictions, l’ironie, le mépris, auxquels tout témoin de l’Évangile est tôt ou tard confronté, dans notre monde de plus en plus sécularisé. »


Père Joseph-Marie.

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23/11/2007

Solennité du Christ Roi de l’univers.

"Tu seras le pasteur d’Israël mon peuple,

 tu seras le chef d’Israël." 2 S 5, 1-3
"Lui, le Fils, il est l’image du Dieu invisible,

 le premier-né par rapport à toute créature,

car c’est en lui que tout a été créé

dans les cieux et sur la terre." Col 1, 12-20
"Aujourd’hui, avec moi,

tu seras dans le paradis." Lc 23, 35-43


 

La solennité du Christ Roi de l’univers clôture le temps liturgique. Avant d’entrer dans l’Avent, la semaine prochaine, les textes de ce jour nous invitent à approfondir l’identité du Christ. Il n’est pas seulement un homme exemplaire ayant vécu il y a deux mille ans, il est le « Messie », le « Fils de Dieu », le « Sauveur du monde », « l’image de Dieu », « le premier-né » de toute créature. Contempler sa vie invite à participer à l’œuvre de salut qu’il opère dans tout le cosmos ; à comprendre aussi que le sens de la vie, c’est Lui : « Tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. » Il aurait pu nous sauver sans mourir sur la croix ; il l’a fait afin de montrer à tous les hommes qu’ils sont aimés de Dieu. Par trois fois dans cet évangile, il est dit avec ironie : « Sauve-toi toi-même. » Non, Jésus n’a pas voulu se sauver lui-même afin d’être le chemin de notre salut. Il a eu « besoin » du Père pour lui manifester sa confiance et indiquer aux hommes la manière de vivre comme de vrais fils : faire confiance à Dieu qui nous sauve en Jésus.

Le Bon Larron l’a bien compris, lorsqu’il demande à Jésus de se « souvenir » de lui dans son Royaume. Et Jésus lui répond : « Amen, je te le déclare, aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Avec confiance, demandons également à Dieu de nous sauver afin que le Christ règne sur tout « notre » univers.

 

 

 

P�re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006


   

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